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la "Chronique paroissiale de la Bruffière", 1895

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

La "Chronique paroissiale de la Bruffière" fait partie d'un ensemble initié par Eugène Aillery (1806-1869) qui, devenu "prêtre habitué" (c’est-à-dire "prêtre retraité et résidant…") à Fontenay-le-Comte, se consacra à des recherches sur l’histoire religieuse du diocèse de Luçon. En 1860 il publia le Pouillé de l’évêché de Luçon (200 p.), et à sa mort il laissa un ensemble de manuscrits traitant de l’histoire des différentes paroisses du diocèse. Vingt ans plus tard, en 1889, l’évêché de Luçon décida de les actualiser de les faire paraître sous forme de cahiers mensuels d’une vingtaine de pages distribués à des abonnés, sous le titre de "Chroniques paroissiales". Jusqu’en 1895, les premiers cantons (ou "doyennés" dans la terminologie religieuse de l’époque) dont les "chroniques" ont été publiées, furent ceux de la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Essarts, Saint-Fulgent, les Herbiers et Mareuil, chacune de leurs paroisses y étant traitée en quelques pages. A partir de cette date, la prise en main de la publication par Pierre Pontdevie (1830-1893) puis par Hippolyte Boutin (1851-1901) leur donna plus d’ampleur, la part des textes dus à Eugène Aillery y devenant marginale, et leur contenu prenant un intérêt certain. Les "chroniques" des paroisses des cantons de Montaigu, de Mortagne et le début de celles du canton du Poiré (le Poiré, Aizenay, Beaufou), furent alors publiées. Puis, sous la direction de Julien Huet (1857-1925) et jusqu’en 1918, ce seront la fin de celles du canton du Poiré (Belleville, Saint-Denis, la Genétouze, les Lucs, Saligny), puis celles des cantons de Maillezais, de Rocheservière (celles de ce dernier rédigées essentiellement par Alain de Goué, 1879-1918) et de Fontenay-le-Comte. Après une interruption, la publication fut reprise, dans les années 1930, par Adolphe Poirier (1878-1957) pour le canton de Beauvoir, et elle se termina dans les années 1950 avec celles du canton de Pouzauges par Auguste Billaud. Soit 14 cantons sur les 30 que comptait la Vendée à cette époque, en plus des autres ébauches de "Chroniques" réalisées en son temps par Eugène Aillery pour la plupart des autres paroisses du diocèse de Luçon.

La "Chronique paroissiale de la Bruffière" a bénéficié des apports de Pierre Pontdevie. Elle est le résultat d’un important travail d’enquêtes, partant des faits, recourant systématiquement aux documents originaux, vérifiant et recoupant les sources… autant de garanties d'un sérieux que n'avaient pas eu jusqu'alors les "érudits locaux" de l'époque, tel le montacutain Dugast-Matifeux. Comme pour les autres "chroniques paroissiales", on y trouve un "État nominatif des curés (et vicaires) de la paroisse" dont la succession et les activités constituent a priori l’objet principal de chacune d’elles. S'y ajoutent des renseignements sur le sort des habitants de la Boissière sous la Révolution, et sur les anciens occupants du Château d'Asson, de la Fortécuyère, et de quelques autres lieux.


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La "Chronique paroissiale de la Bruffière" suit le plan suivant :

...
État nominatif des curés de la Bruffière
...

 

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la BRUFFIÈRE

 

...selon Eugène AILLERY 

 

La Bruffière, Sainte-Radégonde.
Cette paroisse était autrefois du diocèse de Nantes.
Cure de Sainte-Radégonde de la Bruffière : l'évêque de Nantes, 1600 communiants ; revenu, 1200 livres ; recteur, messire François Garreau.
Chapelle de Saint-Symphorien : revenu, 1000 livres ; 3 messes basses par semaine.
Chapelle de l'Échasserie, fondée par le seigneur de cette maison, qui nomme ; revenu, 120 livres ; 3 messes par semaine.
Confréries du Rosaire et de Sainte-Catherine.
Visite d'Antoine Binet, archidiacre, abbé de la Meilleraye, en 1683, aux archives de la préfecture de Nantes.

Cure de la Bruffière ; le pape et l'évêque, alternis mensibus. Revenu, 800 livres ; recteur, M. Boffrand, chanoine de l'église collégiale de Notre-Dame de Nantes.
Prieuré de Saint-Symphorien, O. S. A. ; l'abbé de Geneston ; revenu, 1000 livres.
Pouillé manuscrit, commencement du XVIIIe siècle, communiqué par l'abbé Gautier.

La Bruffière faisait partie de l'indomptable Teiphalie, et ses habitants quoique maintenus par une garnison, que nécessitait la position d'une station romaine, ne furent jamais bien soumis. Ce fut, sans doute, cette inclination guerrière qui leur obtint, de la part de leurs ennemis, des privilèges et des exemptions qui, dans la suite, furent toujours reconnus et maintenus par les rois de France. Ce bourg faisait en effet partie du pays appelé les Marches, et à ce titre était exempt : de toutes tailles, fouages, crues, subsistances, impôts, aides, huitains, traites foraines et domaniales, logement de guerre, et de toutes autres impositions quelconques mises et à mettre. Cugand, Boussais et Gétigné, communes limitrophes, jouissaient des mêmes faveurs, Le seul impôt qui grevait la Bruffière avant 1793, se réduisait à une somme de 60 livres qui était payée directement au roi.

Une inscription gravée sur une pierre des murs de l'église, et qui porte le millésime de 1692, semble indiquer que cette construction a dû être faite vers cette époque ; lors de la tourmente révolutionnaire de 1793, elle eut le sort de bien d'autres ; la toiture tout entière devint la proie des flammes ; peu d'années après ce désastre, elle fut repavée et depuis, l'église n'étant pas assez grande, on fut obligé de l'allonger et de l'élargir sur l'un de ses côtés. Sa forme est celle d'une croix, ses voûtes sont en plein cintre et en pierre ; son clocher, composé de trois dômes superposés, peut avoir une hauteur de 20 mètres au-dessus de l'église.
Une tombe se trouve placée dans le cimetière : celle de M. Demianne, brigadier des armées du roi et ancien gouverneur de la citadelle d'Arras, décédé le quatorze août 1732 en son château de l'Échasserie.
L'église a pour patronne Sainte-Radégonde : sur les deux côtés du chœur sont deux chapelles dédiées sous l'invocation, l'une de la sainte Vierge et l'autre de saint Sébastien.
Le Presbytère situé entre cour et jardin, est une maison assez ancienne et spacieuse, mais qui n'offre rien de particulier à mentionner ; il a pour dépendance une borderie d'un revenu annuel de 300 francs.

Quant à son histoire, elle est celle de tout le bocage de la Vendée : c'est-à-dire que ce pays a été le théâtre d'évènements qui s'y sont passés en 1793 ; il a eu sa part des fléaux qui ont désolé ces contrées, comme aussi il peut revendiquer une bonne portion de la gloire que la Vendée s'est acquise dans ces temps désastreux.
La majeure partie des habitants a péri victime de son courage et de sa fidélité à son Dieu et à son Roi ; mais il en reste quelques nobles débris, assez pour raconter aux neveux les merveilles de leurs ancêtres.

Charette, dans les premiers jours de 1796, n'était plus suivi que de cinq à six cents hommes, car la mauvaise volonté des chefs avait empêché qu'il pût en rassembler un plus grand nombre.
Le 1er janvier 1796, il est aux environs de Montaigu ; il attaque, la nuit suivante, sur la route de cette ville à Aigrefeuille, une colonne ennemie qu'il repousse vers la Preuille ; mais les Bleus ayant reçu quelques renforts, le repoussent à leur tour et l'obligent à aller coucher à la Bruffière.
Les habitants de cette contrée vivaient en paix depuis un an ; ils en avaient profité pour relever en partie leurs chaumières, et ils se souciaient peu de recommencer la guerre. Un certain nombre même, gagnés par l'or de Hoche, s'empressèrent d'avertir le général républicain de la présence de Charette à la Bruffière.
Le général Travot se trouvait au Poiré quand il apprit que Charette était à la Bruffière. Il se porte aussitôt vers cet endroit à marche forcée, partage sa troupe en deux colonnes et donne ordre à la brigade de Legé de s'avancer d'un autre côté, dans la même direction. Au milieu de la nuit, le bourg de la Bruffière est presque entièrement cerné. Les Bleus qui arrivent de Legé croyant leurs camarades rendus à leur poste, commencent leur feu, surprennent les Royalistes en plein sommeil et s'apprêtent à les exterminer. Charette a deviné leur dessein, Dans l'impossibilité de rallier ses soldats, il se met à la tête d'un petit nombre et perce de part en part la colonne qui vient d'ouvrir le feu, avant que Travot ne soit arrivé. Parvenu aux Landes-Genusson, sur la grande route de Montaigu à Saint-Fulgent, il se trouve en face d'une nouvelle colonne ennemi ; il l'attaque sans hésiter, se fait jour avec son épée et réussit à s'échapper, mais sa troupe était en complète déroute.
(Deniau. - Histoire de la Vendée, t. V. p. 459.)   

En 1791, un juge de paix faisait sa résidence dans ce bourg[1], mais cet état de chose n'a duré que quatre ou cinq ans ; il en est ainsi de la gendarmerie ; une brigade y a séjourné pendant peu d'années au sortir de la même époque ; en 1834, on avait gratifié le bourg de nouveaux gendarmes, qui en sont partis il y a quelques années.

La commune de la Bruffière possède deux vastes landes incultes dont l'une s'appelle lande des Zais et l'autre s'appelle lande des Châtelaines : ces deux landes sont très utiles aux habitants qui les avoisinent et à ceux du bourg qui, moyennant une très faible rétribution annuelle, y mènent paître leurs animaux.
La Sèvre baigne les limites de la Bruffière depuis Tiffauges dans un trajet de 8 kilomètres ; un autre petit ruisseau, nommé la Mouzelle, prend sa source en Treize-Septiers, mais à un kilomètre seulement du bourg de la Bruffière ; il arrose la commune pendant 4 kilomètres et se jette ensuite dans la Sèvre. Sur cette dernière rivière, on remarque un énorme rocher appelé le rocher de l'enfer, il est pendant sur la Sèvre et paraît sur le point de se précipiter au fond de la rivière. Le pays est plat, touffu, traversé par un très mauvais chemin. Le bourg bâti, dans un fond, est loin d'offrir un aspect bien agréable.

                                        AILLERY.                          

 

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ÉTAT NOMINATIF

 des CURÉS, VICAIRES et autres PRÊTRES  de la Bruffière

avec notes et particularités des registres paroissiaux et des papiers de la Fabrique.

     

On ne connaît point l'étymologie de la Bruffière.
Avant la Révolution, elle était du diocèse de Nantes.

En 1500, François Richard.

En 1506, messire Etienne Dorion, prêtre de la paroisse de la Bruffière, donne une rente de quatre boisseaux de seigle pour un service fixé au 20 décembre.
La même année 1506, messires Julien Le Mercier et Laurent Richard, prêtres-notaires des cours de messieurs les doyens de Clisson et de Saint-Laurent-sur-Sèvre, paraissent dans le livre des fondations.

En 1509, la paroisse était desservie par Julien Cormerais et Jacques Geoffrineau, dont les noms se trouvent dans le registre de ladite année, mais sans qu'on puisse connaître quel est celui qui la desservait comme curé.

Plusieurs prêtres y ont exercé le ministère les années suivantes, mais ils ne signent que prêtres ; ainsi, en 1512, on trouve M. Gatoil, prêtre ; en 1524, Antoine Rambaud ; en 1525, André Griffon, prêtre. Dans toutes ces années, les registres indiquent le jour de Pâques. En 1527, on trouve René Loizeau, prêtre ; en 1535, Jacques Vyau, prêtre ; en 1550, François Gaborieau ; en 1552, Vinet, prêtre, Antoine Rambaud, François Gaborieau, prêtre.

Les actes de ces années sont écrits en latin. Voici la formule d'un acte de baptême :

Petronilla, filia Johannis Fonteneau et Johannæ Boutin, ejus uxoris, baptisata fuit à me Antonio Rambaud ptero quam levaverunt de sacro fonte Guillelmus … maritus Johanna … patrinus, et damicella Maria Amoureuse de Vernusson, vidua difuncti nobilis viri Renati Cherbonneau, matrina, hâc die primâ mensis maii anno millesimo quingentisimo quinquagesimo secundo.

On trouve encore dans les années suivantes, en 1553, Jacques Audureau, prêtre vicaire ; 1556, Ouvrard, Boyseau ou Moyseau. En 1560 un M. Geoffrineau Nicolas, fait un baptême ; 1561, Jacques Vyau fait un baptême ; Desfontaines, prêtre, fait aussi un baptême.
En 1562, Lemane ou plutôt Lemoine fait commandement aux vicaires de la Bruffière de rédiger dorénavent par écrit tous les baptêmes qui se feront en la paroisse en français, de n'y faire aucune abréviation des dates, de n'y faire aucune omission des baptêmes suivant les ordonnances royales... Le vingt-troisième jour de juillet mil cinq cent soixante-deux, en effet, immédiatement après, les actes de baptême se font en français.

1576. François Gaboriau, recteur.

Ce n'est qu'en l'année 1576 que François Gaboriau signe, le 12 septembre, recteur de la Bruffière. C'est une écriture différente de François Gaboriau dont le nom paraît en 1550 ; ce qui porte à croire que ce n'est pas le même. Il a desservi la paroisse comme recteur jusqu'à l'année 1585.
On trouve sur le registre de 1583, au mois de septembre, le nom de Julien Meschinaud, prêtre, et en 1584 celui de Marin Meschinaud qui, en 1585, signe recteur.

1585. Marin Meschinaud, recteur.

Marin Meschinaud desservit la paroisse de la Bruffière jusqu'à sa mort arrivée le 5 novembre 1630. Un service fixé au cinq novembre, jour de son décès, fut établi par un nommé Sylvestre Meschinaud, demeurant dans le bourg en 1634, lequel par son testament fonde et lègue aux recteurs et prêtres de la Bruffière 6 hectares 8 ares sols tournois pour deux services, le premier pour lui-même, et le second pour vénérable et discret messire Marin Meschinaud. Cette fondation est appuyée sur tous les biens et héritages qui lui appartiennent au lieu de la Grande Penneraye, lesquels ne pourront être vendus ni engagés qu'à la charge du payement des dits services. (fond. n. 12.)
Vers 1716, la dite fondation était servie moitié par Meschinaud du Chatelier, et moitié par un nommé Gaboriaud, fermier de la Penneraye, lequel payait encore en 1722.
En 1742, le bien de la Penneraye ci-dessus appartenait aux messires Démesliers de Montfaucon.
En 1746, les héritiers de Sylvestre Meschinaud avaient laissé une rente de quatre boisseaux de seigle qui se levait sur la Saulzois en Treize-Septiers. C'était Pierre Meschinaud du Chatelier dont les héritiers étaient les filles de Julien Brochard, Etienne Martin, René Gouraud de la Vergnaie et Meschinaud des Fontaines.
Marin Meschinaud eut pour vicaires, en 1589, Jacques Audureau, en 1592, Pierre Gaborieau ; le même Pierre Gaborieau est encore vicaire en 1613, et H. Galveau en 1626.

René Augereau et Françoise Rambaud, sa femme, ont fait don, en 1608, à la cure de la Bruffière, de la somme de cent sols de rente foncière pris sur une rente de 17 livres sur des terres de la Rigournière, en la Boissière, à laquelle rente les enfants et héritiers se sont obligés par acte rapporté par Gaborit et Maillard, notaires, le 10 mars 1608, à la charge au recteur et à ses successeurs de faire deux services tous les ans à perpétuité de trois grandes messes chacun, à diacre et sous-diacre, vigiles et vêpres des morts, avec sonnerie et pain bénit, et être mis aux prières de l'Eglise aux quatre fêtes annuelles.
Le premier desdits services, le 28 février, auquel jour décéda ladite Rambaud, et l'autre le 24 août, jour de Saint-Barthélemy.
En 1730, la rente de 17 livres sur les domaines et héritages des Michaux, situés au village de la Rigournière, appartenant aux enfants du sieur Girard et Françoise Rénier, sa femme, ce sont eux qui payent la rente de cinq francs. Ainsi M. Girard, prêtre-sacriste de Saint-Saturnin, de Nantes, fils dudit Girard, payait à cette époque ; il céda ensuite à son frère, Mre François Girard, procureur de Vieillevigne, qui demeurait au bourg de Saint-André-de-Treize-Voix (1744). L'obligation de servir cette fondation passa dans la suite à Meschinaud, de Saint-Symphorien, qui demeurait au moulin de la Boucherie. (Fond. 14.)

En 1613, au baptême de Louise, fille de honorable homme François Augereau, ont signé : Gaborieau, vic. et Collardeau, prêtre. Ce Pierre Collardeau, prêtre, est mort le 23 août 1633 ; il était du village de Chez-Meschinaud ; il donna à la cure de la Bruffière cinq boisseaux de blé de rente pour un service. Il fit aussi, par son testament du 16 juin 1633, la fondation du bénéfice de la Maisonnette, estimé alors 30 livres de rente, pour être dit toutes les semaines à jour non limité, une messe basse à l'autel de Notre-Dame, dans l'église de la Bruffière.
M. Fourché, archidiacre de Nantes, fait une visite à la Bruffière en 1618, et il en fait une troisième en 1629.
En 1611, était curé de Saint-Georges-de-Chollet André Renou.

En 1620, Melleu, chanoine, paraît à la Bruffière.

En 1624, Pierre Chaboreau, prêtre.
Marin Meschinaud, mort le 5 novembre 1630, fut enterré le 7 novembre. Il eut pour remplaçant Pierre Meschinaud.

1630, Pierre Meschinaud, recteur.
Pierre Meschinaud, recteur en 1630, avait pour vicaire M. Joliet.

En 1633 eut lieu le baptême de Marguerite, fille de Charles Charbonneau et d’Isabelle Le Maignan.

En 1634 on supplée les cérémonies du baptême à Marie, fille de haut et puissant seigneur Gabriel Charbonneau et de dame Françoise de Cadaran, seigneur de l'Échasserie. Elle avait reçu le baptême au mois d'avril 1632. Le parrain a été Esprit Baudry, sieur d'Asson, et dame Philippe Charbonneau, marraine.

En 1637, sont vicaires, Gaborieau et Audureau. Au mois de juin, Gabory, recteur de la Bernardière, baptise Charles, fils de noble homme Charles Charbonneau, seigneur de la Morinière, et de demoiselle Isabelle Le Maignan. Parrain, noble homme Charles Le Maignan. Françoise des Grouches signe à ce baptême.

Desfontaines est vicaire avec Audureau.

En 1638, Charles Le Maignan, écuyer, sieur de l'Écorse, est parrain, et marraine, demoiselle Anne Charbonneau.

Chardonneau est vicaire. En 1639, François Richard est vicaire avec Pierre Gaborieau et Audureau.

En 1640, Jacques Gilbert est vicaire. Pierre Meschinaud, recteur, est parrain avec demoiselle Anne Charbonneau, de la Tabarière.

En 1643, René Mouillé est vicaire.

En 1644, Jean Mouillé, clerc tonsuré, est parrain ; c'est certainement le même qui plus tard fut vicaire, la signature est la même.

En 1645 eut lieu le baptême de Gabriel, fils de haut et puissant messire Charbonneau, chevalier, seigneur de la Fortécuyère, et de dame Marie de X. Parrain, Gabriel Charbonneau, chevalier, seigneur de l'Échasserie... marraine, Philippe Charbonneau.

En 1646 Maurice Forget, vicaire au mois de septembre.

En 1647 eut lieu une abjuration (noms illisibles). Il reçoit le baptême et a pour parrain messire Antoine Baudry....d'Asson, et pour marraine dame Françoise de Cadaran, femme de M. Gabriel Charbonneau, sieur de l'Échasserie.

Au mois de mai a lieu le baptême de Jean, fils de noble homme Gilles Gaudineau, et de demoiselle Catherine Augereau. Parrain, noble homme Pierre Malleuvre, marraine, Jeanne Augereau. Ce Gaudineau est nommé sieur de la Vergnaye. On le signale comme demeurant au bourg de la Bruffière.

Au mois de mars 1648 est nommé Maurice Testard, prêtre, vicaire.

1648, Gilles Chiron, recteur.
Gilles Chiron est recteur de la Bruffière, au mois de juillet 1648. Il n'y eut rien de particulier pendant les quelques années qu'il fut à la tète de la paroisse. Il eut pour vicaires : Jean Brisson, au mois de novembre 1649 ; Mouillé, au mois de décembre 1650 ; et Fonteneau, au mois de mai 1651.

1653, Maurice Testard, recteur.
En 1653, Maurice Testard remplaça Gilles Chiron, et resta un an seulement recteur de la Bruffière, il avait pour vicaire M. Perdrieau.

1654, Charles Boysard, recteur.
Maurice Testard eut pour successeur, en 1654, Charles Boysard, qui resta dix-neuf ans recteur de la Bruffière. Charles Boysard est né à Baugé. Il eut pour vicaire, en septembre 1654, P. Meschinaud ; en 1657, Jean Ouvrard ; en 1663, Maurice Bousseau. On voit paraître les noms de plusieurs autres prêtres, ainsi, en 1656, Leboucher, prêtre, Touranol, prêtre. En 1657, Nicolas Gouraud qui signe prêtre et était probablement vicaire. Gaborieau, curé de Cugand, fait un baptême.
En 1657 Charles Boysard fit le baptême de la grosse cloche ; elle eut pour parrain Louis Charbonneau, et pour marraine demoiselle Anne Boysard.

En 1660 est baptisé Alexis, fils de haut et puissant messire Olivier Martel, chevalier et seigneur de la Mallonnière, et de dame Marie Charbonneau, son épouse. Parrain haut et puissant messire Pierre Charbonneau, haut et puissant seigneur de la Renaudière ; marraine, demoiselle Françoise Charbonneau, fille de Gabriel Charbonneau, et de dame Françoise de Cadaran, seigneur de l'Échasserie.

La plupart des fondations, des légats ou bénéfices établis à la Bruffière sont datés de 1609 à 1674 ; quelques-uns seulement sont antérieurs à cette époque ; ainsi Etienne Dorion, prêtre de la paroisse de la Bruffière, a par son testament au rapport de messires Julien Lemercier et Laurent Richard, prestres notaires des cours de Messieurs les Doyens de Clisson et de Saint-Laurent-sur-Sèvre, le vingtiesme jour de décembre mil cinq cents et six, a ordonné au curé de la Bruffière et à ses successeurs curés dudit lieu quatre boisseaux de seigle de rente, mesure de Tiffauges, payable à la fête de my-août, qu'il a assis sur le village du Châtelier en ladite paroisse, à la charge que lesdits curés feront tous les ans, le jour de son décès, un légat ou anniversaire dans l'église de la Bruffière, scavoir est Vigiles à trois leçons avec messe de Requiem et un Libera sur sa fosse, et pour être mis aux prières et recommandations, donne et lègue aux dits curés de la Bruffière un boisseau de blé seigle dite mesure pris sur le mesme village du Chastelier. (fond. 62.)

Guillaume Charbonneau, vallet, seigneur de l'Échasserie, par son testament, rapporté par messire Jean Tisonière, prestre et Jean Boir... jurez et notaires establies es contrats en la ville et chastelenye de Tiffauges le neufme jour de novembre mille quatre cents saize, a donné et légué au recteur de la Bruffière et à ses successeurs recteurs une mine de sègle, c'est-à-dire huit boisseaux mesure de Tiffauge qu'il a assigné sur le village de la Cailletière, en ladite paroisse, parce que lesdits recteurs seront tenus de dire et faire dire à pareil jour que son décès arrivera Vigiles des morts, deux messes l'une à note et l'autre en secret et Libera sur sa fosse, et aussi pour être en la commémoration chacun dimanche. (Fond. 55.)

François Quéré, l'aîné, demeurant au bourg de Saint-Symphorien, par testament rapporté par Gaborit et Dorion, notaires de Tiffauges, le douzième de décembre mille six cents neuf, a légué à la cure de Bruffière douze boisseaux de blé de rente à prendre sur le village de la Grange, à la charge audit recteur et à ses successeurs recteurs de faire ou faire faire par chacun an à perpétuité deux services de trois messes à note le premier le jour de sa sépulture, la première ou la seconde messe sera de la Sainte-Vierge et de Saint-François, son patron.

L'autre service se fera le jour de la Trinité, les messes chantées à diacre et sous-diacre, Libera à la fin et prières pour sa défunte femme et ses parents et amis trépassés. Pour que les torches soient allumées à l'élévation desdites messes il donne à la fabrique une rente de 7 livres 6 deniers à prendre sur le logis de messire Martin. (Fond. n. 11.)

Pierre Guischon demeurant dans le bourg de la Bruffière par son testament rapporté par Pineau et Hullin, notaires, le 8 octobre 1609 a légué et donné à messire Marin Meschinaud six boisseaux de blé seigle, mesure de Tiffauges de rente à perpétuité qu'il a assigné sur la quarte partie de Légeardière en cette paroisse. (Fond 56.)

Renée Maillard veufve de René Fonteneau par acte rapporté par Gaborit et Desfontaines notaires le 21 novembre 1610 a légué et fonde à la cure de la Bruffière 110 sols de rente foncière à la charge de dire ou faire dire des services. (Fond. n. 15.)

Messire Jean Tuel, sénéchal de Chollet et Cathérine Augereau, sa femme, par acte rapporté par Desfontaines et Maillard, notaires, le 16 février 1610, ont donné et légué à Messire Marin Meschinaud, recteur de la Bruffière, un petit pré appelé le pré des Couëts, contenant demy journal, joignant autre pré de la cure de ladite paroisse, à la charge auxdits recteurs de faire tous les ans le jour de la fête de l'Ascension un service de trois grandes messes à diacre et sous-diacre avec Vigiles et Vêpres de trépassés, de faire sonner les cloches et de donner le pain bénit ; ledit service afin de prier Dieu pour eux et pour leurs parents et amis trépassés. (Fond. n. 66.)

Catherine Augereau, femme de Jean Tuel, sénéchal de Chollet par testament passé devant vénérable et discret messire André Renou, prestre curé de Saint-Georges de Chollet le dernier jour de janvier 1611 a fondé à la cure de la Bruffière, la somme de 60 sols de rente foncière qu'elle a droit de prendre tous les ans sur le logis de Julien Vinet près de la grande porte de l'église de la Bruffière à la charge au recteur et à ses successeurs de faire un service solennel et général en l'honneur de sainte Catherine sa patronne, lequel service se fera le jour du décès de ladite fondatrice, chaque année, avec les mêmes solennités, charges et conditions que le service qu'elle a fondé au décès de son défunt mary le jour de l'Ascension. (Fond. n. 7,)

François Quéré le Jeune a légué et fondé à la cure de la Bruffière douze boisseaux de blé de rente à prendre sur le nombre de vingt-neuf boisseaux de blé seigle de rente lucrable sur le village de la Grange proche le bourg payable au terme de my-aoust, sur lesquels François Quéré, l'aîné, fonda aussi douze boisseaux pour deux services chacun de trois messes à nottes, (Fond. 23 et 53.) Acte rapporté par Seguin et Hullin le 12 novembre 1612.

François Maillard, demeurant au bourg de la Bruffière par testament rapporté par Gaborit, notaire le 18 décembre 1613 a légué et donné à messire Marin Meschinaud, Recteur de la dite paroisse à perpétuité la somme de 60 sols tournois qu'il a assignez sur ces héritages proche, le dit bourg spécialement sur l'ouche appelé le Clouzil, à la charge aux dits Recteurs de faire un service général tous les ans le jour de son décès et de mettre le dit fondateur aux prières générales et particulières de la dite Eglise. (Fond. 64)

Catherine MerIet, demeurant au bourg et paroisse de la Bruffière, par testamment passé par Gaborit et Fonteneau, registrateur, notaire de Tiffauge le 8 mars 1619 a légué à M. Marin Meschinaud, recteur de la Bruffière, la somme de 60 sols de rente foncière et perpétuelle à prendre sur tous ces biens, situé en l'ouche des Vais, paroisse de Trestiers près le bourg de Saint-Symphorien, à la charge audit recteur et à ses successeurs de faire à la my-aoust un service général de trois grandes messes, chantées avec vigile des trépassés et Libera à la fin, ou le jour suivant si ledit jour était empêché. (Fond. 42.)

Julienne Chuteau veuve de deuffuet, Jan Courcier, par testament rapporté par Fonteneau et Gaborit, notaires le 10 septembre 1620, lègue au recteur de la Bruffière et à ses successeurs, recteurs le nombre de six boisseaux de blé seigle mesure de Tiffauges annuelle et perpétuelle, payable à la my-aoust pris sur le quart des dixmes du coin à elle appartenantes à la charge au dit recteur et à ses successeurs de faire dire en la dite Eglise de la Bruffière un service général de trois grandes-messes à diacre et sous-diacre avec Vigile et libera tous les ans à pareil jour de son enterrement, si l'Eglise n'est empêchée et si elle est, un des jours suivants ; et pour être mise au prières générales de l'Eglise aux quatre fêtes annuelles. (Fond. 45.)

Par un acte du 19 mai 1789, messire François Garraud, recteur de la paroisse de la Bruffière, René Drouet et Claude Girard reconnaissent devoir à la cure de la Bruffière la rente foncière annuelle et perpétuelle de six boisseaux de blé seigle, légués à la dite cure par Julienne Chuteau, par son testament du 10 septembre 1620, à la charge au sieur Recteur et à ses successeurs de dire ou faire dire par chacun an un service de trois grandes messes, la quelle rente le dit messire François Garaud, Drouet et Girard s'obligent de payer chacun au terme de la my-aoust savoir : le dit sieur curé trois boisseaux et demi, Drouet un boisseau et demi, et Girard un boisseau, et solidairement les uns pour les autres. Pour la dite fondation ils ont affecté et hypotéqué tous leurs biens meubles et immeubles, présents et futurs.

François Garaud étant mort de maladie dans le village de la Burlière où il était caché pendant la grande révolution on cessa de payer les trois boisseaux et demi. Après Gouraud, la Jolie payait un boissseau et demi et les descendants de Girard payaient l'autre boisseau jusqu'en 1887 que Jeanne Gouraud et les enfants de M. Girard s'entendirent pour rembourser les deux boisseaux et demi et se débarassèrent de payer la rente.

Titre de la rente du Chatelier de Boussay. Rente foncière, annuelle et perpétuelle de cinq livres, légués à la cure de la Bruffière par défunt Mathurin Rineau par son testament passé devant Chauvière et son confrère, notaire le 21 juin 1620, à la charge par ledit sieur Recteur de la Bruffière, de faire un service général par chacun an au terme du 21 juillet, pour le repos de l'âme du dit fondateur.

Mathurin Rineau, demeurant au village des Petites-Fontaines par testament rapporté par Chauvière le 21 juillet 1629, a fondé et légué au Recteur de la Bruffière, cent sols de rente payable à la my-aoust qu'ils a assignés sur tous ses biens particulièrement sur la moitié d'une partie du village du Chatelier en la paroisse du Boussay, à la charge audit recteur et à ses successeurs recteurs de faire un service général chacun an au jour de son décès. (Fond. 33.)

Les propriétaires du Châtelier de Bousson paient tous les ans à la fabrique de la Bruffière quatre francs de rente.

Mathurine Guischeteau a légué à la cure de la Bruffière trois livres de rente foncière qu'elle a assigné sur son logis audit bourg proche la Croix, à la charge audit Recteur de faire un service de trois grandes messes pour le repos de son âme. Le testament est au rapport de Gaborit et Dorion, notaires, le 23 mai 1623. (Fond. 13.)

Le logis de la Croix, dont il est question ici était situé à la Rouhère où il y avait une croix dans l'emplacement de la tannerie. Cette croix a été remplacée en 1856 par la croix construite à l'Humelet sur la route de Boussay.

Mathurin Poyron, demeurant au village de la Grande-Étonnelière, par testament rapporté par Chauvière, notaire, le 20 aoust 1624, lègue et donne aux curés de la Bruffière, 64 sols tournois de rente pris sur tous ses biens immeubles, situés audit village de l'Étonnelière à la charge de faire un service par chacun an dans l'église de la Bruffière le jour de son décès (39).

Pierre Adureau du village de la Nairière, par acte rapporté par D. Hullin et G. Hullin, notaires à Tiffauges le 23 janvier 1627, a légué à la cure de la Bruffière 60 sols de rente perpétuelle sur une pièce de terre, appelée l'Essart, proche le bourg, pour un service général, chaque année le jour de son obit arrivé le 13 novembre. (Fond. 59.)

Catherine Cailleteau, demeurant au village des Cléons, a légué au Recteur et prêtres dudit lieu de la Bruffière, la somme de trois livres de rente foncière, à la charge de faire un service par chaque an au jour de son décès, et assigné ladite rente sur les terres dudit village des Cléons qu'elle a arenté aux nommés Bossard, Brochet et Jaufrineau, par acte passé par devant Bérée et Garreau, notaires de Tiffauges, le 3 novembre 1631..... (Fond. 9.)

Messire Pierre Conardeau, prêtre, par testament rapporté par Gouraud et Bordron, notaires, le 7 juin 1633, a donné à la cure de la Bruffière cinq boisseaux de blé de rente, à prendre sur partie du village de Chez-Méchinnaud, pour un service perpétuel pour le repos de son âme, parents et amis le jour de son enterrement arrivé le 23 aoust et estre mis aux prières générales qui se font dans ladite Eglise, à la charge audit sieur Recteur de payer les autres prêtres qui y assisteront.

Dans ce titre à la cotte J. est la fondation du bénéfice de la Maisonnette, faite par messire Pierre Collardeau par son testament du 7 juin 1633, estimé alors 30 hectares de rente, pour être dit toutes les semaines à jour non limité, une messe basse à l'autel de Notre-Dame dans l'église de la Bruffière, dont le patronage est donné à Julien Collardeau, nepveu du fondateur, ou sinon au fils dudit Collardeau, ou à son défaut à sa fille aînée et leurs descendants à perpétuité, pour estre présenté au plus proche de la lignée portant le nom de Collardeau, et défaillant le nom, au plus proche allié d'y celuy nom. (Fond. 60.)

Pierre Poyron, demeurant au village de Chez-Mouillé par acte rapporté par Brochard et Desfontaines, notaires, le 12 septembre 1627, a donné et légué à perpétuité à messire Marin Michonnaud, recteur, 64 sols tournois de rente que ledit Poyron a droit de lever chacun an avec plus grande somme sur la pièce de terre appelée le Pasty-Gaudin, contenante quinze boisselées de terre, située proche les landes des Ayes ; à la charge de faire par chacun an un service général dans l'Eglise de la Bruffiére le jour et feste de Noël ; et d'autant que le jour qe Noël est un jour si solennel, les messes se diront à basses voix, et on fera les prières pour lui à la grande messe, on dira Libera et Vigiles et on le mettra aux prières générales aux quatre festes annuelles. (Fond. 63.)

Maurice Gouraud, demeurant à la Grange proche le bourg par son testament rapporté par Guéry et Desfontaines, notaires, le 17 août 1639, a donné et légué à perpétuité au sieur Recteur de la Bruffière la somme de 64 sols tournois de rente qu'il a assigné sur tous ses biens immeubles, spécialement sur son logis où il demeure à la Grange, à la charge audit Recteur de faire tous les ans au jour de son obit un service général de trois grandes messes, Libera sur sa fosse et estre mis aux prières générales aux quatre fêtes annuelle. (Fond. 51.)

Jean Lahenière, par testament rapporté par François Desfontaines et Charles Guéry, notaires de Tiffauges, le 13 mars 1640, a légué au Recteur de la Bruffière et à ses successeurs 64 sols de rente foncière qu'il a assigné sur tous ses biens situés au village de Saint-Père, lieu de sa demeure, à la charge d'un service de trois messes et Libera à la fin de chaque année, le jour de son décès.

Catherine Martin, demeurant en ce bourg de la Bruffière, par contrat rapporté par Guérry et Desfontaines, notaires, le 31 décembre 1640, donne au Recteur 63 sols tournois de rente pour un service. (Fond. 48.)

Jeanne Butier, femme de maître Jacques Chevallier, par testament rapporté par Testard et Desfontaines, notaires, le 26 octobre 1641, a légué au Recteur de la Bruffière et à ses successeurs recteurs, 12 livres de rente sur partie du village de Chez-Libaud, à la charge au dit recteur de faire chacun an quatre services de trois grandes messes chacun avec Libera sur sa fosse. L'un le jour de l'octave du Saint-Sacrement, l'autre le quatorzième jour d'aoust, le troisième le 30 octobre, jour de son obit, et le dernier, la vigile de la feste de la Toussaint. (Fond. 30.)

Renouvelé le 20 octobre 1786, par Rigaudeau du Pouet et Douillard, notaires à Tiffauges, cet acte a été remboursé,

Louise GouIlet, du village de la Tuaudière, par testament rapporté par messire Jacques Gilbert, prestre, le 26 mars 1648, a fondé à perpétuité à la cure de la Bruffière, .la somme de 60 sols tournois qu'eIle a assignés sur ses domaines, situés aux Basses-Godelinières, en la paroisse de Treze-Sextiers, à la charge de faire un service chaque année au jour de son décez, de trois grandes messes et prières accoutumées. (Fond. 26.)

François Coupif, du village de Chez-Libaud, par testament rapporté par messire René Perdriau, prestre, le dernier jour de janvier 1651, a légué soixante sols de rente annueIle et foncière la queIle a été assignée sur tous ses biens, particulièrement sur le pré Jousseaume, situé au village de Chez-Libaud, à la charge de célébrer ou faire célébrer tous les ans, le jour de son décès, trois messes à haute voix. (Fond. 8.)

Renée Mouillé, demeurant au village de Chez-Mouillé, par testament rapporté par Forget et Trouné, notaires, le 9 janvier 1653, a légué par chacun an, la somme de 60 sols de rente payable à la fête de Saint-René, à la charge au Recteur de faire tous les ans un service de trois grandes messes. pour le repos de son âme, la première messe de l'office, la seconde de la sainte Vierge, et la troisiesme des deffuncts, avec un Libera sur la fosse à la fin de la dernière des dites messes. (Fond. 57.)

Jan Roy, âgé de 78 ans, du village de Saint-Père, par testament rapporté par Forget et Desfontaines, notaires, le 22 novembre 1658, a fondé et légué 64 sols de rente foncière et annuelle qu'il a assignés sur tous ses biens et spécialement sur le logis où il fait sa demeure audit lieu de Saint-Père et jardin au-dessus, à la charge audit recteur de faire chacun an un service général de trois messes, deux à haute voix et une à basse et Libera sur la fosse à la fin.

Par le même testament Jan Roy a légué 20 sols au Rosaire pour faire dire par les bâtonniers à l'autel du Rosaire une messe sans expliquer basse ny chanté ny le jour (Fond. 16.)

René Hervoit, du grand Goulet, par testament rapporté par Forget et Desfontaines, notaires, le 22 août 1658, a légué 64 sols tournois de rente à la charge de faire un service général de trois grandes messes et un Libera à la fin du service.

Sur le village de Puisraveau en Torfou, pour la fondation de Jean Griffon, demeurant au bourg de Saint-Symphorien pour déservir à son intention deux services de trois grandes messes chaque Vigiles à trois leçons à chaque service, recommandation, Libera à la fin et son des cloches ; l'un le jour de Saint-Jean-Baptiste, ou le lendemain et l'autre le 3 mars, payable my-août Le testament est du 23 may 1663, rapporté par Borderon et Guibert. (Fond. 71.)

Sur la Papaudière 12 boisseaux seigle fondés par Jacques Maingueneau, pour estre desservy deux messes basses par semaine ; il y a encore avec cela 10 livres 10 sols. Cette Papaudière est dans la paroisse du Longeron.

Messire Jacques Poiron, prêtre curé de Notre-Dame de la Limousinière, diocèse de Luçon, dépendant de la baronie de la Chaise-le-Vicomte, a fondé au Rosaire pour son intension, celle de Mathurin Poiron, prêtre curé de la Guyonniere, son oncle, en exécution de son testament et celle de Pierre Audureau, son neveu, cousin germain de Messire Jacques Poiron, curé de Boussay, deux messes basses à jour non limité par stipendie simple et laïque pour estre desservies à l'autel du Rosaire de Sainte-Radégonde de la Bruffière toutes les semaines et pour ce sont affectés dans son testament 31 livres 7 deniers tournois deüs audit Pierre Audureau, au ténement du Charpre de rente constituée sur les biens de Denis Hervouet, par contrat rapporté par Dugast et Briard, notaires à Clisson, le 2e décembre 1617…. La maison de la Rouère, où demeure Boutin, et ses dépendances, 12 boisseaux d'avoine, mesure de Montaigu, dus par chacun an par les teneurs du village, et tennement de la Brelaizière, en la paroisse des Brouzils, rendable par chacun an en la moisson de Pierre Poiron, prêtre, située au bourg de la Bruffière, lieu vulgairement appelé la Rouère, en chacun jour et feste de Notre-Dame en août à commencer le premier paiement de ladite rente dans ledit jour et feste de Notre-Dame en août de l'an prochain que l'on contera par la grâce de Dieu 16 novembre 1661 et continuer après lesdits paiements de ladite rante d'an en an.

Dix boisseaux et demy seigle requérables, mesure de Tiffauges deüs par Jean Gouraud et Marie Poiron, sa femme, sœur du testateur, sur les terres et domaines situés au village de chez Mouillé.

Item dix livres tournois de rente annuelle deüs par Mathurin Mouillé, du village de chez Mouillé...

Item douze livres tournois deüs par an audit testateur, fête de saint Jean-Baptiste, par son frère Nicolas Poeron, Françoise Fonteneau, sa femme, sur leurs domaines situés au village de la Brosse...

Autre douze livres 10 sols que lesdits Poeron, son frère et Fonteneau, sa femme, luy doivent par an sur leurs dits domaines de la Brosse fête de Saint-Michel, le tout légué par testament dudit Jacques Poeron écrit de propre main et signé de luy le 6 juillet 1668, l'an 65 de son âge.

René Mouillé de Chez-Mouillé doit 21 livres 10 deniers de rente constituée pour 430 livres qu'il a empruntés du Rosaire le 3 décembre 1725.

Les 10 livres de rente deüs par Mathurin Mouillé ont été franchis le 10 octobre 1723, et le principal presté à M. René Gaboriaud, prestre, demeurant à la Raterie, à titre de constitut, et aujourd'hui c'est Brin et autres ses héritiers qui payent cette rente.……

Le 22 septembre 1664 a lieu le testament de Renée Cormeray. Elle lègue à la fabrique 3 livres de rente payable aux fabriqueurs, rente assignée sur son logis du Portal pour un service annuel de trois grandes messes notées avec un Libera à la fin.

