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Montaigu-en-Vendée
patrimoine et histoire

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la "Chronique paroissiale de Treize-Septiers" (1895)

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

La "Chronique paroissiale de Treize-Septiers" fait partie d'un ensemble initié par Eugène Aillery (1806-1869) qui, devenu "prêtre habitué" (c’est-à-dire "prêtre retraité et résidant…") à Fontenay-le-Comte, se consacra à des recherches sur l’histoire religieuse du diocèse de Luçon. En 1860 il publia le Pouillé de l’évêché de Luçon (200 p.), et à sa mort il laissa un ensemble de manuscrits traitant de l’histoire des différentes paroisses du diocèse. Vingt ans plus tard, en 1889, l’évêché de Luçon décida de les actualiser de les faire paraître sous forme de cahiers mensuels d’une vingtaine de pages distribués à des abonnés, sous le titre de "Chroniques paroissiales". Jusqu’en 1895, les premiers cantons (ou "doyennés" dans la terminologie religieuse de l’époque) dont les "chroniques" ont été publiées, furent ceux de la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Essarts, Saint-Fulgent, les Herbiers et Mareuil, chacune de leurs paroisses y étant traitée en quelques pages. A partir de cette date, la prise en main de la publication par Pierre Pontdevie (1830-1893) puis par Hippolyte Boutin (1851-1901) leur donna plus d’ampleur, la part des textes dus à Eugène Aillery y devenant marginale, et leur contenu prenant un intérêt certain. Les "chroniques" des paroisses des cantons de Montaigu, de Mortagne et le début de celles du canton du Poiré (le Poiré, Aizenay, Beaufou), furent alors publiées. Puis, sous la direction de Julien Huet (1857-1925) et jusqu’en 1918, ce seront la fin de celles du canton du Poiré (Belleville, Saint-Denis, la Genétouze, les Lucs, Saligny), puis celles des cantons de Maillezais, de Rocheservière (celles de ce dernier rédigées essentiellement par Alain de Goué, 1879-1918) et de Fontenay-le-Comte. Après une interruption, la publication fut reprise, dans les années 1930, par Adolphe Poirier (1878-1957) pour le canton de Beauvoir, et elle se termina dans les années 1950 avec celles du canton de Pouzauges par Auguste Billaud. Soit 14 cantons sur les 30 que comptait la Vendée à cette époque, en plus des autres ébauches de "Chroniques" réalisées en son temps par Eugène Aillery pour la plupart des autres paroisses du diocèse de Luçon.

Cependant, comme pour Treize-Septiers et contrairement aux autres communes du canton de Montaigu, Eugène Aillery n'a pas laissé de "Chronique paroissiale de Treize-Septiers". Celle qui nous est parvenue, un peu plus courte que celles de ses voisines, provient de Pierre Pontdevie. Elle est le résultat d’un important travail d’enquêtes, partant des faits, recourant systématiquement aux documents originaux, vérifiant et recoupant les sources… autant de garanties d'un sérieux que n'avaient pas eu jusqu'alors les "érudits locaux" de l'époque, tel le montacutain Dugast-Matifeux. Comme pour les autres "chroniques paroissiales", on y trouve avant tout un "État nominatif des curés (et vicaires) de la paroisse" dont la succession et les activités constituent a priori l’objet principal de chacune d’elles. S'y ajoutent des renseignements sur les châteaux et seigneuries de                        et de leurs occupants.


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La "Chronique paroissiale de Treize-Septiers" suit le plan suivant :

Présentation
Face à la Révolutio
État nominatif des curés de Treize-Septiers
Château et seigneuries
      - la Papinière
      - les Ganuchères


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Église sous le titre de Saint-Martin, évêque de Tours.
De Tredecim Sextariis - 4 prêtres. (Manuscrit de Luçon, 1533-34), cure régulière ; patron le doyen de Montaigu (Pouillé d'Alliot, 1648).
Ecclesia Treize-Sexters ; decanus Montis Acuti, debet 3 sol. de luminare. (Pouillé latin tiré du livre rouge (XVIIIe siècle).

Cure de Saint-Martin-de- Treize-Septiers ; le doyen de Montaigu ; vaut 600 livres..., 400 liv. (300 livres). - 800 communions.
Chapelle de N.-D. de la Sauzaie, alias des Chardonneaux; M. de Courcelles ; vaut 150 livres, 100 liv. (140).
Fabrique: 4 livres.                    Extrait de Don Fonteneau (XVIIIe siècle).

N.-B. - Comme précédemment pour la Guyonnière, nous n'avons rien trouvé dans les Chroniques paroissiales de l'abbé Aillery, sur la paroisse de Treize-Septiers. Nous donnons ci-après quelques notes que nous avons glanées de ci de là ou qu'on a eu l'obligeance de nous adresser.

 

Présentation

 

D'où vient le nom de Treize-Septiers ?

Ce nom est unique parmi les trente-six mille cent quarante-et-une communes de France. Impossible, conséquemment, d'en fixer l'origine et la signification par l'induction et la comparaison. Il n'est pas mentionné une seule fois dans les Cartulaires du Bas-Poitou, ni dans le Gallia Christiana. Le Manuscrit de Luçon (1533-1534), cité plus haut, est l'un des plus anciens textes où il se trouve, que nous connaissions. Ce manuscrit le donne sous la forme latine de De Tredecim Sextariis.
Le Setier (qu'on écrivait jadis Septier ou Sextier) du latin Sextarius (sixième partie du congé chez les Romains) est une ancienne mesure de grains ou de liquides (mensura annonaria). Cette mesure variait suivant les localités. Le setier de blé de Paris était de douze boisseaux, et contenait un hectolitre cinquante-neuf litres, Le setier de vin valait 7 litres 44 centilitres.
Il y avait aussi le setier de terre. C'était autant de terre labourable qu'il en faut pour y semer un setier de blé.
Le nom de Treize-Septiers vient-il de l'étendue territoriale de cette humble localité, à l'origine, ou bien d'une redevance en nature payée au seigneur du lieu par les premiers habitants ? Rien n'autorise positivement le choix de l'une ou de l'autre de ces conjectures. Mais il est manifeste que l'une des deux est vraie. Nous pencherions, quant à nous, pour la dernière. Les vieilles chartes, sont, en effet, remplies d'exemples de redevances où le setier figure comme mesure. Ducange, dans son Glossarium, en cite quelques-unes, aux mots septarium, septerium, sextarium[1].

Le vocable de saint Martin, évêque de Tours, sous lequel a été mise la première église de Treize-Septiers, nous autorise à en faire remonter la fondation à l'époque des prédications du moine-missionnaire dans nos contrées ou dans les siècles qui suivirent sa mort. Dans son savant ouvrage Saint Martin et l'abbaye de Ligugé, Dom Chamard incline à voir dans chaque église du Poitou mise sous le vocable du saint comme autant de stations qu'il aurait marquées par ses prédications et ses miracles.
Mais, à Treize-Septiers, qui n'est distant que de sept ou huit kilomètres de Saint-Georges-de-Montaigu, l'antique Durinum, où est mort saint Martin de Vertou, où il avait fondé deux monastères, n'y a-t-il point eu substitution de vocable ? En d'autres termes, n'aurait-on point rapporté à saint Martin, évêque de Tours, plus célèbre que son homonyme et contemporain, saint Martin de Vertou, l'honneur d'avoir implanté la foi à Treize-Septiers, quand le voisinage de Durinum semblerait indiquer ce dernier comme le fondateur de cette église et de la plupart de celles du doyenné de. Montaigu ? Nous nous contentons de poser la question.

Depuis 1317, la paroisse de Treize-Septiers fait partie du doyenné de Montaigu. ElIe est limitée, au nord, par la Bernardière ; à l'est, par la Bruffière et les Landes-Genusson ; au sud, par la Boissière de-Montaigu et la Guyonnière ; à l'ouest, par Saint-Hilaire-de-Loulay et une partie de la Bernardière.
ElIe n'est arrosée par aucun cours d'eau digne d'être mentionné. Le ruisseau d'Asson, qui coule à quelques centaines de mètres au sud du bourg, la sépare, sur une certaine étendue, de la paroisse de la Boissière, et la Moselle la limite également du côté de la Bruffière.
Le terrain est généralement plat : le seul point un peu élevé de la paroisse, est situé à mi-chemin entre la Potinière et l'Ouvrenière ; il atteint 87 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer.

La population qui, en 1809, comptait 1041 habitants, (Statistique du département de la Vendée par Cavoleau) est aujourd'hui de 1376 habitants (d'après le dernier recensement).

Le bourg, assez propret, est situé sur la route stratégique, n° 7, allant de Cholet à Saint-Jean-de-Monts. D'autres routes communales le mettent en communication avec tous les bourgs voisins. Voici les noms des villages : 1. le Mortrême, - 2. la Haute-Bourie, - 3. la Basse-Bourie, - 4. la Musse, - 5. la Chousière, - 6. le Rorthais, - 7. la Jarrie (tuilerie), - 8. la Minaudière, - 9. l'Étang, - 10. la Hinchère, - 11. la Gourinière, - 12. les Godelinières, - 13. Lespaux, - 14. la Verderie, - 15. les Ganuchères (la petite et la grande), - 16. la Papinière (château), - 17. la Gimonière, - 18. la Frémaudiere, - 19. la Michelière, - 20. la Motte, - 21. la Chartancière, - 22. Bourg-Feuillé, - 23. la Chauvelière, - 24. l'Ouvrenière, - 25. la Courtinzière, - 26. la Potinière, - 27. la Fouchelatière, - 28. la Lande, - 29. la Sauzaie, - 30. la Chardonnière, - 31. la Litaudière, - 32. la Chévrière.

La paroisse est desservie par deux prêtres, au moins depuis le commencement du XVIIIe siècle.
Une chapellenie était fondée dans la chapelle de Notre-Dame de la Sauzaie. Quelques années avant la Révolution, le titulaire de ce bénéfice était M. Sébastien Girard, prêtre de la Bruffière, dont nous avons résumé l'histoire dans la Chronique de cette paroisse.
Outre l'église, élégamment rebâtie par M. François Barreau, l'avant-dernier curé, le bourg possède une petite chapelle élevée par le même, sous le vocable de Notre-Dame de la Salette. Nous en reparlerons plus loin. II y avait aussi jadis une chapelle aux Ganuchères, bâtie par les seigneurs du lieu, dont il ne reste plus guère de vestiges. Quelques bases de contreforts en indiquent seulement l'emplacement.
L'église de Treize-Septiers est de style roman ordinaire : elle a trois nefs et trois autels Les deux petits sont dédiés, l'un à la sainte Vierge, l'autre à saint Jean-Baptiste. L'autel majeur, les stalles et boiseries du chœur méritent d'être remarqués. - Le principal objet du trésor de l'église est une superbe croix processionnelle en argent, don de Pierre de la Roche-Saint-André, seigneur des Ganuchères. Ce qui double la valeur artistique et intrinsèque de cette croix, c'est qu'elle a été fabriquée, sur commande spéciale, pour la paroisse de Saint-Martin de Treize-Septiers, comme l'indiquent clairement les deux médaillons et l'inscription dont elle est ornée.
Elle est tout entière en argent et en vermeil ; son poids est de quatre kilos sept cents grammes ; sa hauteur de quatre-vingt-huit centimètres. Autour de la douille on lit l'inscription suivante :

EN L'AN 1624 CETTE CROIS FVT DONNÉE A L'ÉGLIZE DE St MARTIN DE TREZE-SEPTIERS,
PAR PIERRE DE LA ROCHE, ESCVIER, SIEVR DES GANVCHÈRES.
- PRIÉS DIEV POVR LVI.

