• Skip to navigation
  • Skip to content

Montaigu-en-Vendée
patrimoine et histoire

Vous êtes ici : P. de Montaigu A-L» la Boissière-de-M» la bande à Depienne

Navigation

  • Accueil
  • Montaigu
    • Histoire de Montaigu
      • avant l'an 1000
      • 1000-1462
      • 1463-1598
      • 1598-1711
      • 1712-1789
      • 1789-1799
      • 1800-1836
      • 1837-1935
      • 1936-2020
      •  
    • Lieux de Montaigu
      • le nom de Montaigu
      • le Château
      • la Vieille ville
      • les Fortifications
      • St-Jacques / alentours
      • St-Nicolas outre-Maine
      • Montaigu hors Fossés
      •  
    • Circuits de visites
      • circuit en 13 étapes
      • circuit en 17 étapes
      • circuit en 21 étapes
      •  
    • Bibliographie sur Montaigu
    •  
  • P. de Montaigu A-L
    • Aigrefeuille
      • "Doléances" d'Aigrefeuille
      •  
    • la Bernardière
      • "Chronique" de la Bernardière
      • "Doléances" de la Bernardière
      • 1832 la Pénissière
      • Pénissière et historiens
      • église de la Bernardière
      •  
    • la Boissière-de-M
      • "Chronique" de la Boissière-de-M
      • Boissière-de-M. église
      • Boissière 1816
      • la bande à Depienne
      •  
    • Boufféré
    • Boussay
    • la Bruffière
    • Clisson
      • 1637, excursion à Clisson
      • Clisson en 1788
      • Cahiers de doléances
      • reconstruction de Clisson
      • architecture de Clisson
      •  
    • la Copechagnière
      • la Cop jusqu’en 1891
      • Pierre Rezeau 1764-1813
      • la Cop en 1838
      • la Cop 1940-1944
      • la Cop 1940-1970
      •  
    • Cugand
      • "Chronique" de Cugand
      • Cugand 1760-1788
      • usages de Cugand en 1788
      • Cugand et Du Boüeix
      • Gabriel Ouvrard
      • Mont Gallien
      • moulins de la Feuillée
      •  
    • Gétigné
    • Gorges
    • la Guyonnière
    • l'Herbergement
      • "Chronique" de l'Herbergement
      • origines médiévales
      • les foires de l'Herber.
      • les foires aux 18e s.
      • les Landes rouges
      •  
    •  
  • P. de Montaigu M-Z
    • Rocheservière
      • anciennes églises
      • église St-Sauveur
      • église Notre-Dame
      • cahiers de doléances
      • Philippe Guitter
      •  
    • St-Hilaire-de-L.
      • le Blaison
      • Bois Corbeau
      • la Mussetière
      • Jean Girard réfractaire
      •  
    • St-Philbert-de-B
      • Croix de procession
      • Landes de Bouaine
      • Doléances de Bouaine
      • la mort de Pierre Noeau
      • Bouaine-Contantinople
      • "Inventaires" de 1906
      • Bouaine patrimoine
      •  
    • Vieillevigne
      • Vieillevigne 1788
      • le Marcheton
      •  
    •  
  • le Poiré-sur-Vie
    • lieux A à B
      • Ajounets
      • Alouette
      • Amours (chemin des)
      • Arnaudière
      • Aubonnière
      • Aumère
      • Auroire
      • Bardinière
        • Gauvrit (Henri)
        •  
      • Bellevue
      • Blanchère
      • Blélière
        • Gauthier (Pierre)
        •  
      • Blézière du Cerny
      • Bobière
      • Bossé
      • Bouchère
        • La Ferronnays (Auguste)
        •  
      • Bourdaisy
      • Boutière
      • Brachetière
      • Brossière
      •  
    • lieux C à D
      • Carpe frite
      • Cerny
      • Champ d'avant
      • Chapelle (quartier de la)
      • Chauchetière
      • Chiron
      • Cordinière
      • Courolière
      • Courtin
      • Croix Bouet
      • Deffend
      • Désert
      •  
    • lieux E à G
      • Ebrière
      • place de l'Eglise
      • Egronnière
      • Ermière
      • Espérance
      • Faucherie
      • Fief
      • Gare
      • Gendronnière
      • Petite Gendronnière
      • Gibretière
      • Grande Croix
      • Grand Pâtis
      • Grange
      • Gros Chêne
      • Guilletière
      •  
    • lieux H à M
      • Huguenots
      • Jamonière
        • Trajan (Guy)
        •  
      • Jaranne
      • Jeanne-d'Arc
      • Jucaillère
