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Montaigu-en-Vendée
patrimoine et histoire

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la "Chronique paroissiale de Saint-Hilaire-de-Loulay" (1895)

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

La "Chronique paroissiale de Saint-Hilaire-de-Loulay" fait partie d'un ensemble initié par Eugène Aillery (1806-1869) qui, devenu "prêtre habitué" (c’est-à-dire "prêtre retraité et résidant…") à Fontenay-le-Comte, se consacra à des recherches sur l’histoire religieuse du diocèse de Luçon. En 1860 il publia le Pouillé de l’évêché de Luçon (200 p.), et à sa mort il laissa un ensemble de manuscrits traitant de l’histoire des différentes paroisses du diocèse. Vingt ans plus tard, en 1889, l’évêché de Luçon décida de les actualiser de les faire paraître sous forme de cahiers mensuels d’une vingtaine de pages distribués à des abonnés, sous le titre de "Chroniques paroissiales". Jusqu’en 1895, les premiers cantons (ou "doyennés" dans la terminologie religieuse de l’époque) dont les "chroniques" ont été publiées, furent ceux de la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Essarts, Saint-Fulgent, les Herbiers et Mareuil, chacune de leurs paroisses y étant traitée en quelques pages. A partir de cette date, la prise en main de la publication par Pierre Pontdevie (1830-1893) puis par Hippolyte Boutin (1851-1901) leur donna plus d’ampleur, la part des textes dus à Eugène Aillery y devenant marginale, et leur contenu prenant un intérêt certain. Les "chroniques" des paroisses des cantons de Montaigu, de Mortagne et le début de celles du canton du Poiré (le Poiré, Aizenay, Beaufou), furent alors publiées. Puis, sous la direction de Julien Huet (1857-1925) et jusqu’en 1918, ce seront la fin de celles du canton du Poiré (Belleville, Saint-Denis, la Genétouze, les Lucs, Saligny), puis celles des cantons de Maillezais, de Rocheservière (celles de ce dernier rédigées essentiellement par Alain de Goué, 1879-1918) et de Fontenay-le-Comte. Après une interruption, la publication fut reprise, dans les années 1930, par Adolphe Poirier (1878-1957) pour le canton de Beauvoir, et elle se termina dans les années 1950 avec celles du canton de Pouzauges par Auguste Billaud. Soit 14 cantons sur les 30 que comptait la Vendée à cette époque, en plus des autres ébauches de "Chroniques" réalisées en son temps par Eugène Aillery pour la plupart des autres paroisses du diocèse de Luçon.

La "Chronique paroissiale de Saint-Hilaire-de-Loulay" a bénéficié des apports de Pierre Pontdevie. Elle est le résultat d’un important travail d’enquêtes, partant des faits, recourant systématiquement aux documents originaux, vérifiant et recoupant les sources… autant de garanties d'un sérieux que n'avaient pas eu jusqu'alors les "érudits locaux" de l'époque, tel le montacutain Dugast-Matifeux. Comme pour les autres "chroniques paroissiales", on y trouve un "État nominatif des curés (et vicaires) de la paroisse" dont la succession et les activités constituent a priori l’objet principal de chacune d’elles. S'y ajoutent des renseignements sur les anciens lieux nobles de Boufféré, et un long appendice sur la bénédiction des cloches de son église.


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La "Chronique paroissiale de Saint-Hilaire-de-Loulay" suit le plan suivant :

généralités
l'église
État nominatif des curés de la Boissière
anciens lieux nobles de Boufféré
      la Sénardière
      les Bouillères
      le Hallay
      la Louerie
      la Pâtissière
      l'Orvoire
      la Vilnière
      Girondor
      la Bretonnière
Bénédiction des cloches de N.-D. de Boufféré

 

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Bta Maria de hirco ferrato
(visite épiscopale, 1533).

Cure sous le même patronage que celle de Montaigu
(Pouillé 1648).

 

Généralités

 

 

Dans la notice que nous devons à l'obligeance du desservant de cette commune, on lisait ces lignes: "Il m'a été dit que le nom de Boufféré lui aurait été donné à l'occasion d'un bouc ferré, qui avait traversé le bourg dans le temps où on lui cherchait un nom : cette ét

 

 

 

Patron: Saint Hilaire, évêque de Poitiers. - 9 prêtres.

(Manuscrit de Luçon, 1533-34.)

Cure : L'abbé de Saint - Jouin-de-Marne présente ; l'évêque confère (1648).

Ecclesia sancti Hilarii de Loulayo ; abbas Santi Jovini, debet 20 de byssexto et 8 de luminare.

Cure de Saint-Hilaire-de-Loulay : L'abbé de Saint-Jouin, 900 livres, 606 liv. (800 livr.) ; 1,100 communions.
Chapelle de Saint-Lazare : L'abbé de Saint-Jouin, 60 livres, 1 messe.

Chapelle de la Cantinière : Le seigneur de cette maison, 40 livres, 1 messe.

Fabrique : Oblations. (Pouillé de Dom Fonteneau, XVIIIe siècle.)

AILLERY.

En 1126, Saint-Hilaire relevait de l'abbaye de Montierneuf, à Poitiers, ainsi qu'en fait foi une charte de cette époque par laquelle Guillaume, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers, dans une visite qu'il fait à Montierneuf, confirme à cette abbaye les biens précédemment concédés par son père et son grand-père, entre autre : "Revestituram de Exartis et medietatem de Lolayo et terrarum illi pertinentium et cymiterium ecclesiæ."

(Biblioth. nat. F. lat.. 17, 147, fol. 45.)

ù

La paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay a trouvé son historien dans l'un des plus distingués de ses enfants, M. l'abbé Léo Guichet, ancien supérieur de l'Institution Sainte-Marie de la Roche-sur-Yon, actuellement curé de Tiffauges. C'est lui qui a bien voulu se charger de compiler et de rédiger les notes et documents variés dont est composée cette Chronique. Qu'il nous permette de lui offrir ici même nos plus sincères remerciements en notre nom et au nom de nos lecteurs,                      Hte B.

La paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay tire son nom de saint Hilaire, évêque de Poitiers, son patron titulaire, et du petit ruisseau appelé Loulay, qui prend sa source au bas du bourg et va se jeter dans la rivière de la Maine près de la chaussée de l'Ecornerie. Dans les chartes rapportées par le Gallia christiana, on trouve cette paroisse sous le nom de Sanctus-Hilarius-Lolaïcus, et même de Lolaïco (Aillery).

Assez régulière dans son ensemble et ayant son chef-lieu à peu près au centre, elle est bornée au sud par la ville de Montaigu, les paroisses de la Guyonnière et de Boufféré ; à l'ouest par Vieillevigne et Remouille ; au nord par Saint-Hilaire-du-Bois, ces trois dernières paroisses faisant partie du diocèse de Nantes ; à l'est par la Bernardière et Treize-Septiers.

D'une contenance actuelle de quatre mille hectares environ, elle étendait encore, au commencement de ce siècle, ses limites jusqu'aux fossés de la ville de Montaigu.

Sur les fossés de la ville de Montaigu il y a plusieurs maisons qui dépendent de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, ainsi que le village des Rochettes, qui était autrefois, de même que la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, Marches franches de Poitou et de Bretagne.

Plusieurs fois, depuis trente ans, la ville de Montaigu avait essayé de s'annexer le Petit-Saint-Hilaire et la portion de commune où l'on a construit la gare. C'est en 1891 qu'elle a pu réussir, agrandissant son territoire de 30 hectares et augmentant sa population de 80 habitants.

Arrosée par plusieurs ruisseaux qui la traversent ou la limitent : le Loulay, le Riaillé, le Blaison, la Preuille, et par la belle rivière de la Maine[1], qui la fertilise dans un parcours de huit kilomètres, cette paroisse offre des aspects assez pittoresques.

De Montaigu à RemouiIlé, la Maine aux eaux profondes coule entre deux rives ombreuses, le plus souvent entre des rochers escarpés d'où pendent des lianes, des broussailles, des branches de vergnes.

Dans ce parcours, la rivière, il y a cinquante ans, était coupée et rendue guéable par le pont de Senard, et par les grandes chaussées de l'Ecornerie et de Heudin, où l'eau fait tourner deux moulins, et par plusieurs chaussées, sortes de barrages en pierres disjointes, jetées de çà et là, où il faut avoir le pied sûr pour s'aventurer par les soirs d'hiver, alors que les pierres sont à moitié recouvertes par l'eau.

Il y a longtemps que sur cette portion de la Maine on a établi des moulins à eau.

"On voit, dans un aveu du 22 avril 1504, dit M. Dugast-Matifeux, que nous aurons l'occasion de citer plus d'une fois, aveu rendu à la baronnie de Montaigu par Bertrand de Saint-Hilaire, écuyer, Seigneur de l'Ecornerie et de la Bougonnière, cette singulière redevance féodale sur les meuniers de la Maine... "Ai droit d'avoir et de recevoir sur tous et chacun ceux qui afferment nouvellement moulins en la rivière de la Mayne, sçavoir, dès le moulin de pont Boisseau, près Saint-Georges-de-Montaigu, icelui enclos, jusqu'au pont de Remouillé, un manger ou disner sur lesdicts nouveaux mosniers et sus chacun d'eux, lequel manger ou disner je fais assavoir auxdits mosniers, en les requérant d'icelui payer, et, à ce, leur assigne journée. Et si lesdits mosniers en sont refusans et contrevenans de le payer, je peux aller prendre le fer de la meule et les marteaux dudit moulin ou moulins, la monture, asne ou beste du dit mosnier ou mosniers, et les tenir jusqu'à ce qu'ils aient fait le devoir dudit manger ou disner. Et dois faire crier le disner, par le servent de la cour pour mond. seigneur, ès quatre carrefours de ladite ville ; et doivent, avec lui, disner tous les mosniers de la rivière de la Mayne, au dedans dudit enclos ; et dois avoir de chacun mosnier, qui paie ledit disner, cinq sols et une paire de gants, à l'issue du disner. Et doit avoir mon cheval un quarteau d'avoine, et mon levrier et chien du pain, par ledit mosnier, lequel devoir peut bien valoir, an par autre, six sols de rente ou environ."

Comme affluents de la rive droite de la Maine qui traversent le territoire de Saint-Hilaire, nous avons déjà cité le Riaillé. qui se jette dans la rivière au Moulin-Gros, le Loulay, la Preuille, qui n'est qu'un petit ruisselet tombant dans la Maine, au moulin des Ecomards, et servant de limite aux deux départements de la Vendée et de la Loire-Inférieure.

Un seul affluent de la rive gauche, le Blaison, qui lui aussi est la limite entre Vieillevigne (Loire-Inférieure) et la Vendée vient se perdre dans la Maine, au-dessous de la Mussetière.

A ce petit cours d'eau assez faible se rattache un souvenir historique curieux.

"C'est au passage dangereux dit la Guérinière, établi sur ce ruisseau, presqu'en face de la Négrie, en Saint-Hilaire, que fut surpris, défait et tué dans sa déroute, en 844, Bégon, duc d'Aquitaine et comte du Poitou, gendre de l'empereur Louis-le-Débonnaire, qui revenait victorieux, mais sans précaution, du pays d'Herbauges." (Dugast-Matifeux.)

Le texte qui mentionne ces évènements est si précieux, que nous n'hésitons pas à le transcrire ici.

"Post cujus reditum, Gunferius, advocatis sociis suis Rainario et Girardo sibi in auxilium, furtive equitans consecutus illum juxta vada Blesonis fluminis transseuntem. Et cum media jam pars militum vada transierat incurrit Gunferius, cum impetu magno, super ultimam aciem et, plurimis in illo certamine interfectis, fugavit omnes alios. Inter quos Bego, dux aquitanorum, fugientes cecidit interfectus ; cujus corpus sepultum est apud Durinum, Theophalgiæ vicum."

(Chronique de Nantes, dans les preuves de l'histoire de Bretagne, par dom Lobineau ou dom Morice.)

Gontier ou Gunfroy avait le gouvernement du pays d'Herbauges, Raynier ou Ramarius, celui de Mauges, et Gérard celui de Tiffauges.

Ces trois guerriers avaient reçu leurs domaines du comte Lambert, de Nantes, "qui les leur bailla à tenir de luy en fief et par héritage[2]".

Ce fut précisément pour chasser ces voisins hardis établis sur les frontières de son duché d'Aquitaine, que Bégon envahit le pays d'Herbauges,

Mal lui en prit, comme nous venons de le voir, et cette expédition eut pour lui une issue tragique.

Le Blaison se jette dans la Maine à la Mussetière ; un peu en amont on traverse la rivière sur le pont de Senard, un des monuments les plus curieux de l'architecture du XIIe siècle.

Ce pont, qui enjambe la rivière sur trois arches inégales[3], en forme d'ogive, paraît contemporain de celui de Saint-Nicolas, à Montaigu.

Il est probable, dit Dugast-Matifeux, qu'il fut l'œuvre des feudataires de la baronnie de Montaigu, riverains de la Maine, principalement intéressés à sa construction.

Comme le pont Saint-Nicolas, le pont de Senard a été construit près d'un gué où les habitant.; avaient auparavant établi une chaussée et des moulins.

La construction de ce pont fut évidemment très difficultueuse, bien qu'il y eût à pied d'œuvre une belle carrière de pierres schisteuses ; et comme dans tous les beaux ouvrages du moyen-âge, où le génie humain paraissait s'être surpassé, l'imagination populaire fit intervenir le surnaturel et créa la légende du pont de Senard.

D'après cette légende plus ou moins altérée, l'entrepreneur chargé de l'ouvrage appela le diable à son aide ; celui-ci, ayant mis pour condition qu'il aurait l'âme du malheureux, le pont s'éleva comme par enchantement. L'entrepreneur, effrayé de son infernal marché, eut recours à la Sainte Vierge, qui débouta le démon de ses prétentions. Celui-ci, furieux, jura que le pont ne serait jamais achevé ; et depuis ce jour, dit-on, il y manque toujours quelques pierres.

Un autre pont a été construit sur la Maine, il y a quelque trente ans, un peu en amont du moulin de l'Ecornerie, et met en communication Saint-Hilaire, Boufféré et Vieillevigne, par la route qui part du bourg pour rejoindre celle de Montaigu à Vieillevigne.

Du côté nord de la paroisse, s'étendent de petites collines qui rendent cette partie de Saint-Hilaire, assez pittoresque ; des hauteurs du Butais, le regard aperçoit, dans un horizon très vaste, les départements de la Loire-Inférieure, de Maine-et-Loire, et là-bas, très loin, perdue dans le brouillard ensoleillé, la chaîne des Alouettes.

Entre Saint-Hilaire et Remouillé, sur la route qui est la grande voie de communication de Bordeaux à Saint-Malo, à environ trois kilomètres du bourg, s'étendent des landes très vastes, appelées Landes de Roussay, qui, autrefois, ont appartenu à la famille de Juigné, les derniers seigneurs de Montaigu, et qui maintenant sont pour la commune de Saint-Hilaire une source de revenus et une des causes de sa prospérité.

MONUMENTS CELTIQUES

Saint-Hilaire-de-Loulay a deux menhirs aux abords du Riaillé, un des affluents de la Maine : le premier, qui ne bouge pas plus qu'une borne, est auprès de la Blaniere[4], et le second, qui sort de son immobilité pour virer à midi, est près du Petit-Rorthais.

Cette commune a aussi son champ de la Garne. (Abbé F. Baudry. - Annuaire de la Société d'Emulation, année 1872, p. 134.)

                  


La paroisse de Saint-Hilaire est une de celles qui possèdent le plus d'anciennes maisons nobles : écrire l'histoire de ces maisons ce serait faire revivre la vie de cette paroisse dans le passé, et ce nous serait un vrai charme ; malheureusement les éléments nous font défaut et il nous faudra nous contenter d'une nomenclature de noms, travail assez aride et nécessairement incomplet.

LA LANDE

Le château de la Lande, actuellement habité par Mme la comtesse de Cornulier, veuve de M le comte de Cornulier, ancien sénateur de la Vendée, et par son fils M. le comte Louis de Cornulier, conseiller général de la Vendée, est, depuis plusieurs siècles, la propriété de la même famille, la famille Buor. D'où son nom La Lande-Buor, qui est devenu simplement la Lande, depuis que, par alliance, cette maison appartient il la famille de Cornulier.

Dès le XIVe siècle, nous voyons la famille Buor à la Lande.

Nous trouvons dans les Archives historiques du Poitou[5] un récit curieux d'une rixe, à la fin du XIVe siècle (décembre 1395), et qui a sa place ici. Ce sont deux fermiers de Jean Buor, écuyer, seigneur de la Lande, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, Maurice et Colin Bertin, qui obtiennent du roi Charles VI des lettres de rémission pour un meurtre, qu'ils ont commis sur Jean Godet du Pin. Ce dernier leur avait cherché querelle, en leur contestant le droit de pâturage dans un pré qui leur était commun et en se saisissant de leurs bœufs[6].

Voici cette pièce intéressante :

Charles etc. savoir faisons à tous présens et avenir à nous avoir esté exposé de la partie des amis charnels de Maurice et Colin Bertins, frères, povres laboureurs de terres, jeunes hommes. C'est assavoir ledit Maurice de l'aage de vint ans et ledit Colin de l'aage de quinze ans ou environ, que comme les diz Bertins et leur mère, et aussi Jehan Bertin, leurs frères et suers, demeurans ensemble, eussent pris jusques à certain temps de Jehan Buor, escuier, ses gaigneries et terres appellées la Lande, à les labourer à moitié et parmi tous les pasturages et autres choses, que laboureux doivent et ont acoustumé d'avoir selon la coustume du païs, et il soit ainsi que le vendredi après la Sainte-Croix, en septembre derrenièrement passée ou environ, ledit Colin et un autre sien, petit frère eussent menez leurs buefs pasturager à l'eure acoustumée ou (au) dit païs, en certain pré que l'en dit estre commun entre Jehan Buor, à cause de sa dicte gaignerie et terres de la Lande, et feu Jehan Godet du Pin, de la parroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, en la chastellenie de Montagu, pour ce qu'il y avait beau pasturage et que leurs buefs avoient esté grandement travaillez.

Et quand ils jurent audit pré, ils trouvèrent le filz du filz dudit feu Godet, lequel dist audit Colin et à son dit frère qu'ils faisaient mal de mettre leurs buefs pasturager audit pré, et le dit Colin lui respondi qu'il les y povaient bien mettre paistre, car ses gens avoient fauché la part audit pré audit Jehan Buor, leur maistre, et de son commandement, et par ce ilz devoient pasturager par commun.

Et tantôt après ce, ledit filz dudit filz dudit feu Godet se départit dudit pré, en disant qu'il feroit bien tant qu'ilz ne pastureroient point audit pré.

Et incontinent après, environ pour recoussé, ledit feu Jean Godet, accompaigné de trois ses enfans, garnis ; c'est assavoir ledit feu Jehan Godet d'un baston ou bourdon ferré, Jehan son filz d'un autre baston ferré appellé au dit païs un picouil de faux, et ses autres enfants, chacun d'un baston non ferré, se transportèrent ou dit pré et là trouvèrent ledit Colin et son dit petit frère, gardans leurs buefs par la manière que dit est ; et incontinent ledit feu Jehan Godet se adreça vers ledit petit frère dudit Colin Bertin, en criant hautement : "Hé ! Hé ! larrons, est-il à vous de mettre vos buefs pasturager en mon pré ?" Et de fait, ledit feu Godet fery de son baston ferré ledit petit frère dudit Colin Bertin, tant qu'il lui cousit la robe en terre, et tantost ledit feu Godet, non content de ce, fist assembler par ses dis enfans les diz buefs des diz Bertins, pour les envoyer en sa maison ; et lors ledit petit frère dudit Colin Bertin s'en fuy à leur hostel, et dist audit Maurice Bertin, son frère, que ledit feu Godet et ses enfants emmenoient leurs buefs. Le quel Maurice Bertin se parti de leur dit hostel pour aler veoir que c'estoit, en alant vers ledit pré, encontra en un chemin, par lequel l'en va audit lieu de la Lande, ledit feu Godet et ses enfans qui emmenoient en leur maison lesdits buefs dudit Maurice et de sesdits frères, aus quelx ledit Maurice Bertin dist que c'estoit mal fait d'emmener leurs buefs et qu'ilz s'en voulsissent deporter Ies quelz n'en vouldrent rien faire, mais vouldrent amener de fait les diz buefs. Et lors ledit Maurice Bertin, courcié de ce que dit est, retourna d'un baston qu'il avait les dis buefs de lui, et sa dicte mère, frère et suers vers leur hostel, et empêcha que ledit feu Godet et ses diz enfants ne les amenassent en leur dit hostel, Sur quoy se meut grant debat et grant noise de paroles entre ledit Maurice et autres dessus nommez ; au quel debat vindrent la .femme dudit feu Godet et la femme de son fils, garnis de bastons, Et lors ledit fils dudit feu Godet frappa ledit Maurice Bertin parmi les espaules de son dit baston ferré ; le quel Maurice lui dist qu'il faisoit mal de le frapper et que il se souffrist et deportast de plus le frapper, le quel n'en voult riens faire, mais s'efforça plus fort que devant de le frapper. Et lors ledit Maurice Bertin s'approcha dudit fils du feu Godet et se prist au baston qu'il tenait, pour garder qu'il ne le frappast plus ; le quel filz dudit feu Godet veant qu'il ne se povoit plus aider de son baston, se prist au corps dudit Maurice et aussi ledit Maurice au corps dudit filz dudit feu Godet, et s'entrelutèrent et frappèrent de poings et de mains seulement par certains temps, sanz eulz blecier autrement. Et quand ledit feu Godet, qui venait le derrenier, apperceut que son dit fils et ledit Maurice s'entretenoient et combatoient ensemble, il s'approcha dudit Maurice et le frappa par derrière de son baston ou bourdon ferré, et lui en donna plusieurs coups ; et aussi firent les dictes femmes, et en ce conflit ledit Colin qui venoit tout le derrenier, veant la perpecité où son dit frère estoit, meu d'amour naturelle, affuy à tout un baston que les bouviers et pastourreaux portent communément, nommé reboule ou païs, et d'icelui baston fery chaudement deux cops par la teste ledit feu Godet qu'il encontra le premier, le quel après ce fu emporté en sa maison par les voisins et autres qui la survindrent et estoient, et le lendemain ala de vie en trespassement. Pour occasion du quel fait les dis Maurice et Colin Bertin ont esté prins par la justice du lieu et mis en prison en basse fosse, où ilz ont esté et encores sont détenus par l'espasse de deux mois et plus ; et pour ce les dis Maurice et Colin Bertin, doubtans rigueur de justice, nous ont humblement fait suplier par leurs diz amis charnels que, comme tout le temps passé ils aient esté gens paisibles, de bonne vie et renommé, non suspects, convaincuz ne actains d'aucun autre villain cas ou reprouche, et par contraire ledit feu Jehan Godet estoit un homme rixeux et noiseux, et qui avait eu en sa vie plusieurs débas et noises à ses voisins, et que aussi ledit fait fut fait par jeunesse, de chaude cole et en défendant par ledit Colin, ledit Maurice son père, Nous leurs vueillons sur ce impartir nostre grace et miséricorde, Nous adecestes voulons miséricorde estre préférée en ceste partie a rigueur de justice aus dis Maurice et Colin Bertin, frères, ou cas dessus dit etc. Avons quicté remis et pardonné etc. Si donnons en mandement du bailli de Touraine et des ressors et exempcions d'Anjou, du Maine et de Poitou, au gouverneur de la Rochelle et tous nos autres justiciers etc. Donné à Paris, au mois de décembre l'an de grace mil CCCIIIIxx XV et le XVIe de notre règne.