Au-dessus, de chaque côté du nœud, se trouvent deux médaillons, dont l'un représente le patron du donateur, saint Pierre avec les clefs, son attribut ; et l'autre le patron de l'église, saint Martin partageant son manteau.
Sur la face principale se détache un beau Christ, d'une pose et d'une forme remarquables ; sur la face opposée est une Vierge-Mère, d'une exécution excellente aussi, mais qui serait mieux à sa place au pied de la croix que dessus. Chaque sujet est surmonté d'un soleil aux rayons nombreux, le tout en vermeil.
La tête et les bras de la croix sont terminés par de larges fleurs de lis également en argent doré.
Enfin, sur les deux faces et dans toute la hauteur de la croix sont gravés à la pointe les dés, les fouets, les clous, et autres instruments de la passion de Notre-Seigneur.
Ce trésor paroissial a toujours été gardé avec un soin jaloux par les prêtres et les fidèles de Saint-Martin de Treize-Septiers. Pendant les mauvais jours de la grande Révolution, comme aussi pendant les troubles de 1815 et de 1832, la chère croix, confiée à des mains pieuses et dévouées, était portée secrètement dans le village de la Verderie et déposée dans une petite cachette que l'on montre encore aujourd'hui. C'est grâce à ces louables précautions qu'elle a pu échapper aux convoitises et aux pillages des vandales de 1793 qui ont fait disparaître tant d'autres monuments de la piété de nos pères, semblables à celui-là.
(Note communiquée par M. le curé de Treize-Septiers.)

Sous le rapport de l'administration civile, Treize-Septiers faisait jadis partie des Marches de Bretagne et de Poitou mais avantagères au Poitou, C'était, pour l'ensemble, un fief dépendant de Tiffauges et de Montaigu.
De Tiffauges relevaient spécialement les fiefs suivants : la Basse-Bourie, - la Chardonnière, - la Chartancière, - la Chauvelière, - la Potinière et la Courtinière (la Courtinière était une maison noble jouissant du droit de basse justice.)
Voici, à ce sujet, ce que nous lisons dans un aveu et dénombrement rendu au vicomté de Tiffauges, le 21 décembre 1647, à l'article des "Paroisses dépendantes en tout ou en partie dudit vicomté de Tiffauges et sujettes à sa juridiction tant en proche-fief qu'arrière-fief" :

"Treize-Septiers, pour une portion qui est aussi marche avantagée au Poitou sur la Bretagne, comme sont les métairies de la Chardonnière, de la Chartancière, de la Lande-Riverette, de la Fouchelatière, de la Pottinière, de la Courtinière, de l'Ouvrionnière (l'Ouvrenière), à prendre depuis le ruisseau qui descend des Landes du Croullay dans les étangs de la maison-noble d'Asson, et à conduire plus bas aux villages ci-dessus mentionnés, du côté du bourg de Saint-Symphorien ; où tout ce qui est situé par de là ledit ruisseau, à prendre par le milieu des étangs d'Asson vers ledit bourg de Saint-Symphorien, en ladite paroisse de Treize-Septiers, est marche avantagée au Poitou sur la Bretagne, où ledit seigneur de Tiffauges[2] a tout droit de juridiction, à l'exclusion de tous autres..... Et encore sont tenues pour le total sous la juridiction dudit Tiffauges, les métairies de la Bourye et de la Chauvelière."[3]

Treize-Septiers était de l'élection de Mauléon (aujourd'hui Châtillon-sur-Sèvre).

 

Face à la Révolution

 

A l'époque de la Révolution, il fit partie du canton de la Bruffière.

Dès le 13 mars 1793, les habitants de Treize-Septiers s'insurgèrent pour la défense de l'autel et du trône : ils s'unirent à ceux de la Bruffière, de la Boissière et de la Guyonnière, pour marcher contre Montaigu, alors chef-lieu de district. Nous avons raconté précédemment, dans la Chronique de la Bruffière, comment cette troupe de paysans fut victorieuse à l'affaire du Petit-Sabot, en avant de Montaigu, et s'empara ensuite de la ville que les soldats républicains s'empressèrent d'évacuer. Mais les vainqueurs ne purent conserver leur conquête et s'attirèrent, par ce coup d'audace, de terribles représailles.
Les précieux Mémoires de Bertrand Poirier de Beauvais, publiés en 1893 par Mme la comtesse de la Bouëre, contiennent une page de l'histoire de Treize-Septiers, à cette époque, qu'il est de notre devoir de reproduire ici textuellement. C'est l'histoire du combat du 6 octobre 1793.

"L'armée ayant été à Tiffauges pour aller de là attaquer l'ennemi qui était près de Montaigu dont il s'était rendu maître, je partis de Mortagne avec la compagnie française pour rejoindre notre armée.
Nous arrivâmes dans la nuit à Tiffauges ; l'armée royaliste était au bourg de Treize-Septiers et non à celui de Saint-Symphorien. Dès le lendemain, 6 octobre, à la pointe du jour, je me préparais à marcher pour la joindre, lorsque j'entendis quelques coups de canon et une fusillade assez faible... et puis rien.
A peu de distance de Tiffauges, nous rencontrâmes quelques fuyards des nôtres ; je les excitai à retourner, mais le nombre augmenta à tel point que c'eût été folie de persister à vouloir les faire combattre de nouveau. Il paraît qu'un corps de deux mille républicains, suivi du reste de leur armée, parut vers le camp royaliste, à la pointe du jour : les premiers prêts répondirent au feu de l'ennemi ; mais nos gens, surpris et dispersés, loin de se réunir et de s'approcher pour le combattre, prirent la fuite, et ceux qui avaient tenu les républicains en échec, voyant cela, en firent autant, sans même être presque poursuivis.
L'armée s'arrêta à Tiffauges.On voit, par la relation certaine que je viens de donner de l'affaire de Treize-Septiers, entre Saint-Symphorien et Montaigu, que ce n'est exactement rien. Mais Turreau, pour favoriser Canclaux, en a fait une affaire majeure et transposa aussi les faits en plaçant cette journée avant celle de Châtillon, laquelle précéda de quatre en cinq jours celle de Treize-Septiers."[4]

Les républicains, maîtres de Treize-Septiers, s'avancèrent jusqu'à Saint-Symphorien, mettant le feu dans ces deux endroits et à droite et à gauche. Dans toutes les paroisses qui sont dans l'intervalle, depuis les châteaux jusqu'aux plus petites chaumières..., tout fut réduit en cendres.
La colonne incendiaire s'avança jusqu'en vue de Tiffauges. Quelques coups de canon l'arrêtèrent et la forcèrent même de rétrograder avec pertes. Néanmoins, d'Elbée ne se crut pas en sûreté et résolut de se rapprocher de Cholet ; mais avant de quitter Tiffauges, il ordonna à Bertrand Poirier de Beauvais de faire une reconnaissance du côté de Montaigu. Nous avons cité précédemment, dans la Chronique de la Bruffière, le compte rendu émouvant qu'il fit de son expédition. Nous y renvoyons le lecteur. Il y remarquera ces trois lignes, concernant Treize-Septiers, qui en disent long dans leur laconisme :

"A notre arrivée à Treize-Septiers, nous n'y trouvâmes personne, qu'un malheureux paysan tué sur la place. Le bourg brûlait de toutes parts..."

Ceci n'est pas pour infirmer la tradition locale d'après laquelle le bourg fut incendié plusieurs fois pendant la Révolution, et tellement maltraité par les canons des colonnes infernales, qu'il ne serait resté debout que deux ou trois maisons seulement.
L'église, on le pense bien, ne fut pas épargnée : elle fut "totalement ruinée." C'est la note que lui consacre l' "Etat des ci-devant églises situées dans les communes de l'arrondissement du bureau d'enregistrement des domaines de Montaigu, du 20 vendémiaire, an V." (11 octobre 1796.)
Cependant, la piété des habitants s'empressa de réparer tant bien que mal ces ruines qui leur étaient encore chères à tant de titres ; car, à la date précitée, le même document, dans ses autres colonnes, porte qu' "on y dit la messe," et qu' "on doit la laisser à sa destination."
Le presbytère fut aussi en partie brûlé. Le 13 germinal an VI, il fut acheté de la nation par un nommé Girard.

 

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État nominatif des Curés et Vicaires 
de Treize-Septiers

avec quelques notes tirées de divers registres et
des Archives nationales (F3, II, Vendée 15.)

 

N.-B. - Les registres paroissiaux d'avant la Révolution ayant à peu près complètement disparu dans les divers incendies allumés dans le bourg, à cette époque, nous n'avons pu recueillir que quelques noms empruntés, pour la plupart, aux registres des paroisses voisines.

1600-1607. - Jacques Audureau, curé,

Ancien vicaire de la Bruffière. Voici l'acte d'acte de son décès :
"Le cinquième jour de décembre 1607, a été enterré dans l'église de Treize-Septiers vénérable et discrète personne, messire Jacques Audureau, prêtre, curé de Treize-Septiers, environ midy dudit jour, lequel a été grandement regretté à cause de sa bonne vie et de son savoir ; auquel dit enterrage ont été les prêtres ci-après nommés, savoir : M. le doyen de Montaigu ; M. le curé de la Guyonnière ; M. René Pineau ; M. René Barré, curé des Landes-Genusson ; M. Jacques Vinet, vicaire de la Boissière ; M. René Lefebvre ; M. Jacques Baudry ; M. Jehan Thibault ; M. Pierre Augereau et M. Jehan Lefebvre, témoings de mon seings.
J.. Audureau, prêtre, Vicayre."   

1607-1626. – Jehan Audureau, "recteur de l'église de Saint-Martin de Treize-Septiers", ancien vicaire de la Boissière.

1635-1641. – Sébastien Audureau, curé.

1677-1702. – Coutaud, curé.

1708. – Leroy, vicaire.

1712. – Louis Jouanne, curé.

