la Flotterie
rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.
"La Flotterie" fait partie de la dizaine de villages du Poiré dont la profondeur historique a laissé des traces plus ou moins grandes dans la tradition écrite ou orale, et dans des éléments architecturaux ou paysagers1.
Ces derniers sont ténus à "la Flotterie". Ce sont, sur le premier plan cadastral du Poiré, le dessin de ses bâtiments, et la présence d’un étang aujourd’hui disparu, tel qu’il en existait ou en existe toujours près des anciens logis du "Fief", de "la Millière", de "la Rételière", ou encore de "la Bouchère", "l’Éraudière"... Dans ce dernier lieu s’y ajoute un bois, comme c’était autrefois aussi le cas à "la Flotterie"2.

"La Flotterie" avec son étang en 1836 sur le plan cadastral (environ 570 x 380 m),
et avec son bois sur la carte de Cassini vers 1766...
Sur cette dernière carte : un peu plus au sud le bois et l’étang du logis de "l’Éraudière",
et vers le nord-ouest, les allées bordées d’arbres du logis de "la Bouchère".
"La Flotterie" est évoquée dans d’anciens actes d’état civil ou notariés. Ainsi le 20 mars 1681, dans la succession de Pierre de La Bussière et d'Anne Clisson, qui sont dits "seigneur et dame de la Flotterie" du Poiré. Ou encore le 4 décembre 1777 dans l’acte de baptême d’Auguste Ferron de La Ferronnays, "fils d’Emmanuel Henry Eugène Ferron, chevalier comte Eugène de la Ferronais, seigneur des Loges, la Bouchère, la Flotterie et autres lieux"3. Ce dernier venant d’acquérir l’année précédente l’amenage de "la Bouchère" dont "la Flotterie" faisait partie.
Les restes d’un logis, suggérés sur le plan cadastral de 1836, n'étaient pas visibles en 2026.

"La Flotterie" orpheline de ses terres au début de 2026,
avec l’emplacement du possible ancien logis suggéré par le dessin du plan de 1836.
--------------------
"La Flotterie" des années 1790 aux années 1990
La mise sous séquestre de "la Flotterie" sous la Révolution en tant que bien des Ferron de la Ferronnays, en a laissé une description commençant par celles des bâtiments...
"- la maison consistant en deux chambres basses et greniers au-dessus, avec une gerberie y joignant, de longueur soixante-dix pieds de largeur vingt-six pieds et de hauteur vingt pieds (23 x 8,5 x 6,5 m).
- plus une chambre joignant la maison de hauteur quinze pieds de largeur douze pieds et de longueur douze pieds (5 x 4 x 4 m).
- plus les toits à bestiaux et une boulangerie y joignant avec un grenier au-dessus des bestiaux de longueur quatre-vingt pieds, de largeur vingt-quatre pieds, et de hauteur dix-huit pieds (26 x 8 x 6 m) tenant de toute part aux terres de la métairie et à la cour, les dits bâtiments en médiocre état"4.
Cette description est suivie par l’inventaire de ses terres avec leurs nom, nature et surface en boisselées. Les experts autodésignés pour ce faire estiment leur surface totale à 208,5 boisselées (23,769 ha) soit environ la moitié de ce que ces terres seront mesurées sur le cadastre de 1836.
Lorsqu'en 1826 la famille de La Ferronnays vendit ses terres sur le Poiré, "la Bouchère" avec son logis et ses deux métairies, avec "la Noue", passèrent à J.-M. Damour, de "la Richerie" de Beaurepaire, tandis que "la Flotterie" avec "la Loge" furent achetées par la famille Thiériot, notables montacutains5.
Les terres de "la Flotterie" s’étendaient alors sur 58,2 ha d’un seul tenant, dont 48,3 ha sur la commune du Poiré et 9,9 ha sur celle de Dompierre. Vers 1840 elles furent partagées en deux métairies tenues, l’une par la famille Blouain, et l’autre par la famille Richard.
En 1866 la création de la voie ferrée de Nantes à la Roche-sur-Yon coupa "la Flotterie" en deux, en prenant 2,71 ha de terres et entraînant une nouvelle répartition de celles-ci : la borderie de "la Loge" passa de 6,06 ha à 11,56 ha, et les deux métairies du village se partagèrent les 50 autres hectares. Un passage à niveau fut établi, ses gardiens ouvrant ses barrières (et non le contraire comme par la suite) lorsqu’un véhicule arrivait pour franchir la voie ferrée.
En 1970, "la Flotterie" ne comptait plus qu’une exploitation de 34 ha, tenue par la famille de Roger Fétiveau (1929-2014). Ce fut la derniè-re famille à y exercer une activité agricole qui y cessa autour de 1990.

