la Mignardière
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p a g e e n c o u r s d e r é a l i s a t i o n
(sans date d'échéance prévue)
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"La Mignardière" est un village situé sur le chemin qui, partant du bourg du Poiré et passant près de "la Tirière" et de "la Piltière", conduisait ensuite à "Barrot", "la Moissandière", "la Micherie" et à "l’Audardière". La construction autour de 1920 d’une nouvelle route allant du bourg à "Barrot", à partir du "Plessis" et en passant par "les Grois", en a fait un simple chemin de promenade et a depuis rendu confidentiel l’accès à "la Mignardière".
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"La Mignardière" aux limites des terres de l’ancien château du "Fief",
sur le plan cadastral de 1836, sur des vues aériennes vers 1950 et en 2022 (environ 1,5 x 1,5 km),
et vue de l’emplacement de son ancien moulin à vent, le 26 août 2025.
Les terres ont été remembrées dans les années 1980, l’hydrographie est indicative et de 2022.
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Un village de "bordiers", contigu aux terres de l’ex-château du "Fief"
L’élément le plus ancien de "la Mignardière" est la présence d’un ancien souterrain avérée et localisée à la sortie du village.1
Au XVIIIe siècle, elle était habitée par des familles Guérineau, Michaud et Remaud que l’on voit dans les années 1793-1795 apporter leur soutien matériel à l’administration locale de l’insurrection vendéenne à laquelle elles adhéraient. En témoigne une tradition orale rapportée un siècle après dans la Chronique paroissiale du Poiré :
"[...] enfin, mentionnons, pour mémoire, une vieille croix de bois, qui s'élevait autrefois à l'entrée de l'ancien chemin de Palluau. Une tradition rapporte que, pendant la Révolution, un nommé Michaud, de la Mignardière du Poiré, se trouvait au pied de cette croix, quand un jeune républicain, de la Chaize-le-Vicomte, vint à passer et l'insulta. Une rixe s'engagea entre eux qui se termina par la mort des deux combattants.
Les habitants du Poiré qui les trouvèrent morts, quelque temps après, enterrèrent côte à côte au pied de la croix, le vendéen et son insulteur.
Vers 1897 environ, en défonçant l'allée du jardin de la famille Caillé, appartenant aujourd'hui à M. Eugène Gendreau, contiguë à l'emplacement de la croix, on trouva effectivement les squelettes des deux hommes, l'un grand et l'autre de taille moyenne, et auprès d'eux, 7 sous à l'effigie de Louis XVI.
Cette découverte ne fit que confirmer la tradition que nous venons de rapporter."2
La généalogie des familles Michaud pourrait faire identifier ce "nommé Michaud, de la Mignardière" avec René ou avec Jean Michaud respectivement nés vers 1769 et 1777, et dater l’événement dans la seconde moitié des années 1790, à une époque où la tenue des registres d’état civil dont le relevé des décès, était défaillante.
Si en 1797 on dénombrait 19 habitants de 12 ans et plus à "la Mignardière", quarante ans plus tard, en 1836, on y comptait au total 46 personnes qui y occupaient une dizaine de maisons et leurs annexes. Tous étaient des agriculteurs possesseurs de leurs exploitations qui avaient de 3 à 15 ha chacune3, et qui étaient constituées de nombreuses petites parcelles dispersées pour l’essentiel sur environ soixante hectares au sud-ouest du village. Cinq de ces agriculteurs étaient aussi "fariniers", c’est-à-dire meuniers, se partageant à parts inégales la propriété du "moulin à vent de la Mignardière". Celui-ci, situé à 350 mètres au sud-ouest, sera démoli en 1873 et à l’exception d’une pierre d’une meule insérée en haut du mur d’une maison, toutes les traces en subsistant ont disparu à la fin des années 1980.4
[...]
Jusqu’au remembrement dans ces mêmes années 1980, le paysage était marqué par l’opposition existant entre les petites parcelles de "la Mignardière", et les grandes parcelles groupées des métairies du village voisin du "Fief", un rappel de l’opposition entre la petite propriété caractéristique de la première, et la grande propriété spécifique du second.5 Le filet d’eau qui borde "la Mignardière" à l’est, constituait la séparation avec les terres du château du "Fief", dont les origines remontent au Moyen Age. Et le petit étang s’y trouvant, est lié à l’existence de ce dernier, comme il en était aussi pour les autres anciens châteaux existant au Poiré, à "la Rételière", à "la Millière"...6
Contigu de "la Mignardière", l’étang de l’ancien château du "Fief"
avec sa chaussée aux origines multiséculaires,
sa partie originelle et son extension sur l’ancien "pré de l’étang" de 1836.