Jean Ouvrard, prestre, par acte rapporté par Desfontaines et Testard, notaires, le 16 mai 1667, a légué à la cure soixante sols de rente sur cinq boisseaux de blé et un tiers. Il est décédé le 7 juillet 1667, sa famille habitait la Brelandière.

En 1665, baptême d'Esprit Augereau, parrain Esprit Baudry, seigneur d'Asson.

En 1667, baptême de Gabriel-Martial, fils de Gabriel Charbonneau, de l'Échasserie.

En 1673, François Richard, prêtre, chanoine de Saint-Maurice-de-Montaigu, fonde un légat de 1500 livres.

Constitution au profit de la chapelle ou stipendie fondée par défunt M. Boisard, faite par M. Ouvrard, un des chapelains, en 1681, sur les biens de la grande Bretonnière 7 livres 10 sols qui se paiera un an après le décès du sieur Ouvrard aux chapelains qui seront pourvus de ladite chapelle parce que ledit sieur Ouvrard pendant son vivant retiendra ladite rente de 7 livres 10 sols en déduction de la moitié du revenu de ladite chapelle comme y ayant à présent deux chapelains.

Testard, notaire, Seguin, notaire.

 

                  

 

TESTAMENT de MESSIRE JACQUES POËRON

curé de la Limouzinière

en faveur du saint Rosaire

     

Jesus Mana

6 juillet 1662. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

J. Poëron, curé de l'église parochiale de Notre-Dame de la Limouziniére, diocése de Luçon, par la grâce de Dieu, sain de corps et d'esprit, Considérant la mort estre inévitable et son heure incertaine, ne désirant décéder de ce monde intestat et sans avoir pourvu au salut de mon âme et disposé de mes biens, ay sans aucune induction, suggestion, n'y persuasion de personne, fait et rédigé de ma propre main par escrit le présent testament, révoquant tous autres précédents, en la forme et manière que sensuyt : Sçavoir est que premièrement je recommande mon âme à Dieu mon créateur, pour que par sa miséricorde, les mérites de la passion de mon Sauveur et Rédempteur, les intercessions de ma très chère maîtresse et très digne advocate des pauvres Pécheurs, la glorieuse Vierge Marie, de saint Michel Archange, du bienheureux saint Jacques, mon patron et de tous les saints et saintes estant en cour céleste de paradis, elle soit receue et colloquée en lieu de repos. Item je désire et ordonne, qu'advenu mon décès, mon corps soit inhumé dans l'église de la Lymouzinière avec les saintes cérémonies de notre mère la sainte Eglise en la communion de laquelle, je veux vivre et mourir, et qu'au jour de ma sépulthure soit convoqué le plus de prestres qu'on pourra pour célébrer la sainte messe en la dite église à mon intention et faire le service de mes obséques pour lesquels je désire qu'il ne soyt apporté ni faste ni superfluité, me confiant entièrement en la fidélité et probité de mes héritiers et exécuteurs pour y estre agi avec décence. Et pour le regart des affaires temporelles que j'ai en ce monde et des biens qu'il a plu à Dieu m'impartir, j'en fais le partage et disposition qui suyvent :

Veux et ordonne que toutes et chacune de mes debtes soient entièrement et exactement acquittées à mes créanciers connus et inconnus. Considérant que toutes choses terriennes sont perissables et transitoires, et au contraire les biens de l'autre vie être pardurables, désire commuer le temporel au spirituel, tant pour le salut de mon âme que de celles de mes parents, amis et bienfaiteurs présents et advenir, ayant extresme désir et volonté de léguer à l'église parochiale de Sainte-Radégonde de la Bruffière, diocèse de Nantes, ma paroisse natale, un leg pieux, en stipendie simple et laïque, comme aussi pour satisfaire à l'intention et dernière volonté de deffunt mon oncle paternel, venérable messire Mathurin Poëron, prestre, vivant curé de la Guyonnière, lequel par son testament et dernière intention a chargé et fié à messire Pierre Audureau prestre aussi son neveu et mon cousin germain, vivant doyen de Maroil et de Bessay, la somme de 31 livres 5 sols tournois, à luy deüe en son vivant, de rente constituée sur les biens de défunct Denis Hervouet au village et tennement du Charpre, paroisse de la dite Brutfière, pour cause de la somme de 500 livres tournois receue par le dit Hervoüet de mon dit deffunt oncle, comme appert par contract de la dite rente soubs la cour de Clisson par Dugast et Girard, notaires d'icelle daté du deuxième décembre mil six cent…..

Celuy dit testament approuvé et ratifié par ses propres et légitimes héritiers le 6e de novembre mil six cent soixante Sorin et J. Badreau, notaires de Montaigu O (avec) charges tant à moy qu'au dit Audureau, ses dits neveux de célébrer par chacune sepmaine, chacun de nous une messe à basse voix à jour et lieux non limités tant à son intention que de ses bienfaiteurs. Et qu'après notre décés la dite rente de 31 livres 5 sols soit pour jamais et à perpetuité servir à une stipendie sans avoir assigné ni affecté aucun lieu spécial pour estre desservie. A ceste cause, étant intervenu le dit Audureau pour satisfaire à la clause du dit testament de notre dict défunct oncle, Considérant qu'il n'y a rien de plus juste et de plus raisonnable sinon que les biens que Dieu nous a prestes en ce monde retournent et soient consacres à son divin service.

Ayant aussi conceu de longtemps le dessein de satisfaire à la susdite intention de mon dict oncle, pour et à perpétuité faire prier Dieu pour mon âme et celle de nos bienfaiteurs, parents et amis et encore pour certaine bonne considération et motif particulier, de mon propre mouvement, gré et volonté, sans force extérieure, coaction ou induction, persuasion aucune, sur ce bien conseillé et advisé de longtemps, ay fondé, doté et légué et par ce présent testament fonde et lègue et affecte pour jouir à perpétuité, à l'autel du S. Rosaire, en l'église de la dite Bruffière en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, pour l'entretien et conservation du dit S. Rosaire en icelle, un legs pieux, en stipendie simple et laïque qui serait pour jamais affecté au dit S. Rosaire à titre d'augmentation ou de conservation et pour participer aux faveurs et indulgences accordées successivement aux confrairies par nos SS. Pères les Papes, à la charge par les procureurs et administrateurs de célébrer ou de faire célébrer par chacune sepmaine au dit autel, en la dite église, à jours non limités, 2 messes à basse voix à l'intention que dessus et ce pour jamais en discontinuer, à commencer la dite fondation au jour du déces de Mre Jacques Poëron prestre, mon neveu, et non plus tôt, et d'autant plus luy ay duement transporté la jouissance du temporel que je désire affecter pour la dotation susdite, moyennant quoi il s'est obligé à sa vie durant de célébrer ou faire célébrer les dites 2 messes cy-dessus specifiées, comme il en a ci-devant fait, et fait à présent pour ma décharge ainsi que nous sommes ensemble convenus, ce qu'il ratifie d'abondant par celuy mon présent testament pour que mon dit neveu puisse être circonvenu du dit temporel pendant sa vie, moyennant aussi son obligation des dites messes qu'il acquittera réellement.

Et consistant le dit temporel de dotation, lequel par vertu des présentes, j'ai assigné et assigne, affecté et affecte au dit Rosaire, donne et oblige pour jamais et perpétuellement, à charge par les procureurs, recteurs et administrateurs de tenir bon et loyal compte ainsi que de raison pour l'acquit de leur charge :

Tous et chacun les biens qui peuvent m'appartenir et compéter au lieu et ténement de la Rouère, bourg de la Bruffière, comportant maison, chambres, quairuage, jardin, ouche, sans en rien réserver ni excepter, lesquels dits domaines, les procureurs et administrateurs seront obligés d'entretenir en bonnes et saines réparations.

Item, je donne, lègue et affecte au dit Rosaire le nombre de 12 boisseaux raz d'avoine, mesure de Montaigu qui me sont dûs chacun an rendus à la maion de la Rouère par les teneurs du village de la Brelaisière, rente que j'ai acquise de Pierre Dugast du village de la Bretonnière, paroisse de la Bruffière.

Item, je donne au Rosaire le nombre de 10 boisseaux et demi de seigle mesure de Tiffauges du chaque année en terme et fète de mi-août sur les tennements du Charpre, paroisse de la Bruffière.

Item au dit Rosaire, je donne le nombre de 10 boisseaux de seigle, mesure de Tiffauges dus par Jean Gouraud et Marie Poëron, sa femme et ma sœur ;

Item je donne au Rosaire la somme de 10 livres tournois de rentes constituées sur dtfférents domaines ;

Item au même Rosaire une autre rente de 12 livres également constituée sur d'autres domaines ;

A charge pour les administrateurs du dit Rosaire que les dites rentes constituées sont rédimées et racheptées par les débiteurs et remplacées et employées en droits d'acquêt, affecttées par confirmation perpétuelle au dit Rosaire pour par les administrateurs d'icelluy, sans aucune diminution ni détérioration quelconque, Pour toutes lesqu'elles rentes, biens et domaines affectés au dit Rosaire, les administrateurs seront tenus payer et acquitter les cens rentes et debvoirs deüs et accoutumés être payés et acquittés pour toutes causes.

Et affin que la dite stipendie et legs pieux puise estre ferme et stable à jamats et perpétuellement, supplie et requiert humblement par ces présentes Monsieur le vénérable Recteur et confrères du dit Rosaire en la susdite égitse que de grâce spéciale il leur plaise m'accepter au nombre des confrères et bienfaiteurs d'icelluy pour que mon intrusion soit agréable à Dieu et à la Sainte Vierge Marie.

Je veux et ordonne par ces présentes que la tierce partie de mes meubles et biens d'acquêt soit employée aux frais et dépenses de mes funérailles, service tant du jour de mon enterrement que de l'octave ou quarantaine et anniversaire que pour faire célébrer messes, prières et aumosnes, tant pour le repos de mon âme que de tous mes bienfaiteurs, parents et amis au nombre que pourront juger mes dits exécuteurs testamentaires ainsi que se pourra monter la dite tierce partie de mes meubles et acquêts non affectés à la susdite dotation, stipendie et legs pieux.

Et pour que mon présent testament de dernière volonté soit entiérement et ponctuellement exécuté et ratifié, j'en donne toute charge à mes deux neveux, Messire Jacques Poëron, prestre, à présent vicquaire des Magnils et à... Gouraud, prestre, curé de Saint-Armant, lesquels deux j'ay choisis et esleus de mon propre mouvement pour spéciaux exécuteurs de mes dernières volontés comme idoines et capables à ces fins, les en suppliant humblement et dès à présent les ay introduits dans la jouissance et disposition de tous mes biens ci-dessus de quelque nature qu'ils puissent être, promettant de n'y jamais contrarier, et avoir pour agréable toute négociation qu'il leur plaira et pourront faire.

Fait et escript en mon domicile ordinaire et logis presbytéral de ladite Limousinière le 6 du mois de juillet 1662 et la 65 de mon asge.

Signé : Jacques Poeron, prestre, curé de la Limousinière, pour testament de mes dernieres volontés que je consacre à la plus grande gloire de Dieu.

 

                  

 

TESTAMENT DE FEU MESSIRE BOYSARD

Prêtre recteur de Sainte-Radégonde de la Bruffière

     

"Vive Jésus et loué soit dans le très Saint-Sacrement de l'autel. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Moi Charles Boysard, Recteur de la Bruffière, âgé de quarante ans et demi, demeurant en la Rectorie de la ditte Bruffière, où je suis détenu d'une maladie de langueur, et sachant bien la certitude de la mort, j'ai voulu faire comme de fait je fais mon présent testament et ordonnance de dernières volontés, sans suggestion ni induction de personne, mais de mon pur movement; et pour le recevoir et rédiger par articles, j'ai mandé et fait venir exprès en ma demeure maître Pierre Quéré et André Seguin, notaires du vicomté de Tiffauges, aux quels j'ai dicté et nommé de mot à autre sans induction mon dit testament et ordonnances dernières que je veux être ponctuellement exécutées, et pour ce faire, je prie humblement les exécuteurs d'y celui d'en prendre les soins par les voies ordinaires en cas de refus d'exécution de mes dites ordonnances par mes successeurs et héritiers comme il s'en suit :

Premier, je recommande mon âme à Dieu, le priant qu'estant séparée il la veuille recevoir à miséricorde dans les mérites du sang de Jésus-Christ, et la sainte Vierge, avec toute la cour céleste, nommément mon bon patron d'intercéder pour moi, je veux et ordonne, mon décès avenu, en premier lieu que mon corps soit inhumé dans le bas du cimetière au bout, et au milieu des tombes, ou il y avait autre fois un chemin, sur le quel sera mis une tombe élevée sur deux quartiers de pierre et audevant une croix avec une table et deux rangs de marches de pierre, le tout massif de taille, et pour ce faire, je donne et veux être payé par mes dits exécuteurs testamentaires la somme de soixante livres qui m'est düe par cédule, sur Jean Hervoüet, du Grand-Goulet, faisant mettre mon nom sur la tombe en lettres hautes.

Je ne désire pour mes obsèques d'autres prêtres que ceux de cette paroisse, ni d'autres luminaires que ceux que j'ai de vieux et que je sois servi comme on a accoutumé de faire en cette église. Au lendemain de mon enterrement, qu'il soit commencé un annuel à haute voix où à tout le moins assisteront au pupitre et au chant trois de messieurs les prêtres à répondre au célébrant sans intervalle et consécutivement, pour le quel et pour mes obsèques, je donne à mes dits exécuteurs, une obligation sur Pierre Martin et Jean Porteau, de ce bourg, portant cent dix livres, et une autre sur Jean Thibaud, de la Churlière, de la somme de cent livres, et une cédule de Mathurin Nerrière, fils de Maurice Nerrière, de la somme de quarante-cinq livres. Ceux qui diront les messes de mon annuel se ressouviendront de faire la prière pour moi et de dire le Libera à la fin.

Item par mon dit présent testament, j'ai légué, lègue, fonde à perpétuité la première messe dimanches et fêtes qui se dira à mon intention en cette église, à la quelle il sera fait prière pour moi au milieu de la messe, et un De profundis à basse voix par le célébrant à la fin d'icelle.

Plus je lègue comme dessus à perpétuité, dimanches et fêtes, à une heure après midy, le catéchisme qui sera fait par les dénommés cy-après, afin d'instruire le peuple dans la crainte de Dieu, pour y vivre et mourir.

Pourquoi faire et entretenir à perpétuité et fournir d'huile pour l'entretien de la lampe du grand autel, qui sera allumée jour et nuit devant le Saint-Sacrement, je donne et lègue ce qui me peut appartenir et être à moi au village et tennement de la Grande-Bretonnière, en cette paroisse, sans aucune réservation, tout ainsi que Pierre et Jean Desfontaines le tiennent de moi à titre de ferme aux prix de quarante écus par chacun an, les quels Desfontaines je ne veux ni entend être délogez ni leurs successeurs payant les dits quarante seulement et jouissant du tout en bon père de famille, parce que je veux que la ditte ferme ait lieu jusqu'au défaut de payement.

Plus je lègue, comme devant, un logis, situé en ce bourg, et terres qui en dépendent, en le quel fait présentement sa demeure maître Jean Porteau, notaire, tout ainsi que je l'ai acquis de Jean Fumé et Marguerite Piou, sa femme, avec un certain canton de pré, situé dans le bas de ce bourg, dont jouit Louis Charbonneau, que j'ai acquis de Mathurin Chiron, des Grandes-Fontaines.

Plus je donne, comme devant, la moitié d'un pré, appelé le pré de Mingot, aussi situé en ce bourg et au bas d'icelui, fors les trois quarts dans un quart de l'autre moitié, appartenant à Jean Marbœuf de Mingot, dont le dit Marbœuf m'est redevable par le prisage de leur partage. Sur icelui trois quarts d'un quart de l'autre moitié de la somme de trente livres, le haut du dit pré joignant celui de la chapelle de Saint-Antoine, en long, aurait été apprécié vingt écus, par ainsi lui donnant, s'il le veut, la somme de vingt livres qui lui serait payée par messire René Seguin, qu'il me doit par cédule de pareille somme, et ou je serais remboursé du principal des acquêts que j'ai faits des dites maison, terres et prés, je veux que ceux qui seront ci-après nommés, reçoivent les dits remboursements et au même temps remplaceront les sommes reçues en bon fond à peine d'en être solidairement tenus sur leurs biens, et pour cet effet, je les charge de faire faire les formalités nécessaires pour être valablement appropriés des dites choses acquises, et pour célébrer la dite première messe chacun des dits jours de dimanches et fêtes sans discontinuation, et faire le dit catéchisme aussi par chacun des mêmes jours dimanches et fêtes, consécutivement à la dite heure d'une heure après-midi et entretenir la dite lampe perpétuellement allumée, j'ai constitué, nommé et présenté par mon dit testament, vénérables et discrets messires Jean Moüillé et Jean Ouvrard, prêtres, demeurant dans ce bourg, que j'en ai jugé capables, voulant et entendant qu'à perpétuité il y ait toujours deux prêtres pour exécuter les dites choses par moi léguées, afin que l'un puisse servir à défaut de l'autre, donnant la faculté et pouvoir aux dits sieurs Moüillé et Ouvrard, avant leur décés d'instituer en leurs places tels prêtres qu'ils jugeront à propos, et au cas où ils n'y auraient pourvu, je donne le même pouvoir à messieurs les recteurs, mes successeurs, qui en disposeront aussi à ceux qu'ils jugeront capables ; au moyen de quoi, et pour l'entière exécution et accomplissement des dites choses ordonnées par moi être faites, j'ai aux dits sieurs Moüillé et Ouvrard, dès le jour de mon dit décès, délaissé la propriété et jouissance pleine et paisible des dits lieux par moi léguez pour par eux en faire jouir, user et disposer pendant leur vivant comme de leur propre, à la charge des obéissances et charges de droit, à la réserve toute fois de la propriété de mes dits droits de la Bretonnière, de la quelle ne pourront comme dit est ni leurs successeurs disposer étant annuellement payés par les dits Desfontaines et ceux qui les représenteront, de la ditte somme de quarante écus, et en après les décès des dits sieurs Moüilé et Ouvrard, je donne le même droit à ceux qui seront pourvus du présent légat par ceux qui en auront le droit comme je l'ai dessus établi, méme leur donne la ferme qui me sera échue à la Saint-Jean prochaine, des dits logis et terres dont jouit le dit Porteau, qui sera vingt-deux livres 10 sols ; je déclare que lesdits Pierre et Jean Desfontaines me devront à la Saint-Georges deux années de leur ferme qu'ils tiennent de moi qui sera deux cent quarante livres à raison de six-vingts livres par an, et la somme de soixantre-treize livres restant de plus grande somme que je leur aurais prêtée, et en particulier audit Pierre la somme de quinze livres, lorsqu'il fut à la foire de Saint-Michel, et audit Jean aussi en particulier treize livres à son besoin, lesquelles sommes revenant en à celle de trois cent cinquante-quatre livres, je veux être employée à la construction d'un tabernacle au grand autel, ou à la clôture du cimetière, à la discrétion et volonté de mes dits exécuteurs, sur laquelle ditte somme il sera néanmoins fait déduction audit Desfontaines de cinquante-cinq boisseaux d'avoine que j'ai achetés d'eux à raison de cinq sols, priant mesdits exécuteurs de le faire payer doucement ; je donne, veux et entends être délivré aux fabriqueurs de cette paroisse pour la fabrice d'icelle, le drap mortuaire que j'ai eu de feu Monsieur de l'Échasserie pour en faire faire une chasuble, leur donne pareillement aussi et veux être délivré auxdits fabriqueurs un de mes grand cabinets fermant à deux portes pour mettre les ornements qui sont neufs et linges plus proprement qu'ils ne sont, qui sera placé au-dessus de l'autel de Sainte-Emérance, ou autre endroit qui sera jugé plus commode.

Je donne à mon frère ainé Laurent Boysard, sieur de Marol, gentilhomme servant chez le roi, et veux lui être délivré mon cheval et ma cavale avec leurs harnais et valise, et généralement tous autres meubles qui se trouveront m'appartenir au jour de mon dit décès sans réservation hors de ceux que je spécifierai ci-après, desquels je veux et entends qu'il en fasse courageusement délivrance à ceux à qui ils seront ordonnez.

Plus je donne à mon dit frère de Marol l'usufruit et jouissance d'un pré qui m'appartient au Vaubrié paroisse de Baugé que j'ai acquis de dame Marie Gallot, veuve d'écuyer Jean de Lescrivain, sieur de Boisnoblet, confrontant d'un côté au logis appartenant aux héritiers de défunt monsieur de la Cirottière, d'autre côté les murailles de la ville du dit Baugé, et d'autre part au pré appartenant aux dits héritiers du dit feu sieur de la Cirottière et d'autre part au pré dépendant des grands moulins pour en jouir mon décès avenu comme un usufruitier doit faire jusqu'à son décès sans le pouvoir vendre ni engager, mais demeurer en propriété à l'ainé de ses successeurs et issus de lui, et à défaut, de ligne en ligne, auxquels dès à présent j'ai cédé tout le droit que j'y pouvais avoir aux mêmes conditions de ne le vendre ni engager, et faute d'hoirs de mon dit frére tombera à l'ainé des Boysard, et aux ainés qui issiront d'eux aussi aux mêmes conditions d'usufruit, à la charge à lui et ceux qui seront en jouissance du dit pré de faire faire à perpétuité un service, le quatrième de novembre, jour de saint Charles, mon patron, de trois grandes messes chantées à haute voix dans l'église du dit Baugé.

Je donne comme devant à mon dit frère de Marol tout ce qui peut m'ètre échu tant en meubles qu'immeubles de la succession de feu mon père Louis Boysard, receveur des tailles, où que ce soit, ce que les coutumes me permettent de donner sans aucune réservation pour par lui et les siens en jouir, user et disposer de mes dits droits, tout ainsi que des siens lui en cédant et transportant tous droits, actions, prétentions et demandes, déclarant n'avoir touché aucunes choses de mes dits droits successifs ni fait ni reçu aucunes jouissances d'iceux, les quelles pareillement je lui donne et veux lui étre fait raison, et déclare aussi n'avoir consenti ni signé aucun acte conservant mes dits droits successifs.

Je donne à mon neveu François-Louis Frain de Nantes, et à ma nièce Frain d'Angers moitié par moitié cinq contrats de constitution, l'un messire Jean Chupin et femme de la somme de trois cent livres, l'autre sur Gabriel Gaborit, et Jean Porteau, son fils, de pareille somme de trois cent livres, le troisième sur Pierre Bordron et sa femme et les Libaud de Chez-Méchinaud portant trois cent livres, et le quatrième sur René Rambaud et Jacques Merlet, portant deux cents livres, et le cinquième sur le nommé Testard à moi cédé par les dits Chupin et femme avec promesse de garimant, portant six-vingts livres treize sols quatre deniers en principal, pour en joüir et user en tout de propriété, et pour ce je veux que les contrats de création des dites rentes leur soient mis en mains ou en celles de ceux qui seront pourvus à leur direction.

Je donne aux révérends pères capucins de la ville de Baugé, pour prier Dieu tant pour moi que pour les âmes des fidèles trépassés dont je ne me suis acquitté la somme de deux cents livres qui leur sera payée sur une cédule que me doit ma mère de pareille somme dont je prie leur père spirituel et mon dit frère de Marol à qui je veux qu'elle soit mise en main, d'avoir soin qu'ils en soient bien payés, de la quelle somme de deux cents livres, ma dite mère restante de celle de six cents livres pour avoir joüi de mon pré de Baugé, et en cas de refus et retardement de payement que ma mère pourrait faire de la ditte somme de deux cents livres ne voulant que le service soit retardé.

Je donne la somme de quatre-vingt-dix livres qui m'est due par cédule du dit Chupin, et le restant sur mes dits meubles donnés, et pour récompenser mes serviteurs des bons soins, peines et veilles qu'ils m'ont rendus tant en ma présente maladie qu'auparavant et espère recevoir d'eux à l'avenir ; de la preuve de quoi je les relève, je leur ai donné et donne, et veux leur être délivrés par mes dits exécuteurs savoir, à Renée Bouquier, ma gouvernante, son lit où elle couche tout ainsi qu'il est garni, plus une de mes mantes blanches, douze linceux six de toille meslice et six grands de brin à choisir, le chaudron qui sert à boulanger et un autre petit, le penultiesme de ceux que j'apportai d'Angers, six plats et six assiettes de ma vieille vesselle, et mon potteau d'étain, avec une écuelle à oreilles, et une de mes sallières, mon cabinet à trois portes et une à son choix de mes petites vaches, et prendra dans les étoffes noires que j'ai en rolleau pour s'habiller et porter le deuil de moi, si une ne suffit elle en prendra dans l'autre piesse pour lui en faire un habit en entier, plus deux douzaines de serviettes neuves déliées, deux autres douzaines de grosses, plus deux de mes petites culiéres d'argent.

Je donne à Mathurin Gouraud tous mes habits et vêtements qui sont de couleur, fors les noirs, tous les ferments tranchants et servant à la terre ;

Je donne à la fille du dit Gouraud appelée Renée, aussi ma servante, l'autre lit pareil à celui de ma gouvernante, tout ainsi qu'il est garni, avec six linceux de toile mesline, et mon autre petite vache, plus le coffre qui est dans mon écurie, deux plats et deux assiettes et le moyen des chaudrons que j'ai changé à la saint Symphorien, six grosses serviettes et deux nappes.

Je veux qu'il soit distribué le jour de ma sepulture aux pauvres, de belles aumônes de pain à autant qu'il en pourra venir jusque au nombre de deux septiers de blé.

Je donne à chacun des Robin du bourg, la veuve Méchinaud, Gibert, la boiteuse de la Tuandiére, à ce pauvre Choupeau qui va à l'aumône, Boursaude, Martin BaiIlaud, Pierre Bonnet, Nicolas Baudry de saint Symphorien, le nombre de huit boisseaux de blé qu'ils partageront par ensemble, et prendront à la grande Poutiére et au Bordage Germain, où il m'est dû le nombre de soixante-six boisseaux de blé pour gros de dixmes arrérages de deux ans à raison de trente-trois boisseaux par an, les deux de surplus seront donnés au petit Martin des Hautes-Rues.

Je donne à maître Sezard Mourier demeurant à Boussay et à la veuve Michel Tombette de ce bourg le nombre de quarante-huit boisseaux de bled à partager par moitié qui me sont dus sur le tennement de la Rattrie pour gros de dix mes arrérages de deux années ;

Je veux qu'il soit rendu et donné à Pierre Laporte une obligation que j'ai sur lui de la somme trente livres que je lui donne pour les services qu'il m'a rendus ;

Je donne aux enfants de Gouraud, mon vatet, à François Rembaud et René Savain, le nombre de quarante huit boisseaux de blé qu'ils partageront par ensemble également qui me sont dus sur les petites Fontaines pour gros de dixmes arrérages de deux ans, à raison de vingt-quatre boisseaux chacun an ;

Je donne à Jacques Gouraud et à Soulet, seize boisseaux de bled qui me sont dus sur la Cailletiére de rente arrérages de deux ans à raison de huit boisseaux par chacun an ;

Je donne le restant du bled qui m'est dû sur le Plessis, ne sachant combien en a levé Mathurin Ouvrard, du Pontreau, sur le nombre de quarante-huit boisseaux qui me sont dus pour gros de dixmes pour deux années d'arrérages pour être boulangée et ensuite distribuée aux pauvres à la fin de mon annüel.

Afin que mon dit testament ait lieu sans aucun contredit, je me suis volontairement et personnellement établi eu droit en la dite cour de Tiffauges et par devant les dits Querré et Seguin, notaires, par moy faits venir exprès. I ceux priés de m'en juger et condamner. Pourquoi nous dits Querré et Seguin, obtempérant au consentement et réquisitoire du dit testateur après qu'il nous a dit vouloir et consentir les sentences au présent testament et obliger tous et un chacun ses biens meubles et immeubles pour l'entier accomplissement d'iceluy, par le jugement et condamnation de notre dite cour, jugé et condamné et après luy avoir de mot à autre fait préventive lecture de son dit testament et dernière ordonnance de mot à autre par l'un de nous, l'autre. présent, et iceluy lu et relu a dit estre l'intention pure qu'il a plu à notre bon Dieu luy inspirer, et à persisté, et a ci donné outre et pardessus ses ordonnances à la dite Bouguier, sa gouvernante, sa table ronde.

Fait et passé en la rectorie de la dite Bruffière, en une chambre basse, où le dit testateur est gissant au lit malade, où il a signé le vingt-neuvième jour de mars mil six cent soixante-douze, après midi, à la plus grande gloire de Dieu.

Signé : Charles Boysard.

Querré et Seguin, not."

1673, - Bigot, recteur.

M. Boysard eut pour successeur M. Bigot qui le remplaça dans le mois de mars 1673. Il avait pour vicaire M Gouraud qui signe prêtre vicaire. M. Tirard (ou Bivard), chanoine régulier de Saint-Augustin, était prieur de Saint-Symphorien et résidait au prieuré ; il marie noble homme Gaudineau, sieur de la Vregnaie, avec Mathurine Chiron.

Au mois de septembre 1674, sépulture de Mathurin Desfontaines, clerc-tonsuré, fils de défunt maître René Desfontaines, notaire.

En 1676, un Desfontaines était vicaire ainsi qu'un M. Babin.

Messire René Fonteneau, vicaire de Torfou, diocèse de la Rochelle, est parrain.

Les Landes-Genusson sont du diocèse de la Rochelle, Montaigu et Treize-Septiers du diocèse de Luçon, la Bernadière et la Bruffière de celui de Nantes.

Mariage de noble homme Gilles Augereau, sieur de la Rivière, avec dame Perrine Albert, du bourg de Saint-Symphorien. - Baptême de Agathe, fille de noble homme Jacques Trouvé, parrain René Trouvé, marraine Dlle Agathe de la Grüe, de la Boissière. - Sépulture de Claude Hardouin, fils de noble homme Pierre Hardouin, et de Dlle Renée Delavau, de Beauvoir, diocèse de Luçon.

En 1677, Louis Charète, seigneur de la Gacherie, signe au commencement du registre - M…… chapelain de la Bevrière, paroisse de la Chapelle-Basse-Mer, est parrain avec Mademoiselle Marie Macé, demeurant à la maison de Verteil, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay. - Pierre Fleury est vicaire. - Nicolas Gouraud, prêtre à la Bruffière. - Coustaud, prêtre, parrain d'un de ses neveux.

En 1678, Jacques-Louis Paris, seigneur de la Haie, conseiller du roi, lieutenant-colonel et juge ordinaire de la Sénéchaussée de Nantes, signe au commencement de ce registre. - Un mariage est fait à Saint-Symphorien entre Martin Griffon et X... par le prieur de Saint-Symphorien. - Sépulture d'honorable homme Jean Porteau, notaire de Clisson, demeurant à la Bruffière. - Sépulture d'honorable homme Pierre Richard, sieur de la Grange, non marié, âgé de 80 ans.

1678, le 6 mars, Jean Martin et André Seguin sont autorisés à emprunter 11,000 livres pour la part de la paroisse de la Bruffière, de la somme de 100,000 livres offertes au roi.

Le cinq avril de la même année, une constitution de rente est établie sur le général des paroissiens de la Bruffière pour Renée Buharay, épouse de Jean Charbonneau, chevalier de Fortecuyère.

En 1679, est baptisé Charles Leroux, fils de noble homme Pierre Leroux, sieur des Chirons, du bourg. - Au mois de février a lieu le mariage de noble homme Georges de Masalve, sieur de la Sen…, avocat à la cour, et alloué à la Juridiction de Clisson, fils de noble homme Pierre de Masalve, sieur de Bois-Taupier, avec Dlle Françoise Richard, âgée de 21 ans, fille de défunt maître Nicolas Richard et de dame Sébastienne Maingueneau, de la Grange.

Mathurine Cottoleau, ayant fait son testament en 1673, avait nommé René Perdrieau, prêtre de la paroisse de la Bruffière, son exécuteur testamentaire.

On trouve sur un acte de 1679 le nom de Mathurin Seguin, chapelain des Cléons.

1680. - François Gartieau, recteur.

François Gartieau succéda à M. Bigot en 1680. Il avait pour vicaire Pierre Legrand qui mourut en 1686 et fut enterré dans le cimetière de la paroisse. M. Gartieau mourut au mois d'octobre 1687. Depuis sa mort jusqu'au 1er janvier 1688, M. Gouraud, prêtre de la paroisse, exécuteur testamentaire de M. Gartieau, toucha les revenus de la cure, d'après un compte que rend M. Estenon, recteur successeur de M. Gartieau. Par ce compte qui est du 10 mai 1690, M. Estenon se reconnaît redevable à la fabrique de la somme de 76 livres 10 deniers. Le 9 juillet 1690 M. Mortier, successeur de M. Estenon, prend à sa charge cette somme de 76 livres 10 deniers, et s'en reconnaît redevable à la fabrique. M. Seguin, successeur de M. Mortier, se charge, par un écrit du 22 février 1691, de payer la susdite somme de 76 livres 10 deniers à l'acquit de son prédécesseur.

En 1680, sépulture dans l'église de Pierre Massalve, âgé de deux mois, décédé à la Grange, fils de noble homme Georges Massalve. - Sépulture dans l'église de Ursule Hardouin, fille de noble homme Pierre Hardouin. - Baptême de Jacques, fils de maître André Seguin, sieur du Coin, et de honorable femme Marie Coudrin. Parrain honorable homme Pierre Brochard, sieur du Vignau. - Sépulture de honorable homme François Boudeau, sieur du Chêne, chirurgien et apothicaire, demeurant à Saint-Symphorien. Sont présents : Gilles Augereau, sieur de la Rivière...

En 1681, le 20 janvier, a été inhumé dans l'église le corps de Françoise de la Grüe, Dlle de noble homme……. âgée de 46 ans. - Mariage en la chapelle de Saint-Symphorien de Pierre Blandin, honorable homme, apothicaire, et de Jeanne Bonnet, fille de honorable personne Etienne Bonnet.

En 1683, au mois de février, baptême de Jean, fils de Jean Denirard, huissier pour le roi à la Bruffière, et de Marie Lefebvre, épouse. Parrain Jacques du Vallais, sieur du Manoir, et marraine Dlle Lefebvre. - Dans le même mois, mariage de Pierre Delaunay, huissier pour le roi. - Le 22 février, mariage à Saint-Symphorien de Vincent Roy, maréchal, et Charlotte Michel, fait par M. Urbain Bourchis. - Le 24 février, mariage en la chapelle de l'Échasserie entre messire Nicolas de la Cour, chevalier seigneur du Verger, veuf de dame Gilberte Blanchard, de la paroisse de Cerisay en l'évêché de la Rochelle, et Dlle Anne Martel, fille de feu messire Olivier Martel, chevalier seigneur de la Mallonnière, et de dame Marie Charbonneau. - Baptême de Gabrielle Brillouet, fille de maître Brillouet, de Saint-Symphorien. Parain, Esprit Baudry d'Asson.

En 1684, au mois d'avril, M. Brunelière signe au régistre prêtre et vicaire. - Noble et discret messire Guillemin, prêtre curé de N.-D. de Tiffauges, est parrain. - Claude Bidé, conseiller du roi, sieur de la Bottinière, lieutenant général au siège présidial de la ville et comté de Nantes, paraphe plusieurs registres en ces années.

En 1685, au mois de juin, baptême de André Seguin, fils de André Seguin, sieur du Coin, procureur et notaire au vicomté de Tiffauges. - Le 10 juillet, sépulture dans l'église, de Dlle Marie Buor, âgée de 10 ans, fille de M. Buor, sieur de X..., et de dame Marie Martel. - Au mois de novembre, baptême de Françoise, fille de honorable personne Pierre Blandin, maître apothicaire, et de Jeanne Rivière, parrain Esprit Baudry d'Asson, et marraine Dlle Françoise Charbonneau, fille de Gabriel Charbonneau de l'Échasserie et dame Anne d'Avaugour.

En 1886, au mois d'août, a lieu dans l'église la sépulture de dame Françoise de Cadaran, veuve de feu messire Gabriel Charbonneau, chevalier seigneur de l'Échasserie.

L'an 1685, le 21 janvier, François Gartieau, curé de la paroisse, en vertu de la commission de messire Claude de Losrat, abbé de Brignon, chanoine de Nantes et grand vicaire de Monseigneur l'Evêque, du vingt et unième jour de mars 1684, signé C. de Losrat, vic. gén., et contresigné R. Richard, examine le compte des fabriqueurs Mathurin Gaborieau et de Pierre Rambaud du Petit-Cléon, et le fait remettre entre les mains de Jacques Huppé du bourg et René Ouvrard du village du Plessis; puis le compte de Jacques Cormerais et Mathurin Méchinaud, fabriqueurs de la paroisse en 1682, et dans la même séance, 21 juin 1685, ont été élus en remplacement de Jacques Huppé et René Ouvrard, André Seguin, sieur du Coin, procureur et notaire à Tiffauges, et pour les villages Estienne Béliard de la Rattrège.

Le 5 mai 1685, messire Anthoine Binet, abbé de Meilleraie et grand archidiacre de Nantes, fait la visite de la paroisse et M. Gartieau lui rend compte de l'argent qui lui a été remis par les fabriqueurs et de celui provenant d'une quête faite par la paroisse pour des ornements et la construction de deux autels.

Pierre Martin, sieur de la Genière, fabriqueur en l'année 1663 avec défunt Claude Chuppin, rend ses comptes à M. le curé, 7 mai 1675.

René Gouraud et René Chiron, fabriqueurs en l'année 1673, rendent leurs comptes, le 9 mai 1686.

Maurice Testard et Maurice Richard, fabriqueurs en l'année 1683, rendent leurs comptes le 3 octobre 1685. Recette 259 livres 12 sols 8 deniers ; mise 252 livres 12 sols et partant la recette excède la mise de la somme de 7 livres 8 deniers que les dits Testard et Richard, comptables, ont promis de mettre entre les mains de André Seguin et Etienne Béliard, fabriqueurs.

Jacques Huppé et René Ouvrard, fabriqueurs en l'année 1684, rendent leur compte. La charge s'élevant à la somme de 275 livres 3 sols 11 deniers et la décharge à la somme de 190 livres 7 sols, partant la charge excède la décharge de la somme de 84 livres 16 sols 11 deniers que les dits Huppé et Ouvrard paient entre les mains de Jules Richard et Pierre Guérin, le 26 février 1686.

Inventaire des meubles et ornements de la fabrique fait par M. Claude-Maurice de Losrat, prêtre, licencié en théologie, abbé de Brignon, chanoine de Nantes et vicaire général de Monseigneur l'Evêque, le 8 mai 1686.

En 1687, sépulture dans l'église de la Bruffière de noble homme Jacques Morel, receveur au bureau de la Bruffière, fils de noble homme Pierre Morel, sieur de la Fuy..., avocat au Parlement, et de Dlle Suzanne Garnier.

François Gartieau, recteur de la Bruffière, est mort en 1687 au mois d'octobre. Depuis sa mort jusqu'au premier janvier 1688, la paroisse est desservie par M. Gouraud, prêtre de la paroisse, qui en touche le revenu.

M. Ouvrard, prêtre, devait à M. Bigot, recteur de la paroisse, une somme de 40 livres qu'il remit à M. Gartieau, son successeur, en 1685 ; M. Bigot avait fait don de cette somme à l'église. - M. Nicolas Gouraud, prêtre, remet une somme de 30 sols, en 1685, à M. Gartieau, recteur.

Messire François Richard, prêtre sacriste de Montaigu, paie à la fabrique une somme de 80 livres pour une fondation qu'il avait faite. Après sa mort en 1683, trois prêtres, MM. Perdrieau, Ouvrard et Gouraud, reçurent de la fabrique 75 livres pour avoir acquitté cette fondation.

1688. – Estenon, recteur.

Au mois de juin 1688, M. Estenon est recteur, M. Girard est son vicaire.

Le 10 juillet, Anne d'Avaugour, épouse de haut et puissant seigneur Gabriel Charbonneau, seigneur de l'Échasserie, est inhumée dans l'église.

En 1689, Jean Hélye, prêtre chapelain de Saint-Symphorien, y fait un mariage.

Parrain à un baptême Jean-Joseph Maillecheau, sieur de la Donière, marraine, Marguerite de Masabre, femme de Jean Martin, sieur des Rouchères. Pendant toute cette année on ne voit que Estenon recteur et Girard vicaire.

André Seguin doit pour le compte du Rosaire 118 livres 7 sols 2 deniers, mai 1689.

1690, Bernardin Boisard, prêtre et gardien du couvent de Saint-François de Clisson, faisant les fonctions curiales à la Bruffière en l'absence du curé, fait un baptême.

1690. - Mortier, recteur.

M. Mortier est recteur au mois de mai 1690, il a pour vicaire M. Landreau.

Au mois de-mars 1691 on lit : Seguin, recteur, sous-diacre, est parrain de Mathurin Martin, fils de Martin, sieur des Rouchères, époux de Marguerite de Masalve. - Élie, vicaire, J. Duparc, vic., Rodau, vic.

1691. - Marin Seguin, recteur.

Est le même Seguin qui, au mois de mars, est dit recteur sous-diacre et est parrain de Mathurin Martin. On serait porté à le croire.

Le 22e jour de février 1691, Marin Seguin, recteur, promet de payer à la fabrique la somme de 76 livres 10 sols à l'acquit de M. Mortier qui s'en était chargé en acquit de M. Estenon qui le devait à ladite fabrique, et promet de faire agréer le dit transport par les habitants de cette paroisse.

Le 8 juillet 1691, il prend le procès-verbal des dîmes des novalles en présence de messire Nicolas Gouraud, prêtre, noble homme Georges de Masalve, Mre Jean Boutin, l'un des fabriqueurs.

Le 13 septembre, M. Marcoux, recteur de Cugand, délégué par M. l'abbé de Lerat, grand vicaire de Monseigneur de Nantes, reçoit les comptes de la fabrique et ceux que rendent René Billaud et Estienne Maingueneau, directeurs de la confrérie du saint Rosaire et de la confrérie de sainte Catherine en l'année 1686 et dans les deux années suivantes 1687 et 1688.

Au mois de juillet 1692, baptême de Georges, fils de maître Jean Martin, notaire royal et de Dlle Marguerite de Masalve, son épouse, sieur et dame des Rouchères, de ce bourg. Parrain noble homme Georges de Masalve, sieur de la Sauchais (Sauzais), avocat au barreau et alloué de Clisson, et marraine Dlle Sébastienne Richard, dame de la Grange.

