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Montaigu-en-Vendée
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la "Chronique paroissiale de Boufféré" (1895)

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

La "Chronique paroissiale de la Boissière-de-Montaigu" fait partie d'un ensemble initié par Eugène Aillery (1806-1869) qui, devenu "prêtre habitué" (c’est-à-dire "prêtre retraité et résidant…") à Fontenay-le-Comte, se consacra à des recherches sur l’histoire religieuse du diocèse de Luçon. En 1860 il publia le Pouillé de l’évêché de Luçon (200 p.), et à sa mort il laissa un ensemble de manuscrits traitant de l’histoire des différentes paroisses du diocèse. Vingt ans plus tard, en 1889, l’évêché de Luçon décida de les actualiser de les faire paraître sous forme de cahiers mensuels d’une vingtaine de pages distribués à des abonnés, sous le titre de "Chroniques paroissiales". Jusqu’en 1895, les premiers cantons (ou "doyennés" dans la terminologie religieuse de l’époque) dont les "chroniques" ont été publiées, furent ceux de la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Essarts, Saint-Fulgent, les Herbiers et Mareuil, chacune de leurs paroisses y étant traitée en quelques pages. A partir de cette date, la prise en main de la publication par Pierre Pontdevie (1830-1893) puis par Hippolyte Boutin (1851-1901) leur donna plus d’ampleur, la part des textes dus à Eugène Aillery y devenant marginale, et leur contenu prenant un intérêt certain. Les "chroniques" des paroisses des cantons de Montaigu, de Mortagne et le début de celles du canton du Poiré (le Poiré, Aizenay, Beaufou), furent alors publiées. Puis, sous la direction de Julien Huet (1857-1925) et jusqu’en 1918, ce seront la fin de celles du canton du Poiré (Belleville, Saint-Denis, la Genétouze, les Lucs, Saligny), puis celles des cantons de Maillezais, de Rocheservière (celles de ce dernier rédigées essentiellement par Alain de Goué, 1879-1918) et de Fontenay-le-Comte. Après une interruption, la publication fut reprise, dans les années 1930, par Adolphe Poirier (1878-1957) pour le canton de Beauvoir, et elle se termina dans les années 1950 avec celles du canton de Pouzauges par Auguste Billaud. Soit 14 cantons sur les 30 que comptait la Vendée à cette époque, en plus des autres ébauches de "Chroniques" réalisées en son temps par Eugène Aillery pour la plupart des autres paroisses du diocèse de Luçon.

La "Chronique paroissiale de Boufféré" a bénéficié des apports de Pierre Pontdevie. Elle est le résultat d’un important travail d’enquêtes, partant des faits, recourant systématiquement aux documents originaux, vérifiant et recoupant les sources… autant de garanties d'un sérieux que n'avaient pas eu jusqu'alors les "érudits locaux" de l'époque, tel le montacutain Dugast-Matifeux. Comme pour les autres "chroniques paroissiales", on y trouve un "État nominatif des curés (et vicaires) de la paroisse" dont la succession et les activités constituent a priori l’objet principal de chacune d’elles. S'y ajoutent des renseignements sur les anciens lieux nobles de Boufféré, et un long appendice sur la bénédiction des cloches de son église.


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La "Chronique paroissiale de Boufféré" suit le plan suivant :

généralités
l'église
État nominatif des curés de la Boissière
anciens lieux nobles de Boufféré
      la Sénardière
      les Bouillères
      le Hallay
      la Louerie
      la Pâtissière
      l'Orvoire
      la Vilnière
      Girondor
      la Bretonnière
Bénédiction des cloches de N.-D. de Boufféré

 

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Bta Maria de hirco ferrato
(visite épiscopale, 1533).

Cure sous le même patronage que celle de Montaigu
(Pouillé 1648).

 

Généralités

 

 

Dans la notice que nous devons à l'obligeance du desservant de cette commune, on lisait ces lignes: "Il m'a été dit que le nom de Boufféré lui aurait été donné à l'occasion d'un bouc ferré, qui avait traversé le bourg dans le temps où on lui cherchait un nom : cette étymologie m'a paru puérile et n'est appuyée sur aucun document certain."

Quelque judicieuse que soit cette remarque, nos recherches nous ont amené à faire un rapprochement curieux entre cette tradition vivante encore en 1845 et un manuscrit daté de l'an 1533 et conservé à la mairie de Luçon. Ce manuscrit, écrit en latin et qui renferme le détail des visites épiscopales, indique et traduit ainsi le nom de Boufféré : de hirco ferrato. Si cette étymologie n'est pas exacte, il faut avouer qu'elle a pour elle le mérite de l'ancienneté.
Cette étymologie n'était pas inconnue d'un vicaire de la paroisse, au XVIIe siècle, messire Frogier (1690), qui trouvait plaisant de signer vicaire de Boucferré.

"Il faut rectifier, d'après une note de M. Dugast-Matifeux, le nom de Boufféré en celui de Bourg ferré ou plutôt de Bœuf ferré, dénomination prise, soit de la proximité d'une voie romaine, dont on retrouve des tronçons sur le territoire de cette commune, soit d'une voyette empierrée y aboutissant, soit de l'usage d'y ferrer les bœufs pour marcher plus facilement sur ladite voyette."

L'étymologie prise du chemin ferré ou voie romaine nous paraît plus naturelle. Une voie romaine arrivant au port de Saint-Gilles, la même peut-être que celle de Boufféré et de Saint-Georges-de-Montaigu ou Durinum, porte encore la dénomination de chemin ferré.

"J'ai constaté, avec mon ami B. FiIlon, dans l'hiver de 1861-1862, ajoute M. Dugast, l'existence de débris assez nombreux de tuiles à rebords ou crochets, à Boufféré, dans l'emplacement de l'ancienne église, d'où l'on peut conclure qu'il y eut là un point gallo-romain ou romano-gaulois, tel qu'une villa, par exemple.
La villa ou exploitation rurale de Boufféré, au fur et à mesure, se divisa et se compliqua d'un plus grand nombre de colons. Cet accroissement donna lieu à une agglomération ou bourgade, qui devint plus tard le noyau d'une paroisse. Le patronage de Notre-Dame, sous lequel est placée l'église, n'indique pas en effet une érection primitive
[1]".

L'église paroissiale, en forme de croix latine et dans un assez pauvre état, est dédiée à Dieu sous l'invocation de Notre-Dame de l'Assomption. On y trouve deux chapelles latérales ; l'une, à gauche, est dédiée à la sainte Vierge ; l'autre, à droite, est dédiée à l'archange saint Gabriel[2] ; dans cette dernière existe un tombeau qui encombre une partie de cette chapelle et fait un très mauvais effet ; cette chapelle était, avant la Révolution de 1789, sous le patronage de haut et puissant seigneur Duchaffaut. Celle dédiée à la sainte Vierge était sous le patronage de MM. de Chabot du Parc.
La tour de l'église, de forme carrée et de quarante pieds d'élévation, est surmontée d'une flèche couverte en ardoises, de cinquante pieds de haut, ce qui fait une hauteur totale de quatre-vingt-dix pieds : cette flèche, construite il y a quatorze ans, sous la surveillance de M. Veneri, alors desservant, est fort solide. Elle a coûté environ 6000 francs. Une tombe, placée dans l'intérieur de l'église, et qui est du commencement du XVIIe siècle, semblerait en faire remonter l'origine à la fin au moins du XVIe siècle. Cet édifice, dévasté pendant la grande Révolution, a été réparé en 1841. On trouve aussi deux tableaux représentant, l'un, l'Assomption de la sainte Vierge, l'autre, l'archange saint Gabriel, et trois statues très médiocres.

Un acte en forme de plainte, dressé le 27 mai 1613 porte que, malgré les édits et les ordonnances contre les protestants, des sectaires ne cessaient de troubler le service divin, à Boufféré.
A la mort de Mathurin Bureau, écuyer, seigneur de la Buffetière, habitant de la paroisse de Boufféré, qui arriva le 23 mai 1613, le clergé qui craignait, avec raison, qu'on voulût enterrer ce gentilhomme dans l'église, la fit fermer avec soin. En effet, il n'y eut rien d'abord, mais le 25 dudit mois, les portes furent enfoncées et un grand nombre de protestants voulurent procéder à l'inhumation, dans l'église, de la dépouille mortelle de la Buffetière. Le clergé de la paroisse et les catholiques s'y opposèrent inutilement. Parmi ceux qui apportèrent le corps du décédé ou qui assistèrent à la cérémonie et sonnèrent les cloches, étaient Nicolas Sagot, seigneur de la Girardière ; Samson Marin, écuyer, seigneur de la Châteigneraie ; Baptiste Buor, écuyer, seigneur de la Lande Buor ; Isaac de Machecoul, écuyer, seigneur de la Touche ; François Suzannet, écuyer, seigneur de Ponthabert, sénéchal de Montaigu ; Samson Marin, écuyer, seigneur de la Cadussière. Le célébrant fut Bureau de la Buffetière, parent du défunt. Une information sur ces faits fut commencée quelques jours après à la requête du procureur du Roi et du promoteur de l'évêque de Luçon, par Bareau, sergent royal, assisté de Jacques Chasseloup, notaire de la baronnie de Montaigu, et amena sans doute la réparation du scandale.
                                        (voir Dom Fonteneau, p. 446, année 1612, 27 mai.)

La cure de Notre-Dame de Boufféré était à la présentation de l'abbé de Saint-Jouin-de-Marne.
Au XVIIIe siècle, d'après Dom Fonteneau, elle valait 1000 livres et on y comptait 500 communiants à Pâques. Le service divin y était célébré avec une certaine solennité, Les dimanches et fêtes, on chantait les premières vêpres et les matines aux fêtes de la Sainte Vierge.
Quatre prêtres possédaient des bénéfices ou chapellenies dans la paroisse. La métairie de la Chapelle, située dans le bourg, formait les revenus de l'un de ces bénéfices.
Lorsqu'en 1857, on résolut de rebâtir l'église, l'architecte du département, M. Clair, présenta ce rapport avec un projet de reconstruction :

"L'église n'offre aucun intérêt au point de vue de l'art. La nef a des fenêtres plein cintre dans de très mauvaises proportions, deux chapelles, deux fenêtres ogivales. Le chœur, sans aucun jour, est un replâtrage, exécuté, il y a trois ans. Les pilastres, chapiteaux, niches, sont en plâtre et faits plutôt par un mauvais maçon que par un architecte. Le clocher, construit à l'époque du chœur, n'offre aucun intérêt architectural.
Dans le projet de reconstruction, le clocher seul est conservé. Le nouvel édifice aura une seule nef avec une chapelle de chaque côté du chœur. Le sanctuaire forme abside et les deux chapelles absidioles."      29 juin 1857.   

Ce plan fut accepté. La bénédiction de la première pierre de la nouvelle église eut lieu en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, le 8 septembre 1861. L'édifice est de style roman. Les fenêtres géminées de la nef et des chapelles latérales, ornées de verrières comme celles de l'abside, tamisent dans le lieu saint une lumière discrète qui inspire le recueillement et la piété.
Avec sa nouvelle sonnerie, ses décors et sa riche parure des jours de fête, la petite église de village n'a rien à envier aux églises des grandes viles : c'est qu'à Boufféré ; une généreuse châtelaine, qui aime par dessus tout la beauté de la maison de Dieu, enseigne ainsi à l'heureuse paroisse que Jésus-Christ est le premier seigneur de l'endroit.