1721-1747. – Jean-Baptiste Blanchard, curé.

1736. – Caillon, vicaire.

1753. – J.-L. Biaille, vicaire.

1759. – Hallouin de la Pénissière, curé.

1771 (25 juillet). – Gaultier, curé.

1775-1782. – Poulin, curé. Celui-ci fut ensuite transféré à la cure de Saint-Nicolas de Montaigu[5].

1782. - Olivier Hugron, curé.

Précédemment curé de la Grolle (ancienne paroisse réunie à Rocheservière) où il était né en 1731. En 1790, M. Hugron signa, avec plusieurs autres curés voisins, une protestation contre la vente des biens du clergé ; il refusa de prêter le serment et disparut. Que devint-il depuis lors ? nul ne le sait. Il est à présumer qu'il se tint caché dans le pays, pendant la Terreur, et périt, comme tant d'autres, victime obscure de cette effroyable tourmente. En 1798, pour des règlements d'intérêts, sa famille le fit rechercher officiellement, mais sans pouvoir retrouver sa trace.
M. Hugron eut pour vicaire M. Limousin, dont on retrouve la signature avec cette qualité en 1784.

En 1790, le vicaire de Treize-Septiers était M. Patrix, originaire du diocèse de Coutances. Ce prêtre se retira dans sa famille durant les mauvais jours de la Révolution. Il revint dans le diocèse, au Concordat, et fut alors nommé curé de Saint-Philbert-de-Bouaine[6].

1802. - M. Vincent Poisson, curé.

M. Poisson était originaire de Cugand. Curé de Saint-Christophe-de-Chartreuse quand éclata la Révolution, il préféra l'exil au serment schismatique : le 15 septembre 1792, il s'embarquait pour l'Espagne, à bord du Jeune-Aimé, avec 26 compagnons[7]. Le P. Baudouin s'était embarqué six jours auparavant pour la même destination.
De retour en Vendée, M. Vincent Poisson ne put reprendre possession de sa cure de Saint-Christophe-de-Chartreuse : cette paroisse avait été supprimée par le Concordat. On le nomma à la cure de Treize-Septiers. C'est le premier curé dont on retrouve le nom sur les registres actuellement existants[8]. Il s'installa, comme locataire, dans ce qui restait de l'ancien presbytère et obtint, en 1808, que la commune en fît l'acquisition. Le curé fit personnellement l'avance de 1220 fr. pour payer à Girard cette acquisition qui s'éleva à 563 fr., ainsi que les frais de réparation dont le total fut de 657 fr.
L'autorisation du Gouvernement est du 7 août 1810. La commune avait demandé de s'imposer extraordinairement pour rembourser M. Poisson ; mais, lors de son voyage en Vendée, l'empereur Napoléon accorda au département 300 000 fr. pour réparation ou acquisition d'églises ou de presbytères (Décret du 8 août 1808) ; et, sur cette somme, il fut alloué 1200 fr. à Treize-Septiers. Le curé fut remboursé, moins vingt francs dont il fit l'abandon à la commune. (Communication de M. Edgard Bourloton.)
M. Vincent Poisson était un prêtre zélé, comme il en fallait, au sortir de la Révolution, pour relever les âmes en même temps que les autels. Ce saint prêtre avait pour pratique de n'aller jamais qu'à pied dans sa paroisse, et, quelque longues que fussent ses courses, il n'y dérogeait jamais. Son neveu, Jean Poisson, du Port (paroisse de Cugand), venait de temps en temps, chercher le tonton, pour l'amener dans sa famille. Il arrivait alors à Treize-Septiers avec deux chevaux ; mais on ne mettait le pied à l'étrier qu'après avoir franchi les limites de la paroisse[9].
Usé par les privations de l'exil et les fatigues du ministère paroissial, le serviteur fidèle était mûr pour la récompense ; Dieu la lui donna, en l'appelant à lui, dans le cours de l'année 1814.
Nous reproduisons ci-après son testament dans sa teneur et dans son orthographe. On ne le lira pas sans édification. 


TESTAMENT
de Vincent POISSON, desservant de Treize-Septiers

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, en qui je crois, en qui j'espère, que j'adore et que j'aime (utinam melius et fortius). Je crois la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, et j'adhère de cœur à toutes ses décisions.
Je soussigné, Vincent Poisson, desservant de Treize-Septiers, y demeurant au presbytaire, fais mon testament et disposition de dernière volonté, comme il suit.
Je donne à Jaque Chobelet, mon petit neveu, étudiant, mon calice, mes bréviaires et la théologie de Collet, 5 volumes. En cas qu'il ne devînt pas prêtre, le calice sera rendu à l'église de Treize-Septiers, et les bréviaires et Collet au Séminaire.
Si Renée Brin est à mon service, lors de ma mort, je veux qu'on lui donne trente écus, deux paires des meilleures bernes, ma couverture verte, et son gage en entier.
Je veux qu'on donne à mes successeurs desservants tous mes livres de théologie, excepté Collet, et tous mes sermonaires.
Je veux qu'on donne aux pauvres valant dix écus, le jour de mon enterrement, et autant au service ; de plus toutes mes mauvaises hardes et linges.
On comptera cent écus à M. le Supérieur du Séminaire, pour dire, à mon intention, trois cents messes basses.
La psse (paroisse) n'a que trois ornements, le vert à dentelle d'or vrai, un autre de toute couleur, galon or fau ; et le mauvais noir. Tout le reste, chappes et chasubles est à moi[10]. Je le donne à la psse ; à condition qu'elle payera à mes héritiers les douze cents vingt livres qu'elle me doit au bien bas mot, pour l'achat et les réparations de la cure, de plus, qu'elle n'exigera rien d'eux pour les réparations à faire à ladite cure, après ma mort. Si elle se refuse à ces deux conditions, je veux que mes dits ornemens soient donnés à d'autres églises du diocèse désignées par M. l'Evêque.
Telles sont mes dernières volontés que j'ai dictées et écrites de ma propre main. Je supplie M. Dugast, curé de la Bruffière, et Jean Poisson, du Port, mon neveu, de vouloir bien les exécuter.
Fait à Treize-Septiers, au presbitaire, le dix mars mil huit cent neuf.
                    Vincent POISSON, desservant de Treize-Septiers.
On lit à la suite, l'addition suivante : J'ai reçu les douze cens vingt livres cy-dessus, dix mars 1812. POISSON, desservant.

1814-1817. - M. Gri, curé.

Le 12 septembre 1816, M. Louis-Marie Baudouin, vicaire général, supérieur du Séminaire, délégué de Mgr l'Evêque de la Rochelle, fait la visite de l'église de Treize-Septiers et appose son visa sur les comptes de la Fabrique. Le procès-verbal est signé : Pérocheau, secrétaire ad hoc, Baudouin, vicaire général.
Le 2 juillet 1817, M. Gri cesse d'administrer la paroisse.

1818-1823. - M. Renolleau, curé.

Le 11 novembre 1818, jour de la fête patronale de Saint-Martin, érection de la Confrérie du Saint-Rosaire, dans l'église paroissiale de Treize-Septiers, conformément à l'ordonnance de Mgr Laurent Paillou, évêque de la Rochelle, contre-signée par M. Michaud, vicaire général, secrétaire.
Le 18 novembre de la même année, établissement de la Confrérie du Sacré Cœur de Jésus. (Ordonnance de Mgr l'Evêque de la Rochelle, contresignée par le même vicaire général.)

1819. - Un calvaire est planté au village de la Bitaudière, près le bourg. Une souscription paroissiale en paya les frais.

1821. - Fonte de deux cloches. - Payé au fondeur, Thomas Henry, 417 fr. à valoir sur la somme de 834 fr. (L'autre moitié fut remise à René Guicheteau, maire, pour régler le compte final en 1822.)

1823. - Le 16 décembre, M. Renolleau est nommé curé de la Gaubretière ; il est remplacé, à Treize-Septiers, par M. Poirier.

1824 - 1839. - M. Poirier, curé.

Le 21 mai, les registres et les livres de la paroisse de Treize-Septiers sont présentés à Mgr Soyer, évêque de Luçon, à son premier passage à la Bruffière. Il les vise et y appose sa signature.

1828. - On construit une tribune dans l'église, devenue trop étroite pour la population.

1829, 5 septembre. - Visite pastorale de Mgr Soyer.

1833. – "Payé et donné par la paroisse de Treize-Septiers à la paroisse de l'Orbrie, selon la volonté de Monseigneur l'évêque de Luçon, la somme de trente francs."

1834. - Réparation du maître-autel par M. Paulin, artiste peintre ; coût 775 francs.
Réparation des deux petits autels ; coût : 750 francs.

1836. - Visite pastorale de Monseigneur l'évêque de Luçon. II était accompagné de M. Menuet, vicaire général.

1839, janvier. - Décès de M. Poirier. Il est inhumé dans le cimetière de la paroisse.

1839 - 1883. - M. François Barreau, curé.

M. Barreau entra en fonctions au mois de mars. Il avait été précédemment vicaire de la Verrie et curé de Thouarsais-Bouildroux. - Il eut pour vicaires MM. Charles Guibert, actuellement (1894) curé de Nieul-le-Dolent ; Louis Berthomé, actuellement curé de Vouillé ; Sureau, actuellement curé de la Barre-de-Monts ; David, décédé ; Nouzillac, actuellement vicaire de Sainte-Flaive (1895).

1840. - Érection d'un nouveau calvaire, à la Bitaudière (faubourg de Treize-Septiers). Le chêne qui servit à la confection de la croix avait été apporté de Thouarsais ; il mesurait près de quarante pieds de longueur. Après être demeuré debout pendant cinquante-quatre ans, il a été renversé par la tempête du 12 novembre 1894.

1841, 6 octobre. - Délibération du Conseil de Fabrique relative à "l'acquisition de fonts baptismaux en marbre et au remplacement de la vieille sainte table en bois par une sainte table en fer."

1844. - A la date du 14 avril, on lit la déclaration suivante :
"Nous soussignés, membres du Conseil de Fabrique de l'église de Treize-Septiers, reconnaissons et certifions que toutes les réparations faites à l'église et au presbytère, depuis cinq ans, ont été faites du consentement et d'après les délibérations du Conseil. M. le curé n'a jamais employé un centime sans notre autorisation. Nous reconnaissons, de plus, que M. le curé a fait de grands sacrifices pour les susdites réparations.
P. Guicheteau. - Hervouet. - Jean Défontaine. - Pierre Gouraud. - J. Maindron.
Treize-Septiers, le 14 avril 1844.
Libaud."   