Baptême de Jacquette Poiron, fille de noble homme Pierre Poiron, maître apothicaire, et de Jeanne Limousin. Parrain Limousin, prêtre, recteur de Vieillevigne, marraine honnête fille Jacquetle Limouzin.

Au mois de septembre M. Bodau, vicaire, donne les cérémonies du baptême à Pierre Hullin, fils de maître Jacques Hullin et de Perrine Chauvière, sieur et dame de la Martinière, baptisé par M. Seguin, curé. Parrain Jean Chauvière, sieur de la Tisonnière, marraine Dlle Catherine Hullin.

En 1693, mariage de René Griffon, veuf de Catherine Gaboriau, sieur de la Roulière de Saint-Symphorien, avec Louise Bourasseau.

Le 1er mars 1693, M. Seguin étant recteur, une assemblée des habitants a eu lieu dans la sacristie pour conclure un marché pour fondre la moyenne cloche qui était cassée. Ce marché est fait avec honorable homme Abel Audouin, maître fondeur à Vitré, pour la somme de 113 livres, la cloche neuve étant du poids de celle qui était cassée. Le fondeur doit fournir le métal, et si le poids excède celui de l'ancienne cloche, on lui paiera le surplus à raison de 18 sols la livre. Et cette somme de 113 livres et autre nécessaire pour la fonte de la dite cloche prise sur les deniers appartenant à la fabrique et au Rosaire avec la somme de 150 livres pour avoir une bannière, et les débiteurs qui n'ont pas rendu leurs comptes seront poursuivis pour le paiement, à la diligence des fabriqueurs... - Cet acte est signé: Seguin, recteur, V. Gouraud, ptre, Audouin, fondeur, Poyron, apre, Seguin, M. Merlet, R. Billaud, V. Brin, Jacques Huppé.

La cloche a été payée 195 livres, le fondeur ayant employé 95 livres de métal au-dessus du poids de la cloche, à raison de 18 sols la livre.

La dite cloche a été bénite le 19 mars et nommée Radégonde-Françoise par Jean Hallouin, écuyer seigneur de la Pénissière et du Mortier, sénéchal de Clisson, et dame Françoise Richard, épouse de noble homme Georges de Masalve, seigneur du Boisélant. conseiller du roi.

Le 30 août 1693, visite de M. l'abbé de Vertamon. Reddition des comptes des années 1690 et 1691.

Le 8 décembre se trouve nommé comme ayant acquitté des messes du Rosaire M. Bodau, prêtre vicaire.

Le même jour 8 décembre, M. Seguin, recteur, retire des archives un acte sur parchemin du 15 novembre 1692, signé Seguin et Hullin, notaires, le dit Hullin registrateur, contenant le légat d'une rente due, sur le tennement de la Grange Allias... près le bourg, léguée à la cure pour servir à la... des droits d'amortissement des fondations.

Jean Maillocheau, sieur de la Daunière, parrain, et marraine Marie Barillet, dame de la Simbrandière.

Au mois de novembre baptême de Joseph, fils de Jean Martin sieur des Rouchères et de demoiselle Marguerite Demasalve.

Au mois de mai 1694 est marraine Perrine Lavolaine. Bien des fois déjà cette famille a paru dans les registres.

1695. Gouraud, prêtre, signe au mariage de honorable homme Urbain Mangin avec dame Marie Brochard. - René Griffon, prêtre vicaire.

Le 8 mai a lieu la bénédiction de la grosse cloche en présence de messire Jean Rez, curé de Boussay, de messire René Coutant, curé de Treize-Septiers, de Jean Nor..., curé de Cugand, Nicolas Gouraud, prêtre, et René Griffon, prêtre vicaire.

Le 12 mai honnorable homme Jan Charpentier, maître fondeur, a reçu contant en bonne monnaie ayant cours la somme de 90 livres, savoir 70 pour le marché de la fonte, 100 sols pour le carreau qu'il a fourni, et 15 livres pour le retardement qu'il a fait pour monter la dite cloche après la fonte ; de laquelle dite somme de 90 livres a été payé savoir 35 livres par h. h. René Griffon, l'un des fabriqueurs cy-devant en charge sur ce qu'il doit de ses comptes, et les 55 livres pour maistre Jacques Fonteneau sur ce qu'il doit au Rosaire.

Le 20 octobre 1697, les fabriqueurs présentent un acquit de la somme de 13 livres payée à François Mercier pour le prix du métal de la grosse cloche. - Le même jour les fabriqueurs de l'année 1693 rendent leur compte. - Au mois de juin a lieu le mariage de maître Jean Maillocheau, sieur de la Lunde, fils de Jean Maillocheau, sénéchal, avec Marguerite Lefebvre.

Le 30 juin 1696, la saisie fut mise sur le mobilier de messire Seguin, prêtre et recteur de la Bruffière, et sur celui des marguillers des cinq années précédentes pour payer les droits d'amortissement et nouveaux acquets montant à la somme 1688 livres 11 sols 4 deniers qu'ils avaient refusé de payer attendu que la paroisse de la Bruffière appartenait aux marches communes de Bretagne et du Poitou, et qu'elle était dispensée de toutes impositions mises ou à mettre.

Suivent les procès-verbaux des saisies opérées sur le mobilier des marguillers des six années précédentes.

1696. Jean Cherbonneau, du bourg.

1695. François Mercier, du bourg.

1694. René Griffon, du bourg.

1693. Pierre Poisron, du bourg.

1692. Jean Roussière, du bourg.

1691. Jean Boutin, du bourg.

Puis les 2 et 3 juillet 1696, les procès-verbaux des fabriqueurs des villages.

1696. François Litoux, du village de la Coinillière.

1695. René Mouillé, du village de Chez-Mouillé.

1694. Julien Brochard, du village de la Verdonnière.

1693. François Hervouet, du village du Puis de la paroisse de la Bruffière.

1693. François Levron, du village de la Grande-Poutière.

1691. Jean Poiron le jeune, du village de la Cailletière.

Les dernières feuilles du dossier étant déchirées, il n'est pas possible de savoir quelle a été la conclusion de toutes les saisies opérées sur les meubles du recteur M. Marin Seguin et des fabriqueurs de la paroisse.

M. Marin Seguin, recteur de la Bruffière, mourut au mois de février 1698 ; il fut enterré par le curé de Cugand.

1698. - Guillaume Boffrand, recteur.

Au mois d'août 1698 on voit paraître comme recteur Guillaume Boffrand.

Le 14 décembre M. Gaboriau, prêtre, reçoit 30 livres pour 60 messes qu'il a acquittées pour la confrérie de sainte Catherine ; et pour les autres messes qu'il a dit avoir acquittées de plus que les soixante il se règlera avec les curés et autres prêtres et pour ce qu'il dit lui être ci-devant dû par la fabrique.

Signé : R. Gaboriau, prêtre.

Le même jour a lieu l'examen des comptes de François Mercier et René Mouillé, fabriqueurs en 1695.

Une somme de 5 livres provenant du légat fait à la fabrique par messire François Richard, prêtre, et payée par les héritiers avec autres sommes pour l'amortissement des fondations de la fabrique.

20 sols, partie du légat de défunte Marie...... avec le surplus pour défunt Marin Seguin, ancien curé de ce lieu, pour employer au dit amortissement.

Les sieurs F. Mercier et R. Mouillé versent la somme de 24 livres 17 sols 8 deniers que le dit…. promet de payer…. pour être mis au coffre.

Signé : F. Mercier, R. Mouillé.

Le 14 décembre 1698, examen du compte de Jean Charbonneau et de François Litou, fabriqueurs en 1696.

Fondation de Michel Chupin. Par le testament du dit Chupin il est dit que les services seront faits ailleurs s'ils n…….. au prône de la grande messe.

Cinq francs de la fondation de François Richard, prêtre. Les héritiers ont payé la somme avec autres pour l'amortissement des fondations.

Signé : Jean Cherbonneau.

Le 21 décembre 1608, Assemblée des manans et habitants de la Bruffière pour le testament de M. Boisard.

Le 20 janvier 1699, marché fait avec Guillaume de Serre, maître brodeur à Nantes, pour la bannière du Rosaire sur laquelle est une figure de la sainte Vierge, une de saint Dominique et une de sainte Catherine ; pommettes de cuivre doré. Le tout 240 livres, etc.

Ce marché est signé : De Serre, N. Gouraud, prêtre, Boffrand, recteur, R. Gaboriau, prêtre, Seguin, Griffon, prêtre.

Le 10 mai 1699, charge de M. Griffon, prêtre.

René Griffon, titulaire du légat de M. Boisard, vivant curé de la paroisse, consistant en 4 boisseaux de blé et 4 sols en argent avec le domaine du dit légat, retire des archives de la fabrique des pièces qui concernent ce légat, lesquelles pièces il s'engage de rendre aux archives après en avoir fait l'usage dont il avait besoin.

Le 7 juin 1699, le sieur De Serre, brodeur à Nantes, apporte la bannière qu'il devait livrer, suivant le marché ci-dessus du 20 janvier. Pour lui payer la somme de 124 livres 17 sols 6 deniers restant de celle de 240 livres, prix du marché, il lui a été payé savoir par maître Jacques Fonteneau, notaire, à valoir sur ce qu'il doit du debetur de son compte du Rosaire, 42 livres; par Jean Roussière, pour lui et son consort 31 livres 12 sols aussi à valoir sur leurs comptes ci-devant .arrêtés….. et par François Nerrière pour lui et son consort, fabriqueurs en 1698, la somme de 21 livres 1 sol 6 deniers, sommes faisant ensemble celle de 124 livres 6 sols 6 deniers.

Signé : Boffrand, recteur. Griffon, prêtre. de Serre. J. Martin. Seguin. Hullin. Fonteneau. Griffon. F. Nerrière. Charles Texier. Jean Charbonneau. J. Roussière. P. Blanlœil.

Noms des fabriqueurs et des directeurs du Rosaire.

Les soussignés curé, prêtres, fabriqueurs, habitants et paroissiens de la Bruffière ont approuvé et approuvent tout ce qui a été écrit et signé sur ce livre depuis le 8 décembre 1693 après le vœu et approbation de ce qui est précédemment écrit à la dernière visite ayant été obligés de pourvoir aux affaires de cette fabrique sous le bon plaisir de Monseigneur l'illustrissime et révérendissime évêque de Nantes, auquel ou à Messieurs les grands vicaires les dits arrêtés seront présentés à la première visite, pour avoir leur approbation ; et le supplient d'approuver ce qui sera ci-après fait pour le bien et avantage de la dite fabrique.

Les fabriqueurs qui ont passé en charge depuis la dite dernière... sont : en 1693, Poiron et François Hervouet. - En 1694, René Griffon et Julien Brochard. - En 1695, François Mercier et René Mouillé. - En 1696, Jean Charbonneau et François Litou. - En 1697, maître Jean Martin et Jean Limousin. - En 1698, François Nairière et Nicolas Drouet. - En la présente année, Jean Mouillé et.....

Les directeurs du Rosaire, pour la recette des années 1694 et 1695, René Rousseau et Pierre Gouraud. - Pour les années 1696 et 1697, François Gouraud et Louis Gaborieau. - Et pour les années 1698 et 1699, André Seguin au lieu de défunt Jean Maillocheau, son gendre, et Nicolas Fonteneau qui sortiront de charge au premier octobre prochain.

Signé : Boffrand, recteur.

Le 6 juillet 1700, maître François Minaud, notaire de Tiffauges et fabriqueur de cette paroisse en la présente année, a reçu de Mathurin Merlet, demeurant dans le bourg, la somme de 34 livres 10 sols pour le principal et intérêt de ce qu'il devait payer en l'acquit de la succession de Charles Richard.

Signé : Minaud. M. Merlet.

Le 29 août 1700, maître François Minaud, notaire, et Mathurin Launay, fabriqueurs en la dite année, en présence de            vénérable et discret messire Guiliaume Boffrand, prêtre recteur de la dite paroisse, et des habitants soussignés, fait marché avec Nicoleau couvreur, demeurant au village du G…. en la paroisse, de Saint-André-Treize-Voies, pour entretenir la couverture en ardoises du chœur de cette église tous les ans pendant dix ans, ou pendant la vie du dit Nicoleau, s'il vit plus longtemps, lequel ne sera tenu qu'à l'emploi de l'ardoise, clous et chaux, pour quoi lui sera payé, par chaque an, sur le revenu de la fabrique la somme de 6 livres à commencer à la mi-août, à condition d'employer par le dit Nicoleau la latte qui sera nécessaire.

Signé : Boffrand. Nicoleau. Seguin. Minaud.

Le 17 octobre 1700. Décharge pour M. Griffon, prêtre. Ouverture du coffre et archives de l'église de la Bruffière. Maître Griffon, prêtre, a remis aux dites archives les dix pièces qui lui ont été mises en mains pour la charge des autres parts dont il demeure déchargé.

Signé : Boffrand. N. Gouraud, prêtre. Griffon, prêtre. Minaud, fabriqueur. Seguin. Texier.

On a le compte de François Minaud et Mathurin Launay en 1700. La recette s'élève à la somme de 256 livres et 3 deniers ; la dépense monte à la somme de 194 livres 19 sols.

Le 13 janvier 1701, en présence des recteurs, prêtres et habitants soussignés, ouverture a été faite des archives de cette paroisse. On a mis la quittance de…… et amortissement des fondations faites à la cure et à la fabrique avec procès-verbaux d'exécution… pourquoi maître André Seguin a payé 12 livres 10 sols au sieur..... procureur à Nantes, suivant l'ordre des habitants porté en leur décharge dont il aura déduction sur ce qu'il doit au Rosaire... s'est trouvé que l'amortissement du septier de blé qui avait été engagé à… M. René Griffon a été payé par François Gouraud 50 et 9 livres, Jean Charbonneau 39 livres 9 sols, François Mercier 24 livres 5 sols 9 deniers, Jean Roussière, 12 livres 3 sols, François Nairière 50 livres. A l'instant, M. le recteur a retiré le testament de Jan…. Du 13 mars 1640 par Défontaines, notaire de Tiffauges, et la transaction en conséquence, du 2 avril 1685, pour faire faire l'atournance de la…… faite à la cure.

Signé : Boffrand, recteur. N. Gouraud, prêtre. Griffon, prêtre. Seguin. E. Besson, comme fabriqueurs.

En 1702, Gilles Gaudineau est nommé sieur du Petit-Tail.

1703. Maître Pierre Griffon assiste à un enterrement du bourg de Saint-Symphorien : il est nommé sieur du Crolais.

Au mois de mars 1704, R. Coetlogon, docteur en théologie, fait un baptême.

Le 14 avril 1704, maître Jan Martin, notaire royal, en présence des soussignés, a remis.... les actes. et pièces qu'il avait reçus par son récépissé sur ce livre touchant la rente.léguée aux pauvres sur la Grange alias la Musse de René BilIaud, à présent fabriqueur de cette paroisse, pour faire les diligences, et lui a aussi mis ès mains les testaments de Jacques Dugast, François Desfontaines et V….. Ouvrard qu'il a rapportés en qualité de notaire, pour les quels lui sera déduit, sur ce qu'il doit de reste de son côté avec Jan Limousin, la somme de neuf livres, sauf à la faire rembourser aux hériticrs des susdits.

Signé : R. Billaud, J. Martin-Seguin.

Le 27 juillet 1704, acte de procuration concernant l'em­prunt de 5000 livres fait par plusieurs paroissiens assemblés avec établissement d'une rente sur leurs biens, passé devant Martin, notaire royal registrateur, et Minaud, notaire.

Dans la même année, une somme de 2700 livres de capital est empruntée avec établissement d'une rente annuelle de               au nom de tous les paroissiens, par les sieurs Seguin et Poiron, autorisés à cet effet. La dite somme doit être employée au paiemcnt de la somme à la quelle les paroissiens ont été cotisés pour jouir des privilèges et exemptions à eux accordés par arrêt du Conseil d'État du 8 juillet 1704, confirmatif d'un autre arrêt du conseil du 15 janvier, même année. Cette somme est prêtée aux paroissiens par noble homme Louis Frémon, sieur de la Sauvagère, l'un des anciens conseils des marchands à Nantes, y demeurant, grande rue, paroisse de Sainte-Croix, 11 août 1704.

Le 19 août 1704. Assemblée générale des habitants de la paroisse à l'issue de la grande messe dite et célébrée par M. François Gaboriau, prêtre vicaire, après avoir été avertis au prône de la messe et par le son de la clocle à la manière accoutumée. - Les habitants réunis ratifient et approuvent le double emprunt, fait par les sieurs Seguin et Poiron, autorisés à cet effet, d'une somme de 2700 livres, prêtée. par noble homme Louis Frémon, sieur de la Sauvagère, pour la quelle somme la paroisse paiera une rente de 150 livres, par an, au dit Frémon. Et une somme de 1400 livres empruntée au chapitre de Notre-Dame de Nantes, pour la quelle somme la paroisse paiera une rente de 77 livres 15 sols 6 deniers au dit chapitre.

Cet emprunt est fait pour compléter une somme de 4800 livres destinée à payer le premier terme de la somme de 100,000 livres à la quelle sont sujettes les Marches de Bretagne et de Poitou pour certains frais faits pour confirmation des privilèges des dites Marches.

Charge prise par M. le Curé. Ce jour 24 juin 1705, après l'avis donné par maître Guillaume Boffrand, prêtre, recteur de cette paroisse, au prône de la grand messe de ce jour aux fabriqueurs et habitants d'être présents à l'ouverture des archives de cette paroisse pour retirer le testament de défunte Michelle Borderon afin de lui servir au procès qu'il a au présidial de Nantes contre François Bouraceau, notaire, et sa femme pour la…….. d'une fondation faite à la cure de ce lieu par la dite Borderon…….. A l'issue de la dite grande messe les dits sieur Boffrand, maître Nicolas Gouraud, François Gaboriau, prêtre, François Gouraud et Pierre Thibaud, fabriqueurs en la présente année, et maître André Seguin….

…………

Aujourd'hui 24 août 1706, après la cloche sonnée à l'issue de la grande messe, les soussignés estant dans la sacristie de cette paroisse M. le recteur a obtenu à m...……... des archisves et mis ès mains de Jan Charbonneau, l'un des directeurs des confréries du Rosaire et de sainte Catherine, la somme de 30 livres pour employer à payer les frais des…….. à cause des légats de Jacques Poiron, recteur de la Limousinière.

Signé : Jan Charbonneau. - M. Duveau. Minaud-Gaboriau, prêtre. - M. Méchineau. - Seguin.

En 1707, Nicolas Dureau, vicaire. - Chénuau, prêtre, fait un mariage.

Au mois de juin, sépulture de M. Hély, desservant Saint-Symphorien, âgé de 50 ans. Il était du royaume d'Hibernie.

1708. Mort de Dlle Marguerite Lec…., épouse de Jean Maillocheau, sénéchal de Sainte-Hermine.

1709. Allard, prêtre vicaire, fait, cette année, plusieurs mariages à Saint-Symphorien.

1713. Au mois de janvier Jouanne, curé de Treize-Septiers, fait un baptême. - Messire Jacques Poiron, prêtre chanoine de Montaigu, assiste à la sépulture d'un de ses frères.

Le 19 mai, baptême de François et Anne-Thérèse, fils et fille de François Bousseau, notaire et procureur du vicomté de Tiffauges, et de Dlle Marguerite Martin. Parrain de François, Griffon, prêtre prieur et curé de Boussay. Parrain d'Anne-Thérèse, maître Pierre Mineau, avocat au parlement et procureur fiscal du vicomté de Tiffauges. Marraine Dlle Thérèse Demasalue.

Guillaume Boffrand a eu pour vicaire pendant qu'il a été recteur, c'est-à-dire pendant quatorze ans, O. Mahé qui a été plusieurs années avec lui, Gaboriau, C. M. Talon, H. Dureau, Pichon, Nicolas Dureau, Allard, Guizeneuf, Tribara.

Messire Boffrand, recteur de la Bruffière, était frère de Germain Boffrand, architecte et ingénieur des ponts-et-chaussées, dont M. Dugast-Matifeux a publié une notice biographique.

Ils étaient fils d'un sculpteur de Nantes et d'une sœur du célèbre Quinault, poète d'un rare mérite, malgré les vers satiriques de Boileau[2].

1714. - François Demasalue, recteur.

François Demasalue est recteur, le 20 juillet 1714. Il était de Clisson. Dans le livre des fondations de la paroisse de la Bruffière on lit la note suivante : J'ai commencé à acquitter le service de la cure par ce jour 20 septembre 1714. Signé Demasalue. Il a desservi la paroisse pendant trente ans jusqu'en 1744. Il a eu pour vicaires MM. Jean Nerrière, Nursaud, L. Vignard, P. Fonteneau, J. Vinet, Jean Guichard, E. Pierre Janvier, Baltazard Delaunay, Perray, Leséoublet, J. Meriau, F. Hervoi, J. B. David, Hallouin, Godeau, Delangle Janvier, Du Chatelier Potiron, Lemonnier, J. Gouello, Trimoreau.

Anne Demasalue porte dans un acte le titre de Dlle du Plessis.

M. Demasalue est parrain d'un enfant de François, notaire et procureur à Tiffauges. A ce baptême a signé François Vignard, prêtre régent.

La demoiselle de Bratz, par son testament du 25 mars 1708 avait légué une somme de 2066 francs pour l'établissement des petites écoles dans la paroisse de la Bruffière.

Cette somme fut employée par les habitants au remboursement de deux contrats de constitution de rentes dues par eux, l'une au sieur de la Salmaudière et l'autre au chapitre de Notre-Dame de Nantes, et imposée sur tous les habitants, en conséquence d'une délibération du 29 septembre 1715, et placée à constitution sur la dame de Marbœuf, suivant une autre délibération du 19 juillet 1716.

Cette somme ayant été remboursée, les habitants s'en servirent pour acquitter un restant de dixième de 1716 et 1717, et pour faire construire l'aile droite de l'église.

Le 25 novembre 1720, il fut délibéré que la même somme serait levée sur la paroisse.

On voit ici la date de la construction de la chapelle de Saint-Sébastien qui eut lieu en 1717, François Demasalue étant recteur, Pierre Fonteneau et Jean Vinet vicaires, et Roussière et Gouraud fabriqueurs ; ce qu'indique l'inscription qui se trouve sur une pierre de l'arcade en face de l'autel :

D. D. P. FONTENEAV & I. VINET VICARIIS

ROVSSIERE & GOVRAVD SYNDICIS.

Une autre inscription sur l'autre pied de l'arcade, cachée par le rétable de l'autel, fut découverte le 28 décembre 1888 :

ÆDlFICABANT DD. F. DEMASALUE RECTORE.

ANNO DNI 1720 BONNIN & SORIN.

En 1748, l'Evêque de Nantes ayant reconnu que les petites écoles avaient été négligées contre les intentions de la demoiselle de Bratz, s'en plaignit, et par délibération du 26 octobre de la même année on convint d'imposer les intérêts de la somme léguée, ce qui ne fut point fait.

Les héritiers de la demoiselle de Bratz, voyant que la somme n'était pas employée suivant les intentions de la testatrice, résolurent d'en poursuivre la restitution.

Pour prévenir les poursuites des héritiers, les habitants de la paroisse se sont assemblés à ce sujet, le dimanche 9 mai 1751, et ont délibéré de répartir les intérêts de la dite somme sur tous les propriétaires de la paroisse.

Une requête est adressée à cet effet au Conseil d'Etat, et par décision du Roi en son Conseil datée du 7 septembre 1751, il est permis d'imposer la susdite somme sur tous les possesseurs de bien dans la paroisse, pour que les intérêts en soient employés à l'entretien d'un régent.

Extrait des registres du Conseil d'État

Sur la requête présentée au Roy en son Conseil par les habitants de la paroisse de la Bruffière, marche commune de Bretagne et de Poitou, diocèse de Nantes. Contenant que la demoiselle de Bratz ayant par son testament du vingt-cinq mars mil sept cent huit, légué une somme de 2066 livres pour l'établissement des petites Ecoles dans cette paroisse, et cette somme ayant été employée par les habitants au remboursement de deux cont…. de constitution de rentes par…… L'une au sieur de la fab…… l'autre au chapitre de Notre-Dame de Nantes, elle…… sur tous les habitants. En conséquence d'une délibération du vingt-neuf septembre mil sept cent quinze, et placée en constitution sur la dame de Marbœuf, suivant une autre délibération du dix-neuf juillet mil sept cent seize ; mais cette somme ayant été remboursée en billets de banque, les habitants s'en servirent pour acquitter un restant de dixieme de mil sept cent seize et de mil sept cent dix-sept, et pour faire construire l'aisle droite de l'église et il fut délibéré le vingt-cinq novembre mil sept cent vingt, que la même somme serait levée sur la paroisse. En mil sept cent quarante-huit, le sieur Evesque, de Nantes, s'étant fait informer de l'état des petites Ecoles, il reconnut qu'on les avait absolument négligées, contre les intentions de la demoiselle de Brats, il s'en plaignit et, par délibérations des six et vingt octobre de la même année, on convint d'imposer les intérêts de la somme léguée, ce qui n'a point esté fait, en sorte que les héritiers de la demoiselle de Brats étant dans la résolution de poursuivre la restitution de la somme léguée, faute de l'employer en suivant les intentions de la testatrice, les suppliant pour prévenir l'action de ces héritiers dont il leur serait difficile de se défendre, persuadés d'ailleurs de l'avantage que leurs enfants retireraient de l'etablissement des petites Ecoles, se sont assemblés à ce sujet le dimanche neuf mai mil sept cent cinquante et un, et ils ont délibéré de répartir les intérêts de la dite somme de 2066 livres sur tous les possesseurs de biens dans la dite paroisse, nobles ou non nobles, exempts et non exempts, privilégiés ou non privilégiés, attendu que la dite somme a este employée à acquitter l'abonnement du dixième, établi par l'arrest de mil sept cent douze et auquel…… sans exception d'état étaient sujets, pour estre les dits intérêts employés à l'entretien d'un régent dans la dite paroisre ; mais comme cette délibération ne peut avoir d'effet que par l'autorité de Sa Majesté, ils prennent la liberté d'y avoir recours dans la confiance qu'elle voudra bien sur ce leur pourvoir favorablement, requeraient à ces causes les suplians qu'il plut à Sa Majesté leur permettre d'imposer annuellement sur tous les détempteurs et possédant biens dans la dite paroisse, nobles ou non nobles, exempts ou non exempts, privilégiés ou non privilégiés, indistinctement les intérêts de la dite somme de 2066 livres, léguée par la demoiselle de Brats pour les petites Ecoles, et qui a esté par eux employée à d'autres œuvres pour estre les intérêts de la dite somme employée à l'entretien d'un régent dans la dite paroisse. Conformément aux intentions de la testatrice sauf à imposer, par la suite, la dite somme principale de 2066 livres, pour estre fait constitution de rente aux mêmes fins. Veu la dite requeste, l'acte délibération du neuf mai mil sept cent cinquante et un. Ensemble l'ami du sieur Pontcarré de Viarme, intendant en Bretagne. Ouï le rapport, le Roy, en son Conseil, a permis et permet aux suplians d'imposer annuellement sur tous les détempteurs et possédants biens dans la paroisse de la Bruffière, nobles ou non nobles, exempts ou non exempts, privilégiés ou non privilégiés, indistinctement les intérêts de la dite somme de 2066 livres, léguée par la dite demoiselle de Brats pour les petites Ecoles, et qui a esté par eux employée à l'entretien d'un régent dans la dite paroisse, conformément aux intentions de la testatrice et ce jusqu'au remboursement de la dite somme principale de 2066 livres. Fait au Conseil d'Etat du Roy, tenu pour les finances à Versailles, le sept septembre mil sept cent cinquante un.                                        (Collationné.)                                                 Devougny.

Après cet arrêt du conseil d'état du 7 septembre 1751, les habitants de la Bruffière voulant s'y conformer en se cotisant pour remplir la somme de 2066 livres données par mademoiselle de Bratz, s'adressent par lettre à Mgr le Bret, intendant en Bretagne, sur l'avis duquel avait été obtenu cette décision, pour le prier de nommer quelqu'un qui put viser et vérifier le rôle de répartition dressé à cet effet et présentant son subdélégué à Clisson comme le plus à portée de remplir cette fonction.

En 1716, a lieu la sépulture d’André Seguin, à laquelle assistent Boutin, curé de Boussay, Gouraud, curé de Saint-Georges, et Eryau, prêtre.

Le 25 août, sépulture du jardinier de madame de Marbœuf, sœur de M. de l'Échasserie, mort à l'Échasserie.

Baptême de Louis, fils de Mathurin-Martin des Rouchères, né en ce bourg ; parrain, messire Demasalue, recteur ; marraine, honorable femme Marie du Pouët. épouse de maître Pierre Jamin.

Jean-François Demasalue est dit alloué de Clisson. Jean Vinet, vicaire de la Bruffière, était de Saint-Symphorien.

Le 18 janvier 1718, baptême de Esprit-Marie-Anne, fille posthume et légitime de feu messire Gabriel-Martial Charbonneau, seigneur de l'Échasserie, décédé à Paris en la paroisse de Saint-André-des-Arts, au mois de novembre 1717. Parrain, haut et puissant seigneur Louis Jousseaume, chevalier marquis de la Bretesche, vicomte de Tiffauges, seigneur des châtellenies de X....... Boischaru et autres lieux ; marraine, dame Marie-Anne Goullard, épouse de messire André Servanteau, chevalier seigneur de la Brunière. Présents haut et puissant seigneur messire Louis-Marie-René Saguier, chevalier marquis de Juigné, lieutenant pour sa majesté en Poitou ; haut et puissant seigneur Jul. Joussaume, chevalier seigneur de X…….. gouverneur pour le roi des châteaux et ville de Poitiers ; haut et puissant seigneur messire Louis-François Chabot, chevalier seigneur des châtellenies de X…….. les Bouchaud et autres.

Sépulture de honorable homme maître Charles Griffon, sieur du Rotais, du bourg de Saint-Symphorien, en présence de René Griffon, prieur de Boussay et de Joseph Jamin, diacre, et de Marcoux, recteur de Cugand,

François Demasalue, âgé d'un mois, décédé à la Poinstière, fils de noble maître Pierre Demasalue, sénéchal de Tiffauges et de dame Thérèse Reliquet, est enterré dans l'église.

Messire Jacques Poiron, prêtre, chanoine de Montaigu, fait un mariage.

1719. Le 11 janvier, messire Baritaud, prêtre de la Bruffière, fait un baptême.

Le 16 mai, a lieu le mariage de Jean Hullin, sieur de la Martinière, notaire et procureur du vicomté de Tiffauges avec Dlle Renée-Marthe Chauvière, fille de Jean Chauvière, sieur de la Tisonnièrè. Sont présents, messire noble et discret René HuIIin, prêtre, curé de Saint-Hilaire, Nicolas Chauvière, sieur de l'Elinière.

1720. Le 20 janvier, maître François Leloup, sieur du Parc, fils de maitre Louis Leloup et de Marguerite de la Rüe, épouse Dlle Jeanne Mineau, fille de François Mineau et de Charlotte Rivière. Sont présents, Jean Martin, sieur des Rouchères, et noble homme Pierre Mineau, avocat à la cour, sieur des Renaudières, et noble homme Joseph Picot, receveur à la Bruffière.

Blanchard, curé de Treize-Septiers, est parrain.

Le 8 décembre, Baritaud, déjà cité plus haut, prêtre habitué et servant en l'église de la Bruffière, chapelain du Chiron, aumônier de l'Échasserie, marie, dans la chapelle de l'Échasserie, messire Charles-François de Jay-Mianne, chevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, brigadier des armées du roi, gouverneur de X… lieutenant et commandant….. au château de Nantes, et de haute et puissante dame Roger, avec haute et puissante dame Anne Servanteau, fille de messire André Servanteau, écuyer du roi... conseiller de la maison et couronne de France et de ses finances, et de dame Catherine Redan. Sont présents : haut et puissant seigneur Alexis Charbonneau, chevalier, seigneur de Saint-Symphorien et de la Paillotière, cousin-germain de l'épouse, et messire Charles Saudelet, écuyer, seigneur de Lestrier, capitaine général, garde-côte de l'Ile de Bouin, et dame Catherine Cardin, veuve de François Bonnin, chevalier, seigneur de la Baubertière, et noble h. François Cardineau, sieur du Rocher, avocat au parlement, intendant de M. le duc de Villeroi, etc.

1721. Sépulture dans la chapelle de Saint-Symphorien de Jacques Cordelet, chanoine régulier de Genéton, desservant le prieuré de Saint-Symphorien, âgé de 47 ans. Sont présents: MM. De Brie, prêtre, chanoine régulier et sous-prieur de Genéton, Blanchard, curé de Treize-Septiers, Vinet et Fonteneau, vicaires à la Bruffière.

Le 30 mai, baptême de Joseph, fils de Jean Raneling, de Saint- Germain, contrôleur du bureau des traites, à la Bruffière, et de Renée Douillard. Parrain, sieur Joseph Piquet, conseiller du roi, receveur de ses fermes, à la Bruffière, et marraine, Dlle Anne Seguin, veuve de noble homme Jean Maillocheau.

27 septembre, mariage en la chapelle de Saint-Symphorien de Guillaume David avec Françoise Mercier. Ce mariage est fait par M. Vinet, qu'on a vu vicaire à la Bruffière et qui maintenant réside à Saint-Symphorien, desservant le prieuré. Il est remplacé, à la Bruffière, par Jean Guichard comme vicaire, ou plutôt il est en même temps vicaire de la Bruffière, car, en 1722, on nomme trois vicaires, Fonteneau, Jean Guichard et Vinet.

Au mois de mai 1723, on lit au procès-verbal de la bénédiction d'une cloche ce qui suit : Le 2 mai 1723, on a commencé à travailler pour fondre la moyenne des cloches de cette paroisse, et elle a été coulée dans le moule, le 1er du mois suivant, à 5 heures 1/4 après midi, après 4 h. 1/2 seulement de feu dans le fourneau pour fondre le métal, duquel il n'est resté que 10 livres de 886 livres qu'on avait mis dans le fourneau. Ainsi il est entré dans la cloche 876 livres. A été suscrit sur la cloche ce qui suit : Sancta Barbara ora pro nobis, n. h. P. Demasalue, sieur de la Poinstière, sénéchal de Tiffauges, fils de n. h. G. Demasalue, alloué de Clisson, et de Françoise Richard, son épouse, parrain. - Dlle Esprit­Jeanne Jousseaume, fille de h. et p. seigneur messire Louis Jousseaume, chevalier, marquis de la Bretesche, vicomte de Tiffauges, le Couboureau, etc., marraine. En 1721, D. M. Demasalue, père, bachelier en théologie, et l'un et l'autre droit, curé ; M. M. Barbot, syndic. Je et Jo de Viadero, frères Espagnols, m'ont faite.

Même année, E. Janvier, vicaire. - B. Delaunay, vicaire.

En 1723, René Gaboriau, prêtre, demeure à la Raterie.

En 1724. Baritaud, prêtre, habitait à la Bruffière.

Dans un curieux et long article, M. Demasalue, curé, raconte jusque dans les plus menus détails une maladie qu'il eut, à cette époque. Cette maladie lui attaqua les pieds et les mains qu'il ne pouvait remuer. Sur ces entrefaites, il s'en fut à Clisson, chez sa mère. Là, on lui conseilla d'aller prendre les eaux à Bourbon. Il s'embarqua à Nantes avec une sœur qui prit de lui les soins les plus minutieux ; elle allait jusqu'à le faire manger elle-même. Lorsqu'il revint, il commençait à porter un peu les mains à sa bouche. Il retourna à la Bruffière le 31 août 1724, après un voyage de trois mois et demi. A son arrivée, il bénit la moyenne cloche, fondue l'année précédente. Mlle de la Bretesche était marraine, et le sénéchal de Tiffauges, parrain. Etaient présents, entre autres, Mme d'Escoulandre, M. le marquis de Givry, seigneur de la Boucherie. M. Demasalue commença à dire la messe le jour de l'Assomption, ce qu'il n'avait pu faire depuis un an. Il signe cet article, le 20 décembre 1724, Demasalue, convalescent.

1725. Mariage, par M. le curé du Longeron, M. Jamin, de maître Pierre Rousseau, notaire de la juridiction de Tiffauges, et de Dlle Magdelaine-Elisabeth Hazard, fille de feu hon. h. Louis Hazard et de dame Elisabeth du Pouet.

1728. Au mois de février, a été baptisée Charlotte, fille de hon. h. François Minaud, maître apothicaire, demeurant à Saint-Symphorien, et de Perrine Chenuau, son épouse. Parrain, Charles-François de Mianne, chevalier, seigneur du dit lieu, brigadier des armées du roi, chevalier de l'ordre de saint Louis, et Anne Servanteau, son épouse, marraine. Présent, René Baye, chevalier, seigneur de l'Etang. Il signe De l'Etang-Baye.

En 1729. M. Demasalue envoie un billet à M. le curé de Saint-Nicolas de Tiffauges pour lui permettre de faire un baptême. M. le curé étant absent de Tiffauges, le baptême est fait par M. Coudrin, prêtre.

Au mois de mai, a lieu la sépulture de hon. h. René Griffon, décédé à Saint-Symphorien, en présence de ses enfants dont l'un, René, est prêtre.

A la fin de mai, M. le marquis de Givry, seigneur de la Boucherie, mourut à l'Échasserie, et son corps fut enterré dans l'église de la Bruffière. Etaient présents : Blanchard, curé de Treize-Septiers, Griffon, prêtre, Cheneau, vicaire de la Gaubretière, Rineau, prêtre, Garnier, curé des Landes-Genusson, et les prêtres de la Bruffière.

1730. Le 23 mars, est baptisé Mathurin, fils de Pierre Neau et de Andrée Cheneau, demeurant à Bapeaume, par François de Vence, prédicateur.

Verdon, vicaire des Herbiers, donne au mois d'avril un certificat attestant que François Courjon a rempli son devoir pascal, étant retenu au lit par cause de maladie.

Baillon est vicaire de Tiffauges, et F. Hervoit, vicaire de la Bruffière.

Au mois de juin 1731, a lieu la sépulture de Louis Hullin ; décédé a l'Étonnelière, fils de maître Hullin, sieur de la Martinière - David et Hallouin, vicaires.

En 1732, on trouve plusieurs fois le nom de M. Amoureuse de la Rochardière.

1733. Vinet, désservant toujours Saint-Symphorien, y fait un mariage. Quelques semaines après, il marie aussi à Saint-Symphorien Henri et François Fétu, fils de Gilles Fétu et de Jacqueline Rondel. Certificat de M. Guillouet, curé des…….., diocèse de Bayeux, en basse Normandie, de l'élection de Mortain, attestant que François Fétu a été baptisé en 1709; on le dit fils de Gilles Fétu et de Jacqueline Rondel. Ce certificat fut délivré à François Fétu le 3 février 1733 et est signé par M. Delaroque, lieutenant général civil. François Fétu mourut en 1745.

Baptême de Mathurin, fils de Claude-Richard de Vilmer, contrôleur au bureau de la Bruffière. A ce baptême signe Amoureuse de Vernusson,

1734. Baptême de Marie-Anne Esprit, fille de Martial Amoureuse de Vernusson et de dame Marie Chrispiel.

Même année, Demasalue, curé, est parrain avec Dlle Renée Guerry de la Gorgendière. Jean-Baptiste David, vicaire de la paroisse, est parrain de J.-B. Richard, fils de Claude Richard de Vilmer, contrôleur, et de Renée Guerry.

Vers 1734, Maurice Ouvrard, demeurant à la Brelandière, paie la rente faite par Jean Ouvrard à la cure, de 30 sols, sur cinq boisseaux de blé et un tiers, en 1667.

1735. Parrain messire Athanase Hallouin, écuyer seigneur de la Réthorrière, et marraine Dlle Françoise Hallouin de la Pénissière.

1736. Le 2 janvier, Baptême de Martial Amoureuse, fils de Martial Amoureuse de Vernusson. Parrain M. Hallouin, vicaire et marraine Dlle Guerry.

1737. Mariage en la chapelle de l'Échasserie de h. et p. seigneur Charles-François de Granges de Surgères, chevalier, seigneur marquis de Puygoyon, de la Flocelière etc., premier gentilhomme de la maison de Mgr le Dauphin, colonel du régiment de son nom infanterie, et chevalier de saint Louis, avec haute et puissante demoiselle Marie-Anne-Esprit Charbonneau, dame de l'Échasserie. L'époux est assisté de sa mère, marquise de Puygoyon, du marquis de la Guerche, son beau-frère, de Mme de la Guerche et de Mlle de Puygoyon, ses sœurs, de Mme de Lescure, sa tante, de M. le marquis de Lescure, son cousin-germain, de Mrs de Saint-Laurent et de la Court, ses oncles à la mode de Bretagne. L'épouse est assistée de la famille Servanteau et de Jay de Mianne, du comte et de la comtesse de Rougé, ses parents, et de M. Louis Cousseau de la Richardière[3].

1738. Parrain M. Hallouin de la Réthorière et marraine Renée Guerry de la Gorgendière. Signe, à ce baptême, Hallouin du Retail.

1739. Le 16 janvier, Godeau signe prêtre-vicaire. - En février, Hallouin signe chanoine de Clisson. - En mars, De Langle-Janvier, signe prêtre-vicaire.

Mariage de Alexis-Gabriel Charbonneau de Saint-Symphorien, seigneur de la Paillotière et autres lieux, fils de feu haut et puissant messire Alexis-Gabriel Charbonneau de Saint-Symphorien, et de dame Françoise Renée GoupiIleau de Vieillevigne, avec Anne-Henriette Servanteau, fille de André Servanteau, chevalier seigneur de la Brunière et de dame Marie Goullard, de cette paroisse. Sont présents : Françoise-Renée Goupilleau, mère de l'époux, Anne Servanteau, épouse de M. de Jay de Mianne, chevalier de saint Louis, tante bretonne de l'époux et tante paternelle de l'épouse, Séraphin Darrot, chevalier, seigneur de la Clière, Françoise Charbonneau, épouse de M. Darrot, Anne et Catherine Charbonneau, Charles-Benoit Servanteau, chevalier, sieur de l'Audardière, frère de l'épouse, Gabriel-Julien DuchaffauIt, sieur de la Sénardière, conseiller au parlement de Bretagne, cousin-germain de l'époux, Suzanne-Louise Servanteau.

François Hervoit, prêtre, recteur de saint Crépin, est parrain à un baptême.

1740. Avril. - Du Chatelier Potiron, prêtre vicaire de la Bruffière. - Juillet. - Lemonnier, vicaire.

Un M. Davy, signe deux fois au registre comme étant de la Bruffière, et il s'intitule recteur.