 

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ÉTAT NOMINATIF DES CURÉS ET DES VICAIRES DE BOUFFÉRÉ
      

1621. - Guillaume Rambalton, curé de Notre-Dame de Boufféré.

1634. - Jean Chardonneau, curé de Boufféré et de la Chapelle-Achard.

1657. - Rubaud, vicaire.

1642-1675. - Jean Aubry, recteur de Boufféré.
Febvrier 1657. - Jean Chardonneau signe encore curé de Boufféré, tandis que messire Aubry s'affirme depuis 1644 son légitime successeur, ce qui indique une longue compétition.
1658. - Guyomard, vicaire.

"Depuis l'expulsion du légitime recteur que l'injuste tyrannie d'un usurpateur violent chassa de son bénéfice, le 2 juillet 1661, jusqu'en septembre 1664, il ne s'est fait que 40 mariages dans la paroisse, et est mort jusqu'à 38 personnes.      J. Aubry, curé."   

1662. - J. Dubois, vicaire.
1663. - Boüard, servant in divinis. Veu par nous, dans le cours de notre visite de la paroisse de Boufféré, le 2 décembre 1673.      Henry, év. de Luçon.
1667. - A. Duret, vicaire.
1674. - J. Mornet, vicaire de Boufféré.
1674. - F. Mayard, curé de Saint-Georges.

"Le 5e de septembre 1675, a esté par M. le doyen de Montaigu, ensépulturé Messire Jean Aubry, curé de ceste paroisse, âgé de 50 années environ, en présence de messire Louis Renou, curé de Saint-Jean de Montaigu.      Marchan, doyen."
Veu le 30 décembre 1675.      Henry, év. de Luçon.

1676. - Messire Marchan, doyen de Montaigu, remplit les fonctions curiales à Boufféré.

11 octobre 1677 - 1687. - L. Daniau, curé de Boufféré.
1686. - Th. Olivier, vicaire.

Septembre 1687 - 1699. - Jacques de Lachau, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, curé de Boufféré.
1688 - 1699. - Paul-Philippe de Grenoillon, prêtre, vicaire.
1690. - Frogier, vicaire.
1692. - Triboulleau, vicaire.
26 août 1695. - Gaitte, archidiacre.
1695. - Leblant, chanoine, curé de Montaigu.
1696. - Thieriot, vicaire.

1696, novembre 1700. - Thieriot, curé.
1696. - Alexandre Thomas, vicaire.

1703 - 21 juillet. - Vu dans le cours de notre visite, Du Puy, archidiacre d'Aizenay.
1704. - Vu dans le cours de notre visite, Du Puy, archidiacre.
1705. - Douteau, vicaire.

1729. - Jude-Daniel Barailleau, curé.

"Le 24 juin 1770, le corps de messire Jude-Daniel Barailleau, ci-devant curé de cette paroisse, décédé d'hier, âgé de 73 ans, a été inhumé par messire Pierre-Alexis Payraudeau, curé de Saint-Nicolas, en présence de messire Pierre-Jean Potel, curé de Saint-Jean de Montaigu, et de messire Jean-Jacques Neau, sacriste de Saint-Maurice et de plusieurs autres."
"Ci-gît le corps de messire Jude-Daniel Barailleau, ancien curé de cette paroisse, décédé. le 23 juin 1770, âgé de 73 ans.
Priez Dieu pour le repos de son âme."      (Epitaphe dans l'ancienne église de Boufféré.)

1711. - Brulenière, vicaire.
         - Bonnin, vicaire de la Guyonnière.
1730. - Thoumazeau, vicaire.
1738. - Delécorce, vicaire.
         - Vu dans le cours de notre visite, le 1er juin 1743.     … Samuel-Guillaume, év. de Luçon.
1749. - Bodin, vicaire.
1755. - Blanchard, vicaire.
1764. - Jean Grolleau, vicaire.
1768. - Bodin, vicaire.

1769-1787. - Bodin, curé.
16 mars 1784. - Etablissement de la confrérie de la charité, à Boufféré.
1787. - Intérim par le Père Célestin de Rennes, gardien des capucins de Luçon.

1er janvier 1788. - Pierre-Charles-Alexandre de Buor, curé. Il signe jusqu'au 22 juillet 1792.
1788 - 1792. - Pierre Gros de Boze, vicaire.

1816. - Allain, curé, ancien prieur de Saint-André-Goule-d'Oie.

"J'observai que je suis entré pour exercer le saint ministère dans cette paroisse, le 5 du mois de décembre 1816, et que je n'ai trouvé, à cette époque, aucun registre d'actes de baptêmes, de mariages et de sépultures, tenus par mes prédécesseurs."

6 avril 1818. - Ricard, prêtre, fait une sépulture.
23 avril 1818. - Allain fait un baptême et signe : nommé à la cure de Montaigu.
18 mai. - Il signe curé de Montaigu.

29 septembre 1818 - 5 mars 1830. - Veneri, curé de Boufféré.

30 mars 1830 - 4 mars 1831. - Laidet, curé.

12 mai 1831 - 18 avril 1837. - P. Robin, curé.

23 avril 1837. - Joseph Rousseau, curé.
1872. - Baraud, vicaire.
9 novembre 1875. - M. Rousseau, démissionnaire, se retire à Montaigu, il y meurt et il est inhumé dans le cimetière de Boufféré. On lit sur sa tombe :

"Ci-gît le corps de M. l'abbé Joseph Rousseau, né à Saint-Maurice-le-Girard, le 18 septembre 1806, décédé à Montaigu, le 14 novembre 1876.
Curé de Boufféré, du mois d'avril 1837 au 14 novembre 1875, il fut toujours un père pour tous ses paroissiens.

                                                                                                  A sa mémoire,
                                                                               la paroisse de Boufféré reconnaissante
                                                                                           a élevé ce monument."

15 novembre 1875. - Gabriel Bouchet.

10 décembre 1880. - Auguste Arnaud.

Le presbytère consiste en plusieurs chambres au rez-de-chaussée et au premier ; un petit jardin, contenant environ cinq ares, une cour de deux ares et quelques servitudes.

La paroisse produit beaucoup de froment en bonne qualité, et du vin médiocre.
Cette contrée, il y a vingt-cinq ans si boisée, est présentement découverte.
L'air y est pur et sain, aussi les maladies contagieuses y sont rares.
Une usine pour la confection du sucre s'y était établie, il y a quelques années, mais elle n'a point réussi.

Jusqu'à ces derniers temps, personne n'avait soupçonné l'existence du principe calcaire dans les environs de cette paroisse, lorsqu'un paysan, creusant un fossé sur la limite de Boufféré et de VieilIevigne, fut tout surpris d'amener, avec le fer de sa bêche, de gros amas de petits coquillages agglutinés par une espèce de ciment. M. Duchaffaut soupçonna l'existence d'une carrière de pierre calcaire; ses prévisions furent justes : la pierre est de bonne qualité. On a aussi trouvé dans les environs divers dépôts de marne ; le vallon qui contient ce banc calcaire dont on ignore la superficie est étroit et entouré de tous côtés d'un coteau schisteux. Ce ne fut pas la seule découverte qu'on fit dans ce banc, le célèbre Cuvier fait mention d'une côte de marsouin trouvée à la Sénardière.

La commune de Boufféré est séparée de celle de Montaigu par la Maine qui coule de l'est au nord, et de Vieillevigne par un petit ruisseau (le Bléson) qui va du midi au nord. La route royale de Nantes à Bourbon par Montaigu la traverse dans toute sa longueur, et la route stratégique de Montaigu à Challans la côtoie dans la partie de l'ouest. Les chemins vicinaux communiquent avec Saint-Georges, les Brouzils, Saint-André-Treize-Voies et Vieillevigne.

 

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On comptait autrefois, sur le territoire de Boufféré, un assez grand nombre d'houstels nobles ou gentilhommières. Il n'est pas sans intérêt de connaître les différentes familles qui les habitèrent.

                

La SÉNARDIÈRE

      

Ainsi dénommée sans doute de la famille des Sénard, ses premiers seigneurs, dont un pont remarquable du voisinage a conservé le souvenir.
C'est la seigneurie la plus importante du lieu ; et celle dont les derniers possesseurs ont eu une plus grande notoriété. Le manoir de la Sénardière, entouré de douves, est démoli depuis longtemps ; un petit bois s'élève sur son emplacement. En face, sur une vaste cour, s'étendent des deux côtés les servitudes et bâtiments d'exploitation. Dans l'une des ailes, les derniers seigneurs avaient construit une habitation modeste, peu en rapport avec leur haute position et leur grande fortune.

La famille Duchaffaut, de très ancienne extraction, branche cadette de la maison de Rezé, a possédé la Sénardière depuis le XVe siècle.

I - Sylvestre Duchaffaut, 5e du nom, fils aîné de Sylvestre et de Marie de Rochefort, fut seigneur de la Sénardière. Il était écuyer et homme d'armes du duc de Bretagne en 1482. Il laissa sept enfants de son épouse, demoiselle Marquise Fresneau.

II. - Jacques, son aîné et principal héritier, écuyer, seigneur de la Sénardière, épousa demoiselle Françoise de Loré. Son fils :

III. - Jean, écuyer, seigneur de la Sénardière, mourut assassiné. Il avait épousé demoiselle Suzanne Girard. L'aîné de ses cinq enfants :

IV. - Nicolas, écuyer, seigneur de la Sénardière et de la Bouanchère, transigeait avec sa mère au sujet du partage de leurs biens, le 1er avril 1577. Il épousa demoiselle Simonne Buor, qui lui apporta en dot la seigneurie de la Bouanchère. De ce mariage :

V. - Louis, écuyer, seigneur de la Sénardière. De son second mariage avec demoiselle Eléonore de Plantis, naquirent Christophe, mort jeune, Jacques qui suit, Claude, prieur séculier de l'Aumônerie, 4° Arsen, marié à Hilaire Beufvier, seigneur des Palignies, Jeanne et Esther, l'une et l'autre religieuses.

VI. - Jacques, écuyer, épousa demoiselle Marthe Blanchet. Il obtint en 1667 une confirmation de noblesse. Son fils aîné :

VII. - Claude[3] chevalier, seigneur de la Sénardière. De son 2e mariage avec demoiselle Marie de la Roche-Saint-André ; il eut entre autres enfants :

VIII. - Alexis-Augustin, chevalier, seigneur de la Sénardière, de Besné, de la Motte-Gestin, se maria en secondes noces, le 8 juin 1726, avec dame Marie-Jeanne Robert de la Salle-Lézardière[4]. De ce mariage :
1° Julien-Gabriel qui suit.
2° Louis-Charles, seigneur de Melay, la Goyère, etc., lieutenant général des armées royales, commandeur, grand croix de S. Louis; fut ensuite nommé vice-amiral par Louis XVI, et mourut incarcéré à Nantes le 29 juin 1794, à l'âge de 87 ans.

IX. - Julien-Gabriel, chevalier, seigneur de la Sénardière, conseiller au parlement de Bretagne, épousa en premières noces demoiselle Marie-Jeanne Robert de Chaon, dame de Nieul et de Girouard, dans la chapelle de la Sénardière, le 30 août 1728, par dispense accordée par l'Evêque de Luçon (Registres de Boufféré).
Dame Robert de Chaon, dame de la Sénardière, fut inhumée le 26 septembre 1738, à l'âge de 26 ans, dans l'église de Boufféré. (id.)
Messire Julien-Gabriel Duchaffault, décéda en 1771[5].