      • Lande blanche
      • Londry
      • Maison Neuve
      • Malingerie
      • place du Marché
      • Martelle
      • Mélanière
      • Meslier
      • Messagerie
        • Caillé (H.-J.)
        •  
      • Métairie
        • Travot (J.-P.)
        •  
      • Micherie
      • Mignardière
      • Moissandière
        • Phelippeau (Auguste)
        •  
      • Morinière
      • Moulin Guérin
      •  
    • lieux N à R
      • Nilière
      • N-D de B-N (chapelle)
      • Petit Bourbon
      • Petits Oiseaux
      • Pierre blanche
      • bourg du Poiré
      • Providence
      • Prunelle
      • Puy Chabot
      • Racaudière
      • Ragoiller (moulin)
      • Raymondière
      • Rételière
        • You (Jean)
        •  
      • Grande Roulière
        • Douaud (Armande)
        •  
      •  
    • lieux S à Z
      • Sainte-Anne
      • Saint-Georges
      • Saint-Joseph
      • Saint-Louis
      • Sainte-Marie
      • Saint-Michel
      • Saint-Pierre
      • Sainte-Thérèse
      • Haute Sauvagère
      • Simbretières
      • Surie
      • Tasse aux 3 curés
      • Thibaudière
      • Tuileries de L. bl.
      • Turquoisière
      • Vie (la)
      • Vieille Verrerie
      • Vivier
      •  
    • accès thématique
    •  
  • Vie et Boulogne
    • Beaufou
      • la Vergne
      • Morelière 1793
      • Bultière-1794
      • l'église de Beaufou
      •  
    • Belleville
      • "Chronique" de Belleville
      • la vieille église
      • généalogie des "Belleville"
      • Jeanne de Belleville
        • Jean Ier Harpedanne
        • Jean II Harpedanne
        • Jean III Harpedanne
        •  
      • le Recrédy
      • Belleville de Charette
      • accroissements de 1850
      • Parler en Tolomako
      •  
    • Chapelle-Palluau
    • Falleron
    • la Genétouze
      • "Chronique" de la Genétouze
      •  
    • Grand'Landes
    • les Lucs / Boulogne
      • "Chronique" des Lucs
      • la revue "Lucus"
      • les vitraux des Lucs
      • la "complainte des Lucs"
      •  
    • St-Denis-la-Chevasse
      • "Chronique" de St-Denis
      •  
    • St-Etienne-du-Bois
      • Chronique paroissiale
      • Rochequairie
      • 1793-1794 St-Etienne villages
      • St-Etienne anti-nazi
      • croix de St-Etienne
      • église de St-Etienne
      •  
    • Saligny
      • "Chronique" de Saligny
      •  
    •  
  • Ressources
    • Sources et propriété intellectuelle
    • Savoir-faire et Méthodologies
      • les Reportages et le Journalisme
      • les Enquêtes en Anthropologie
      • du Bien parler français
        • Prononciation du français
        •  
      • du bon usage de la Rhétorique
      •  
    • Dictionnaires de langues
      • langues anciennes et à venir
      • langues d'Europe
      • langues d'Oc et langues d'Oil
      • langues du Proche et du Moyen-Orient
      • langues d'Extrême-Orient et du Pacifique
      • langues d'Afrique subsaharienne
      • langues des Amériques
      •  
    • Bibliothèques
      • Bibliothèque classique
        • Bibliothèque Aa à Az
        • Bibliothèque Ba à Bg
        • Bibliothèque Bh à Bz
        • Bibliothèque Ca à Cz
        • Bibliothèque Da à Dz
        • Bibliothèque Ea à Fz
        • Bibliothèque Ga à Gz
        • Bibliothèque Ha à Kz
        • Bibliothèque La à Lz
        • Bibliothèque Ma à Mg
        • Bibliothèque Mh à Oz
        • Bibliothèque Pa à Pz
        • Bibliothèque Qa à Rz
        • Bibliothèque Sa à Sz
        • Bibliothèque Ta à Uz
        • Bibliothèque Va à Zz
        •  
      • Bibliothèque du Moyen Age
        • Chansons de geste
        • Troubadours
        • Trouvères
        • Poètes fin 13e-fin 15e
        • Romans "bretons", courtois et autres
        • Littératures religieuse et didactique
        • Théâtre et Satires
        • Chroniques et Écrits politiques
        •  
      • Bibliothèque des voyages
        • Arctique - Antarctique
        • Voyageurs du Moyen Âge
        •  
      •  
    •  
  • Contact