1850, 6 mars. - Visite pastorale de Mgr Baillès, évêque de Luçon.
- 4 juillet. - Le Conseil de Fabrique consent à faire clore à ses frais le cimetière, à certaines conditions, celle, entre autres, qu'on ne fera plus les annonces publiques dans l'enceinte même du cimetière, mais sur la place.
- 3 septembre. - Mgr Baillès, évêque de Luçon, assisté de MM. Auguste Grillard, chanoine honoraire, directeur au grand séminaire, et Gallot, chanoine honoraire, secrétaire intime, érige le Chemin de la Croix dans l'église de Treize-Septiers. Etaient présents à la cérémonie, M. Amiot, curé de la Guyonnière, L. Augereau, prêtre, etc. - F. Barreau, curé.

1851, 27 avril. - Le Conseil de Fabrique arrête ce qui suit : "L'église sera allongée de quatre mètres ainsi que la tribune dans la même proportion Les dépenses seront payées par la Fabrique."

1854, 3 août. - Bénédiction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Salette.
L'an mil huit cent cinquante quatre, et le jeudi trois août, Nous, Jacques-Marie-Joseph, Evêque de Luçon, avons procédé dans l'ordre qui suit à la bénédiction d'une chapelle nouvellement érigée dans le bourg et non loin de l'Église de Saint-Martin de Treize-Septiers, en l'honneur de Notre-Dame de la Salette, par les soins de M. François Barreau, curé de ladite paroisse, aidé des aumônes de ses paroissiens et de quelques autres personnes charitables des paroisses voisines.
A huit heures du matin, Nous avons offert, dans l'Eglise paroissiale, le saint sacrifice de la Messe et distribué la sainte Communion à environ quatre cents fidèles ; étant ensuite monté en chaire, Nous avons rappelé les diverses circonstances de la miraculeuse apparition de la Très Sainte Vierge à deux petits bergers, sur la montagne de la Salette, et indiqué quelques-unes des instructions pratiques fournies par cet évènement ; après quoi Nous sommes sorti de l'Église au chant des Litanies de la Sainte Vierge et précédé d'un nombreux clergé et d'une grande affluence de fidèles de l'un et de l'autre sexe, que les travaux pressants de la saison n'avaient pu empêcher de se rendre à cette pieuse cérémonie, Nous nous sommes transporté processionnellement à l'entrée de la nouvelle chapelle élevée sur le lieu où Nous avions déjà bénit, dix-huit mois auparavant, un arceau dressé également en l'honneur de Notre-Dame de la Salette, mais qui bientôt n'avait plus suffi à la piété des fidèles et à leur reconnaissance pour les grâces obtenues par les soins de Marie. Là, nous avons commencé la bénédiction de la chapelle que Nous avons poursuivie et achevée suivant le rite et les prières du Rituel romain ; Nous avons aussi bénit le tabernacle, les nappes et les croix de l'autel, les statues de Notre-Dame de la Salette, de saint Joseph et de sainte Anne, qui décorent les rétables et les croix de verre peint pratiquées dans les vitraux ; enfin, ayant donné la bénédiction pontificale, Nous avons assisté à la Messe qui a été dite, dans la nouvelle chapelle, par M, Benjamin Gouraud, notre vicaire général, à l'intention de toutes les personnes qui ont contribué à l'érection de ce monument, et avons ensuite été reconduit au presbytère par le clergé et les fidèles, au chant de l'hymne Ave maris stella.
De tout quoi nous avons fait dresser le présent procès-verbal en double exemplaire, revêtu de Notre seing et du sceau de Nos armes et signé des ecclésiastiques qui Nous avaient assisté dans cette cérémonie et de quelques autres des personnes qui s'y étalent trouvées présentes ; pour, l'un des exemplaires être déposé aux archives de notre Evêché, et l'autre, dans celles de ladite paroisse, afin de valoir ce que de droit.
A Saint-Martin de Treize-Septiers, les jour, mois et an que dessus.
Jacques-Marie-Joseph, Ev. de Luçon.
B. Gouraud, v. g. - Micheau, ch. hon., curé de Mortagne. - Barbotin, curé de Montaigu. - Denéchaud, curé de la Bernardière. - Grelier, cure de Cugand. - Gouband, curé de Saint-André. - Véron, prêtre habitué. - Challet, prêtre habitué. - Testaud, curé de la Boissière. - Rihet, prêtre. - Guilloton, curé de la Verrie. - Pinson, curé de Tiffauges. - Monnereau, curé des Brouzils. - Raballand, curé de Saint-Hilaire. - Froger, vicaire de Montaigu. - Charrier, curé de la Bruffière. - Morel, curé de Boussay. - Foucaud, curé de Bois-de-Céné. - Poirier, curé de Bourneau. - Rousseau, curé de Boufféré. - Petit, curé de Saint-Denys-du-Pairé. - Guédon, vicaire de la Bruffière. - J. Brillouet, prêtre. - De Beauregard. - Fèvre, vicaire de Chavagnes. - Rocheteau, curé de Sainte-Gemme-la-Plaine. - C. Amiot, curé de la Guyonnière. - Gaudineau, Grasset et A. Baisé, missionnaires de la Société des Enfants de Marie. - Ch. Tougeron, vicaire de Saint-Georges. – Gaborit, vicaire de la Boissière. - M. H. Festre, C. T. - P. Gouraud, vicaire des Brouzils. - Robin, curé de Sainte-Marie des Landes-Genusson. - Patarin, vicaire de la Verne. - Terrier, curé du Longeron. - Aubert, vicaire du Longeron. - Aug. Fort. - Guibert, ch. hon., secrétaire. - C. Cousseau, S. D. - Carré, vicaire de Cugand. - Charles Ripoche. - Jean Lièvre. - Auguste Lièvre. - René Guicheteau. - Julien Duret. - Joseph Girard. - P. Picot. - P. Richard. – François Lefort. - P. Gautier. - Armand Vinet. - Barreau, prêtre, curé de Treize-Septiers.
La chapelle de Notre-Dame de la Salette, bâtie par M. F. Barreau, à la suite d'un pèlerinage qu'il fit à la sainte montagne, est sans prétention architecturale. Elle s'élève dans le jardin même du presbytère avec façade et entrée sur la rue. C'est le rendez-vous des personnes pieuses, non seulement de la paroisse, mais aussi des paroisses voisines et même de quelques autres plus éloignées. On y voit aussi bien souvent des groupes nombreux, particulièrement au jour de l'apparition, le 19 septembre. Ce jour-là, la paroisse tout entière y fait un pèlerinage solennel. Il ne se passe guère de semaines sans qu'on y célèbre une ou deux fois la messe, à des intentions spécialement recommandées. La confiance des pieux fidèles qui viennent prier dans ce petit sanctuaire est, d'ailleurs, pleinement justifiée par les grâces sans nombre dont Dieu se plaît à la récompenser. Des ex voto déposés aux pieds de Notre-Dame de la Salette en rendent un témoignage éloquent.
Nous citerons ici un trait remarquable de guérison obtenue par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, à Treize-Septiers, devant l'arceau qui a été ensuite remplacé par la chapelle actuelle.
"Augustin Libaud, âgé de trois ans, fils de René Libaud et de Jeanne Bousseau, avait perdu, à la suite d'une maladie, l'usage de ses deux jambes. Lorsqu'on voulait le faire marcher, il tombait et jetait de hauts cris que la douleur lui arrachait. Sa mère le porta, dans les derniers jours du mois de mai dernier (en 1853), au petit monument que M. le curé de Treize-Septiers avait érigé, l'année précédente, à la gloire de Notre-Dame de la Salette. Ce fut en vain, en y arrivant, qu'elle essaya de lui faire faire quelque pas. Cette mère désolée se jette aux pieds de Marie, tenant son fils entre ses bras, et adresse sa prière à cette auguste Reine du ciel. Mais, ô prodige ! à peine a-t-elle récité cinq Pater, cinq Ave et un Souvenez-vous, que son enfant s'arrache de ses bras et se met à courir autour d'elle. Après avoir remercié sa bienfaitrice qui venait de se montrer si bonne, si compatissante, elle retourne chez elle conduisant par la main le petit protégé de Marie, qui, depuis, continue à marcher avec facilité et sans éprouver la plus légère douleur[11]"

1863. - Bénédiction de l'arceau de la Sainte-Famille, élevé par la famille Libaud, sur le bord de la route stratégique n° 7, à l'entrée du bourg, du côté de Tiffauges. Cet arceau, en granit, renferme un groupe de la Sainte-Famille, en plâtre, qu'aime à saluer le voyageur, en même temps que le sanctuaire de Notre-Dame de la Salette, situé à quelques centaines de mètres en arrière.

1866. - Visite pastorale de Mgr Colet, accompagné de M. l'abbé Jeannet, vicaire général. On lit dans le procès-verbal : "Après examen sommaire des plans de la nouvelle église dressés par M. Simon, architecte à Cholet, nous avons jugé que le projet de construction auquel M. le curé attache beaucoup de prix est réalisable. Nous avons seulement fait remarquer que les plans pouvaient exiger quelques modifications."

1871, 17 juin. - Visite pastorale de Mgr Colet, accompagné de M. l'abbé Petit, secrétaire général. Le procès-verbal contient les observations suivantes concernant la construction de la nouvelle église : "Nous avons trouvé l'église dans un état de vétusté qui ne permettrait pas de s'en servir longtemps…. Le plan de la nouvelle église ayant été soumis à une nouvelle étude et corrigé dans le sens des observations faites, à notre dernière visite, et la Fabrique ayant réalisé des économies pour une somme de plus de trente mille francs, nous avons fait connaître au Conseil notre désir qu'on se mette en mesure de faire ouvrir et remplir les fondations avant l'hiver prochain."

1872. - Bénédiction de la première pierre de la nouvelle église.
"L'an de Notre-Seigneur 1872, le mardi douzième jour d'avril, a été bénite la première pierre de notre église paroissiale par M. l'abbé Gabriel Gouraud, vicaire général, chanoine titulaire de la cathédrale de Luçon. Quarante-huit prêtres y assistaient et un grand nombre de fidèles."
Signé : Barreau, prêtre.   

1873. - Bénédiction de la nouvelle église.
"L'an de N. S. 1873, et le dimanche vingt-neuvième jour du mois de juin, jour de la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, la nouvelle église de cette paroisse a été bénite par moi, Fr. Barreau, curé de la paroisse, délégué par Monseigneur l'Evêque ; puis, après la bénédiction, la sainte messe y a été célébrée pour la première fois." – Signé : F. Barreau, prêtre, curé.

1875. - Consécration de la nouvelle église.
"L'an de N. S. 1875, et le mardi trente-unième jour du mois d'Août, la nouvelle église paroissiale de Saint-Martin de Treise-Septiers a été consacrée par Mgr Jules-François Lecoq, évêque de Luçon. Quatre-vingt-douze prêtres et une foule immense y assistaient" – Signé : Fr. Barreau, prêtre, curé.
La construction de l'église de Treize-Septiers est l'œuvre de deux architectes : M. Simon, de Cholet, pour la première partie ; et M. Méchineau, de Clisson, pour la seconde. L'entrepreneur chargé de l'exécution des plans fut M. Gautier, de Clisson.
Tout compte fait, elle a coûté 70 000 francs environ.

