la Maldemée
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P a g e e n c o u r s d e r é a l i s a t i o n
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"La Maldemée" est située à mi-parcours sur l’ancien chemin reliant Palluau à Belleville et passant par le carrefour de "la Croix Bouet" connu pour son inquiétante réputation. A l’époque féodale, ces deux localités étaient des seigneuries importantes qui possédaient chacune leurs château fort, qui appartinrent l’une et l’autre aux seigneurs de Montaigu (...et autres lieux), et qui, malgré leurs petites tailles, avaient alors le statut de ville. "La Maldemée" était le seul village traversé par ce chemin.
Quant à son nom lui-même, il a la particularité de ne pas se rencontrer ailleurs et de résister aux recherches étymologiques.

"La Maldemée" traversée par l’ancien chemin de Palluau à Belleville, avec ses interruptions dues,
près de Belleville à la construction en 1866 de la voie ferrée de Nantes à la Roche-sur-Yon,
et en allant vers Palluau aux remembrements des terres dans les années 1980.
(environ : 16,5 x 4 km)
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"La Maldemée" au fil du temps qui passe
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"La Maldemée" sur le cadastre de 1836, avec les habitations en rouge.
(environ : 180 x 165 m)
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"La Maldemée" sur des vues aériennes avec de haut en bas
...dans les années 1950, le 31 décembre 2005 et le 15 juin 2025.
(environ : 550 x 320 m)
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Les destinées variées et opposées de la famille des "Renaud de la Maldemée"
A la fin du XVIIIe siècle, les membres de la bourgeoisie se plaisaient à faire suivre leur nom par celui de terres leur appartenant, se donnant ainsi des airs aristocratiques. Une vanité qui a pu se prolonger au cours du siècle suivant. Ainsi en 1836, deux des métairies de "la Maldemée" sont indiquées étant la propriété de "Renaud Maldemée veuve à Saint-Etienne-du-Bois"...11
Celle-ci était née Aimée Ordonneau (1759-1850) et s’était mariée le 6 février 1787 à Saint-Etienne-du-Bois, avec Jean-Philippe Renaud (1765-1826) qui, sur son acte de mariage est dit "chirurgien juré, fils mineur de Me François Renaud sieur de la Faverie et de défunte dame Jeanne-Marguerite Nicoleau, ses père et mère, de la paroisse de Bretignolles". Comme il se devait, l’épouse était de la paroisse de Saint-Etienne-du-Bois, comme son père le "licencié ès lois" Philippe Ordonneau (1721-1788), et son grand-père Philippe-René Ordonneau (1687-1740) "sieur de Londry"12. Ce qui fait dire que c’est par son mariage que Jean-Philippe Renaud put dès lors être dit "sieur de la Maldemée", village du Poiré dont les terres sont contiguës de celles de "Londry".

Schéma généalogique simplifié des familles Renaud, Ordonneau, Goupilleau,
apparentées à Jean-Philippe Renaud, sieur de la Maldemée.
(Jean Goupilleau était marié avec une sœur de Philippe-René Ordonneau)
Sous la Révolution, la vie de Jean-Philippe Renaud fut marquée par son opposition avec son beau-frère Philippe-Charles-Aimé Goupilleau (1749-1823) "sieur de Villeneuve". En 1782, Ursule Ordonneau (1755-1826), sœur de son épouse Aimée, s’était mariée avec celui-ci, membre d’une dynastie d’hommes de lois de Montaigu et qui était un de ses cousins. Il était parti en 1775 s’établir comme avocat à Paris. Mais les succès professionnels inégaux qu’il y avait rencontrés l’avait fait revenir dans son pays natal où en 1781 le marquis de Juigné, syndic général des Marches communes de Poitou et de Bretagne, lui procura l'office de sénéchal-juge de la seigneurie de Rocheservière. Huit ans plus tard, la convocation des Etats-généraux et les événements qui suivirent lui permirent de quitter cette fonction qu’il estimait ne pas correspondre à ses mérites, et, profitant des nouvelles institutions, en 1791, en 1792 puis dans les années suivantes il se fit élire par ses pairs, député de la Vendée à Paris13. Et lorsqu’en mars 1793 l’insurrection populaire eut lieu, en Vendée il demanda qu'elle fût réprimée sans pitié, tandis qu’à Saint-Etienne-du-Bois son beau-frère Jean-Philippe Renaud était de ceux qui se révoltèrent, et fut un des officiers de Jean-René Savin (1767-1796), un des chefs de division de Charette14.