X. - Sylvestre-François, son fils aîné, chevalier, seigneur de la Sénardière.
Le 22 janvier 1759. - Mariage dans l'église de Boufféré de Sylvestre-François Duchaffault, fils mineur de Julien-Gabriel-François Duchaffault, et de feue dame Marie Robert de Chaon, avec demoiselle Marie-Françoise-Renée Marin de la Guignardière d'Avrillé. La mère de l'épousée, Marie-Anne Grignon de Pouzauges[6], veuve en premières noces de Gabriel-Charles Marin de la Guignardière, s'était remariée avec Julien-Gabriel Duchaffault, également veuf et père du marié. Le mariage des parents amena naturellement celui des deux enfants.
Forcé d'émigrer en 1791, Sylvestre Duchaffault servit d'abord dans l'armée des Princes, puis dans celle de Condé, et fut nommé chevalier de Saint-Louis, le 16 mars 1801. Sa femme, ayant péri pendant la Révolution, il embrassa l'état ecclésiastique, fut ordonné prêtre en 1803 et nommé curé de la Guyonnière. Il mourut à Nantes, chanoine honoraire de la cathédrale, et fut enterré dans l'église de Boufféré. Une épitaphe gravée sur marbre a été érigée récemment à sa mémoire par la famille Duchaffault, dans l'église de Boufféré, à l'un des piliers du chœur :

Ici repose Haut et puissant seigneur Sylvestre-François Duchaffault,
marquis de la Guignardière, baron de Rié,
seigneur de la Sénardière, Boufféré, Villedor, Avrillé et autres lieux, chevalier de Saint-Louis,
né à la Sénardière, en 1735,
valeureux combattant de la Vendée et de l'armée de Condé,
il vit tomber presque tous ses enfants sur les champs de bataille
et périr dans la tourmente révolutionnaire son épouse, puis deux de ses filles,
la comtesse de Chevigné et la comtesse de Rorthais de Marmande,
fusillées les armes à la main pour le Roi en 1793.
Ordonné prêtre en 1805, le comte Duchaffault
fut curé de la Guyonnière, 1809, chanoine honoraire de Nantes, 1819.
Décédé à Nantes dans sa 88e année, 1822.
1735 - 1822.
R. I. P.

Sa belle et nombreuse famille fut presque tout entière victime de la Révolution.
1° Auguste-Salomon est mort en 1804 des suites de ce qu'il avait souffert dans les prisons de Brouage.
2° Jacques-Gabriel servit dans l'armée des Princes et dans celle de Condé ; chef divisionnaire de l'armée Vendéenne en 1815, chevalier de Saint Louis et de la Légion d'honneur, a publié deux brochures sur les évènements de 1815.
3° Charles-Augustin, chevalier de Malte ; émigré, il fit partie de l'armée de Condé, et fut fait chevalier de Saint Louis sur le champ de bataille par le prince de Condé. Rentré en France, il mourut à Nantes avec le grade de chef d'escadron.
4° Alexis-Gilbert, officier de la marine royale, servit d'abord dans l'armée de Charette, et fut tué à la déroute du Mans.
5° Pierre-Gilbert, mort jeune.
6° Henri-Barthélémy, clerc tonsuré, fit les preuves nécessaires pour entrer au chapitre de Lyon ; servit avec son frère Alexis dans les armées Vendéennes, et mourut près de lui, à la déroute du Mans.
7° Marie-Henriette-Pélagie, femme de M. Louis de Chevigné, mourut dans les prisons du Mans.
8° Marie-Henriette-Osmane, épouse d'Alexandre de Rorthais, comte de Marmande, maréchal de camp, fut fusillée, comme brigande, dans la campagne d'Outre-Loire.
9° Marie-Rosalie, qui devait être chanoinesse de Remiremont, mourut dans les prisons du Mans.
10° Hercule-Antoine[7].

La famille Duchaffault porte de sinople au lion d'or azuré, couronne et lampassé de gueules.

                

Les BOUILLIÈRES

      

Une vaste maison du XVIlIe siècle, dans le style banal de l'époque, enceinte de douves larges et profondes, remplies d'eau vive, a remplacé l'ancien manoir des sires du Tréhant. A la source qui alimente ces douves, les Bouillères doivent vraisemblablement leur dénomination, comme Bouillé doit la sienne à la belle fontaine de Saint-Quentin, de Bouil, source, fontaine.
Cette maison noble relevait du château de Montaigu à foi et hommage-lige et ligence, à 40 jours de garde, et en outre, à 13 deniers à l'Aumônerie, pour rachat.
Ses plus anciens seigneurs connus sont les du Tréhant.

Aux Archives de la vicomté de Thouars, château de Serrant, on trouve une assez longue série d'hommages rendus par la seigneurie des Bouilléres :

1404. - 25 octobre. - Gauvain du Tréhant.
1408. - 17 novembre. - Yvon du Tréhant.
1410. - 9 novembre. - Gauvain du Tréhant.
1425. - 15 décembre. - Philippe du Tréhant.
1435. - 2 août. - Pierre du Tréhant.
1474. - 1er mars. - Maude du Tréhant.
1489. - 6 mars. - Guillaume du Tréhant.
1517. - 19 juin. - Jean, écuyer du Tréhant.
1534. - 30 janvier. - Jean du Tréhant.
1551. - 16 février. - Jacques-Louis du Tréhant, écuyer, seigneur de la Cantinière.
1552. - 10 juillet. - Jean du Tréhant, écuyer.
1584. - 9 février. - Maurice du Tréhant.[8]

Jehan du Tréhant, seigneur des Bouillères, était marié à Isabeau Duchaffault, fille de Sylvestre Duchaffault et de Marquise Fresneau.
Au XVIIe siècle, la gentilhommière et son beau domaine utile sont passés par alliance à une ancienne maison de la contrée, la famille Marin, possessionnée depuis longtemps à Melay-la-Court, à la Grande-Brosse, à la Vergne-Caducière, à la Guignardière d'AvrilIé, à la Motte de Belleville et autres lieux.

25 mai 1642. - Ont été espousés haut et puissant Samson Marin et dame de la Haye, sieur et dame de la Vergne-Caducière, en présence de leurs parents et amis, dans l'église paroissiale de Jumelles, diocèse d'Angers. J. Chardonneau, prestre, curé de Boufféré.

Au défaut d'une généalogie suivie, nous reproduirons quelques actes des registres paroissiaux de Boufféré concernant la famille Marin[9] :

17 juillet 1672. - Baptême de Pierre, fils de Samson Marin, seigneur de la Grande-Brosse, et de demoiselle Marie Guimard. Parrain, Marc Marin, seigneur de la Motte de Belleville ; marraine, dame Yollande Le Jouvencin, veuve de M. Gabriel Marin, écuyer. Présents : Marie Marin, Marie Grassineau, Claude Linger.
5 décembre 1673. - Baptême de Antoine-René, fils des mêmes. Parrain, Antoine Marin, seigneur de la Hubardière et de la Guignardière ; marraine, demoiselle Marin, dame de la Lutière ; signe également Hélène de Maroyer.
2 novembre 1674. - Baptême de Renée, fille des mêmes. Parrain, noble homme Jacques Guignard, sieur de Bar-Sauvage, avocat en la cour du Parlement de Bretagne, et la marraine, demoiselle Perrine Marin, dame de la Hubardière.
1er octobre 1675. - Baptême de Alexandre, fils des mêmes. Parrain, Claude Marin, seigneur de la Caducière ; marraine, Antoinette Duchaffault.
14 mars 1681. - Baptême de Claude, fils des mêmes. Parrain, M. Claude Duchaffault ; marraine, demoiselle Perrine Marin.
1734. - Mariage de Gabriel-Charles Marin, seigneur de la Guignardière, fils de René Marin et de Charlotte Marin, dame de la Touche-Limousinière, avec Marie Grignon de Pouzauges. (Eglise de Saint-Donatien de Nantes)
15 octobre 1734. - Mariage d'Antoine-François Marin, seigneur des Bouillères, la Lutière et autres lieux, fils de haut et puissant Antoine-René Marin, chevalier, seigneur de la Grande-Brosse, et de feue dame Marthe Girard, avec demoiselle Renée-Angélique Bonnin, fille du noble homme André Bonnin, conseiller du Roy en la sénéchaussée générale de Poitiers, au département de Montaigu et sénéchal de la ville et marquisat de cette ville, et de dame Charlotte Payneau.
30 juin 1739. - Baptême de Angélique-Marthe-Germaine, fille de messire Antoine-François Marin, seigneur des Bouillères, et d’Angélique Bonnin.
4 septembre 1739. - Sépulture d'Antoine-René-François Marin, âgé de 4 ans, en présence de messire Antoine-François Marin, son père, et de André Bonnin, son grand-père.
5 novembre 1741. - Baptême de Angélique-Augustine-Madeleine, fille des mêmes. Parrain : Augustin du Tréhant, seigneur du Hallay ; marraine : Marguerite-Madeleine-Antoinette de la Fontenelle, dame de Goué.
6 août 1749. - Baptême de Alexis-Prosper, fils des mêmes. Parrain : Samson Marin ; marraine : Angélique Marin.
29 novembre 1752. - Baptême de François, fils des mêmes. Parrain, Charles Marin ; marraine, Françoise Marin de la Guignardière. Signent : Samson. Marin, Angélique Marin, François-Antoine Marin, Antoine Marin.

Epitaphe dans l'église de Boufféré :

"Ci-gist le corps de messire Antoine-René Marin, seigneur des Bouillères, décédé le 28 août 1779."

Parmi les électeurs de la noblesse, réunis à Poitiers, en 1789, pour nommer des députés aux Etats-Généraux, figure Samson Marin, seigneur des Bouillères.

Sur la liste des émigrés on trouve :

La veuve Marin, à Boufféré.
Marin des Bouillères, fils aîné, à Boufféré.
Les deux frères Marin, cadets, à Boufféré.
Marin, Antoine, noble à Boufféré, guillotiné à La Rochelle. (Liste de quelques brigands, par Goupilleau de Montaigu.)

                

Le HALLAY

      

Le château actuel du Hallay remplace un très modeste houstel féodal, situé à droite, près duquel avait été construite une petite chapelle domestique qui existe encore. Comme aux Bouillères, la famille du Tréhant y était possession née depuis des siècles.
Le 8 mars 1560, un du Tréhant, seigneur du Hallay, ainsi que 17 autres gentilshommes de la baronnie de Montaigu, confiaient à Raymond de Gastinaire, seigneur de la Preuille, le soin de défendre les droits et privilèges de leur ordre, dans une réunion de la noblesse, convoquée à Poitiers, par le Roi.
L'un de ses descendants, Charles-Gabriel du Tréhant, seigneur du Hallay, épousa Marie-Madeleine de Gastinaire, et devint, du chef de sa femme, seigneur de Melay.