1876. - Visite pastorale de Mgr Lecoq, accompagné de M, l'abbé Garreau, vicaire général.

1877. - Érection d'un calvaire paroissial aux portes du bourg, sur le bord de la route qui se bifurque un peu plus loin, pour aller à la Bernardière et à Saint-Hilaire-de-Loulay.[12]

24 mai 1879. - Première visite de Mgr Catteau, accompagné de M. Giraud, secrétaire général de l'évêché. Sa Grandeur y confirme soixante-dix-sept enfants.

1881, 8 septembre. - Clôture d'une mission prêchée par les RR. PP. Brochard et Rochereau, des Enfants de Marie-Immaculée de la maison de Mouilleron-en-Pareds.
- 11 décembre - "L'an de Notre-Seigneur 1881, 11e jour du mois de décembre, ont été bénites, en cette église, par M. l'abbé Gabriel Gouraud, chanoine titulaire de la cathédrale de Luçon et vicaire général du diocèse, deux cloches, dont la première, sous le nom du Sacré-Cœur de Jésus, a eu pour parrain M. l'abbé Paul de Suyrot, missionnaire apostolique, et pour marraine Mlle Marie-Antoinette de Baudry d'Asson ; la seconde, sous le nom de l'Immaculée-Conception, a eu pour parrain M. l'abbé Eugène Boiziau, vicaire de la Garnache, et pour marraine Mme Agathe Boiziau, en religion Sœur Aimée de Jésus." - Signé : Fr. Barreau prêtre, curé.
La première de ces deux cloches donne le la du diapason, et la seconde le sol. Voici les inscriptions qu'elles portent : "Cloche du Sacré-Cœur - 1881 - Parrain M. l'abbé Paul de Suyrot, missionnaire apostolique ; marraine Mlle Marie-Antoinette de Baudry d'Asson. - M. François- Jean-Baptiste Barreau étant curé."
"Cloche de l'Immaculée-Conception. - Parrain M. l'abbé E. Boiziau ; marraine Mme Agathe Boiziau, en religion Sœur Aimée de Jésus. - Bénie (sic) le 5 septembre 1886, Léon XIII étant pape, Mgr Catteau évêque de Luçon, M. Gagnier, curé de cette paroisse de Saint-Martin de Treize-Septiers."[13]

1883, 21 avril. - Visite pastorale de Mgr Catteau, accompagné de M. l'abbé Garreau, vicaire général. - 96 confirmés.
30 juin. - Décès de M. Barreau. Il est enterré dans le cimetière de la paroisse, le 2 juillet, où l'accompagnèrent un grand nombre d'ecclésiastiques et toute la religieuse population de Treize-Septiers.
Dans son numéro du 8 juillet suivant, la Semaine catholique du diocèse consacrait au souvenir de ce vénérable prêtre un article nécrologique auquel nous empruntons les lignes suivantes :
"M. l'abbé Barreau était originaire de la paroisse d'Evrunes….. C'est le 24 mai 1834 qu'il fut promu aux honneurs du sacerdoce….. On l'envoya d'abord, comme vicaire, à la Verrie, et, en janvier 1837, il prenait possession de la cure de Thouarsais. Deux ans après, le 6 mars 1839, l'autorité épiscopale le transférait à Treize-Septiers. C'est là, que le 30 juin dernier, la mort est venue le ravir à l'estime et à l'affection de ses paroissiens.
Ce long apostolat dans la même paroisse fut fécond en œuvres de toutes sortes. M. l'abbé Barreau avait l'amour et le zèle de son saint état. Mais, comme le disciple n'est pas au-dessus du Maître, sa couronne sacerdotale eut aussi de cruelles épines. Ce fut à travers mille épreuves et au péril même de sa Vie qu'il put faire accepter enfin les utiles réformes que son zèle lui inspira pour le bien des âmes confiées à ses soins. Aidé des sages conseils de M. Rihet, alors curé de la Bruffière, dont l'amitié lui fut d'un grand secours, il ne désespéra point et fit bonne contenance devant les nombreuses difficultés qu'il rencontra au sein même de sa nouvelle paroisse. Nous lui avons entendu raconter à lui-même bien des fois comment, après plusieurs démarches infructueuses en vue d'obtenir son déplacement, quelques-uns des mécontents prirent le parti de recourir à des moyens extrêmes pour se débarrasser de sa personne. Un soir que M. le curé était sur le point de se mettre au lit, l'un d'eux, posté dans une prairie voisine, à quelques mètres de la cure, tira sur lui, à travers la fenêtre, avec un fusil chargé à balle. La balle alla se loger dans le plafond de sa chambre, mais ne l'atteignit pas. Après quelques instants d'une émotion facile à comprendre, le vénérable prêtre, confiant dans la Providence et demandant à Dieu, sans doute, pardon pour le coupable, s'endormait avec ce calme du juste que donne à la conscience la satisfaction du devoir accompli.
La justice informa et opéra même quelques arrestations, mais le vrai coupable ne fut point découvert alors. Lui-même, quelques années plus tard, fit, avant de mourir, l'aveu public de son crime, et le prêtre appelé à faire descendre le pardon de Dieu sur sa tête fut précisément le vénérable curé contre lequel il avait commis son horrible attentat…"          Hte B.

1883, 23 septembre. - M. François GAGNER, curé.

M. Gagnier fut installé par M. l'abbé Gelot, curé-doyen de Montaigu.
30 septembre. - Le R P. Ladislas, capucin, gardien du couvent de Fontenay-le-Comte, procède à l'érection régulière du Tiers-Ordre de Saint-François dans la paroisse de Treize-Septiers.

1884. - Plusieurs dons particuliers sont faits à l'église : des lustres, un thabor, un tableau de la Sainte-Face monté sur une colonne, etc….. On achète un dais et plusieurs ornements qui manquent à la sacristie.
Février. - M. Jean-Baptiste Fèvre est nommé vicaire de Treize-Septiers.
Au mois de septembre de la même année, bénédiction du tombeau de M. Barreau, ancien curé, dont les frais furent couverts par une souscription de ses pieux paroissiens. Le modeste monument est en granit des Landes-Genusson. Sur un des côtés, on lit l'inscription suivante :
"A la mémoire de M. François Barreau, curé de cette paroisse pendant quarante-quatre ans, décédé le 10 juin 1881. Priez Dieu pour lui."
Sur l'autre côté sont gravées ces paroles de l'Apôtre : "Bonum certamen certavi… fidem servavi" (2e Tim. IV, 7.)

1886. - Bénédiction de deux cloches par Mgr Catteau, assisté par M. l'abbé Jeannet, vicaire général, et un nombreux clergé.
Ces deux cloches sont sorties des ateliers de M. Astier, fondeur à Nantes. La première donne le fa et pèse 750 kilos, la seconde, le sol, et pèse 530 kilos, Sur la première, on lit l'inscription suivante : "L'an de N. S. mil huit cent quatre-vingt-six, Léon XIII étant pape ; Mgr Clovis Catteau, évêque de Luçon ; M. F. Gasnier, curé de cette paroisse de Saint-Martin de Treize-Septiers, j'ai été bénie (sic) solennellement, dans cette église, par Mgr Catteau, évêque de Luçon, le 5 septembre, Mon parrain a été M, Paul Coyaud, ma marraine, Mme Coyaud, son épouse, née Marie Pineau. Ils m'ont donné les noms de Marie-Pauline."
Nous avons donné précédemment l'inscription de la seconde. (V. plus haut, 11 décembre 1881)
- M. Jean Boucard, vicaire du Bourg-sous-la-Roche, est transféré à Treize-Septiers.

1887. - Visite pastorale de Mgr Catteau, accompagné de M. Giraud, chanoine honoraire, secrétaire général de l'Evêché, - 250 confirmés de la paroisse de Treize-Septiers et de la Guyonnière.

1888, 30 septembre. -. Bénédiction, par M. l'abbé Suaudeau, curé-doyen de Montaigu, d'une statue du Bienheureux Montfort, inaugurée dans l'église de Treize-Septiers. Sermon par M. l'abbé de Suyrot, missionnaire apostolique, et vénération des reliques du Bienheureux.
11 novembre. - Fête de saint Marlin, patron de la paroisse. - Bénédiction d'une quatrième cloche, par M, l'abbé Gelot. curé-archiprêtre de la Roche-sur-Yon, délégué à cet effet par Mgr l'Evêque de Luçon, au milieu d'un grand concours de prêtres et de fidèles. Cette cloche donne l'ut du diapason Elle porte l'inscription suivante :
"J'ai été bénie (sic) l'an 1888, le 11 novembre, Léon XIII étant pape ; Mgr Catteau. évêque de Luçon ; M. F. Gagnier, curé de cette paroisse. Mon parrain a été M. l'abbé J.-B. Guicheteau, vicaire de Chavagnes ; ma marraine, Marie-Anne Defontaine, en religion sœur Domitille. Ils m'ont donné le nom de Saint-Martin."[14]

1889, 1er janvier. - M. Fridolin Favreau, vicaire de Treize- Septiers.
Dans le courant de la même année, ont été construits les deux autels latéraux, de la Sainte Vierge et de Saint-Jean-Baptiste. Le travail est signé Michaud, sculpteur, et est sorti des ateliers de M. Lacroix, de Niort. La décoration des statues et les autres peintures sont l'œuvre de M. Pellissi, de Nantes.

1890, 11 novembre. - Fête de saint Martin, patron de la paroisse, grand'messe solennelle chantée par M. l'abbé Giraud, vicaire général ; panégyrique de saint Martin, prêché par M. Leclair, curé de Vieillevigne (diocèse de Nantes). Le soir, aux vêpres, après une allocution prononcée par le R. P. Pichaud, missionnaire de Chavagnes, M. le vicaire général bénit deux statues, don des paroissiens : celle de saint Joseph, offerte par les hommes, celle de sainte Monique par les Mères chrétiennes.

1891, 6 mai, -- Visite pastorale de Mgr Catteau, accompagné de M. Giraud, vicaire général. - Confirmation de 113 enfants.
- 13 septembre. - M. l'abbé de Suyrot, chanoine honoraire, missionnaire apostolique, en vertu des pouvoirs qui lui avaient été conférés à cet effet, bénit solennellement la statue de la Sainte Vierge placée au fronton de la petite chapelle de Notre-Dame de la Salette.
Dans le courant de cette année, M. l'abbé Naud est nommé vicaire de Treize-Septiers.