Par le roi à la relacion du Conseil.

J. HUE.     

Le 6 juillet 1545, Pierre Buor, écuyer, seigneur de la Lande, épouse une Dlle Anne Lingier.

Le contrat est signé Frappier et Mogier, notaires.

De ce mariage naquit Baptiste Buor, qui se marie, en 1582, avec Dlle Olympe de Lespinay.

Dans ce contrat de mariage, signé Pichon et Templier, notaires, Baptiste Buor prend le titre de seigneur du Pin ; ce qui ferait croire que son père vivait encore.

C'est probablement son père, Pierre Buor qui, en 1607, à l'occasion du nouvel an, profite des entes d'un poirier cultivé dans son jardin pour se ramentevoir dans les bonnes grâces du premier secrétaire de Mme de la Tremouille, mais aussi pour rappeler sa demande d'une place de page pour son petit-fils. Voici ce qu'il écrivait :

       "A Monsieur du Monceau, à Thouars.

Monsieur, si je n'avais rencontré cette occasion par le seigneur Bretet, j'aurais envoyé exprès vous porter les entes de Hiéric, que vous avois promises, que vous supplie recevoir aussi agréablement que de bon cœur vous les présente, désirant que dans peu de temps en mangiez du fruit : lequel pour avancer ai choisi des plus grosses, qui même avaient des poires cette année. Qui me fait espérer que bientôt elles vous en produiront qui ne seront de moins bon goût qu'aucune autre que vous ayez mangée. En attendant qu'elles changent, je m'oblige, aux saisons, vous en déporter de celles de céans, dont j'espère en l'avenir avoir bon nombre, et par ce me ramentevoir en vos bonnes grâces, où je désire faire demeure avec affection d'être cru, Monsieur, votre plus affectionné à vous faire service.

La Lande-Buor.  

A la Lande, ce 1er jour de l'an 1607."

"Monsieur, je vous supplie avoir mémoire de mon petit-fils, à ce qu'il puisse être reçu au service de Mgr de la Tremouille et d'en conférer avec M. du Plessis (gouverneur de Henri de la Tremouille), auquel je suis serviteur.

Je ne vous envoie que trois entes, parce que n'en ai pu trouver de commodes pour transporter que celles-là. J'en ferai enter cette année d'autres."

Ce doit être ce petit-fils, Charles Buor, qui se maria, en 1631, avec Dlle Anne Garipaud, dont Charles Colbert parle dans ses Mémoires du Poitou.

"Le sieur de la Lande-Buor, gentilhomme d'ancien nom et d'ancienne noblesse, réside ordinaire-ment à la Lande-Buor, près Montaigu. Il est de la religion prétendue reformée, a beaucoup de crédit parmi la noblesse, est estimé riche de huit à dix mille livres de rente."[7]

Nous ne savons à quelle époque cette famille avait embrassé la religion protestante, ainsi que plusieurs autres de Saint-Hilaire, comme nous le constaterons pour les Gastynaire de la Preuille.

En 1631 (24 juillet), mariage de Charles Buor et seigneur de la Lande avec Dlle Anne Garipaud.

Anne Garipaud, restée veuve, fait un contrat de partage, comme tutrice de ses enfants, avec son beau-frère, Hélie Buor, seigneur de la Négrie, et sa belle-sœur, Jacqueline Buor.

Cet Hélie Buor, qualifié ici seigneur de la Négrie, portait : "d'argent à trois crousilles de gueules, ait franc canton élevé d'azur"

En 1667 (le 23 août, le 24 septembre), nous trouvons comme maintenus nobles : René Buor, seigneur de la Godelière ; Dlle Élisabeth Buor, sa sœur ; Gabriel Buor, seigneur de la Lande ; Elie Buor, seigneur de Negrier (lisez Négrie) ; Elie Buor, seigneur de Villeneuve ; Alexandre Buor et ses enfants. (Archives hist. Poitou.)

12 septembre 1672. - Contrat de mariage entre Isaac Buor, chevalier, seigneur de la Davièrc, avec Dlle Madeleine de Rorthays, par lequel il paraît qu'il est fils de Charles ci-dessus et d'Anne Garipaud. Signé : Payneau, nre.

1698 (30 septembre). - Contrat de mariage d'Abraham Buor avec Dlle Anne-Charlotte Baudouin, par lequel il paraît qu'il est fils d'Isaac ci-dessus, et de Madeleine de Rorthays. Signé : Thoumasseau et Hersant.

Cet Abraham est celui qui produisit les pièces ci-dessus pour justifier de sa noblesse, en 1715. Il est maintenu comme noble et écuyer.

L'ordonnance est signée de Richebourg.

Il est curieux de constater l'introduction des termes hébreux dans ces deux générations de Buor. Charles Buor, dont le frère s'appelle Hélie, qui nomme son fils aîné Gabriel, un autre de ses fils Isaac. Cet Isaac Buor, chevalier, seigneur de la Davière, nommera à son tour son fils Abraham.

Gabriel Buor que nous venons de voir dans sa maintenue de noblesse en 1667, devait être le père de Gabriel Buor, que nous trouvons mentionné dans les registres de la paroisse, à l'année 1707, et qui, par son mariage avec Dlle Marie-Anne Descoubleau de Sourdis, amena à la Lande cette famille qui a joué un rôle important dans l'histoire.

Marie-Anne Descoubleau de Sourdis était nièce de Gabrielle-Brigitte Descoubleau de Sourdis, mariée à Gilles de la Roche-Saint-André en 1653, et dont la sœur aînée s'unit à un des Herbiers l'Etanduère... Ces deux dernières étaient nièces du cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui avait eu le ministère de la marine sous Richelieu.

Marie-Anne Descoubleau de Sourdis était fille de René Escoubleau de Sourdis, capitaine des vaisseaux du roi, alors simplement entretenu dans la marine, beau-frère du célèbre chef d'escadre Gilles de la Roche-Saint-André (Dugast-Matifeux).

C'est aux registres de la paroisse que désormais nous aurons surtout recours.

En 1707, le 29 novembre, a lieu l'ondoiement de Alisèle, Victoire-Gabriel-Jacques, né le 17 du même mois, fils de messire Gabriel Buor, chevalier seigneur de la Lande, et de dame Marie-Anne Descoubleau de Sourdis. Le parrain a été messire Jacques-Hiacinthe, chevalier Descoubleau de Sourdis, et la marraine, dame Françoise Chenu de la Preuille.

Le 24 septembre 1714, sépulture de dame Marie-Anne Descoubleau de Sourdis, âgée de 40 ans.

Le 13 juillet 1715, baptême de Jacques, fils de Jacques-Hiacinthe Descoubleau de Sourdis, et de dame Marie de la Brunetière. Le parrain a été messire Jean de Chauvigné, écuyer, chevalier seigneur de la...                         La marraine a été Louise Jousbert de la Didrays.

Le 20 septembre 1716, baptême de Marie-Madelaine, née le 17 du même mois, de messire Jacques- Hiacinthe Descoubleau, comte de Sourdis, et de dame Marie de la Brunetière de Gété. Le parrain a été Michel Boutin, sieur de la Moussandière, capitaine au régiment de la Marche ; la marraine, Dlle Marie- Madelaine Tiériot.

Le 2 février 1718, du même mariage, baptême de René-Pierre ; le parrain a été messire Paul-François-Hiacinthe Descoubleau, écuyer, seigneur Descoubleau, et comte de Sourdis ; la marraine, Dlle Pairrine-Madelaine de la Roche Saint-André.

Le 30 mars 1718, Dlle Julie, mariée à Éléonard Descoubleau de Sourdis, est marraine.

Le 3 octobre, même année, messire Gabriel-Isaac Buor, écuyer et seigneur de la Lande, est parrain.

Le 20 avril 1719, baptême de Marie-Anne, fille de messire Jacques-Hiacinthe Descoubleau, comte de Sourdis, et de dame Marie de la Brunetière de Gèté. Le parrain a été messire Julien-Gabriel Duchaffaltlt, haut et puissant-seigneur de la Sénardière ; la marraine, Dlle Julie Descoubleau de Sourdis.

Sépulture de Marie-Anne Descoubleau de Sourdis, âgée de 8 jours.

1720. - Sépulture de Marie-Julie Descoubleau de Sourdis, âgée de 7 ans.

1720, 3 septembre. - Sépulture de Pierre Descoubleau de Sourdis, âgé de 3 ans.

1720, 2 juin. - Mariage de Gabriel-Jacques Buor avec Gabrielle-Honorée Badreau.

1722, 11 mai. - Messire Eléazard Buor, chevalier de la Lande, est parrain.

1724, 6 juillet. - Supplément des cérémonies du baptême de Marie-Anne-Marthe Descoubleau, ondoyée à la maison, le 11 mars 1721, fille de messire Jacques-Hiacinthe Descoubleau, haut et puissant seigneur et comte de Sourdis, et de dame Marie de la Brunetière ; le parrain a été messire François-Martial Jousbert, seigneur du Rorthais, et la marraine, Dlle Marthe-Marie des Boullières.

1731, 7 juin. - Dlle Marie-Pélagie Descoubleau de Sourdis est marraine.

1731, Juin. - Sépulture de messire Gabriel Buor de la Lande, âgé de 70 ans.

1732, 5 novembre. - Sépulture de messire César-Éléazard Buor de la Lande, âgé de 65 ans.

1735, 30 juin. - Messire Paul Buor est parrain. Dlle Marie-Aimée Buor est marraine.

1740, 17 janvier. - Pierre Buor de la Lande est parrain.

1740. - Sépulture de messire Esprit-Charles Buor de la Lande, âgé de 7 ans.

1749, 23 mars. - Baptême de Gabrielle-Félicité, fille de messire Jacques-Honoré Buor, seigneur de la Lande, et de dame Charlotte-Augustine Badreau de la Salvinière.

1752, 28 août. - Baptême de Augustin-César, fils des précédents ; parrain, messire Séraphin Duchaffault, chevalier, seigneur de la Forêt, capitaine des vaisseaux du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ; la marraine, Victoire Buor.

1754, 9 mars. - Baptême de Henry-Philippe, fils des précédents. Parrain, messire Philippe Gorrin, seigneur de Pousay ; marraine, Dlle Henriette Félicité de la Roche Saint-André.

1777. 5 novembre. - Mariage de messire Charles-Alexis de l'Espinay avec Dlle Gabrielle-Félicité de Buor.

1781, 10 avril. - Sépulture dans la chapelle de Saint-Jean, de l'Église, de messire César-Honoré Buor, seigneur de la Lande, époux de Dlle Charlotte-Augustine Badreau.

1788, 3 août. - Baptême de Dlle Augustine-Anne, fille de messire Augustin-César-Honoré Buor, chevalier seigneur de la Lande et de la Négrie, ancien officier au régiment de royal-étranger cavalerie, et de dame Anne-Marguerite Angevin de la Maillardière. Le parrain a été messire René Angevin de la Maillardière, conseiller du roi, auditeur honoraire de la chambre des comptes de Bretagne, ayeul de l'enfant ; la marraine, dame Augustine-Charlotte Badreau, veuve de messire Jacques-Honoré Buor, grand'mère de l'enfant.

Pendant la révolution, le château de la Lande fut incendié : il était trop près de Montaigu, où se livrèrent successivement plusieurs combats pour échapper au pillage ; cependant il demeura toujours la propriété de la famille Buor, car il ne fut pas, comme la Preuille et le Bois-Corbeau, vendu aux acquéreurs de biens nationaux.

Ce qui nous montre que son propriétaire n'avait pas émigré.

Il est probable même qu'il l'habitait au commencement de la guerre : voici ce que nous lisons dans une lettre de Goupilleau, de Montaigu, datée de Fontenay, 24 avril 1793, à son frère réfugié à Nantes.

"Suivant le rapport d'un canonnier fait prisonnier à la Châtaigneraie, et que j'ai interrogé ici, il paraît qu'il passait à Montaigu, le 11 mars, pour aller s'embarquer à Rochefort, et que le district l'arrêta pour servir les canons qu'ils avaient ; que se défendant vaillamment au château, où ils s'étaient réfugiés, ils reçurent une lettre apportée par un domestique de la Lande-Buor, qui les invitait à se rendre, avec promesse de ne leur faire aucun mal ; que, cédant à cette invitation, ils furent aussitôt déshabillés et fusillés ; que les insurgés gardèrent le canonnier malgré lui, pour servir le canon dont il n'a point fait mauvais usage ; que c'était la Roche Saint-André, maire, qui commandait les rebelles à Montaigu ; que Royrand la Roussière les commandait à Saint-Fulgent, que Lusson, aubergiste, était capitaine, et son frère, ancien vicaire de Saint-Georges, était l'aumônier de leur infernale armée ; Bougrand, régent du Poiré-sous-Ia-Roche, mon locataire, y était aussi capitaine".

(Lettre de Goupilleau, de Montaigu, datée de Fontenay, 24 avril 1793, à son frère, réfugié à Nantes.)

M. Dugast-Matifeux, qui cite cet extrait, donne à la même page quelques lignes d'une autre lettre d'un royaliste.

Ce dernier témoignage nous paraît contredire formellement le oui-dire de Goupilleau.

"Je vous dirai, écrit ce commandant de paroisse, que les patriotes de Montaigu s'étaient renfermés dans le château pour se défendre, avec deux canons, et qu'ils ont beaucoup tué. Nos troupes l'ont pris d'assaut, et ont tué quarante-quatre hommes."

Pierre Benesteau, commandant.    

Le fait suivant, cité par M. de Béjarry, dans les Souvenirs Vendéens, montre assez que les habitants de Saint-Hilaire, comme les autres Vendéens, ne demandaient qu'une chose, à vivre en paix, ayant avec eux leurs prêtres fidèles.

Il importe de faire remarquer que ces faits se passent du 10 au 13 mars 1793, et qu'ils marquent le début de l'insurrection, dans les environs de Montaigu.

LE CURÉ DE SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY

"Une douzaine de prêtres avaient été arrêtés et incarcérés dans le château de Montaigu dont on avait fait une prison et que les habitants de Saint-Fulgent avaient forcé une première fois pour reprendre leur curé. Parmi les nouveaux prisonniers se trouvaient le cure de Saint-Hilaire-de-Loulay et ceux de plusieurs paroisses voisines."

"Se souvenant de ce qui s'était passe, quelques mois auparavant, des habitants de la paroisse, métayers ou autres, désolés de ne pouvoir aller à la messe, se réunirent, sans armes, pour aller à Montaigu réclamer leur curé. L'un d'eux, vieillard respectable, portait dans ses bras une statue de saint Hilaire, leur patron. Ils s'acheminèrent ainsi vers le chef-lieu du district et furent admis auprès du procureur syndic qui les reçut fort mal.

"Eh ! mon bon monsieur citoyen, répéta plusieurs fois le chef de l'ambassade, rendez-nous nos prêtres ! Nous vivons sans religion ; nos enfants ne reçoivent plus aucune instruction... que deviendrons-nous ? que deviendront-ils ?...

- Retirez-vous, insensés fanatiques !"

C'est tout ce que ces braves gens purent obtenir.

- "Eh bien ! dirent-ils, la volonté de Dieu soit faite ! si de grands malheurs arrivent, vous en serez seul cause !"

Quelques jours après, le 13 mars, ils se levèrent en masse et vinrent de nouveau réclamer leurs pasteurs.

Quelques soldats, la garde nationale de Montaigu et les membres du district s'étaient barricadés dans le château. Sommation faite, les paysans enfoncent les portes, tuent tous les membres du district, excepté un, délivrent les prêtres et brûlent les papiers..."

Après la Révolution, le château de la Lande était encore la propriété de la famille de Buor. mais ce n'était qu'une ruine.

Le propriétaire, M. de Buor, avait une nièce, Mlle Adélaïde de l'Espinay, de Bois-de-Cené, née en 1789, fille de messire Charles-Alexis, laquelle s'était mariée avec son cousin-germain Louis de l'Espinay de la Boulogne. De ce mariage, le 13 juillet 1807, naquit un fils, Louis-Charles de l'Espinay, lequel mourut sans être marié, le 10 septembre 1841.

Devenue veuve de son mari Louis de l'Espinay, Mme Adélaïde se maria en secondes noces avec M. le comte Louis de Cornulier, de Caraterie, commune de Paulx (Loire-Inférieure).

Comme Mme la comtesse Louis de Cornulier était de droit héritière du château de la Lande, du chef de son oncle de Buor, celui-ci proposa à son neveu et à sa nièce de restaurer le château et de l'habiter, ce qui fut accepté vers 1815.

De cette nouvelle alliance naquirent M. le comte Auguste de Cornulier, Mlle Adèle de Cornulier, M. le vicomte Henri de Cornulier, et Mlle Marie de Cornulier.

M. le comte Auguste de Cornulier s'unit en mariage avec Dlle Caroline Grimouard de Saint-Laurent.

Tout le monde connaît les éminentes qualités et les signalés services de M. de Cornulier, et la paroisse de Saint-Hilaire lui doit une profonde reconnaissance pour le bien qu'il n'a cessé de faire autour de lui. Les pauvres n'ont pas oublié sa générosité, et ceux qui ont eu besoin d'un bon conseil, ont toujours trouvé chez lui une sagesse éclairée par une longue expérience. Aussi, ceux qui l'ont connu, ont encore présentes à la mémoire ces soirées du dimanche consacrées à recevoir une foule de visiteurs qui venaient chercher à la Lande parfois un arrangement d'affaires, la solution d'un conflit, un conseil dans une circonstance difficile. Sa franchise, un peu brusque quelquefois, mettait vite à l'aise, et chacun s'en retournait d'auprès de lui heureux de son dévouement, aussi sincère au fond qu'il était franc dans la forme.

M. le comte Auguste de Cornulier a été maire de Saint-Hilaire pendant de longues années, conseiller général de la Vendée et sénateur. Dans ces différentes fonctions il a toujours montré un esprit élevé et une grande sagesse. Il est mort à Paris, le 13 février 1886 : il a été inhumé dans le cimetière de Saint-Hilaire, au milieu d'une affluence considérable.

Si nous ne craignions d'être indiscret, nous aimerions à parler des œuvres charitables de Mme la comtesse de Cornulier, surtout il nous serait doux de dire son dévouement pour les séminaires et les écoles catholiques ; mais elle ne nous pardonnerait pas nos éloges, étant de ces âmes vraiment chrétiennes qui ne veulent faire le bien que sous le regard de Dieu.

Mlle Adèle de Cornulier épousa son cousin Henri de l'Espinay ; malheureusement la mort vint promptement rompre cette alliance (8 novembre 1833) et moissonner dans sa fleur cette jeune femme de vingt ans.

M. de l'Espinay se retira du monde pour embrasser l'état ecclésiastique. Il devint plus tard vicaire général du diocèse de Luçon et protonotaire apostolique de sa sainteté Pie IX.

M. le vicomte Henry de Cornulier fait encore l'édification de la ville de Nantes par l'exemple de sa foi et de son admirable charité.

Mlle Marie de Cornulier épousa M. le comte de Romain.

Le château de la Lande appartient actuellement, quant à la nue-propriété, à M. le comte Louis de Cornulier, maire de Saint-Hilaire-de-Loulay, membre du conseil général, et uni par son mariage à Mlle Marthe de la Pervenchère.

