les moulins à eau et les moulins à vent de Cugand
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La personnalité de la commune de Cugand doit beaucoup à la Sèvre nantaise qui la borde sur toute sa longueur, et aux activités qu’ont connus au fil des ans ses nombreux moulins à eau. Au début du XXIe siècle celles-ci ont disparu, laissant un patrimoine architectural abondant mais aux destinées incertaines.
En 1844, mettant à jour et complétant ce que Jean-Alexandre Cavoleau écrivait trente ans plus tôt, Armand-Désiré La Fontenelle de Vaudoré indiquait à Cugand, la présence de "beaucoup d'établissements industriels, notamment des papeteries très perfectionnées et en grand ; une filature de lin, des fabriques d'étoffes etc."1. Il précisait :
"Les papiers de la Sèvre nantaise continuent à jouir de leur ancienne réputation et les usines qui les produisent ont reçu les améliorations établies ailleurs. Si quelques-unes sont à maillets, les autres sont à cylindres : on sait que dans les premières ont fait mieux, et que dans les autres on fait beaucoup plus. [...] Mais c'est à Tiffauges et à Cugand qu'il faut aller chercher des établissements susceptibles de soutenir la concurrence de ce qu'il y a de mieux en France pour cette partie [...] à Cugand est celui de M. Dagnet, et à Antières, même commune, est celui de MM. Blanchard. Quoique la production de chacun de ces établissements ne soit pas égale, ils rivalisent tous pour donner de beaux et de bons papiers."
"Les filatures de lin de Mortagne et de Cugand viennent de fournir, pour l'exposition nationale de l'Industrie, des produits magnifiques et nature à rivaliser avec éclat, pour l'égalité, le corps et la finesse, avec les fils anglais. On a donc lieu d'espérer que ces produits vendéens seront remarqués parmi ceux fournis par la France entière."
"D'autres fabriques d'étoffes de laine se sont formées sur plusieurs points de la Vendée, notamment à Cugand [...]. Aussi à l'exposition de Paris, se trouvent actuellement en produits des fabriques de Cugand, des flanelles magnifiques de la fabrique de M. Chéguillaume, et des serges et des draps communs sortis des ateliers de MM. Mouillé et Bonnin, remarquables par leur bonne confection et par la modicité de leurs prix."
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Si la pente relativement importante de la Sèvre n'y a permis la navigation qu'en aval de Monnières, elle y a par contre permis l'établissement sur tout le reste de son cours de nombreuses chaussées : 170 sur l'ensemble de son cours. En 1813 Cugand comptait 12 chaussées qu'il partageait avec Gétigné et Boussay, sur l'autre rive2.
Voici en 1813 sur le tableau d’assemblage du premier cadastre de Cugand, la succession des chaussées y rythmant le cours de la Sèvre, avec les dates des premières mentions de leurs moulins... ainsi que les quatre moulins à vent existant aussi à Cugand à cette date.

Les moulins a eau de Cugand ont le plus souvent été utilisés à des activités industrielles, tandis que les 4 moulins à vent étaient des moulins à farine, propriétés de meuniers possédant un moulin sur la Sèvre, ils étaient surtout destinés à pallier durant l'été le manque d'eau de la rivière.
Ils ont tous été incendiés et ruinés durant la Révolution, la politique du gouvernement de l'époque étant de détruire et d'affamer le pays afin d'en exterminer la population (un objectif qui ne fut pas atteint, les limites des moyens techniques de l'époque ne l’ayant pas permis, au regret de ses promoteurs).
Après avoir été relevés et remis en activité, les moulins de Cugand ont ensuite tous perdu leurs différentes activités traditionnelles dans la seconde moitié du XXe siècle.
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Remontant le cours de la Sèvre, ce sont les chaussées et les moulins de...
Plessard
L’existence des moulins de Plessard est attestée en 1325. Leur chaussée dispose de trois voies d’eau. Reconstruits dans le style clissonnais après la Révolution, ils ont été principalement des moulins à farine, le moulin à vent voisin palliant la pénurie d’eau lors des étiages. Cependant, en 1634 des battoirs à draps y avaient été ajoutés. De 1890 ils furent transformés en usine électrique, puis en chamoiserie-mégisserie, pour cesser leur activité vers 1960.
la Feuillée
Mentionnés en 1522, ces moulins à farine furent transformés en moulins à papiers à la fin du XVIIe siècle. Incendiés et abandonnés en 1793, ils furent reconstruits en 1797 par Paul Dagnet (Daguenet). Acquis en 1837 par Paul Chéguillaume, il furent remplacés par une filature de coton transformée en tannerie et mégisserie en 1896. Une activité qui s'arrêtera en 1966.
