Des vestiges gaulois mis au jour à Boufféré
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P a g e e n C o n s t r u c t i o n
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Les campagnes de prospections aériennes du Bocage vendéen par Patrick Péridy, universitaire et archéologue bien connu, ont permis de détecter en 2011 des traces d’un probable enclos néolithique sur Boufféré. Aussi, lorsque peu de temps après il fut question d’un projet de lotissement sur la parcelle concernée, celle-ci a été l’objet de fouilles de la part de l’Inrap (Institut national de recherches préventives). Ces fouilles démarrèrent en mars 2015, et furent l’objet dans les mois suivants, d’un rapport intitulé :
"Une occupation gauloise à Boufféré"

à venir...
Localisation de l'enclos néolithique détecté près de Boufféré par les prospections aériennes de Patrick Péridy,
sur des vues aériennes de 1950, 2021, et 2023 (environ 000 x 000 m)
Il indique que les 2,2 ha fouillés constituent un site archéologique de la période gauloise (IIe et Ier siècles avant notre ère), témoignant d'une occupation résidentielle, peut-être une ferme :
"Les fouilles ont mis en évidence plusieurs espaces distincts, délimités par un système de fossés. Ces séparations marquent la présence d'un habitat et de ses parcelles environnantes, s'étendant sur une surface d'au moins 10 000 m² (1 ha).
À l'intérieur, plusieurs trous, destinés à recevoir autrefois les poteaux constituant l'ossature des bâtiments, sont creusés profondément dans le sol. Ils signalent des bâtiments d'habitation ou des annexes, tels que des greniers et des petits bâtiments liés à l'artisanat et à l'agriculture (métallurgie, élevage, poterie).
Une série de puits, de fosses dépotoirs et de celliers, renseignent également sur la vie quotidienne des habitants. Enfin, un chemin en terre, d'une largeur moyenne de 4 m, dont ne subsistent a priori que les fossés qui le bordaient, offre un aperçu de la structuration du site au-delà des frontières de l'habitat."

Vue d'ensemble du site archéologique de Boufféré, avec en arrière-plan le quartier des Bruyères
(photo Maud Le Saint Allain, Inrap).
Les archéologues de l'Inrap, imaginant que "nos ancêtres les Gaulois" avaient eux-mêmes pu avoir des ancêtres, vont jusqu'à supposer pour ce site une probable occupation antérieure...
"Sur l'emprise du site, cinq enclos quadrangulaires de 10 m de côté ont également été observés. La fouille de l'un d'eux a révélé la trace de toitures, construites en bois. Elles témoigneraient d'une première installation, une trentaine d'années avant l'occupation gauloise dont il est question ici.
Au sein de ces enclos, des fragments d'os humains brûlés sont disséminés dans le comblement de certaines fosses et indiquent une pratique d'incinération. Ces observations, effectuées par des spécialistes (les anthropologues) orienteraient vers une vocation funéraire du site, sans pour autant écarter d'autres dispositifs, votifs ou cultuels, reconnus quelquefois en Gaule du Nord. Ces hypothèses seront validées ou infirmées à l'issue des fouilles, lors de la phase d'étude."

"Puits gaulois" en cours de fouille (photo Christophe Colliard, Inrap),
"Fosse" en cours de fouille, on y reconnaîtra l'archéologue Hélène Jousse (photo Maud Le Saint Allain, Inrap).
Enfin, les objets mis au jour leur laissent à penser, que l'on a à faire à un site dont les occupants étaient suffisamment aisés pour consommer des produits provenant des alors lointains territoires romains voisins...
"Une grande quantité de céramiques ayant servi au stockage, à la préparation des aliments et à leur consommation a été mise au jour. Cette profusion, principalement illustrée par l'abondance des amphores, pousse à s'interroger sur le statut et la nature de ces découvertes. Ces amphores, généralement importées d'Italie, sont destinées à la consommation du vin et souvent associées à la pratique des libations (rituels religieux) ou encore à une certaine aisance matérielle du propriétaire. L'étude de leur provenance, de leur répartition au sein de l'habitat et de leur association avec d'autres éléments mobiliers donnera aux archéologues un éclairage supplémentaire sur la fonction du site et le statut social des résidents de l'époque."

"Trou de poteau avec amphores", et "dépôt de céramiques"
(photos Fabienne Leboucher, Inrap).
Dix ans plus tard, en 2026, les conclusions auxquelles ont abouti ces fouilles sont conservées, peut-être, dans les Archives de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) des Pays-de-la-Loire1, à Nantes.
Sur Boufféré il en reste le nom de "la rue des amphores"2.
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1 DRAC Pays de la Loire, 1 rue Stanislas Baudry - BP 63518 - 44035 NANTES cedex 1
- tél. 02 40 14 23 00 - drac.paysdelaloire@culture.gouv.fr .
2 Barreteau (Lionel), Boufféré, un passé simple..., 2025, p. 12-15.
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