1892. - Retraite prêchée aux Mères chrétiennes par le R. P. Brochard, missionnaire de Chavagnes.
M. Griffon est nommé vicaire de Treize-Septiers, en remplacement de M. Naud, transféré à la Chaume.

1894, 1er novembre. - Erection de la Confrérie de la Sainte-Famille, par M. l'abbé Chabot, vicaire général.

                         

Prêtres originaires de la paroisse de Treize-Septiers
     

M. Pierre Pichaud, né au village de la Hinchére, en 1811 ; ordonné prêtre en 1836 ; curé de Saint-Mâlo-du-Bois, en 1838 ; retiré à Mormaison, en 1885 ; décédé le 4 février 1891. Sa dépouille mortelle a été transportée dans le cimetière de Saint-Mâlo, son ancienne paroisse.

M. François Guicheteau, né au village de la Verderie, en 1807. Fut curé à Rosnay ; aumônier d'un pensionnat, à New-York (États-Unis). Retiré à Treize-Septiers, et décédé le 15 décembre 1885, à l'âge de 78 ans.

M. Auguste Brochard, né à la Haute-Bourie, le 8 février 1860 ; ordonné prêtre à Chavagnes ; missionnaire de la Congrégation des Enfants de Marie-Immaculée ; actuellement curé dans les Antilles anglaises.

M. Jean-Baptiste Guicheteau, né en 1860 ; ordonné prêtre en 1884 ; professeur à l'institution Sainte-Marie de la Roche-sur-Yon, en 1885 ; vicaire de Chavagnes-en-Paillers, en 1886 ; curé de l'Epine, en 1894.

M. Henri Chardavoine, né en 1862 ; ordonné prêtre en 1886 ; vicaire à Tiffauges ; vicaire à Chauché, en 1887.

M. Jules Delcair, né le 13 août 1870 ; ordonné prêtre en 1893 ; vicaire à Treize-Vents, en 1894.

M. Etienne Guichet, né à la Sauzaie, le 28 octobre 1854 ; ordonné prêtre le 19 janvier 1879 ; vicaire de la Guyonnière, le 21 janvier de la même année ; décédé le 30 mai 1880. Son corps a été inhumé dans le cimetière de Treize-Septiers.            

 

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CHATEAUX et SEIGNEURIES

 

Nous avons indiqué précédemment, dans la paroisse de Treize-Septiers, les noms de plusieurs fiefs relevant de Tiffauges, parmi lesquels la Courtinière, maison noble jouissant du droit de basse justice. A ces noms, nous devons ajouter ici les noms de deux autres fiefs de la mouvance de Montaigu, plus importants encore que les premiers : ce sont la Papinière et les Ganuchères.


1° La PAPINIÈRE

Le manoir de la Papinière, dont il reste encore quelques servitudes occupées aujourd'hui par les fermiers, s'élevait sur les bords de l'étang que l'on voit encore prés du bourg de Treize-Septiers, du côté de Montaigu.

Le titre de cette seigneurie était porté, en 1667, par Claude de Gastinaire, seigneur de la Preuille, qui ajoute à son titre celui de seigneur de la Papinière. Il portait "d'azur à deux os de mort d'argent, posés en sautoir, cantonnés de quatre fleurs de lys d'or."

La famille de Chabot du Parc possédait la Papinière en 1793, ainsi que les différentes fermes qui en dépendent.

Ce domaine ayant subi alors le sort de la plupart des propriétés nobiliaires, il fut acquis par M. Paul Coyaud, qui le laissa en héritage à son fils, M. Diomède Coyaud.
La petite gentilhommière que l'on aperçoit sur la droite, en sortant du bourg de Treize-Septiers pour aller à Montaigu, a été bâtie par ce dernier, non loin de l'ancien manoir, mais dans un site plus agréable.
M. Diomède Coyaud est mort, sans enfants, à Fontenay, en 1882. Il a eu pour héritier son neveu, M. Paul Coyaud, le propriétaire actuel, qui a épousé une demoiselle Pineau. Ces derniers ont, à Nantes, leur résidence ordinaire, et n'habitent guère qu'à la belle saison leur maison de campagne de la Papinière.
L'horloge communale de Treize-Septiers est un don de M. Diomède Coyaud. Les propriétaires actuels ont eux-mêmes donné à l'église du lieu de nombreux témoignages de leur générosité.          (Note de M. Gagnier, curé de Treize-Septiers)


2° Les GANUCHÈRES

A dix-huit cents mètres du bourg de Treize-Septiers, s'élevait, jadis, la maison noble des Ganuchères ; il n'en reste plus aujourd'hui que des ruines à peine reconnaissables. Etiam perière ruinæ.

Nous devons à l'obligeance de M. Edgard Bourloton et de M. l'abbé de Suyrot, dont la famille possédait anciennement ce fief, quelques notes sur les anciens seigneurs des Ganuchères.

Le premier en date est Jean Morin, qui rend aveu des Ganuchères, le 8 septembre 1437.

Vient ensuite Nicolas Morin, qui rend aveu le 27 septembre 1473[15].

Julien de la Roche-Saint-André s'établit aux Ganuchères en 1505, à la suite d'un partage entre lui et ses deux frères, Jean et Vincent. En 1551, le 4 juillet, le même Julien de la Roche, écuyer, rendait encore aveu des Ganuchères[16].
Il épousa Jacquette de Lacour-Lagrise, dont Pierre, fils unique (celui qui fit don à l'église de la belle croix processionnelle dont nous avons donné précédemment la description). Pierre épousa, en 1551, Catherine Régnon, dont...

Gabriel, qui prit part à la guerre de la Ligue, sous Henri III et Henri IV. En 1590, son château des Ganuchères fut pris et dévasté, et lui-même ruiné, puis emprisonné au château de Nantes.
Il est à croire que les Ganuchères ont cessé, dès cette époque, d'être habitées par les seigneurs du lieu, qui se réfugièrent à Montaigu, où l'on retrouve les membres de la famille de la Roche-Saint-André jusqu'à la Révolution de 1793.
Le 14 mai 1567, Gabriel épousa Marguerite Boisseau, dont

Julien, époux de Françoise Giguet, dont

1° Julien, marié à Madeleine Bertrand du Ligneron, seigneur des Ganuchères, sans postérité.

2° Gilles, chef d'escadre sous Louis XIV. Celui-ci naquit en 1621 et se maria, vers 1653, avec Gabrielle-Brigitte d'Escoubleau de Sourdis, nièce du célèbre cardinal-archevêque de Bordeaux, qui eut le portefeuille de la marine sous le ministère de Richelieu.
Gilles s'ouvrit une carrière dans la marine et devint, après de glorieux services, chef d'escadre des armées navales à une époque où il n'y avait que deux lieutenants généraux et deux chefs d'escadre dans toute la marine de France. Ce fut lui qui, montant le vaisseau La Lune, et commandant la petite flotte équipée à Nantes par le maréchal de la Meilleraie, planta le premier la croix à Madagascar. Il en ramena un indigène dont on fit ensuite un chrétien[17]. L'expédition n'eut, d'ailleurs, aucun résultat bien sérieux. Chevalier des ordres du roi, gentilhomme de la chambre et chevalier de l'ordre du Christ de Portugal (récompense du service signalé qu'il avait rendu à ce pays en préservant sa capitale, Lisbonne, d'un bombardement dont elle était menacée par les Anglais), Gilles de la Roche-Saint-André, après avoir été l'un des marins les plus expérimentés de son temps, mourut sur les côtes de Galice, au mois de juin 1668, commandant le vaisseau Le Jules, dans l'escadre du duc de Beaufort, grand amiral de France, et fut inhumé à Vigo, en Espagne, dans l'église des Cordeliers. Son cœur embaumé fut rapporté à Montaigu, lieu de sa naissance et de son domicile, et enterré dans l'église Saint-Jean, avec sa veuve, au mois d'août 1715. On ne l'a pas retrouvé lors de la reconstruction de l'édifice, en 1863[18].
Le célèbre marin ne fut pas seigneur des Ganuchères, mais ses propres enfants héritèrent de ce titre de leur oncle, mort sans postérité.
De Gabrielle-Brigitte d'Escoubleau de Sourdis il eut trois enfants :

1° Louis-Gilles, seigneur des Ganuchères, né à Montaigu, le 22 mars 1666, baptisé par l'évêque de Luçon, Nicolas Colbert, le frère du grand ministre ; capitaine de vaisseau, le 5 octobre 1712 ; marié, en 1699, à Charlotte de Saint-Legier de la Sausais, paroisse de Saint-Xandre, près la Rochelle ; mort à Montaigu, le 27 juin 1732.
2° Marie, qui épousa Claude Duchaffault, seigneur de la Sénardière, veuf de Mme Marie Jousseaume de la Bretesche ;
3° Françoise, mariée à Jean-Marc de Boyer, seigneur de la Mothe-Choisy.

Louis-Gilles eut quatre enfants :

1° Louis-Joachim, qui suit ;
2° Charles, qui suit ;
3° Suzanne-Augustine, religieuse de Fontevrault, prieure du couvent de Montaigu ;
4° Pélagie, qui épousa, en 1732, Louis-Charles, comte Duchaffault, seigneur de Melay, mort en prison, à Nantes, victime de la Révolution.

Louis-Joachim de la Roche-Saint-André, selon toutes probabilités, naquit à Montaigu, en 1706[19].

Nous reproduisons ici la notice historique publiée par la Semaine Catholique de Luçon (n° du 9 décembre 1893), et empruntée en partie à la préface des Élévations sur les principaux mystères de N. S. Jésus-Christ et de sa sainte Mère, par l'abbé Louis-Joachim de la Roche-Saint-André (1 vol. in-12, Lecoffre, Paris, 1870). Cette préface est due à la plume de M. l'abbé de Suyrot, son petit-neveu.