Le château de la Lande possède une chapelle où l'on peut encore dire la messe.

Autrefois des foules nombreuses venaient en pèlerinage à cette chapelle pour prier sainte Anne, qui en est la patronne.

Presque en face du château de la Lande, sur le côté gauche de la route quand on va de Saint-Hilaire à Montaigu, on remarque une petite maison basse appelée Lhomelay.

C'est dans cette maison qui autrefois se trouvait sur le bord de l'ancien chemin de Montaigu, que fut reçu le P. de Montfort.

Voici ce fait intéressant pour la paroisse de Saint-Hilaire, bien qu'il ne soit pas à l'honneur de son curé,[8] tel que le raconte M. l'abbé Boutin, dans son histoire populaire du Bienheureux.

"La mission de la Garnache devait être suivie d'une mission à Saint-Hilaire-de-Loulay, où le saint missionnaire avait été demandé par le curé. Y avait-il quelque agent de l'esprit de ténèbres dans la localité ou dans les environs qui se chargea de perdre Montfort dans l'estime du pasteur ? C'est probable ; car celui-ci, indignement prévenu contre l'homme de Dieu, le reçut fort mal quand il se présenta. Il était tard. Montfort, extrêmement fatigué et trempé de pluie, avait grand besoin de repos ; il se vit néanmoins refuser l'entrée du presbytère. Il frappa à la porte d'une hôtellerie, même refus. Il se retirait en bénissant Dieu de cette aventure, et résigné à coucher dehors, quand une pauvre femme, le voyant passer devant sa maison, lui demanda où il allait si tard. "Ma bonne amie, répondit Montfort, je cherche quelqu'un qui veuille bien me retirer cette nuit pour l'amour de Dieu." - "Je suis bien pauvre, repartit la femme ; mais j'ai encore un peu de paille et de pain à votre service ; entrez, je vous prie, avec votre compagnon." L'offre fut acceptée, et, dès le lendemain, le missionnaire ainsi rebuté partait pour Luçon."

CHATEAU DE LA MUSSETIÈRE
Situé sur les bords de la Maine et du Blaison, château, de vastes dimensions, n'offre rien de particulier au point de vue archéologique. Restauré après la Révolution, il a reçu de nouveau, il y a quelques années, une transformation très heureuse qui le dégage et fait mieux ressortir ses vastes proportions. Le paysage qui l'entoure est très pittoresque et semble avoir été préparé pour devenir l'emplacement d'une maison seigneuriale.

Le premier seigneur de la Mussetière qui apparaît dans le passé est messire Pierre Moreau, 19 septembre 1707, marié à Dlle Renée de la Porte.

De ce mariage naît une fille qui, le jour de son baptême, 27 octobre 1728, reçoit les noms de Renée-Arthémise ; elle a pour parrain messire Pierre-Martial du PIessy, et pour marraine Dlle Marie-Renée-Perrine Moreau de la Mussetière, qui ne savent pas signer.

Plus tard, le 22 juillet 1759, nous trouvons le baptême de Pierre-Charles-François, fils de messire Pierre Moreau, seigneur de la Mussetière, auditeur des comptes à Nantes, et de dame Françoise Hallouin, son épouse légitime.

Le parrain a été messire Charles Hallouin, prêtre, chanoine de Notre-Dame de Clisson ; la marraine, Dlle Marie Moreau de la Mussetière.

Des mêmes, le 6 février 1761, 3e jour de carême, baptême de Pierre-François ; parrain, messire François Hallouin ; marraine, Dlle Françoise-Marguerite de Rorthays.

12 juin 1762. - Baptême de Honoré-Hilaire.

10 novembre 1764. - Baptême de Marguerite-Perrine ; parrain, messire Hallouin, curé de Treize-Septiers ; marraine, dame Marguerite Hallouin, cousine-germaine.

1777. - Sépulture de messire Pierre Moreau de la Mussetière, 48 ans.

1786, 16 janvier. - Cejourd'hui, seize du mois de janvier, j'ai donné à M. le recteur de Saint-Jacques de Clisson la permission de recevoir à la bénédiction nuptiale messire Louis-Augustin de Goyon, conseiller au parlement de Bretagne, fils majeur de feu messire Arnauld-François de Goyon, chevalier, seigneur des Jourlières et autres lieux, et de dame Renée de Loynes, sa mère, domiciliée de la paroisse de Saint-Germain de la ville de Reinnes, d'une part ; avec Dlle Françoise-Marguerite-Perrine Moreau, fille mineure de messire Pierre Moreau, de son vivant auditeur de la Chambre des comptes de Bretagne, seigneur de la Mussetière et autres lieux ; et de dame Françoise Hallouin, sa mère, de cette. paroisse, d'autre part.

Signé : Moynat de Vert, curé.    

De ce mariage. naquirent deux filles :

1787. - Le 31 juillet, baptême de Adélaïde~Françoise, .née le 29 à minuit, le parrain a été messire Louis-François de Goyon, comte des Boulières, lieutenant de nos seigneurs et maréchaux de France ; la marraine, haute et puissante dame Françoise Hallouin, veuve Moreau de la Mussetière, grand'mère de l'enfant.

Le 31 août 1791.- Baptême de Zoée-Marie-Augustine, née hier à neuf heures. Le parrain a été messire Athanase Hallouin de la Pénissière, grand oncle maternel ; et la marraine dame Renée de Loynes de Goyon, grand'mère paternelle.

Mlle Adélaïde Françoise s'unit par le mariage à un membre de la famille de Monti de Rezé et eut deux enfants : M. Joseph Monti de Rezé, et Adèle de Monti.

Joseph de Monti, dont la branche était connue sous le nom de Monti de Saint-Mars (parce que ces Monti possédaient le château de Saint-Mars-de-Coutais - Loire-Inférieure), eut, de son mariage avec Dlle Adélaïde-Françoise de Goyon, deux enfants :

1° Joseph, qui suit ;

2. Adéle, qui épousa M, Ferdinand de Pimodan, officier démissionnaire, en 1830, dont deux enfants : 1° Ferdinand de Pimodan, actuellement vivant (décembre 1894) et ayant postérité, et ; 2° Dlle N... de Pimodan, qui épousa son cousin, N. de Maquillé, mort sans postérité.

Joseph, mort en 1872, avait épousé Mlle de Saint-Pern, dont seulement une fille, Mme la comtesse de Lorgeril, décédée récemment en Bretagne. (Elle laisse à ses enfants le château de Saint-Mars).

C'est M. le comte Henri de Lorgeril qui est actuellement possesseur du château de la Mussetière, en Saint-Hilaire-de-Loulay.

D'autre part, le 2 juillet 1823, Dlle Zoée-Marie-Augustine épousa M. le comte Guillaume-Ambroise de Rorthays, de la paroisse de Beaulieu, château de la Touche, et eut deux filles. La première, Dlle Marie, devenue plus tard baronne du Landreau par son union avec M. le baron Casimir du Landreau. C'est elle qui possède le beau château du Hallay, en Boufféré, et est regardée comme la bienfaitrice insigne de l'église et de toute la paroisse. La seconde, épousa M. N... des Dorides, et est morte sans postérité.

Sur les tombes de la famille de la Mussetière, dans le cimetière de Saint-Hilaire-de-Loulay, on lit :

Ici repose le corps de Françoise-Marguerite-Perrine Moreau de la Mussetière, épouse d'Augustin de Goyon, décédée à 67 ans, le 6 mai 1837.

Dame Adèle de Goyon, épouse de Joseph de Monti de Rezé, décédée le 4 mai 1842, âgée de 53 ans.

Joseph de Monti de Rezé, âgé de 69 ans.

Vicomte Joseph-Hippolythe de Monti de Rezé, décédé le 15 septembre 1872.

CHATEAU DE LA PREUILI.E

Situé sur les limites de la paroisse du côté de Saint-Hilaire-du-Bois (Loire-Inférieure), il offre un véritable intérêt au point de vue archéologique. La partie de droite doit remonter jusqu'au XIVe siècle par la forme de ses croisées et la configuration des tours placées aux angles de la construction. La partie de gauche, restaurée il y a une quarantaine d'années, est d'une élégance admirable et offre tous les caractères du style XIVe siècle. Tours aux toitures élancées ; croisées à grandes dimensions et coupées par des croix de pierres qui leur donnent le véritable cachet de l'époque ; croisées des mansardes aux pignons très élancés ; toiture très élevée et à nombreux mouvements ; cheminées à hautes proportions.

A côté du château est encore une chapelle, mais qui n'offre aucun intérêt ; elle est depuis longtemps abandonnée.

Une vaste douve baigne une partie des murs du château et donne à cette habitation un cachet de spéciale grandeur.

En l'an 1500, la Preuille appartenait à une famille Bastard, dont l'héritière épousa César de Gastinaire, qui était venu en France lors des guerres d'Italie.

Cette famille Gastinaire, qui devait posséder la Preuille pendant plusieurs siècles, était d'origine piémontaise et se rattachait en collatéral, dit M. Dugast-Matifeux, à Mercurin Arborio di Gattinara, chancelier de l'empereur Charles-Quint et cardinal du titre de Saint-Jean-Porte-Latine.

1530. - Il existe des poursuites faite par César de Gastinaire pour entrer en possession de la terre de la Preuille en Saint-Hilaire-de-Loulay, qui aurait été injustement confisquée sur lui et donnée par le roi à Guillaume de Henleix, écuyer, sieur de Chesmes, demeurant au manoir de Lardière, paroisse de Remouillé, avec Jehanne de Kerardreux, sa femme, lequel sieur de Chesmes refusait, malgré les ordres du roi, de restituer la Preuille audit Gastinaire, reconnu innocent de l'accusation portée contre lui. (inventaire des archives de la Preuille, cité par Dugast-Matifeux.)

En 1557, Raymond de Gastinaire, fils de César de Gastinaire, et de Françoise Bastard, écuyer seigneur de la Preuille et de Mellay, a déclaré être exempt du ban, parce qu'il est homme d'armes de la compagnie de M. le vidame de Chartres, seigneur de Tiffauges.

Ce fut lui, en 1560, qui fut chargé par les nobles de la baronnie, sur la convocation du roi, de se rendre à Poitiers pour défendre les droits et privilèges de leur ordre, au lieu de contribuer aux subsides demandés, et pour réclamer la liberté de réunion, ce qui démontre que lui et les autres étaient déjà gagnés aux doctrines de la réforme,

Acte par lequel les gentilshommes de la baronnie de Montaigu, au nombre de dix-huit, tous ou la plupart protestants, convoqués par ordre du roi, chargent Raymond de Gastinaire, seigneur de la Preuille, en Saint-Hilaire-de-Loulay, de les représenter à l'assemblée qui doit se réunir à Poitiers, le 14 mars 1560, pour envoyer des députés en cour, avec mission spéciale de remontrer l'impossibilité où ils sont de contribuer à tout subside, en raison des pertes qu'ils ont précédemment éprouvées ; de demander le maintien des privilèges et liberté de la noblesse, et de faire ce qu'il y aura de mieux pour le devoir de leur conconscience, c'est-à-dire d'obtenir le libre exercice de la religion réformée.

"Nous soubzsignez escuyer, demeurans en la baronnie de Montagu et assemblez ce jourd'huy. huitième de mars 1560, au lieu où l'on a acoustumé se assembler pour les affaires publiques, en la ville du dit Montagu, ayant reçu assignation, par vertu du mandement du roy et de Monsieur son lieutenant-général en Poitou, pour envoyer en la ville de Poitiers, à l'assemblée des Estats y assignez le 14e de ce mois, avons nommé et choisi pour la noblesse de ladite baronnie noble homme Raymond de Gastinayre, seigneur de la Preuille, auquel avons donné pouvoir et charge expresse de comparoir en la ville de Poitiers audit jour, et remonstrer les pertes et incommoditez que la noblesse de ladite baronnie a, par cy devant, heuez et souffertes, et que luy seroit impossible contribuer ès deniers, que le roy entend recouvrer pour l'acquit de ses debtes, offrans toutes foiz tout service et debvoir audit seigneur et tel quilz sont tenuz, et supplier les déléguez pour ledit estat de noblesse, qui seront envoyez par devers sa magesté, par le commun advis dudit estat de noblesse, requérir et supplier très humblement sadite majesté entretenir ledit estat de noblesse ès privilèges et libertez que, de tout temps les roys ses prédécesseurs leur ont confirmez, et oultre pour le devoir de leurs consciences ce qu'ils verront et congnoistront pour le mieulx avoir à faire ; promettant avoir agréable, tenir et garder ce que, par ledit de Gastinayre, sera sur ce géré.

En temoing de quoi, avons signé ces présentes et fait signer, à nos requestes, ès notaires soubzscriptz, les jour et an que dessus.

François Aubry ; L. Charbonneau ; Hector Dufay ; A. Dupuys ; Michel Épinanceau ; Gilles Sambert ; Claude Marbeuf ; Léon Marin ; Michel Marin ; Rollandière ; Jehan de Rouxieres ; Julien de Rouxieres ; André Poyraud ; Jules de Saint-Hilayre-du-Retail ; Philippe de Saint-Hillayre ; Anseaulme Thevenin ; René du Trehand ; J. Vigier ; Baron et Roustain, à la requeste des cy-dessus nommez et signez.

Contrat de mariage d'Anseaulme de la Gastinaire avec Dlle Françoise de Marbœuf, par lequel il paraît qu'il est fils aîné et présomptif héritier de haut et puissant Raymond de la Gastinaire et de dame Marie de Chatelier, et qu'ils ont pris la qualité d'écuyer, passé sous la cour de la baronnie de Montaigu, le 18 mars 1591. - Signé : Chasseron et Hasselon.

Transaction entre Dlle Jeanne de Gastinaire et ledit Anseaulme, son frère, des successions de Raymond de Gastinaire et de Marie de Chatelier, leurs père et mère, 29 avril 1609.

Transaction entre Anseaulme de Gastinaire et Louis de Gastinaire, son frère de père (13 mars 1610).

Contrat de mariage de Gastinaire avec Dlle Judith Thévenin, 30 janvier 1629.

Son fils, Claude de Gastinaire, se marie avec Dlle Jeanne de Kermeno, par lequel il paraît qu'il a pris le titre de seigneur de la Preuille, Meslay Papinière, passé à Nantes le 31 janvier 1655.

Une ordonnance de M. de Barentin, par laquelle il est titré d'écuyer seigneur de la Preuille, le maintient en sa noblesse (datée à Poitiers le 24 septembre 1667).

Contrat de mariage de Claude de Gastinaire, fils de C. de Gastinaire, et de Dlle Jeanne de Kermeno (Nantes, 16 février 1682), avec Dlle Françoise Chenu.

Contrat de mariage de son fils aîné Claude de la Gastinaire avec Dlle Marguerite Morisson (22 novembre 1703).

C'est cette dame Françoise Chenu qui est mentionnée sur les registres, de la paroisse à l'année 1707 comme marraine d'un enfant de Buor de la Lande.

Le 30 mai 1727, messire chevalier François Paris de Soulange, seigneur de la Preuille, est parrain, et Dlle Françoise Paris de Soulange est marraine.

La même année, le 26 novembre, messire Auguste Paris, chevalier, seigneur de Soulange, est parrain, et Dlle Françoise de Gastinaire de la Preuille est marraine.

18 mai 1728. - Mariage de Claude Paris de Soulange avec Dlle Françoise de Gastinaire.

De ce mariage :

18 août 1736. - Baptême de Claude-René, qui eut pour parrain messire René-Henri de Chevigné, seigneur du Bois de Chollet, et pour marraine dame Madeleine Paris.

24 août 1742. - Baptême de Esprit-François ; parrain messire Augustin Paris, chevalier, seigneur de Soulange, et marraine dame Marie-Jeanne de Gastinaire, femme de messire Claude-Augustin du ……, chevalier, seigneur de Hallay.

16 août 1755. - Mariage de messire Claude Paris de Soulange avec Dlle Hyacinthe de Saint-Georges.

14 mai 1771. - Baptême de Louis-François-Claude, fils de messire Claude-René Paris de Soulange, seigneur de la Preuille, chevalier de Saint-Louis et lieutenant du vaisseau du Roy, et de dame Françoise-Emilie Kérouast, le parrain, messire François Jacques marquis de Kérouast, président au Parlement de Bretagne ; la marraine, Dlle Louise-Marie Paris de Soulange.

7 novembre 1773. - Baptême de Emilie-Françoise-Amaranthe, fille des précédents.

2 septembre 1785. - Baptême de Dlle Louise-Renée-Hortense, fille de Augustin-Hilarion Paris de Soulange, et de dame Louise-Angélique de Beaussière. Le parrain a été messire Claude-René Paris de Soulange, la marraine, Dlle Françoise-Louise-Jeanne de Beaussière.

26 juillet 1785. - Le mardi vingt-six juillet 1785, nous, curé de Saint-Hilaire, soussigné, avons suppléé dans la chapelle du château de la Preuille de notre paroisse, permission pour ce obtenue de Mgr l'évêque de Luçon, la cérémonie du baptême à Dlle Claudine-Françoise-Félicité, ondoyée en la chapelle de la……, par permission de l'ordinaire, le trente septembre 1769, née, le jour précédent, du légitime mariage de haut et puissant seigneur messire Claude-René Paris, comte de Soulange, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, chef d'escadre des armées navales et directeur général de la marine à Toulon, et de haute et puissante dame Émélie-Françoise de Krouast, vu l'extrait de l'église paroissiale de Guiclau, où est référé l'acte d'ondoyement fait par messire Authuiel, promoteur général de Léon, ex-recteur de Guiclau, le parrain de la dite demoiselle, et délivré par les sieurs Cabiols et Jeyequel, curés de Guicheau : le parrain de la dite demoiselle a été messire Augustin-Hilarion Paris de Soulange, prêtre, licencié ès-lois, abbé commandataire de l'abbaye royale de Saint-Faron es fauxbourg de Maux, y demeurant, son grand-oncle paternel, représenté par messire Hilarion-François de Chevigné, prêtre, licencié ès-lois, grand archidiacre et vicaire général du diocèse de Nantes, et oncle à la mode de Bretagne de la dite demoiselle, constitué procureur à cette cause par acte passé le 18 juin, même année, devant Pruy et Macié, notaires royaux de la ville et baillage de Maux ; la marraine a été dame Marie-Jacquette de Krouarts, sa tante maternelle, épouse de messire Jean-Charles, comte d'Hector, lieutenant-général des armées navales, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant la marine au port de Brest, y demeurant paroisse Saint-Louis, représentée par Dlle Amaranthe-Émilie de Soulange, sœur de la dite demoiselle, suivant le pouvoir donné par elle, dame, comtesse d'Hector, le 1er juin dernier ; le présent acte signé par messire Toussaint-Gabriel Gylbert de Silériac, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine de cavalerie et prévost de la maréchaussée du Poitou ; et par messire Marie Morisson, écuyer, chevalier, seigneur du Fief ; et messire Jean-Joseph Le Couteux, prêtre et doyen du chœur de la paroisse de Sainte-Croix, de Nantes ; et messire Jean-François Hebert, prêtre, vicaire de cette paroisse, les jour et an que dessus et après lecture, présente, haute et puissante dame de Krouarts de Soulange, mère de la dite demoiselle.

L'an 1790, 19 juillet. - Après la publication d'un ban du futur mariage de messire Jacques-Nicolas-Marie Le Forestier de Boiséon, lieutenant des vaisseaux du roi, fils majeur de messire Nicolas-Jacques-Sébastien, chevalier, seigneur de Keroisvin, comte de Boiséon et autres lieux, ancien officier de la marine ; et de dame Marie-Josephe de Kérouast, de la paroisse de Saint-Thomas de Landerneau, diocèse de Quimper, et domiciliée de fait dans celle de Saint-Martin de Morlaix, diocèse de Saint-Paul-de-Léon, d'une part ; avec Dlle Claudine-Françoise-Félicité Paris de Soulange, fille mineure de messire Claude-René Paris, comte de Soulange, chef d'escadre des armées navales, seigneur de la Preuille et autres lieux, y demeurant, et de dame Émilie-Françoise de Kérouast, originaire de Morlaix et domiciliée de fait et de droit à la Preuille, en cette paroisse, d'autre part...

Je, soussigné, prêtre, licencié en droit, grand archidiacre et vicaire général du diocèse de Nantes, par permission de M. de la Colinière, vicaire général du diocèse de Luçon, en date du 17 de ce mois, ai reçu, en la chapelle de la Preuille, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, et avec l'agrément de leur curé de Saint-Hilaire, le mutuel consentement de mariage des deux dites parties et leur ai donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies prescrites par la sainte Église, en présence de messire Jean-Étienne Moynat de Vert, curé de cette paroisse ; M. Louis-Charles.

Hypolite Chouzé, vicaire de la dite paroisse, des Frères François Paris, chevalier de Malte, commandeur de Villegas, grand-onde de l'épouse ; de messire Claude-René Paris de Soulanges, son père, et dame Émilie-Françoise de Kérouast, sa mère ; de Dlle Louise Paris, sa grand'tante ; de messire Antoine-Aimé Espivent, conseiller au parlement de Bretagne, et de dame Madelaine-Françoise-Renée de Chevigné-Espivent, sa tante à la mode de Bretagne ; de messire Nicolas-Jacques-Sébastien Le Forestier, chevalier, seigneur de Keroivin ; comte de Boiséon, frère de l'épouse ; de messire de Solérac, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et Pierre-Étienne Sorin, licencié en droit...