20 octobre 1669. - Baptême de Anne, fille de Charles-Gabriel du Tréhant, sieur du Hallay, et de dame Marie-Madeleine de Gastinaire. Parrain, François du Tréhant, sieur d'Epagne ; marraine, Anne Cornu, épouse de Louis de Gastinaire, seigneur de la Papinière.
5 février 1671. - Baptême de Charles du Tréhant, fils de Charles-Gabriel du Tréhant, et de dame Marie-Madeleine de Gastinaire, seigneur et dame du Hallay.
16 novembre 1672. - Baptême de Louis, fils de Charles-Gabriel du Tréhant, écuyer, et de dame Madeleine de Gastinaire, seigneur, et dame du Hallay. Parrain, Louis de Gastinaire, seigneur de la Papinière ; marraine, dame Madeleine Thévenin, dame de Vaux, la Limousinière, etc.
1681. - Claude-Philippe du Tréhant est parrain.
Le 6 mai 1692, est décédé messire Charles-Gabriel du Tréhant, seigneur du Hallay, et le lendemain, enterré dans l'église de Boufféré, en présence de Claude-Joseph Linger.
Le troisième février de l'an de grâce mil six cent quatre-vingt-treize, messire Jean-Baptiste Morisson, écuyer, seigneur de la Bassetière, fils de messire Jean-Baptiste Morisson, écuyer, vivant seigneur dudit lieu de la Bassetière, et de dame Perrine Jousbert, dame de la Bassetière, ses père et mère, de la paroisse de Saint-Julien-des-Landes d'une part, avec demoiselle Marie-Anne du Tréhant, fille de feu messire Charles-Gabriel du Tréhant, seigneur du Hallay, et de dame Marie-Magdeleine de Gastinaire, dame du Hallay, ses père et mère de l'autre part, de cette paroisse, après les trois publications de leur futur mariage, sans qu'il se soit trouvé aucun empêchement, vu le certificat de M. le curé de Saint-Julien-des-Landes, par lequel il apparaît que le sieur Morisson est libre de contracter, ont contracté mariage par paroles de présents, ont reçu la bénédiction nuptiale en présence à l'égard du dit Morisson et de la dite du Tréhant, ses parents soussignés :

J.-B. Morisson de la Bassetière, Marie-Anne du Tréhant, Marie-Magdeleine de Gastinayre, Claude-Philippe du Tréhant, Claude de Gastinayre de la Preuille, Philippe Thévenin de la Roche, Charles Morisson de la Bassetière, René Rochet, François Morisson de la Bassetière, René Morisson de la Bassetière, Louis-Charles de Goüé, Marie-Anne de Gastinayre, Prosper de Gastinayre, René-Isaac Sajot, Marie-Jaquette Morisson de la Bassetière, Madeleine de Goulaine, Jeanne-Aimée Sajot, Benigne de Goulaine, Claude-Joseph Linger, Julien-Antoine Foucher, E. Triballeau, prêtre présent, Jacques de Laclau, curé de Boufféré.

11 décembre 1696. - Baptême de fils de messire Claude (Philippe) Tréhant, seigneur du Hallay, et de dame Marie-Madeleine Duchaffault, son épouse.
1703. - Baptême de Joseph-Joachim, fils de messire Claude-Philippe du Tréhant, seigneur du Hallay, et de dame Madeleine Duchaffault. Parrain, Claude-Joseph Linger, seigneur de la Vilnière, et dame Marie-Madeleine de Goulaine, aussi dame de la Vilnière.
29 mai 1704. - A été inhumé, dans l'église de Boufféré, le corps de dame Madeleine Duchaffault, dame du Hallay, âgée d'environ 36 ans, en présence de messire Morisson, écuyer, seigneur de la Bassetière, et de messire Claude-Joseph Linger, écuyer, seigneur de la Vilnière.

Philippe-Julien du Tréhant, seigneur du Hallay, maintenu noble par sentence du 24 septembre 1667, portait : Gironné d'argent et de sable.

La terre du Hallay et son manoir entrèrent au XVIIIe siècle dans la famille des comtes de Chabot, par le mariage de Louis-Charles de Chabot, seigneur des Coulandres, la Barre-Tranchant, lieutenant des vaisseaux du Roi, etc., avec Charlotte-Augustine du Tréhant, fille de Claude-Augustin du Tréhant, seigneur du Hallay, et de Marie-Jeanne de Gastinaire. Le contrat de mariage est en date du 9 janvier 1747.

16 août 1748. - Baptême de Marie-Charles, fils de messire Louis-Charles Chabot, lieutenant des vaisseaux du Roi, et de Dame Charlotte-Augustine du Tréhant, dame du Hallay, né le 14 août. Parrain, messire Joseph Joachim du Tréhant ; marraine, dame Esprit-Jeanne Jousseaume, dame de Pont-de-Vie.
20 avril 1780. - Baptême de Esprit-Louise-Charlotte, fille des mêmes. Tenue sur les fonts baptismaux par Pierre Tard et Marie Pavageau, en lieu et place de messire Charles-Claude-Gilbert Chabot, enseigne des vaisseaux du Roy, et de demoiselle Madeleine de Tréhant.

Le dictionnaire de Beauchet-Filleau, donne à Louis-Charles de Chabot trois autres fils :

1° Charles-Augustin dont descendent les Chabot du Parc-Soubise.
2° Marie-Esprit-Armand, dit le chevalier de Chabot, capitaine des vaisseaux de Sa Majesté le roi Louis XVI.
3° César-Auguste, mort à 22 ans, commandant la frégate la Livolly, de la marine royale de Louis XVI.

Charlotte-Augustine du Tréhant, veuve de Louis-Charles Chabot, fut guillotinée à Angers sous la Terreur, âgée de plus de 80 ans, comme ci-devant noble et sur l'accusation d'entretenir des intelligences avec les ennemis de la République, et "les scélérats de prêtres dont les crimes font horreur à retracer." Elle fut guillotinée sur la place du Ralliement à Angers, en Nivôse 1794. La copie de cet odieux jugement existe aux archives du Parc-Soubise.

Le Hallay qui appartenait à Charlotte du Tréhant, ne fut pas vendu nationalement, Mme de Chabot n'ayant pas émigré.
Quelques années après son retour de l'émigration, le comte de Chabot, son fils aîné, vendit à M. de Rorthais, la propriété du Hallay.

                

La LOUERIE

      

Le manoir de la Louerie était en ruines à la Révolution de 1789. Il ne reste plus de visible aujourd'hui que l'emplacement compris dans un îlot exhaussé dont la configuration se rapproche beaucoup de celle d'un demi-cercle.
La douve ou fossé qui l'entourait s'élargit au nord-est, de manière à former une pièce d'eau ou petit étang. Le corps de bâtiment était flanqué aux deux angles de tourelles, dites poivrières; il devait être couvert en tuiles, car on aperçoit peu ou point de débris d'ardoises. En labourant cet îlot, qui est encore parsemé de pierres et de briques, le fermier Huchet a trouvé un couvert en étain doré du XVIe ou XVlle siècle. Ce qu'il présente de plus notable, c'est d'être un peu moins grand que ceux dont nous nous servons actuellement, car il est, du reste, d'un travail assez médiocre ; sur le bout inférieur du manche où s'applique le pouce, sont les armes coulées en relief de la famille, qui a anciennement possédé la Louerie ; c'était peut-être un couvert d'enfant.

Louerie vient-elle de la famille Louer, ou est-elle une légère contraction de Louprie ? en a-t-on élidé le p dans la prononciation pour l'euphonie ?
L'étymologie Louerie viendrait donc de loup, ce que confirme sa situation sur le ruisseau du Bleson, qui signifie ruisseau des loups, de Bles loup, et on fontaine.

La Louerie, possédée en dernier lieu par les Beufvier, est située non loin de la Chevérière, et tout près de la Motte-Gestin, Il y avait autrefois un castel dont on ne voit plus que les douves, Le fond de cette douve se compose de galets calcaires dont la grosseur augmente en raison de la profondeur. Les plus gros atteignent la proportion d'un pain de 12 livres ; on y trouve aussi des blocs de calcaire coquillier.      (Note de M. Dugast-Matifeux.)

Charles Beufvier, seigneur de la Louerie, troisième fils de Séraphin Beufvier et de Marie-Julienne-Catherine de Béchillon, fut capitaine dans le régiment d'Orléans-cavalerie, commanda un escadron au ban des nobles réunis à Fontenay en 1758. Il mourut, le 11 mai 1781 à son château de la Sécherie, âgé de 87 ans. Il avait épousé Monique Baudry d'Asson, dont il eut deux fils :

1° Charles-Alexis, chevalier, seigneur de la Sécherie, chevau-léger de la garde du Roi, qui fit les guerres de Vendée, et passa en Espagne après la catastrophe de Fructidor.
2° Augustin, dit le chevalier Beufvier, seigneur de la Louerie, lieutenant de vaisseau et chevalier de Saint-Louis, se retira, après de longs services, en 1777. Il suivit plus tard l'exemple de son frère aîné, en se réunissant aux Vendéens dès le premier soulèvement.

C'est le dernier signataire de la sommation de se rendre adressée, le 20 juin 1793, par les commandants des armées catholiques et royales réunies à Angers, à la municipalité et aux habitants de Nantes.
On sait que la ville résolut de résister à outrance et qu'elle repoussa les Vendéens qui eurent à pleurer la perte de Cathelineau, leur général en chef, qui y fut blessé à mort,

                

La PATISSIÈRE

      

La Pâtissière était-elle un lieu noble relevant de la baronnie de Montaigu, ou une simple terre roturière ?
Fort anciennement, il est vrai, elle a appartenu à des gentilshommes, et une métairie voisine qui en dépendait, se nommait le Fé, corruption du mot fief. Sa condition, toutefois, paraît être l'analogue de celle de la Bretonnière qui en était peu éloignée. On voit, en effet, sur la minute du contrat de mariage Richard-Gautreau, dont il sera question plus loin, que la Pâtissière où demeurait la future est d'abord qualifiée de maison noble, et que cette qualification est rayée par le notaire. Or, s'il s'était réellement agi d'un fief, on n'eût pas manqué de la maintenir pour l'exemption de l'impôt.
Au mois d'octobre 1565, c'est-à-dire vers le milieu du XVIe siècle, Alexis Royrand, écuyer, et Louise Gazeau, sa femme, étaient seigneurs de la Pâtissière et y demeuraient.
En juillet 1578, le greffier de la juridiction de Montaigu, Gilles Robin, qui était en même temps fermier de la baronnie, écrivait à la duchesse de la Trémouille, Jeanne de Montmorency, veuve du duc Louis :

"Madame, il y a un gentilhomme par deçà qu'on nomme Pâtissière, qui vous doit quarante et deux boiceaux d'avoine, de cette mesure, qui ne veut payer et me menace, par lettre, de m'offenser et outrager, de sorte que je suis en grand'peine si ne suis garanti de votre faveur et grandeur. Et vous plaira luy escrire et en prévenir M. du Landreau,[10] pour l'avertir qu'il n'ait à m'offenser. Autrement vos fruits et rentes pourront ne point estre payés à l'avenir.
Priant Dieu, Madame, vous donner, en parfaite santé, très heureuse et longue vie.
De votre ville de Montaigu, ce 14 juillet 1578.
Votre très humble et très obéissant serviteur,
                    Gilles Robin."

Dans l'un des sièges que soutint Montaigu au XVIe siècle, la place ayant été cernée par les assiégeants catholiques, pour en brider les avenues, sur la fin de septembre 1580, quelques compagnies de gens de pied (infanterie) furent détachées et postées à la Pâtissière, d'autant que ses possesseurs de l'époque étaient réformés.