(voir la page qui lui est consacrée)
Fouques
Mentionnés déjà en 1522, ces moulins pratiquaient la meunerie et le foulonnage de part et d'autre de la Sèvre. Ils seront connus sous le nom de la Forge, côté Cugand, et de l'Arsenal, côté Gétigné. Ceci parce qu'en 1779 une activité métallurgique y avait été établie. Elle retraitait dans un bas-fourneau et des forges des déchets venant l'arsenal d'Indret, la force hydraulique actionnant des soufflets et des martinets3. Cette activité fut détruite, comme il se devait en 1793, par les armées révolutionnaires et jamais reprise. Sous la Restauration Paul Chéguillaume y établit une filature qui prit la suite, et qui cessa son activité en 1953.
la Grenotière
Cité en 1580, en 1814 sa chaussée abritait, côté Cugand, un moulin à foulon, et de même à son autre extrémité, côté Gétigné. Ce dernier portait le nom de Moulin neuf depuis sa reconstruction sous Louis XIV et qui au XIXe siècle se transforma en filature jusqu'en 1950.
Terbin
Cette chaussée, déjà existante en 1500, n'avait pas de moulin sur Cugand mais un, semble-t-il à farine, sur Gétigné.
Gaumier
Cité dans un acte de rente de 1522, son nom serait lié à l'activité son activité de moulin à foulon. Après qu'il eut cessé son activité dans les années 1970, il fut racheté en 1998 par le Conseil général de la Vendée, et réhabilité. Le moulin situé à l'autre extrémité sur Gétigné, devint moulin à farine dans les années 1800, puis une filature, puis une tannerie jusqu'en 1995.
Antières
Déjà connus en 1430, les moulins d'Antières étaient à farine et à foulon, avant de devenir à papier au début du XVIIe siècle. Avant la Révolution, deux papeteries y existaient : celle des Blanchard et celle des Ouvrard. C'est de cette dernière famille qu'est issu le fameux financier Gabriel Ouvrard. Elles furent alors détruites par les troupes républicaines, puis en 1803 les frères Claude et Jacques Blanchard les réunirent et les relevèrent. Leur activité s'est prolongée jusque dans les années 1960, pour être remplacée ensuite par une fabrique d'articles en caoutchouc ou en plastique.
Fradet
Connus déjà en 1503, ces moulins étaient des moulins à farine dont les meuniers possédaient des moulins à vent, tel celui qui se trouvait à seulement 250 mètres, en sommet de versant, et qui palliaient le manque d'eau lors des étiages de la Sèvre.
le Bas et le Haut Hucheloup
L'existence de ces deux chaussées est attestée en 1470. Chacune d'elles comportait trois moulins à foulon, qui avaient été auparavant moulins à farine. Une filature de laine y fut établie en 1828, puis une fabrique de feutre pour pantoufles qui sera remplacée par une fabrique de plasturgie. Celle-ci, délocalisée, fut fermée en 1985 et ses vastes bâtiments abandonnés.
la Basse et la Haute Doucinière
Ces deux chaussée sont citées en 1572. On y a relevé un moulin à blé, et en 1813 chacune d'elles hébergeait un moulin à foulon. L'autre extrémité de celle de la Haute-Doucinière qui avait aussi un moulin à foulon, connu sous le nom moulin de Chevalier et qui se tourna ensuite vers une activité artisanale de tissage.
les Giraudelles
Ce moulin à vent portait le nom du fief de vigne qui l’entourait. Il existait en 1813 et appartenait alors à une famille Caillé, des meuniers de Fradet. Il a disparu au cours de la première moitié du XXe siècle, mais au début du XXIe siècle il subsiste un petit bâtiment de 40 m², n’existant pas encore en 1813 mais ayant pu être une annexe du moulin.
les Richaudières
Ce moulin à vent existant en 1813, appartenait alors à une famille Guillet, des meuniers de Fradet ; il a disparu dans la première moitié du XXe siècle.

Entre 1900 et 1910 une des rares photos du "moulin des Giraudelles"4,
dit aussi "moulin Caillé", du nom de ses propriétaires d'alors.
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Dans l'idéal, et comme pour ceux de "la Feuillée", un certain nombre de ces moulins seront dans l'avenir l’objet d’une page leur étant spécialement consacrée.
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Notes et références
1 Cavoleau (J.-A.), Description du département de la Vendée, 1814, p. 247 ; La Fontenelle de Vaudoré (A.-D.), Statistiques ou description générale de la Vendée, 1844, p. 641-642, 647-648, 661 et 752.
2 Association "Clisson Histoire et Patrimoine", cahier de l'exposition sur "la Sèvre industrielle en Vallée de Clisson", 2010, 44 p.
3 Voir aux dates concernées, les "Observations du recteur Dechaille" relevées années après année entre 1760 et 1788 dans les registres paroissiaux de Cugand.
4 Communication de MM. J. Caillaud et Cl. Albert, de Cugand (juillet 2026).
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