"Ayant embrassé l'état ecclésiastique, Louis-Joachim se fit recevoir bachelier en Sorbonne ; il se distingua par sa science non moins que par sa piété, et témoigna sur­tout de sa soumission et de son dévouement envers l'Eglise par le zèle qu'il mit à défendre la bulle Unigenitus, publiée par le pape Clément XI, afin d'arrêter les progrès du jansénisme, qui causait alors tant de scandale en France. L'ardeur qu'il déploya dans cette circonstance, en parcourant le diocèse de Nantes, comme prédicateur, parut exagérée à Mgr de Sanzay. Ce prélat, qui favorisait les Jansénistes, invita l'abbé de la Roche à s'éloigner.
L'abbé se rendit à Paris, où Mgr Suarez d'Aulan, évêque de Dax, se l'attacha, en qualité de vicaire général, et l'emmena dans son diocèse, à son retour des États-généraux de 1745.
La dignité dont venait d'être pourvu l'abbé de la Roche ne l'empêcha point de continuer ses travaux apostoliques : il se joignit, comme prédicateur et comme confesseur, aux missionnaires que l'évêque avait appelés à l'occasion du jubilé. Le nouveau vicaire général attaqua les partisans du Jansénisme, en chaire et au confessionnal, avec tant d'énergie, que là comme à Nantes, il souleva contre lui un grand nombre de mécontents ; on le dénonça à l'évêque ; mais, loin de blâmer son grand vicaire, le prélat le récompensa en le faisant nommer abbé commendataire de Ville-Dieu, en 1750[20].
Toutefois, l'animosité se montra si violente que celui qui en était l'objet crut devoir mettre en pratique cette recommandation de Notre-Seigneur à ses apôtres : "Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre."[21] Il quitta Dax et vint se fixer à Montaigu, au centre de sa famille. Il consacra la dernière partie de sa longue carrière aux travaux du saint ministère, aux œuvres de charité, à l'étude et à la formation ecclésiastique de quelques élèves au nombre desquels fut le vénérable Père Baudouin, que Dieu destinait à être le restaurateur du clergé dans les diocèses de la Rochelle et de Luçon, après les malheurs qui allaient fondre sur l'Eglise de France[22].
La Révolution de 1793 le surprit dans ses occupations, alors qu'il partageait la solitude de son beau-frère, l'amiral Duchaffault. Tous deux, plus qu'octogénaires, se préparaient, dans le silence et le recueillement, à rendre compte à Dieu de leurs vies consacrées au service de la religion et de la patrie.
Le dévouement de ces deux vieillards à l'autel et au trône ne leur permettait pas de suivre le mouvement révolutionnaire : ils eurent le courage de s'y opposer. Tandis que le vieux marin usait de son influence pour l'arrêter et se servait de ses connaissances militaires pour le combattre, le vénérable prêtre déployait, de son côté, contre la Constitution civile du clergé, le zèle qu'il avait montré à défendre la foi attaquée par les Jansénistes. Il n'en fallait pas tant pour exciter la vengeance d'un pouvoir despotique et barbare, qui travaillait à détruire la religion avec autant d'acharnement qu'il en avait mis à renverser la royauté.

L'abbé de la Roche-Saint-André avait une habitation à Montaigu, dont il faisait sa résidence, lorsqu'il n'était pas chez son beau-frère, à Melay. Il s'y était retiré définitivement au moment où éclata la Révolution. Mais bientôt, ne s'y trouvant pas en sûreté, il vint se cacher, chez ses fermiers, au village de la Basse-Bourie, dans la paroisse de Treize-Septiers. Chaque jour, ou très fréquemment, son domestique, Hilaire Robin, allait faire des provisions à Montaigu. On remarqua cet homme; il fut suspecté, arrêté et interrogé ; on lui promit la vie sauve, s'il révélait l'endroit où s'était réfugié son maître. Devant les menaces, d'un côté, et de l'autre, les promesses qui lui étaient faites, l'infidèle domestique, ne songeant qu'à sa propre vie, livra le secret demandé et perdit son maître[23]. Sur ses indications, des émissaires de Carrier, président du tribunal révolutionnaire de Nantes, établis à Montaigu, vinrent secrètement à la Basse-Bourie, dans les derniers mois de l'année 1793, et s'emparèrent, sans peine, du vénérable prêtre.
C'en était fait ; Dieu lui réservait la palme du martyre ! L'abbé de la Roche-Saint-André eut le courage et la gloire de la cueillir à quatre-vingt-huit ans !
Amené à Nantes, le 19 décembre, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire qui le condamna à mort, pour être exécuté dans les vingt-quatre heures. Cette inique sentence était motivée sur ce que "le ci-devant abbé n'avait pas prêté le serment de fidélité à la République, prescrit par la loi ; sur ce qu'il habitait un pays en insurrection, afin de mieux fanatiser les gens des campagnes..."[24]
En entendant prononcer sa condamnation, le courageux confesseur de la foi entonna le psaume Lætatus sum[25]. Il employa les quelques heures qui s'écoulèrent avant son supplice à exhorter les compagnons de sa captivité dans la prison du Bouffay ; il leur offrit le secours de son ministère et chercha à relever leur courage par le chant d'un cantique qu'il avait composé pour les circonstances difficiles où se trouvaient alors les fidèles. Le lecteur aimera à en entendre ici quelques couplets. Ce cantique, d'ailleurs, ne manque pas d'une certaine actualité, et l'on y trouvera mieux qu'une poésie relevée et facile, un parfum pénétrant de foi et d'édification[26].

                   1
O vous, peuple saint, peuple roi,
O vous, innocentes victimes
Des fléaux vengeurs de nos crimes,
Illustres soutiens de la Foi ;
De ses amoureuses haleines
Puisse l'Esprit consolateur
De vos maux tempérer l'ardeur,
Alléger le poids de vos chaînes !

                   2
Pour les esclaves du démon
La Croix est scandale et folie ;
Son apparente ignominie
Confond l'orgueilleuse raison.
Elle est prudence, elle est sagesse,
Pour celui qui vit de la Foi ;
Son cœur l'embrasse sans effroi,
Il la porte avec allégresse.

                   3
Sa vertu nous ouvre le ciel,
C'est l'étendard de la victoire ;
Jésus n'est entré dans sa gloire
Qu'abreuvé d'opprobre et de fiel.
Pour cueillir les palmes divines,
Semons avec lui dans les pleurs ;
Peut-on triompher sans douleurs
Sous un chef couronné d'épines ?

                   4
Dans les succès, dans les revers,
Avec amour et sans contrainte
Adorons la volonté sainte
Du Dieu qui régit l'univers.
Il nous éprouve, mais en père,
Jaloux de nous rendre parfaits.
Le méchant boit seul à longs traits
Dans la coupe de sa colère.

                   5
De ces faux biens qu'on nous ravit
Nous n'étions que dépositaires ;
Nos corps sont de vivantes pierres
Que le ciseau taille et polit,
O mort ! quelle est donc ta victoire ?
Ces agneaux percés de tes coups,
Avec Dieu jugeront les loups
Au jour de terreur et de gloire !...

Avec de pareils sentiments au fond du cœur et sur les lèvres, on comprend sans peine que le vénérable confesseur de la foi ait envisagé la mort sans frayeur. Il marcha sans défaillir jusqu'à l'échafaud, en chantant l'hymne Vexilla Regis et le psaume Miserere. Les assistants versaient des larmes d'attendrissement et d'admiration.
Arrivé au lieu du supplice, il récita encore le psaume Laudate Dominum, omnes gentes, puis, se tournant vers ses bourreaux, il leur dit : "Vous me faites mourir injustement, dans un an vous périrez comme moi !"
C'était le 20 décembre 1793.
Or, le 16 décembre 1794 (quatre jours avant que l'année fût entièrement révolue), Fouquet et Lamberty, exécuteurs des ordres sanguinaires de Carrier, tombaient à leur tour sur l'échafaud, L'inventeur des Noyades de Nantes, mandé lui-même par le Comité révolutionnaire de Paris, fut décrété d'accusation le 23 novembre 1794, et, le 16 décembre suivant, ce monstre suivit ses séides dans la tombe et au tribunal du Souverain Juge !...
Le prêtre martyr avait prophétisé."

Charles de la Roche-Saint-André, frère de l'abbé, porta le titre de seigneur des Ganuchères. Il servit d'abord dans la marine, démissionna et s'acquit une certaine distinction comme syndic général des Marches communes de Poitou et de Bretagne. Il mourut en août 1780 et eut pour successeur, dans ses fonctions, jusqu'à la Révolution, son suzerain, le marquis de Juigné, seigneur de Montaigu, de Vieillevigne, etc.
Il s'était marié quatre fois :
1° avec Gabrielle-Honorée Badreau, veuve de Gabriel Buor, seigneur de la Lande (en Saint-Hilaire-de-Loulay), dont une fille, Henriette-Jude-Félicité, qui épousa Joachim Robineau, seigneur de la Chauvinière et de la Barillère ;
2° avec Elisabeth-Henriette de la Boutetière, dont il n'eut pas d'enfant ;
3° avec Henriette-Marguerite de Goulard du Retail (paroisse des Lucs), dont deux garçons, Henri-Charles, qui suit, et Victor-Alexandre, maire de Montaigu en 1790, massacré à Quiberon en 1795[27] ;
4° avec Marie-Elisabeth des Conches de Sainte-Croix, dont deux enfants : Charles-Henri qui émigra, prit part à l'expédition de Quiberon, ainsi qu'aux affaires de 1815, et reçut le dernier soupir de Suzannet, après le combat de Rocheservière ; marié, en 1799, à Marguerite-Caroline de Terves ; mort au château du Margat (Maine-et-Loire), le 28 juin 1849[28] ; Marie-Louise, qui épousa le comte de la Rochefoucauld-Bayers du Puy-Rousseau, en la Garnache[29].

Henri Charles de la Roche-Saint-André, dernier seigneur des Ganuchères, épousa Constance-Augustine Duchaffault, petite-fille de l'amiral, en 1790. Le mariage fut bénit par son oncle, l'abbé de la Roche, dont il a été question plus haut. Enseigne de vaisseau, émigré, il prit part à l'expédition de Quiberon, échappa à la fusillade et retourna en Angleterre, d'où il revint, en 1796 ; fut nommé chevalier de Saint-Louis, et se distingua dans les dernières luttes de la Vendée, sous les ordres du comte de Suzannet. Nous avons dit précédemment (à l'article de Melay) qu'il fut blessé, en novembre 1799, dans un combat engagé près de Melay, contre la division de Montaigu.
Le 17 juin 1815, il était nommé commissaire du roi près des armées de Bretagne et de Vendée ; député, en 1823. En 1830, il rentra dans la vie privée et se retira dans sa terre de Chambrette (paroisse des Landes-Genusson), où il vécut en ermite et mourut pieusement, le 20 juin 1836.

Mgr de Beauregard lui a consacré, dans ses Mémoires, quelques lignes élogieuses qui ont naturellement leur place ici. Nous citons :

"J'y avais vu également (à Quiberon) la Roche-Saint-André, l'aîné, qui n'y a pas péri, et qui est un saint : j'étais son confesseur et son ami, à Londres, chez Mme la comtesse du Quingo... Mme de la Roche-Saint-André avait les plus grandes inquiétudes sur son mari qui ne lui avait point écrit depuis fort longtemps, et elle le croyait mort. On désira que je lui annonçasse que je l'avais vu depuis peu de temps et que j'avais eu avec lui des rapports d'amitié. On l'invita à venir à Beaufou, et, après bien des ménagements, je lui dis que j'avais dîné avec son mari à Quiberon, qu'il était bien portant et surtout homme de bien, fort estimé et bon chrétien ; que je m'étais trouvé présent à l'arrivée d'un ecclésiastique de Fontenay qui se disait échappé au désastre de l'armée royale à Granville, et qu'il avait répandu la nouvelle qu'elle-même, Mme de la Roche-Saint-André, avait été égorgée ; que son mari l'avait beaucoup pleurée, mais que, par des rapports plus fidèles, il avait été prouvé que cet homme n'avait fait que des romans, et que j'avais détrompé mon ami sur ce sujet. Cette jeune dame fut fort émue de ce que je lui dis ; et, cependant j'aurais pu lui donner de vaines consolations, car Quiberon avait été repris et presque tous les officiers faits prisonniers et fusillés. Mais la Roche-Saint-André et Corbinière, son ami, ayant été blessé dans une affaire, furent transportés à bord des frégates anglaises, ce qui les sauva de la mort."[30]

Après la Révolution, les Grandes Ganuchères furent achetées par M. Robert-Billard, de Nantes.