Aux Royrand succédèrent les Robin dans la possession de la Pâtissière, mais on ne sait ni comment, ni à quelle époque. Plus tard le même domaine passa à d'autres greffiers nommés Payneau[11] qui s'en qualifièrent et la possédèrent à leur tour, et dont le dernier mourut en 1704. Elle vint ensuite successivement par mariage à maître Jean Gautreau, notaire royal, qui épousa, en septembre 1726, demoiselle Madeleine-Jeanne Payneau ; puis au docteur Louis Richard, sieur de la Vergne en Boussay, marié en janvier 1754 avec Madeleine-Françoise Gautreau, leur fille unique.
Le partage des successions Richard-Gautreau s'opéra entre les deux frères, issus de leur mariage, de façon que l'aîné, Louis-François Richard, eut les biens paternels en Boussay, et le puîné, Charles-Marie, ceux de la mère en Boufféré. On ne s'occupera pas ici des descendants du premier, dont le dernier enfant, né à Nantes, le 1er mars 1819, est actuellement cardinal-archevêque de Paris. On se borne à la descendance du second, qui avait épousé dame Cécile-Françoise Blouin, dont il était veuf, lorsqu'il mourut à Nantes, le 15 mars 1829, âgé de 63 ans.
Les deux frères Richard étaient également, comme leurs père et grand-père, docteurs en médecine de la faculté de Montpellier ; tous avaient endossé la robe de Rabelais. Louis-François eut à Nantes, où il s'était rendu après la Révolution, abandonnant Montaigu et la Vendée, la plus nombreuse clientèle que jamais praticien réunît en cette grande ville. Et voici comment le docteur Ambroise-François Laënnec caractérisait Charles-Marie Richard, dans le compte-rendu des cours d'instruction médicale, établis à l'Hôtel-Dieu de Nantes, pour l'année 1829, qui fut celle de sa mort:

"Aux connaissances étendues qu'exigeait sa profession, M. Richard jeune réunissait celles qui font le littérateur savant, l'antiquaire érudit, l'amateur des arts et l'administrateur habile, Je vous l'aurais montré débrouillant, dans un mémoire brillant d'érudition, l'inscription trouvée à Nantes en 1580 et incrustée depuis dans un des murs de notre Hôtel-de-Ville, je vous aurais parlé de cette intéressante lettre qu'il fit insérer, il y a deux ans, dans le Lycée armoricain, sur une petite statue de cuivre trouvée dans les fouilles faites à l'occasion des travaux du canal de Bretagne, et que son amour pour les arts lui avait fait acquérir…"

Richard avait laissé en mourant une grande fortune qui se concentra sur la tête de son petit-fils Charles-Marie Richard de la Vergne. Par suite d'un procès retentissant, dans lequel plaida l'illustre avocat Berryer, l'ensemble des biens-fonds que le défendeur possédait en Boufféré, comprenant la Pâtissière, la Gorgendière, le Fay, etc. furent vendus. Le baron et la baronne Jousbert du Landreau, propriétaires du Hallay, en devinrent acquéreurs[12].
La famille Richard possédait une maison de ville à Montaigu, sur la place de l'église, côté nord. M. Aillery, père de l'abbé Aillery, auteur du manuscrit : Les Chroniques paroissiales du diocèse de Luçon, y tint longtemps un pensionnat. (Voir Chronique de Montaigu.) Elle appartient aujourd'hui, une partie aux héritiers Trastour, l'autre à M. Dugast-Matifeux, l'érudit vendéen, qui y fait sa demeure.

                

L'ORVOIRE

      

Ce domaine, probablement féodal, appartenait au XVe siècle à la famille Bellinaud, de laquelle il passa aux Chesnel dont on trouve un membre prénommé Guillaume, capitaine du château de Montaigu en 1502. En 1638, à l'Assignation des hommages généraux de cette baronnie comparait Antoine Chesnel, écuyer, sieur de l'Orvoire, pour faire à Mgr Gabriel de Machecoul, la foi et hommage-lige, serment de fidélité et baiser qu'il lui doit, à cause de la maison de l'Orvoire, appartenances et dépendances, en la paroisse de Boufféré, qui lui appartient par sa femme Anne Bellinaud, fille et héritière en partie du défunt René Bellinaud, vivant, écuyer, sieur dudit lieu, tenu audit droit d'hommage lige et à ligeance de quarante jours, et à treize deniers pour tous achats, payables à l'Aumônier de Montaigu.
Sur la liste des gens condamnés comme faux-nobles dans la généralité de Poitiers, élection de Mauléon, en 1665 et années suivantes, par les commissaires du Roi, Colbert de Croissy, Barentin, et Rouillé du Coudray, figure le même Antoine Chesnel, sieur de l'Orvoire, pour deux mille livres d'amende.
Après les Bellinaud et Chesnel, l'Orvoire passe aux Mauclerc de la Muzanchère, et de ceux-ci aux Thiériot qui s'en qualifièrent longtemps, puis aux Musset par alliance : enfin il revint par acquêt aux Thiériot qui le détiennent encore aujourd'hui, Pierre-Gabriel-Bruno Thiériot de l'Orvoire, de la ville de Montaigu, diocèse de Luçon, passa ses deux thèses pour la licence en droit et en médecine en juillet 1738, sous la présidence de maître Claude Chesnel, conseiller du Roi et professeur émérite dans l'Académie de Poitiers. Qu'était le candidat au président de l'examen, et qu'était celui-ci aux anciens possesseurs de l'Orvoire de ce nom ? Il est très probable qu'ils descendaient les uns des autres par alliance.
Une voie romaine, venant de Ratiate près de Nantes, mais sur la rive gauche de la Loire, passait un peu au-dessus de l'Orvoire, et rasait Lévinière, pour se rendre à Durinum, aujourd'hui Saint-Georges-de-Montaigu.
Nous possédons une vue coloriée de l'Orvoire, prise du même lieu de la Lévinière, par un Walsh, employé des contributions indirectes sous le premier empire à Montaigu, qui fut l'un des premiers amateurs, après la Révolution, à s'occuper de la culture des beaux-arts dans notre pays[13].

                

La VILNIÈRE

      

Au XVIIe siècle, cette gentilhommière était habitée par une famille Linger, maintenue noble par sentence du 24 septembre 1667. Les Linger portaient d'argent à la fasce de gueules fuselée de 7 pièces, accompagnée de 8 mouchetures d'hermines.
Les registres de catholicité de Boufféré, aujourd'hui l'Etat civil, mentionnent plusieurs fois cette famille :

Messire Claude Linger, seigneur de la Vilnière, avait épousé Dlle Grassineau, d'une famille noble du pays, qui figure souvent dans les actes de catholicité de l'église de Boufféré :

13 mars 1667. - Baptême de Marie-Agathe, fille de Claude Linger, écuyer, seigneur de la Vilnière et de dame Marie Grassineau. Parrain : Gaspar Duchaffault, marraine : Louise Grassineau.
9 septembre 1668. - Baptême de Louis, fils de Claude Linger, écuyer, et de. dame Marie Grassineau. Parrain : Pierre Firmin, sieur de la Haye, marraine : Geneviève de la Poëze.
25 septembre 1669. - B. de Pierre, fils des mêmes. Parrain : Louis Guérin, sieur de la Vergne-Guérin, marraine : Geneviève Grassineau, fille de feu Pierre Grassineau, sieur de Paunard.
9 mai 1675. - Sépulture de Gabriel Linger, âgé de 4 ans, fils des mêmes, dans l'église de Boufféré.
10 mars 1673. - B. de Anne, fille des mêmes. Parrain : Claude Marin, seigneur de la Cadussière, marraine : Marie de la Faye, dame du Marchais.
20 août 1676. - B. de Louise, fille des mêmes. Parrain : M. Gabriel de la Poëze, écuyer, seigneur de la Collinière de la paroisse du Saint-Sauveur de Landemont, et marraine : dame Louise de la Poëze, veuve de Guillaume de Bressea (?).
16 septembre 1675. - Sépulture de Dlle Hilaire de la Fontenelle, femme de feu Louis Linger, écuyer, seigneur de la Vilnière, âgée de 78 ans, en présence de Mre de Béranger, sieur de Girondor.

Hilaire de la Fontenelle avait été maintenue noble par la sentence de 1667, qui la qualifie de veuve de Louis Linger, écuyer, sieur de la Lardière.
La sentence de Barentin mentionne en outre, comme maintenus nobles :

Pierre Lingier, sieur de la Guignardière, et Philippe Linger, sieur de la Linottière.

5 janvier 1686. - Sépulture dans l'église de Boufféré de messire Claude Linger, écuyer, seigneur de Vilnière.
27 mai 1764. - Claude-Joseph Linger, seigneur de la Vilnière, assiste à la sépulture de Madeleine Duchaffault, dame du Hallay.

                

GIRONDOR

      

Une famille noble et ancienne, originaire de l'Anjou, celle des Béranger, fixa sa résidence dans cette gentilhommière dès le XVIe siècle.
Elle portait : gironné d'or et de gueules de huit pièces (Armorial d'Anjou).
N. Béranger épousa, par contrat du 8 avril 1456, Louise de Ronzay dont il eut :

Charles Béranger qui se maria à Louise de Pineau, dont :
Jean Béranger, écuyer, sieur de la Quitterie, qui partageait avec son frère Antoine, le 4 août 1567 ; il s'était marié le 4 octobre 1549 à Marie de la Roussardière qui lui donna :
Martin de Béranger, écuyer, seigneur de la Quitterie, baptisé à Saint-Florent-le-Vieil le 15 février 1574 et maintenu noble le 15 janvier 1600, par les commissaires du Roi à Poitiers. Il habitait Boufféré-lès-Montaigu.      (Dictionnaire des familles du Poitou, 2e édition.)

Nicolas de Béranger épouse, le 13 septembre 1575, Marie des Francs, fille de Sylvestre des Francs, seigneur de la Bretonnière, en Boufféré.

Plusieurs actes de catholicité dans les registres paroissiaux de Boufféré, en grande partie détruits par l'humidité, concernent cette famille au XVIIe siècle.

18 décembre 1666. - Baptême de Magdeleine, fille d'écuyer, Jacques de Béranger, seigneur de Girondor, et de Catherine Grassineau, son épouse. Parrain : François de Bussy, seigneur de la Marchère, et marraine : Jacquette Duchaffault.
La même année, Jacques de Béranger, seigneur de Girondor, fait appel au Conseil de la sentence qui le condamne comme roturier. (Etat du Poitou sous Louis XIV)
20 août 1670. -- Baptême de Marie, fille des mêmes.
20 avril 1675. - Baptême de Jeanne-Gabriel, fille de messire Jacques de Béranger, écuyer, seigneur de Girondor, et de dame Catherine Grassineau ; parrain, Claude-Joseph Linger, fils de messire Claude Linger, écuyer, seigneur de la Vilnière, et de dame Marie Grassineau ; marraine, demoiselle Catherine-Louise de Béranger, fille de messire Jacques de Béranger et de Catherine Grassineau.
10 janvier 1690. - A esté inhumé dans le chœur de cette église, le corps de Alexis de Béranger, fils de Jacques de Béranger, écuyer, seigneur de Girondor, et de dame Catherine Grassineau.
6 août 1695. - Sépulture de Marie de Béranger, fille de messire Jacques de Béranger, seigneur de Girondor, et de Catherine Grassineau, âgée de 6 ans, en présence de messire Antoine-Christophe de Béranger, seigneur de Girondor.
3 mars 1735. – Baptême de Charlotte-Marie-Louise, fille de messire René de Rorthais, seigneur de Girondor, et de dame Marie-Anne de Béranger.
5 décembre 1742. - Baptême de Séraphin-François, fils de René de Rorthais, seigneur de la Babonnière, et de dame Marie-Anne de Béranger.