A la Révolution, le comte Paris de Soulange ayant émigré, ses biens furent mis en vente et rachetés, comme nous le voyons dans l'acte suivant, par Mlle de Soulange.

Pour lui, il ne devait plus revenir à la Preuille. Comme nous le raconterons plus loin, il trouva la mort dans cette tragique journée de Quiberon avec son gendre, qui, à peine marié (1790), avait laissé sa jeune femme à la Preuille pour suivre son beau-père, et le suivre jusque dans la mort[9].

Ceux qui ont fait le douloureux pèlerinage du tombeau des martyrs à la Chartreuse d'Auray, ont pu voir au-dessus de la porte de bronze, qui donne accès au caveau funèbre, deux bustes : l'un représente la jeune et sympathique figure de Sombreuil, l'autre les traits plus mâles du comte de Soulanges.

Claude-René Paris, de Soulanges, chef d'escadre, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel du régiment d'Hector, était né à la Preuille le 18 août 1736 ; blessé à Quiberon le 16 juillet 1795, il fut tué le 13 thermidor à Auray.

Il était fils de Claude de Soulanges, seigneur de la Preuille, et de Françoise de Gastinaire, et beau-frère du cornte d'Hector.

De son mariage avec Françoise-Émilie de Kerouartz il eut deux filles, dont une seule a laissé postérité.

Elle se nommait Claudine-Françoise-Félicité. Mariée en premières noces à Jacques-Nicolas le Forestier, comte de Boiséon[10], qui périt à Quiberon avec son beau-père, et dont elle n'avait pas d'enfants, elle épousa en secondes noces (1801) Dominique-François-Alexis Fournier, comte de Nacquard, dont elle a eu un fils.

Ce fut lui qui, en 1832, reçut à la Preuille la comtesse de Berry, quand elle vint en Vendée accomplir cet acte de courage chevaleresque qui fait rêver d'un autre âge.

Le 17 mai, dit Imbert de Saint-Amand, à neuf heures du matin, le colonel de Nacquard, chef de la division légitimiste de Montaigu, avait à sa table une dizaine de ses officiers, notamment M. de Couëtus et M. Emmanuel Guignard, dans son château de la Preuille, situé à une lieue et demie de Montaigu et d'Aigrefeuille, sur la route de Nantes à Bourbon-Vendée. Les convives déjeunaient tranquillement lorsque le bruit d'une voiture et le claquement du fouet d'un postillon se firent entendre. Devant le perron, en face même de la salle à manger, la voiture s'arrêta. Une femme, ayant le visage couvert d'un voile vert, en descendit, suivie d'une autre femme et de deux hommes. Le colonel de Nacquard se précipita à sa rencontre, et elle traversa la salle à manger. Malgré son voile, elle fut reconnue par les convives. C'était la duchesse de Berry. Mais ils se turent pour ne pas donner l'éveil aux domestiques.

Madame était montée dans l'appartement qui lui était destiné. Le baron de Charette n'y passa que quelques instants auprès d'elle. Il a dit dans son opuscule intitulé Quelques mots sur les évenements de la Vendée en 1832 : "C'est à peine si j'eus le temps d'exprimer à l'auguste voyageuse ce que j'avais souffert en pensant aux dangers qu'elle avait bravés pour venir au milieu de nous. Elle m'interrompit en disant qu'elle n'avait point eu l'intention de garder l'incognito pour les personnes qui se trouvaient dans le château ; ainsi qu'il convenait que j'allasse leur annoncer sa présence. Je me rendis donc auprès de ces messieurs et leur dis que, sans la crainte d'attirer l'attention des gens, Madame serait descendue elle-même les assurer qu'elle comptait sur leur dévouement. En effet, il n'y a qu'un même vœu, qu'un même désir exprimé, celui de mourir pour sa défense."

On a prétendu que le coloncl de Nacquard avait essayé de faire renoncer la princesse à son entreprise. M. de Charette a protesté contre cette allégation. "Il est faux, a-t-il dit, que M. de Nacquard ait fait à Madame les représentations que l'on place dans sa bouche... Non, aucune parole de déception ne vint attrister les premières joies de Madame, en se sentant au milieu de ses Vendéens. C'eût été plus qu'un manque de convenances, c'eût été presque une lâcheté d'accueillir ainsi une pauvre femme qui venait, confiante en vos promesses, vous demander votre aide pour relever le trône de son fils. Au moins, dans cette circonstance, n'y eut-il aucune manifestation qui vînt empoisonner le bonheur de Madame. Je déclare hautement qu'aucune parole ne fut adressée pour blâmer la résolution sublime de Son Altesse Royale. Au contraire, chacun était dans l'admiration, et l'on se sépara, si je puis me servir de ces termes, la main sur la garde de son épée. J'oubliais de dire qu'une seule réflexion fut exprimée sur l'arrivée de la courageuse princesse. Un homme de cœur, un homme loyal se leva, et me dit : "Son Altesse Royale arrive au milieu de nous après une défaite ; c'est contraire à nos engagements ; mais donnez-lui l'assurance que, puisqu'elle est venue de si loin se confier à notre honneur, à notre fidélité, je ne l'abandonnerai jamais."

Madame fit au château de la Preuille une très courte halte. Elle ne resta que pour changer de vêtements et s'affubler du déguisement sous lequel elle allait continuer sa route, non pas en voiture, mais à pied. Le postillon qui l'avait conduite ne la connaissait pas. Le comte de Lorge continuant, grâce à sa livrée, à se faire passer pour domestique, était resté à l'office, où il détournait les soupçons des gens du château, et surtout du postillon à qui l'on avait donné à manger avec eux. Ce dernier allait atteler et se remettre en route. L'important était de l'empêcher de s'apercevoir que deux des quatre personnes qui allaient monter étaient substituées à deux autres. En effet, la princesse devait se trouver remplacée par la belle-fille du colonel de Nacquard, laquelle avait le chapeau et le châle de Madame pour donner le change, et c'était M. Guibourg qui se substituait au comte de Mesnard. Quant au comte de Lorge, toujours revêtu de sa livrée, il monta sur le siège de la voiture, dans laquelle le marquis et la marquise de Dampierre entrèrent avec M. Guibourg et Mme de Nacquard, sans que le postillon se fût aperçu du changement qui s'était opéré parmi les voyageurs.

Au moment où la voiture prenait la route de Nantes, la duchesse de Berry, restant quelques minutes encore au château de la Preuille, quittait ses habits de femme et se déguisait en paysan : veste noire avec des boutons d'un métal terni, gilet jaune usé, pantalon bleu en laine et coutil, blouse bleue recouvrant la veste. Elle s'affubla, en outre, d'une perruque tirant sur le châtain et surmontée d'un bonnet de laine noire. Presque méconnaissable sous ce déguisement, elle se baptisa elle-même du nom de Petit-Pierre, et partit à pied, sans autre compagnon que M. Emmanuel Guignard, qui la conduisit chez lui, au Mortier, près de Remouillé.

Imbert de Saint-Amand. (La Duchesse de Berry en Vendée, p. 222 et suiv.)

1807. 1er septembre. - Sépulture de Dlle Marie-Louise Paris de Soulanges, célébrée au château de la Preuille, âgée de 90 ans, fille de messire Augustin Paris de Soulanges, et de dame Françoise des Gastinaire (et sœur de M. Paris de Soulanges). Ce fut elle, comme nous l'avons vu, qui acheta en son nom la Preuille et ses dépendances.

1811, 20 septembre. - M. Dominique Nacquard de la Preuille est parrain, et Mme Claude-Félicité Paris de Soulanges, femme de Nacquard, est marraine.

1831, 2 mars. - Supplément des cérémonies du baptême de Marie-Dominique-Léopold, fils de M. Sébastien-Aimé-Dominique de Nacquard, et de dame Émilie-Élisabeth de Ménard.

M. Dominique de Nacquard vendit son château à Mgr Stanislas de Cornulier, camérier de Sa Sainteté Pie IX, lequel, à sa mort, le laissa en toute propriété à son frère Arthur, vicomte de Cornulier. M. Arthur le vendit à des marchands de biens, lesquels le cédèrent à M. Perraud, de Montaigu.


LE BOIS-CORBEAU

Le Bois-Corbeau tire évidemment son nom des bois nombreux qui couronnent le plateau sur lequel il s'élève.

Les premiers seigneurs connus du Bois-Corbeau, d'après M. Dugast-Matifeux, que nous suivons ici, ne remontent qu'au XVe siècle. Ils s'appelaient Le Roux, ou Leroux.

On en trouve plusieurs mentionnés dans un aveu de la baronnie de Montaigu, vers la fin du siècle.

On ne sait s'ils embrassèrent la religion prétendue réformée ; ce qu'il y a de certain, c'est que leur nom ne figure pas parmi les dix-huit gentilshommes de la baronnie de Montaigu, signataires du mandat collectif donné à Raymond de Gastinaire, comme nous l'avons vu plus haut à propos de la Preuille.

Mais en 1563, un sieur du Bois-Corbeau, demeurant alors près de Beaufou, est compris avec un sieur de la Forte-Ecuyère, son beau-frère, dans la plainte, pour informer, à la requête de Louis de la Trémouille, duc de Thouars, baron de Montaigu, contre ceux de la nouvelle religion.

Quelques années après, le Bois-Corbeau passa momentanément, par alliance, dans la famille de la Haye du Chastelier Monthaut, Charles de la Haye en ayant épousé l'héritière Jacquette Leroux, fille de Jean, écuyer, et de Marie Jousseaume.

D'eux naquirent, entre autres enfants, Renée de la Haye, mariée, le 29 janvier 1585, à Claude du Plantis, chevalier de l'ordre du roi, seigneur de la paroisse de la Guyonnière, du Landreau, près des Herbiers, de Rochetenay et des Enfrins.

II était neveu par sa mère de Charles Rouhaut, dit Landreau, vice-amiral en Guyenne, qui avait longtemps commandé pour le roi à Montaigu dont il venait d'être délogé par les capitaines protestants d'Aubigny et la Boulaye, compagnons d'armes du roi de Navarre.

Sur la fin du siècle, devenu veuf, il se remaria avec Renée de la Motte, également veuve d'un Bruneau de la Rabatelière, dont il eut postérité et qui lui survécut jusqu'en 1636, comme l'indique son épitaphe.

"Cy-gist, le corps de dame Renée de la Motte, héritière des maisons et seigneuries de l'Onglée, Montigny, la Haye et la Motte, issue de la tige des Vandaire, en Bretagne, veuve de messire Charles Bruneau de la Rabastelière, et en seconde noces, de messire Claude du Plantis, chevalier, seigneur de la Guyonnière et du Landreau, décédée à la Rabatelière, le 29 janvier 1636, âgée de quatre-vingts ans."

En 1638, Pierre du Plantis, fils aîné de Claude et de sa première femme Renée de la Haye, comparaissait à l'assignation des hommages généraux de la baronnie de Montaigu, pour faire au nouveau seigneur-suzerain, Gabriel de la Lande, dit de Machecoul, les foi et hommage lige qu'il lui devait pour raison de sa maison-noble, terre et seigneurie de Bois-Corbeau, en la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, requérant y être reçu, ce qui eut lieu.

Ce Pierre du Plantis épousa Jeanne Demay, fille de René Demay, seigneur du Petit-Plantis, en la Guyonnière.

Les anciens registres d'état-civil de Montaigu et de Saint-Hilaire sont couverts de ses signatures.

En 1662, elle écrit de Paris à son beau-frère une lettre pour lui demander de l'argent ; la lettre portait cette inscription :

"A Monsieur Badereau, maistre de la poste de Montaigu, en Bas-Poitou, pour faire tenir, s'il lui plaît, à Monsieur de la Grange Barailleau, aux Plantis."

En 1667, Jeanne de May, dame du Bois-Corbeau, veuve de Pierre du Plantis, sieur du Landreau et autres lieux ; Pierre du Plantis, baron du Landreau, et Claude, sieur du Bois-Corbeau, leurs enfants, furent maintenus nobles par sentence de l'intendant Barentin des 24 et 27 septembre.

Les du Plantis portaient, "écartelé, au premier quart d'or, fretté de sable, au deux et trois d'argent à la croix d'azur fleurdelysée, sur le tout de sable à deux léopards d'or l'un sur l'autre."

La succession de Jeanne de May fut acceptée, sous bénéfice d'inventaire, par ses héritiers. La pleine propriété du Bois-Corbeau, dont son mari lui avait laissé l'usufruit, leur revint et ils la conservèrent jusque dans le siècle suivant qu'elle passa aux descendants du maître de poste susdit.

En 1720, 2 juin, nous trouvons une demoiselle Honorée Badreau, qui épouse Gabriel-Jacques Buor; ce qui fait supposer que le Bois-Corbeau appartenait déjà à la famille Badreau. En 1789, le Bois-Corbeau appartenait à Messire Louis-Joseph de Badercau, dit Badereau le Jeune, et qui se qualifiait de mousquetaire du roi.

Né à Montaigu en septembre 1748, il était fils d'Armand-Gabriel-François Badereau, d'abord conseiller auditeur à la Chambre des comptes de Bretagne, comme son frère Jude, ensuite procureur du roi au présidial de Nantes, et de Bonne Lucas de la Championnière, morte en 1787 au Bois-Corbeau, dont elle était douairière.

Le 4 février 1787, a été inhumé le corps de dame Lucas de la Championnière, veuve de messire Armand-Gabriel Badreau, décédée au Bois-Corbeau.

Joseph de Badereau avait épousé, en 1779, Dlle Catherine-Rose-Joséphine Rocquard de Pontbureau, fille également d'un ancien maître à la Chambre des comptes de Bretagne, et orpheline de père et de mère, mais il ne tarda guère à la perdre après avoir eu plusieurs enfants.

Leur fils émigra avec son père, devint page de la princesse Ferdinande de Prusse : il épousa ensuite à Paris, en 1808, Dlle Berthier du Vivier, avec laquelle il habitait, sous la Restauration, le château de Vincelles dans l'Yonne, et possédait encore de belles propriétés à Soullans, en Vendée.

Ils ont eu un fils, Gustave de Badereau, qui était veuf avec enfants, en 1856, et une fille, Mme d'Iturville, dont le mari était maire de Sens, à la même époque.

Quelques temps avant la Révolution, Joseph de Badereau avait entrepris la reconstruction de son vieux castel ; il ne restait plus qu'à finir l'intérieur quand éclatèrent les troubles.

Badereau ayant émigré, ses biens furent mis sous séquestre et affermés pour compte de la République, et enfin vendus nationalement aux enchères publiques le 18 germinal an VI (6 avril 1798) à François Gillaizeau, ex-maître maçon, "l'agent le plus actif de la bande noire dans nos parages" (Dugast-Matifeux), pour la somme de 220.100 livres.

La Grande-Barillère, alors annexe du Bois-Corbeau, fut acquise en même temps par le docteur-médecin Olivier-Fayau aîné, moyennant 75.000 livres.[11]

"L'acquéreur national se bornant à entretenir la couverture, les portes et les fenêtres du nouveau manoir, habite modestement les servitudes de l'ancien ; ce qui ne l'empêchait point de faire de bonnes parties dans le Bois-aux-Corbeaux et les alentours avec ses camarades, les chasseurs de la Vendée.

Le général Travot, sous les ordres duquel ils avaient tous servi, et qui commandait, depuis, la XIIe division militaire à Nantes, venait parfois se joindre à eux.

Le général Travot étant devenu fou, Gillaizeau fut chargé par sa famille de gérer les biens de l'infortuné général.

C'est alors que Gillaizeau commença à se désintéresser du Bois-Corbeau et se retira à la Perrinière, commune de Jumelles, en Anjou.

Puis il traita avec la famille de Cornulier, de Bretagne, qui vint l'occuper, et dont les descendants l'habitent encore aujourd'hui.

(D'après Dugast - Matifeux, voir Échos du Bocage, 6e année, n° 1, p. 16.)

Tous les habitants de Saint-Hilaire qui ont un certain âge gardent le souvenir du bon Monsieur Victor et de Madame de Cornulier, née de Sainte-Croix de Wismes.

Ils ne tarissent pas d'éloges sur leur bonté parfaite, sur leur exquise urbanité, sur leur charité chrétienne envers tous les malheureux.

Le Bois-Corbeau est passé depuis, par le mariage de Mlle de Cornulier avec M. le comte de Villebois-Mareuil, dans une famille de l'Anjou.

Les deux aimables châtelains ont fait de cette maison une des habitations les plus somptueuses de tout le pays.

Un parc superbe l'entoure où brillent des fleurs de serre magnifiques. Deux pavillons, d'une grande importance et d'une architecture sévère, ont été ajoutés au bâtiment principal. Une chapelle ogivale (XIIIe siècle), dédiée à Notre-Dame du Sacré-Cœur, ornée avec un goût exquis, unit sa délicatesse et sa grâce à la beauté grave de la maison pour former un tout parfaitement harmonieux.

Ce serait ici le lieu, si nous ne craignions d'être indiscret, de dire avec quel sentiment de piété et d'art tout a été combiné dans cette chapelle qui est un bijou d'architecture ; depuis le pavé en mosaïques jusqu'aux vitraux artistiques, jusqu'au chemin de croix sur lave du Vésuve, tout est d'une sobriété et d'une richesse à la fois que nous aimerions à voir dans tous les sanctuaires particuliers. Et nous comprenons quelle joie éprouvent les âmes pieuses dans le recueillement de ce sanctuaire intime où Notre Seigneur repose, et où l'on aime à l'entretenir dans un cœur à cœur ineffablement doux.

M. et Mme Villebois ont eu quatre fils.

Georges de Villebois, colonel au 65e d'infanterie, un des plus jeunes colonels de l'armée et des plus brillants, devant qui s'ouvre le plus bel avenir.

Roger de Villebois, conseiller d'arrondissement du département de la Vendée.

Christian de Villebois, ancien député de la Mayenne, et Victor de Villebois.

LA BERNERIE

Maison d'une construction toute moderne, au milieu d'un beau parc, sur un plateau élevé d'où le regard embrasse le plus vaste horizon.

Il y a longtemps que la maison de la Bernerie appartient à la famille Dugast. En 1742, Pierre Dugast, sieur de la Bernerie, avocat au Parlement et procureur au présidial de Nantes, épouse sa cousine Anne Lemoine de Livonnière, dont le père, écrit Dugast-Matifeux, un de leurs descendants, se qualifiait de Livonnière, comme ses ancêtres, d'un arrière-fief situé sur la paroisse d'Evrunes, près de Mortagne. Les deux époux étaient âgés de 29 ans, étant nés tous deux en 1713.

Devenue veuve en 1765, après vingt-trois ans de ménage, elle se consacra à l'éducation de ses douze enfants, et mourut à Nantes, le 12 septembre 1779, âgée de 66 ans.

Avant 1789, la Bernerie était la propriété du sieur Jean-Baptiste-René Dugast, avocat, et de dame Jeanne-Madelaine-Angélique Goupilleau.

Le 18 décembre 1784. - Messire Louis Dugast, vicaire de Sainte-Croix, de Nantes, fait le baptême de Louis-Armand, fils des précédents. Le parrain, le prêtre baptiseur, oncle ; la marraine, Mlle Gabrielle Guitter, veuve Goupilleau, aïeule maternelle.

Le 27 juillet 1786. - Baptême de Dlle Anne-Marie-Lucie ; le parrain, messire Philippe-Charles Goupilleau, oncle maternel ; la marraine, Marie-Françoise Dugast, tante maternelle.

Le 16 avril 1788. - Baptême de Henry Gabriel : le parrain a été maître Jean-Victor Goupilleau, procureur fiscal du marquisat de Montaigu, oncle maternel, et la marraine, Dlle Pélagie Combeau, épouse de François Goupilleau, notaire, ex-procureur du marquisat de Montaigu, oncle à la mode de Bretagne du côté maternel.

27 mai 1790. - Baptême de Clémence-Agathe : le parrain a été Armand-Louis Dugast, prêtre ; la marraine, dame Marie-Anne-Agathe Guitter, femme de M. Goupilleau, procureur fiscal du marquisat de Montaigu.

1793. - Baptême de Isidore-Charles, né le 27 juin 1793.

1811. - 10 janvier, sépulture de dame Jeanne-Madelaine Goupilleau, veuve de M. Jean-Baptiste Dugast, âgée de 55 ans. (Extrait des registres de la paroisse.)

M. Louis-Armand Dugast, ayant épousé Dlle Marie Guitter de Rochecervière, eut de son mariage Mlle Marie Dugast, qui devint plus tard Mme Lefeuvre, Alfred, et qui est aujourd'hui propriétaire du château de la Bernerie.

LES BARILLÈRES

La dénomination de ces trois fiefs, vieille, grande et petite Barillères, dit Dugast-Matifeux, vient sans doute d'un antique possesseur appelé Baril.

Ces fiefs étaient tous tenus à foi, hommage plein et serment de fidélité au seigneur dominant de Montaigu.

La petite Barillère devait en outre 13 deniers de rachat, à chaque muance de vassal, à l'aumônier de Saint-Jacques à Montaigu.

La Vieille Barillère, dont on ignore même l'emplacement, appartenait, de 1374 à 1384, à Jean de Launay, puis, en 1423, à son fils Guillaume.

En 1499, c'était Pierre Belinaud, prêtre, qui en était le détenteur.

La Grande Barillère possédait autrefois une belle avenue de chênes futaies que l'on voit encore.

Le vieux bâtiment d'habitation était simple, formant un carré long, solidement construit en pierres de granit aux quatre angles. Il n'avait qu'un étage surmonté d'un grenier couvert de tuiles.