1743, janvier. - J. Gouello, vicaire.

Mariage de Mathurin Baron, fils de maître Mathurin Baron et de honorable femme Marie Goillandeau, avec Jeanne Vinet, fille de maître Jean Vinet, en présence de messire Pierre Baron. vicaire de Vieillevigne, son frère, Julien Vinet, desservant le prieuré de Saint-Symphorien, oncle et curateur de la mariée.

Jacques Jamin, vicaire du Longeron, est parrain.

Juin. Meurt à l'Échasserie honorable fille Cathérine Gervaiseau, inhumée à la Bruffière. M. Barret, prêtre, religieux de l'ordre de saint Dominique, aumônier du château de l'Échasserie, fait la sépulture.

Août. Sépulture de Louise Libaud, veuve de noble h. Jean Guerry, sieur de la Pierre-Saint-Aubin, décédée au susdit lieu Sont présents : Jean-Louis Guerry et Pierre-Claude Guerry, seigneur de la Morinière, le Révérend Père Victor-Antoine Guerry, religieux de l'Ordre de saint François, et dame Charlotte Guerry, épouse de Pierre Charbonneau, chevalier sieur de la Pouplinière.

Août. Trimoreau est vicaire.

Noble et discret messire François Demasalue, prêtre, recteur de la Bruffière, demeurant à sa maison de la Grange, près le dit bourg, le 5 sept. 1743.

1744, mai. Mariage avec dispense accordée par Monseigneur de Verthamon, évêque de Luçon, du 3e degré de parenté, signée Cantin, vic. gén. et Béliard secrétaire, entre messire Joseph Lodre, conseiller du roi, contrôleur ordinaire des guerres, fils majeur de feu messire René Lodre. aussi conseiller du roi, et contrôleur des guerres, et de feu dame Marie Febvre, son épouse, et dame Rose-Françoise Servanteau de la Brunière, fille majeure de feu messire André Servanteau, chevalier seigneur de l'Audardière et de la Brunière, et de dame Marie Goulard, son épouse, tous deux originaires des Sables, et la dite dame Servanteau, demeurant en la paroisse de la Bruffière. Ont été présents René Lodre, sieur des Châteigners, major garde-côte en la capitainerie des Sables, frère de l'époux, François-René-Joseph de Vaugiraud, chevalier seigneur de Logrie, son beau-père, et messire Charles-François de Jay de Mianne, chevalier etc., et messire Alexis Charbonneau, seigneur de la Paillotière.

On lit dans le livre des fondations la note suivante : M. Girard prêtre, était sacriste de Saint-Saturnin de Nantes. Il était fils de René Girard et de Françoise Rénier et frère de François Girard, procureur de Vieillevigne, qui demeurait à Saint-André-Treize-Voies. Il payait une rente de cinq livres établie par René Augereau et Françoise Rambaud, sa femme, rente dont, le titre est renouvelé en 1608 ; prise sur une rente de 17 livres assise sur des terres situées dans le village de la Rigournière de la Boissière, à la charge au recteur et à ses successeurs recteurs de faire deux services tous les ans à perpétuité de trois grandes messes chacun à diacre et sous-diacre, vigiles et Vêpres des morts, avec sonnerie et pain bénit, et être mis aux prières de l'église aux quatre fêtes annuelles. Cette rente qui était payée en 1719, 1730 et 1738 par la famille de René Girard et Françoise Rénier, était restée, en 1744, à leur fils, sacriste de Saint-Saturnin, puis à François Girard, son frère qui, en 1746, était procureur de Vieillevigne. L'obligation de servir cette fondation passa dans la suite à Meschinaud de Saint-Symphorien, qui demeurait au moulin de la Boucherie.

1744. - Julien Davy, recteur.

M. Demasalue avait desservi la paroisse de la Bruffière pendant trente ans. Il est dit, le 6 juillet 1744 : "On célèbre le dernier service au nom de M. Demasalue."

Il fut remplacé par Julien Davy qui était natif d'Orvault et desservit la paroisse pendant 34 ans, jusqu'à sa mort au mois de juin 1782. Il eut pour vicaires : Brandeau, Fruchard, P. Tisserand, J.-J. Gauvain, Méchinaud, Loir, Louis, Guérin, Jamet, F. Chère, Lasnier, J.-P. Puyo, J. Kautorf, J. Vinet, Fr. Jullien, L. Béranger, Pierre Rabas, Olivier Perraud, G. Paimbon, René Limouzin, Donatien Olivier, Giron, P. Brenugat.

1746. Mariage par M. Vincent, curé de Vieillevigne, de noble homme Pierre-Louis Demasalue, avocat au Parlement, fils majeur de Pierre Dcmasalue, sieur de la Poinstière, avec Françoise Demasalue, sa cousine-germaine.

Le 29 avril 1747, a été baptisé Sébastien, né d'hier, fils de M. Sébastien Girard, maître tanneur, demeurant à la Rouère, en ce bourg, et de Dlle Marie-Anne Rineau, son épouse. Parrain, Jean Girard, frère du baptisé ; marraine, Marie Guérin, cousine issue de germain maternel qui ne signe.

Jean Girard, Sébastien Girard,

J. Davy, prêtre, curé de la Bruffière.

Ce Sébastien Girard fut ordonné prêtre, en 1774, et en 1779, il était vicaire de Saint-Pierre-de-Remouillé ; en 1780, il était vicaire à Teillé ; en 1781, vicaire à Héric ; vicaire à Vertou en 1788 et 1790. Retiré à la Bruffière dans sa famille, au mois de juillet 1790, il était prisonnier à Nantes le 15 juillet 1792. Le 12 septembre, il prenait un passe-port pour Bilbao, à bord de N.-D. de Pitié, résida à Abal, diocèse de Santander. A l'amnistie, il revint à la Bruffière, vers 1802, et il aidait un peu M. Dugast., curé, jusqu'à sa mort, arrivée le 24 novembre 1809 ; il était âgé de 63 ans. Il était titulaire du bénéfice de la Sauzais, dans la paroisse de Treize-Septiers, qu'il affermait 360 livres avant la Révolution.

Baptême de Charles Julien, fils de h. h. Charles Guibert-Durouche, capitaine de vaisseau, et de Dlle Perrine Davy ; parrain, M. Davy, curé de la Bruffière, oncle de l'enfant. Sont présents au baptême, Elisabeth de Vernusson ; Anne Davy, du Houssay ; Marie-Anne-Esprit-Amoureuse de Vernusson ; Fruchard, vic. Simon, recteur de la Bernardière.

1748. Raoul Prévost, curé de Gorges, marie messire Jean-Philippe Devieux, fils de feu Jean-Firmin Devieux, seigneur de Beauvoir, avec Marie-Catherine Servanteau, fille de feu messire André Servanteau, chevalier, sieur de la Brunière, et de dame Marie Goulard, ses père et mère, originaire des Sables-d'Olonne, domiciliaire de l'Échasserie, en cette paroisse, depuis plusieurs années. Sont. Présents : Charles de Jay de Mianne, seigneur de l'Échasserie et autres lieux ; et dame Servanteau, son épouse, oncle et tante de la fille ; messire Charles Darot et Françoise Charbonneau, son épouse ; Dlle Suzanne de l'Audardière, etc.

Meschinaud, prêtre, vic. de Cugand, fait un baptême et une sépulture. - Au mois de décembre, P. Tisserant, vicaire. - Signatures à un baptême : L. Davy, de la Garnière, de la Boucherie, R. P. de la Martinière, dominicain.

1751, Meschinaud, vic. desservant le prieuré de Saint-Symphorien y fait un mariage.

En l'année 1751, M. Davy signale un ouragan terrible, comme on en a jamais vu de mémoire d'homme, dit-il. L'ouragan a découvert plus de la moitié du chœur de l'église, a emporté et dissipé presque toutes les ardoises, ravage la nef de l'église, découvert une grande partie des maisons, a renversé et déraciné des chênes des plus forts et des plus grands, et n'a presque pas laissé debout de pommiers, pruniers, cerisiers, poiriers et autres arbres fruitiers. Il est presque incroyable le tort qu'a causé cette tempête dans la paroisse et aux environs. M. Davy dit que l'ouragan a commencé vers 10 heures du soir, la nuit du 14 au 15 mars, et a duré jusqu'à 5 heures du matin.

M. Thoumazeau, curé des Landes-Genusson, fait un mariage à l'Échasserie. Il marie André Texier, de Saint-Paul-en-Gâtine, diocèse de la Rochelle, né à la Réorthe, diocèse de Luçon, avec Jeanne Gaune, des Landes-Genusson. Billaud, prêtre de Nerteuil (?), signe à ce mariage.

Arrêt du Conseil d'Etat qui permet aux habitants de la Bruffière de répartir entre eux la somme de 100 livres pour les intérêts de la somme léguée par Mlle de Bratz, pour les petites écoles. Du 7 septembre 1751.

Le 4 juin 1751. Lettre de M. Corbon, avocat à Rennes, est chargé par M. Davy, recteur de la Bruffière de présenter la demande ci-dessus à Mgr l'intendant de Bretagne. Ce M. Corbon, tout en se chargeant de faire nommer le sub-délégué désigné, fait de vifs reproches à M. Davy sur cette affaire, et se permet de critiquer d'une manière étrange la puissance du clergé. Il termine en des termes qui font supposer entre lui et M. le curé des liaisons intimes.

Dans une autre lettre où il traite surtout la question des sacrements, le même M. Corbon termine en présentant, en son nom et en celui de sa femme, ses respects à M. Davy ainsi qu'aux demoiselles ses sœurs, et aux petits neveux et nièces. Ce qui fait supposer que M. Davy avait sa famille à la Bruffière.

1752. Janvier. Sép. de Honoré Lavolenne, décédé au bourg.

1753. Billaud, prêtre, demeurant à l'Échasserie et travaillant commé vicaire de la paroisse de la Bruffière, fait un mariage.

Mariage de Charles-Alain Guillon de Beauregard avec Dlle Suzanne-Magdelaine Servanteau de Laudardière. Ce mariage est fait à l'Échasserie par M. Billaud, chapelain. M. de Beauregard était chevalier de Saint-Louis, sieur du Planty, fils de défunt Yves de Beauregard, seigneur de Teillé, et de défunte dame Marie Richard, originaire de N.-D. de Nantes et domicilié depuis longtemps dans la paroisse de la Chevrollière. Signé : De Mianne, Servanteau, le chevalier De Vieux.

Loir, vic. dessert le prieuré de Saint-Symphorien. Louis (ou Douis) vic.

1755. M. Legendre, curé de la ville de Pouzauges, reçoit la promesse de futur mariage de M. Charles Bienvenu de la Vergnais, fils mineur de feu Mathurin Bienvenu et de Suzanne-Angélique Alquier, maître chirurgien juré de la FloceIlière, diocèse de Luçon, et Dlle Anne-Charlotte Minaud, fille majeure de François Minaud, maître chirurgien juré, et de Dlle Perrine Chénuau, son épouse, demeurant à Saint-Symphorien. Est présent un certain Charles Jobel de la Clérenche. Le mariage eut lieu le 30 septembre de la même année. Il fut célébré par M. Le Gendre ci-dessus cité.

Le 29 août 1755, trois employés de la Bruffière ayant attaqué quatre dames mal à propos, en tuèrent deux ; la troisième reçut un coup de baïonnette au travers du corps, et un autre au poignet.

Au mois de décembre, M. Guérin est vicaire.

Même mois, mariage de Martial Amoureuse de Vernusson, avec Marie-Anne-Françoise Demasalue, veuve de noble homme Pierre Demasalue, sénéchal de Tiffauges. Sont présents : M. Servanteau, sieur de Laudardière, lieutenant de dragons au régiment – Dauphin ; Charles-Philippe Billaud, prêtre.

1756. Signatures à un baptême : Louis Chevigné, Henri de Laudardière, Charles Souché, Davy du Houssay, etc... - Signatures à un baptême : L. Davy du Houssay, Charles- Julien Guibert du Fouché.

Mois de juin. - Mariage de J.-B. Marie-Jacques Pugnet, chevalier, seigneur de Boisvert, fils de feu messire Jacques Pugnet, lieutenant-colonel de cavalerie, inspecteur des haras du Bas-Poitou, et de dame Marie-Aimée Moreau, avec Jeanne-Louise Servanteau de la Perrais, fille majeure de feu André Servanteau, seigneur de la Brunière, et de dame Marie Goulard, originaire de la paroisse des Sables-d'Olonne. M. Pugnet fut publié à l'Hermenault et à Fontenay-le-Comte. Sont présents : Jean-François-Joseph Moreau, seigneur de la Grange ; Alexis-René-Marie-Anne Moreau, écuyer, seigneur du Plessy ; Moreau, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Piémont ; Antoine-Augustin des Herbiers, chevalier, seigneur de l'Étenduaire, lieutenant des vaisseaux du roi, chevalier de Saint-Louis ; Charles-Henri Darcemalle, chevalier, seigneur, baron du Langon ; Marie-Fleurance Massé des Longeais, épouse de Henri Servanteau, sieur de la Brunière.

Novembre. - Mariage, par M. Duperron, curé de Boussay, de Jean Girard, fils de Sébastien Girard, tanneur, et de Marie Rineau, avec Marie Hullin, de la paroisse de Boussay. M. Hullin, prêtre, principal du collège de Bressuire, signe à ce mariage.

       Décembre. - Jamet, vicaire.

1759. Le 8 août, sépulture de François Jay de Mianne, seigneur de l'Échasserie, de Forte-Écuyère et autres lieux, époux de Anne Servanteau, décédé, la veille, au château de l'Échasserie. Sont présents : De Chemigné de la Martelière ; Amoureuse de Vernusson ; Prévost, recteur de Boussay ; Hallouin, curé de Treize-Septiers ; Nouël de Kbodec, vicaire de Gétigné.

1759. Legendre, curé de Pouzauges, fait un mariage.

1760. Baptême de Géneviève, fille d'honorable homme Pierre Raujard, et d'honorable femme Renée Griffon, de Saint-Symphorien. Parrain, h. h. Charles Brunelière.

Baptême de Marie-Augustine, fille de n. h. Jean-Louis Maillocheau, sieur de la Daunière, et de Dlle Marie-Renée Voineau, demeurant en ce bourg. Parrain, n. h. Augustin MaiIlocheau, docteur-médecin, et marraine, Dlle Louise Blanchet, veuve de n. h. Jean-B. Maillocheau, sieur de la Daunière, son aïeul.

1761. M. Taveil, prêtre, fait un mariage. - M. Gérard, aumônier de l'Échasserie.

Au mois de juin, est baptisée dans la chapelle de l'Échasserie, en vertu d'une permission donnée par .M. de Régnon, vic. général de Nantes, Fidèle-Anne-Marie, fille de J.-A. Pugnet, chevalier, sieur de Boisvert, et de dame Louise Servanteau de la Perrais, son épouse. Parrain, René-Aimé Moreau, doyen de l'église collégiale de Montaigu, grand oncle paternel, et marraine, dame Anne Servanteau, veuve de Charles de Jay de Mianne.

Ladite marraine mourut peu de temps après, le 5 août de la même année, à l'âge de 85 ans.

1762. F. Chère, vic. - Dubareau, gardien des Cordeliers de Clisson, prédicateur de station à la Bruffière, y fait une sépulture, au mois de mai. - Louis Bateau, de Pouzauges, se marie avec une demoiseIle Poiron, de la Bruffière.

1764. Mariage de Claude-Antoine Pralon avec Sébastienne Demasalue. - 1765. Mois de janvier, Lasnier, vic. - 1766. J. Briand, prêtre, fait un baptême. - J.-Pierre Puyo, vic. - 1769. Michel Prévost, recteur de Boussay. - 1770. J. Kauterf, vic. - A. Aubon, prêtre, fait une sépulture. - J. Vinet, vic. desservant Saint-Symphorien. - 1772. Fr. Jullien, vic. - L. Béranger, vic. - Badaud, vicaire de Maisdon, fait une sépulture.

Baptême de Louis-Charles, fils de René-Charles Guignard, receveur de fermes du roi au bureau de la Bruffière. - Parrain, Alexandre Guignard, curé de Saint-Prouant, diocèse de Luçon.

1775. Pierre Rabas, vic. de la Bruffière dès 1772. ­Olivier Perraud. Vic. dès 1773. - G. Paimbon, vic. ­1776. Donatien Olivier, vic.

1773. A cette page du registre se trouve une lettre d'affaires de M. Amoureuse de Vernusson, écrite à M. Davy, curé de la Bruffière ; elle est datée des Rochettes, lieu qui n'est pas de la paroisse de la Bruffière. Une partie de ses armes se trouve sur le cachet en cire.

1776. Sépulture de la mère de M. Trimoreau, prêtre de la Bruffière.

1779. Baptême de Isidore-Henri Baudry, fils de Pierre-Claude Baudry, fermier du château de l'Échasserie. Parrain, n. h. Pierre-Marie Darder, conseiller du roy, sénéchal, et alloué, lieutenant-général des ville et châtellenie de Clisson, et marraine dame Marie Héluis.

René Limouzin, vic. dès 1775.

M. Trimoreau, signe prêtre habitué.

Baptême de Arsène, fille de Charles Guignard, receveur des fermes du roi, et de Louise Thibaud.

Ont signé ; Louise-Julie de Vaubaral.

Audureau de la Bulllere.

René Hector, chevalier de Tirpoil.

Giron, vic. - Fouasson, curé de Saint-Georges, baptise un fils de Louis Adrien, chirurgien; parrain Adrien, curé de Vendrennes.

Ce même François Adrien, encore curé de Vendrennes en 1779, devint curé de la Bruffière en 1803 et mourut dans la paroisse à l'âge de 66 ans ; il fut enterré le 16 mai 1805.

Parrain à un baptême, M. Jean-Charles-Joseph Audureau, sieur de la Rigaudière.

1780. Baptême de Marie-Loise Boisson, fille de Philippe-Gabriel Boisson du Baignon, et de Jeanne-Marie Durand ; parrain, Louis Boisson de la Touche.

1781, P. Brenugat, vic. dès 1780[4].

Baptême de Marie-Anne-Victorine Adrien, fille de Louis Adrien, maître-chirurgien. Parrain, François Adrien, curé de Vendrennes.

Charles Guignard, receveur des traites du roi en ce bourg.

Le 15 juin 1781, Sébastien Girard, prêtre, vicaire de la paroisse de Héric, marie un de ses frères Claude Girard, fils majeur de feu Sébastien Girard et de feu Marie-Anne Rineau, de cette paroisse, et Françoise Bouet, fille mineure de feu Étienne Bouet et de feu Mathurine Dupoiron, de Gétigné, en présence de Jean Girard et François Girard, frères de l'époux, d'Étienne Bouet, frère de l'épouse et de François Dupoiron, son curateur.

Parrain à un baptême, M. Denécheau des Planches, contrôleur à Bazoges.

1782. Talom, vicaire.

Julien Davy, recteur de la paroisse, mourut au mois de juillet. Il fut 38 ans recteur de la Bruffière, Parmi les signatures des prêtres nombreux qui assistèrent à sa sé­pulture, on remarque celle de J. Ménard, chapelain de Saint-Symphorien, et celle de M. Giron, qui signe vicaire gérant.

M. Badaud, curé de Campbon fait plusieurs baptêmes. Après la mort de M. Davy, la paroisse demeure vacante jusqu'au mois de novembre et est desservie par Claude-René Giron, vicaire dès 1779, qui prend le titre de vice-gérant jusqu'à l'arrivée du nouveau curé, M. Garaud, au mois de novembre, c'est-à-dire pendant plus de trois mois. Cette vice-gérance causa une difficulté. Dans une assemblée générale de la paroisse, du 20 octobre 1782, les fabriqueurs proposent : 1° de donner au dit M. Giron les revenus de la cure pendant sa vice:gérance ; 2° de faire une nouvelle liste des bancs ; 3° de recevoir le présent de bouquets que voulaient faire les demoiselles Davy.

Sur quoi les délibérants sont d'avis que le sieur Giron jouisse de tous les revenus de la cure, même des dixmes, conformément au temps de sa vice-gérance, après laquelle tout doit revenir à M. le curé.

Pour ce qui regarde les bancs, ils nomment députés et commissaires Étienne Blanlœil du Goulet, et Antoine Loizeau du Bois-Potet, pour faire une nouvelle liste des bancs, afin d'en faire l'amas.

Les bouquets sont acceptés.

Mais, maître Pierre-Étienne Sorin, notaire royal à Montaigu, proteste au nom de M. Martial Amoureuse, chevalier, seigneur de Vernusson, contre la disposition des biens de la cure, disant qu'il vaudrait mieux que la paroisse recueillît la récolte et le revenu, et après avoir prélevé la rétribution du sieur vice-gérant, employât le reste au soulagement des pauvres de la paroisse. Malgré cette protestation, l'assemblée générale de la paroisse persiste dans sa décision d'abandonner au dit sieur Giron tous les droits de la cure.

Ont signé : de l'Echasserie, chevau-léger de la garde.

Echasseriau.

Antoine Loizeau.

René Drouet.

Mathurin Drouin.

Antoine Badreau.

Jean Desfontaines.

Mathurin Brochard.

François Chauveau.

Gabriel Boutin.

Etienne Blanlœil.

Joseph Martin.

J. Brunet.

Douillard, scribe.

Le 10 novembre 1782, a lieu une assemblée générale des habitants de la paroisse. Mathurin Echasserieau et Nicolas Moreau, fabriqueurs, représentent au général une opposition à la délibération précédente du 20 octobre. Les délibérants persistent, disant qu'ils veulent qu'elle ait son plein et entier effet.

Alors, a comparu maître Jean-Charles Trastour, procureur faisant les fonctions de M. le procureur fiscal de Tiffauges, lequel a dit que l'opposition à la délibération prise le 20 du mois précédent est d'autant mieux fondée que cette assemblée et la délibération qui y a été prise sont irrégulières, dès que le ministère public n'y a pas été appelé. La déclaration du roi, du 29 janvier 1686, porte que les cures qui vaqueront par la mort des titulaires seront desservies durant ce temps par les prêtres que les évêques et autres qui pourront être en droit d'y pourvoir commettront pour cet effet.

Suivant l'article 15 de l'édit du mois de mars 1768, les honoraires des prêtres ainsi commis ne pourront être fixés au-dessous des trois cinquièmes de la portion congrue, et que les évêques pourront assigner aux desservants des cures qui ne sont pas à portion congrue une attribution plus forte suivant l'exigence des cas. Or, s'il est laissé aux évêques de fixer la rétribution des desservants, les paroissiens n'ont pu le faire ; d'où le procureur fiscal conclut que c'est à Monseigneur l'Evêque du diocèse qu'il faut s'adresser… et déclare ne rien approuver qui puisse nuire ou préjudicier aux droits de la fabrique des pauvres et de tous autres.

Signé : Trastour, procureur, pour le procureur fiscal.

Messire Pierre-Etienne Sorin, notaire royal et procureur à Montaigu, au nom et comme fondé de procuration, de M. Martial Amoureuse, chevalier, seigneur de Vernusson, et Charles Baudry, propriétaire de cette paroisse, disent que les mêmes motifs d'opposition du seigneur Amoureuse subsistent toujours, qu'ils la réitèrent et forment de nouveau à la dite assemblée.....

Signé :  Sorin,

         Baudry.

Les délibérants persistent, disant qu'ils sont d'avis qu'il n'est pas de la voix d'un seul homme de venir contre l'assemblée (d'un) général....

Suivent de nombreuses signatures...

1782. François Garaud, recteur.

François Garaud prit possession de la cure de la Bruffière, le 22 novembre 1782. Il était né à Vay, diocèse de Nantes, et avait été vicaire de sa paroisse natale.

Le 24 novembre M. François Garaud, représente qu'il faut nommer des experts pour visiter les réparations de la cure ; et choisit pour le sien, le sieur Lefort, de Nantes. Etienne Douillard, notaire et procureur du vicomté de Tiffauges, chargé de pouvoirs des Dlles Davy, sœurs et héritières de feu messire Julien Davy, nomme pour elles le sieur Derond, entrepreneur.

Les notables et délibérants nomment pour leur expert Antoine Badreau, l'un d'entre eux.

Ont signé : De l'Echasserie, chevau-léger de la garde.

Etienne Blanlœil.

Chasseriau.

C. Baudry.

Antoine Badreau.

René Blouin.

Antoine Loizeau.

J. Martin.

Jean Desfontaines.

Gabriel Boutin.

Mathurin Drouin.

François Chauveau.

Douillard, scribe.

Trastour, procureur, pour le procureur fiscal.

René Blouin et Antoine Loizeau sont nommés dans la même assemblée pour recevoir les comptes des anciens fabriqueurs.

Le 9 décembre 1782, dans une assemblée générale des habitants de la paroisse, messire Claude-René Giron, prêtre ci-devant desservant de cette paroisse, représente au général que pour éviter toute discussion et lever les oppositions qui ont été faites aux deux dernières assemblées, il offrait sur sa part et portion qui lui revenait dans les portions de dixmes qui lui ont été abandonnées par la paroisse, 60 boisseaux de seigle, mesure de Tiffauges, pour le temps de sa vice-gérance, pour être employés soit au profit des pauvres, soit au profit de la paroisse.    Signé : Giron, vicaire.

Messire Pierre-Etienne Sorin, au nom de messire Martial Amoureuse, chevalier, seigneur de Vernusson, déclare que n'ayant eu d'autre intention que de soutenir les avantages de la fabrique et des pauvres, il déclare main levée de l'opposition qu'il a formée, et il ajoute aux 60 boisseaux abandonnés par M. Giron 40 boisseaux, ce qui fait 100 boisseaux pour les pauvres de la paroisse remis à M. le curé.

Ensuite, messire Jean-Charles Trastour, procureur, faisant pour Me Eusèbe-Esprit Bousseau, procureur fiscal de la ville et vicomté de Tiffauges, se désiste aussi de son opposition.

Après quoi, M. Giron s'oblige à remettre à M. le recteur la quantité de cent boisseaux de blé dont il vient d'être question.

Suit l'approbation des délibérants qui consentent à ce que les cent boisseaux de blé soient remis entre les mains de M. le recteur pour être distribués aux pauvres les plus nécessiteux de la paroisse, en présence et du consentement des pères des pauvres qui seront pour lors nommés. - Signatures nombreuses des délibérants[5].

1
Dans la même assemblée, Augustin Gouraud et René Gouraud, fabriqueurs pour 1781, présentent au général leur compte de fabrique dont le montant est de 753 livres 11 sols, la dépense de 265 livres 18 sols 3 deniers d'une part, et de 150 livres d'autre. L'excédent qui est de 336 livres 12 sols 9 deniers, est remis à Mathurin Echasserieau et Nicolas Moreau, fabriqueurs de l'année 1782.

André Baudry et Etienne Mingueneau, bâtonniers du Rosaire, présentent leurs comptes se montant à 214 livres 8 sols, la dépense à 112 livres 6 sols, excédant 82 livres 1 sol 9 deniers, somme remise aux fabriqueurs.

Signé :  F. Garaud, .prêtre.

René Blouin.

Jean Desfontaines.

Trastour, procureur, pour le procureur fiscal de Tiffauges.

29 décembre 1782. Mathurin Echasserieau et Nicolas Moreau, fabriqueurs, rendent leurs comptes et déclarent qu'il est d'usage de changer les fabriqueurs et les bâtonniers du Rosaire, ainsi que six délibérants et les Pères des pauvres.

Sont nommés fabriqueurs : Claude Girard, du bourg, et Jean Fonteneau, de la Burelière, et bâtonniers du Rosaire, Mathurin Bousseau, de la Grange, et François Mérand, de la Guignardière.

Délibérants : François Lavolenne, au lieu de Mathurin Drouin ; René Blouin et Etienne Martin, au lieu de Joseph Martin, son frère ; René Gouraud au lieu de Pierre ; Etienne Augereau, Jean Launay, Charles Brunelière.

Pères des miséreux : Jean Girard, Pierre Gouraud et Charles Baudry, et pour Saint-Symphorien, Pierre Echasserieau.

L'assemblée approuve la liste des bancs qui resteront au prix ordinaire.

M. Garaud, recteur, et Antoine Badreau, tout en signant la délibération, n'approuvent pas l'article des bancs.

En 1783, Balthasar Delaunay et Pierre Janvier, vicaires. - Pierre Rousseau, clerc tonsuré.

Le 2 janvier 1783, Mathurin Echasserieau et Nicolas Moreau remettent à Claude Girard et à Jean Fonteneau, fabriqueurs, les ornements: une croix d'argent, un encensoir d'argent, un encensoir de cuivre, un bénitier et goupillon, 6 grands chandeliers, 6 petits, 2 chandeliers courbés, le tout de cuivre, la bannière rouge, 48 nappes d'autel, 9 de sainte table, 12 de corbeilles, 14 lavabos, tous les vases, bouquets et autres ornements.

Les bâtonniers du Rosaire Julien Boisselier, du bourg, et Julien Augereau, de la Nerrière, remettent à Mathurin Bousseau et François Mérand la bannière blanche, 10 chandeliers de cuivre, 40 nappes d'autel, 12 lavabos, 9 devants d'autels etc.

Signé :     Cl. Girard.

      J. Fonteneau.

      Mat. Bousseau.

      Fr. Mérand.

26 janvier 1783. Nomination des égailleurs et amasseurs pour la capitation. Sont nommés, pour le bourg, Pierre Papin ; Nicolas Bitot, de Chez-Méchinaud, pour la basse paroisse ; Gabriel Guillaumé, du Châtelier, pour la haute ; et François Bâty pour Saint-Symphorien.

9 février. Assemblée générale des habitants. Claude Girard et Jean Fonteneau, fabriqueurs, demandent qu'une règle soit établie pour l'égail de la capitation. Il est réglé : 1° que les taux perdus doivent être taxés et répartis sur le général de la paroisse ; - 2° Que les domestiques de M. Amoureuse seront taxés pour 3 livres ; ceux de M. de l'Échasserie, à 12 livres ; - 3° Mme de Vernusson à 40 sols avec sa servante, et Mlle Halouin à 3 livres avec sa servante ; - 4° Tous les gens survenus dans la paroisse à une livre chacun.

23 février. Rapport et procès-verbal des experts choisis le 24 novembre 1782, pour les réparations de la cure. - M. Amoureuse y est dit président des assemblées des Marches.

15 mai. Mention du bénéfice de la Maisonnette. Le bénéfice de la Maisonnette a été fondé par M. Pierre Collardeau, prêtre, du village de Chez-Méchinaud, par son testament du 7 juin 1633. Ce bénéfice était estimé alors 30 livres de rente, et la charge était une messe basse toutes les semaines à l'autel de la Sainte Vierge, dans l'église de la Bruffière. (Voir le livre des fond. n° 60.)

1er juin. Acceptation de la somme de 200 livres offerte par Mlle Perrine Davy, veuve du sieur du Souché, et Louise Davy, pour l'extinction de la rente constituée de 10 livres, fondée au Rosaire par messire René Gaboriau, prêtre, laquelle somme de 200 livres messire Davy, recteur, avait empruntée du général de la paroisse.

15 juin. Il est décidé que les bancs seront possédés par les propriétaires et leurs enfants en ligne directe. - Les bancs adjugés aux domestiques seront criés pour être adjugés aux chefs de maison demeurant dans la paroisse.

6 juillet. Placement de 200 livres remises par les Dlles Davy. Les délibérants autorisent les fabriqueurs à confier la dite somme au sieur André Texier, à titre de constitution, à condition qu'il en paiera l'intérêt au denier vingt.

Signé :     François Lavolenne. René Blouin.

     C. Brunelière. Jean Girard.

     Fr. Chauveau. Ant. Loizeau.

     J. Desfontaines. Gabriel Boutin.

     Et. Blanlœil. J. Martin.

     Et. Augereau. R. Gouraud.

     J. Fonteneau. C. Girard.

     Douillard, scribe.

5 octobre. Assemblée générale des habitants. Claude Girard, du bourg, et Jean Fonteneau de la Burelière, fabriqueurs, proposent de nommer des égailleurs pour égailIer les vingtièmes qui sont de trois pour cette année, et présentent Mat. Drouin, charpentier, pour le bourg ; Pierre Gouraud, de Mingot, pour la basse paroisse ; Jacques Nerrière, de la Nerrière, pour la haute ; et René Griffon, de Saint-Symphorien, pour le dit lieu. Les delibérants approuvent ce choix, reconnaissant les susnommés en état d'égailler les dits trois vingtièmes, et choisissent pour amasseurs des dits vingtièmes, Jean Barbaud du Plessis-Ouvrard, pour la haute paroisse, et Jean Chiron, de Chupeau, pour la basse.

19 octobre. Assemblée générale. Réclamation faite aux demoiselIes Davy d'un ornement et d'un calice dont elles se sont emparé comme héritières du défunt curé, leur frère, mais que celui-ci avait dit devoir laisser à l'église. Autorisation de poursuivre les dites demoiselles. Me Jean Trastour, notaire et procureur à Tiffauges, est choisi pour cette affaire.

Signatures des délibérants, puis celle de Blouin fils, faisant en l'absence de M. Douillard, scribe.

2 novembre. Assemblée générale. Les fabriqueurs présentent une lettre des vérificateurs de Clisson par laquelle ceux-ci ordonnent de communiquer les registres d'assemblées de la paroisse afin de les examiner, et de voir les assemblées sujettes au contrôle. - Les délibérants sont d'avis que les dits registres soient remis ès mains desdits vérificateurs ; et pour transiger avec eux sur le procès-verbal qu'ils feront des assemblées sujettes au contrôle, ils nomment Me Jean-René Douillard, notaire, procureur et scribe de cette paroisse, et Claude Girard, fabriqueur, qui se trouveront à Clisson pour transiger avec les vérificateurs, comme ils le jugeront à propos.

Signatures des délibérants.

Suit le visa des vérificateur et contrôleur des domaines avec injonction au général de la paroisse de se conformer par la suite aux règlements et de faire contrôler sur le présent registre toutes les délibérations concernant le temporel de la paroisse.

3 novembre. Pour acquitter les sommes demandées par les vérificateurs de Clisson, vu le besoin extrême d'avoir de l'argent pour les satisfaire, on convoque les fabriqueurs de l'année précédente.

Mathurin Eschasseriau et Nicolas Moreau, fabriqueurs pour 1782, présentent leur compte dont la charge se monte à 924 livres 1 sol 7 deniers, la décharge à 307 livres 4 sols 6 deniers. - Reste 616 livres 17 sols 1 denier qu'ils remettent à Cl. Girard et Jean Fonteneau, fabriqueurs en charge.

Julien Boisselier et Julien Augereau, bâtonniers du Rosaire pour 1782, présentent aussi leur compte. Charge 216 livres 4 sols ; décharge 81 livres 13 sols 6 deniers ; reste 135 livres 6 sols. Sur cette somme, 52 livres ont été payées à M. le recteur pour l'acquit des fondations ; et les dits bâtonniers remettent 83 livres 6 sols aux fabriqueurs.

28 décembre. Nomination des fabriqueurs et bâtonniers, et de six délibérants pour l'année suivante.

- Fabriqueurs : René Griffon, de Saint-Symphorien, et René Valton, de la Morinière.

- Bâtonniers du Rosaire : Jean Arnou, du bourg, et Jean Grimaud. de la Petite-Poutière.

- Délibérants : Augustin Gouraud, du bourg ; Joseph Boutin ; Louis Blain, du Bois-Viaud ; Fr. Vinet, de la Pinélière ; Math. Brochard, de l'Étonnelière.

Rente constituée de dix livres, due à la confrérie du Rosaire de cette paroisse, comme ayant été léguée par M. Jacques Poyron, curé de la Limouzinière.

1784. Le 14 mars, assemblée générale. René Griffon et René Valton représentent au général qu'il est nécessaire de nommer des égailleurs du vingtième. Sont nommés, Jacques Griffon, du bourg ; Jos. Martin, du Pontereau ; Jean Drouet, du Pouet ; et René Lucas, de Saint-Symphorien ; et amasseurs du vingtième, Pierre Fradin, des Grandes-Fontaines ; et François Blarard (?), des Petits-Cléons.

9 mai. Des inconnus s'avisaient de toucher leurs chevaux galeux ou atteints d'autres maladies dans les landes des Aies, sans y avoir droit. Plusieurs particuliers s'avisaient de pêcher dans les fosses de la Pierre-Levée et de la Croix-Bitaux, et d'y laisser les canes et les oies dans les dites fosses, de manière à corrompre l'eau et empêcher l'abreuvage des bestiaux.

Sur la représentation des fabriqueurs, l'Assemblée générale les autorise à présenter une enquête à M. le sénéchal de Tiffauges et à lui demander la permission de faire chasser tous les chevaux et autres bestiaux qui seraient attaqués de ces maladies, ou de les faire tuer ; comme aussi de défendre de pêcher dans les dites fosses ou d'y laisser vaguer les oies, à peine d'être condamnés à l'amende et punis selon la sévérité des lois.

Signé : Fr. Garaud, recteur.

            Amoureuse de Vernusson,

            Fr. Lavolenne.

            René Blouin.

            Gabriel Boutin.

            Etienne Martin.

            Et. Augereau.

            Louis Blain.

            René Gouraud.

            René Valton.

            Rigaudeau, du Pouët, notaire.

            Douillard, scribe.

A cette époque, étaient vicaires, Talom et Rousseau-Lefèvre.

Sébastien Girard, prêtre, est parrain à un baptême.

19 décembre. Nomination des nouveaux fabriqueurs et de six délibérants. Sont nommés fabriqueurs : Etienne Limouzin, de la Guignardière, et Charles Petiot. Bâtonniers du Rosaire : François Brosset, du bourg, et Nicolas Bitot, de Chez-Méchineau. Délibérants : Jean Girard, du bourg ; Louis Augereau, Pierre Gouraud, du Charpre ; Etienne Blanlœil, du Goulet ; Mathurin Fonteneau, de la Burelière ; Colas Moreau, de la Petite-Roulière.

31 décembre. Remise des objets de la sacristie aux nouveaux fabriqueurs et bâtonniers du Rosaire.

Sur la demande des fabriqueurs, l'assemblée nomme quatre égailleurs pour les vingtièmes et deux collecteurs ; et elle autorise les dits fabriqueurs à faire les réparations des murs du cimetière et des barrières, ainsi que les réparations de l'église. Elle leur permet aussi de faire donner un titre nouveau par M. et Mme Amoureuse comme acquéreur d'André Texier, débiteur d'une rente de 10 livres.

1785. Au mois de février, reparait M. Trimoreau qui fait deux sépultures de personnes des environs de Saint-Symphorien.

Sont vicaires de la Bruffière : M. Alain et M. Guilbaud.

Le 3 avril, Pierre Fruchard, fermier de l'ouche de la fabrique, se plaint de ce que Jean Girard lui refuse le passage par le chemin menant à cette ouche. L'assemblée décide qu'on va chercher les titres et J. Girard consent à laisser passer. - Choix des Pères des pauvres.

3 juillet. Assemblée générale. Les délibérants autorisent les fabriqueurs à faire faire les réparations aux murs du cimetière ; à faire faire la couverture de l'église ; à acheter des rideaux pour les quatre petits autels.

18 décembre. Nomination des marguilliers, bâtonniers et délibérants. Fabriqueurs, Jacq. Boudaud, du bourg, et Jean Drouet, du Pouët. Bâtonniers du Rosaire, Pierre Bizon et Julien Bauchet.

1786, 26 janvier. Délibération au sujet des bancs de l'église placés sans permission.

21 mai. Des examinateurs sont nommés pour examiner les comptes des fabriqueurs et des bâtonniers du Rosaire de 1784.

4 juillet. Compte des fabriqueurs de 1784, René Griffon et René Valton. Recettes 499 livres, 13 sols, 4 deniers. Dépenses, 190 livres, 9 sols, 9 deniers. Excédent, 309 livres, 9 sols, 4 deniers, sur laquelle somme il a été payé à M. le recteur 100 livres pour l'acquit des messes de fondation ; partant, reste 209 livres, 8 sols, 4 deniers à remettre aux fabriqueurs actuels.

Compte des bâtonniers du Rosaire, François Amou et Jean Grimaud. Recettes, 206 livres, 11 sols. Dépenses, 67 livres, 3 sols, 3 deniers. Excédent 139 livres, 3 sols, 3 deniers, dont 17 livres payées à M. le recteur pour l'acquit des messes dues à l'autel de la sainte Vierge, et 52 livres pour 104 messes basses. - Reste 69 livres remises aux fabriqueurs en charge.

24 septembre. Assemblée générale. Délibération pour faire enlever les mouches de bois et de chaume ainsi que les fumiers dans le bourg et surtout près des murs du cimetière. M. Bousseau, procureur fiscal, est chargé de faire valoir les ordonnances de police à ce sujet.

En cette année, apparaît comme vicaire de la Bruffière, Bonaventure-Louis Blanchard. Il était originaire de la paroisse de Cugand. Il mourut vicaire de la paroisse de la Bruffière pendant la Révolution.

Bapt. de Perrine-Sophie, fille de Louis Adrien, maître en chirurgie, et de dame Marie-Anne Audureau. Parrain, Joseph Guédon, sieur des Bricottières, oncle de l'enfant ; et marraine, Perrine Davy, dame veuve du Souchay.

22 novembre. Inhumation du corps de messire Martial Amoureuse, écuyer, seigneur de Vernusson, président des Marches, époux de dame Marie-Anne-Françoise Demasalue, décédé à la Grange, près le bourg, âgé d'environ cinquante ans. Étaient présents : Richard, recteur de la Trinité, Goupilleau, curé de la Guyonnière, Potet, curé de Montaigu.

24 décembre. Sont choisis pour être fabriqueurs en 1787, Jacques Griffon, du bourg, et Julien Blanlœil, de la Guignardière ; pour bâtonniers du Rosaire, Gabriel Boutin fils, de la Grange, et Moreau, de la Guilbaudière.

1787, 11 février. Sont nommés Pères des pauvres: : M. Drouet, pour le bourg ; René Valton, de la Morinière, pour la haute paroisse ; Jacques Boussion, pour Saint-Symphorien, et Joseph-Martin, du Pontereau, pour la basse paroisse.

1er juillet. Les fabriqueurs présentent au général de la paroisse une lettre de M. Richard, trésorier des Marches, qui annonce une assemblée générale des Marches, devant être tenue à Montaigu, le trois du dit mois, au sujet de la nomination d'un syndic pour les dites Marches, et de commissaires, en place de ceux qui sont morts ou démissionnaires. - Les délibérants nomment leur député messire Charles-André-Augustin-Marye Servanteau, chevalier, seigneur de l'Échasserie et autres lieux, demeurant en son château de l'Échasserie, suppliant MM. les commissaires de l'assemblée des Marches de le nommer pour commissaire de la paroisse.