La demeure de Jean-Philippe Renaud, "sieur de la la Maldemée",
dans le bourg de Saint-Etienne-du-Bois, en septembre 2024.
Les descendants de Jean-Philippe Renaud "sieur de la Maldemée", ne vécurent pas à Saint-Etienne-du-Bois mais à Saint-Gilles ou dans ses environs y exerçant le plus souvent les mêmes professions de notables locaux que leurs ancêtres. A un moment de leur vie, deux de ses petits-fils ont connu une certaine notoriété...
En 1858, Ernest Renaud (1824-1875) a laissé son nom lors du naufrage du paquebot hambourgeois, "l’Austria". Dans son rapport, il raconte que, parti de Terre-Neuve sur son trois-mâts le "Maurice" le 8 septembre 1858, il aperçut le 13 à 14 h et par 45° 06′ lat. nord et 44° 01′ long. ouest, le paquebot "l’Austria" en feu. Se précipitant à son secours, il put recueillir et sauver 59 passagers et 10 membres de son équipage.15
Vers 1895 Gustave Renaud (1820-1899), son frère aîné, publia des contes rimés sous le nom de Gustave Renaud de la Maldemée. Un pseudonyme qu’il prétendit venir du nom d’un "ancien manoir familial". En 1897 cette édition fut suivie d’une seconde très augmentée, de quelque 80 contes allant de quelques lignes à une dizaine de pages, puis d’une autre en 1898. Cependant, tout comme celui de leur auteur, leur souvenir est désormais des plus ténu, bien qu'ils (ou parce qu'ils) aient été présentés comme étant "très gaulois".16

La page de titre des "Contes" de "Gustave Renaud de la Maldemée" (2e édition de 1897),
l’évocation du naufrage de "l’Austria" par Joseph Puttner
(1858, Musée d'histoire de Berlin),
et Gustave Renaud avec son frère Ernest Renaud.
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Septembre 2003 / 2026 : les "Rallyes de la Vie" et "la Mademée"
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Notes et références
11 Etats de sections du cadastre de 1836 du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 2040). Les 127 ha et 35 ares qu’elle y possédait alors se répartissaient entre deux métairies à "la Maldemée", une métairie à "Londry" et une métairie à "la Braconnerie".
12 Vu les origines géographiques de la famille Renaud, ce titre est à mettre en rapport avec le village de "la Faverie" de la Chapelle-Hermier, et non avec le village de "la Favrie" du Poiré ou avec "la Favrie" de Beaufou.
13 Cf. de Ph. Bossis : Goupilleau de Montaigu : les apprentissages d'un révolutionnaire vendéen (1763-1781), 2006, 766 p.
Philippe-Charles-Aimé Goupilleau fut élu par les 471 grands électeurs du département, selon un système qui réservait le pouvoir à sa classe sociale. En janvier 1793 il fut de ceux qui votèrent pour la mort, contre le sursis et l'appel au peuple lors du procès de Louis XVI. Il sut ensuite louvoyer jusqu’en 1799 entre les factions politiques de l'époque. Ceci tout en confortant sa fortune personnelle : à Montaigu il mit la main en 1796-1798 sur la demeure des Chabot (actuel 11 rue des carrefours), un des rares biens n’ayant pas été ruiné par Kléber en 1793, et sur les métairies du marquis de Juigné, ceci malgré des accusations sans suite et prudemment anonymes prétendant qu’il avait pour cela usé de ses positions politiques (Arch. dép. de la Vendée : 36 - J, fonds Mignen). Mais maladroitement, en novembre 1799, il s’opposa au coup d’état de Bonaparte, ce qui le fit exclure définitivement de la politique et l’obligea à vivre de ses rentes à Montaigu durant le restant de sa vie.
14 En 2026 on pouvait toujours voir la maison natale de Jean-René Savin, face au grand calvaire du bourg de Saint-Etienne-du-Bois et à sa piéta. Sur sa vie, ce ne sera qu'avec circonspection qu'on se fiera à ce qu'en dit l’encyclopédie en ligne "Wikipedia", aux sources limitées et qui commence par donner une date erronée pour sa naissance...
15 Cf. L’incendie à bord de l’Austria, Société d’Archéologie et de Mémoire Maritime, Fouesnant.
Le trois-mâts norvégien "Catarina", ayant retrouvé 22 autres survivants le lendemain, ce naufrage fit environ 450 victimes. Il eut un grand retentissement à l’époque, comme en témoignent les nombreux tableaux qui le représentèrent, dont un se trouve au Musée d’histoire de Nantes au château des Ducs de Bretagne. En 2026 un des quais de Nantes, le port d’attache du "Maurice", porte le nom d’Ernest Renaud.
16 Gustave Renaud après avoir été notaire eut une longue carrière de juge à Philippeville (/ Skikda), à Constantine, puis de président du tribunal de Batna jusqu’en 1886, et vécut ensuite le reste de sa vie entre Paris et Saint-Gilles, étant dit "littérateur-érudit". Un manuscrit de 1895 des "Contes" de "Gustave Renaud de la Maldemée" est conservé à la Médiathèque Benjamin Rabier de la Roche-sur-Yon (Ms 069, 347 p.), ainsi qu'un exemplaire de leur édition de 1897 et un de celle de 1898 (PF 492 et V 731, 283 et 288 p.).
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