Par suite d'une alliance avec la famille Demangeat, cette dernière est devenue propriétaire de ce grand et riche domaine composé de l'ancien château, maintenant ruiné, et des nombreuses métairies qui l'entourent.

 

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Notes et références 


[1] Nous lui emprunterons un de ces exemples dont on remarquera sans peine la parfaite convenance. C'est une lettre du Chapitre d'Auxerre (année 1287), lettre qui se trouve dans l'Histoire civile et ecclésiastique d’Auxerre et de son ancien diocèse (p 136, col. 1), et qui contient ces mots : "Concessimus tresdecim septarios ordei annuatim pereipiendos in grangia episcopali."

[2] C'était alors Louis Cossé, duc de Brissac, seigneur de Tiffauges du chef de sa femme, Marguerite de Gondy, qui l'obtint à la suite d'un partage dont on ignore la date précise.

[3] Annuaire de la Société d'Émulation de la Vendée, 1871.

[4] Voici le passage des Mémoires de Turreau auquel fait allusion l'auteur que nous citons :

"Canclaux avait recommencé son mouvement et repris tous les postes que l'ignorance de Beysser lui avait fait perdre. Devenu maître de Clisson et de Montaigu, il avait poussé jusqu'à Saint-Symphorien et y avait résisté à une forte attaque des rebelles, lorsqu'il fut destitué…"

[5] Après une attitude assez ambiguë, au début de la Révolution, il finit par rétracter son serment, et, obligé de fuir la persécution, se cacha à la Bruffière. Découvert et ramené à Montaigu en octobre 1793, il fut fusillé par les Bleus sur le pont Saint-Nicolas ; son corps fut jeté à l'eau et recueilli, en aval de Montaigu, par un meunier, qui l'enterra au bord de la rivière.
En 1825, M. Sidoli, curé de Montaigu, voulut donner à ses restes une sépulture chrétienne. Ayant obtenu les autorisations nécessaires, il fit rechercher le corps ; mais le courant avait miné la rive et emporté le cadavre. Des témoignages recueillis, on apprit que, vingt ans auparavant environ, on avait vu les ossements surnager, emportés par le courant. (Note fournie par M. Edgar Bourleton.)

[6] Le 4 août 1795, un M. Gaboriau figure dans la liste des prêtres présents au fameux synode du Poiré-sur-Vie, avec le titre de desservant de Treize-Septiers.
Ce vénérable prêtre fut, en effet, le pasteur fidèle de la paroisse de Treize-Septiers, pendant les mauvais jours de la Révolution. Il errait de village en village, pour éviter les limiers sanguinaires attachés à la poursuite des prêtres catholiques, et pour porter les secours de la religion à ceux qui les réclamaient. C'était surtout la nuit qu'il remplissait ce ministère de dévouement. Il bénit ainsi, à la Gimonière, le mariage de Jean Richard et de Marie Petit.
Sa retraite la plus habituelle était la Verderie. C'est là qu'il célébrait le saint sacrifice de la messe dans une chambre convertie en chapelle.
On conserve encore dans les archives de la mairie de Treize-Septiers quelques feuilles détachées contenant les actes de baptême, de mariages et de sépultures, signés de lui, depuis le mois de juin 1796 jusqu'à la fin de 1797. Il signe : "Gaboriau, prêtre, desservant."
D'après une note que nous a adressée M. le curé de Treize-Septiers, M. Gaboriau aurait été curé de la Bernardière, après la Révolution, et y serait mort vers 1807. Peut-être est-il le même qui avait été précédemment vicaire dans cette paroisse, de 1774 à 1780.

[7] Registre de la commune des Sables.

[8] Sa première signature sur les registres est du 23 janvier 1802.

[9] Nous tenons ces détails intimes de M. le chanoine Ferdinand Poisson, arrière-petit neveu de M. Vincent Poisson, curé de Treize-Septiers. Nous devons également à sa bienveillance la communication du testament que nous transcrivons ci-après.

[10] L'ornement satin blanc à fleurs, galon or faux, donné par Mme de la Bougonnière, est aussi à la paroisse. - Poisson, desservant.

La bannière est à moi, je l'ai payée seul ; la paroisse n'a pas donné un liard ; j'avais reçu 8 livres que j'ai remis dans la bourse de la bourse (sic) de la Fabrique ; je la donne à la paroisse, aux conditions cy-dessus. - Poisson. desservant.

[11] L'événement de la Salette et un Pèlerinage à cette sainte montagne, le 19 septembre 1853 (ouvrage publié par MM. Lussagnet et Guibert). - Luçon, Bideaux – 2e édition, p. 95-96.

[12] Outre ce calvaire et celui de la Bitaudière dont il a été parlé plus haut, il y a, dans la paroisse de Treize-Septiers, un grand nombre de croix, élevées sur le bord des chemins ou à l'entrée des villages, par la piété ou la reconnaissance de certaines familles pour des grâces demandées et obtenues. Ce sont : la croix de la Litaudière (1854) ; - la croix de la Chardonnière (1856) ; - la croix de la Hinchère et un arceau dédié à la Sainte Vierge (1862) ; - la croix de la Verderie (1863); - la croix de la Sauzaie (1863) ; - les deux croix du village du Rorthais (1855 et 1867) ; - la croix de Bourg-Feuillé (1865) ; la croix des Godelinières (1867) ; - la croix de la Musse (1869) ; - la croix de la Fremaudière (1868) ; - la croix de la Basse-Bourie (1869) ; - la croix de la Motte (1874) ; - la croix de Lépaux (1886).

[13] L'inscription ci-dessus indique que l'on a refondu cette cloche en 1886, pour la mettre d'accord avec une autre plus grosse donnant le fa, qui fut bénite à cette même date.

[14] Cette quatrième cloche complète la belle sonnerie de l'église de Treize-Septiers en lui donnant une harmonie à la fois joyeuse et solennelle. Nos lecteurs musiciens peuvent se rendre compte de cette harmonie par les quatre notes do, la, sol, fa que jettent dans l'espace les quatre cloches dont nous venons de parler.

[15] Bibliot. nat. N. A. P. 5035, pièce 437.

[16] La famille de la Roche-Saint-André est originaire de Bretagne. Au célèbre Combat des Trente, en 1351, Geoffroy de la Roche fut armé chevalier par Beaumanoir, sur le lieu même du combat - Quand le chef de la branche cadette eut quitté son frère aîné qui habitait la Grande-Roche, en Saint-André-Treize-Voies (d'où la famille ajouta à son nom le nom distinctif de Saint-André), il vint s'établir aux Ganuchéres, en la paroisse de Treize-Septiers.

[17] "Le dimanche 25 mai 1664, Julien-Gabriel, ci-devant nommé Soubé, arabe de nation et mahométan de religion, âgé d'environ trente-trois ans, après avoir été instruit des principes et de la pureté de notre religion catholique, apostolique et romaine, par moi, prêtre et curé de la paroisse de Saint-Jean de Montaigu, soussigné, a reçu, dans cette église, en ma présence, les sacrements de Baptême, Confirmation et Sainte-Eucharistie qui lui ont été administrés par Mgr Nicolas Colbert, évêque de Luçon. Son parrain a été messire Julien de la Roche, écuyer, seigneur des Ganuchères ; la marraine dame Gabrielle-Brigitte d'Escoubleau de Sourdis, épouse d'écuyer Gilles de la Roche-Saint-André.                    Minguet, curé."
(Anciens registres de la paroisse Saint-Jean de Montaigu.)

[18] Le portrait de Gilles de la Roche-Saint-André figure dans la galerie de Versailles, attique du Nord, sous le n° 3.436, et dans l'ouvrage Les hommes illustres de la marine française, leurs actions mémorables et leurs portraits, par Graincourt, peintre et pensionnaire du cardinal de Luynes. (Paris, 1780, in-4° orné de dix-sept portraits.)

[19] Son acte de baptême ne se retrouve pas, dans les registres de Montaigu. Toutefois, les Ganuchères n'étant plus habitées à cette époque, il est moins probable qu'il ait été baptisé et enregistré à Treize-Septiers.

[20] Son acte de baptême ne se retrouve pas, dans les registres de Montaigu. Toutefois, les Ganuchères n'étant plus habitées à cette époque, il est moins probable qu'il ait été baptisé et enregistré à Treize-Septiers.

[21] Saint Matthieu, X, 23.

[22] Vie du R. P. Louis-Marie Baudouin, tome l, pp. 5 et 6.

[23] Le traître ne bénéficia nullement de sa trahison ; car les révolutionnaires, foulant aux pieds leurs promesses, le fusillèrent bientôt sans pitié. Il méritait son châtiment.

[24] Second registre des jugements rendus par le tribunal révolutionnaire, séant à Nantes, fol. 122.

[25] "Je me suis réjoui des paroles qui m'ont été dites ; nous irons dans la maison du Seigneur !"

[26] Air : Comment goûter quelque repos.

[27] Voici la mention que lui consacre M. Eugène de la Gournerie, dans son ouvrage Les débris de Quiberon : "De la Roche-Saint-André, Victor-Alexandre, sous-lieutenant dans Hector, né à Montaigu (Vendée), en septembre 1767. Il eut une jambe emportée, le 16 juillet, et fut massacré sur le champ de bataille." - L'auteur ajoute en note au bas de la page : "Il était fils de Charles de la Roche et de Marquette de Goulard, sa troisième femme, et frère de Charles-Henri, qui fut blessé, lui aussi, le 16 juillet, mais se sauva le 21. Soutenu sur les flots par un de ses soldats, il se dirigea, à la nage, vers un canot, et échappa ainsi à la fusillade".

[28] Ses descendants sont représentés par les familles de Bellisle, de Couëtus, de Suyrot.

[29] Ses descendants sont représentés par les familles de la Pommeraye, de Montbrun (en Normandie), de Baudry d'Asson, de Griffon, de Boisdavid.

[30] Mémoires, t. II, p. 80 et 81.

 


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