12 août. Choix de deux députés pour examiner les comptes des fabriqueurs de l'année précédente. Sont nommés : Jean Girard et Louis Blouin, du Bois-Viaud.

28 octobre. Dans l'assemblée générale de la paroisse, les fabriqueurs représentent que messire François Garaud, recteur, qui devait faire faire les réparations de la cure et du chœur de l'église, conformément à l'assemblée du 23 février 1783, n'en a rien fait ; qu'il a touché les deniers des pauvres sans en rendre compte au général ni aux Pères des pauvres, selon l'usage ; qu'il n'a pas rendu compte de la somme de 500 livres, reçue pour des ornements ; qu'il est d'usage de sonner la messe pendant une demi-heure et qu'il la sonne tout au plus dix minutes ou un quart d'heure... sur tous ces reproches, les délibérants prient M. de l'Échasserie de se joindre avec les fabriqueurs, pour obliger M. le curé.

23 décembre. Nomination des fabriqueurs et bâtonniers du Rosaire. Fabriqueurs : Maître Louis Adrien, chirurgien, du bourg, et Pierre Pavageau, de la Rose-Fleurie. Bâtonniers : Charles Paulin, du bourg, et Jean Défontaine, de la Rose-Fleurie. Délibérants : Antoine Loizeau, René Gouraud, de Chupeau ; René Griffon, de Saint-Symphorien ; Martin, de Chez-Libaud.

1788, 27 janvier. Nomination de deux délibérants pour compléter le nombre de six.

M. Gaborieau, prêtre, chanoine de l'église collégiale de Clisson, fait deux mariages.

9 mars. Louis-Julien Bousseau, offre de .franchir une rente de 10 livres, qu'il doit à la fabrique comme acquéreur du sieur Texier, pour laquelle il donne 200 livres, plus 6 livres pour les intérêts échus. Messire Charles Servanteau, seigneur de l'Échasserie, se charge de la dite somme pour en payer les intérêts. - Cette rente a été remboursée, en 1821, d'après une note signée : Dugast, desservant.

Nomination des égailleurs et amasseurs pour les vingtièmes.

M. Servanteau signe : Deléchasserie, ancien chevau-legé et commissaire des Marches.

28 mars. M. de l'Échasserie, ayant remis à M. le curé une somme de 3,000 livres, pour les pauvres, M. le curé propose de placer cette somme, et M. de l'Échasserie la prend lui-même en constitution, s'engageant à payer 150 livres d'intérêt annuel, et il engage, pour cela, tous ses biens et spécialement son château de l'Échasserie. L'assemblée générale de la paroisse lui en témoigne sa reconnaissance et le charge de distribuer lui-même aux pauvres la dite somme, en le nommant, pour sa vie, commissaire du bureau des pauvres. - Cette rente a été remboursée en 1821, d'après une note de M. Dugast, desservant.

20 avril. Délibération au sujet de la route royale qu'il était question de faire de Poitiers à Nantes, passant par Bressuire, Châtillon, Mortagne, et qui doit venir joindre les Marches au lieu du Beau-Débit, près le bourg de Torfou, et passer sur les paroisses de Boussay et de Gétigné, qui sont situées sur les Marches.

Le général décide qu'il est d'avis que toutes les paroisses situées en Marches fassent seules les travaux des grandes routes à ouvrir sur leur territoire, sans le secours des autres provinces M. de l'Échasserie, commissaire des Marches, est chargé de représenter la Bruffière à cet effet, et de se joindre aux autres commissaires pour décider que M. le marquis de Juigné, lieutenant des armées du roi, syndic général des dites Marches, sera prié d'obtenir un arrêt du conseil, à l'occasion des grandes routes, semblable à celui des États de Bretagne pour leur province……

6 juillet. Choix de députés pour examiner les comptes des fabriqueurs.

(21 feuillets du registre sont perdus ; aucune délibération jusqu'au 3 avril 1791)

1789. Mois de février. Jean-Charles Robert vicaire de la Bruffière. Il était originaire de la paroisse de Riaillé ; il resta dans la paroisse tout le temps de la Révolution et mourut en 1797, suivant l'Etat du diocèse de Nantes, au moment de la Révolution.

 

                  

 

TITRES de RENTES
et
RENOUVELLEMNT de TITRES

     

Rente de 21 livres, 10 sols, établie par Laurent Pellerin et René Mouillé, en faveur du Rosaire. 3 septembre 1725.

23 mars 1730. Constitution au profit de la fabrique sur Mathurin Belliard et sa femme, de la Sauvagère. Rente de 6 livres, pour 2 services de chacun 3 messes.

Attournance de la rente de 3 livres, fondée à la fabrique par Gabrielle Gaborit, donnée par Mathurine Fradin, veuve Gouraud, pour un service de 2 messes chantées ; terme du 4 janvier. Le 28 mars 1747.

Brunet, notaire.

Rousseau, notaire.

26 avril 1757. Titre nouveau de la rente de 9 livres, consenti par Louis Augereau, à la fabrique.

Brunet, notaire.

Douillard, notaire.

1757. Rente de 3 livres, 4 sols, consentie par René Augereau, de la Rose-Fleurie, et autres.

15 avril 1757. Titre nouveau de la rente de 10 livres, consenti par Catherine Launay, veuve de Pierre Gatoil, à la fabrique de la Bruffière ; léguée par testament de Jean Launay, du 17 janvier 1720.

Brunet, notaire.

Douillard, notaire.

 (Remboursé).       

15 avril 1757. Titre nouveau de la rente de douze boisseaux de bled, consenti par René Belliard et autres à la fabrique de la Bruffière, terme de my-aoust par Mathurine Ouvrard, veuve de François Neau, 29 décembre 1711.

Brunet, notaire.

Douillard, notaire.

Titre nouveau du 12 novembre 1785.

29 novembre 17.. Titre nouveau de la rente de six boisseaux de blé, consenti par Mathurin Drouet et Marie Gouraud, sa femme, et autres à la fabrique, sur le village de la Tuaudière.

Brunet, notaire.

Douillard, notaire.

29 octobre 1757. Titre nouveau de rente de 3 livres en argent, consenti par Charles Gillot et autres à la fabrique de la Bruffière ; terme du 25 juillet.

Brunet, notaire.

Douillard, notaire.

15 septembre 1758. Rente de deux boisseaux de blé à la fabrique par le village du Pontereau. Cette rente a été remboursée par les propriétaires du Pontereau.

8 mars 1763. Constitution d'une rente de René Gouraud et Françoise Richard, sa femme, de 6 livres, au terme du 15 novembre.

Girard, notaire.

Douillard, notaire.

25 février 1763. Rente faite à la fabrique par René Gouraud et Françoise Richard, de 6 livres en argent.

22 novembre 1768. Titre nouveau par Marie Charbonneau, veuve de Jean Raud, d'une rente de six livres sur une pièce de terre appelée le Paty, 18 boisselées, 20 gaules, joignant au chemin qui conduit au Landes des Aies, suivant le testament de Perrine Vinet, à charge de payer la dite rente pour deux services de deux grandes messes le premier jour de saint Pierre, 29 juin, et le second jour de saint Pierre-ès-Liens.

Barbot, notaire.

Rigaudeau, notaire.

Arrentement fait par Jacques Jauffrineau et Nicolas Fonteneau, du Rosaire de la Bruffière, à Augustin Boutin, en 1731, d'une maison et des terres, 17 livres par chacun an. Terme de Noël.

Constitution par Messire François - Hyacinthe Du Tressay, chevalier de la Sicaudais, fondé de procuration de dame Marie-Flore de Barbaré, son épouse, suivant sa procuration sous signature privée de la rente constituée cent trois livres six sols en argent payables au terme du 5 juillet entre les mains des fabriqueurs de la paroisse de la Bruffière, sur la métairie de la Bâtardière, appartenant à la dite dame de Barbaré. Le 4 juillet 1778.

Boisson, notaire.

Douillard, notaire.

30 novembre 1780. Titre nouveau de la rente de 12 livres pour la fondation de Jeanne Buttée pour son testament passé devant Testard, notaire, le 21 octobre 1641, à la charge du sieur recteur de faire, chacun an, quatre services, par François Girard, chirurgien, demeurant en la ville de Mortagne, et autres.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire (Remboursé).

24 octobre 1783. Titre nouveau par Pierre Gatoil et autres de la rente foncière de 3 livres, à la fabrique de la Bruffière.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

1784. Titre nouveau de la rente de 6 boisseaux de blé par René Querré et Louis Prudhomme.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

26 septembre 1785. Titre nouveau par Pierre Barré, de la rente foncière de 9 livres à la fabrique.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire (Remboursé).

12 novembre 1785. Titre nouveau de rente foncière de 11 boisseaux de blé, mesure de Tiffauges, due par René Belliard et autres à la fabrique de la Bruffière.

Langlois, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

24 octobre 1785. Acte nouveau de la rente foncière de 3 livres à la fabrique de la Bruffière. - La rente de 3 livres en argent laquelle aurait été léguée à la fabrique de la Bruffière, par feu Pierre Mouillé par son testament, au rapport de Porteau, notaire de Clisson, en date du 27 avril 1669.

29 octobre 1785. Titre nouveau de la rente foncière de 21 livres 10 sols, par Jean Perraud, de Hucheloup, en Cugand, à la confrérie du Rosaire de la Bruffière.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

12 novembre 1785. Titre nouveau de la rente de 12 boisseaux de blé, terme my-aoust, par Mathurine Ouvrard, veuve de François Neau. 29 décembre 1711.

1785. Titre nouveau de la rente de 6 livres par la veuve Augereau de la Chobletterie.

1785. Jacques Poiron, prêtre, recteur de la Limouzinière par son testament du 6 juillet.

1786. Titre nouveau par Joseph Mérand et autres de la rente de huit boisseaux de blé seigle.

- Titre nouveau par les teneurs du Charpre de la rente de 10 boisseaux de blé à la confrérie du Rosaire.

2 mars 1786. Titre nouveau par Jean Audureau à messire François Garaud d'une rente de 3 livres 4 sols léguée à la dite cure par Jean Roy, au terme du 2 mars, le 22 novembre 1658.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

13 mars 1786. Titre nouveau par les propriétaires de la Petite-Etonnelière, à messire François Garaud, de la rente de 12 boisseaux de blé seigle.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

27 mars 1786. Titre nouveau par René Limouzin et René Gouraud, de la rente de 3 livres à M. François Garaud.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

1786. Titre nouveau par Etienne BIanlœil et autres de la rente de 3 livres à messire François Garaud, recteur.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

Titre nouv. par Jean Poirier et autres, à messire Fr. Garaud de la rente de 5 livres.

3 avril. Titre nouveau par Mathurin Bousseau et autres à la cure de la Bruffière, de 6 livres léguées à la cure par Jean Ouvrard.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

1er mai 1786. Rente de 5 francs sur le Châtelier de Boussay. Mathurin Rineau par son testament, le 21 juin 1620.

1er mai 1786. Titre nouveau par Jean Poirier et autres, à messire François Garaud, recteur de la Bruffière, de la rente de 5 livres.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

1er juin 1786. Titre nouveau par René BeiIlard, laboureur, et François David, marchand, et plusieurs autres, d'une rente de 6 boisseaux de blé-seigle, mesure de Tiffauges, à la fabrique de la Bruffière.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

6 juin 1786. Titre nouveau par Augustin Gouraud, de la rente de 3 livres, au terme du 4 janvier, sur une maison et terre situées au dit bourg.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

19 juin 1786. Titre nouveau par Jean Pineau et autres de la rente de 8 livres à la cure de Bruffière. La rente annuelle et perpétuelle de 8 livres, au terme de la Sainte Anne, léguée par Jacquette Gatoil, veuve de Mathurin Falleau, en date du 5 août 1663, à la charge au dit recteur de faire 3 services.

Douillard, notaire.

Rigaudeau du Pouet, notaire.

7 juillet 1786. Titre nouveau par les teneurs de la Cailletière de la rente de 8 boisseaux de blé-seigle au sieur recteur de la Bruffière, par Guillaume Charbonneau, par son testament passé le 9 novembre 1416.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

7 juillet 1786. Titre nouveau du village de la Cailletière de la Bruffière ; il doit au terme du 15 aoftt à la fabrique de la Bruffière la rente de 8 boisseaux de blé-seigle, mesure de Tiffauges.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

24 juillet 1786. Titre nouveau par René Moreau, au recteur de la Bruffière, de la rente foncière de 3 livres 4 sols ; terme du 27 août. Fondée par René Hervouet, pour raison d'un service.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

26 octobre 1786. Titre nouveau, par M. Girard et autres, de la rente foncière de 12 livres, pour la fondation de Jeanne Butier, à la cure de la Bruffière.

4 novembre 1786. Titre nouveau par Pierre Libaud et autres de la rente foncière de 3 livres 4 sols, pour la fondation de Mathurin Poiron, à la cure.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

6 novembre 1786. Rente de 12 boisseaux d'avoine par les teneurs de la Brelézière, en la paroisse des Brouzils, à la fabrique du Rosaire de la Bruffière.

24 novembre 1786. Titre nouveau de la rente foncière de 3 livres par Jean Jaufrineau au recteur de la Bruffière.

30 décembre 1786. Titre nouveau par les propriétaires des Petits-Cléons, de deux rentes foncières de chacune 3 livres, pour la fondation de Jeanne Brachet et Cathérine Cailleteau à la cure de la Bruffière, échues le 17 janvier et le 4 février.

Douillard, notaire.

Rigaudeau, notaire.

8 janvier 1787. Titre nouveau de la rente foncière de 3 livres, pour la fondation de René Cormerais, par dame de la Touche et autres, à la fabrique de la Bruffière.

Rigaudeau, notaire.

Douillard, notaire.

21 août 1787- Titre nouveau par messire Joseph-Marie Bourasseau de la Renollière, écuyer, auditeur de la chambre des comptes de Bretagne... à la fabrique de la Bruffière, de 3 livres, terme du 25 juillet, et aux pauvres de la dite paroisse de la rente foncière et perpétuelle d'un boisseau de blé-seigle, terme de my-août, rente léguée par feu Nicolas Augereau, du 29 juillet 1623, pour raison d'une maison appelée les Trois-Rois et autres domaines situés à Saint-Symphorien, le 22 avril 1748.

Douillard. notaire.

Rigaudeau, notaire.

Titre nouveau par messire François Garaud, René Drouet et Claude Girard, à la cure de la Bruffière, de la rente de 6 boisseaux de blé-seigle. Rente de feu Julienne Chuteau, passée le 10 novembre 1620.

1787, 8 octobre. Titre nouveau de la rente foncière de 3 livres à la fabrique de la Bruffière, pour la fondation de Marguerite Cormerais, et par attournance du 30 août 1667, par Louis-Julien Bousseau, receveur des actes d'affirmation de voyage, demeurant aux bourg et paroisse de la Rabatelière, et autres.

Rigaudeau, notaire.

Douillard, notaire.

                  

 

ÉPOQUE DE LA RÉVOLUTION

     

De 1789 à 1791, malgré les orages politiques qui grondaient alors sourdement sur la France, la Bruffière n'avait pas encore beaucoup ressenti le contre-coup des agitations dont Versailles et Paris étaient le théâtre. Mais, à cette dernière date, M. Charles Servanteau, qui s'était fait nommer successivement inspecteur des volontaires et des gardes nationales de Clisson, puis maire de la Bruffière voulut faire entrer de force cette commune dans le mouvement révolutionnaire et il ne réussit qu'à y jeter la division et le trouble. C'était un homme imbu des idées nouvelles et qui tenait, sans doute, par son enthousiasme calculé, à faire oublier ses anciens titres de seigneur de l'Echasserie et de chevau-léger de la garde. Le fait est, qu'à partir de 1791, il ne signe plus que Charles Servanteau.

A cette époque, les arrêtés de fabrique sont remplacés par des ordonnances de police dont voici quelques extraits :

3 avril 1791. Ordonnance de police. Prix du pain.

Art. 1er Pain blanc, 3 sols la livre. - Art. 2. Pain de méteil pesant 12 livres, 30 sols, c'est-à-dire 2 sols 6 deniers la livre. - Art. 3. Pain pur seigle pesant 15 livres, 25 sols, c'est-à-dire 1 sol 8 deniers la livre.  L'arrêté est signé : Charles Servanteau, maire. Jean

Girard. Etienne Blanlœil. J. Boutin.

1791, 8 mai. Ordonnance de police pour la paroisse de la Bruffière.

Art. 1er. Tout cheval non enfergé pris en dommage par un des commissaires de police payera 30 sous, distribués aux pauvres. - Art. 2. Il est alloué 10 sous au commissaire par pièce.

Arrêté concernant les chiens enragés. Ordre de tuer les chiens mordus, sous peine d'amende.

Arrêté concernant l'écoulement des eaux champêtres. Tout particulier est tenu, en taillant sa haie, de relever le fossé le long des chemins pour l'écoulement des eaux, et la municipalité le fera aux frais du délinquant, s'il ne le fait avant la saint Jean-Baptiste.

Signé : Charles Servanteau. Jean Girard. J. Boutin. J.-M. Enon, secrétaire-greffier.

Ordonnance de police du 21 mai 1791. Prix du pain. Art. 1er. Pain blanc, 2 sols 9 deniers la livre. - Art. 2. Pain de méteil de 12 livres, 27 sols, c'est-à-dire 2 sols 3 deniers la livre. - Art. 3. Pain de seigle de 15 livres, 22 sols 6 deniers, ou 1 sol 6 deniers la livre.

Signé : Ch. Servanteau, maire. Etienne Blanlœil. Jean Girard. Henry Fétu. J. Boutin.

Le 23 mai. J. Boutin déclare se désister de la charge de procureur de la commune.

Le 2 juin. Louis Ogereau déclare se désister de la charge de notable de la paroisse.

Le 8 juin. Pierre Gouraud déclare se désister de la charge de notable de la paroisse.

Le 3 juillet 1791. Election faite par les citoyens actifs de la paroisse pour remplacer Joseph Boutin, procureur syndic de la commune, et les notables qui se sont démis de leur charge.

Les citoyens actifs se trouvent au nombre de dix : Ch. Servanteau, Jean Girard, Fr. Gaborieau, Et. Blanlœil, Clair Bossard, Henry Fétu, Jacq. Pairault, Cl. Baudry, Jean Barbault, Gabriel Guillaumé.

Les susdits ayant été aux voix, Louis-Jullien Bousseau est élu procureur de la commune et prête le serment de maintenir la constitution du royaume, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi.

On élit ensuite quatre notables : Nicolas Bitot, Charles Poulin, Jean Barbault, Etienne Limouzin.

10 juillet 1791. Arrêté ordonnant aux commissaires de tuer les oies et les canes qu'ils trouveraient dans les viviers de cette paroisse depuis le 1er juin jusqu'à la Toussaint de chaque année.

Défense de mettre le lin rouir dans la Mouzelle.

Fête du 14 juillet. Procès-verbal de cette fête.

Aujourd'hui, 14 juillet 1791, partie des habitants de la paroisse de la Bruffière assemblés avec nous, maire, officiers municipaux et notables soussignés, sur la place d'Armes.

Désirant célébrer l'anniversaire de la prise de la Bastille, jour à jamais mémorable dans nos fastes, dans les fastes de l'univers entier, jour où les bons citoyens ont renversé l'idole du despotisme et mis en sa place l'attribut le plus noble de l'humanité, la liberté,

Nous sommes transportés au bureau de cette commune, où plusieurs habitants se sont inscrits sur le registre de la garde nationale.

Ensuite, le sieur Bousseau, notre procureur sindic, nous a fait part de sa députation vers MM. Garaud, recteur, et Robert, vicaire de ce lieu, pour les engager l'un ou l'autre de nous dire une messe ce jour en action de grâce de la victoire que les bons citoyens remportèrent il y a deux ans sur les ennemis du bien public ; mais il nous a dit que tous les deux s'y étaient refusés, quoy qu'il aye offert de les salariser suivant l'usage.

Cela n'a pas empêché que l'assemblée se soit sur le champ transportée avec ordre à l'église de cette paroisse, où chacun y a thémoigné particulièrement combien il estait reconnaissant à Dieu de ses bienfaits continuels pour le soutient de notre constitution ; sortis de l'église à onze heures trois quarts du matin et rendu à la place d'Armes, monsieur le maire a presté le serment et juré d'estre fidèle à la nation et à la loi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution française, serment que toute l'assemblée a fait après lui, en y ajoutant que tous estaient bien décidés à vivre libres ou mourir; ensuite monsieur le maire a mis le feu au buché dressé sur la place d'Armes et entonné le Te Deum, qui a été chanté avec toute la décence et le plus religieusement possible.[6]

Des cris mille fois répétés de vive la nation, vive la loi, se sont fait entendre et fait éclater la joye de toute l'assemblée. Un repas fraternel, et où a régné l'égalité la plus parfaite, a suivi ces cérémonies différentes.

Fait, clos et arrêté au bureau, les dits jour et an que dessus.

Signé : Charles Servanteau, maire. Jean Girard. Bousseau, procureur de la commune. Etienne Blanleil, Jean Barbaud. Henry Fétu.

Le 15 juillet. P. Gaborieau déclare se désister de la charge de commissaire garde de cette paroisse.

24 juillet. Amende contre ceux qui seraient convaincus d'avoir enlevé les affiches dans les 24 heures de leur attache.

Remplacement de P. Gaborieau, commissaire et garde, par François Ancelin, marchand.

15 août. Le bureau et conseil, assemblés au lieu ordinaire, sur la représentation du procureur de la commune, fixe le prix de la journée de travail à 15 sols.

21 août. Le bureau et le conseil, sur la représentation du procureur de la commune, nomme Jean Girard commissaire pour la vente de Julien Bossard pour y soutenir les intérêts des pauvres de la commune.

11 octobre. Une jument blanche et sa poudre, trouvée en dommage dans un champ du sieur Boisselier, est mise en dépôt à l'auberge du Cheval blanc, chez Payrault, et n'étant pas réclamée est mise en vente.

18 octobre. Louis-Julien Bousseau donne sa démission de procureur de la municipalité de la Bruffière, pour accepter celle de juge de paix du canton, qui lui est offerte par les suffrages de ses concitoyens.

30 octobre. Jean Girard fait les fonctions de procureur de la commune, sur la démission de Louis-Julien Bousseau, lequel prête le serment en présence du maire et du conseil.

Le nombre des citoyens actifs se trouve de 38 votants : René Blouin, Loiseau du Bois-Potet, Clair Bossard, Jean Girard, Fétu, Mouillé, Bousseau de La Grange, René Drouet, Pierre Rigaudeau, Minguet de l'Etonnelière, François Ancelin, Fonteneau, Charles Servanteau, Etienne Blanleil, Chauveau de La Berlandière, Joseph Boutin, Défontaine de la Copechanière, Pierre Papin, Epaulais, Augereau, charron, Bousseau des Fontaines, Jean Badreau, Antoine Badreau, Augustin Gouraud, Bazin, Richard de l'Étang, Boudaud, Jacques Pairault, Barbault du Chêne, Drouet du Pouët, Sionneau, François Gaborieau, Louis-Julien Bousseau, juge de paix, J.-M. Enon, greffier, Jean Bousseau, Etienne Audureau, François Brosset, Poulain.

Suit l'élection du président de l'assemblée. René Blouin est élu par 24 voix sur 38 votants. - M. Bousseau est élu secrétaire ; ensuite on vote pour l'élection du maire, et le sieur Charles Servanteau est réélu, ayant obtenu 24 voix, et Mathurin Fonteneau de la CoindeIière 14. M. Servanteau fait le serment.

On vote ensuite pour la nomination du procureur de la commune en remplacement de Julien Bousseau, et René Drouet est nommé par 23 voix sur 38.

21 novembre. Charles Poulin déclare se désister de la charge de notable.

1792, 8 janvier. Le bureau et conseil, sur la représentation du procureur de la commune, donnent plein pouvoir à M. Charles Servanteau, maire, et à Jean Barbaud du Chêne, anciens fabriqueurs de ladite paroisse, de continuer laditte charge de fabriqueurs pour cette ditte année.

6 mars. Arrêté. Art. 1er Permission aux citoyens d'enlever des terres sur la place de la Liberté de ce bourg, dans l'endroit désigné par Louis Bousseau, à raison de dix sols la chartée à deux bœufs. - Art. 2. Tout particulier qui voudra enlever des terres devra en prévenir Julien Bousseau, juge de paix. - Art. 3. A compter du jour de l'enlèvement de laditte terre, le particulier qui l'aura enlevée sera tenu d'en déposer le montant entre les mains dudit sieur Bousseau huit jours après.

Signé : Ch. Servanteau, maire. Jean Girard. Henry Fétu. René Drouet. J.-M. Enon, secrétaire-greffier.

22 Juin. Discussion entre le sieur Rigaudeau et Claude Girard au sujet d'un cours d'eau. Le bureau et conseil, assemblés, arrêtent que la discussion sera réglée à dire d'experts.

26 juin 1792. Conformément à l'arrêté de ce département, en date du dix juin et publié le 24 dudit mois, ont comparu François Garaud, recteur de la paroisse, lequel a déclaré être originaire de Vay, conséquemment n'est pas de ce département ; Bonaventure-Louis Blanchard, vicaire de cette paroisse, a déclaré être originaire de la paroisse de Cugand, et conséquemment de ce département ; Jean-Charles Robert, aussi vicaire de cette paroisse, qui a déclaré être originaire de la paroisse de Riaillé, pas de ce département ; Jean-Baptiste Trimoreau, prêtre desservant la chapelle de Saint-Symphorien, originaire des Touches, département de Nantes.

Nous voyons par ce qui précède que les limites du département de la Vendée comprenaient la paroisse de la Bruffière et celle de Cugand. C'est ce qui explique comment ces deux paroisses, ainsi que celle de la Bernardière, furent rattachées plus tard au diocèse de Luçon.

Au mois de juillet, le registre des baptêmes commence à être signé par M. Charles Servanteau, maire.

1er septembre 1792, l'an IV de la liberté.

Le conseil et le bureau assemblés, vu l'arrêté du département du 22 août, et celui du directoire du district de Montaigu du 30 suivant, a nommé pour faire le service de garde-nationnale au château de Montaigu, sçavoir Antoine Badreau fils, Jean Augereau de La Rouère, Joseph Boutin, fils de Jean, tisserand, tous trois du bourg de la Bruffière, le fils aîné de Sionneau de Cugand, Jasmin, tailleur au bourg de Treize-Septiers, Charles Macé fils, au bourg de la Bernardière, auxquels il est enjoint de se transporter à Montaigu le lundi 3 du mois, pour y faire le service jusqu'au 18.

Signé : Charles Servanteau, maire.

            Henry Fétu.

            J. Pairault.

30 septembre. Arrêté du conseil général de la commune.

Article 1er. La butte de terre qui est à la Pierre-Levée, le long de la prée dont jouissent les Baudri de la Grange ; sera mise en vente dimanche au plus offrant et dernier enchérisseur ; ladite terre sera vendue à la toise. René Drouet, procureur de la commune, est nommé pour recevoir les enchères et le paiement.

Art. 2. La terre qui est au coin de la maison de M. Dardel, vis-à-vis le cimetière, sera mise en vente.

Art. 3. Vente de la terre de décombre que la municipalité a fait transporter à la perrière, au caroir de la Grange.

2 décembre 1792. L'an 1er de la République française.

Nous, citoyens du canton de la Bruffière, réunis dans l'église paroissiale pour élire un maire, officiers municipaux et notables, et procureur de la commune. Antoine Badreau est nommé président définitif et la séance renvoyée au 3 du mois.

Signé :  Ant. Badreau, président.

            Charles Poulin.

3 décembre 1792. L'an 1er de la République française.

Nouvelle réunion dans l'église ; on se retire, vu que les citoyens ne se sont pas rendus.

Signé :  Ant. Badreau, président.

            Ch. Poulin.

1793. Dans cette année, MM. Robert, vicaire, Blanchard, vicaire, et Garaud, curé, font beaucoup de baptêmes, sous condition, d'enfants nés depuis plusieurs mois et quelque fois depuis un an. Les registres sont signés par les prêtres de la paroisse ; de même les années suivantes jusqu'en 1796, sans qu'il n'y ait rien de particulier.

10 février. Commune de la Bruffière, chef-lieu de canton du même lieu. District de Montaigu, département de la Vendée.

Nous, soussignés, maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune de la Bruffière, sur la demande qui a été faite par le citoyen ci-après nommé, certifions sur l'attestation des citoyens Honoré Lavolenne, René Vinet, Pierre Bazin, Pierre Chaigneau, René Blouin, Antoine-Pierre Rigaudeau, Jean Fonteneau, Etienne Blanleil, tous domiciliés dans le canton de la Bruffière, qui est celui dans l'arrondissement duquel est la résidence du certifié,….. que le citoyen Athanase-Etienne Halloüin, ci-devant juge de paix de ce canton, âgé de 47 ans, la taille d'environ 5 pieds, les yeux bleus, les sourcils noirs, les cheveux noirs et gris, demeure actuellement à la Pénissière, maison appartenant au citoyen Athanase Halloüin, son père, âgé d'environ 80 ans, qu'il a résidé sans interruption depuis le 1er septembre 1791 jusqu'à ce jour, en foi de quoi nous avons livré le présent certificat, qui a été donné en présence du certifié et des huit citoyens certifiants, lesquels ne sont, à notre connaissance et suivant l'affirmation qu'ils ont faite, parens, alliés, fermiers, domestiques, créanciers, débiteurs ni agents dudit certifié, et ont lesdits certifié et certifiants signé sur le présent registre, à l'exception de Jean Fonteneau et Pierre Chaigneau, qui ont déclaré ne savoir écrire ni signer. Suivent les signatures et celle de J.-M. Enon, secrétaire-greffier.

24 février. - Henry Fétu donne sa démission d'officier municipal.

4 mars. - Certificat accordé par le maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune de la Bruffière à Catherine Servanteau, veuve de Jean-Philippe Devieux, comparante par Louise-Charlotte Devieux, sa fille majeure, fondée de procuration, attestant qu'elle réside et a résidé sans interruption depuis trois ans dans sa maison du Grand-Pin sauvage de la commune de Cugand.

10 mars. - Le conseil général de la commune de la Bruffière se réunit à l'effet de procéder à la nomination d'un officier public ; personne n'ayant voulu accepter laditte commission, les présents soussignés ont nommé, à la pluralité absolue des suffrages, le citoyen Pierre Barré, arpenteur, du bourg, qui a obtenu toutes les voix au nombre de cinq.

L'arrêté est signé :  Fr. Gaboriau.

                              Jean Girard, officier.

                              P. Gouraud, officier.

                              Jacq. Pairault, officier.

10 mars 1793, l'an 2 de la République française. - Jean Girard, officier municipal, donne ea démission, vu qu'il y a quatre ans et deux mois qu'il est en charge et est âgé de 65 ans et quatre mois passant.

Signé :  Jean Girard.

Le même jour, démission de François Gaboriau, Pierre Gouraud et Jean Pairault, qui se désistent tous de la charge d'officier municipal.

10 mars.- J. Guillaumé se désiste de la charge de notable de la paroisse.

11 mars. - Nomination de deux commissaires de chaque section de la commune, pour faire la matrice du rôle de la conttibution foncière, pour l'année 1791. Les commissaires nommés par voix de scrutin sont :

Pour la 1re section: Claude Girard, 21 voix sur 28 ; Jean Boutin, 15 sur 28.

Pour la 2e section : Charles Boutin, 17 voix ; P. Pavageau de la Rose-Fleurie, 10 sur 28.

Pour la 3e section : Math. Fonteneau de la Coindelière et Pineau du Recredy.

Pour la 4e section : Jean Drouët du Pouët et Fr. Gaborieau du Bordage.

Pour la 5e section : Nicolas Moreau de la Roullière et Jacq. Boisseau de Saint-Symphorien.

Pour la 6e section : Louis Blain du Bois-Viaud et René Gouraud de Chupeau.

Pour la 7e et dernière section : Etienne Blanlœil du Goulet et Fr. Chauveau de la Brelandière.

Nous devons mentionner ici un fait qui donne, à lui seul, la raison de toutes les démissions enregistrées ci-dessus, et qui explique le refus des habitants de se charger des fonctions municipales. La cause de ce refus ne venait pas seulement du grand malaise social qui se faisait alors sentir partout ; elle venait aussi en grande partie de l'antipathie générale que M. Servanteau, maire, avait su exciter contre lui.

Cet homme assez bien vu, dans le principe, à cause de sa famille et de certaines idées généreuses qu'on avait remarquées en lui, avait fini par mécontenter tout le monde. Approbateur et admirateur enthousiaste de toutes les folies révolutionnaires, il était craint et redouté des habitants dont la grande majorité était loin de partager ses idées. A l'esprit révolutionnaire il joignait aussi le mépris pour tout ce qui rappelait le culte catholique ; et, à ce point de vue, on ne lui avait pas pardonné sa mascarade du 14 juillet et son invasion sacrilège des églises Saint-Nicolas et Notre-Dame de Tiffauges, où il avait brisé les bancs seigneuriaux[7].

Plusieurs fois déjà, dans leur mécontentement, les habitants étaient allés le menacer jusque dans son château de l'Echasserie. Mais comme les larges douves qui entouraient son habitation ne leur permettaient pas d'atteindre sa personne, ils s'en dédommageaient en l'interpellant à haute voix, En sa qualité de successeur et d'héritier des Jay de Mianne, Servanteau était connu dans le peuple sous ce dernier nom. Aussi, pour le sommer de comparaître, les habitants criaient-ils autour de son château : "de Mianne. de Mianne, sors de ta tannière !" Servanteau se gardait bien de répondre à la sommation qui lui était faite, Un jour, cependant, le 12 mars 1793, les insurgés qui le considéraient comme traître, réussirent à envahir sa demeure ; et, après l'en avoir arraché de vive force, ils le conduisirent au bourg de la Bruffière où il fut mis à mort à coups de fusils et de baïonnettes, comme cela est rapporté dans le procès de Jeanne Garreau contre Yolande Baudry. La tradition raconte que ce fut au bas de la place, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'hôtel du Cheval Blanc.

La haine que cet homme avait su inspirer contre lui et contre le régime qu'il préconisait fut telle, que personne ne voulut lui succéder dans les fonctions de maire de la commune. C'est ce qui explique pourquoi, du 11 mars 1793 jusqu'au 12 avril 1795, il n'a été inscrit sur le Registre ni délibérations, ni arrêtés.

Nous allons profiter de cette interruption dans la Chronique paroissiale pour placer ici quelques notes sur la situation religieuse de la paroisse, à l'époque de la Révolution, et faire l'histoire des prêtres qui la desservaient.

En 1789, au moment où éclata la Révolution, la paroisse de la Bruffière était, comme de nos jours, une paroisse foncièrement chrétienne et, par suite, très attachée à ses devoirs religieux. L'État du diocèse de Nantes en 1790, publié par M. l'abbé Grégoire, contient, à ce point de vue, des renseignements précieux qui ont naturellement leur place ici et que nous citons textuellement, en corrigeant seulement deux erreurs de nom.

 

                  

 

LA BRUFFIÈRE EN 1790[8].

     

"Ecclesia Beatæ Mariæ et Stæ Radegundis de Brufferiâ." Cure Patron : Le Pape et l'Evêque alternativement. Population : 1800 communions.

Revenus : 2400 livres, le 6me des dîmes.

Charges : huit fondations à acquitter.

Titulaire : François Garaud, né à Vay, ex-vicaire de Vay, entré en possession du titre le 22 août 1782.[9]

Vicaires : Charles Robert, né à Riaillé, ordonné en 1780 et Bonaventure-Louis Blanchard, né à Cugand[10].

Eglise : elle est consacrée ; dédicace le dimanche précédent la fête de sainte Catherine.

Chapelles : 1° prioriale (de prieuré) et tréviale (de succursale) de Saint-Symphorien ;

2° Chapelle domestique de l'Echasserie.

Confréries : le Rosaire, érigé il y a environ 145 ans par les Jacobins de Nantes ; confrérie de sainte Catherine.

Trève (succursale) de Saint-Symphorien.

Population : 400 communions.

Vicaire desservant : Jean-Baptiste Trimoreau, né aux Touches, ordonné en 1757.

Prieuré de Saint-Symphorien O. S. A. dépendant de Geneston.

Titulaire : Louis Ravoise, chanoine de Geneston, qui a ce titre depuis 1785. - Patron : le Roi. Collateur : l'Evêque. - Revenus : 1000 livres. - Charges : 156 messes.

Chapellenies : Les Audureau, la Bretonnière, l'Echasserie, les Grands-Cléons[11], Notre-Dame de la Maisonnette, la Jarnigaudière, Saint-Antoine."

Les revenus indiqués ci-dessus sont ceux du recteur, qui jouissait de 2400 livres ; dans cette somme étaient comprises les dîmes dont il n'avait que le sixième. La fabrique avait, en plus, 80 livres de rente. Ce qui avait augmenté les ressources du recteur, c'est l'union de huit bénéfices à la rectorie ; mais il y avait la charge des desservances qui était considérable.

Les chapellenies avaient toutes des titulaires particuliers. Voici, d'après une note de M. l'abbé Grégoire, quels étaient, en 1790, les titulaires et les charges de ces bénéfices.

"1° Les Grands-Cléons, réunis aux Grands-Coubreniers[12], dans l'église de la Bruffière et dans celle de la Madeleine de Clisson.

Charges : 4 messes par semaine, dont une le dimanche. Patron : François Brin, de la Bruffière.

Titulaire (dernier), Jean-Baptiste Trimoreau, demeurant au bourg, nommé le 2 février 1786.

2° L'Echasserie (Sainte-Marguerite), desservie au château.

Charges : 30 messes. - Revenus modiques.

Patron : Aug. Servanteau, seigneur de l'Echasserie.

Titulaire : Jean-Baptiste Baudry, acolyte, demeurant au séminaire de la Rochelle, nommé le 17 février 1779.

Les Audureau, à l'autel Notre-Dame, dans l'église de la Bruffière.

Charges : 12 messes. – Revenus : 110 livres.

Patron : P. Pardieu.

Titulaire : Jean-Baptiste Trimoreau, nommé le 22 janvier 1776.

4° La Bretonnière, à l'autel de Notre-Dame.

Patron : J. David, recteur.

Titulaire : Jean Vinet, vicaire, nommé le 4 décembre 1770.

5° Saint-Antoine. – Charges : 24 messes.

Patron : le chevalier de Mornay.

Titulaire : E. Texier du Paty, clerc-tonsuré, au séminaire de Saint-Clément, à Nantes, nommé le 3 août 1767.

6° Notre-Dame de la Maisonnette, à l'autel Notre-Dame.

Patron : Nic. Nerrière.

Titulaire : Jacques Couraud, vicaire de la Guyonnière, nommé le 2 novembre 1765.

7° La Jarmgaudière ou Violain. – Charges : 1 messe.

Patron : le seigneur de Goulaine.

En plus : les chapellenies de François Richard, de Brossard, sans autres indications."

La plupart de ces bénéficiers n'habitaient pas la paroisse. Ils n'y paraissaient que dans certaines circonstances solennelles, par exemple, au moment des visites épiscopales, pour faire vérifier et contre-signer leurs titres par l'évêque.

Quant aux prêtres desservant la paroisse et y résidant, ils étaient, ainsi qu'on l'a dit plus haut, au nombre de quatre : MM. François Garaud, recteur, Charles Robert, et Bonaventure-Louis Blanchard, vicaires, et Jean-Baptiste Trimoreau, desservant le prieuré de Saint-Symphorien.

Voici quelques notes intéressantes recueillies sur chacun d'eux par M. l'abbé Eugène Charrieau, vicaire de la Bruffière et chapelain de Saint-Symphorien de 1865 à 1882, et actuellement curé de Fougeré.

"Pendant la tourmente révolutionnaire, la Bruffière eut le bonheur de conserver ses prêtres.

L'un deux, cependant, donna dans les idées du jour, et eut le malheur d'applaudir à la Révolution. Ce fut M. Robert. M. Robert était né à Riaillé, au diocèse de Nantes ; il arriva, comme vicaire à la Bruffière, au mois de février 1789, précisément dans les jours où éclatait sur la France l'orage révolutionnaire. L'année suivante, le 27 novembre 1790, paraissait la loi qui prescrivait à tous les prêtres le serment à la Constitution civile du clergé. M. Robert, paraît-il, ne fit nulle difficulté de prêter un serment que sa conscience désapprouvait ; et, quand ses confrères, pour sauver leur vie, abandonnèrent le presbytère et vinrent se cacher dans les villages, il demeura tranquille dans une maison qu'il avait achetée au centre du bourg. La paroisse de la Bruffière ressentit une peine profonde, en voyant la conduite de M. Robert : un mécontentement général se manifesta dans le public. Fort peu de gens voulurent avoir des relations avec lui ; on allait même jusqu'à éviter sa rencontre et personne n'assistait à la messe qu'il ne craignait pas de célébrer encore.

Mais, par bonheur, il ne demeura pas longtemps dans son égarement. Dieu, qui appelle les prêtres ses amis, lui dessilla les yeux et toucha son cœur ; sa conversion fut sincère. Bientôt, en effet, ce ne fut plus le même homme ; il abandonna ses idées sur la Révolution, rétracta ouvertement le serment qu'il avait fait à la Constitution civile du clergé, et, pour mettre ses jours en sûreté, quitta sa maison et vint, lui aussi, demander asile aux chaumières et aux champs de la paroisse. Un vieillard qui vit encore (1867) assure que M. Robert avait fait transporter un lit dans un champ de genêt, appelé le Pâtis-des-Vallées, non loin du village de la Grenotière ; et, pendant plusieurs semaines, il a couché dans ce lieu sous la garde et la serveillance du susdit vieillard qui n'était alors qu'un enfant de dix à douze ans. - Il célébrait la sainte messe tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre, de manière à procurer le bonheur de l'entendre à différents quartiers de la paroisse. Les villages où il la disait le plus souvent sont la Grenotière, les Grandes-Fontaines et la Thuaudière. Jusqu'à sa mort, il s'employa tout entier au salut des âmes ; mais l'époque précise de sa mort n'est pas connue[13]. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dans un temps où l'orage politique parut s'apaiser, il put revenir dans sa maison du bourg où il rendit son âme à Dieu dans les meilleurs sentiments. Il répara ainsi solennellement le scandale qu'il avait donné durant quelques jours à toute la population.