Sur l'écusson sans armoiries, placé dans le fronton de la grande porte d'entrée, on lisait gravée la date de 1631.

En 1477, elle était la propriété de Jehan Oust.

En 1511, Olivier Gendronneau en était propriétaire et lui adjoignait la petite Barillère.

En 1797, elle fut affermée comme bien national, ayant appartenu à M. de Badereau du Bois-Corbeau, émigré, pour la somme de 820 livres, puis vendue à Fayau pour 75,100 livres.

La Petite Barillère, sur laquelle était construit le manoir principal des trois arrière-fiefs de ce nom, était flanquée au sud d'une immense enclôture formant un parc seigneurial.

Cette troisième Barillère, plus importante que les deux autres, fut possédée, au XVe siècle, de 1450 à 1484, par Guillaume et Jean Chauvin, sans doute père et fils.

C'est en faveur de ce dernier que Marguerite de Culant, veuve de Louis de Belleville, ancien seigneur de Montaigu, écrivait de Saint-Denis-la-Chevasse, le 15 août 1476, à l'argentier du roi Louis XI, Jean Bourré, gouverneur de cette place pour le roi, afin d'obtenir de lui qu'il exemptât Barillère d'y résider, sans doute pendant la durée de sa ligence qui était de 40 jours et à cause de la proximité de sa demeure.

De 1499 à 1511, Olivier Gendronneau fut à la fois possesseur de la grande et de la petite Barillère.

En 1534, c'était Hilaire Burluet, procureur fiscal à Montaigu, qui eut pour fille et héritière Catherine, femme du personnage mentionné dans cet extrait d'un acte du mois d'août 1560.

"De ces Barillères, grande, petite et vieille, est seigneur noble et honnorable homme maître Claude Meance, sieur Détombe ou d'Estombes, licencié en droits, conseiller du roy notre sire, et son président en la Chambre des comptes de Bretagne, demeurant en sa maison noble de la Barillère, près Montaigu en Bas-Poitou, etc."

En 1600, un autre procureur fiscal de Montaigu, nommé Frémillon, acquit cette petite Barillère du sieur de Léoullière, en Chavagnes, pour la somme de 600 écus, lequel sieur de Léoullière l'avait acquise du sieur de BariIlère pour la même somme.

En 1636 (8 mai), comparution en la cour de la baronnie de Montaigu du sieur Jean du Puy, écuyer, seigneur de la Prébetière et de la petite Barillère, pour faire à Monseigneur de céans les foi, hommage plein et serment de la fidélité qu'il lui doit pour raison de la terre et maison noble de la petite Barillère, appartenances et dépendances, en la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, mouvante de la baronnie de Montaigu, audit hommage plein et à deux assées (d'accia en basse latinité), ou deux bécasses en chaque fête de la Toussaint, et à 13 deniers de rachat, à muance de vassal, payables à l'aumônier de Montaigu, requérant y être reçue, ce qui eut lieu. (Registre original petit in-folio des hommages généraux de la baronnie de Montaigu, folio 7.)

En 1800, la petite Barillère appartenait par alliance dans la famille Lespinay du Pally, près de Chantonnay, à Pierre-Marie lrland de Bazoges, ex-lieutenant général du bailliage de Poitiers, qui fut nommé depuis suppléant de la noblesse provinciale aux Etats généraux.

De sa femme et de lui, cet ancien domaine passa successivement aux Thiériot, par acquêt, puis aux Musset, aux Fayau-Lemasne, qui viennent de reconstruire le castel sur un nouveau plan et qui l'ont vendu à leur tour à M. de Marsais, époux de Mlle Soline de Lauzun,

C'est dans l'ancien chemin, vers l'étang qui le borde, que périrent, au début de l'insurrection vendéenne, les vingt-cinq gardes nationaux de Mortagne et de Tiffauges, mandés pour venir au secours du district de Montaigu.

(D'après Dugast-Matifeux, extrait d'une histoire de la mouvance féodale de la baronnie de Montaigu.)


Avant la Révolution, Saint-Hilaire possédait un autre château et plusieurs hôtels ou maisons nobles, dont nous allons faire une courte mention.

CHATEAU DU RORTHAYS

Cette demeure, aujourd'hui en mauvais état, était jadis entourée de douves, maintenant presque entièrement combles. Elle était habitée par la famille de Jousbert. Le château avait sa chapelle, aujourd'hui tombée en ruines.

Le 7 avril 1707, messire Pierre-Georges Jousbert, écuyer seigneur du Rorthays, est parrain ; il meurt en 1781, âgé de 50 ans.

Le 17 août 1707, demoiselle Louise Jousbert est marraine ; 1716,8 juin, sépulture de messire Louis Jousbert, âgé de 30 ans ; 1731, sépulture de Louis-Georges Jousbert, âgé de 50 ans ; 1738, 20 juillet, supplément des cérémonies du baptême de Louise-Marguerite-Françoise, ondoyée le 11 septembre 1735, fille de messire François-Martial Jousbert, seigneur du Rorthays, et de dame Marie de Marquiez. Noble dame Marie-Elisabeth-Rose-Scholastique Jousbert du Rorthays est marraine.

1742, 2 janvier. - Sépulture de François de Jousbert, 50 ans.

1755, 6 novembre.- Baptême de Marie-Élisabeth-Scholastique-Victorine, fille de messire Pierre-Jacques-Philippe-Victor de Jousbert de la Court garonnière, seigneur du Rorthays, et de dame Marie-Rose-Élisabeth-Scholastique de Jousbert, dame du Rorthays. Le parrain a été messire René-Gabriel de Jousbert, prêtre. La marraine, demoiselle Marie-Perrine-Jeanne de Jousbert.

1756, 30 septembre. - Baptême de Jeanne-Rose-Scholastique, fille des mêmes, parrain messire Pierre de Jousbert, chevalier et seigneur de la Court. La marraine, dame Suzanne Suigier, dame de la Court.

1758, 10 mai. - Baptême de Désirée-Marie-Pélagie, fille des mêmes. Marraine, dame Marie de Marquiez, veuve de messire François Jousbert, seigneur du Rorthays.

1759, 1er juillet. - Baptême de Louise-Perrine-Julienne-Rose, fille des mêmes. Parrain, messire Paul Jousbert de la Fillotière ; marraine, dame Louise-Marguerite Jousbert.

1789, 18 avril. - Mariage de messire Gabriel La Roche de la Cantinière, fils majeur de feu messire Jacques La Roche de la Cantinière, et de dame Charlotte-Madeleine d'Aux, de la paroisse de Péault, avec demoiselle Suzanne-Rose-Scholastique de Jousbert, fille majeure de feu messire Pierre de Jousbert, seigneur de la Court, et de dame Marie-Scholastique de Jousbert du Rorthays. (Registres de la paroisse.)

1801. - On trouve encore dans les registres le nom de plusieurs demoiselles de Jousbert, Pélagie, Marie, Henriette, Hyacinthe.

Enfin le dernier représentant de cette famille, dans la paroisse, fut demoiselle Marie qui donna, en 1836, 25,000 francs pour bâtir l'église de Saint-Hilaire. Aujourd'hui, il ne teste plus aucun membre de cette famille dans la paroisse.

1708, 14 avril. - On trouve le nom de messire Ramani Girard Leuge, seigneur de la Maritière, décédé en 1712.

La Maritière est une ferme près le bourg qui avait autrefois une maison très importante accompagnée d'un grand jardin clos de murs.

LA BOUGONNIÈRE

En sortant de la gare de Montaigu pour se rendre à Clisson, le voyageur, de la portière du wagon, aperçoit sur la droite, presqu'en même temps que les futaies sombres et les beaux pavillons du Bois-Corbeau, des murs de clôtures tombant en ruines et une ferme ancienne, c'est la Bougonnière.

En 1504, cette propriété appartenait à un sieur Bertrand qui signait Bertrand de Saint-Hilaire, écuyer seigneur de l'Écornerie et de la Bougonnière.

La première mention de la Bougonnière que portent les registres de la paroisse est celle-ci :

1711 (19 mars). -Mestre Jean Dugast, procureur, notaire de Montaigu, sieur de la Bougonnière.

1715 (27 janvier). - Mestre Mathurin Paris, sieur de la Bougonnière.

1726 (6 avril). - Dlle Mathurine Dugast de la Bougonnière.

Puis cette maison passe dans une autre famille, on ne sait au juste à quelle date.

Mais en 1777, elle était ]a propriété de Frédéric-Hardouin Bellouard.

Voici ce que nous lisons dans les mémoires de La RéveilIère-Lépeaux[12], parlant de son retour de Paris à Montaigu, en 1777.

…"Je fus reçu à bras ouverts par mes parents et je fis alors connaissance avec mon beau-frère, car ma sœur s'était mariée pendant mon séjour à Paris, - Frédéric Bellouard de la Bougonnière, qu'elle avait épouse, avait de l'esprit naturel et l'âme élevée, mais il était tout à fait privé d'éducation.

Son père, homme spirituel et fort instruit, était un égoïste des plus déterminés, qui n'avait pas dépensé un sou pour l'éducation de ses enfants.

Bellouard de la Bougonnière possédait, à un quart de lieue de Montaigu, la jolie terre dont il portait le nom. Il y passait l'été avec ma sœur et nous y faisions de fréquentes promenades."

1780, 8 juin. - Baptême de Marie-Lucie, fille de noble homme François-Frédéric-Hardouin Bellouard, sieur de la Bougonnière, conseiller du roi, assesseur en la maréchaussée générale du Poitou. en la résidense de Montaigu, et de dame Marie-Charlotte de La Réveillère.

1782, 4 novembre. - Sépulture de noble homme François-Hardouin Bellouard, sieur de la Bougonnière.

(Extrait des registres de la paroisse.)

PAINERIE, ÉCORNERIE, BOUTERIES
Hautes-Basses
La Painerie, où l'on voit encore les ruines importantes d'une ancienne maison féodale, était un fief situé sur la rive gauche de la Maine, où se trouvaient, à quelques centaines de mètres les unes des autres, des gentilhommières élevées pittoresquement sur la crête du coteau. La Cantinière, la Painerie, l'Ecornerie, la Négrie.

La première mention que l'on trouve faite de la Painerie, remonte au XVe siècle, dans l'acte de fondation de la chapellenie des Gestrin de la Motte et de la Lévardière, desservie en l'église Saint-Jean-Baptiste de Montaigu, reçu devant Léonard Thevin et Guillaume Gras-Morton, clercs-jurés de la cour de cette baronnie en janvier 1407.

Il y est question d'un Raoul de la Painerie, qui possède en même temps l'Écornerie.

En 1563, on trouve mentionné dans une instruction, pour informer du saccagement par les réformés, des château et chapelle du chapitre de Montaigu, qui s'y trouvait alors incluse, "maistre René Robin, sieur de la Painerie, greffier de ce lieu."

En 1518, Gilles Robin, fils de René ci-dessus, cumulait ce greffe et le fermage de la baronnie.

Voici le préambule d'un état de sa gestion, présenté à sa bailleresse en 1581.

"C'est le compte des recettes et mises que rend à très haulte et puissante dame Jehanne de Montmorency, duchesse de Thouars, veuve de très haut et très puissant seigneur Mgr Loys de la Trémoille, vivant chevalier de l'ordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes, duc de Thouars, prince de Tallemond et baron de Montagu, au nom et comme ayant la garde noble de messeigneurs les enfants dudit feu et d'elle, Gilles Robin, fermier de la dite baronnie de Montaigu, pour les droits, parts et portions à madame, dame et audit non. Appartenans en icelle, provenant de la ferme à luy faite par ledit feu seigneur pour cinq ans, qui ont commencé dès le jour et feste de saint Jehan-Baptiste 1573, ledit jour exclusivement pour finir à pareil jour inclusivement 1578, pour en payer par chacun an par ledit Robin à mond. seigneur, la somme de treize cents livres tournois, en deux termes par moitié, etc."

En 1585 (le 1er novembre), le même Robin, Gilles, sieur de la Pesnerie, figure comme témoin dans un acte d'abjuration d'Estienne Vinet, sergent royal de cette cour. Ce qui démontre que cette famille était catholique.

Sur la fin du XVIe siècle, au commencement du XVIIe, ce Gilles Robin se qualifiait licencié ès-droits, avocat du roy en l'élection de Mauléon, juge et sénéchal des seigneuries de Bois-Cholet et de l'Herbergement Entier.

En 1638 (22 mai), à l'assignation des hommages généraux de la baronnie de Montaigu, donnée par l'ordre du nouveau seigneur, Gabriel de Machecoul, comparut Pierre Robin, écuyer, sieur de la Painerie, de Lescornerie et des Bouteries[13], comme fils aîné et principal héritier de defunt Charles Robin, son père, tant pour lui que pour ses frères et sœurs, afin de faire à Monseigneur de céans deux fois et hommages liges, l'un pour raison de la maison noble de Lescornerie, et l'autre pour cause de la maison des Souteries, en la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, leurs appartenances et dépendances, requérant y être reçu, ce qui eut lieu.

Cette famille Robin de la Painerie, comme on le voit, a une assez singulière histoire. Elle ne possède d'abord que le greffe de la cour de la baronnie de Montaigu, puis elle devient fermière de cette même baronnie.

Elle trouve son compte dans le fermage, puisqu'elle acquiert Lescornerie et les Bouteries.

De plus, elle se qualifie d'écuyère second degré, pour arriver à la chevalerie. Elle tend évidemment à s'élever par l'acquisition des fiefs et des alliances nobiliaires.

C'est ainsi que l'un de ses membres, Jean Robin, sieur de la Tremblaye près Cholet, avait épousé Dlle Éléonore de Morissy-Bariot. Il fut condamné comme faux noble, en 1606, à une amende de mille livres, tandis que sa veuve, l'année suivante, 1607, fut maintenue noble par sentence du 10 décembre, de Barentin.

Pierre Robin qui, lui aussi, avait épousé une demoiselle de noble famille, Renée Bodin, eût probablement subi la même condamnation si la mort ne l'en eût préservé. Sa veuve, Renée Bodin, fut maintenue noble de son chef.

Leur unique héritière, appelée Renée comme sa mère, entra dans une famille d'origine illustre ; elle épousa, en 1669 (2 avril), Jacques-René Escoubleau de Sourdis, capitaine des vaisseaux du roi, alors simplement entretenu dans la marine, beau-frère du célèbre chef d'escadre Gilles de la Roche Saint-André.

On trouve l'explication de son mariage avec une riche héritière d'origine bourgeoise, par la lettre suivante du grand ministre Colbert à son cousin Colbert du Terry, intendant de marine à Rochefort, en date de Saint-Germain-en-Lay, 24 janvier 1666.

"Pour ce que vous me dites du divorce dans lequel seront les affaires du chevalier de Sourdis, en lui ôtant l'Hermine, il a fait tant de fautes dans la conduite de son vaisseau que je ne le trouve pas capable de naviguer tout seul ; et je crois qu'il sera bon qu'il navigue encore quelque temps sous le sieur de la Roche-Saint-André. Pour ses comptes, il sera nécessaire que vous les examiniez et que vous les arrêtiez."

(Lettres, instructions et mémoires de Colbert, publiées par Clément de l'Institut, t. III. p. 47.)

Plus tard, Escoubleau de Sourdis devint chef d'escadre en 1680, et mourut à Brest, 23 janvier 1686.

De ce mariage naquirent plusieurs enfants, une fille, Marie-Anne, épousa Gabriel Buor de la Lande.

Un des fils, Jacques-Hyacinthe, se maria à dame Marie de la Brunetière du Plessis-Gesté, en Anjou.

C'est lui qui fit placer à la suite de la terre, située à l'angle nord du jardin de la Painerie, un belvédère élégant avec sortie sur le coteau de la Maine. Sur le palâtre en granit de cette porte on voit les initiales H. D. S. (Hyacinthe de Sourdis sans doute) et la date 1728, et les armes des Escoubleau qui sont : parti d'azur et de gueules à la bande d'or brochant sur le tout.

On pense que ce fut lui qui fit reconstruire le château de la Vannerie dont on voit les ruines. C'était un édifice assez vaste qui comprenait 14 chambres à feu. Il n'a jamais dû être complètement achevé, car on voit encore les trous ayant servi aux échafaudages, qui n'ont jamais été bouchés.

Vers 1760, son fils vendit la Painerie à son voisin Duchaffault de la Senardière, qui le possédait à la Révolution et qui la racheta à la vente des biens nationaux.

Plus tard elle fut vendue au baron de Castelnau, dont la veuve l'a cédée depuis à la famille Trastour, de Montaigu, qui possède aussi l'Ecornerie.

De cette dernière maison il ne reste rien, sinon une fuie monumentale qui atteste son ancienne importance.

(Extrait des Échos du Bocage, 5e année, n° 3, p. 82.)

On trouve aussi mentionnés sur les registres de la paroisse, en 1718 (3 octobre), Dlle Catherine Cadoc de la Bretonnière[14].

1724, 16 avril. - Mestre Charles Musset, notaire royal, sieur de la Bretonnière, procureur du marquisat de Montaigu.

1729, 16 août, - Messire Arbaud Gabriel Badreau, seigneur du Butaie.

1735, 9 juillet. - Prudence Badreau du Butaie.

1783, 2 novembre. - Sépulture de Dlle Marie Chardonnelle de Riaillé, âgée de 76 ans, par messire Lefeuvre, doyen de la collégiale de Saint-Maurice de Montaigu. Ont assisté, messieurs : Sauvaget, sous-chantre, Bonnin-Rochaillau, Goupilleau et Guillaume, chanoines de Montaigu ; et Jacquenot, sacristain de la collégiale.

SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY ET LA RÉFORME
Ce n'est point une étude complète que nous voulons entreprendre sur les luttes religieuses dans cette paroisse, au XVIe siècle : d'autant que les secousses qu'elle a ressenties dans ces troubles n'ont été qu'un contre-coup, dû à sa proximité de Montaigu où la lutte fut si mouvementée et si longue.

Placé en effet sur la route qui conduisait de Montaigu à Nantes, Saint-Hilaire devait subir, tout d'abord, les incursions des protestants.

La ville de Montaigu était alors un centre de refuge où les protestants se trouvaient parfaitement à l'abri : elle avait un château-fort avec des fossés creusés dans le roc, au milieu d'une contrée dont la noblesse, dit Marchegay, était généralement calviniste. Son voisinage de la Bretagne, où dominait le catholicisme, en faisait une sorte de boulevard pour chacun des deux partis. La lutte la plus acharnée, pour la possession de cette place, eut lieu en 1579 et 1580. D'Aubigné en a raconté les émouvants et sanglants épisodes, tant dans son Histoire universelle que dans ses Mémoires.

Ce que dit ici M. Marchegay de la noblesse des environs de Montaigu est confirmé, du moins, pour Buor de la Lande, par les Mémoires de Charles Colbert, que nous avons déjà cités plus haut.

Quant aux Gastynayre, qui étaient propriétaires de la Preuille, la pièce signée de dix-huit gentilshommes de la baronnie de Montaigu, que nous avons citée à l'article de la Preuille, montre quelle influence les protestants avaient acquise dans le Bas-Poitou (1560).

Elle atteste aussi que les Gastynaire de la Preuille, bien que récemment arrivés dans le pays, avaient su s'y créer des relations et obtenir une place importante au milieu de toutes les maisons nobles des environs.

Trois ans plus tard, en 1563, le pays était bouleversé par les agitations des protestants ; c'est à ce moment, surtout, que les réformes se livraient au pillage des églises, et c'est à cette époque que l'on doit faire remonter la destruction des voûtes, des vitraux, des sculptures, dont on découvre encore les traces dans un grand nombre de nos vieilles églises.

Pour s'en convaincre, qu'on lise la pièce suivante où figurent quatre seigneurs de Saint-Hilaire : le sieur de la Mussetière ; le sieur de l'Esmangeardière ; le sieur de la Bougonnière, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay ; le sieur de Bois-Corbeau, demeurant près Beaufou, que l'on regarde comme propriétaire du Bois-Corbeau, en Saint-Hilaire.

Ce document, avec ses détails, nous paraît devoir être du plus haut intérêt pour l'histoire des troubles du XVIe siècle dans la contrée :

Instruction et mémoire pour faire informacion à la requeste de Mgr de la Trimouille et du procureur du roy, joinct avecques luy, des volleries, saccagemens, meurtres, proditoires, assemblées illicites, forces et violences qui luy ont été faictz en sa terre, ville et chasteau de Montagu, les vendredy, sabmedy et dymanche premier de la Passion dernière 1563.

Convient entendre que le sieur de la Bellotiére, de Saint-Mars, et son filz, le capitaine Orgueil, hostellier, demourant à Bordeaulx, le sieur de la Forte-Escuyère, paroisse de la Boissière et en la baronnye dudit Montagu, le sieur de la Mussetière, le sieur de l'Esmangeardière, le sieur de la Bouguenière, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, aussi de la terre dudit Montagu ; le sieur de Boys-Corbeau, demourant près Beaufou, et beau-frère dudit Forte-Escuyère, tous accompagnez de trois ou quatre cens hommes, dont ilz se disoient capitaynes et conducteurs, vindrent, le premyer dymanche de la Passion, assaillir la ville dudit Montagu, la prindrent d'assault, pillèrent et saccagèrent tous les habitans qui y étoient, hormys les huguenots ; contraindrent lesdits habitans leur bailler grant somme de denyers, autrement qu'ils parachèveroient de piller et saccager tout. Item, ledit jour de dymanche, assaillirent le chasteau dudit lieu de Montagu, le firent rendre entre leurs mains par le sieur de Boys-Basset, lors garde d'icelluy, pillèrent tous les meubles de mondit seigneur, saccagèrent son église canonyalle, la pillèrent entièrement de tous les joyaulx qui y étoient, soict trésors, croix, calices, relicques, ornement de drap d'or, vellours, satin, linge, que aultres choses qu'ils y purent trouver, vallant le tout de vingt-cinq à trente mil livres.