L'un des fils de René Rorthais et de Marie-Anne de Béranger est mort à Saint-Domingue, officier dans les troupes coloniales.
Un autre, qualifié seigneur de Girondor, servit au ban de 1758 dans la 1re division de la 2e brigade de l'escadron de la Louerie.

13 juin 1788. - Louise-Julie de Rorthais de Girondor épousa messire Jacques-Victor Jousbert, seigneur de la Cour.
30 janvier 1736. - Baptême de Gabriel-Christophe, fils de René de Rorthais, seigneur de la Babonnière, et de Marie-Anne de Béranger, dame de Girondor ; parrain, Gabriel de Rorthais, seigneur de Bourgneuf ; marraine, Catherine-Brigitte de Rorthais.
14 décembre 1705. - Baptême de Alexis-Claude, fils de messire Antoine-Christophe de Béranger, seigneur de Girondor, et de dame Jeanne Delaistre son épouse ; parrain, Gaspar de Béranger, seigneur de la Quitterie ; et marraine, demoiselle Marie-Magdeleine de Tréhant qui a déclaré ne savoir signer.

                

La BRETONNIÈRE

      

Dans le dénombrement des aveux rendus à la baronnie de Montaigu, ne figure jamais celui de la Bretonnière. Cette terre était donc tenue en roture et non point en fief, bien que plusieurs familles se soient successivement parées de son nom comme d'un titre nobiliaire. On sait que sur la fin de l'ancien régime, nombre de familles bourgeoises se gratifiaient de la particule féodale à l'imitation de la noblesse.

Sylvestre des Francs, écuyer, seigneur de la Bretonnière, marié à Catherine Chevalier.
Leur fille, Marie des Francs, épousa, le 13 septembre 1575, Nicolas de Béranger.
19 avril 1675. - Baptême de François, fils de François Musset, sieur de la Bretonnière, notaire de la baronnie de Montaigu, et de dame Françoise Lamy ; parrain, François Lamy, maître chirurgien ; et marraine, Magdeleine Viau, femme de Jean Mesnard, apothicaire.

 

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APPENDICE

BÉNÉDICTION DES CLOCHES DE N.-D. DE BOUFFÉRÉ
      

PROCÈS VERBAL

"L'an de Notre-Seigneur mil huit cent quatre-vingt-trois, et le lundi dix-septième jour du mois de décembre, l'Illustrissime et Révérendissime Clovis-Nicolas-Joseph, Evêque de Luçon, qui met si généreusement toutes ses forces au service du bien et de la gloire de la Religion dans le diocèse, en présence de toute la paroisse, du clergé du canton de Montaigu, et d'une noble et sympathique assistance, a procédé à la bénédiction de deux cloches pour la paroisse de N.-D. de Boufféré."

Voici l'inscription gravée sur la première cloche qui pèse 1160 kilogrammes :

J'appartiens à l'église de N.-D. de Boufféré. - Je m'appelle la voix de Dieu. - J'ai été baptisée par Monseigneur Clovis-Nicolas-Joseph Catteau, évêque de Luçon, le 17 décembre 1883.
Mon parrain a été messire Casimir-Gaston de Jousbert, baron du Landreau.
Ma marraine a été madame Marie-Henriette-Zoé de Jousbert, baronne du Landreau, née de Rorthais.
J'ai reçu les noms d’HENRI-DIEUDONNE.

De sa voix argentine elle était appelée à saluer Roi et Sauveur de la France, celui que la Providence semblait avoir désigné pour la relever de ses ruines, et qu'une mort prématurée a ravi à toutes nos espérances.
A ces noms il faut ajouter ceux des insignes bienfaiteurs de la paroisse de N.-D. de Boufféré, dévoués à toutes les œuvres catholiques, noble tradition dans les familles de Rorthais et du Landreau :

Casimir-Marie-Zoe-Clemence-Aimee.
J'ai été donné par mon parrain et par ma marraine.
M. Casimir de Jousbert, baron du Landreau, maire de la commune de Boufféré ; M. Auguste Arnaud, curé de la paroisse ; M. Jean Lhommeau, président de la fabrique ; M. Eugène Loiseau, trésorier.

Voici l'inscription gravée sur la deuxième cloche qui pèse 786 kilogrammes.

J'appartiens à l'église de N.-D. de Boufféré.
Je m'appelle la Voix de Dieu. J'ai été baptisée par Monseigneur Clovis-Nicolas-Joseph Catteau, évêque de Luçon, le 17 décembre 1883.
Mon parrain a été M. Etienne-Louis-Constant Trastour, docteur-médecin à Nantes.

En lisant ce nom on est heureux de constater que la religion et la science réunies font toujours la gloire et la véritable grandeur de l'homme.

Ma marraine a été Mme Valentine-Madeleine Trastour, née Dubois.
J'ai reçu les noms de Stéphanie-Valentine-Marie-Madeleine-Augustine.
J'ai été donnée par les habitants de la paroisse.
M. Casimir de Jousbert, baron du Landreau, maire. - M. Auguste Arnaud, curé de la paroisse. - M. Jean Lhommeau, président de la fabrique. - M. Eugène Loiseau, trésorier.

Nous ne saurions terminer ce procès-verbal, sans témoigner toute notre reconnaissance à Mme la baronne du Landreau, qui a déployé le plus grand zèle et le meilleur goût pour l'ornementation de cette fête.
Fait et dressé au château du Hallay le 17 décembre 1883, et ont signé après lecture faite :

Clovis-Joseph, évêque de Luçon. - Baronne du Landreau, baron du Landreau, - V. Trastour. - Gelot, curé de Montaigu. - S.-E. Trastour. - Marchand, vic. de la Guyonnière. - Comte de Villebois. - Vitaline Himène de Fontevau. - Aug. Mouillé, curé de la Bernardière. - Naulin, curé des Brouzils. - Verdon, curé de la Guyonnière. - Comte de Cornulier. - Mathurin Barré, prêtre, vicaire. - P. du Landreau. - J. Martineau, vicaire. - J. Gaillard. - J. Trastour. - A. Himène de Fontevau. - D. la Brunière. - A. Baraud, curé de Triaize. - Comte de Villebois. - F. du Landreau. - A. Auguin, prêtre. - J. Guibert, chanoine honoraire. - Trastour. - G. Simon, vicaire général. - L. Viau. - E. Gendron, curé de Saint-Hilaire-de-Loulay. - Goupilleau, vicaire de Saint-Hilaire. - A. Arnaud, curé de Boufféré.

1891

A Boufféré, une multiplicité d'œuvres sollicitait la bénédiction du Pontife, dans la journée du 24 novembre 1891 : une troisième cloche, vivement attendue depuis huit ans par deux sœurs aînées de la même famille, dans ce clocher qu'un dicton populaire[14] a rendu depuis longtemps célèbre; au dehors, sur la route de Montaigu, une école de Frères, toute neuve, tout ensoleillée, admirablement aérée et appropriée ; ici, plus près de l'église, les classes des Religieuses dont les fondations s'élèvent rapidement ; tout cela venant de la même source, toutes les œuvres créées en même temps et comme d'enthousiasme, par M. le baron du Landreau et par sa bienfaisante et généreuse dame - plus heureux l'un et l'autre de donner que d'autres ne le sont de recevoir.
Le zèle à doter la maison de Dieu est, depuis des années, une des préoccupations les plus chères de Mme du Landreau : rien n'est assez beau pour son église, et je connais bien des cathédrales qui seraient réduites à envier le sort de Notre-Dame de Boufféré.
Une autre œuvre vers laquelle se portent avec élan, M. le baron du Landreau aussi bien que Mme la baronne est celle des écoles chrétiennes, et c'est un noble exemple qu'ils donnent de bien haut à tous ceux qui sont, ainsi qu'eux-mêmes, riches des dons de la fortune, et qui seraient tentés d'oublier parfois la grande mission que la Providence leur a départie de ce chef.

La FÊTE. - les PRÉPARATIFS

Mais voici la fête commencée. La population endimanchée se presse de toutes parts sur les routes et s'engouffre, pour ainsi dire, dans l'église, tant il y a de zèle, d'empressement et de joie.
Tout à l'heure, en passant devant le beau domaine du Hallay, j'ai vu les oriflammes flotter sur les grilles d'entrée, dans les avenues et jusque sur les combles du château. C'est qu'ici M. et Mme du Landreau ont donné hier l'hospitalité à leur Evêque; et ici encore, la cérémonie terminée, ils le recevront de nouveau et avec lui tout le clergé qui l'accompagne, et un grand nombre d'invités parmi les nobles familles du voisinage. Le Hallay est, pour ainsi parler, le quartier-général de la journée.
Voici le bourg maintenant.
Vous connaissez cette agglomération de Boufféré ? Un groupe de maisons serrées autour de l'église ; puis, en pleine route de Montaigu, jetées ça et là sur un plateau souvent balayé par les vents, des maisons blanches et de bon aspect, des aubergistes et des résidences particulières. Vous laissez la route nationale, avec son ruban grisâtre qui se perd devant vous à l'infini ; vous tournez brusquement sur la droite, et là, entre deux buissons, aujourd'hui sans verdure, vous vous acheminez vers le groupe principal, où se trouvent l'église et le presbytère.
J'ai dit que les buissons n'ont plus la verdure du printemps et de l'été ; mais ils sont entièrement recouverts, de chaque côté, d'une tenture rouge et blanche, qui se profile tout le long de la rue et fait oublier un instant le dénuement de la saison.
Des oriflammes, des guirlandes, des banderoles partout il y en a, pour ainsi dire, à profusion, et ce jeu de tentures et de couleurs voyantes produit un singulier effet d'ensemble sous ce ciel brumeux de novembre où le soleil ose à peine se montrer.
Si le dehors est beau, l'église est bien plus riche encore. C'est ici surtout que rien n'est épargné, et je puis dire, sans crainte d'être démenti, que la richesse ne nuit en rien au bon goût, et que l'œil se promène avec plaisir sur les différents motifs de décoration, de la nef au sanctuaire, d'un mur à l'autre, jusqu'aux voûtes, d'où s'échappent des draperies - blanc, or et vert - comme tout le reste dans l'église: c'est vraiment frais d'aspect, léger, doux à l'œil, et très bien entendu.