M. Garaud, recteur, était né à Vay, au diocèse de Nantes dont faisait partie la paroisse de la Bruffière. Il remplaça M. Julien Davy, né à Orvault, mort au mois de juillet 1782. M. Garaud a laissé les meilleurs souvenirs dans l'esprit de ceux qui l'ont connu et de ceux qui ont entendu parler de lui par les premiers. De l'aveu de tous, c'était un homme-agréable, spirituel, grand, fort, bien fait ; mais, par-dessus tout, c'était un prêtre saint et zélé, travaillant avec une ardeur infatigable à conduire son troupeau dans les voies du salut. Pendant quelque temps, il dut desservir, aidé de ses vicaires, la paroisse de Boussay, limitrophe de celle de la Bruffière, laquelle se trouvait sans prêtre.

M. Garaud ne vit pas, sans de vives inquiétudes, arriver la Révolution ; car il la détestait, l'abhorrait et gémissait de ses excès. On a vu plus haut quelle fut sa noble conduite, le 14 juillet 1791, lorsque M. Servanteau, maire de la commune, vint le prier de bénir le feu de joie qu'il avait fait élever sur la place publique pour fêter cet anniversaire. Son refus net et catégorique indique qu'il ne voulait transiger en rien avec les idées nouvelles et qu'il n'entendait pas compromettre sa conscience par un seul acte de faiblesse.

M. Garaud, disons nous, ne voulait pas de la Révolution, la Révolution ne voulut pas de lui non plus ; et, comme il avait refusé le serment à la constitution civile du Clergé, il fut chassé du presbytère qu'on offrit à l'instituteur, M. Hénon, pour en faire une maison d'école ; mais, par respect et par honneur, M. Hénon ne voulut pas accepter. Le pasteur n'abandonna point pour cela son cher troupeau ; aussi, loin de quitter le pays pour aller mettre ses jours en sûreté dans une contrée étrangère, il resta caché dans la paroisse, sans s'effrayer des rudes épreuves par lesquelles il lui faudrait passer. Il demanda donc asile à de vertueuses familles qui le reçurent avec un vif empressement.

Voyant son chef-lieu de paroisse occupé militairement et son église convertie en corps de garde, il voulut se choisir un endroit pour y célébrer les saints Mystères, rassembler ses paroissiens et continuer à leur procurer, autant que possible, les secours de son ministère. Son choix se fixa sur le village de la Grenotière, situé au centre de la paroisse et distant du bourg de quinze à dix-huit cents mètres. Ce lieu lui offrait d'autant plus de sécurité qu'à cette époque on aurait pu difficilement trouver un vrai chemin pour y aborder. Il fit donc préparer une grange que les gens du village ornèrent de leur mieux ; puis, on apporta du château de l'Échasserie une petite cloche qui fut placée dans un grand marronnier au milieu du village[14] ; et, les dimanches et les jours de fêtes, les pieux fidèles se réunissaient là, au son de la cloche, comme autrefois dans leur église paroissiale. Pareillement, pendant que les cloches de l'église étaient muettes, la petite cloche du marronnier sonnait discrètement l'Angelus, trois fois par jour, et invitait les fidèles à la prière. - C'était à la Grenotière que se faisaient, d'ordinaire, les principales cérémonies religieuses ; mais M. Garaud célébrait aussi ailleurs le saint sacrifice, comme à la Thuaudière, aux Grandes-Fontaines, à la Poinstière. Tous ces lieux, et d'autres encore, furent les témoins de son zèle infatigable.

M. Garaud ne vit pas la fin de la Révolution, et il ne rentra pas au presbytère d'où il avait été banni. Une bonne famille, la famille Baudry, l'accueillit au village de la Burelière, et se fit une vraie joie de lui donner l'hospitalité. Il y mourut, croit-on, d'une hydropisie. Son cercueil fut fait dans le bourg de la Bruffière. L'ouvrier qui l'emportait au village de la Burelière fut apostrophé, au milieu du bourg, par un soldat qui lui demanda pour qui était ce cercueil. - Pour un brigand de la basse paroisse qui vient de mourir, répondit l'ouvrier. - Passe, alors, reprit le soldat. Il passa, en effet, heureux d'en être quitte à si bon marché.

 Dans de semblables circonstances, il ne fallait pas songer à faire la sépulture de M. Garaud dans le cimetière de la Bruffière ; plusieurs s'y seraient compromis. Deux sacristains de Boussay vinrent enlever secrètement le corps pour le porter dans le cimetière de cette paroisse. On raconte que le corps était rendu au bord de la fosse préparée vite à l'avance ; quelques fidèles priaient pour ce prêtre qui avait passé en faisant le bien, et, dans un instant, le corps allait être descendu dans la tombe, lorsque soudain des cris se firent entendre : les Bleus, les Bleus ! Ce fut alors un sauve qui peut général ; on ne prit pas le temps de terminer la cérémonie, et le corps demeura au bord de la fosse. Bientôt on s'aperçut que c'était une fausse alerte ; et, au bout de quelques heures, plusieurs fidèles dévoués retournèrent et confièrent le corps à la terre. Il est à regretter qu'on ne puisse connaître l'endroit précis où fut déposé le corps de M. Garaud ; car on pourrait faire l'exhumation des ossements et leur donner une place d'honneur dans le cimetière de la Bruffière, au milieu de la population qu'il avait lui-même évangélisée[15].

M. Bonaventure-Louis Blanchard, vicaire de la Bruffière, était né à Cugand qui alors dépendait, comme la Bruffière, de l'évêché de Nantes. C'est en 1786 qu'il prit possession de son vicariat. On sait très peu de choses sur son compte. Une chose certaine, du moins, c'est que M. Blanchard n'accepta aucune des idées de la Révolution et resta fidèle à sa conscience de prêtre. Lui aussi fut chassé du presbytère paroissial. Le lieu qu'il choisit d'abord pour sa retraite ordinaire fut le village de la Poinstière, situé au sommet d'un des coteaux les plus élevés qui dominent la Sèvre ; mais sa cachette était si insalubre qu'il se vit forcé de l'échanger contre une meilleure ; et l'on ne s'en étonnera pas, quand on saura qu'il se cachait entre quatre murs qui semblaient n'en faire qu'un. Aucune ouverture n'y était pratiquée ; il y régnait une nuit continuelle et une humidité dangereuse. M. Blanchard se retira donc au château de la Grange qui joint le bourg de la Bruffière. Mais il n'y demeura pas longtemps, car il apprit bientôt que son asile était connu. Où aller ? Que devenir ? Sur les bords de la Sèvre, et dans la paroisse de la Bruffière, au pied d'un coteau à pic, est un village nommé Bapaume. Ce village semble s'abriter sous d'énormes rochers qui le dominent. Pendant quatre mois de l'année, les rayons du soleil n'y peuvent pénétrer, vu la hauteur des coteaux qui l'entourent. On y arrivait alors par des sentiers presque impraticables. C'est le lieu que se choisit M. Blanchard, espérant enfin y trouver repos et sécurité. La famille Naud lui fit le plus bienveillant accueil ; elle le logea du mieux qu'elle put, et il eut la facilité de célébrer la messe dans une chambre assez spacieuse, que l'on voit encore de nos jours, et sur un meuble qui a été conservé. Comme M. Garaud, M. Blanchard ne vit pas la fin de la Révolution et ne reparut pas au presbytère paroissial. C'est à Bapaume qu'il termina sa vie par une mort édifiante, vers la fin du siècle, entouré des soins de l'excellente famille qui lui avait donné asile[16].

Un mot nous reste à dire de M Jean-Baptiste Trimoreau, chargé de desservir le prieuré de Saint-Symphorien. M. Trimoreau avait été précédemment vicaire de la Bruffière, où il était arrivé dès 1757 ; il était originaire des Touches, diocèse de Nantes. A la mort de M. J. Ménard, chapelain de Saint-Symphorien, qui lui même avait remplacé M. J. Vinet, il fut envoyé pour desservir ce prieuré. Il jouissait en même temps du bénéfice des Audureau dans l'église de la Bruffière. Telles étaient ses modestes fonctions, quand éclata la Révolution. Au moment où la Vendée vaincue s'enfuyait vers la Loire, laissant derrière elle ses maisons fumantes et ses églises dévastées, une colonne incendiaire venant de Montaigu se dirigea sur Tiffauges et Cholet, mettant tout à feu et à sang sur son passage. Cette colonne, après avoir fait un affreux massacre dans un champ de genêt, déboucha à Saint-Symphorien. M. Trimoreau, dit la tradition, célébrait alors le Saint-Sacrifice. Instruit de l'approche des Bleus, il se hâta de terminer et s'enfuit précipitamment. Bien lui en prit, car, un instant après, le hameau, l'église et le prieuré étaient la proie des flammes. M. Trimoreau, suivi d'un certain nombre d'habitants du pays, alla rejoindre le corps de la grande armée vendéenne, qui opérait alors son fameux passage de la Loire, à Saint-Florent. Depuis lors, on n'a plus entendu parler de lui. On suppose qu'il a dû périr de la main des Bleus ou mourir de fatigue ou de privations, son grand âge ne lui permettant pas d'affronter longtemps les rigueurs de l'hiver à la suite de la grande armée."

Ici se termine la notice de M. l'abbé Charrieau.

Cette notice, très intéressante, demande à être complétée par celle de quelques autres prêtres originaires de la Bruffière.

Dès le mois de juillet 1790, Sébastien Girard, prêtre, effrayé sans doute de la tournure que prenaient les affaires publiques, avait abandonné son vicariat de Vertou et s'était retiré à la Bruffière ; mais il n'y fut pas plus en sûreté qu'à Vertou, car, deux ans après, le 15 juillet 1792, nous le trouvons prisonnier à Nantes, ainsi que le constate la note suivante : "Reçu de mon frère Claude Girard ce qui m'est et me sera dû jusqu'au 8 septembre prochain pour ma rente viagère... De plus lui ai cédé ce qui m'appartenait chez lui pour argent avancé pour vivre en ma captivité. A Nantes, le 15 juillet 1792. Signé : S. Girard, prêtre." Quelques jours après, mis à même d'opter entre la captivité et la déportation, il prit un passeport pour Bilbao et s'embarqua le 10 septembre à bord du Notre-Dame-de-Pitié. Il se fixa dans la Nouvelle-Castille, au diocèse de Tolède, où il séjourna une dizaine d'années. Son retour en France eut lieu le 18 prairial an X, par Saint-Nazaire. Trop âgé pour se charger d'une paroisse, il se retira à la Bruffière, où, depuis 1805 jusqu'à sa mort, qui arriva le 25 novembre 1809, il se fit l'auxiliaire de M. Dugast, curé. M. Sébastien Girard était né le 28 avril 1747 et avait rempli les fonctions de vicaire à Remouillé, de 1774 à 1779, à Teillé en 1780, à Héric, de 1781 à 1788, et à Vertou, de 1788 à 1790. Il jouissait du bénéfice de la Sauzais, en Treize-Septiers, qui lui rapportait 360 livres de rente.

René Valton, né à la Bruffière, au village de la Morinière, était vicaire de Carquefou en 1791. On croit qu'à l'exemple de M. Sébastien Girard, il se retira, lui aussi dans sa famille, en 1791 ou 1792. Plusieurs actes signés par lui, au registre paroissial, avec cette seule qualification "prêtre", le font du moins supposer. Quoi qu'il en soit, il fut arrêté pour refus de serment, emprisonné et déporté en Espagne, le 10 septembre 1792, en compagnie de M. Sébastien Girard, son compatriote. M. VaIton, qui était jeune, ne resta pas oisif au-delà des Pyrénées ; comme bon nombre d'autres, il se livra à un travail manuel et exerça le métier de tailleur pour gagner sa vie. Nous ignorons la date de sa rentrée en France ; mais nous savons qu'il fut curé de la Boissière-de-Montaigu, du 13 janvier 1804 au 5 octobre 1812 ; retiré alors à la Bruffière pendant 4 ans, il reprit du service en 1816, et administra la paroisse de la Rabatelière jusqu'en 1838, époque à laquelle il se démit de sa charge pour se retirer à Montaigu, où il mourut, le 18 octobre 1844. Il a laissé une grande réputation de sainteté ; on y visite son tombeau et on y dépose des ex-voto.

Jacques Nerrière, de la Bruffière, desservant de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, pendant la détention de M. Rolland, prit, lui aussi, la route de l'exil ; embarqué sur la Jeannette, au port de Nantes, le 15 novembre 1792, il fut dirigé sur l'Espagne, où il mourut en germinal, an X. Ordonné prêtre, le 18 décembre 1763, il avait été vicaire au Pellerin, puis curé de Treillières, de 1787 jusqu'au 13 juillet 1791, époque à laquelle il prit la desservance de Saint-Etienne-de-Mer-Morte, qu'il quitta le 15 avril 1792 pour se retirer à Nantes.

François Lavolaine, né à la Bruffière, le 29 septembre 1762, prêtre le 6 juin 1789, vicaire du Petit-Mars, la même année, prêta le serment, le 23 mars, avec son curé M. Gicquiau ; mais il le rétracta, le 17 avril suivant, et protesta contre l'élection de M. Minée, évêque constitutionnel de la Loire-Inférieure. Après avoir exercé, pendant quelque temps, son ministère dans les environs de Boussay, il y fut arrêté le 26 fructidor de l'an…… prêta le serment de fructidor et mourut curé du Petit-Mars le 15 janvier 1817. Il y était depuis 1803.

Jean Hervouet (ou Hervoit) né à la Bruffière le 5 juin 1718, frère lai dominicain, (profession du 29 juin 1740) déclara, en janvier 1791, qu'il voulait continuer la vie commune. Il fut arrêté à Nantes, le 28 août 1792, et remis de suite en liberté, n'étant ni prêtre, ni costumé en prêtre (Lallié - Diocèse de Nantes pendant la Révolution).

A la suite de ces noms de prêtres ou religieux restés fidèles à la cause de l'Eglise et du sacerdoce, l'histoire impartiale. doit mentionner celui de Baudry, Jean-Baptiste, que l'on croit être originaire de la Bruffière, et qui "abdiqua la prêtrise le 2 germinal an II", après avoir étudié, en qualité d'officier de santé, au temple de l'Humanité. "Il fut payé comme abdicataire." Dès 1779, avant même d'être prêtre, Baudry était titulaire du bénéfice de l'Échasserie; au commencement de la Révolution, il exerçait les fonctions de vicaire à la Pommeraye ; il devint ensuite, de 1791 à 1792, curé intrus de Saint-Fulgent. Les Vendéens le firent prisonnier le 10 mars 1793 ; il était alors âgé de 35 ans. (Lallié, Le diocèse de Nantes pendant la Révolution.)

Comme tout le bocage vendéen, la Bruffière eut beaucoup à souffrir des horreurs de la guerre. Cependant, après la mort tragique de Servanteau, il y régna, durant quelque temps, un calme relatif qui procura aux habitants une demi-sécurité très appréciable à cette époque. La grand'route de Poitiers à Nantes, qui venait d'être construite et qui passait par Torfou, sur la rive droite de la Sèvre, étant ordinairement suivie par les troupes républicaines, il en résulta que la Bruffière, située sur la rive gauche, ne reçut pas aussi souvent que d'autres paroisses la visite des Bleus.

Cependant, la grande majorité des hommes valides prit part à l'insurrection vendéenne. Entre tous ces braves, nous devons une mention particulière au vaillant capitaine de paroisse, nommé Richard, et à Brevet, cavalier, qui donna des preuves d'un courage presque sans exemple. Il fut un de ceux qui unirent leur fortune à celle de la fille Langevin (Renée Bordereau), et, lui cinquième, il mit en fuite cinquante républicains dans le bourg de Saint-Lézin. (Biographies inédites des Vendéens, par de la Fontenelle de Vaudoré.)

Le 13 mars 1793, dit Savary (Guerre des Vendéens et des Chouans, t. 1, p. 100-104), toutes les paroisses du district de Montaigu étaient en insurrection. A onze heures du matin, on vit arriver par les chemins de Tiffauges un rassemblement nombreux dont faisaient partie les hommes de la Bruffière. On ne leur opposa que 200 hommes de la garde-nationale. Au lieu dit le Petit-Sabot, à l'entrée de la ville de Montaigu, s'engagea une fusillade assez vive, sans être meurtrière : plusieurs patriotes y furent blessés. L'affaire, un instant suspendue, fut reprise à l'arrivée d'un renfort de 4 à 5,000 hommes venant par la route de Nantes. Avec eux, les insurgés pénétrèrent dans la vilIe et s'en emparèrent.

Les hommes de la Bruffière assistèrent aussi à la bataille de Torfou, qui se livra sur les limites de leur paroisse le 19 septembre 1793. D'après une tradition confirmée par le récit de plusieurs historiens, les Vendéens se préparèrent à ce combat en assistant à une messe qui fut dite à minuit par l'abbé Bernier sur l'une des hauteurs qui dominaient le camp, après laquelle l'officiant bénit un grand drapeau blanc, brodé d'une croix d'or et de trois fleurs de lis, et donna l'absolution à tous les combattants.

On croit que le lieu où fut célébrée cette messe est l'emplacement actuel du calvaire de Tiffauges ou les hauteurs de la Martinière et de la Pierre-Saint-Aubin, en la Bruffière.

Le Dieu des armées entendit les prières de ses fidèles et leur donna la victoire. La sanglante bataille de Torfou est trop connue de nos lecteurs pour que nous ayons à en faire le récit. Signalons seulement l'héroïsme des filles et des femmes de Tiffauges et des bourgs voisins qui, voyant leurs maris et leurs pères lâcher pied, au début de l'action, se précipitèrent au-devant d'eux, les ramenèrent au combat et "les conduisirent jusqu'au milieu du feu, en leur disant qu'elles valaient plus qu'eux et qu'elles n'avaient pas peur." (De Beauvais, après avoir cité ces paroles, dans ses Mémoires inédits, ajoute : Je l'ai vu de mes yeux, oculis vidi.)

La déroute des Mayençais fut complète. Le pont de Boussay, connu aujourd'hui sous le nom de pont de Chaudron, le seul qui, anciennement, reliait les deux paroisses de la Bruffière et de Boussay. devint alors le théâtre d'un acte d'héroïsme dont le souvenir a sa place marquée ici, Arrivé à ce passage, Kléber, voyant son armée anéantie, s'il ne cherchait, par quelque moyen, à protéger sa retraite, dit au commandant Chevardin : "Reste-là, à la tête du pont, et fais-toi tuer avec tes hommes." Chevardin obéit ; il fit placer sur le pont deux pièces de huit et se fit tuer à l'endroit désigné. Sa mort sauva l'armée.

Quelques jours après, le 5 octobre 1793, un autre combat fut livré près de Saint-Symphorien, sur le territoire même de la Bruffière ; mais il n'eut qu'une importance relative. Les Mayençais, qui avaient à cœur de venger leur défaite de Torfou, s'étaient retirés à Clisson, où ils avaient jeté 200 Vendéens dans le puits du château. Chassés de Clisson, ils ne tardèrent pas à y revenir et à marcher sur Montaigu, dont ils s'emparèrent. Puis ils prirent la direction de Tiffauges pour en déloger le corps de troupes royalistes qui s'y trouvait. Bonchamps, abandonné à ses propres forces depuis que les généraux Vendéens avaient regagné leurs cantonnements respectifs, crut néanmoins qu'il fallait faire acte de présence et s'opposer à la marche des Mayençais. Il se porta à leur rencontre jusqu'au bourg de Saint-Symphorien avec un peu moins de 8,000 hommes. Le combat dura deux heures. Kléber, qu'il avait en face, commandait à des troupes supérieures en nombre ; aussi Bonchamps fut-il obligé de se retirer avec perte de deux pièces de canon, de 3 a 400 hommes et d'un de ses officiers. (Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire ; - Beauchamps, Histoire de la guerre de Vendée et des Chouans.)

Kléber célébra sa victoire en mettant le feu au château de l'Echasserie.

Au lendemain de cette bataille, et avant de quitter Tiffauges, le généralissime chargea un de ses officiers, Bertrand Poirier de Beauvais, de faire une reconnaissance sur le théâtre du combat, pour savoir s'il devait rester à Tiffauges ou évacuer la place. Voici comment cet officier a rendu compte de sa mission, dans ses Mémoires, qui ont été publiés récemment par la comtesse de la Bouëre :

"Je pris une trentaine de cavaliers braves et des mieux montés" à peu près autant de fantassins, tous jeunes gens sur lesquels je pouvais compter au cas d'une rencontre.

Le pays que j'allais parcourir étant très couvert, je crus devoir prendre plus de précautions qu'à l'ordinaire, pour conduire à bonne fin la mission dont j'étais chargé.

Les cavaliers, que j'avais détachés en avant, dans la campagne, me dirent que, de Tiffauges à Saint-Symphorien, distance de deux lieues, ils avaient trouvé quelques personnes, mais aucune n'avait pu donner connaissance de l'ennemi.

Arrivés à Saint-Symphorien, le bourg était encore en feu, et je vis quelques habitants occupés à ravir aux flammes le peu d'objets qui n'étaient pas encore consumés.

Après avoir dépassé ce bourg, à une demi-lieue, nous commençâmes à découvrir les traces de quelques chevaux, mais déjà anciennes; il nous sembla entendre des bruits de tambours éloignés, et sur différents points. Tout le pays que nous parcourions, naguère si vivant, ressemblait alors à une vaste solitude ; de gros tourbillons de fumée et de feu annonçaient seulement ces habitations, autrefois l'asile paisible du bonheur, aux environs desquelles erraient des troupeaux de toutes les espèces qui garnissent les fermes Leurs cris plaintifs, qui peignaient leur inquiétude, ajoutaient encore une sorte d'horreur à ces lieux.

Ici, sur les décombres fumants, des chiens dont les hurlements lamentables déchiraient l'âme par l'idée des malheurs arrivés à leurs maîtres… Là, sur un tertre, et devant des maisons encore embrasées, des vaches, par leurs mugissements répétés, appelaient celles qui leur donnaient des soins ; des troupeaux cherchaient inutilement Ieurs bergères... Dans les champs, les chemins, tous ces animaux fuyaient à droite et à gauche, comme s'ils avaient été continuellement poursuivis, annonçant ainsi les regrets de leur domesticité perdue et l'embarras que leur causait cette liberté illimitée.....

Depuis que nous avions quitté Saint-Symphorien, nous n'avions pas rencontré figure humaine ; nous avancions en tâtant le terrain de tous côtés, écoutant le plus attentivement possible, sans rien découvrir, amis ou ennemis.

Un mille avant d'arriver à Treize-Septiers, distant de quatre lieues de Tiffauges, j'embusquai mes fantassins dans un endroit d'où ils pouvaient me voir arriver d'un peu loin et nous juger. Ensuite j'avançai avec mes cavaliers....
A notre arrivée à Treize-Septiers, nous n'y trouvâmes personne, qu'un malheureux paysan tué sur la place. Le bourg brûlait de toutes parts.

Après l'avoir fouillé, nous nous portâmes encore en avant, et, à quelque distance, près d'un moulin à vent, nous rencontrâmes des cavaliers ennemis qui prirent la fuite devant nous…. L'armée républicaine ne pouvait être loin ; j'en fus, du reste, averti par le bruit des tambours à Montaigu, dont nous distinguions parfaitement les sons.

Je retournai donc sur mes pas, et quand j'arrivai à la hauteur dn château d'Asson, un des plus beaux de la Vendée. J'y fus pour voir si je pourrais arrêter l'incendie : il n'y avait plus moyen ; le feu avait d'abord été mis aux toits (c'était leur manière), lesquels étaient déjà effondrés, et les flammes gagnaient ainsi le reste du château. L'ameublement était recherché ; j'en fis mettre dans le jardin le plus qu'il était possible et me retirai.

Sur le compte que je rendis au général d'Elbée de ma reconnaissance, l'armée décampa dès le lendemain matin".

(Bertrand Poirier de Beauvais. - Mémoires inédits, p. 134-139.)

On voit, par cette note détaillée et très intéressante, qu'elle était la désolation du pays au mois d'octobre 1793. Cette date est pour la Bruffière la vraie date des massacres et des incendies qui dépeuplèrent et ruinèrent son territoire.

Cependant, une fois l'ennemi éloigné, les habitants ne perdirent pas courage ; ils revinrent à leurs maisons incendiées, qu'ils réparèrent de leur mieux, et recommencèrent leurs travaux des champs. Aussi, deux ans après, le pays avait-il repris son aspect ordinaire, lorsqu'il fut de nouveau le théâtre d'une rencontre entre les armées vendéennes et républicaines.

C'était le 2 janvier 1796. Dans la nuit qui avait précédé, Charette avait attaqué et repoussé une colonne ennemie près d'Aigrefeuille, mais atteint bientôt par de nouveaux renforts, il se replia sur la Bruffière, où il comptait trouver quelques instants de repos. "On se mit en marche, dit Lucas Championnière, et on arriva à la Bruffière, après avoir essayé un petit combat près le chemin de Montaigu, où nous eûmes du désavantage. Cet échec ne nous rendit pas plus prudents. Nous trouvâmes à la Bruffière des maisons non incendiées, des ménages rétablis et des denrées de toute espèce dont nous manquions absolument. Nous crûmes être sur une terre paisible et nous nous livrâmes avec la plus grande sécurité aux douceurs du repos. Cependant les républicains ne nous perdaient pas de vue ; pendant la nuit, ils vinrent cerner le bourg, Heureusement pour nous, une colonne avança plus vite que les autres et nous nous sauvâmes du côté opposé ; mais nous retombâmes bientôt dans l'embuscade des deux autres. Jamais déroute ne fut plus complète. La cavalerie se sauva en franchissant les fossés, et nous marchâmes toute la journée et une partie de la nuit dans un pays qui nous était inconnu, avant de pouvoir nous réunir."

(Lucas Championnière, Souvenirs des guerres de Vendée, manuscrits.)

A cette époque, Charette touchait à la fin de son épopée militaire ; les hommes refusaient de le suivre, et presque partout des traitres, gagnés par l'or et les promesses des républicains, signalaient aux Bleus ses moindres mouvements, Il parait qu'il en fut ainsi à la Bruffière. Le fait est qu'il y était à peine installé que Travot arriva et tomba à l'improviste sur les Vendéens harassés. M, de Brem, dans son Histoire populaire des guerres de la Vendée, dit que c'en était fait de l'armée royaliste si Charette, par un dernier effort, ne se fût fait jour à travers les colonnes de Travot et n'eût réussi à gagner les Landes-Genusson.

L'armée de Travot ne séjourna pas à la Bruffière ; aussi, après son départ, les habitants reprirent tranquillement leurs occupations et purent goûter les avantages d'une paix qui, sans être entière, leur permettait néanmoins de vaquer à leurs affaires et de remplir leurs devoirs religieux. Nous en avons la preuve dans les procès verbaux des assemblées des habitants, qui, dès le mois d'avril 1795, commencèrent à se tenir comme par le passé.

Le registre des délibérations, interrompu depuis le 11 mars 1793, nous offre, en effet, à la date du 12 avril 1795, une première délibération. Désormais, c'est avec cette Chronique que nous allons reprendre le récit des faits.

12 avril 1795. - L'assemblée générale des habitants de la paroisse, convoquée au prône de la messe, se réunit au lieu accoutumé. Sont nommés d'une voix unanime, délibérants, Claude Girard, Antoine Badreau et Pierre Bazin, dans le bourg, et François Ancelin, pour Saint-Symphorien. Pour la basse paroisse, Joseph Martin, P. Gouraud, Etienne Martin, Math. Audureau, et pour la haute, Math. Brochard, P. Fradin, J. Drouet et Valton.

27 décembre. - L'assemblée générale des habitants de la paroisse, convoquée légalement au prône de la grande messe paroissiale, nomme des délibérants pour maintenir le bon ordre dans la paroisse. Sont nommés : Pierre Bazin., Gabriel Boutin de la Grange et Pierre Papin, les trois pour le bourg ; P. Gouraud du Charpre, Joseph Martin du Pontereau, Louis Blain du Bois-Viaud, Jean Barbaud du Chêne et Etienne Audureau de Saint-Père, pour la basse paroisse, et pour la haute paroisse, Jean Bousseau de la Collardière, Jean Barbaud du Plessis, Jean Charbonneau.

1796, 22 mai. - Assemblée générale des habitants de la paroisse, convoquée le dimanche précédent au prône de la messe. Jean Richard et Pierre Papin, fabriqueurs, représentent qu'il est nécessaire de faire parachever la charpente de l'église. Claude Girard et Honoré Lavolenne, du bourg, et Pierre Fradin des Fontaines, sont autorisés à faire marché avec les ouvriers et à surveiller le travail.

6 novembre. - Assemblée générale des habitants convoquée au prône. Jean Richard et P. Papin, fabriqueurs, représentent qu'il est très nécessaire et urgent de faire une pension pour M. le curé et son vicaire. Les habitants sont d'avis que M. le curé et M. Robert, son vicaire, aient une pension et une somme d'argent pour chacun an. En conséquence, il est entendu qu'on donnera à M. le curé 1200 livres payables en deux termes égaux, la moitié au mois de mars prochain et l'autre moitié six mois après, et ainsi pour continuer. Et pour M. Robert 900 livres, payables la moitié au mois de mars et l'autre moitié six mois après.

28 décembre, - Assemblée générale de la paroisse. J. Richard et Pierre Papin, fabriqueurs, représentent qu'il est d'usage de changer les fabriqueurs et six délibérants. Sont nommés fabriqueurs : Gabriel Boutin, tisserand de la Grange et Etienne Martin, de Chez-Libaud ; délibérants : Julien Blanleuil, Fr. Ancelin, René Durand, Mathurin Gouraud, Augustin Gouraud et P. Gouraud.

28 décembre.- Pierre Papin et J. Richard, fabriqueurs de ladite année, remettent à Gabriel Boutin et à Etienne Martin, fabriqueurs pour l'année 1797, les ornements qui suivent : 1° Deux croix d'argent, un encensoir d'argent avec sa navette, deux chandeliers de cuivre, quatre nappes d'autel, une petite nappe de sainte-table, huit lavabo, huit vases et douze bouquets, et autres ornements servant à l'église ; plus deux bannières, une blanche et une verte, deux devants d'autel, le pied de la croix d'argent, quatorze tours d'étoles, deux rochets, six aubes tant bonnes que mauvaises, deux draps mortuaires, une garniture de mousseline et une garniture de dentelle, une toilette, desquels objets lesdits Gabriel Boutin et Etienne Martin se sont chargés, pour en rendre compte à leur sortie.

1797, 15 janvier. - En assemblée générale des habitants de la paroisse convoqués au prône de la messe. Gabriel Boutin et Etienne Martin, fabriqueurs, représentent qu'il est nécessaire et urgent de nommer des collecteurs pour ramasser le rôle concernant le paiement des prêtres de la paroisse. Sont nommés collecteurs : Pierre Gouraud de Chez-Mouillé, Gaborieau de la Nerrière, qui doivent commencer à ramasser le rôle au 1er mars pour en faire le premier paiement, et ensuite le deuxième paiement au 1er octobre. Les collecteurs seront tenus d'apporter l'argent dans la sacristie, lieu ordinaire des assemblées, et d'en retirer quittance.

12 février. - En l'assemblée générale des habitants..... Gabriel Boutin et Etienne Martin, fabriqueurs, représentent qu'il faut accepter les comptes rendus par les anciens fabriqueurs. Les délibérants acceptent ledit compte, qui se monte à 24 livres. Les fabriqueurs actuels se chargent de ladite somme, pour en rendre compte à leur sortie.

30 avril. - En l'assemblée générale des habitants et délibérants….. Gabriel Boutin et Etienne Martin, fabriqueurs, représentent au général qu'il était nécessaire de finir de construire et raccommoder le bas de l'église et de faire une somme, prise sur tous les habitants….. Un rôle sera fait et réparti sur tous les habitants pour une somme de 1205 livres. A cet effet, on nomme des égailleurs pour égailler le rôle, qui sont Pierre Bazin et Honoré Lavolenne pour le bourg, François Chauveau de la Brelandière, Joseph Martin de Chez-Libaud, Mathurin Audureau de Saint-Père pour la basse paroisse ; pour la haute, Antoine Loizeau du Bois-Potet, Julien Pineau de la Nerrière, Pierre Richard du Châtelier, et, pour Saint-Symphorien, Pierre Pasquereau, lesquels se trouveront mardi, 9 du mois de mai, sur les six heures du matin, sous la gallerie du cimetière pour égailler ledit rôle. Sont nommés pour amasser ledit rôle, Nicolas Mounier du Châtelier et Jean Martin de la Burelière.

Dans la même séance, il est décidé de crier le four banal et d'en donner ferme au dernier enchérisseur pour trois années.

Depuis le 10 avril 1797 jusqu'au 10 décembre 1799, il n'y a sur le registre aucune délibération.

1799, 30 décembre.- Gabriel Boutin et Etienne Martin, fabriqueurs depuis trois ans, remettent à P. Gouraud et M. Gouraud, fabriqueurs pour l'année 1800, les ornements qui suivent : Deux croix d'argent, deux encensoirs d'argent, etc. etc. comme au 28 décembre 1796. (Voir plus haut.)

1800, 2 février. - Gabriel Boutin et Etienne Martin, fabriqueurs dans les années 1797, 1798 et 1799, rendent leurs comptes : recette, 83 livres 7 sols ; dépenses 59 livres 18 sols 6 deniers ; excédant, 23. livres 8 sols 6 deniers.

19 octobre. - Trois feuillets du registre sont perdus, 89, 90, 91.

En 1800, M. Dugast signe : Dugast, desservant de la Bruflière.

A la fin de juillet 1803 : Dugast, prêtre, vicaire.

En 1801, sur la demande des fabriqueurs, un marché est fait avec Loiseau, charpentier, pour la construction du chœur de l'église, et deux paroissiens choisis pour demander des charrettes pour le transport des matériaux.

4 octobre. - Sébastien Badreau et Pierre Plessy, fabriqueurs, représentent qu'il est urgent de faire de nouveaux bancs ; les délibérants appuient leur demande et décident que des bancs seront faits, criés et mis aux enchères. Tous les bancs du bas de l'église seront mis à l'alignement comme étaient les anciens, et seront chacun de quatre places.

20 décembre. - Sébastien Badreau et Pierre Plessy représentent à l'assemblée générale qu'il est d'usage de nommer des fabriqueurs et délibérants en leurs lieux et places, ayant fini leurs années. Sont nommés fabriqueurs : Honoré Lavolenne, du bourg, et Jean Charbonneau, du Châtelier. Les nouveaux délibérants sont : Gabriel Boutin, de la Grange ; Jean Richard, du Grand-Tail ; Claude Girard, du bourg ; Etienne Martin, de Chez-Libaud ; Jean Fonteneau, de la Grenotière ; Jean Drouet, du Pouët.

Règlement pour les places de bancs. Ceux qui auront refusé de payer pour les réparations de l'église perdent leurs places. Ceux dont les bancs seront déplacés pour la construction des deux petits autels obtiendront des fabriqueurs d'autres places.

Il n'y aura que les enfants qui pourront hériter des bancs de leurs père et mère.

Ceux qui sortiront de la paroisse perdront leurs places.

Chacun aura droit de vendre son banc, mais non l'emplacement.

Les bancs de MM. feu Amoureuse de Vernusson, de l'Echasserie, et de Mme de la Touche, ne pouvant être réclamés, seront criés et adjugés.

29 décembre.- Les fabriqueurs remettent à leurs successeurs, Honoré Lavolenne et J. Charbonneau, les ornements de la sacristie, savoir : deux croix d'argent, un encensoir d'argent, etc.

M. Boisselier, prêtre, fait un baptême.

1802, 3 janvier. - H. Lavolenne et J. Charbonneau, fabriqueurs. Les délibérants approuvent le règlement des bancs fait le 20 décembre dernier. On décide que le marché pour la façon des bancs sera crié au rabais, afin de n'avoir affaire qu'à un seul ouvrier.

31 janvier. - Les fabriqueurs représentent qu'il est urgent de nommer un sacristain ; les délibérants nomment Mathurin Bousseau, de la Grange, lequel continuera sa charge comme à l'ordinaire, sans qu'il soit tenu d'en payer aucun argent jusqu'à nouvel ordre.

7 mars. - Les anciens fabriqueurs Sébastien Badreau et P. Plessy, de Chupeau, rendent leur compte : recette, 3176 livres 17 sols 9 deniers ; dépense, 3142 livres 19 sols ; excédent, 33 livres 18 sols 9 deniers.

25 avril. - Les fabriqueurs représentent qu'il est urgent de changer la croix d'argent et de la faire raccommoder. Ils sont autorisés d'aller à Nantes pour faire le marché.

18 juillet. - Les places de bancs qui ont un appui sont taxées à 15 sols, et celles qui n'en ont point à 10 sols.

Les fabriqueurs sont autorisés à faire faire les stalles et un autel et autres réparations qu'ils jugeront à propos.

10 octobre.- Délibération concernant le légat de défunt M. Boizard, situé au village de la Grande-Bretonnière, dont le revenu payé par Jean Hervouet est fixé à 80 francs.

26 décembre.- Nomination des nouveaux fabriqueurs et des délibérants pour 1803. Joseph Girard, menuisier, et Jean Nerrière, de la Cailletière, fabriqueurs. Délibérants : P. Gouraud, du Charpre ; Julien Blanlœil ; Pierre Fradin ; Pierre Plessy, de Chupeau ; Charles Baudry, de la Pierre-Saint-Aubin ; François Ancelin, de Saint-Symphorien.

1803. François Adrien, desservant.

François Adrien avait été curé de Vendrennes avant la Révolution ; il fut desservant de la paroisse de la Bruffière jusqu'au 16 mai 1805, jour de sa sépulture. Joseph Dugast, qui la desservait seul comme vicaire depuis 1800 au moins, fut son vicaire.

29 décembre. - Jos. Girard et J. Nerrière remettent les objets de la sacristie à leurs successeurs pour 1804, lesquels sont au nombre de trois : Pierre Papin ; Pierre Plessy, de Chupeau, et J. Charbonneau, du ChâteIier.

30 septembre. - Baptême de Stelle-Virginie Henri, fille de Augustin Henri et de Françoise Chon. Parrain, Charles Baudry-d'Asson, marraine, Perrine Chon.

Signé : Charles Baudry-d'Asson. de Puiravan. Perrine Chon. Dugast, vicaire.

Depuis le 19 novembre, les registres contiennent les actes de mariage et de sépulture.

29 décembre 1804. - Pierre Papin, du bourg, Pierre Plessy, de Chupeau, et Jean Charbonneau, fabriqueurs, remettent à Jean Baron, tailleur d'habits, du bourg, René Belliard. de la Tuaudière, et Pierre Lucas, de l'Echasserie, fabriqueurs pour 1805, les ornements. etc.

1805, 16 mai. - Sépulture de François-Adrien, ex-curé de Vendrennes et desservant de cette paroisse, âgé de 66 ans, en présence de François Brochet et de Charles Adrien, son neveu.

Signé : Dugast, desservant.

1805. Joseph Dugast, desservant.

Joseph Dugast était fils de Jean Dugast et de Marie Fugieau, de la paroisse de VieiIlevigne. Il desservit la paroisse de la Bruffière pendant vingt-huit ans, comme curé, après l'avoir desservie comme vicaire pendant cinq ans au moins. Atteint de la goutte, il donna sa démission dans le mois de novembre 1833 ; il mourut peu de temps après et fut enterré dans le cimetière, auprès de l'église, le 4 janvier 1834.

Le 23 septembre 1805, le registre porte la signature de Sébastien Girard, prêtre, qui aide M. Dugast.

12 novembre. - Mariage de Honoré Lavolenne et de Marie-Anne Adrien, tous deux de la paroisse. Témoins : Jean Fonteneau, oncle, et Jean-Baptiste Fonteneau, parent de l'époux ; Louis Adrien, frère de l'épouse, et Joseph Guédon, oncle.

Signé : J. Fonteneau. Jos. Guédon. J.-B. Fonte-neau. Guyet. Adrien. F. Lavolenne, prêtre desservant la succursale du Petit-Mars, diocèse de Nantes.

31 décembre 1806. - Jean Baron, Pierre Lucas et René BeIliard remettent les ornements de l'église à Pierre Duret, du bourg, Jean Limouzin, de la Guignardière, et Jean Pavageau, de GrandviIliers, fabriqueurs pour 1806.

23 novembre 1806. - Baptême de Joseph Girard, fils de Pierre-Paul Girard, serrurier, et de Marie-Victoire Charrier. Parrain et marraine : Joseph-René Brin, oncle maternel, Madeleine-Rosalie Guénée, femme du parrain, par procureur.

Signé : S. Girard, prêtre, grand-oncle. P. Girard, père de l'enfant.

29 décembre.- Pierre Duret, J. Limouzin et J. Pavageau remettent les ornements à François Chaigneau, du bourg, Mathurin Jacq. Gouraud, de la Morinière, et Jean Bitôt, de Chez-Méchineau, fabriqueurs pour 1807.

1806, 10 février - Joseph Dugast, curé, marguilliers Pierre Duret, Jean Pavageau et Jean Limouzin. Marché fait avec M. Girard, menuisier à Tiffauges, pour le grand autel et son marchepied, avec la peinture, pour la somme de 527 francs.

23 juin. - Marché avec le sieur Girard, menuisier à Tiffauges, pour faire et fournir le tabernacle solide et bien peint, sur la forme de l'ancien, pour 450 francs.

24 décembre. - Marché passé avec le sieur Philippe Nicoleau, couvreur, de Clisson, pour entretenir la couverture du chœur de l'église, la main-d'œuvre seulement pour 21 francs chaque année, marché passé pour 5 ans.

1807, 10 mai. - Marché fait avec le sieur Girard, menuisier à Tiffauges, pour une chaire et l'escalier ; 360 francs.

13 août. -Baptême de Joseph-Constant Girard, fils de Joseph Girard, menuisier, et de Modeste Rigaudeau. Parrain, Esprit-Marie-Constant Rigaudeau, oncle ; marraine, Adélaïde Rigaudeau, tante.

Signé : Adélaïde Rigaudeau. Constant Rigaudeau, jeune. Girard, prêtre.

Quelques années après, Joseph Girard se transporte à Tiffauges, et avec son frère commence la fabrique à papier.

5 juillet. - Vente de quelques places de bancs vacantes. Selon l'usage, les marguilliers en charge prennent chacun une place de banc gratis, à raison des peines qu'ils se donnent.

Les marguilliers, pour cette année, sont : Mathurin Gouraud, de la Morinière, et François Chaigneau.

24 novembre. - Mariage de Claude Girard, tanneur, fils de Claude Girard et de défunte Françoise Bouët, et Claire-Jeanne Brin, fille de Jean Brin et de Jeanne Bouyer, de la paroisse de Torfou.