  • Accueil
  • Montaigu
    • Histoire de Montaigu
    • Lieux de Montaigu
    • Circuits de visites
    • Bibliographie sur Montaigu
  • P. de Montaigu A-L
    • Aigrefeuille
      • "Doléances" d'Aigrefeuille
    • la Bernardière
      • "Chronique" de la Bernardière
      • "Doléances" de la Bernardière
      • 1832 la Pénissière
      • Pénissière et historiens
      • église de la Bernardière
    • la Boissière-de-M
      • "Chronique" de la Boissière-de-M
      • Boissière-de-M. église
      • Boissière 1816
      • la bande à Depienne
    • Boufféré
    • Boussay
    • la Bruffière
    • Clisson
      • 1637, excursion à Clisson
      • Clisson en 1788
      • Cahiers de doléances
      • reconstruction de Clisson
      • architecture de Clisson
    • la Copechagnière
      • la Cop jusqu’en 1891
      • Pierre Rezeau 1764-1813
      • la Cop en 1838
      • la Cop 1940-1944
      • la Cop 1940-1970
    • Cugand
      • "Chronique" de Cugand
      • Cugand 1760-1788
      • usages de Cugand en 1788
      • Cugand et Du Boüeix
      • Gabriel Ouvrard
      • Mont Gallien
      • moulins de la Feuillée
    • Gétigné
    • Gorges
    • la Guyonnière
    • l'Herbergement
      • "Chronique" de l'Herbergement
      • origines médiévales
      • les foires de l'Herber.
      • les foires aux 18e s.
      • les Landes rouges
  • P. de Montaigu M-Z
    • Rocheservière
    • St-Hilaire-de-L.
    • St-Philbert-de-B
    • Vieillevigne
  • le Poiré-sur-Vie
    • lieux A à B
    • lieux C à D
    • lieux E à G
    • lieux H à M
    • lieux N à R
    • lieux S à Z
    • accès thématique
  • Vie et Boulogne
    • Beaufou
    • Belleville
    • Chapelle-Palluau
    • Falleron
    • la Genétouze
    • Grand'Landes
    • les Lucs / Boulogne
    • St-Denis-la-Chevasse
    • St-Etienne-du-Bois
    • Saligny
  • Ressources
    • Sources et propriété intellectuelle
    • Savoir-faire et Méthodologies
    • Dictionnaires de langues
    • Bibliothèques
  • Contact

1832-1834, les "Bons Enfants" de la bande à Depienne

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

C O N T E N U   en   C O N S T R U C t I O N

 

--------------------

 

A la fin du mois de juillet 1830, une révolution parisienne fit chuter le gouvernement français de l'époque. Le roi Charles X abdiqua laissant la légitimité monarchique entre les mains de son petit-fils, "Henri V", duc de Bordeaux puis comte de Chambord (1820-1883), mais le pouvoir fut récupéré par le duc d'Orléans, un de ses lointains cousins, qui devint "roi des Français" sous le nom de Louis-Philippe. La monarchie légitime déchue gardait cependant des partisans, en particulier en Vendée, et quand en 1832 la duchesse de Berry, mère du tout jeune comte de Chambord, fit une vaine tentative pour le remettre sur son trône, elle eut des soutiens dans la région.

Voilà ce qui en est dit en 1891 dans la Chronique paroissiale de la Boissière, p. 000 :

"En 1832, la duchesse de Berry compta encore de nombreux partisans dans la contrée. Henri et Charles de Germond de la Pinsonnière, Jean Chauvreau, Charles Boisselier, etc., assistèrent au combat de Saint-Aubin. Avant de partir, ils avaient brisé la cloche de l'église en sonnant le tocsin et emmené un bœuf, pris au village du Chêne, jusqu'à la Gaubretière, où ils le tuèrent. aux cris de : Vive Henri V ! et en chantant cette chanson :

Oh ! c'est M. de la Rochejaquelein
Qui veut détruire la République,
Il dit qu'il en aura la fin (bis)
De tous ces coquins
De républicains.