La CLOCHE NOUVELLE

En face de l'autel voici la cloche nouvelle suspendue à son beffroi provisoire. Est-ce une charpente ? est-ce du bois, du fer ou autre chose ? Il est difficile de le voir, car tout disparaît sous les tentures, les guirlandes et les fleurs.
La cloche elle-même, on la devine plutôt qu'on ne la voit ; car il faut dire qu'elle est richement habillée, cette jolie pouponne du Halay : c'est une véritable châtelaine, et il y a déjà dans sa tournure une distinction qui décèle un peu son origine.
En passant, indiscret reporter, je lui demande son nom, ou plutôt ses noms - elle en à sept : Aimée-Marie-Casimir-Clémentine-Zoé-Eugénie-Augustine. Mais j'ai bien compris que celui auquel elle tient le plus, c'est le premier, Aimée ; car c'est ainsi que s'appelle sa bonne et bienfaisante marraine, Mlle Aimée du Landreau. Elle m'a bien dit autre chose, et je ne sais si je dois le répéter; mais ce n'est pas un secret, et elle le chante à tout venant, c'est que sa marraine est si bonne, si bonne, qu'on l'appelle là-bas, en Anjou, la Providence de Beaufort. Je crois, moi, qu'elle est un peu aussi la Providence de Boufféré, dans cette circonstance au moins ; et, si vous en doutez, demandez-le au parrain d'Aimée, M. l'abbé Auguste Arnaud, l'excellent et très aimable curé de Boufféré.
Du parrain et de la marraine admirant leur filleule, de M. le baron du Landreau et de sa noble épouse contemplant leur nouvelle fille, quels sont les plus heureux ? Je ne pourrais le dire, et il serait difficile de le deviner ; mais ce que je sais bien, c'est que tout le monde, dans l'assistance, a la joie sur le front et sûrement dans le cœur, et nul ne pourrait s'y tromper.
Désormais Boufféré aura sa sonnerie complète, formant la tierce majeure, du mi bémoI au sol naturel. C'est notre nouvelle baptisée qui va chanter le sol de sa voix claire et douce, et elle sera dans son rôle particulier, - c'est elle qui me l'a dit encore tout bas à l'oreille - la cloche des trépassés.
Oh ! c'est une bien belle idée - et je ne saurais trop le proclamer ici - que cette création d'une voix spécialement consacrée au souvenir des morts. Cette cloche, elle aura une parole que tous les fidèles apprendront vite à connaître et à aimer. Entendez-vous dans la nuit, à la tombée du soir, cette musique aérienne qui soupire ondulante et monotone... sol... sol... sol...! c'est Aimée, c'est la cloche des morts :

- "O mes enfants, dira la mère, prions, prions pour les trépassés." Et la famille tombe à genoux, tandis que le voyageur attardé murmure un De profundis dans les chemins creux de son bocage, ou sur la route aux larges horizons, dans le vent de la nuit."

Je ne dirai rien de la cérémonie de la bénédiction, ou, suivant le langage reçu, du baptême de la cloche. Ceux qui ont suivi, dans un manuel spécial, cette grande fonction liturgique, sont suffisamment édifiés sur ce point et ont pu se rendre compte de la beauté des prières que récite l'Evêque dans la circonstance.

L'ÉVÊQUE PARLE et la CLOCHE AUSSI

A l'Evangile, Monseigneur l'Evêque de Luçon… j'allais dire est monté en chaire ; mais il n'y en avait pas : on l'avait enlevée pour dégager l'espace ou pour tout autre raison, peut-être parce que son état de vétusté eût été peu en harmonie avec les magnificences du reste. Monseigneur a donc pris la parole, et, dans un langage facile autant que paternel, il a exposé le sens et les enseignements des cérémonies de la journée.
Sa Grandeur a su trouver un mot délicat pour chacun et surtout pour cette noble maison du Hallay, qui est vraiment aujourd'hui, plus que jamais, la seconde Providence de la paroisse de Boufféré.
C'est alors qu'a eu lieu le baptême de la cloche, et que la jeune Aimée a fait entendre son premier vagissement, une voix nette, claire, mélodieuse, et déjà douce à l'oreille comme le velours des vieux bourdons des cathédrales.
Tour à tour, l'évêque, la marraine, le parrain, les généreux donateurs lui demandent un son, une voix, une réponse, et la cloche argentine répond et vibre sous l'impulsion des mains les plus amies.

Chez les FRÈRES de SAINT-GABRIEL

Mais déjà la nef se vide et la procession s'organise au chant du Veni Creator, les bannières s'agitent, les banderoles flottent au vent, et une troupe d'enfants - combien sont-ils ? trente au moins - se dispose à porter les riches brancards où reposent le crucifix des écoles et les statues de Marie et de l'Enfant Jésus. C'est fait : les rangs se déroulent dans l'avenue du bourg, à travers les tentures et sous les arcs de triomphe, et bientôt sur la large route nationale, dans un assez long parcours, puisque l'établissement des Frères de Saint-Gabriel est la dernière maison au nord dans la direction de Montaigu.
La maison est belle, les classes très bien comprises, pourvues d'un mobilier complet, et même chacune d'un poêle : on voit que les châtelains du Hallay ne font jamais rien à demi : c'est dans le sang, paraît-il, mais c'est aussi dans la foi ; et ici ni le sang ni la foi ne savent mentir ni défaillir.
La foule emplit la cour qui va bientôt se trouver trop petite, et je souhaite qu'il en soit ainsi pour les élèves : il y aura toujours moyen d'y remédier, je m'en porté garant.
Monseigneur pénètre dans les bâtiments, suivi du clergé, des bienfaiteurs et de quelques invités : puis il les bénit et procède à l'installation des crucifix ainsi que des statues saintes dans chacune des classes.

Un ORATEUR de DOUZE ANS

Monseigneur veut sortir, mais à la porte il est arrêté par la foule, qui veut encore le voir et entendre sa parole : et nous voyons un jeune orateur d'une douzaine d'années, en costume d'enfant de chœur, s'avancer au-devant de Sa Grandeur et lui débiter, sans trop s'émouvoir, sa petite harangue.
L'évêque répond avec son affabilité ordinaire, félicite encore la population de Boufféré du bonheur qu'elle a d'avoir, pour ainsi dire sans bourse délier, de si belles écoles, et fait appel aux sentiments de la reconnaissance et de la foi pour peupler ces écoles et les tenir toujours pleines.

Chez les RELIGIEUSES de l'IMMACULÉE-CONCEPTION

Puis, la foule s'ébranle encore, et nous voici mainte­nant dans l'établissement des Religieuses de l'Immaculée Conception, où M. le baron du Landreau fait élever des classes nouvelles et va presque tout transformer. Les fondations sortent déjà de terre partout, et c'est sur la première pierre que "Monseigneur est appelé à répandre les bénédictions de l'Eglise."
Sa Grandeur prend ensuite le marteau et frappe suivant la coutume quelques coups sur la pierre angulaire ; le baron du Landreau vient à son tour ; puis, chacun des assistants saisit avec bonheur ce marteau qui a fait et va faire encore tant de belles choses et de si bonnes œuvres dans cette bénie paroisse de Boufféré.
Voilà, en effet, des œuvres sérieuses, de grandes œuvres, des œuvres d'apostolat, et comme la main mise de Dieu sur cette paroisse, par l'action d'une grande et catholique famille.

A l'ÉGLISE

La procession rentre à l'église au champ des cantiques, et c'est la joie au cœur d'une matinée si bien remplie, le sourire sur les lèvres, et la prière au cœur que l'assistance s'incline une derrière fois devant l'autel, pour recevoir, des mains de son évêque, la bénédiction solennelle du Très-Saint-Sacrement.

Au HALLAY

Il est déjà midi.
Une demi-heure après, la fête était transportée au château ; et le Hallay tout pavoisé, tout triomphant, recevait, dans ses riches salons, Sa Grandeur Monseigneur Catteau, évêque de Luçon, le nombreux clergé arrivant à sa suite, et quelques parents ou amis de la famille du Landreau.

Les CONVIVES

Nous avons remarqué, parmi les ecclésiastiques de la suite de Monseigneur, M. l'abbé Giraud, vicaire général, M. le curé-doyen de Montaigu et la plupart des ecclésiastiques de ce vaste canton ; quelques autres encore, MM. les curés des Brouzils, de la Caillère, ancien vicaire de Boufféré - le savant et laborieux auteur de Chrétiens et hommes célèbres - de Beaulieu, de Saint-Denis-la-Chevasse, etc.
Parmi les laïques : Mlle Aimée du Landreau, de Beaufort ; Mme la comtesse de Cornulier, de Saint-Hilaire-de-Loulay, M. le comte et Mme la comtesse de Lorgerie ; M. et Mme Lefeuvre, Mme Le Pot, née Lefeuvre, etc. en tout une quarantaine de convives.
Dire que le déjeuner était superbe, c'est inutile ; ajouter qu'il a été charmant, autant par le noble et simple accueil des châtelains que par la douce aménité des convives, je m'y risquerai peut-être : mais comment en serait-il autrement, dans une maison où la noblesse n'est pas un vain titre, où la religion domine et où la bienfaisance est reine ?

Le PROCÈS-VERBAL

Vers la fin du banquet, M. l'abbé Arnaud, curé de Boufféré, et l'heureux parrain d'Aimée, se lève et nous donne lecture d'un procès-verbal des évènements de la journée, d'une tournure élégante et primesautière, qui ne laisse rien dans l'ombre et donne à chacun la part qui lui revient, dans les grandes œuvres qui fleurissent à Boufféré depuis tant d'années.
Quand je dis à chacun, je me trompe ; car s'il n'a oublié ni son évêque - que l'on peut bien appeler lui aussi l'évêque des écoles, comme ce grand archevêque d'Aix que la franc-maçonnerie n'a pu atteindre en le frappant - ni M. et Mme du Landreau, pour lesquels il a eu les éloges les plus délicats et d'ailleurs les plus mérités, ni Mlle Aimée du Landreau, cette providence de Beaufort, comme il l'a rappelé si à propos ; ni les maisons nobles et chrétiennes de la région, si heureusement représentées à la fête, ni ses confrères dans le sacerdoce ; je dois ajouter qu'il s'est oublié lui-même ; et mon reproche est d'autant plus fondé que ce n'est pas la première fois de sa vie, et que ce ne sera sans doute pas la dernière.
Mais heureusement l'assistance a suppléé à ce silence évidemment voulu : et chacun se disait tout bas que si, dans toutes ces œuvres magnifiques, les nobles châtelains du Hallay sont la source, le pasteur est, lui, la main discrète, l'ouvrier délicat et zélé, qui sait y puiser sans la troubler ni l'amoindrir jamais.
                    J.-J. ROUSSEAU, curé de Saint-Denis-la-Chevasse.

PROCÈS- VERBAL

"Le 17 décembre 1883, c'était grande fête dans la paroisse de Notre-Dame de Boufféré. Sur le front de ses paisibles habitants, sur le visage des nombreux fidèles accourus pour partager leur félicité, brillait la joie la plus vive et la plus pure. C'est que ce jour-là, on avait installé dans le vieux clocher de la petite église romane deux magnifiques cloches, riche présent de M. le baron et de Mme la baronne du Landreau, insignes bienfaiteurs de la paroisse.
Mais ces deux voix en appelaient une troisième pour former l'accord parfait. Trois choses sont nécessaires aux cloches, pour qu'elles atteignent leur but : l'accord, l'élévation et le branle. Eh bien ! c'est cette voix qui manquait, et que les bénédictions de l'Eglise ont bien voulu donner au clocher de Boufféré, qui désormais, dans d'harmonieux accords, fera entendre sa voix et son chant.
La nouvelle cloche, heureuse de s'unir à ses sœurs aînées Henri-Dieu-Donné-Marie-Casimir, et Stéphanie-Valentine-Marie, rediront toutes ensemble notre reconnaissance pour les généreux bienfaiteurs qui nous les ont données."