Signé : Cl. Girard. Jean Brin. Cl. Girard. Claire-J. Brin. François Girard. Françoise Brin. Ant. Badreau. J. Bouver, desservant de Saint-Lumine. L.-J. Goguet-Boishéraud. S. Girard, prêtre.

27 décembre. - Nomination des marguilliers : Joseph Augereau, du bourg, Jacques Launay, de la Grande-Roulière, René Durand, de Chez-Bonnin.

1808, 26 octobre. - A été donnée la bénédiction à deux cloches par M. de Buor, curé de Montaigu. La plus grosse est nommée Armande. Le parrain a été Louis-Armand-Michel-Marie Joussaume de la Bretesche, représenté par M. Louis Denis. La marraine a été Prudence le Boteüc de Coessal, veuve de Louis-Constantin Joussaume de la Bretesche, représentée par Mme Armande Lami, veuve Douillard. L'autre est nommé Françoise ; le parrain a été François-Alexis Bernard de…….. sous-préfet de l'arrondissement de Montaigu ; la marraine a été Claudine-Françoise-Félicité Paris de Soulange, qui n'ont signé.

Signé : Dugast, desservant.

28 décembre. - Nouveaux marguilliers : François Petit, maçon du bourg, Fr. Poirier, de la Nerrière, Pierre Gouraud, de Chez-Mouillé.

26 novembre. - Sépulture, dans le cimetière de ce lieu, de Sébastien Girard, prêtre, âgé de 63 ans, décédé dans ce bourg, en présence de Paul Girard, de Joseph Girard, Antoine Badreau, ses neveux.

Signé : P. Girard, J. Girard,

                                                                               Dugast, deservant.

27 décembre. - Marguilliers : Ant. Badreau, tailleur de pierres, du bourg, P. Richard, René Blain.

1811. - Conformément au décret de Napoléon, du 30 décembre 1809, sur les fabriques, cinq membres furent nommés par le préfet du département et par l'évêque de la Rochelle, pour faire partie du Conseil de Fabrique, ce furent Pierre-Paul Girard, Joseph Boutin, Mathurin Gouraud, Julien Jauffrineau et René Drouet, lesquels se réunissent à la sacristie avec M. Dugast, curé de la susdite commune, pour choisir ceux qui doivent faire partie du bureau ; sont choisis : Joseph Boutin, René Drouet et Julien Jauffrineau.

Le 1er avril, les membres du bureau reçoivent les ornements.

Le 1er dimanche de juillet, M. le curé recommande au sieur Antoine Badreau de mettre plus d'ordre dans les comptes.

Le 2e dimanche, Antoine Badreau présente ses comptes.

1812, 1er dimanche de janvier - Achat de livres de chant suivant le rite parisien, et deux lutrins en fer.

Achat d'une statue de sainte Radegonde.

Deux fournitures de seigle sont allouées à Pierre-Paul Girard, pour enseigner le chant aux jeunes gens et pour chanter les dimanches et fêtes.

1er dimanche d'avril. - Joseph Boutin, René Duret, Julien Jauffrineau donnent leur démission de marguilliers et nomment, pour les remplacer, Fr. Ancelin, de Saint-Symphorien, Jacques Martin, de Saint-Père, et Maurice Richard, du Tail.

Le conseil, voulant traiter avec M. Valton, retiré à la Bruffière, pour qu'il se charge de dire la messe le dimanche, lui accorde 300 fr.

1814, 1er dimanche d'avril. - Le conseil de Fabrique choisit pour marguilliers, Claude Girard, du bourg, Jean Martin, de la Brelandière, Louis Pineau, de la Batardière. Claude Girard est nommé trésorier.

1817, 1er dimanche de janvier. - M. le curé, président du conseil, propose : 1° d'organiser un bureau de charité ; 2° de faire rentrer les rentes qui n'étaient pas payées, entre autres celle de 150 livres, hypothéquée sur le château de l'Échasserie, et celle de 50 livres, hypothéquée sur la Grange. Copie de la délibération est envoyée au Préfet.

1er dimanche d'avril. - Sont nommés marguilliers : François Gilot, du bourg, Pierre Audureau, de Saint-Père, et Julien Hervouet, de la Grande-Bretonnière.

14 septembre. - M. René Robin est nommé vicaire ; c'est le premier vicaire qu'ait eu M. Dugast. M. René Robin est resté à la Bruffière jusqu'au mois de décembre 1820 ; il fut alors nommé curé des Landes-Genusson, où il est mort le 25 juin 1875.

1818, 1er dimanche d'avril. - Marguilliers : Jean Augereau, de la Chobletterie, Pierre Sionneau, du Tail, Pierre Chéneau, de la Rose-Fleurie.

1819, 1er dimanche d'avril. – Marguilliers : Etienne Baron, du bourg, P. Auvinet, du Bois-Viaud, Fr. Boudaud, du Plessis.

1er dimanche d'octobre. - M. le curé propose de faire lambrisser le bas de l'église.

23 novembre. - Baptême de Marie-Edmond-Raoul des Moullières, fils d'Alexis-Aimé Moreau des Moullières, et de Adélaïde-Rose-Victoire de Lucqueray de Valmenière, ondoyé à Saint-Nicolas de Nantes par le curé, le 13 mars[17].

Signé :             de Vieux,

            Moreau des Moullières,

            Dugast, desservant.

1820, 1er  dimanche d'avril. - Sont nommés marguilliers : André Chaigneau, du bourg, René Minaud, du Recredy, Etienne Limousin.

Mme veuve Moreau des Moullières demande et obtient la permission de faire faire un banc de cinq ou six places. Ce banc était sous le clocher en face de l'autel de la sainte Vierge. Elle payait 30 fr. par an.

Sébastien Badreau, de Tiffauges, et Joseph Ogereau, son beau-frère, franchissent la rente de 17 livres qu'ils devaient à la fabrique sur leur maison de la Rouère, pour la somme de 360 fr.

1821, mois de janvier. - M. Poirier vicaire.

20 février. - Mariage de Sébastien Girard, tanneur, avec Céleste Baudry.

1er dimanche d'avril. - Sont choisis, pour marguilliers : René Augéreau, du bourg, Joseph Breté, de l'Échasserie, et Fr. Ogereau, de Saint-Père.

1er dimanche de juillet. Une délibération est prise pour la fonte de trois cloches devant remplacer les deux anciennes qui étaient cassées.

Les trois cloches ont été fondues sur la place par Thomas, Henry, au mois d'octobre suivant. La grosse pèse 1.236 livres, la moyenne 900 et la petite 600.

Voici les inscriptions que portent ces trois cloches :

La grosse : 1821. Nommée Marie-Rosalie par M. Louis-François Richard, de la Vergne, et par Marie-Geneviève Poupard, son épouse, propriétaires à l'Échasserie. M. Dugast, curé ; Pierre Duret, maire ; M. Enon, adjoint ; R. Ogereau ; E. Ogereau ; J. Breté, fabriqueurs.

La moyenne : 1821. Nommée Marie-Rose par M. René-Marie-Benjamin Pellerin, médecin à Nantes, et par Marie-Rose-Madeleine Richard, son épouse. Dugast, prêtre ; L. Poirier, vicaire ; P. Duret, maire.

La petite : 1821. J'ai été nommée Louise par M. J. Dugast, curé. et Louise Valton, épouse de M. Gouraud, en présence de M. P. Duret, maire.[18]

La toiture en ardoise du clocher n'étant pas faite, les cloches furent placées à l'étage en-dessous, occupé par l'horloge, jusqu'en 1825.

1822, 1er dimanche de janvier. Compte de M. André Chaigneau, trésorier.

1er dimanche d'avril. – Marguilliers : René Richard, du bourg, trésorier ; Julien Merlet, du Petit-Tail ; Simoneau, de la Guignardière.

1er dimanche de juillet. - Le conseil de fabrique décide que l'église sera blanchie, que les croix qui marquent sa consécration seront repeintes.

1823, 1er dimanche d'avril. - Autorisation au sieur Richard de faire des poursuites contre les débiteurs de rentes.

Acceptation d'un don fait par moitié aux pauvres et à l'église.

1er dimanche d'octobre. - La veuve de René Augereau rend le compte de son mari, ex-trésorier.

1824. 1er dimanche de janvier. – Marguilliers : Etienne Maingueneau, du bourg ; René Béliard, de la Tuaudière ; André Lebœuf de la Paillotière.

20 février. - Monseigneur annonce la première visite du diocèse. Elle commence le 25 avril. Visite à la Bruffière le 21 mai.

1er dimanche d'avril. - Reddition du compte du trésorier.

5 juillet. - Acceptation de la rente d'un petit pré de la veuve Rigaudeau, ou de 30 francs, à la charge de faire acquitter trois services.

1er dimanche d'octobre. - Don fait à la fabrique par Antoine Badreau d'une chapelle, avec une rente de 24 francs de fondation (le 11 avril 1825).

Cette chapelle, consacrée à saint Dominique en l'honneur du Rosaire, avait été construite par Antoine Badreau pour sa fille Claire Badreau ou Clairette qui en prenait soin.

(Nous en reparlerons plus loin à l'article des Chapelles paroissiales.)

1825, 15 janvier. - Baptême de Zénon-Aimé, né dans le bourg, de Zénon Brunet, de la Grange, et d'Alexandrine Esprit de Bossy. Parrain Chéri Brunet, oncle ; marraine, Marie Verdier. Dugast, desservant.

Jean Richard vicaire de la Bruffière. Il était originaire de Saint-Georges-de-Montaigu ; il est resté à la Bruffière jusqu'au mois de juin 1829. Il fut nommé curé de Faymoreau, où il est mort en 1864.

Dimanche de Quasimodo. - Réélection du président et du trésorier. M. le curé est réélu président ; Maingueneau, trésorier ; Mathurin Gouraud, membre du conseil.

Le 16 avril. - Don d'une rente annuelle de 24 francs, faite par les sieur et dame Badreau et demoiselle Claire Badreau.

       Le banc de la veuve des Mouillères est mis à l'adjudication et pris par M. de Baillet pour 30 francs.

C'est en l'année 1825 que fut construite la toiture en ardoises du clocher, comme l'indique l'inscription suivante qui se trouvait sur la charpente : Minguet ; M. Charpentier, à Clisson ; Nicoleau, couvreur ; M. Dugast, curé, Richard, vicaire ; J.-B. Mingueneau, du bourg ; André Bœuf, de l'Echasserie ; René Beillard, de la Tuaudière, 1825 : les trois marguillers de l'année.

1826. - Le 1er dimanche d'avril. Marguilliers : François Gouraud, du bourg ; Pierre Pavageau, de Mingot ; et Jean Charbonneau, de la Roulière.

1827, 1er dimanche après Pâques. - Sont élus marguilliers : Sébastien Girard, du bourg ; Jean Barbaud, de Chupeau ; et Valton, de la Morinière.

1828, Dimanche de Quasimodo. - Marguilliers : Pierre Chaillou, boulanger ; Jean Blanlœil,de la Gugnardière ; Pierre Sionneau, du Tail.

1829, Dimanche de Quasimodo. – Marguilliers : Pierre Théard, du bourg ; Laurent Durand, de la Guignardière et François Vinet de la Pinelière.

24 juin. - Visite pastorale le Monseigneur. Confirmation à la Bruffière, le vendredi 4 septembre ; le 5, samedi, visite de l'église.

M. Richard, vicaire, étant parti à la fin de juin, M. Chaigneau le remplaça, dès le commencement de juillet jusqu'au mois de mars 1831, où il fut lui-même remplacé par M. Burgaud.

1830, Dimanche de Quasimodo, - Ont été élus marguilliers : Jean-François Rousseau, forgeron du bourg ; François David, de la Bâtardière ; Pélerin, de la Cailletière.

Dans la même séance il a été arrêté qu'à l'avenir les membres du Conseil démissionnaires ne pourraient avoir de place de banc pour les récompenser de leur fonction.

Fondation d'une messe chantée, chaque année, pour le général Charette, capital 100 francs.

1831, 1er dimanche de janvier. - Des trois marguilliers l'un étant mort, les deux autres ayant donné leur démission, par suite de discussion politique au sujet du changement de gouvernement, sont élus : René Richard, du bourg, Laurent Durand, de la Guignardière, et François Vinet, de la Pinelière.

Les places de bancs ne seront plus vendues, mais affermées.

Dimanche de la Quasimodo. - Sont élus marguilliers : Louis Guicheteau, du bourg ; Pierre Charbonneau, de la Roulière ; Pierre Levron, de la Grange.

1832, dimanche de Quasimodo. - Sont élus marguilliers : Pierre Petit, du bourg ; Fr. Petit, de Chez-Libaud ; Jean Lebœuf, de la Paillotière.

1833, 1er dimanche de janvier. - Compte. - Dimanche de Quasimodo. Sont élus marguilliers : Joseph Boutin, du bourg ; Jean Coutant, de Chez-Mouillé ; Julien Pineau, de la Nerrière.

M. René Burgaud, vicaire, étant parti à la fin de septembre, fut remplacé par Mathurin Puissant, qui resta vicaire jusqu'au mois de juin 1836. Il fut depuis curé de Saint-Pierre-le-Vieux, dans l'île de Maillezais, où il est mort le 16 juin 1855.

1833. Félix-Marie Ferchaud, curé.

M. Joseph Dugast ayant donné sa démission de curé, au mois de novembre, fut remplacé par M. Félix-Marie Ferchaud, originaire de Treize-Vents, qui desservit la paroisse jusqu'à la fin du mois de juillet 1837. M. Ferchaud était chanoine honoraire de la cathédrale de Luçon ; né en 1799, et ordonné prêtre en 1822, il avait été précédemment professeur de rhétorique au petit séminaire des Sables-d'Olonne, puis curé de la paroisse d'Olonne. Il partit de la Bruffière dans les derniers jours du mois de juillet 1837 pour occuper la cure de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte. M. Ferchaud administra cette paroisse jusqu'en 1871, époque à laquelle sa santé, ne lui permettant plus de remplir ses fonctions, il se retira à Treize-Vents, sa paroisse natale, où il vécut dans la retraite jusqu'à sa mort, vers 1877.

M. Ferchaud établit à la Bruffière le Rosaire vivant ; mais il a cessé d'exister lorsqu'il est parti. Il n'y avait aucune dévotion du Rosaire depuis la Révolution. Ceux qui voulaient en faire partie allaient alors se faire inscrire à Saint-Laurent-sur-Sèvre.

M. Ferchaud fit réparer le chœur de l'église, fit faire une voûte en plâtre pour remplacer l'ancienne, et les ornements en plâtre qui décoraient le chœur.

Il fit allumer la lampe devant le Saint-Sacrement, au milieu de l'église, devant la sainte table.

1834, 4 janvier. - Joseph Dugast, ex-desservant, meurt au presbytère, où il était resté malade de la goutte. Il fut enterré dans le cimetière, entre la porte blanche de l'église et la porte de la chapelle de saint Sébastien. Sa tombe y est restée, quoique le cimetière ait été changé de place, jusqu'à la construction de la nouvelle église.

M. Dugast avait fait l'acquisition d'une borderie, qu'il donna à la cure de la Bruffière. Le 3e dimanche de janvier, M. Ferchaud réunit le conseil de fabrique afin de prendre des mesures pour assurer ce don.

11 mars. - M. Ferchaud adressa à Mgr une demande pour ériger les stations du Chemin de la Croix. - Le 5 avril suivant avait lieu l'érection. - C'est le premier Chemin de Croix établi dans l'église de la Bruffière.

1836, fin de juin. - M. Puissant quitte la Bruffière ; il est remplacé par M. Henri ColIineau, qui est resté jusqu'au commencement de juin 1837. M. ColIineau, né aux Sables-d'Olonne le 9 mai 1813, avait été ordonné prêtre le 28 mai 1836, puis nommé vicaire à la Bruffière. Il devint ensuite missionnaire à Chavagnes, où il est mort le 16 septembre 1881.

Au commencement de juin 1837, M. Henri Collineau fut remplacé par M. Etienne Durandet, qui, comme lui, était Sablais, né en 1813. Il fut ordonné prêtre en 1837. Il resta à la Bruffière jusqu'à la fin de septembre 1839, et fut nommé curé de Bouin en 1852.

1837. Aug. Duclos, curé.

Dans les derniers jours du mois de juillet 1837, M. Félix-Marie Ferchaud fut nommé à l'archiprêtré de Fontenay-le-Comte. Il fut remplacé à la Bruffière par M. Césaire-Guillaume-Auguste Duclos, qui y resta jusqu'à la fin de novembre de la même année. Celui-ci permuta avec M. Pierre Rihet, aumônier du lycée de Bourbon. M. Duclos était du diocèse de Bordeaux ; il vécut au lycée plusieurs années, après lesquelles il se retira à Bordeaux, où il est mort le 18 octobre 1876.

1837. Pierre Rihet, curé.

A la fin du mois de novembre ou au commencement de décembre, M. Pierre Rihet vint prendre possession de la cure de la Bruffière ; il y est resté jusqu'au mois de février 1850.

M. Rihet était de Rennes, de la paroisse de Toussaint. Il eut une vie assez aventureuse. Après avoir fait ses études, il suivit un cours de médecine à Paris ; fut professeur au collège de Pontlevoy et ensuite au collège Saint-Maixent ; aumônier du lycée de Bourbon-Vendée ; curé de la Bruffière, où il resta plus de douze ans. M. Rihet quitta cette paroisse avec regret pour se retirer dans sa famille, à Rennes ; devint aumônier de M. le général de Goyon ; le suivit à Rome, où il fit l'éducation de ses enfants, pendant que le général s'occupait, avec les troupes françaises, à rétablir le Pape dans ses États. Quand la paix fut faite à Rome et que le général rentra en France, il se retira à Paris, Chaussée-d'Antin. Là, il fut longtemps chargé d'un ministère dans une chapelle, où il devait dire la messe tous les jours. En 1870, renfermé dans Paris assiégé par les Prussiens, il fut d'un grand secours pour les blessés, qu'il s'occupait à soigner et à administrer. Lorsque la ville de Paris fut ouverte et que la paix fut faite, M. Rihet revint à la Bruffière, avec l'intention de s'y retirer; il était alors très infirme. Le vénérable prêtre étant retourné à Paris, afin de régler ses petites affaires dans ce but, y fut pris de la maladie qui le conduisit au tombeau, et il y mourut le 7 novembre 1811, a l'âge de 71 ans. Il avait témoigné le désir d'être enterré dans le cimetière de la Bruffière ; on se prépara donc à recevoir son corps, et on lui fit un enterrement solennel. Il repose aujourd'hui, selon son désir, au milieu de ses anciens paroissiens, auxquels il avait voué toute son affection.

Par testament, M. Rihet fit don à la paroisse de la Bruffière d'un ornement très précieux en drap d'or, qui avait servi à Mgr Feutrier, un des évêques assistants au sacre de Charles X, et d'une superbe chapelle en vermeil.

Il fit également don aux religieuses de Mormaison de leur maison, qu'il avait reçue de M. Gouraud à cette intention, et d'un espace de terrain qu'il avait acheté au bout de leur jardin.

M. Rihet était habile à guérir les fièvres et quelques autres maladies ; on venait le consulter souvent. Les remèdes qu'il fournissait gratuitement à ses clients lui étaient fournis à lui-même par son beau-frère, M. Baugrand, pharmacien à Rennes.

C'est de ce soin charitable qu'il avait pour les malades qu'est venue sans doute la confiance de certaines personnes, qui déposent des linges sur sa tombe et qui viennent y prier.

1838. - Etablissement de la Confrérie du S. Scapulaire dans la paroisse.

C'est dans cette année qu'ont été faites les routes de Tiffauges à Montaigu, de la Bruffière à Treize-Septiers, de la Bruffière à la Gaubretière par l'Échasserie et les Landes-Genusson.

Le 15 du mois de juin de cette année 1838, les Religieuses des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie commencèrent à tenir l'école de la Bruffière ; elles avaient pour supérieure la sœur Saint-Charles qui est morte le 6 août 1848, et a été enterrée dans le cimetière, derrière la croix. - Elles habitèrent d'abord la maison de Mme Rigaudeau ; ce ne fut qu'à la mort de M. Gouraud qu'elles allèrent habiter sa maison qui avait été donnée à M. Rihet à cette intention.

Les religieuses remplaçaient Mlle Macé, institutrice, qui faisait l'école des filles depuis quelques années.

A la fin de septembre, M. Etienne Durandet, vicaire, reçut son changement. Il fut d'abord curé de Saint-Maurice-des-Noues, puis curé de Bouin, en 1852.

M. Jean-Baptiste Alin, curé démissionnaire de Saint-Hilaire-de-Loulay, vint alors à la Bruffière, sur la demande de M. Rihet, et lui servit de vicaire jusqu'au mois de juin 1840.

1840. - Le 1er janvier, M. Victor-Eugène Ruppin, prêtre de la dernière ordination, fut nommé vicaire de la Bruffière ; il y resta jusqu'à la fin de décembre 1844, et devint curé du Puybelliard. Il fut ensuite nommé curé de la paroisse de Saint-Sauveur de l'Ile-d'Yeu dont il fut le premier curé depuis la Révolution ; il y mourut le 17 octobre 1854, à l'âge de 39 ans. M. Ruppin arrosait son jardin quand la mort le surprit, on le trouva mort à côté de son arrosoir. Il était né à Sainte-Gemme-la-Plaine, en 1815.

Le 11 septembre 1840, eut lieu la sépulture de.Marie-Perrine Rigaudeau, religieuse de l'ordre de Saint-Charles, âgée de 89 ans. Échappée à la Révolution, elle vivait dans sa maison, près de l'église, qui maintenant appartient à M. François Chaigneau.

1841. - Depuis la fin du mois de janvier jusqu'à la fin d'avril, Victor-Eugène Ruppin s'absenta de la paroisse et fut remplacé par son frère ainé, qui était missionnaire à Saint-Laurent. L'abbé revint ensuite à la Bruffière et y resta jusqu'à la fin de décembre 1844, époque de son départ.

14 mars. - Seize myriagrammes et demi (11 boisseaux) de blé seigle sont donnés par Claire Badreau pour le repos de l'âme de Marie-Perrine Rigaudeau, garantis sur les teneurs de la Brunelière et de Maigre-Souris.

C'est en 1841, à la fin du mois d'août, que fut établi et bénit le nouveau cimetière près de la Chobletterie. La première personne qu'on y enterra fut Marie Loizeau, femme Nerrière, âgée de 34 ans.

1842. 17 janvier. - Baptême de Marie-Anastasie Simon, fille de Georges-Alexis Simon, médecin, et de Adélaïde-Félicité Caignaud[19].

L'année 1842, a été élevé le calvaire paroissial, à la sortie du bourg, près de la Grange. - Il remplaçait un autre calvaire qui existait à l'angle de l'ancien cimetière, sur le bord de la place, vis-à-vis de la route de la Gaubretière[20].

1843. 11 janvier. - Mariage de Sophie Lavolenne, fille de feu Honoré Lavolenne et de feue Marie-Anne-Victoire Adrien, avec François Froger.

La maison de Mme Rigaudeau, qui servit d'habitation aux religieuses durant quelque temps, fut achetée plus tard par M. Alin, qui y fit construire une petite chapelle, où il avait obtenu la permission de dire la messe à cause de ses infirmités. - On y reçut ensuite des personnes âgées et infirmes. Radégonde Honoré qui l'habitait était chargée de les soigner. - M. Rihet acheta la maison de M. Alin. - En 1850, lorsqu'il abandonna la Bruffière, il continua à entretenir une petite pharmacie, que Radégonde était chargée de distribuer aux malades, sous la direction de M. Cady, médecin à Tiffauges, puis à Torfou.

Cette maison a été achetée par M. François Chaigneau.

En 1843 M. de Verteuil, médecin, bâtit une maison à à l'angle de la route de Boussay ; ce fut la première des maisons bâties en cet endroit. Il voulut qu'elle fut appelée la Pointe-à-Pître, en souvenir du désastre causé par un tremblement de terre à la ville de Pointe-à-Pitre, en l'île de la Guadeloupe, dans le temps qu'on la construisait, le 8 février 1843[21].

Au milieu de février 1845, M. Ruppin, vicaire, fut remplacé par le Père Fr.-Augustin Ruppin, son frère, missionnaire à Saint-Laurent-sur-Sévre, qui resta comme vicaire jusqu'à la fin de juillet. Le P. Ruppin, né à Sainte-Gemme-la-Plaine, le 22 août 1807, mourut dans l'île d'Haïti, le 10 octobre 1876.

Depuis le commencement du mois d'août jusqu'au milieu de novembre, M. Rihet fut aidé par M. Alin. Au milieu de novembre, un missionnaire de Saint-Laurent, le P. Brouard, vint occuper le poste de vicaire qu'il garda jusqu'à la fin d'octobre de l'année suivante.

Depuis la fin d'octobre 1846, M. Rihet demeura seul avec M. Alin jusqu'à la fin de décembre 1847.

1846, 19 décembre. - M. Sébastien Girard, né à la Bruffière, le 19 janvier 1823, est ordonné prêtre par Mgr Baillés. - Vicaire aux Brouzils, le 6 janvier 1847, à l'Ile-d'Elle le 17 octobre 1848 - Curé à Damvix le 16 février 1850. - Curé au Simon-la-Vineuse le 6 décembre 1856. - Curé à Sainte-Cécile le 29 novembre 1867. - Retiré à la Bruffière le 7 février 1872. - Vicaire à la Bruffière le 3 mars 1878.

27 avril. - Première visite de Mgr Baillès à la Bruffière. 381 confirmands.

La veille, fut volé un ancien et très riche calice. Ce n'est que le lendemain que M. le curé, voulant dire la messe, en trouva l'absence. Dès ce moment, Charles Graton fut soupçonné d'être l'auteur du vol, et, au moment où M. le trésorier de la fabrique descendit chez lui pour faire une perquisition, il s'évada par une porte de derrière. On se mit vainement à sa poursuite, on ne put l'atteindre. Il ne reparut plus jamais à la Bruffière. Sa maison fut mise sous séquestre, et, environ un an après, des enfants qui s'amusaient dans cette maison, louée à un menuisier, y trouvèrent fortuitement le calice dans un trou, sous un lit.

Reconstruction de la chapelle de Saint-Symphorien par M. Rihet. Elle est bénite solennellement le 23 août 1847.

1848. - Au commencement de janvier, M. Pierre Petit est nommé vicaire ; il avait été ordonné prêtre, l'année précédente. M. Petit fut successivement curé à Lairoux, à Fontaines et à Saint-Martin-Lars-en-Tiffauges, en 1868, où il est mort en 1886.

Le 9 août, a lieu dans le cimetière de la Bruffière la sépulture de la sœur Saint-Charles, religieuse des Sacrés-Cœurs de Mormaison, âgée de 38 ans, première supérieure de la Bruffière.

Mois de décembre 1849. - M. Charles Poirier, né à Boussay, mais élevé à la Bruffière par son oncle M. Duret, est ordonné prêtre.

En 1850, au mois de février, M. Rihet donne sa démission et se retire à Rennes dans sa famille.

1850. M. Pierre Charrier, curé

A la fin de février 1850, M. Pierre Charrier est nommé curé de la Bruffière. M. Charrier, né à Chavagnes-en-Paillers en 1816, avait été ordonné prêtre en 1842, puis nommé vicaire de Mouchamps, de Rocheservière, et curé de Pouillé. Installé à la Bruffière par M. Blin, missionnaire de Saint-Laurent, il y resta, comme curé, jusqu'à sa mort qui arriva le 29 janvier 1881 ; il avait alors 64 ans.

M. Rihet avait eu pour principe de ne rien changer dans l'adminidration ; aussi la fabrique était-elle fort pauvre ; la plupart des bancs se payaient 15 sous la place, bien que, depuis quelques années, une délibération eût été prise pour les affermer. - Le nouveau curé fit prendre par son Conseil une délibération dans le but de remplacer les vieux bancs par des nouveaux ; les propriétaires des anciens bancs, qui étaient en petit nombre, conservèrent leurs droits. Les bancs qui s'affermaient 15 sous la place montèrent, dès lors, jusqu'à 15 francs, ce qui augmenta considérablement le revenu de la Fabrique.

Ces ressources auraient dû être réservées pour la reconstruction de l'église dont on sentait le besoin ; mais M. Charrier eut tort d'en faire usage pour l'embellir. Toutes les fenêtres de l'église furent réparées et garnies de vitraux de couleurs dont quelques-uns avec des sujets ; la sacristie fut reconstruite ; une tribune fut établie sur des colonnes au fond de l'église, avec escaliers d'accès en dehors, pour donner des places aux enfants des écoles ; des meubles en chêne furent confectionnés pour la sacristie ; tous les vases sacrés furent redorés ; des chapes et chasubles nouvelles furent achetées, etc. etc. On refit entièrement le dallage de l'église.

En 1868, à la suite d'une mission, M. Charrier fit élever le magnifique monument, en granit du Rouet, que surmonte la statue de la Sainte Vierge, sur le bord de la route de Cugand. Toutes les statues de ce monument, savoir : saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne et saint Jean, placées dans des niches à la base, et la Vierge, elle-même, sont l'œuvre de M. Potet, de Nantes.

Enfin, M. Charrier se décida, en 1876, à reconstruire la cure, qui n'était qu'une maison informe et inhabitable ; il prit possession de la nouvelle cure au mois d'octobre 1877. Il y mourut le 29 janvier 1881.

M. Charrier resta seul avec M. Alin jusqu'au 6 mai 1850. Il eut alors pour vicaire M. Pierre Loizeau.

M. Alin quitta la Bruffière pour retourner à Saint-Hilaire-de-Loulay, dans la maison qu'il y possédait ; il mourut à Saint-Hilaire le 8 mai 1853.

15 septembre 1850. - Visite de Mgr Baillès et confirmation.

25 septembre 1850. - Bénédiction de la croix du village de la Poutière, par M. l'abbé Peigné, missionnaire à Nantes. C'est M. Peigné lui-même qui avait planté cette croix sur sa propriété. Étaient présents, entre autres : M. Rihet, ancien curé, et M. Boisseau, maire de la Bruffière.

Marguilliers d'honneur : Jean Augereau, pour le bourg ; Jean Bauchet, de Grand-Villiers ; Jean Brochard, de la Thuaudière.

Année 1851. - Bénédiction d'une croix à la Grenotière.

Le 10 juin 1852, M. Augustin Mouillé, mort curé de la Bernardière, remplit les fonctions de vicaire de la Bruffière.

Mois d'août, très forte sécheresse ; on fait une procession pour demander de la pluie.

21 novembre 1852. - M. Mouillé, vicaire, est remplacé par M. François Guesdon, qui resta à la Bruffière un peu plus de deux ans; il en partit à la fin de janvier 1855. Né à Mouchamps, en 1828, il fut ordonné prêtre en 1852. Retiré dans sa famille, il devint deuxième vicaire de Mouchamps, en 1870, avec charge de dire la messe à la chapelle du Parc.

Au commencement d'octobre 1852, les Frères de Saint-Gabriel sont appelés à tenir l'école des garçons, en remplacement de M. Baron, instituteur à la Bruffière depuis 30 ans. M. Baron se retire, mais les Frères lui paient une pension pendant sa vie. Les Frères résident à la cure.

12 novembre 1852. - Mort, à la Gaubretière, de M. Jean-Baptiste Baron, né à la Bruffière en 1798, ancien curé de Bazoges-en- Paillers.

13 novembre 1852.- Mort, à la Bruffière, de M. Dominique-Théodore Girard, acolyte, né en 1834.

Mois de décembre 1852. - M. Eugène Girard, né à la Bruffière en 1828, est ordonné prêtre ; il fut vicaire des Herbiers, curé de Thiré et curé de Montournais en 1865 ; aujourd'hui retiré dans sa famille.

27 août 1854. - Bénédiction d'une croix élevée au village des Grandes-Fontaines par la famille Nerrière.

Le 5 janvier 1855. M. Louis Botton, né aux Essarts, ordonné prêtre au mois de décembre 1854, est nommé vicaire de la Bruffière ; il y reste jusqu'à la fin de janvier 1864 et devient curé de Bessay ; il donne sa démission pour cause de paralysie en 1881, et meurt aux Essarts, dans sa famille, en 1882.

Le 2 février 1855, M. Louis Cousseau, né à la Verrie en 1826, et ordonné prêtre en 1855, est nommé deuxième vicaire de la Bruffière. A dater de cette époque il y a deux vicaires rétribués par l'État à la Bruffière. M. Cousseau resta à la Bruffière près de 9 ans ; il en partit au mois de septembre 1863, pour devenir curé de Péault ; puis, en 1873, de Saint-Laurent-la-Salle, où il est mort en 1890.

En 1855, est ordonné prêtre M. Alexis Baron, de la Bruffière ; vicaire de Fougeré, de Mormaison, curé de Montsireigne et de Saint-Hilaire-de-Mortagne, aujourd'hui retiré au Boupère.

C'est en 1855 que l'on commence à construire la route de la Bruffière à Boussay.

La bénédiction solennelle du pont Sainte-Radegonde, sur la Sèvre, eut lieu en 1858, le 20 janvier, le jour de la fête de saint Sébastien. La procession partit de l'église de Boussay. Le pont était tout pavoisé.

1856. - Premières démarches des habitants de Saint-Symphorien pour avoir un curé. Mgr Delamare leur objecta qu'ils n'avaient pas de presbytère ; ils s'empressèrent alors de bâtir une cure, mais Monseigneur, trouvant trop difficile d'établir une paroisse, décida M. Henri-Joseph Fazilleau, ancien curé de la Chaume, chanoine honoraire et prêtre habitué à Luçon, à aller se fixer à Saint-Symphorien, ce qu'il fit ; il y resta jusqu'en 18…, où la maladie l'obligea à se retirer de nouveau à Luçon ; il y mourut peu de temps après.

En 1856, fut érigée et bénite la croix de l'Humelet, sur la route de Boussay, croix dont le plan avait été dressé par M. Pierre Barilleau, alors économe du séminaire de Chavagnes. M. Eugène Girard, l'un des donateurs, alors curé de Thiré, prêcha à cette cérémonie.

En 1857, M. Clovis Cousseau va, pendant quelques mois, faire l'intérim du vicariat de Saint-Hilaire-de-Talmont ; il revient à la Bruffière le 26 novembre 1857.

28 juillet 1858. - Mariage de M. Emmanuel de Rorthays avec Mlle Marie Victoire de Girardin.

Le 1er janvier 1861, meurt à Maillezais, M. Adolphe Boisseau, né à la Bruffière en 1834. Après avoir fait ses études de théologie au séminaire Saint-Sulpice, il avait été successivement vicaire de Montournais et de Maillezais. Son corps a été inhumé dans le cimetière de la Bruffière.

M. Boisseau était un prêtre de grand talent. On prétend qu'il est mort des suites d'un chagrin qu'il ne put jamais surmonter, à l'occasion de la mort accidentelle de sa mère, dont il croyait être l'auteur. Il revenait de Clisson à la Bruffière, quelques jours avant son ordination, et, sur la place même du bourg de la Bruffière, la voiture qu'il conduisait passa sur un monceau de pierres près d'une maison en construction ; la voiture renversa, et .sa mère, jetée violemment sur le sol, fut blessée mortellement et expira le lendemain.

Pendant les vacances de 1861, bénédiction, par M. Gabriel Gouraud, supérieur du grand séminaire, de la croix en granit élevée au milieu du cimetière.

Le 16 février 1862, délibération du conseil de fabrique demandant que la chapelle de Saint-Symphorien soit érigée en chapelle de secours.

10 mai 1862. - Erection d'un nouveau Chemin de Croix par le R. P. Félix Coumailleau.

18 mai 1862 (un dimanche). - Visite de Mgr Colet à la Bruffière ; il y confirme environ 300 enfants. Le soir, vêpres et confirmation dans la chapelle de Saint-Symphorien.

Comme Monseigneur n'y pouvait aborder en voiture à cause du mauvais état du chemin, les habitants avaient attelé sur une charrette parfaitement ornée et pavoisée 32 paires de bœufs, pour transporter triomphalement sa Grandeur de la route de l'Échasserie jusqu'au hameau, où s'élève leur chapelle. Le fait mérite d'être noté, car l'histoire n'en trouvera plus guère de semblables à enregistrer désormais dans les procès verbaux des visites épiscopales. Aujourd'hui, le vieux chemin creux de Saint-Symphorien est devenu une route solide et carrossable.

21 juiIlet 1862. - Décret qui érige Saint-Symphorien en chapelle de secours.

Fin de septembre 1863. - M. Clovis Cousseau, vicaire de la Bruffière, est nommé curé de Péault.

II est remplacé par M. Armand Antigny, qui resta à la Bruffière jusqu'au milieu du mois de juin 1865, pour aller de là à Nesmy.

Le 6 janvier 1864, fut ordonné prêtre, à Chavagnes, M. Jean-Baptiste David, missionnaire de la Congrégation de Chavagnes et professeur au petit Séminaire. Né à la Bruffière, au viIlage de la Roulière, il devint, dans la suite, professeur et économe au petit Séminaire de Chavagnes, économe du petit Séminaire des Sables, et enfin, en 1880, se consacra au ministère des missions.

Au commencement de février 1864, M. Louis Botton, vicaire de la Bruffière, est nommé curé de Bessay ; il est remplacé par M. Armand Massé, vicaire de Puymaufrais. Celui-ci resta à la Bruffière jusqu'au mois de mai 1865, et fut nommé vicaire du Poiré-sur-Vie.

14 janvier 1865. - M. l'abbé Eugène Bély est nommé troisième vicaire de la Bruffière, et spécialement chargé de Saint-Symphorien ; mais il n'y reste que fort peu de temps ; vers la fin d'avril, Monseigneur le choisit pour son secrétaire particulier.

Le 2 mai 1865, M. l'abbé Eugène Charrieau est désigné pour remplacer M. Eugène Bély. Il y avait alors trois vicaires résidants à la Bruffière : MM. Antigny, Massé et Charrieau. M. Charrieau allait dire la messe, tous les dimanches, à Saint-Symphorien, et un jour par semaine. Il continua ce service, assez pénible, jusqu'au mois de janvier 1870 et commença alors à résider à Saint-Symphorien ; il y resta jusqu'en 1882. A cette époque, M. Charrieau fut nommé curé de Fougeré.

M. Massé, vicaire, est remplacé par M. Pierre Gendronneau le 19 juin 1865, et M. Antigny par M. Henri Guibert, le 20 juillet de la même année.

M. Pierre Gendronneau resta peu de temps à la Bruffière, une année seulement ; et entra dans la Compagnie de Jésus.

Le 30 juillet 1865, bénédiction de la croix de la Petite-Roulière.

En 1865, au mois de décembre, fut ordonné prêtre M. l'abbé Hippolyte Augereau, né à la Bruffière en 1841. Vicaire de l'Ile-d'Elle, de la Boissière-de-Montaigu et des Herbiers, puis curé du Tallud-Sainte-Gemme, de Barbâtre en 1878, et d'Ardelay en 1883.

28 avril 1866. - Visite de Mgr Colet à la Bruffière et confirmation.

Au mois d'octobre 1866, une grande Mission est prêchée à la Bruffière par quatre missionnaires de Chavagnes, sous la direction du R. P. Ribouleau.

Le 11 novembre 1866, fut érigée dans l'église de la Bruffière la Confrérie du Trés Saint-Sacrement. (Supplique de M. Charrier, curé de la paroisse du 7 novembre; lettre et mandement de Mgr Colet du 9 novembre.)

Pendant la mission, le 25 octobre 1866, fut bénite la chapelle du Rosaire (en bas de la place), qui venait d'être reconstruite par Mlle Arsène Girard sous la direction et d'après les plans de M. Clair, architecte du département.

Le 1er janvier 1867, M. Stanislas Plessis est nommé vicaire de la Bruffière.

24 février 1867. - Est établie, par le R. P. Ribouleau, dans la paroisse de la Bruffière, la Congrégation des Enfants de Marie et des Anges de Marie.

En 1867, est ordonné prêtre M. l'abbé Pierre Brin, né, en 1843, au village du Haut-Charbonneau, de la paroisse de la Bruffière. Vicaire de Maillezais, de Notre-Dame de Fontenay, Sulpicien, professeur de philosophie puis de théologie à Coutances ; il est auteur d'une Philosophie classique et de plusieurs autres ouvrages estimés.

Le 1er janvier 1868, M. Eugène Gautreau est nommé vicaire de la Bruffière.

En 1868, bénédiction de la croix du village de la Poinstière, élevée par Marie Birot.

Le 8 septembre 1868, fut bénite par Mgr Colet, au milieu d'une foule innombrable venue de la paroisse et des paroisses voisines, la belle statue de la Sainte-Vierge élevée sur une colonne de granit, près du bourg, en souvenir de la mission de 1866, Décorations magnifiques. Le soir, feu d'artifice.

Vers le milieu de septembre, M. Stanislas Plessis quitte la Bruffière et entre chez les Eudistes, à Redon.

Même année 1868. - Bénédiction de la croix du village du Pouet, et de la croix de la Morinière, au bout des landes de Châtelaine, élevée par Augustin Baron.

En 1869, il n'y a plus que deux vicaires : MM. Charrieau et Gautreau.

C'est en cette année que fut érigée et bénite une statue de saint Joseph sur le petit monument d'une gracieuse élégance, élevé à son saint patron par la piété de Joseph Nerrière (mort en 1884), sur le bord de la route de Boussay.

Même année. - Trois religieuses de Mormaison sont envoyées à Saint-Symphorien pour y faire l'école dans un local donné par Mgr Richard, évêque de Belley, propriétaire de l'Échasserie.

Le 10 décembre 1869, M. Pierre Clavier est nommé vicaire de la Bruffière.

Dans le mois de mars 1870, un vol sacrilège fut commis dans l'église. Un nommé Mandin, domestique, s'introduisit dans la sacristie, pendant la nuit, par une fenêtre, ouvrit tous les meubles et prit un calice ; il entra ensuite dans l'église, ouvrit le tabernacle, prit le ciboire et le croissant de l'ostensoir, avec les hosties. On ne sait ce qu'il fit des hosties. Le croissant de l'ostensoir fut retrouvé à Nantes, chez un orfèvre. Les débris du calice et du ciboire furent également retrouvés dans un tas de poussière où il les avait cachés. Le voleur, découvert et arrêté, fut jugé à Nantes et condamné à 10 ans de travaux forcés.

Le dimanche suivant, M. l'abbé Jeannet, vicaire général, vint présider une cérémonie d'amende honorable et de réparation. C'était quelque jours après Pâques. Sur ce texte de saint Jean : "Dicito mihi ubi posuisti eum, et ego eum tollam," doublement de circonstance, il fit un discours des plus touchants qui tira des larmes de toute l'assistance.