A cette époque, un nommé Bordron, du village de la Grandinière, aurait conduit la duchesse de Berry au village de la Jousselinière, dans une famille de braves paysans appelés Piveteau, chez lesquels la comtesse de la Rochejaquelein se retira aussi quelquefois. Ce brave homme passait un jour devant le poste de soldats philippistes cantonnés dans le bourg de la Boissière et il portait dix livres de poudre pour les Vendéens. "Brigand, lui crient-ils, tu es en fraude !" - "Faites votre devoir", répond Bordron, et il continue son chemin sans qu'on ose le fouiller. Il avait une espingole, mais ne voulant pas la voir tomber entre les mains des ennemis de Henri V, il l'avait cachée sous le seuil de sa porte, de sorte que chaque fois que les soldats venaient faire la fouille chez lui, ils étaient obligés de passer dessus, ce qui l'amusait fort. Les soldats voulaient-ils se permettre des vexations, il leur rappelait la loi et les menaçait de sa fourche."

On retrouva ces soutiens dans l'affaire de la Pénissière qui, le 6 juin 1832, opposa près de la Bernardière, les hommes de Louis-Philippe à des fidèles de la monarchie reversée deux ans plus tôt qui eurent le dessous, malgré une "glorieuse résistance". Et le 9 juin la duchesse de Berry gagnait clandestinement Nantes où elle fut arrêtée et emprisonnée suite à une trahison en novembre suivant. Une agitation légitimiste se maintint localement durant encore près d'une année, avec en particulier "la bande à Depienne" qui, bénéficiant des sympathies d'une large partie de la population, joua les Robins des bois du côté de la Boissière et de Saint-Georges.


--------------------

[…]

"La "bande à Depienne" est restée célèbre dans la région de Montaigu, où elle a sévi longtemps. Un personnage de ce nom avait été interpellé comme susceptible d'être à l'origine d'un mouvement qui avait eu lieu à Vertou, le 7 mai 1831. Le préfet de Loire-Inférieure dut être fort déçu en recevant une lettre de Demangeat, procureur du parquet de Nantes, l'informant que l'interrogatoire du susdit n'avait rien donné. Il lui était d'ailleurs impossible de le poursuivre parce qu'il n'était pas domicilié dans l'arrondissement, et que le délit, si délit il y avait, n'y avait pas été commis. On se borna donc à le diriger sur Avranches en l'obligeant à suivre un itinéraire et en ordonnant aux préfets de rendre compte de ses mouvements. Le préfet de la Manche indiqua donc à son collègue d'Ille-et-Vilaine que le personnage était bien normand comme il l'affirmait. Le nom de sa famille était d'Halwin, mais elle était "nobiliairement appelée de Piennes". Donc, Louis d'Halwin de Piennes était bien passé à Avranches, il avait séjourné à la Meurdraquière où il était né, et de là il s'était rendu à Saint-Lô où il avait des parents. Il en était revenu à Avranches le 18 juillet, d'où il était reparti le 19, à pied, pour Nantes en passant par Rennes. La raison de l'excursion à Saint-Lô était d'obtenir un passeport qui lui avait été délivré sur la foi de son proche parent, le comte de La Varangerie et d'un ouvrier nommé Boivin. De là, il était censé se rendre à Bordeaux. L'avantage de cette destination était le passage obligé par la région nantaise. Le préfet d'Ille-et-Vilaine transmit à son tour l'information à son collègue de Loire-Inférieure en recopiant le signalement figurant sur le passeport. L'homme, qui ne mentait donc pas en se faisant appeler le "chevalier de Piennes", avait 36 ans et mesurait 1,68 m. Son visage plein au front large et au teint clair, s'ornait de petites moustaches blondes et l'aspect en eût été assez agréable s'il n'avait été déparé par un gros nez. Le signalement allait jusqu'à préciser sa garde-robe : une redingote courte de couleur verte, une casquette bleue avec le dessus en cuir verni, ornée d'un galon d'or. On pouvait aussi le rencontrer vêtu d'un habit noir, d'un pantalon de nankin, d'un gilet de poil de chèvre jaune et coiffé d'un feutre noir[1]. Malgré ce signalement détaillé, le gentilhomme-brigand ne fut pas appréhendé. On disait qu'il était ami de Victor de Cornulier, châtelain de Bois-Corbeau près de Montaigu, qui l'aurait hébergé plusieurs mois. Sa bande, en effet, paraît n'être entrée en action qu'en juin 1832 et dura jusqu'en 1834[2].