[...]
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De "la Mignardière" à l’Assemblée nationale
Le 2 juin 1946, Louis Michaud, était élu député de la Vendée à la 2e Assemblée Constituante convoquée pour rédiger un projet de Constitution pour la IVe République. Il sera réélu député jusqu'en 1967, assumant cette charge durant 21 ans. Comme le montre ci-dessous la succession des générations, Louis Michaud, était issu d'une famille de "la Mignardière", la croix non datée s’élevant en avant du village et qui avait été restaurée alors, en témoignant.
François Michaud (v.1694-1758)
x Marie Petit (4 enfants).
René Michaud ( ? - ? , farinier à la Mignardière)
x Jacquette Buton, d'où 4 enfants :
- René (v.1769- ? ),
- Jacques (1773-1824) qui suit,
- Jean (v.1777- ? ),
- Louis (v.1783- ? ).
Jacques Michaud (1773-1824, farinier à la Mignardière)
x Jeanne Guillet (1776-1839).
Jean Michaud (1805-1866, farinier à la Mignardière)
x Marie-Anne Blay (1796-1843).
Jean-Baptiste Michaud (1833-1883, farinier au Pont)
x Aimée-Henriette Robin.
Armand Michaud (1866-1947, charpentier à Puteaux)
x Marie-Thérèse Hartz (1875-1949).
LOUIS MICHAUD (1912-1991, charpentier à Puteaux)
x Marie-Marguerite Salladin (1905-1996),
d'où 4 enfants...
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La croix de "la Mignardière" (hauteur : 3 m)
avec son inscription "R MICHAUD MONTASSIER...", le 9 février 2023.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la famille Michaud, quittant "la Mignardière", était venue s’établir dans "le quartier du Pont", à la sortie du centre-bourg du Poiré. Puis le futur père de Louis Michaud, Armand Michaud, ouvrier charpentier, partit dans la région parisienne, à Puteaux où il créa une entreprise dans laquelle Louis travaillera à partir de 1930. Mobilisé en 1939, celui-ci fut rendu à la vie civile par la défaite de 1940. Il s’impliqua alors dans la résistance, et en 1944 fit partie du Comité de libération de Puteaux. Ses engagements dans l’A.C.J.F. (Association catholique de la jeunesse française) le firent adhérer au M.R.P. parti politique constitué à la fin de l’année 1944. Ses parents étant venus finir leur vie au Poiré21, il les rejoignit et y devint conseiller municipal en octobre 1947.
Au niveau national, Louis Michaud, élu député de la Vendée en juin 1946, y fut donc réélu en novembre 1946, en juin 1951, en janvier 1956, en novembre 1958, en novembre 1962, mais fut battu en mars 1967. Sa fonction de vice-président de la commission de la marine marchande et des pêches l’avait amené à se présenter aux municipales d’avril-mai 1953 à l’Ile d’Yeu. Il y fut élu maire, le resta jusqu’en 1974, et fut aussi élu pour son canton, membre du conseil général de la Vendée de 1954 à 1973.
La signature de Louis Michaud, membre du Conseil municipal du Poiré,
dans ses délibérations du 12 décembre 1947 ;
et, à droite sur la photo,
Louis Michaud autour de 1960, près de la maquette du "Président Auguste Durand",
qui assura la liaison entre Fromentine et l’île d’Yeu entre 1961 et 1982.
Louis Michaud, qui était né le 8 octobre 1912 à Puteaux, mourut le 15 novembre 1991 à Suresnes (Hauts-de-Seine). Son souvenir s’est effacé au Poiré où il ne s’attache plus qu’à la croix érigée par ses ancêtres à "la Mignardière", et restaurée par lui à la fin des années 1940.
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Notes, sources et références…
(sauf mentions contraires, illustrations et texte sont dus à M. Mignet)
1 Sources...
2 Chronique paroissiale p. 22...
3 Sur le moulin...
4 Comparaison avec les villages voisins...
21 Armand Michaud et son épouse Marie-Thérèse Hartz, les parents de Louis Michaud, sont tous les deux morts au Poiré, lui le 22 juillet 1947, elle le 10 septembre 1949.
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