Firent breusler les lettres, titres et enseignements de mondit seigneur, rompirent et brisèrent les vitraulx, tant du dit chastel que de ladite église, arrachèrent et emportèrent le plomb du clochier, dalles et agouts dudit chastel ;

Demeurèrent en iceluy chastel et ville de Montagu huict ou dix jours, vivans à discrétion et faisans mille maulx violens, pilleries et larrecins, tant en la dite ville que ès paroisses circonvoysines, ès villages, et sur le laboureur ; emmenèrent beufz, vaches, moutons, poulailles et autre bestial, et contraignoient les pauvres gens rachapter leur dit bestial ; emportoient lard, gresse, beurre, foing, avoyne et tout autre provision desdtis pauvres gens ; et encore leur déroboient et volloient leurs meusbles et ustencilles de maison ; et qui pis est, les géhennoient, battoient et oultragoient pour leur faire enseigner leurs trésors ; leur mectant des œufz chaulx soubz les esselles, comme ilz firent à la Benacyzière, en la paroisse de Chavaigne, près et en la terre dudit Montagu dont ung nommé Chaillou en est depuis cuydé mourir ;

Tuèrent le vicaire et deux autres presbtres de ladite paroisse de Chavaigne, en ladite terre de Montagu, et les tirèrent et firent cruellement et inhumaynement mourir à coups de hacqueboutes, et encores après leur mort, les ayant dépouillez tous nudz, leur donnèrent plusieurs coups d'espées, en grande horreur et cruaulté inhumayne.

Se vériffieront lesdits excès, crimes et delictz, sçavoir est : ceulx qui ont esté faictz en la dite ville de Montagu, par le sieur du Chesne, homme d'honneur, riche et d'autorité ; le sieur Brethommé et sa femme ; maistre René Robin, greffier dudit Montagu ; sire Jehan Menenteau ; Francyn le Mercyer, sa femme, filz et bru ; honneste femme Marie Bretonneau ; Jehan le Febvre ; Jehan de Faye ; maistre Blays-Bredoyt.

Et ceulx qui ont été faictz audit chasteau se vériffieront par le sieur de Boys-Basset ; messire Nouel Guerry, curé de Saint-Jacques ; messire Nycollas, curé de Nostre Dame ; messire Clément Berthonneau ; ung nommé Le Pin de Saint-Laurent-sur-Sepvre, et autres qui lors étoient souldatz avecques ledit Boys-Basset, audit chastel.

Toutesfoyz, qui voudra regarder de près et examyner la vérité du faict, l'on trouvera que ledit Boys-Basset ne se sçauroit excuser qu'il ne soict tenu dudit sacq et pillage faict en ladite ville et chasteau, aussi bien que les devant nommez.

Car premièrement il se disoict capitayne et garde dudit chastel, avoict souldatz avecques luy, étoict garni, quelque chose qu'il die, d'armes, harquebustes, faucolneaulx, pouldre, boullectz, harnoys blans, picques, javellynes et autre munition propre et suffisante pour la tuycion et défense dudit chasteau, heu esgart à la grande forteresse d'icelluy, et que les annemys n'etoient que sédicieulx, sans autorité valable, n'ayans canons quelzconques pour l'assaillir, et la plus part d'iceulx sans armes, que de fourches et bastons, les ungs ferrez, les autres non.

Est ledit chasteau près et joignant la porte par laquelle entrèrent lesdits annemys, battant en plain et à descouvert devant icelle pour empescher d'en approcher, si ledit Boys-Basset eust aucunnement voullu tirer et se mectre en debvoir de bon et loyal capitayne, comme il estoit tenu ; ce qu'il ne voulleut oncques faire, ainsi le prohiba à ses souldatz et presbtres susdits estans avec luy audit chastel.

Plus estant ainsi ladite ville prinse, soubdain et dès le mesme jour rendit auxdits annemys ledit chasteau sans coup frapper, moyennant seullement qu'il eust ses baques saulves, sans aucunement parler ne faire composicion des meubles de monseigneur et trésors de son église, ne desdits pauvres presbtres qui y estoient.

Et pour préremptoire et monstrer de sa faulte évidente, malice et intelligence que ledit Boys-Basset avoit avecques lesdits annemys, ne voulleut jamais permectre que lesdits. Presbtres cachassent lesdits meubles de mondit seigneur et trésors de sa dite église, combien que lesdits prebstres et autres estans audit chastel, luy remonstrèrent, auparavant que lesdits annemys arrivassent, que aysément ilz en auroient le moyen par eschelles et cordes pour les descendre au pied et par le derrière dudit chastel, où il y avoit citernes, caves et lieulx segretz et cachez fort propres pour cest effet, sans estre sceu de personne.

Parquoy, veu qu'il voulloit sauver ne biens, ne personnes qu'il a auvert les portes sans coup frapper, que ledit chasteau estoit imprenable, hors de sappe et d'escalade, que les annemys n'avoient moyen de l'opfencer, qu'il ne s'est mys en deffence ne de parole ne de faict, comme ung fidel et loyal capitayne est tenu et obligé de faire, tant de droict commun que par les ordonnances du roy, premyer que de se rendre, et que la nécessité et contraincte n'y soit apparente ; il est sans difficulté, toutes ces choses bien considérées, que ledit Boys-Basset ne se scauroit excuser de crime si clair et manifecte que cestuy.

Quant aux homycides, meurtres, volleries et excès, publiquemmt faictz sur les champs paroisses et villages, et dont l'intérest et pugnicion apartient à mondit seigneur, comme estans faictz et commis en sa terre, l'on en trouvera tesmoings à suffire, et en tel nombre que l'on voudra.

Mesmement si mondit seigneur prent la payne aller sur les lieux, et, en sa présence, faire faire ladite informacion, en quoy faisant il est à présumer qu'il n'y aura celluy qui ne désire faire son accord et satisfaction à mondit seigneur, attendu mesmement que, par l'édict de la paix, sont exceptez les volleurs et meurtriers ; joinct en outre la grandeur, auctorité et puissance de mondit seigneur, et encores que lezdits excès ont esté faictz après la conclusion de ladite paix.

Fault noter qu'il y a plusieurs artisans et bellistres de Montagu, qui étoient du nombre desdits sedicieulx, lesquelz, s'ils estoient prins, confesseroient aizément la vénté, descouvriroient et enseigneroient où ont esté mys et portez les trezors et meubles de mondit seigneur.

Et déjà on a sceu quelques lieux et maisons où il y a encores à présent partie desdits meubles, comme l'on pourra dire de bouche à mondit seigneur.

Ne sera oublié de mectre, par lesdites informacions, maistre Hilaire Méance, frère du chastelain de Montagu, parce qu'il a esté l'ung de ceulx qui plus a faict de maux èsdits meubles et trésors de mon seigneur."

Cinq années après, en 1568 (5 juillet), le roi Charles IX se plaignait amèrement au comte du Lude (Guy de Daillon), gouverneur du Poitou, des vexations exercées par les protestants.

"Monsieur le comte, jay esté adverty par une lettre qui a esté prinse que l'on escrivoit au sieur de Sanzay, que au bas païs de Poictou se font ordinairement sinodes et assemblées en armes, et que ledit païs s'est tellement rempli de gens de cheval que l'on ne trouve que troupes de cinquante et soixante qui courant le plat païs, vont bruslant les églises et exercent sur mes pauvres subjects tant de maulz et insollance, mesmes à l'endroit des prestres, que l'exercice de la religion catholique cesse ou bien sil s'y en est faict, est en cachette, la voullant du tout anéantir et semer la leur par infiniz presches qu'ils y ont establiz et ès environ de Montaigu, ville qu'ils ont réduite à leur dévotion.....

De quoy je vous ay bien voulu advertyr, affin que vous mectiez peyne d'en descouvrir la vérité, pour aussi tost me le faire entendre, affin que si les choses vont de cette façon par dela, l'on y puisse donner ordre de bonne heure avant qu'elles empirent davantaige. Au demeurant, Monsieur le comte, je vous ramentevroi toujours de tenir la main à lobservation de mon édit de pacification, et à faire faire à bon essient la pugnition des contrevenans à iceluy, de sorte que mes subjects par force ou par amytyé puissent vivre les ungs avecques les autres en paie et amytyé. Priant Dieu, Mons le conte, vous avoir en sa garde.

       De Boullongne, le cinquième jour de juillet 1568.

Signé : CHARLES.                        

Et plus bas : de Neufville avec paraphe.

Et au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc."

Dans une autre lettre, datée du même jour, Charles IX écrit encore à M. du Lude :

"Monsieur le conte, sur les remonstrances qui m'ont esté faictes par ceulx de mon païs de Poictou que estant la plupart de la noblesse dudit païs de la relligion a attiré a soy une grande partye du commung peuple qui semble chacun jour par leurs actions avoir envye de remuer quelque chose.....

Et que pour le regard des forces que ledit païs désire estre entretenu ès chateaux de Poictiers, villes de Parthenay, Fontenay, Saint-Maixent, Niort, Meslay, Chauvigny, Montaigu, Thiffauges et Bresseuyre, j'ay remis cela à vous qui estant sur les lieux vouz pouvez mieulx considérer et juger ce qui est nécessaire que moy qui ne veulx neantmoings, veu les grandes chairges qu'ont à porter mes pauvres subjects durant ces derniers troubles qu'il se face aucune dépense superflue, ains seullement ou se verra la nécessité apparente et le bien de mon service grandement le requiers."

Les agitations de la religion prétendue réformée n'en continuèrent pas moins sur la fin du règne de Charles IX et au commencement de celui de Henri IV: si bien, qu'en 1580, Montaigu, qui appartenait à la famille de la Trémouille, tomba au pouvoir des calvinistes (avril 1580).

Le 5 janvier 1581 une ordonnance du duc d'Anjou, frère de Henri III, est publiée à Coutras pour mettre fin aux hostilités,

"De par Monseigneur le duc d'Anjou frère unicque du roy nostre souverain seigneur.

…..Mon dit seigneur désireux d'accomplir l'intention de sa Majesté et pourveoir à ce que ses dits subjects jouissent le plus tôt que faire se pourra du bien de la dicte paix, à tous tant utile et nécessaire, se reconsilient par ensemble et rendent à sa Majesté toutte obéissance, comme ils sont tenus de faire, deffend très expressément à toutes personnes tant catholicques que de la religion prétendue refformée, de quelque qualité qu'elles soient, de cy après entreprendre ny attenter aucune chose par voye d'hostilité les uns contre les autres faire aucunes desmolitions, prises et ravissements de bestial, biens, meubles et autres choses quelsconques imposer et lever deniers et contributions..."

Le comte du Lude qui assiégeait Montaigu, y fit publier le traité de paix de Fleix, en Périgord, entre les ambassadeurs du roi de Navarre et François de Valois, duc d'Anjou, frère de Henri III. Par une des clauses, cette place devait être livrée par les calvinistes au roi Henri III.

Le 2 février 1581, le duc d'Anjou pressait le comte du Lude de licencier ses troupes, tout en exigeant le démantellement de Montaigu.

…"J'ai entendu que les forces que vous avez mises sus pour le siège de Montaigu sont encore ensemble, et m'en a faict, le roi de Navarre mon frère et ceulx de la religion prétendue refformée plainte et remonstrance ; et d'autant que le premier chef de l'entretenement de ladite paix gist au licenciement des forces du roy ; mon dit $eigneur et frère, sans lesquels lesdis de la religion ne sont tenus d'autcune chose je vous ay faict la présente pour vous dire et prier que incontinant icelle receue vous ayez à séparer toutes les dites forces comme aussi je vous prie de tenir la main au desmantellement du dit Montaigu, (Chronique du Poitou, tom. XIV, p. 163.)

De son côté, Henri III écrit deux jours après, le 4 février (1581), à M. du Lude.

…"Pour ce que Je désire que le dit desmantellement soit si bien faict que nous ne soyons jamais plus en peine de ceste place, qui a tant porté de préjudice à mes affaires et services et est cause de tant de mal à mes pauvres subjects tant de votre gouvernement que de celluy de Bretaigne, Anjou et lieux circonvoisins." (Chroniques du Poitou, p. 164.)

D'où l'on voit que les habitants de Saint-Hilaire avaient à souffrir, d'autant plus qu'ils se trouvaient sur le passage des troupes faisant des incursions contre la Bretagne,

En effet, le 21 février (1581) suivant, Henri III écrivait encore au même comte du Lude,

…"Monsieur le comte Je suis fort aise que vous ayez donné ordre à l'établissement de la paix au dedans de votre gouvernement et désire que de la mesme affection que vous portez au bien de mon service, vous ayés à entreprendre l'ouvraige du desmantellement du chasteau de Montaigu, suivant les articles de la conférence de FIes et de Coutras, y faisant travailler de si bonne sorte que cela puisse estre exécuté au plus tost, trouvant bon que vous advisiez avec le sieur de Tilly qui doit aller de la part de mon frère le duc dAnjou faire recevoir ledit Montaigu, des moyens les plus propres qui se pourront tenir pour le dit desmantelement, qu'il faudra faire à la moindre despense du peuple qu'il sera possible. J'escripts aussy au sieur de la Huhauldaye qu'il regarde de son costé de y ayder, et que ensemble vous vous accordez de ce qui sera raisonnable, que la Bretaigne contribue à cette dépense là pour sa part, attendu le bien utilité quelle ressentira, quand elle sera deschargé des incursions du dit Montaigu.

Sur ce je supplie le créateur, Monsieur le comte, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.

Escript à Saint-Germain-en-Laye le 21e jour de février 1581, Signé Henry."

Le roi de Navarre et les calvinistes ne se pressaient point d'abandonner la place, et le 12 mars, Henri III écrivait de nouveau au comte du Lude une lettre où il laisse voir son irritation.

"Monsieur le comte, il me desploit infiniment de ceste longueur qui se retrouve en l'exécution de la reddition de Montagu."

Nous avons vu que, dans sa lettre du 21 février, Henri III dit que M. de Tilly avait été chargé, par le duc d'Anjou, de recevoir la ville de Montaigu.

M. Marchegay a publié la lettre du duc d'Anjou où il est dit :

…"Vous recepvrez et acceptrez ladite place du dit sieur de la Boullaye, ou autre qui commandera en icelle pour le roi de Navarre, mondit frère, et incontinent que vous serez introduis et logé en icelle. Vous prierez M. le conte de Lude de faire procéder incontinent au desmantellement de ladicte ville et chasteau, Selon la commission du roy mon seigneur et frère, qui lui a esté emvoyée : que vous ferez faire et exécuter de sorte que sy après nul ne sy puisse loger en espérance de tenir fort, comme on l'a tant de fois cy devant faict à la ruine perte et dommage du pauvre peuple des environs dudit Montaigu.[15]

Cependant, le roi de Navarre ne se pressait pas de faire livrer Montaigu. Henri III, mécontent, s'en plaignit (12 mars) Enfin, Catherine de Médicis annonça au comte du Lude (17 mars 1581) que les délégués du roi de Navarre partaient avec mission de livrer Montaigu, elle lui recommandait d'y veiller avec soin, car on pouvait encore soupçonner de la mauvaise volonté. La place fut livrée par les soins de d'Aubigné et démantelée par le maréchal de Retz.

Mais. comme une suite de ces guerres continuelles, les pauvres habitants de Saint-Hilaire et ceux des alentours eurent toujours à souffrir des expéditions d'hommes d'armes, des corvées imposées par les capitaines de châteaux.

Aussi les voyons-nous, en 1591, s'unir aux habitants de Treize-Septiers, de la Boëssière et de Bazoges pour implorer la pitié de Mgr de la Trémouille. Voici cette pièce curieuse :

1591, novembre. - Requête des habitants de quatre paroisses à leur baron, au sujet des violences et exactions ruineuses qu'exercent sur eux les capitaines de châteaux occupés par les gens du Roi, comme par les ligueurs.

A monseigneur monsieur de la Trymouille. Supplient très humblement votre Grandeur vos pauvres sujets, manans et habitants les paroisses de Saint-Hilaire-de-Loulay, Treze-Septiers, la Boëssière et Bazoges, le tout dépendant de votre baronnie, terre et ségneurie de Montagu, lesquelles paroisses ont tellement été ruinées, avec toute la baronnie par le moyen des sièges mis devant ladite ville de Montagu, tant par monsr de Nevers que autres armées auparavant qui y auroient passé et séjourné, (que) auroient lesd. habitants desd Psses, avec toute la baronnie de Montagu, souffert plusieurs grandes pertes et ruines tant en leurs personnes que biens.

Ce néanmoins, sans y avoir égard, les capitaines des garnisons de Clisson, pays de Bretagne, Thiffauges, la Seguinière, pendant qu'elle était tenue par ceux de l'union, prochaines desdites paroisses, les ont tellement taxées, et taxent de jour en autre, à grandes et telles sommes de deniers à payer chacun mois de l'an, et autres charges comme charrois, toutes les semaines, audit Chsson, et pionniers tous les jours sur chacunes d'icelles, tellement que cela excède quatre fois et plus par chacun dit an que les derniers ordinaires de la taille que le Roy a acoutumé prendre sur les taillades en icelles, encore que par ci-devant il eut plu à Sa Majesté envoyer lettres-patentes à monsr de Mallicorne, gouverneur en Poitou, pour faire commandement auxdites garnisons de Clisson et Thiffauges, et autres, de ne rien prendre ni faire aucunes levées de deniers en votre dite baronnie de Montagu. Duquel mandement lesdites garnisons, tant de Clisson que de Thiffauges, n'ont tenu et ne tiennent compte, qui est occasion qu'ils ont fait et font pis que jamais, imposant tous les jours nouveaux subsides sur lesd. psses,

Que, s'il ne plait à Votre Grandeur avoir pitié de vos pauvres sujets, et leur procurer quelques soulagements, ils demeureront en peu de jours n'ayant aucun moyen de plus supporter si grandes charges, accablés sous le faix et ruinés de fond en comble comme il y en a déjà plusieurs, vu le nombre d'exactions, inhumanités, forces et violences que exercent et y commettent d'autre part les soldats tant desd. garnisons que autres. Et encore depuis trois semaines tant le capitaine Villefranche, qui use telle cruauté que l'on avait encore ouï parler, en leurs personnes, familles, bestiaux que autres leurs biens meubles, que ceux de Clisson et Thiffauges emportent et ravissent pour raison de ce, sans aucune forme de justice, règle raisonnable ni police militaire ; dont de tel désordre provient autant ou plus de perte et incommodité à vos pauvres sugets que des excessives sommes levées par lesd. garnisons par une infinité d'inventions de tyrannies et concussions sur lesd. paroisses. Encore dimanche dernier, Xe du présent mois, a été pris, à la sortie de la grand'messe de Treize-Septiers, dix à douze personnes qui sont pauvres gens de village, et emmenés prisonniers à Clisson, par le commandement de Monsr d'Avaugour, lequel demande à la paroisse de Treize-Septiers la valeur de plus de mille livres tournois, qui est la totale ruine de lad. paroisse, et semblablement des autres paroisses de lad. Baronnie.

Ce considéré, il vous plaise, Monseigneur, faire lever et ôter, par le seigneur d'Avaugour et autres tenant garnison pour le Roy notre sire, lesdites taxes et munitions sur lesd. paroisses à l'avenir, comme n'étant en rien sugettes, lez paroisses de votre baronnie de Montagu des baronnies de Clisson et Thiffauges. Et ce faisant, vos pauvres sugets prieront Dieu pour vous, comme naturellement ils y sont obligés, que Dieu vous préserve en santé avec accroissement d'heur et félicité."

A l'appui de cette requête furent produites des copies d'un grand nombre de pièces, entre autres les deux mandements dont le texte suit :

"Messieurs les paroissiens de la psse de Treze-Septiers, je vous envoie ce memoire pour vous avertir que vous n'ayez à faillir d'envoyer lundi prochain six hommes avec leurs pics, pelles, tranches, et autres ferrements, pour travailler pour les fortifications de cette place de Tiffauges, à continuer huit jours durant ; et ceux qui déffaudront, vous !es mettrez par écrit, afin de me les envoyer pour les contraindre par gens qui se feront bien payer de leurs peines.

       Fait à Tiffauges le 28 de septembre 1591.

Champigny."         

"Paroissiens de la Boëssière, vous ne faudrez a faire trouver jeudi prochain le nombre de charretiers qu'il faudra pour aller quérir à Vendrenne le nombre de quinze pipes de chaux, pour amener jusques à la Bruffière. Et à faute de ce faire. vous y serez contraints par toutes les voies et rigueur de la guerre.

       Fait à Clisson ce 30 septembre 1591."