[…]

C'est aussi l'époque où la "bande à Depienne" défrayait la chronique dans la région de Montaigu, où les frères Comulier, Victor à Bois-Corbeau, et Louis à la Lande en Saint-Hilaire-de-Loulay, le protégeaient. La bande se bornait à exiger de l'argent et de la nourriture, n'agissait que la nuit et campait le jour dans les champs, protégée qu'elle était par la population. Les hommes portaient une sorte d'uniforme fait d'une veste brune, d'un pantalon et d'une blouse bleue dont le drap venait de Clisson, et la nièce d'un métayer servait de couturière. Depienne commandait les souliers à Nantes, et ils étaient mystérieusement déposées au château de la Fouchardière, à Chavagnes-en-Paillers, chez M. de Surgères.

Quelque peu hétéroclites, les armes cependant ne manquaient pas : fusils à piston, de calibre, de chasse, espingoles et pistolets divers. La troupe entreprit aussi le désarmement des gardes nationales. La poudre venait de Nantes et était entreposée au château de Bois-Corbeau. C'est aussi par là que transitait la solde, expédiée de Nantes par Charette[3], qui payait Depienne au titre de chef de bataillon commandant les réfractaires des 12e et 13e divisions du 3e corps d'armée[4].

Depienne aida deux survivants de la Pénissière à échapper aux poursuites. Athanase Motreuil, 24 ans, et Pierre Raffegeau, [qui] avaient pu s'échapper de la prison de Bourbon-Vendée en compagnie de deux déserteurs. De château en château, Depienne guida les deux proscrits jusqu'à Nantes, où une cuisinière se fit délivrer un passeport à son propre usage. Le nom fut modifié et, même si l'histoire ne dit pas comment ils adaptèrent le signalement à leur usage, les deux séminaristes évadés échappèrent pour toujours à la police.

Au printemps 1833, l'atmosphère se gâta. Non pas parmi la population, où la bande jouissait d'une certaine popularité, car en principe elle refusait le vol et la violence. Mais, l'argent de la solde n'arrivant plus guère, l'humeur des déserteurs évadés devint chagrine. Un des déserteurs, le sergent-major Hamon, demanda à partir. Depienne le mena à Nantes et lui obtint un passeport pour Paris. L'autre, un nommé Larchevêque, de Bourges, par l'effet du hasard, resta dans la bande mais très surveillé. Finalement, Depienne l'emmena à Nantes, lui donna rendez-vous, sans doute pour lui procurer un passeport et ne revint pas. Désemparé et sans argent, Larchevêque alla se confier à la gendarmerie et, le 21 juillet 1833, quelques soutiens de la bande furent arrêtés et des armes saisies. Le 30 avril 1834, l'affaire passa devant les assises de Bourbon-Vendée. Depienne fut jugé par contumace pour un ancien vol dans un château et condamné à dix ans de travaux forcés. Il y avait douze autres accusés, parmi lesquels Victor de Cornulier, des cultivateurs, un forgeron, la couturière et les deux déserteurs. L'un d'eux, Hamon, sans doute à bout de ressources, s'était rendu à Neuilly-sur-Seine. Manquaient à l'appel, outre Depienne et Ludovic de Surgères, Méchineau dit Sans-Chagrin, Piveteau dit La Volonté, Julien Le Breton dit Léger, Pierre Poiron dit Va-la-Nuit, tous réfractaires. Depienne et trois autres furent condamnés à mort par contumace, Larchevêque prit huit mois de prison et les autres furent acquittés. La bande à Depienne avait vécu. Les condamnés à mort se cachèrent sans doute sous de faux noms et ne reparurent plus, au moins avant longtemps. Quant à Depienne, il disparut : peut-être regagna-t-il sa Normandie natale ?


--------------------
Notes et références

[1] Archives départementales de Loire-Atlantique, 1 M 561, dossier d'Halwin de Pienne.
[2] La fin de cette bande a été étudiée par Jean Herbauges, Les réfractaires de 1832 en Vendée. "La 'Bande à Depienne' à la Boissière-de-Montaigu", Revue du Bas-Poitou, 1945, p. 143-157, d'après les procès d'assises de la Vendée de 1834.
[3] Athanase Charette, neveu du célèbre François Athanase.
[4] Dans le contexte d'une armée royale légitimiste au service de la duchesse de Berry, en 1832.

 

 

 

[.../...]

 


◄ page précédente : la Population de la Boissière en 1816         Haut ▲         page suivante : Boufféré ►