Sur une vue aérienne prise vers 1950 (environ : 1,500 x 1,250 km) :
les terres qui faisaient partie de "la Flotterie" et de "la Loge" selon le cadastre de 1836,
et la limite entre le Poiré et Dompierre à cette date.
Et en 2025, ces mêmes terres au centre de Zones d’Activités (Z.A.) :
Actipôle-85 ouest, Actipôle-85 est, de la Loge, du Séjour.
--------------------
"La Flotterie" et Actipôle-85, l'un des six premiers Vendéopôles
Les années 1990 ont été celles de la fin de l’agriculture à "la Flotterie". Trente ans plus tard, ses terres sont occupées par des Zones d’Activités économiques (Z.A.) dans la ligne des Vendéopôles initiés par le Conseil Départemental de la Vendée. C’est ainsi que de part et d’autre de la route établie en 1810-1812 de la Roche vers Nantes, ont été créés à partir de 1995, d’abord "Actipôle-85 est", puis à partir de 2005 "Actipôle-85 ouest" situé entre la route et la voie ferrée et centré sur le village même de "la Flotterie". Leurs mise en place et gestion ont été prises en main par la Société pour l’aménagement et le développement économique de la Vendée (la SODEV), devenue depuis "Vendée Expansion".
Sont venus successivement s’y installer :
- à partir de 2005, l’entreprise de Paul Blandin6 (matériaux de construction), devenue "la Maison de l’Etancheur" en 2015 ;
- en 2007, Aristide Barreau (Direct Ouvertures), entreprise de menuiserie ;
- en 2007, Seldén mast, d’origine suédoise, fabriquant des gréments et de l’accastillage ;
- en 2010, MTPM construction, entreprise de sablage et de métallisation ;
- en 2010, Vitalbois, entreprise de menuiserie ;
- en 2010, Turpaud Berland, faisant dans le matériel agricole ;
- en 2018, Saga Mercedes-Benz, dans l’entretien et la réparation automobile.

En 2024, "Actipôle-85 ouest" sur l’emplacement de "la Flotterie".
--------------------
Sources et notes
1 Les lieux du Poiré d’autrefois susceptibles d’avoir pu accueillir à une époque ou à une autre un logis de plus ou moins grande importance, sont "la Berthelière", "le Bossé", "la Bouchère", "le Deffend", "(la Mothe de) l’Éraudière", "le Fief", "la Flotterie", "Lande blanche", "la Métairie", "la Millière", "Pont-de-Vie", "la Rételière". On peut y ajouter à proximité, sur Belleville, ceux du "Petit Beaulieu", "Beaupré", "la Motte", "le Petit Logis", "le Recrédy".
2 Ce bois de "la Flotterie" est aussi cité le 23 fructidor An 5e / 9 septembre 1797, dans les Délibérations de la municipalité cantonale du Poiré (Arch. dép. de la Vendée, L 1238). Il n’existait plus en 1836 lorsque fut levé le premier cadastre de la commune.
3 Acte passé devant Me Masson, notaire de la baronnie des Essarts (Arch. dép. de la Vendée, 1 J 2937) ; registre des baptêmes de 1777 de Saint-Malo en Bretagne (Arch. dép. d'Ille et Vilaine, 10 num 35288 796).
4 Procès-verbal d’estimation des biens nationaux du Poiré (Arch. dép. de la Vendée, 1 Q 212). Les deux experts autodésignés et rémunérés pour cette opération estiment la surface de cette métairie à 208,5 boisselées (23,769 ha), soit autour de 40 % de ce qu’elle fut mesurée sur le cadastre de 1836. Sur le Poiré l’état des bâtiments n’y est pas indiqué pour 5 des métairies ou borderies séquestrées comme biens nationaux ; pour les 40 autres ils sont dits, en tout ou en partie : incendiés pour 19 (47,5 %), en ruine pour 6 (15 %), en état mauvais ou médiocre pour 10 (25 %), et en assez bon état pour 5 (12,5 %).
5 Voir la remise en vente de "la Loge" et de "la Flotterie" en 1879 par Me Auger, notaire au Poiré (le Publicateur, journal de la Vendée, 28 mai 1879, p. 4).
6 Paul Blandin fut un pionnier étant, dans les années 1970, le premier à venir établir son entreprise à "la Mélanière" dans l’une des premières "zones industrielles" du Poiré qui, à l’époque, restaient désespérément vides.
avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur
◄ page précédente : le Fief Haut ▲ page suivante : la Gare ►