Les faits qui précèdent sont, du reste, confirmés par la lettre de l'un des principaux gentilshommes de la contrée à Jeanne de Montmorency, mère du jeune duc Claude de la Trémoïlle :

"Madame, je vous ay cy devant escript comme les garnisons de Clisson et Thiffauges ruynent tellement les subjets de vostre baronnie de Montagu que tous ceux qui en oyent parler s'esmerveillent comme les pauvres gens peuvent fournir à payer les grosses munitions qu'ilz sont contrainctz de payer à chascunes desdictes garnisons par chascun mois, tant par emprisonnement de leurs personnes que de leur bestiail. Et où vos pauvres subjets défaillent de paier, les soldats desdites garnisons ne sont pas paresseurs, dès le lendemain du terme escheu, d'aller par les paroisses prendre les prisonniers, tant personnes que bestes : qui sont doubles fraitz pour les pauvres gens, qui sont tellement accablés qu'ils n'ont plus moyen d'y pouvoir satisfaire synon abandonner leurs maisons et biens.

De Vostre Asson ce 9 april 1592.

Je désire demeurer à jamès. Madame, votre très humble serviteur, Jehan Baudry qui baise en toute humilité les mains de Votre Grandeur."

 

L'Edit de Nantes, en 1598, n'apporta pas une paix complète, et quelque vingt ans plus tard, nous trouvons encore à Saint-Hilaire des troubles qui émurent même le parlement de Paris.

2 juillet 1620, - Arrêt au parlement de Paris faisant défense aux religionnaires d'enterrer leurs corps dans les églises et dans les cimetières des catholiques, et en particulier ordonnant que l'église de Saint-Hilaire-de-Loulay sera réconciliée par l'évêque, parce que le vieux Lallier, de la religion prétendue réformée, avait été inhumé avec violence et avec armes dans l'église de Saint-Hilaire-de-Loulay. (Note ajoutée au manuscrit d'Aillery)

Ce fait, ainsi que l'expédition à main armée de l'évêque de Luçon Aimeri de Bragelongne, en 1626, à Saint-Denis-la-Chevasse, nous révèle l'ardeur des haines dans cette lutte religieuse.

On sait ce que furent ces dissensions et ces luttes dans notre pays, et les expéditions de Louis XIII. Il fallut l'énergique main de Richelieu pour détruire la puissance des seigneurs protestants, en les forçant de démanteler toutes leurs forteresses et leur enlever leur influence dans le Bas-Poitou.

 

                        


 

ÉTAT NOMINATIF

DES

CURÉS, ET VICAIRES

DE LA

PAROISSE DE SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY
Avec notes extraites des registres paroissiaux

      

1680. - M. Potiron, curé.

            Dugast, vicaire.

1681. - G. Floreoy, prêtre substitué aux fonctions curiales.

            Flaivre, vicaire.

1684. - Huteau, curé.

1690. - Guillaume Paulin, vicaire.

1690. - Rodelle, vicaire.

1690. - Benoît, vicaire.

1690. - Charles de Quatre-Barbes, vicaire.

1693. - J.-B. Lebaud, curé, ayant le zèle des âmes pour la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay.

1694. - Benoît, curé, ancien vicaire(1690) de la paroisse.

1694. - Billot, vicaire.

1696. - M. Brunelllière, curé.

1698. - M. Brin, vicaire.

1700. - Le Roux. curé, inhumé dans le cimetière, le 26 octobre 1709, âgé: de 35 ans.

1701. - (24 août). - Fabre, vicaire.

1701. - (20 décembre). - Boutaud, vicaire.

1702. - (10 janvier). - Gourraud, vicaire.

1705. - (8 février). - Jucher, vicaire.

1705. - (18 août). - Grimaud, vicaire, inhumé le 27 octobre 1710, âgé de 46 ans.

1710. - (31 mars). - De Masalue, curé.

1710. - (11 octobre). - Poisson, vicaire.

1714. - (29 décembre). - Gabriel Guillemin, curé.

1716. - (20 janvier). - Chesneau, vicaire.

1718. - (15 avril). - Bonnin, vicaire.

1718. - (2 juillet). - Brunellière, vicaire. I1 se retira dans la paroisse où il mourut et fut inhumé le 1er juillet 1735, âgé de 53 ans.

1721. - (6 mars). - Louis-Victor Baudry, curé, mort curé de Saint-Hilaire-de-Loulay en 1739, âgé de 46 ans.

1723. - (5 novembre). - Audureau, vicaire.

1725. - (27 février). - Grudé, vicaire.

1726. - (2 mars). - Jacques de Puy-Rousset, vicaire.

1728. - (16 août). - Garreau, vicaire.

1728. - (20 décembre). - René Thomazeau, vicaire.

1730. - (6 juillet). - Pierre Guillard, vicaire.

1730. - (18 octobre). – Mathès, vicaire.

1732. - (5 janvier). - Pierre Moreau, vicaire, inhumé en 1773.

1739. - (28 novembre). - Jean-Pascal Goret, curé, mort curé de Saint-Hilaire-de-Loulay, le 23 février 1779, âgé de 85 ans.

1764. - (31 août). - Burcier, vicaire.

1772. - (13 avril). - Courseau, vicaire.

1776. - (18 octobre). - Allain, vicaire.

1779. - (23 mars). - Piveteau, vicaire.

1779. - (3 avril).- Jean-Étienne Moynat de Vert, curé.

1779. - (4 septembre). - Yvon, vicaire.

1782. - (24 décembre). - Oursin, vicaire.

1783. - (mars). - O. Hara, vicaire.

1783. - (19 décembre). - Hébert, vicaire.

1786. - (3 février). - Thouzé, vicaire.

M. Moynat de Vert, qui était curé de Saint-Hilaire en 1789, se rendit à l'assemblée du clergé de la Sénéchaussée du Poitou qui s'ouvrit à Poitiers le 20 mars 1789. Il était fondé de pouvoirs de M. Pierre-Charles Buor, curé de Boufféré, et de M. Charles-Samuel-Martin Goupilleau, curé de la Guyonnière.

Son nom ne figure pas dans le procès-verbal d'ouverture (20 mars 1789) ; mais nous le trouvons dans le procès-verbal de clôture (3 avril 1789), où il signe Moynat de Vert, curé de Saint-Hilaire-de-Loulay.

Ce fut lui qui rédigea la déclaration suivante des revenus de la cure et du vicariat de Saint-Hilaire (14 février 1790).

                  

Déclaration des revenus de la cure et du vicariat
de Saint-Hilaire-de-Loulay,

14 février 1790

      

Je, soussigné, curé de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, diocèse de Luçon, affirme devant MM. les membres de la municipalité de ma paroisse, assemblés par la convocation de M. le maire, que le revenu de ma cure consiste dans les objets ci-après détaillés.

Savoir :

1. La maison presbytérale, avec ses dépendances et son jardin, qui forment ensemble la quantité de six boisselées de terrain.

2. Deux prés, contenant 8 boisselées. estimés, à l'usage du pays, pouvoir valoir l'année commune, soixante-douze livres.                                                                                                                                721.

3. Une pièce de terre labourable, contenant 15 boisselées, estimée, à l'usage du pays, 451.

4. Une autre pièce de terre labourable, contenant 10 boisselées, autrefois en vigne au complant, et dont j'ai acheté la souche de tous les teneurs, moyennant la somme de 600 livres, comme je m'offre à le prouver, tant par des actes notariés que sous-seings privés. J'estime ladite pièce valoir présentement de rente,          251.

Tous ces objets sont les seuls dont je jouisse par mes mains.

Plus 25 boisselées de terres labourables, situées en quatre villages, dont les fermes passées par devant notaires ne produisent que 71 livres par an,                                                                                        711,

Plus six journaux de mauvaise vigne, au titre de complant, à la quatrième partie des fruits rendus à la cure, avec un chapon et demi et 3 deniers de cens, dont acte par devant notaires, en date du 21 août 1786. Ladite vigne ne m'a pas encore produit trois barriques de vin depuis onze ans, ce qui est cause que je n'en fais pas l'estimation. Cependant, je crois devoir la porter à 3 livres.                                                                                           31.

Plus, en rentes requérables dans 27 villages de cette paroisse et dans trois autres paroisses voisines, le nombre de 120 boisseaux de bled seigle, tant mesure de Montaigu, pesant 28 livres, que mesure de Clisson qui pèse 18 livres, le tout estimé, année commune, devant produire 216 livres, déduction faite des frais indispensables pour les ramasser,                                                                                                                                        2161.

Plus, en rentes, vulgairement appelées "droit de boisselage", accoutumées d'être payées depuis environ 300 ans, 68 boisseaux estimés 112 livres, déduction faite des frais nécessaires,                                1121.

Plus la cure perçoit, en rentes d'argent, la somme de 181 livres 4 sous 4 deniers, pour fondations que je suis obligé d'acquitter, sans y comprendre celles dont sont grevées les 25 boisselées de terres affermées à différents particuliers, comme il est dit de l'autre part, lesquelles charges se trouveront confondues dans la déclaration ci-après,  1811. 4s4d

Plus la dixme au 16 en bled-seigle, froment, orge, avoine, millet, sarrazin et lin, estimée, année commune, valoir la somme de 523 livres, y compris aussi la dixme de vin,                                                   5231.

                                                                                                                                 --------------

                                                                                                                                 12481.4s4d  

J'affirme que ma cure n'a d'autres fonds en propriété que ceux mentionnes dans ma déclaration, que j'estime valoir 1,248 livres 4 sous 4 deniers, comme il m'est facile de le prouver par les titres et l'expérience que j'en ai faite depuis onze ans que j'en suis titulaire. Sur quoi il faut déduire les charges dont je fais de suite la déclaration.

Charges dont la cure est grevée
1. Six saluts du Saint. Sacrement fondés et dont la rétribution totale fut fixée à la somme de 30 livres,  301.

2. 23 services de fondation fixés à la somme de 57 livres 10 sous.                              571.10s

3. De 43 messes hautes fondées, 64 livres 10 sous,                                                     641.10s

4. De 32 messes à basse voix fondées et dont la rétribution est fixée par le règlement diocésain à la somme de                                                                                                                                          321.

Plus de la rente de 13 boisseaux 1/3 de bled-seigle, mesure de Clisson, et rendable à l'hôpital de ladite ville, laquelle rente se trouve hypothéquée sur la dixme que je perçois sur trois villages de ma paroisse, cette rente est estimée 22 livres, à raison des frais de la conduite,                                                                             221.

Plus de l'obligation de loger et nourrir un vicaire, laquelle j'estime au bas mot me faire une rente annuelle de   4001.

Plus des réparations usufruitières de la maison presbytérale et de ses dépendances, estimées, année commune.                                                                                                                                          601.

Plus de la taille et des autres impositions fixées à la somme de                                    241.19s

                                                                                                                                  -----------

                                                                                                                                   6901,19s

OBSERVATIONS

En prenant possession de la cure, en l'année 1779, il a été reconnu, par le général de la paroisse, que le presbytère était dans la nécessité d'être reconstruit en partie. Les habitants m'ayant chargé de cette entreprise, je déclare être dans le cas, de prouver avoir avancé de mon argent la somme de 5,200 livres en sus de celle qui m'a été remise en mains dans l'assemblée de la paroisse pour parfaire les réparations.

J'affirme aussi que tous les titres justificatifs des biens, rentes et des fondations dépendants de ma cure sont inventoriés et déposés dans un coffre fermant à trois clefs et que j'ai aucune connaissance qu'il en ait été soustrait.

De plus, je déclare être titulaire d'un bénéfice simple situé dans ma paroisse, appelé la stipendie ou chapelle de la Cantinière, à patronage laïque ; son revenu consiste en trois petites pièces de terre labourables, affermées, par devant notaire, la somme de                                                                                                         391.

Plus une petite dixme sur un canton des propriétés du présentateur ; j'estime cette dixme valoir tout au plus,                                                                                                                                              241.

                                                                                                                                  -----------

                                                                                                                                     631.

Les charges sont de 24 messes par an fixées selon le règlement du diocèse à               241.

Je ne suis dépositaire d'aucun titre de ladite chapelle ; de plus j'affirme n'avoir reçu aucun pot-de-vin de toutes les fermes annoncées dans ma déclaration.

       A Saint-Hilaire-de-Loulay, le 14 février 1790.

Signé : Moynat de Vert. 

La présente déclaration faite et reçue par devant nous, Maire et Officiers municipaux, et inscrite sur le registre à Saint-Hilaire-de-Loulay, le 14 février 1790.

Dugast du Rorthais ; Buor de la Lande ; Badreau ; Griveau ; Soulange.

Je soussigné, vicaire de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, diocèse de Luçon, Bas-Poitou, en vertu du décret de l'Assemblée nationale, déclare devant Messieurs les Officiers municipaux posséder, comme vicaire dudit lieu, une maison sise dans ce bourg, inhabitée à cause de sa vétusté, et un jardin contenant environ une boisselée et demie. La dite maison et jardin chargés de la rente de… sous due à la cure.

Je déclare, en outre, n'avoir aucune connaissance qu'il ait été soustrait aucun titre concernant les susdits objets ; j'affirme la dite déclaration sincère et véritable.

       A Saint-Hilaire-de-Loulay, le 14 février 1790.

Thouzé, ptre.          

La présente déclaration a été faite et reçue par devant nous, Maire et Officiers municipaux, et inscrite sur registre à Saint-Hilaire-de-Loulay, le 14 février 1790.

Buor de la Lande ; Badreau ; Dugast du Rorthais ; Griveau ; Moynat de Vert, curé ; Soulange.

Le dernier acte de M. Moynat de Vert, avant la Révolution, est un baptême, du 17 juin 1792. Celui de M. Thouzé est également un baptême, du 4 juin 1792.

M. l'abbé Thouzé devait revenir après la Révolution à Saint-Hilaire comme curé[16].

Dès le mois de mars 1792, faute de prêtres catholiques dans les paroisses environnantes, surtout de la Loire-Inférieure, de Chateau-Thébaud, du Bignon, de Montbert, on apportait les enfants pour leur faire recevoir le baptême à Saint-Hilaire et les personnes qui voulaient se marier y venaient recevoir la bénédiction nuptiale.

Parfois les parties se faisaient publier dans leurs paroisses, soit dans l'église par le prêtre intrus, soit par l'officier public à la porte de l'église, puis venaient se faire marier à Saint-Hilaire, ne voulant pas, ainsi que le portent les actes, recevoir de sacrements de prêtres reconnus comme apostats par toute l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.

Pendant la Révolution, la paroisse de Saint-Hilaire eut le bonheur d'avoir toujours un prêtre, M. l'abbé Girard, enfant de la paroisse, vers lequel on accourait de toutes parts, pour recevoir les sacrements. Il ne put échapper aux révolutionnaires que grâce à ses expédients personnels et aussi grâce au dévouement de ses compatriotes[17].

La cure de Saint-Hilaire-de-LouIay, consistant dans la maison curiale, les servitudes, le jardin, le verger, la charmille, fut mise en vente à Fontenay-le-Peuple le 6 germinal, an 6 de la République (20 mars 1798), et adjugée pour la somme de 1,200 fr., le 13 germinal, même année, à M. Boyer, demeurant à Clisson, par l'entremise de M. Chessé, demeurant à Fontenay, chargé de procuration par M. Boyer.

Vente des biens du clergé de Saint-Hilaire, l'an VI de la République.

L'an six de la République française une et indivisible, le six du mois de germinal, à dix heures du matin.

Nous, administrateurs du département de la Vendée, nous sommes transportés, accompagnés du commissaire du directoire exécutif près l'Administration départementale, dans la salle de nos séances ordinaires,

Où. étant, ledit commissaire du directoire exécutif a annoncé qu'il allait être procédé à la réception des premières enchères pour la vente des biens ci-après désignés, indiquée par l'affiche. du 6 ventôse dont il a été donné lecture, laquelle affiche a été bien et duement publiée et apposée dans les lieux prescrits par la loi, suivant les certificats ci-annexés de l'administration municipale du canton où sont situés les biens, et les autres administrations municipales du département, lesquels biens consistent en ce qui suit :

CONSISTANCE

La maison curiale et dépendances de Saint-Hilaire-de-Loulay. La maison sans portes ni fenêtres, les murs les planchers et le carrelage dégradés. En plusieurs endroits, les ménageries aussi sans portes ni fenêtres, et les murs dégradés en divers endroits ; le premier près à crouler ; tous les objets couverts à thuiles ; une cour au devant, renfermée par les ménageries, et la maison d'un côté, et d'un bout, et de l'autre bout par des murs ; le tout contenant en superficie trois quarts de boisselée, mesure de Montaigu.

Le jardin entouré de murs écroulés en plusieurs endroits, contenant environ une boisselée et demie.

L'affiage ou le verger, dans lequel il y a une charmille, contenant environ trois boisselées et demie,

Une pièce de terre labourable, contenant six boisselées, appelée la pièce de la Cure, située près du village de la Pinelière. Plus un petit pré, au bord de ladite pièce et séparé d'icelle par une haie, contenant une boisselée, joignant le tout d'un côté aux terres de la métairie du Pin, d'autre côté au nommé Joumeau, les héritiers Pierre Barreaud, les héritières Buor et autres, d'un tout à la rivière de la Maine et d'autre tout à un chemin de servitude.

Une maison en ruines, composée de deux chambres basse et haute, avec une boisselée et demie de jardin autour d'icelle, joignant d'un côte le pré du citoyen Gaillard, d'autre côté aux héritiers Chasteigner, d'un bout au grand chemin, d'autre bout à la rue,

Un pré, nommé pré Brochard, contenant avec ses haies en partie des deux bouts, etc., d'un côté, environ dix boisselées. Borné d'un côté à la nommée Joussebert et Pierre Gaillard ; d'un autre côté et d'un bout audit Gaillard, d'autre bout aux citoyennes Morinière, estimé d'un revenu annuel 30 francs.

D'une autre pièce de pré, nommé pré des Barres, contenant cinq boisselées, borné d'un côté et d'un bout à deux chemins de servitude ; d'un autre côté à la veuve Jean Mainguet, de l'autre bout à Pierre Clénet, estimé d'un revenu annuel, 15 francs.

Une autre pièce de terre, nommée les Gâtineaux, contenant avec ses haies des deux cotés et d'un bout, environ quatre boisselées de terre labourable, bornée des deux côtés à Pierre Gaillard, des deux bouts aux héritiers de feu Jean Piffeteau, estimée d'un revenu annuel de 8 francs, vendue 1,160 francs.

Lesdits biens formant un seul lot d'estimation, suivant le procès verbal du commissaire-expert, nommé par l'Administration départementale, en date du 29 pluviôse, fait et rédigé, présent le citoyen Fayau, commissaire du directoire exécutif près l'Administration municipale du canton de Montaigu, a été porté à la somme de 800 francs de capital, calculée vingt fois sur le revenu annuel de 40 francs.

Le 13 germinal, adjugée au citoyen Chessé, pour 4,000 francs, lequel a déclaré agir au nom du citoyen Boyer, greffier du tribunal, à Clisson, en vertu d'une procuration.

       Signé : Maigue, Chessé, Pervinquière, Gauly, Coyaud.

Le lendemain de l'adjudication, 14 germinal, la cure fut cédée pour la même somme, par M. Boyer, à MM. J.-B. Dabin, Pierre Rayneau, Jacques André, Louis Chiron, Louis Dugast et Louis Guichet, tous de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay, agissant au nom de tous les habitants.

C'est un précieux souvenir pour tous les habitants de Saint-Hilaire que celui-là, et les noms de ces six habitants qui ne craignirent pas de se faire les mandataires de tous, au risque d'attirer sur eux et leurs familles les haines révolutionnaires, méritent d'être conservés.

Ces six habitants gardèrent la propriété de la cure jusqu'au 15 juillet 1820. Dès le 10 août 1800, une quête fut faite dans la paroisse pour les indemniser de leurs frais d'acquisition, et ce ne fut qu'en 1820 que la cure fut définitivement cédée en toute propriété à la commune, par sous-seing privé des acquéreurs, à la date mentionnée plus haut, pour servir à perpétuité et pour toujours de logement au curé desservant et à ses successeurs.

Plus tard, la Fabrique fit l'acquisition du presbytère et de ses dépendances, au prix de 9,000 francs (7 décembre 1866).

Le 29 décembre 1808, une demande concernant l'exercice des cultes, fut faite par le préfet, au ministre de l'intérieur, pour les paroisses du diocèse. Voici ce qu'il disait dans son rapport sur Saint-Hilaire

Saint-Hilaire
Tout est convenablement organisé dans cette commune ; ils ne demandent qu'une cloche, estimée 1,000 francs.

Montaigu avait demandé 1,000 fr. pour le presbytère, et 6,000 fr. pour l'église.

"Placé sur la route de Montaigu à Nantes, dit M. Aillery[18], et sur la limite du diocèse, Saint-Hilaire-de-Loulay a été traversé tour-à-tour, en 1792, par les vainqueurs et les vaincus ; c'est là l'entrée de la Vendée. A meilleur titre, elle s'honore du passage de plusieurs princes. En 1808, Napoléon et l'impératrice Joséphine passèrent à Saint-Hilaire ; à une époque plus rapprochée, les ducs de Bourbon, d'Angoulême, traversèrent le bourg. En 1828, ce fut par Saint-Hilaire que Mme la duchesse de Berry entra dans la Vendée. Un nombreux concours d'habitants, venus des paroisses voisines, s'était porté à l'arc de triomphe élevé à la limite du département. Là, le marquis de Foresta, préfet de la Vendée, accompagné de Mgr Soyer, évêque de Luçon, de M. le marquis de Saint-Belin, commandant le département, et du colonel de gendarmerie La Voirie, eurent l'honneur de recevoir Madame, aux cris de : Vive le Roi ! Vive à jamais les Bourbons !"

A propos du passage de l'Empereur et de l'Impératrice à Saint-Hilaire, voici un document assez curieux :

L'Empereur et l'Impératrice avaient traversé Saint-Hilaire au galop de leurs chevaux.