Voici l'inscription gravée sur cette troisième cloche :

J'appartiens à l'église de Notre-Dame de Boufféré. Je m'appelle la voix de Dieu. J'ai été baptisée par Monseigneur l'illustrissime et révérendissime Clovis-Nicolas-Joseph Catteau, évêque de Luçon, le 24 novembre 1891. J'ai pour mission de rappeler aux paroissiens de l'église de Notre-Dame de Boufféré le souvenir de leurs parents défunts.
Mon parrain a été M. Auguste Arnaud, curé de la paroisse.
Ma marraine a été Mlle Aimée de Jousbert du Landreau, "la providence de la paroisse de Beaufort, au diocèse d'Angers."
J'ai reçu les noms de Aimée-Marie-Casimir-Clémence-Zoé-Augustine. J'ai été donnée par M. le baron du Landreau et par Mme la baronne du Landreau, née de Rorthais.

"Cette nouvelle cloche a reçu le nom d'Aimée, nom de la noble et généreuse providence de Beaufort, qui a bien voulu l'adopter pour filleule.
Merci à vous, Mademoiselle, dont le nom est synonyme de piété, de bienfaisance, de délicieuse bonté dans le partage de la grandeur. Merci d'avoir bien voulu quitter un instant votre chère paroisse de Beaufort, pour devenir en quelque sorte en ce jour notre illustre paroissienne.
Béni soyez, Monseigneur, dont le zèle pour la religion vous amène deux fois dans la même année dans un modeste village des confins du diocèse. Ce serait peu que votre nom fut gravé sur nos cloches, si l'image d'un père qui vient, au nom du Seigneur, bénir ses enfants, n'était gravée dans nos cœurs, environnée de l'auréole de la reconnaissance et de notre piété filiale.
Et vous, mes confrères dans le sacerdoce, anges gardiens des paroisses qui nous environnent, merci de votre présence. Elle témoigne que parmi les membres du clergé vendéen, la joie de l'un fait aussi la joie des autres.
Nobles catholiques de notre religieuse contrée, merci de votre sympathie ; votre présence rehausse éminemment notre fête.
Merci, ô généreux et insignes bienfaiteurs de cette paroisse. Que le Seigneur vous rende en bénédictions tout ce que le zèle, la libéralité, l'amour de Dieu et des âmes vous a inspiré. Vous savez que quand il s'agit du Très-Haut, on ne peut ni trop faire, ni se montrer trop grand. Qu'en retour de votre zèle à orner le temple de la terre, il vous prépare une belle demeure dans le temple du ciel."

"Une autre joie bien solennelle et bien douce était réservée à la paroisse de Notre-Dame de Boufféré : c'était la bénédiction de l'école catholique de garçons confiée aux très chers Frères de Saint-Gabriel, dont le zèle, le talent et le dévouement à former l'enfance et la jeunesse sont appréciés de tous.
Nos nobles bienfaiteurs ont confié cette école à des religieux, parce qu'ils savaient parfaitement bien que la religion doit être placée au sommet de la vie. Faire de bons chrétiens sur la terre, et des saints dans le ciel, voilà le but qu'ils se sont proposé dans la création des deux écoles congréganistes dont leur grande générosité a doté la paroisse de Notre-Dame de Boufféré.
Je n'ai point le temps, et ce n'est point l'heure de raconter ici toutes les merveilles d'une inépuisable charité, il me faudrait dévoiler bien des mystères connus de Dieu seul. Qu'il me suffise de dire en ce moment, au nom de la religion, au nom de la paroisse de Notre-Dame de Boufféré, au nom de son pasteur : Honneur, reconnaissance à nos insignes bienfaiteurs pour avoir doté la paroisse de Notre-Dame de Boufféré d'écoles catholiques.
Honneur à vous, Monseigneur, qui sans cesse portez haut et ferme le drapeau des justes revendications, qui ne vous lassez point de sonner le ralliement des opprimés. En plaçant le christ dans les classes que vous venez de bénir, vous avez dit à tous : Oportet illum regnare. Oui, que le Christ, roi et vainqueur, règne sur l'enfance, sur la jeunesse, qu'il règne sur toute la paroisse, qu'il règne sur la France, notre glorieuse et bien-aimée patrie.
Fait au château du Hallay, le 24 novembre 1891."
                                       A, ARNAUD, curé de Boufféré.

 

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Notes et références

[1] Note de M. Dugast-Matifeux.

[2] Ce vocable était de date récente ; la chapelle, avant la Révolution, était dédiée à saint Sébastien.

[3] Il s'était marié en premières noces, le 22 novembre 1679, à demoiselle Madeleine-Marie Jousseaume, fille de Louis, chevalier, seigneur de la Bretesche, dont :

1° Anne-Madeleine, baptisée le 22 mars 1674, dans l'église de Boufféré. Parrain Louis Jousseaume, seigneur de la Bretesche et du Couboureau. Marraine, dame Anne Duchaffault de la Palinière. (Registres de Boufféré).
2° Marie-Madeleine, mariée à Philippe du Tréhant, seigneur du Hallay.

[4] Il avait épousé en premières noces, le 3 mai 1704, demoiselle Marie Baux de Saint-Mars-de-Coutais, dont plusieurs enfants :

28 novembre 1705.
- Baptême, en l'église de Boufféré, de Alexis-Augustin, fils de messire Alexis-Augustin Duchaffault, seigneur de Besné, et de dame Marie Boux. Parrain : Messire Claude Duchaffault, seigneur de la Sénardière, et marraine : demoiselle Marie Baudouin, dame Baux.
5 janvier 1707.
- Baptême de Julien Gabriel, fils de Alexis-Augustin Duchaffault, seigneur de Besné, et de dame Marie Baux, son épouse. Parrain : écuyer Julien Baux, seigneur de Saint-Mars-de-Coutais, et marraine : Gabrielle-Brigitte Descoubleaux de Sourdis, dame de Saint-Symphorien.
12 mai 1711.
- Baptême, en l'église de Boufféré, de René-Antoine, fils de messire Alexis-Augustin Duchaffault, chevalier, seigneur de la Sénardière, et de dame Marie Baux, aussi dame de la Sénardiére. Parrain : messire Gilles-Louis de la Roche-Saint-André, chevalier, seigneur des Gasnuchères, capitaine des vaisseaux du Roy ; marraine : dame Renée Boux, dame du Tréhant.
14 mars 1712.
- Sépulture, dans la chapelle de la Sénardière de cette église, le corps de messire Alexis Duchaffault, âgé de 6 ans 6 mois.
2 septembre 1713.
- Baptême de Marie-Durable Duchaffault, fille de messire Alexis-Augustin, chevalier, seigneur de la Sénardière, et de dame Marie Boux, dame de la Sénardière, née le 14 août précédent mois ; parrain, messire Séraphin Duchaffault, officier des vaisseaux du Roy ; marraine, dame Marie-Euphrasie Scolastique de Cornulier, épouse de René Boux, seigneur de Saint-Mars, conseiller au parlement de Bretagne.
Marie-Durable fut religieuse aux Coëts, près Nantes. Le Dictionnaire de Beauchet-Filleau la fait fille de demoiselle Robert de Lézardiére, seconde femme d'Alexis-Augustin Duchaffault.
27 novembre 1740. - Sépulture, dans la chapelle de la Sénardière gissante dans l'église paroissiale de Boufféré, de messire Alexis-Augustin Duchaffault, chevalier, seigneur de la Sénardière, décédé le jour précédent, âgé de 61 ans, en présence de messire Gabriel Duchaffault, son fils, et de messire Augustin du Tréhant, son neveu. (Registres de Boufféré.)

[5] 25 juillet 1771.

- Sépulture, dans la chapelle de Saint-Sébastien de la Sénardière, du corps de haut et puissant seigneur Julien-Gabriel Duchaffault, âgé d'environ 65 ans, décédé le 23 dudit mois, à 9 heures et demie du soir ; en présence de MM. Sylvestre Duchaffault, son fils aîné, de Chaon fils, de Beauregard, de la Moricière, ses gendres, de messire Louis-Charles Duchaffault, commandant de l'Ordre militaire de Saint-Louis, frère du défunt, et de MM. du Tréhant, Chabot, chevalier de Saint-Louis, de la Louerie, de Soulanges, chevalier de Saint-Louis, de MM. Marin, de Lécorce et quantité d'autres, de MM. les prêtres et curés qui ont assisté, Bonnin, chanoine, Lambert, vicaire de Saint-Georges. Payraudeau, curé de Saint-Nicolas de Montaigu, Jagueneau, sacriste de Saint-Maurice, Potel, curé de Montaigu, Gourraud, curé de la Garnache, Gaultier, curé de Treize-Septiers, F. du Barreau, gardien des Cordeliers de Clisson, Feuvre, doyen du chapitre de Montaigu, Bodin, curé de Boufféré, Guillemet, vicaire de Vieillevigne, Goupilleau, curé de Guyonnière, Burcier, vicaire de Saint-Hilaire-de-Loulay, Ferré, prêtre, Caillaud, curé de l'Herbergemenl, Joussemet, chanoine, sous-chantre. (Registres paroissiaux de Boufféré.)

[6] 29 août 1783.

- Sépulture en l'église de Boufféré de haute et puissante dame Marie-Anne de Grignon de Pouzauges, veuve en secondes noces de messire Julien-Gabriel Duchaffault, seigneur de la Sénardiére, conseiller au Parlement de Rennes, décédée d'hier au couvent des Dames religieuses de Montaigu, de l'ordre de Fontevrault ; en présence de M. Robineau de la Chauvinière, de la Roche-Saint-André, de M. Marin et autres gentilshommes.

[7] Cet enfant n'est pas mentionné dans la généalogie donnée par M. Beauchet-Filleau :

"26 novembre 1771. - Baptême, en l'église de Boufféré, d'Hercule-Antoine, né d'hier, du mariage de Sylvestre. Duchaffault, seigneur de la Sénardiére, baron de Rié, etc., et de Marie-Françoise-Renée Marin, dame de la Guignardière. Parrain, messire René-Antoine Duchaffault, commandeur de l'ordre de Malte ; marraine, dame Pulchérie du Tillaye."

[8] Note de M. Dugast-Matifeux.

[9] L'Etat du Poitou, sous Louis XIV, mentionne, à cette même époque, plusieurs membres de la famille Marin :

1667. - Jean Marin, seigneur de la Fételière,
           Claude, seigneur de la Cadussiére,
           Pierre, seigneur de la Motte,
           Jacquette Jamet, veuve Antoine Marin,
        maintenus nobles par sentence du 9 septembre 1667, portent: de gueules au lion d'argent, armé et lampassé de sable ; supports deux griffons.
Et aussi : Marin, Claude, seigneur de la Cadussiére, Antoine,  seigneur de la Hubardière, Pierre, seigneur de la Motte, Parmenas, seigneur de la Chasselandière.

[10] Charles Rouault, sieur de Landreau, près les Herbiers, commandant à Montaigu pour le Roi et la famille de la Trémouille.

[11] 1670 - Fut parrain à un baptême dans l'église de Boufféré, Nicolas Payneau, sieur du Fief, fils de maître Louis Payneau, sieur de la Pâtissière, et greffier de la baronnie de Montaigu.

[12] M. Dugast-Matifeux.

[13] Communication de M. Dugast-Matifeux.

[14] A Boufféré cinq clochers, quatre sans cloches.

 

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