Partis de Fontenay, le matin du 8 août, à 3 h. 1/2, à minuit 45 minutes ils sortent du département de la Vendée au pont de Remouillé[19].

"Arrivé cette nuit à Nantes, écrit Tampon de la Jariette, cité par B. Fillon, l'Empereur est extrêmement content du peuple de la Vendée."

En voyant cette course échevelée, et en la rapprochant de certains faits, par exemple du dîner à Montaigu, le soir du 8 août, où l'Empereur entre en fureur parce que l'Impératrice s'était trouvée mal après avoir bu un verre d'eau trop fraîche, on serait autorisé à croire que Bonaparte avait peur des "géants".

Quant à la Duchesse de Berry, elle devait revenir quatre ans plus tard, à Saint-Hilaire-de-Loulay, en fugitive cette fois, cachée sous un déguisement d'emprunt, demander l'hospitalité à la Preuille, où elle fut reçue, comme nous l'avons raconté déjà, avec le pieux enthousiasme et le respectueux dévouement qu'inspirait sa grande âme.

1801. - Charles-Louis-Hyacinthe Touzé, vicaire de Saint-Hilaire avant la Révolution, en devint curé et resta seul jusqu'au mois de mai 1816. La même année, le 27 août, il mourut à l'âge de 53 ans et fut inhumé en présence de MM. Pierre-Charles Buor, curé de Montaigu ; Joseph Dugast, desservant de la Bruffière ; Regain, desservant de la Bernardière ; René Valton, prêtre ; Claude-Bonaventure Bureau, prêtre ; Julien Mérand, vicaire de Saint-Hilaire ; Duchaffault, prêtre ; Retailleau, desservant de Saint-Hilaire-du-Bois.

1816, mai. - Julien Mérand, vicaire.

L'église de Saint-Hilaire-de-Loulay, comme plusieurs autres églises du département de la Vendée, fut incendiée pendant la guerre qui désola ce pays dans les années 1793-1794. Tous les ministres de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, étaient alors ou déportés dans les pays étrangers, ou prisonniers, ou cachés dans les forêts et dans les retraites les moins fréquentées. La persécution suscitée à la religion chrétienne commença en 1790, et ses ministres n'ont commencé à respirer qu'en 1800.

Pendant la persécution, les habitants de Saint-Hilaire-de-Loulay n'avaient pu s'occuper des réparations de leur église ; on ne leur eût pas permis de le faire, et de plus, aucun ministre n'aurait eu la permission d'y exercer les fonctions ecclésiastiques. Mais aussitôt que le Gouvernement Français eut laissé la liberté au culte catholique et autorisé la rentrée des prêtres dans leurs paroisses, les habitants de Saint-Hilaire se rassemblèrent et votèrent à l'unanimité la reconstruction de leur église, et chacun d'eux y concourut de tout son pouvoir.

1816, 4 novembre. - J.-Bte Allain, curé, décédé à Saint-Hilaire, où il s'était retiré en 1831 et où il mourut le 8 mai 1853. Il fut inhumé dans le cimetière de la Rabatelière.

1817, 24 juin. - Veneri, vicaire. Il ne resta que jusque vers la fin de mai 1818. A partir du 22 octobre 1824, M. Regain, ancien curé de la Bernardière, demeurant à Saint-Hilaire, fait souvent des baptêmes jusqu'au 31 juillet 1830.

1831, 1er mai. - Louis-Martin Crochet est installé comme desservant par Monseigneur Soyer ; le 17 décembre 1836, il meurt au milieu de travaux de reconstruction de l'église.

1831, 1er mai. - Girard, vicaire.

1833, 27 décembre. - Erection d'une croix monumentale dite Calvaire de la Grand'route, à la suite des exercices du jubilé, à l'occasion de l'exaltation de S. S. le pape Grégoire XVI.

1834, 8 juillet. - Martineau, vicaire.

1835, 15 octobre. - M. Crochet fonde l'école chrétienne des Frères dans sa paroisse, avec le concours des Frères de Saint-Laurent-sur-Sèvre.

 

                        

1836-1837. - RECONSTRUCTION DE L'ÉGLISE

DE SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY

      

L'antique église de Saint-Hilaire-de-Loulay, déjà plusieurs fois réparée, ne pouvait plus, depuis longtemps, contenir les religieux habitants qui s'y rendaient en foule, les fêtes et les dimanches, pour assister aux saints offices. M. Louis-Martin Crochet, alors desservant de la paroisse, encouragé par les sages conseils et les pieuses libéralités de plusieurs personnes dont les noms demeurent inscrits au livre de vie, au lieu de faire relever le mur du midi qui tombait en ruine, proposa au Conseil de Fabrique de renverser l'ancienne église et d'en bâtir une nouvelle assez spacieuse pour satisfaire aux vœux et aux besoins de tous les paroissiens.

Les membres du Conseil de Fabrique, savoir : M. le vicomte Victor de Cornulier du Bois-Corbeau, président ; Pierre Poiron, de la Fouctière, secrétaire ; Mathurin Hervouet, de la Sallerie, trésorier ; Pierre Chauveau, du bourg, maire de la. commune ; Charles Orieux, de la Grancle-Bernerie ; Pierre Chasseloup, du Poiron-Babonneau, conseillers, et M. Crochet, desservant, vu l'impossibilité, malgré les réparations, de mettre l'ancienne église en harmonie avec les besoins de la population, considérant l'offre généreuse de M. de Jousbert (20,000 fr.) ainsi que les désirs et la bonne volonté de tous les habitants qui s'engageaient à contribuer selon leurs moyens à la construction d'une nouvelle église, prirent, le 26 avril 1835, une délibération par laquelle il fut arrêté que l'ancienne église, devenue trop petite, serait remplacée par une nouvelle.

Après avoir rempli toutes les formalités prescrites par la loi, la direction des travaux fut confiée à M. Liberge, architecte, demeurant à Nantes. M. Moussier, entrepreneur, demeurant également à Nantes, s'étant rendu adjudicataire de cette entreprise, après avoir démoli l'ancienne église, commença les travaux de construction au mois de février 1836.

La première pierre, placée derrière le maître-autel, dans le fond du rond-point, fut bénite, le 4 octobre 1835, par M. Benjamin Gouraud, supérieur du grand séminaire de Luçon, vicaire général du diocèse, né à la métairie des Noues, en cette paroisse.

M. Crochet étant mort le 17 décembre 1836, et M. Gabriel Remaud, lui ayant succédé le 22 janvier 1837, les travaux commencés continuèrent sous la surveillance du président de la Fabrique et du trésorier. Enfin, tout étant à à peu près terminé, Monseigneur l'Illustrissime et Réverendissime René-François Soyer, évêque de Luçon, sur l'invitation de M. le desservant, cédant aux pieux désirs de tous les habitants, fit, le 7 novembre 1837, la consécration solennelle du nouveau temple, en présence d'un nombreux clergé (72 prêtres, 21 séminaristes) et d'un grand concours de fidèles, tant de la paroisse que des paroisses voisines, venus pour assister à cette touchante cérémonie.

La souscription de l'église s'était élevée à .......................................................... 31,094 fr.

La dépense s'éleva à .......................................................................................... 67,777 fr.

1837, 22 janvier. - Gabriel Remaud, curé.

1837, 1er juin. - J. Baudry, vicaire.

1841, 16 août. - A. Barilleau, vicaire.

1841, 22 décembre. - Villain, vicaire.

1846, 2 décembre. - C. Grelier, vicaire.

Le 2 février 1838, érection solennelle d'un chemin de croix par M. l'abbé Pierre Ecarlatte, chanoine honoraire, missionnaire apostolique, curé de Pouillé.

Du 11 novembre 1838 au 13 décembre, grande mission par les Pères de Saint-Laurent : Marchand, Galliot, Denis, Vion et Ruppin. A peine dix personnes de la paroisse ne firent pas leur mission ; plus de trois mille personnes suivirent les exercices et reçurent la sainte communion.

1841, 10 octobre. - Etablissement de l'école religieuse des Sœurs, confiée à la communauté de Saint-Gildas.

1843. - Construction du clocher et de la flèche de l'église, au prix de 7,367 francs.

1845, 23 septembre. - Bénédiction de deux cloches nouvelles, lesquelles, avec la moyenne qui existait déjà, donnent une tierce majeure : sol, fa, mib.

La grosse pèse 948 kilogrammes, la moyenne 575, la petite 446 kilogrammes. Elles ont coûté, y compris les accessoires, 3,654 francs, et ont été fondues par M. Bollée, du Mans.

La grosse fut appelée Victorine-Adélaïde, et eut pour parrain M. le vicomte Joseph de Monti, de la Mussetière ; pour marraine Mme la comtesse Louis de Cornulier, de la Lande.

La petite fut appelée Dominique. Elle eut pour parrain M. de Nacquart de la PreuiIle, et, pour marraine, Mme Dugast, de la Bernerie.

Le beffroi a coûté 1,000 francs.

Le 18 février 1847, M. Remaud part de Saint-Hilaire pour aller occuper la cure de Saint-Jean-de-Monts.

18 février 1847. - François-Thomas Nerrière, curé. Il est installé par M. Benjamin Gouraud, vicaire général.

"Parmi les nombreux ecclésiastiques que la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay a donnés au diocèse, écrit M. Aillery, dans ses notes, nous ne pouvons nous empêcher de citer le pieux et vénérable M. Gouraud, vicaire général et Supérieur du séminaire de Luçon."

M. Benjamin Gouraud entra plus tard dans la congrégation des missionnaires de Saint-Laurent où il mourut.

1849. 20 mai. - De Suyrot, vicaire.

1849. 1er décembre. - Soulard, vicaire.

24 octobre 1847, bénédiction de la chaire, œuvre de M. Frédéric Griveau, de cette paroisse. Elle a été payée 2,000 francs.

Dans le courant de novembre 1852, M. l'abbé Nerrière quitte Saint-Hilaire pour entrer chez les missionnaires de Saint-Laurent.

1852. novembre. - Jean Raballand, curé, est installé par M. Benjamin Gouraud, vicaire général.

1853. 31 décembre. - François Hilaireau, vicaire.

1858. le 28 mars, M. Raballand abandonne Saint-Hilaire pour aller occuper la cure de l'Aiguillon-sur-Vie.

1858, 18 avril. - Etienne Gendron, curé, est installé par M. Benjamin Gouraud, vicaire général.

1858, - Armand Salles, vicaire,                                                                                        1863

1861, 5 janvier. - Louis Cousseau, premier second vicaire,                                             1870

1863, 29 août. - Clément Goguyer,                                                                                  1871

1870, 25 juin. - Pierre Clavier,                                                                                         1877

1871, 22 janvier. - Adolphe Michaud,                                                                             1879

1877, 28 octobre. - Eugène Trichet,                                                                                 1882

1879, 11 octobre. - J.-Bte Billet,                                                                                       1882

1882, 17 mars. - Gustave Robergeau,                                                                              1883

1883, 1er août. - Bouquard,                                                                                              1883

1883, 14 janvier. - Eugène Goupilleau,                                                                           1889

1883, 3 juin. - Joseph Pilard,                                                                                           1884

1884, 1er janvier. - Alexandre Chevalier,                                                                         1886

1886, 1er janvier. - Charles Rertret,                                                                                  1888

1888, 3 juillet. - Constant Chabirand,                                                                              1892

1889, 10 mai. - Etienne Gendron,                                                                                    1890

En 1861, fondation du second vicariat, lequel connu par le Gouvernement, le 7 avril 1862.

2 juillet 1873. - Bénédiction de la première pierre de la chapelle du château du Bois-Corbeau.

17 août 1876. - Bénédiction par Monseigneur Jules-François, évêque de Luçon, de la chapelle du Bois-Corbeau.

1880. - Restauration de l'église aux frais de la commune.

1881, 3 octobre. - Adjudication de la reconstruction du presbytère par la Fabrique, lequel a coûté 26,000 fr.

1882, 14 janvier. - Erection d'un nouveau chemin de croix par Mgr Catteau, évêque de Luçon.

1886, 1er juillet. - Grand pèlerinage eucharistique au château de la Lande. Le nombre des assistants a été porté à vingt mille. Le pèlerinage était présidé par Mgr Catteau, évêque de Luçon. Toutes les paroisses du canton, ainsi que bon nombre d'autres des environs, tant de la Loire-Inférieure que de la Vendée, y prirent part.

1890, 13 novembre. - M. Gendron, obligé de se retirer du ministère à cause de ses nombreuses infirmités, quitte le presbytère et va habiter la maison dite de Charité, où il meurt le 16 février suivant, plein de mérites devant Dieu et laissant au monde l'exemple d'un prêtre fidèle à ses devoirs et brûlant de zèle pour le salut des âmes.

1890, 16 novembre. - Louis Cousseau, curé des Lucs, est installé curé de Saint-Hilaire par M. l'abbé Henri Suaudeau, doyen de Montaigu. M. Cousseau avait déjà exercé le saint ministère à Saint-Hilaire comme vicaire, de 1861 à 1870.

1891, 1er janvier. - Clément Baudry, vicaire.

1892, 1er janvier. - Eugène Fulneau, vicaire.

1894, 7 janvier. - Pierre Jagueneau, vicaire.

1891, 20 septembre. - Entouré de la plus grande partie de la population de la paroisse, Mgr Catteau, évêque de Luçon, bénit très solennellement la nouvelle école de garçons, destinée à recevoir les Frères de Saint-Laurent chassés depuis quelques semaines de l'établissement municipal. Le lundi, 28 septembre, a lieu la rentrée des classes avec cent cinquante enfants ; huit jours après, ils étaient cent soixante-dix, tandis que, le jeudi suivant, l'instituteur laïc ouvrait ses classes avec quatre enfants seulement.

Que Dieu récompense les personnes qui, par une générosité vraiment admirable, ont fondé l'école de garçons de Saint-Hilaire, soit par la construction splendide des classes, soit par leur bonne volonté à entretenir, chaque année, cette œuvre au moyen de leurs souscriptions. Citer les noms, ce serait mettre en tête toutes les principales familles de la paroisse, ce serait y ajouter bon nombre d'autres, pour ne pas dire toutes les familles de la paroisse. Il faut laisser à Dieu de récompenser ceux qui savent discrètement faire le bien et n'attendent que de lui le prix de leurs mérites.

(Notes fournies par M. l'abbé Cousseau, curé de Saint-Hilaire-de-Loulay,)

 

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Notes et références

[1] "Dans son état actuel, disait Cavoleau au commencement de ce siècle, la Maine n'a aucune importance ; mais elle peut être facilement rendue navigable, et alors elle serait de la plus grande utilité aux deux départements sur lesquels s'étend son cours. Tout le commerce de l'arrondissement de Montaigu se fait avec Nantes, et le transport ne peut s'opérer qu'avec des voitures et à dos de cheval. C'est surtout de cette manière que se fait le transport du blé, dont cette ville commerçante et populeuse tire une assez grande quantité. Il est facile de sentir quelle extension et quelles facilités donnerait à ce commerce la navigation que je propose ; elle fournirait, en outre, une grande quantité d'engrais à un arrondissement où l'on connaît, mieux qu'ailleurs, le prix de ce premier agent de l'agriculture, et il en résulterait des récoltes plus abondantes, et, par conséquent, la matière d'un commerce plus étendu. Deux cent mille francs suffiraient peut-être à cette opération, qui augmenterait d'autant le revenu de l'arrondissement de Montaigu." (Annuaire statistique du département de la Vendée, pour l'an XII. - 1803 et 1804, par le citoyen Cavoleau, secrétaire général de la Préfecture, p. 93. Fontenay, Goichot, in-8° de 302 p. avec deux tableaux).

[2] Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretagne, tome II, p. 129.

[3] La plus petite n'a que 7 mètres de largeur sur 4 m. 65 de hauteur, les deux autres ont chacune 14,20 mètres sur 8 mètres.

[4] Lisez la Bionnière.

[5] Tome XXIV, p. 212.

[6] Archives nationales J. J. 148, n°321, fol. 164.

[7]  Cité par l'Annuaire de la Société d'émulation, année 1864, p. 175.

[8] M. de Malsate.

[9] La Preuille. -

1° La maison principale de la famille, bâtiments, cour, jardin, parc, écurie, et terre, prés, bois, étangs, domaines en dépendant, et tels qu'en jouissait le ci-devant propriétaire et la comtesse Paris, à qui l'autre tiers appartenant, contenant en tout, environ 175 boisselées de terre.
2° La métairie de la Preuille, actuellement exploitée par Louis Chiron, consistant en divers bâtiments, caireux et jardins, 167 boisselées de terres labourables, 52 boisselées en landes et pâtis et 28 boisselées en pré.
3° La métairie de la Droillardière, actuellement exploitée par Jean Hervouet, consistant en bâtiments, caireux, jardins, 112 boisselées de terres labourables, 26 boisselées en landes et pâtis, et 18 boisselées de pré.
4° La métairie du Poiron-Babonneau, exploitée par Pierre Chasseloup, consistant en bâtiments, jardins, caireux, 121 boisselées de terres labourables, 32 boisselées en landes et pâtis, et 14 boisselécs en pré.
5° La métairie de la Gendronnière, exploitée par Pierre Blain, consistant en bâtiments, caireux, jardins, 222 boisselées de terres, tant labourables que prés, landes et pâtis.
Lesdits biens dépendant de Claude-René Paris Soulange, émigré inscrit sur la liste générale des émigrés, et sur lequel ensuite du séquestre, les biens ont été confisqués par la loi du 28 mars 1793. (Revenus : 1070 francs).
23,000 francs acquis par Mlle Soulange, ayant donné sa procuration à Cougnaud, notaire à Fontenay.

[10] Jacques-Nicolas Le Forestier, comte de Boiséon, officier de marine, 30 ans, né à Morlaix, gendre du comte de Soulanges, dont il ne voulut jamais se séparer, bien qu'il lui eût été facile de se sauver.
Note de M. de la Gournerie (Les victimes de Quiberon, p, 112).

[11] A Badreau, cadet émigré. -

- L'ancienne et nouvelle maison de Bois-Corbeau, consistant en de nombreuses servitudes, la majeure partie incendiée, partie rétablie cours avant-cours le pourpris de Bois-Corbeau.
- Les deux métairies de Bois-Corbeau, consistant en bâtiments et servitudes totalement incendiées ; tous lesdits domaines formant un ensemble de 14 boisselées en jardin, 617 boisselées tant en terre qu'en pâtis, 60 boisselées en landes et 90 boisselées en bois-taillis, et plusieurs futaies éparses.
Tel que le tout se poursuit et comporte qu'en jouissent les citoyens Jean Chasseloup et Bossard, fermiers actuels, et que ses confrontations sont plus ou moins détaillées au procès-verbal d'estimation, en date du 25 pluviôse.
Acquis par le citoyen Gillaizeau des Bionnières-Boufférè, pour la somme de 220.100 francs (18 germinal an 6 de la République).
La Grande-Bionnière, 62.000 francs à Gillaizeau ; la Barillère, 75.100 à Fayau.

[12] Publiés par son fils, tome 1er, p. 40.- Paris, Hetzel, 1873.

[13] Bouterie, terme de vénerie, lieu où l'on boute (lance) la bête.

[14] Cette maison s'appelle actuellement la Bretinnière.

[15]  Annuaire de la Société d'Emulation, année 1857, p. 236.

[16] M. Moynat de Vert a laissé dans les Archives paroissiales de Saint-Hilaire-de-Loulay, un cahier manuscrit intitulé Histoire de la Révolution de France. Cet écrit inachevé est divisé en trois chapitres, y compris l'introduction. Nous lui aurions volontiers donné place, au moins en partie, dans la Chronique de Saint-Hilaire ; mais il est d'un caractère et d'un intérêt trop généraux pour le cadre restreint des Archives du diocèse de Luçon. Notons, toutefois, que le style en est facile, les jugements sûrs et droits, en ce qui concerne surtout les causes de la Révolution, les mœurs de Marie-Antoinette (l'affaire du collier) et les réformes nécessaires.
Le chapitre II qui a pour titre : De l'influence qu'ont eu les Calvinistes sur la Révolution, est traité notamment d'une manière aussi saisissante que juste. L'auteur qui écrivait bien avant 1793, prévoit et annonce, en des termes qui ne laissent aucun doute, la mort du roi Louis XVI dont il compare la situation à celle de Charles 1er d'Angleterre.
Le chapitre III traite de l'influence de la capitale sur la Révolution ; des formes anciennes maladroitement adoptées pour la convocation des États généraux ; du règlement concernant les trois ordres et de l'opinion du public sur ce règlement ; il rapporte une scène burlesque entre un manant et un gentilhomme de Coutances ; des insultes et une attaque dirigées par la populace contre l'évêque de Mâcon, Mgr Moreau ; une insurrection à Nancy ; les vœux de quelques cahiers sur M. de Calonne ; la maladie du Dauphin ; l'accident arrivé au Roi pendant qu'il visitait les réparations de la toiture de son palais et qui lui eût coûté la vie, sans la courageuse énergie d'un couvreur ; les intrigues pour élever M de Machault au ministère ; les insinuations malveillantes répandues contre la noblesse.      N. D. L. R.

[17] Voir le manuscrit de M. Remaud, le concernant, publié dans la Chronique de Saint-Georges-de-Montaigu.

[18] Note de M. Aillery.

[19] Ces chiffres sont extraits d'un mémoire présenté, le 11 novembre 1811, au préfet de la Vendée, par les maîtres de poste (Archives.)

 


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