18 juin 1870. - Visite de Mgr Colet à la Bruffière. Confirmation.

Fin de juin 1870. - M. Clavier échange le vicariat de la Bruffière pour celui de Saint-Hilaire-de-Loulay.

Dans la première quinzaine de septembre, M. Eugène Gautreau quitte la Bruffière et devient vicaire de la Flocellière. Il est remplacé par M. Auguste-J. Rayneau.

17 décembre 1870. - M. l'abbé Firmin Vinet. né à la Bruffière en 1845, est ordonné prêtre ; d'abord vicaire de Mouzeuil, de la Chapelle-Palluau, d'Olonne, il fut nommé curé de la Chapelle-aux-Lys en 1882 ; actuellement curé de Croix-de- Vie.

Même jour, même année. - M. l'abbé Paul Boutin, né à la Bruffière, le 2 avril 1847, est ordonné prêtre ; vicaire de Nalliers en 1871, des Sables-d'Olonne en 1872, il devient curé de Saint-Etienne-du-Bois en 1883.

Le 1er janvier 1871, M. l'abbé Pierre Chevalier, prêtre de la dernière ordination, est nommé vicaire de la Bruffière.

Novembre 1871. - M. Pierre Rihet, ancien curé de la Bruffière, mort à Paris le 7 novembre, est transporté à la Bruffière et inhumé dans le cimetière.

7 février 1872. - M. Sébastien Girard donne sa démission de curé de Sainte-Cécile et se retire à la Bruffière, chez sa mère. Le 3 mars 1878, il reçoit le titre de vicaire[22].

A la fin de février 1872, M. Auguste-J. Rayneau, vicaire, est nommé aumônier des frères de Saint-Gabriel, à Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Il est remplacé immédiatement par son homonyme, M. Augustin Rayneau.

Mois d'octobre 1872. - Les Frères de Saint-Gabriel cèdent la place à un instituteur laïque.

1873. - Au commencement de janvier 1873, M. l'abbé Émile Sellier est nommé vicaire de la Bruffiere.

Après le départ de M. Sellier (février 1876), M. Augustin Rayneau reste seul vicaire avec M. Charrier, jusqu'au 1er janvier 1878. M. l'abbé Charrieau, premier vicaire, résidait alors à Saint-Symphorien.

4 juin 1873 - Décret du Président de la République autorisant la paroisse à accepter un legs de M. Rihet.

Le 7 juin, M. l'abbé Lucien Méchineau, né à la Bruffière le 6 décembre 1849, élève du Séminaire de Saint-Sulpice, est ordonné prêtre à Paris. Professeur d'Écriture sainte au grand séminaire de Luçon pendant quelques années, puis vicaire à Notre-Dame de Fontenay, il entra dans la Compagnie de Jésus, où il a été appliqué aux études bibliques et à l'étude des langues orientales. Il a écrit quelques articles remarquables dans les Etudes.

En 1873 on prépare un cimetière à Saint-Symphorien ; on l'entoure de murs ; on y plante une croix ; on n'y a pas encore enterré.

Mois de décembre 1874. - M. l'abbé Hippolyte Boutin, né à la Bruffière le 24 juin 1851, est ordonné prêtre ; successivement président d'étude, professeur de septième et de cinquième au petit Séminaire des Sables, il devient profeeseur d'histoire à l'institution Richelieu en 1878 ; retiré chez son frère, à la cure de Saint-Etienne-du-Bois, pour raison de santé, en 1884, il reçoit le titre de vicaire de cette paroisse au mois d'août 1885.

4 mai 1876. - Arrivée de Mgr le Coq à la Bruffière, où il donne la confirmation.

Vers la fin de 1876, on commence la construction du nouveau presbytère. Au mois d'octobre 1877, M. le curé commence à l'habiter.

Au mois de décembre 1877, M. l'abbé Auguste Boutin, né à la Bruffière en 1854, est ordonné prêtre et nommé vicaire de Montournais, le 1er janvier 1878 : il devint plus tard vicaire de Chantonnay. Actuellement curé de Champagné-les-Marais.

En 1878, bénédiction d'une belle croix de granit élevée par la famille BeIliard, de la Thuaudière, sur la route de Boussay, en remplacement d'une ancienne croix élevée par la même famille, en 1853, sur l'ancien chemin de Boussay (chemin de Chaudron.)

A la fin de février 1878, M. Augustin Rayneau, vicaire, est nommé vicaire de Saint-Michel-en-I'Herm.

Il fut remplacé, à la Bruffière, en janvier 1878, par M. Georges Bouchet, prêtre de la dernière ordination.

16 février 1879. - Un beau ciboire doré, avec couronne autour du couvercle, est donné à l'église par M. Sébastien Girard, vicaire.

10 mai 1879, - Visite de Mgr Catteau à la Bruffière et à Saint-Symphorien ; il donne la confirmation.

A cette époque, on commence la route de Torfou.

22 octobre 1880. - Mort de M. l'abbé Poirier, ancien curé de Bourneau, retiré à la Bruffière depuis plusieurs années.

Le 29 janvier 1881, M. Pierre Charrier, curé de la Bruffière depuis 31 ans, rend son âme à Dieu, après une maladie qui dura moins de 24 heures ; il est frappé de paralysie, Sa sépulture a lieu le lendemain, dimanche, au milieu d'une affluence considérable ; son corps est inhumé dans le cimetière de la Bruffière. On lit sur sa tombe :

"Ici repose le corps de M. Pierre Charrier, prêtre, décédé le 29 janvier 1881, à l'âge de 64 ans. Il fut, prés de 31 ans, curé de la paroisse de la Bruffiére. Priez Dieu pour lui. A sa mémoire, la paroisse reconnaissante. - Ego sum resurrectio et vita."

M. l'abbé Hippolyte Boutin, professeur à l'institution Richelieu, a consacré à la mémoire de M. Charrier, dans la Semaine catholique de Luçon du 20 février 1881, un article nécrologique où il fait ressortir le zèle que ce vénérable prêtre déploya pour favoriser les vocations religieuses, et notamment son affection pour les petits séminaristes.

1881. - M. Célestin Freland, curé.

Le 19 février 1881, M, l'abbé Célestin Freland prend possession de la cure de la Bruffière. M. Freland, né en 1845, a été ordonné prêtre en 1868. Avant d'être curé de la Bruffière, il fut successivement professeur au petit Séminaire de Chavagnes, vicaire de Saint-Hilaire-de-Talmond, vicaire de Cugand, et, en 1877, curé dans sa paroisse natale, à Saint-Maurice-des-Noues.

A la fin de juillet 1882, M. Charrieau, vicaire de la Bruffière, résidant à Saint-Symphorien, est nommé curé de Fougeré.

Il est remplacé à Saint-Symphorien par M. Marie Piveteau, le 4 mai 1882.

Même année. - M. l'abbé Charles Bourasseau, ancien curé de Saint-Sulpice-en-Pareds, se retire à la Bruffière.

Le 12 septembre 1882, M. l'abbé Louis Challet, missionnaire de Chavagnes, meurt à Chavagnes-en-Paillers. Il était né à la Bruffière, aux Grandes-Fontaines, le 3 juillet 1848, et s'engagea, en 1870, comme zouave de Charette ; ordonné prêtre en 1873, il fut envoyé à la Dominique, dans les Antilles ; il en revint en 1881, avec une santé gravement compromise.

2S et 26 septembre 1882. - Pèlerinage du canton de Montaigu à Sainte-Anne-d'Auray, sous la direction de M. Freland, curé de la Bruffière. Plus d'une centaine de personnes de la Bruffière y prennent part.

En 1883, M. le curé de la Bruffière fait construire, aux Quatre-Chemins, non loin du cimetière, dans un champ appartenant à Mlle Céline Boutin, mais dont celle-ci lui fait don, de vastes salles, destinées à servir de classes aux garçons, dans le cas où l'enseignement laïque deviendrait hostile à la religion, et où, provisoirement, on fait le catéchisme.

Le gouvernement fait en même temps construire une école de hameau entre les villages du Recredy et de la Nerrière.

20 avril 1883. - Visite de Mgr Catteau à la Bruffière ; il donne la confirmation ; le 17, il avait donné la confirmation à Saint-Symphorien.

Au mois de mai 1883, cérémonie solennelle pour la bénédiction de deux statues de la Sainte-Vierge, en terre cuite, pour remplacer deux autres statues brisées par un malfaiteur inconnu, l'une à la croix de l'Humelet, l'autre à la grande croix de la Thuaudière, toutes les deux sur la route de Boussay.

Joseph Moreau, né à la Bruffière, au village de la Poinstière, en 1864, entre chez les Jésuites, en 1883, n'étant encore qu'élève de rhétorique ; il passe deux ans à Poitiers et quelques mois en Belgique ; il est actuellement en mission dans la colonie du Cap, à Dunbrody.

Le 17 février 1884, le dimanche de la Sexagésime, à la fin d'une retraite prêchée par le P. Huguet et le P. J.-B. David, le P. Huguet bénit une statue de la Sainte- Vierge placée sur une colonne, aux Quatre-Chemins, dans la cour même des nouvelles constructions élevées par M. le curé pour servir de classes aux garçons. Mgr Richard, archevêque de Larisse, coadjuteur de son Eminence le cardinal Guibert, archevêque de Paris, avait bénit solennellement les constructions elles-mêmes, l'année précédente, le 20 septembre 1883, pendant une retraite de Mères chrétiennes prêchée par le R. P. Ladislas, capucin.

Le 23 février 1884, départ de M. l'abbé Bouchet, vicaire, nommé vicaire de Saint-Jean-de-Monts. Il est remplacé pendant le carême par le R. P. Dexmier, missionnaire de Chavagnes.

Le 7 avril 1884, la confrérie du Saint-Rosaire est rétablie canoniquement par un Père dominicain qui prêchait le Carême à Tiffauges. La confrérie du Rosaire existait à la Bruffière avant la Révolution.

En 1834, M. Ferchaud avait établi le Rosaire vivant ; cette dévotion cessa d'exister à son départ de la paroisse.

Le 3 mai 1884. M. Henri Boudaud est nommé vicaire de la Bruffière, en remplacement de M. Bouchet.

Au commencement de juin 1884, bénédiction, par M. le curé, de la croix du Petit-Cléon, élevée par la famille Nerrière.

Même année. - Bénédiction de la croix de la Batardière, élevée en 1829 par René Gaudon et Fr. Martin, mais changée de place cette année.

Le 20 décembre 1884, M. l'abbé Ferdinand Boutin, né à la Bruffière en 1861, est ordonné prêtre ; il était alors professeur au collège Richelieu ; depuis, il a été nommé professeur à Sainte-Marie, vicaire de Challans. Il est actuellement curé de Thiré.

Le 10 janvier 1885. M. l'abbé Michaud, prêtre de la dernière ordination, est nommé vicaire de la Bruffière.

Le 6 avril 1885, bénédiction de la croix de pierre du Grand-Cléon, avec une statue de la Vierge. Cette croix remplace une autre croix en pierre qui avait été bénite en 1846.

Le 12 avril (Quasimodo 1885), le conseil de fabrique charge M. Ménard, architecte à Nantes, de dresser des plans et devis pour la reconstruction de l'église.

Le dimanche 19 avril 1885, après vêpres, bénédiction, par M. le curé, d'une nouvelle statue de la Sainte-Vierge, en fonte, sur la colonne des Quatre-Chemins. La première s'était brisée.

Le 25 avril 1885, jour de la Saint-Georges, M. le curé transforme en hôpital une partie des bâtiments élevés aux Quatre-Chemins. Le même jour, Louise Brochard, veuve de Louis Belliard, quitte le village de la Thuaudière et vient y habiter avec Angèle Joyau pour y soigner deux vieilles femmes âgées de 74 et 84 ans, la mère Guichet et la mère Gertrude Chasseloup. Depuis, d'autres malades sont venues réclamer les soins des mêmes personnes, véritables sœurs hospitalières par l'abnégation et le dévouement, auxquelles il ne manque que l'habit religieux.

En 1885, pendant le mois d'octobre (mois du Saint-Rosaire), la paroisse de la Bruffière va en pèlerinage à la chapelle de Toutes-Joies, en Gétigné.

Troisième dimanche de Carême 1886. - Le conseil de fabrique approuve les plans et devis de M. Ménard, architecte à Nantes, lesquels plans sont soumis le même jour au conseil municipal, puis envoyés à Luçon pour être, de là, adressés à la préfecture et au ministère.

François Brazille, né à la Bruffière, quitte le séminaire pendant son année de rhétorique (en 1886) pour entrer chez les Jésuites. Il fait actuellement son noviciat à Sloogh.

Dimanche 11 juillet 1886.- Pélerinage eucharistique au château de la Lande, en Saint-Hilaire-de-Loulay. La paroisse de la Bruffière y prend part et y envoie un nombre considérable de ses habitants.

En ce mois (juillet 1886), Mgr le cardinal Guibert, archevêque de Paris, meurt et est remplacé par son coadjuteur Mgr François-Marie-Benjamin Richard, propriétaire du château de l'Échasserie et d'un grand nombre de métairies dans la paroisse de la Bruffière.

12 octobre 1886. - Mgr Richard, archevêque de Paris, est à l'Échasserie ; il bénit, le lendemain, à Saint-Denis-la-Chevasse, le mariage de son petit-neveu M. Albert Pellerin de la Vergne avec Mlle Marguerite de la Pouzaire. - Le lundi suivant, il dit la messe et prêche à la Bruffière.

En 1886, le troisième vicariat de la Bruffière est supprimé, le gouvernement refusant de payer l'indemnité donnée précédemment au troisième vicaire. Cependant Monseigneur maintient le vicariat ; la fabrique est obligée de payer l'indemnité retirée.

28 novembre 1886. - Joseph Méchinaud, de la Grande-Bretonnière. rachète la rente de 94 fr. 80 centimes qu'il payait à la fabrique pour le légat de M. Boizard, ancien recteur, sur la terre de la Grande- Bretonnière. Versé 2,370 francs.

Le 18 décembre 1886, M. l'abbé Jean-Baptiste Clénet, né à la Bruffière en 1861, est ordonné prêtre, nommé vicaire de la Bernardière, puis vicaire de Saint-Denis-la-Chevasse.

En septembre 1887. - Construction de nouvelles classes dans le jardin des Religieuses. L'académie n'ayant pas trouvé les anciennes classes assez spacieuses pour le .nombre d'élèves fréquentant l'école, avait limité à 120 le nombre des filles que les Religieuses devaient recevoir.

C'est pourquoi l'on se mit à l'œuvre sans retard, afin de pouvoir, avec des classes plus vastes, recevoir toutes les élèves qui se présenteraient.

13 novembre. - Adjudication des travaux pour la reconstruction de l'église. 14 entrepreneurs présents. M. Gautier, de Clisson, ayant mis 26 % de rabais, obtient le travail.

10 décembre - Démolition du vieux clocher.

12 décembre. - Construction d'un appentis en bois le long des salles (servant d'hôpital), aux Quatre-Chemins, pour servir d'église provisoire, pendant la durée de la construction de la nouvelle église.

27 décembre. - On dit la messe pour la dernière fois dans l'ancienne église.

1889, 8 janvier. - On creuse les fondations du chœur de la nouvelle église.

22 avril, lundi de Pâques. - Bénédiction solennelle de la première pierre de la nouvelle église par Mgr Catteau, évêque de Luçon, accompagné de M. Giraud et de M. Simon, vicaires généraux.

26 avril. - On bâtit un clocher devant la façade de la chapelle de Saint-Symphorien ; le plan est donné par le R. P. J.-B. David, missionnaire de Chavagnes, enfant de la Bruffière.

11 juin. - Pèlerinage du canton de Montaigu au tombeau du bienheureux Père de Montfort, à Saint-Laurent-sur-Sèvre. La Bruffière y prend part, et y envoie un très grand nombre de ses habitants. M. le curé prêche à Saint-Laurent.

9 septembre. - Son Eminence le cardinal Richard, archevêque de Paris, supplée les cérémonies du baptême, dans l'église provisoire de la Bruffière, à son petit-neveu Georges-Marie-Louis Couëspel du Mesnil, demeurant à l'Échasserie, et à sa petite-nièce Marie-Charlotte Le Mauff de Kerdudal, demeurant près de Nantes, mais que l'on avait apportée à la Bruffière.

21 septembre. - Ordination extra tempora, dans la chapelle des Carmélites de Luçon, de plusieurs prêtres, dont un de la Bruffière : Adolphe Brazille, entré chez les Pères de Chavagnes.

9 octobre. - M. Emile Michaud, vicaire de la Bruffière, est nommé vicaire de Saint-Jean de Fontenay.

Le même jour, M. Joseph Martineau, vicaire de Saint-Jean de Fontenay, est nommé vicaire de la Bruffière.

20 octobre. - Remboursement par Pierre Guilbaud, du bourg, François Clénet, de Chez-Mouillé, et Pierre Vinet, de Chez-Méchineau, d'une rente annuelle et perpétuelle de 21 francs, payable le 3 septembre. Ils versent pour l'amortissement la somme de 430 francs. Cette rente avait été créée par contrat devant Me Tessier, notaire, le 3 septembre 1725. Le dernier titre était de 1859.

25 août. - Départ de Marseille, pour la mission du Maduré, de M. Théodule Trotin, de la Bruffière, novice de la Compagnie de Jésus.

27 octobre. - Bénédiction, à Saint-Symphorien, de deux nouvelles cloches par M. l'abbé de Suyrot.

21 décembre. - Ordination, à Luçon, de M. Jean Gouraud, de la Bruffière, nommé aussitôt vicaire de Saint-Philbert-du-Pont-Charrault. Actuellement vicaire de la FloceIlière.

1890, 21 janvier. - Mission, à Saint-Sympporien, donnée par deux Pères de Chavagnes.

Dans la nuit du 20 au 21 janvier, un ouragan d'une violence extraordinaire renverse la colonne de la Sainte-Vierge élevée sur la route de Cugand, à la sortie du bourg. La statue seule est brisée.

14 février. - Sépulture, à Chavagnes, de M. Adolphe Brazille, ordonné prêtre le 21 septembre précédent.

5 avril. - Ordination, à Luçon, de M. Alexis Lebœuf, de la Poinstière (en la Bruffière), professeur à l'institution Richelieu, actuellement vicaire de la Ferrière.

4 septembre. - Bénédiction solennelle de la nouvelle église par Son Eminence le cardinal Richard, archevêque de Paris ; il est accompagné de Mgr l'évêque de Luçon. Assistance nombreuse, 130 prêtres ; musique du petit séminaire de Chavagnes. La place et les rues sont richement décorées. La messe est dite par Mgr de Luçon. Le sermon est donné par le cardinal. - Au dîner, ballade chantée par un enfant de la Bruffière ; M. l'abbé Hippolyte Boutin ; discours de M. Bourgeois, député de la Vendée. Beaucoup de notabilités laïques : MM. Bourgeois, député ; de Cornulier, conseiller général ; de Rorthais, ancien préfet, publiciste ; Lefèvre-Pontalis, membre de l'Institut, etc. Parmi les prêtres, MM. Simon, vicaire général ; Gelot, archiprêtre de la Roche ; de Suyrot, missionnaire apostolique ; R. P. Trotin, supérieur des missionnaires de Chavagnes ; Rorthais, curé de Chavagnes ; Poisson, chanoine ; Branchereau, curé de Challans ; Suaudeau, curé de Montaigu ; Delaage, directeur de la maîtrise de N.-D. de Paris (qui a tenu l'orgue toute la journée pendant les offices) ; etc. etc.

Dans la soirée, procession pour la bénédiction de la nouvelle statue élevée à la place de celle que l'ouragan avait renversée le 20 janvier précédent. La bénédiction est faite par Monseigneur de Luçon. A cette procession, assistaient les cavaliers, qui, le matin, avaient été au-devant de leurs Grandeurs ; ils étaient une soixantaine et portaient chacun une oriflamme. - Au retour de la procession, bénédiction du Très Saint-Sacrement par le cardinal.

Puis, après la bénédiction, baptême (ou plutôt supplément des cérémonies du baptême), par le cardinal, à l'une de ses petites-nièces, fille de M. Alphonse Couëspel du Mesnil et de Geneviève des Noues, son épouse, demeurant à l'Echasserie.

Vers 5 heures, leurs Grandeurs quittent la Bruffière.

Le soir, fête de nuit. Procession aux flambeaux à la colonne. Toute la rue est illuminée a giorno par des lanternes vénitiennes, ainsi que la place de l'Église. Au retour de la procession, un splendide feu d'artifice est tiré du haut du beffroi du nouveau clocher, par M. Martineau, vicaire, et le R. P. Jean-Baptiste David.

M. Jean de Magné, le chroniqueur attitré de toutes nos grandes fêtes religieuses, a donné de cette belle journée un compte rendu intéressant, mais trop long pour trouver place ici, dans le numéro du 13 septembre 1890 de la Semaine catholique. Nous y renvoyons le lecteur.

C'est le dimanche du Rosaire. Le 1er dimanche d'octobre, tombant cette année le 5 du mois, que l'on a pris possession de la nouvelle église de la Bruffière, en y célébrant l'office du dimanche. Dans le courant du mois, les bancs furent affermés. Toutefois, comme il restait encore beaucoup de petits travaux de détails, on abandonna sur la semaine l'église aux ouvriers, et l'on n'en prit possession définitivement, pour tous les offices de la semaine, que quelques semaines après.

10 novembre. - On prend possession de l'église pour les messes de la semaine.

Dans le même mois on érige le chemin de la croix.

1891, 23 février. - Les travaux pour la construction du clocher Est recommencent.

28 mars. - Le beffroi est terminé et couvert.

5 avril. - Le coq de l'ancien clocher est placé sur le nouveau.

14 avril. - Les trois cloches sonnent dans le nouveau clocher.

16 août. - Bénédiction, par M. l'abbé Simon, vicaire général, de deux statues : l'une de sainte Radégonde, donnée par Mme veuve Chauveau, du bourg ; et l'autre du Bienheureux Père de Montfort, donnée par M. Libaud ; marchand, du bourg. Elles sont placées sur un piédestal, devant les deux pilastres de l'entrée du chœur.

Du 20 septembre au 4 octobre, deux retraites successives sont données aux femmes et aux filles de la paroisse par le R. P. Quesnel, missionnaire de Coutances ; ces retraites sont tout-à-fait suivies.

A la même date, on commence à faire, dans la chapelle vicariale de Saint-Symphorien, les baptêmes dépendant de la circonscription.

13 octobre - On place la tribune de l'église.

11 novembre. - A 6 heures du matin, une violente tempête renverse le calvaire paroissial en bois, qui avait été élevé à la Grange.

En 1891, dans les derniers mois de l'année, reconstruction de la mairie sur le même emplacement que l'ancienne. On achète, pour l'agrandir, la maison dite du Paradis. L'entrepreneur des travaux est M. Jean-Baptiste Monnier, du bourg, et l'atchitecte, M. Loquet, de la Roche-sur-Yon.

19 décembre. - Ordination, à Luçon, de M. Ferdinand Lebœuf, de la Paillotière, nommé, quelques jours après, vicaire de Bois-dé-Céné, - et de M. Jean Bousseau, de la Poinstière, nommé, à la même époque, vicaire de la Garnache.

17 décembre 1892. - M. Auguste Durand, né à la Bruffière, le 18 juin 1868, est ordonné prêtre et nommé vicaire à la Chapelle-Palluau. - M. Jean-Baptiste Chaigneau, ordonné prêtre le même jour, est nommé d'abord vicaire à Doix, puis à Saint-Pierre-du-Chemin.

 

 

 

 

                         

 


 

CHAPELLES PAROISSIALES
     

En dehors de l'église paroissiale, six chapelles s'élevaient jadis sur divers points du territoire de la Bruffière. Trois seulement existent encore ; les autres ne nous sont connues que par l'histoire ou la tradition fixée par quelques lieu-dits.

 

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CHAPELLE DE SAINT-SYMPHORIEN

 

La chapelle mise sous le vocable du saint martyr autunois, au hameau. de Saint-Symphorien, remonte à une époque assez ancienne, mais qu'on ne saurait déterminer. Il s'y faisait, autrefois, de toute la contrée, un pèlerinage, à l'époque de la fête, pèlerinage aujourd'hui dégénéré en une foire, où malheureusement le plaisir a plus de part que le commerce. Le bourg et domaine de Saint-Symphorien ayant été bâti et érigé en la terre du fief de la Roulière, appartenant aux seigneurs de l'Échasserie, il serait possible que la fondation du prieuré et la construction de la chapelle primitive dussent leur être attribuées.

En 1628, un prêtre, Jacques Poyron, faisait sa résidence à Saint-Symphorien. En 1673, la chapelle était desservie par les Chanoines réguliers Augustins, du monastère de Sainte-Madelaine-de-Geneston, dits Génovétains. Mais, dès 1721, les chanoines de Geneston cessèrent de desservir le prieuré et la chapelle de Saint-Symphorien, parce qu'ils manquaient de sujets ; ils en demeurèrent, toutefois, les titulaires jusqu'à la Révolution, laissant le service religieux à la charge des vicaires de la Bruffière, auxquels ils payaient, pour cela, 400 livres.

La chapelle devint la proie des flammes, en 1793. Une restauration provisoire la rendit au culte, au commencement du siècle.

En 1847, M. Rihet, curé de la Bruffière, la fit reconstruire entièrement et la mit dans l'état où elle se trouve encore aujourd'hui, à part quelques réparations et embellissements faits par les derniers chapelains. Ainsi, le 26 avril 1889, un clocher a été construit pour loger la cloche qui a vu, depuis lors, deux autres sœurs venir se joindre à elle pour chanter les louanges de Dieu et appeler les fidèles à la prière. Les plans et devis de ce clocher ont été dressés par le R. P. J.-B. David, de la Roulière, missionnaire de Chavagnes.

Voici, d'après les registres paroissiaux, les noms des chapelains-desservants de Saint-Symphorien, depuis 1628 jusqu'à nos jours.

1628. - Jacques Poyron, prêtre, demeurant à Saint-Symphorien ;

1673. - Tivard, chanoine de saint Augustin (de Geneston, O. S. A.) ;

1683. - Jean Hélye, chapelain, du royaume d'Hibernie, mort en 1707 ;

1721. - Mort de Jacques Cordelet, chanoine régulier de Geneston. - Vinet, vicaire de la Bruffière, dessert le prieuré ;

1751. - Méchineau, vicaire de la Bruffière ;

1753. - Loir, vicaire de la Bruffière ;

1770. - J. Vinet, vicaire[23] ;

1782. – J. Ménard, chapelain ;

1786. - J .-B. Trimoreau, ancien vicaire de la Bruffière, chapelain ;

1785-1790. - Le dernier moine titulaire du prieuré de Saint-Symphorien est Louis Ravoise, chanoine de Geneston ;

1858. - Henri - Joseph Fazilleau, de Luçon, ancien curé chapelain résidant ;

1865. - Eugène Bély, 3e vicaire de la Bruffière, chapelain non résidant ;

Même année, Eugène Charrieau, vicaire de la Bruffière, chapelain non résidant, jusqu'en 1870. En 1870, il va se fixer à Saint-Symphorien ;

1882. - Marie Piveteau, vicaire de la Bruffière, chapelain résidant.

 

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CHAPELLE DE L'ÉCHASSERIE

 

2e La chapelle de l'Echasserie est une chapelle domestique dont la construction primitive remontait probablement à l'époque de la construction même du château. Elle est petite, mais néanmoins bien suffisante à sa destination. Avant la Révolution elle était dédiée sous le vocable de Sainte Marguerite. Brûlée en 1793, elle fut relevée et restaurée en 1826 par M. Richard de la Vergne, qui fit placer au-dessus de l'autel un tableau représentant Sainte Rosalie, sous les traits d'une fille de ce nom enlevée à son affection, en mai 1819. Depuis lors, la chapelle fut placée sous le vocable de la Sainte Vierge et de Sainte Rosalie, et fut de nouveau bénite par M. l'abbé Bodinier, vicaire général du diocèse de Nantes, en juin 1826, avec l'autorisation de Mgr l'évêque de Luçon.

De nouvelles restaurations y furent faites, à deux reprises différentes, par son illustre propriétaire, Son Eminence le cardinal archevêque de Paris. Le 17 octobre 1877, le cardinal y érigeait lui-même les stations du chemin de la Croix, en présence du clergé de la Bruffière et de M. l'abbé Eugène Peigné, chanoine des églises cathédrales de Nantes et de Belley.

Les vieux registres de la Bruffière nous fournissent les noms de quelques chapelains de l'Echasserie.

1672. - Jean Mouillé, chapelain de l'Échasserie ;

1719. - M. Baritaud, aumônier de l'Échasserie, aide les prêtres de la Bruffière dans leur ministère ;

1743. - M. Baret, de l'Ordre de Saint-Dominique, aumônier ;

1753. - M. Billaud, chapelain résidant à l'Échasserie, et travaillant aussi comme vicaire de la Bruffière.

1761. - M. Gérard, aumônier.

N.-B. - Cette petite chapelle a aujourd'hui l'insigne honneur d'avoir pour chapelain le propriétaire actuel du château de l'Échasserie, Son Eminence le cardinal Richard, archevêque de Paris. Chaque année, durant les courtes vacances qu'il s'accorde dans sa campagne de la Bruffière, il aime à y célébrer le saint sacrifice de la messe à l'intention commune des membres défunts de sa famille et de celles de ses fermiers, au milieu d'une pieuse assistance qu'il édifie par son admirable simplicité et sa piété humble et douce, à la Saint-François de Sales, son patron et son modèle.

 

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CHAPELLE DU SAINT ROSAIRE

 

3e La chapelle de Saint-Dominique et de N.-D. du Très-Saint Rosaire, qui s'élève modestement en bas de la place publique du bourg de la Bruffière et regarde la nouvelle église, est de fondation récente. Son histoire est aussi simple que gracieuse.

Sous la date du 1er dimanche d'octobre 1824, on lit dans les registres paroissiaux : "Don fait à la Fabrique de la Bruffière par Antoine Badreau, d'une chapelle, avec une rente de 24 francs de fondations." (Le 11 avril, 1825.)

Cette chapelle, dédiée à saint Dominique, en l'honneur du Très-Saint Rosaire, fut bâtie par Antoine Badreau pour sa fille Claire ou plus simplement Clairette, comme on l'appelait communément. Le bonheur de la jeune fille était de prendre soin de sa chapelle, de la parer, de l'embaumer de ses plus odorantes fleurs et de ses prières les plus ferventes. La Reine du Rosaire eut pour agréable ses pieux services et voulut l'en récompenser en lui inspirant le goût de la vie religieuse, afin de se l'attacher plus étroitement encore. Clairette répondit à l'appel de Dieu: elle entra dans la communauté des religieuses des Sacrés-Cœurs, à Mormaison, où elle prit le voile sous le nom de sœur Sainte-Rosalie, vers la fin de l'année 1837. "Je vous confie ma petite chapelle ; ayez-en grand soin, disait-elle à sa famille, en la quittant ; n'attendez rien de moi dans ce monde qu'un souvenir dans mes prières. Je prierai bien pour vous. Quant à mon héritage, c'est au bon Dieu que je l'ai donne sans partage avec ma personne. A Dieu !"

Elle donna, en effet, tout son avoir à la communauté, même sa maison paternelle qui fut vendue. Nous avons vu plus haut que la chapelle avait été donnée par son père à la Fabrique. La pieuse jeune fille ne l'avait pas quittée pour toujours, comme elle le pensait. Quelques temps après sa prise d'habit, Clairette Badreau, devenue sœur Sainte-Rosalie, revint à la Bruffière, envoyée par ses supérieures, avec plusieurs de ses sœurs en religion, pour y fonder l'établissement qui existe encore. Ce ne fut pas, sans doute, l'une de ses moindres joies que d'y pouvoir donner de nouveau ses soins à sa chère chapelle du Rosaire. Sœur Sainte-Rosalie resta à la Bruffière sept ou huit ans, puis, elle fut rappelée à la Maison-Mère qu'elle édifia par son esprit de pauvreté et de détachement, choisissant toujours, pour son usage, dit la chronique de la communauté, les vêtements usés et incommodes. Elle y mourut pieusement, comme elle avait vécu, le 25 septembre 1852.

A la Bruffière, la famille de Clairette Badreau n'oublia point ses recommandations relatives à la petite chapelle du Rosaire : on continua de l'entretenir avec propreté et décence.

En 1866, Mlle Arsène Girard, parente de la défunte religieuse et héritière de sa piété et de son zèle pour la beauté du sanctuaire de Marie, entreprit de la rebâtir à ses frais sur un plan plus architectural. Nantie d'une permission de Mgr l'évêque de Luçon, elle se mit donc à l'œuvre et dota le bourg de la Bruffière de la gracieuse petite chapelle de Notre-Dame du Rosaire qu'on y admire aujourd'hui.

Cette chapelle est un fruit de la dévotion du saint Rosaire dont la confrérie fut établie dans la paroisse dès la première moitié du dix-septième siècle, D'après l'abbé Grégoire (État du diocèse de Nantes 1790), le Rosaire aurait été érigé à la Bruffière cent quarante-cinq ans avant cette date ; ce qui nous reporte vers l'année 1645. L'importance et la prospérité de cette confrérie ressortent de ce fait qu'elle avait d'assez beaux revenus, des directeurs ou fabriqueurs spéciaux, qui, vers la fin du dix-huitième siècie, prirent le nom de bâtonniers du Rosaire. La Confrérie avait aussi sa bannière, brodée à Nantes chez Guillaume de Serre "portant l'image de la Sainte Vierge, celle de saint Dominique et celle de sainte Catherine ; ornée de pommettes d'or ; le tout payé 240 livres."[24].

 

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CHAPELLE DES CLÉONS

 

4e Une chapelle avec chapellenie, dont il ne reste plus aucune trace, existait jadis aux Cléons ; elle était dédiée sous le vocable de Notre-Dame. Parmi les chapellenies desservies en l'église de la Madeleine de Clisson, figurait, en effet, Notre-Dame des Cléons. La chapelle des Cléons est mentionnée souvent dans les vieux registres de la paroisse. Une tradition légendaire, assez répandue autrefois, en fixait l'emplacement dans le lieu où se trouve maintenant le marécage. Au dire des bonnes gens, on entendait, parfois, sortir du fond vaseux un son de cloche argentin..... le son de la cloche de l'ancien sanctuaire, sans doute, engloutie dans un abîme avec le monument, comme jadis la fameuse Bel-Esbat, ou Herbauges. sur les bords de la mer, aux environs de Jard. Si jamais il eut lieu, cet engloutissement n'est pas très ancien, car, ainsi qu'on le verra ci-après, la chapelle des Cléons existait encore au milieu du dix-huitième siècle, puisqu'à cette époque elle avait encore un chapelain titulaire.

1672. - Sépulture de messire René Séguin, chapelain du Grand-Cléon, demeurant à la Grange, près le bourg de la Bruffière.

1679. - Signature sur les registres de Mathurin Séguin, chapelain des Cléons.

1744. - F. Brin, chapelain des Cléons.

 

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CHAPELLE SAINT-ANTOINE

 

5e La chapelle de Saint-Antoine était située au bas du bourg, au sommet d'un pré appelé le pré de Mingot. (Voir le testament de M. Boysard donné précédemment, Archives, tome II, p. 407.) Non loin de son emplacement, sur le chemin du bourg à Rose-Fleurie, une fontaine a retenu son vocable et est encore connue sous le nom de fontaine Saint-Antoine. Son souvenir est aussi rappelé par le nom donné à une ouche (l'ouche de Saint-Antoine), située "à la sortie du bourg, et joignant le chemin qui conduit du bourg au petit et au grand Cléon."[25] Cette ouche était évidemment un bénéfice attaché à la desservance de la chapellenie Saint-Antoine, mentionnée par l'abbé Grégoire dans son État du diocése de Nantes en 1790 (art. de la Bruffière). Et ce bénéfice était fondé dans la chapelle même dont nous nous occupons.

 

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CHAPELLE DE SAINT-PÈRE

 

6e Il y avait, enfin, une chapelle au village de Saint-Père. De celle-là aussi il ne reste plus aucun vestige. Nous supposons, d'après le nom même du village près duquel elle était située, qu'elle était sous le vocable de saint Pierre. Saint-Père, en effet, n'est qu'une corruption de Saint-Pierre. On pourrait citer de nombreux exemples qui le prouvent : Saint-Père-en-Retz (pour Saint-Pierre-en-Retz), Port-Saint-Père (pour Port-Saint-Pierre), Saint-Père-en-Vallée (pour Saint-Pierre-en- Vallée). (par. de la ville de Chartres), etc. etc. Où était située la chapelle de Saint-Père ? Un lieu-dit donne, ce semble, une réponse satisfaisante à cette question. Il y a, tout près des maisons du village, un pré qu'on a toujours appelé, de temps immémorial, le pré de la chapelle. Cette appellation nous donne le droit de conclure que la susdite chapelle s'élevait dans ce pré, à moins que ce pré ne fût un bénéfice attaché à la chapelle, comme nous l'avons vu plus haut pour la chapelle Saint-Antoine, Dans cette dernière hypothèse, il ne nous resterait plus aucune donnée pour asseoir une opinion relativement à son emplacement,

Quoi qu'il en soit, il est clair que la chapelle de Saint-Père se trouvait dans le village même, ou tout près du village, puisqu'elle en était une dépendance.

 

 

 

 

                         

 


 

La Bruffière comptait jadis sur son territoire un certain nombre de maisons nobles ou seigneuriales. Celles qu'on trouve le plus souvent mentionnées sont : l'Échasserie, la Grange, la Martinière, la Morinière, la Belourdière (ou Boulordière), la Copechanière et Saint-Symphorien, L'importance des deux premières demande que nous consacrions quelques pages à leur histoire. Ces pages termineront, en la complétant, la longue chronique de la Bruffière.

 

 

LE CHATEAU ET LA SEIGNEURIE DE L'ÉCHASSERIE[26]

     

Le château de l'Echasserie, situé à 1,500 mètres du prieuré de Saint-Symphorien[27], est compris dans la paroisse de la Bruffière[28], dépendant jadis du diocèse de Nantes, et dans la province des Marches communes du Poitou et de la Bretagne. Il fut incendié, le 6 octobre 1793, par les Mayençais, lors de la défaite, à Saint-Symphorien, de l'armée de Bonchamps. Des douves spacieuses, une grosse tour crénelée, une seconde tour moins imposante, une chapelle et un pavillon, attenant à la demeure détruite par l'incendie, attestent encore son ancienne importance.

L'Echasserie (qu'on écrivait peut-être primitivement Les Chasseries) fut le berceau des "Charbonneau", qualifiés à juste titre de "hauts et puissants seigneurs". Ils firent preuve, en effet, à la Réformation de 1668, de treize générations et fournirent :[29]

I. A l'Eglise, des personnages éminents : Pierre, moine de Charroux, nommé troisième abbé d'Andres, en 1130, enterré en 1143 dans l'ancienne église, et dont l'épitaphe[30] rappelle l'origine poitevine. - Antoine, abbé de Lantenac en 1575. - Gabriel, docteur en Sorbonne, abbé de Fontaines, vers 1650. - Charles, chanoine de Nantes, en 1773, et deux religieuses : l'une, au couvent du Calvaire, vers 1650 ; l'autre, Anne, à la communauté de Fontrevault, 1665 ;

II. Un maire à la ville de Niort, en 1486, nommé Guillaume[31], et un conseiller au parlement, en 1780 ;[32]

III. Un certain nombre d'hommes d'armes et de chevaliers des différents ordres royaux et militaires : Amaury, seigneur de l'Échasserie, au service du seigneur de Belleville, au ban de 1467, faisant partie de la garnison de Tiffauges, au ban de 1489. - Aubert, présent à une revue, le 15 septembre 1506. - Valentin, seigneur de la Ville et de Maisdon, faisant partie de la garnison noble de Nantes en 1543.[33] - Louis, seigneur de l'Échasserie, chevalier de Malte, en 1626, tué à la Chaize-le-Vicomte. - Louis, seigneur de la Moricière, chevalier de Malte, en 1647. - Charles, seigneur de la Fortescuyère, chevalier de Malte, en 1654, gouverneur d'Amboise. - Gabriel, seigneur de l'Échasserie, chevalier de Malte, en 1657. - Pierre, seigneur de la Fortescuyère, capitaine de dragons au régiment de Sennecterre, en 1698. - Pierre, seigneur de la Poupelinière, chevalier de Saint-Louis, officier, blessé à Hochstedt, le 16 août 1704. - Gabriel-Martial, seigneur de l'Échasserie, capitaine de dragons, en 1710. - Henri, de la paroisse de Vieillevigne, fusillé à Quiberon, en 1795[34]. - Félix-Casimir-Martial, chevalier de Malte, le 13 février 1815.

IV. Un page de la Grande-Ecurie[35], en 1718 : Alexis-Gabriel de l'Échasserie[36].

Les Charbonneau portaient : d'azur semé de fleurs de lys d'or à trois écussons d'argent posé 2 et 1 avec cette devise : Pro fide scuta, a rege lilia. Une légende raconte que le roi, en récompense de leur bravoure aux Croisades, leur octroya l'autorisation de porter l'écusson de France fleurdelysé, orné de trois écus, "sans aucune pièce", rappelant la mort glorieuse de trois Charbonneau tombés sous les coups des Infidèles.[37]

Un inventaire, dressé le 4 juin 1738, au décès de Marie-Anne Charbonneau, marquise de Puyguyon, mentionne de nombreuses liasses de parchemins relatant les "aveux, foi, hommage et declarations" rendus par leurs vassaux aux seigneurs de l'Échasserie, et la réclamation des titres de famille faite par Alexis Charbonneau de Saint-Symphorien, devenu "chef de nom et d'armes" par le décès de Gabriel-Martial de l'Échasserie, père de ladite marquise de Puyguyon. Toutefois, un certain nombre de ces titres (dont la plus grande partie est devenue, en 1793, la proie des flammes), notamment pour les années 1450, 1626, 1627, etc. se trouvent encore dans les archives du château.

Un aveu de 1580, deux états des terres, ventes, relevant noblement et roturièrement de Chambrette, aux années 1734 et 1735, démontrent que la seigneurie de l'Échasserie et presque tous les domaines ou villages de la paroisse de la Bruffière relevaient de Chambrette, située dans la paroisse des Landes-Genusson. Chambrette relevait à son tour, du seigneur suzerain de Tiffauges, qui était seigneur échevin des fiefs étant dans la moitié du Poitou et qui se payaient à Thouars.[38]

 

La filiation des seigneurs de l'Échasserie peut s'établir dès le milieu du XIIIe siècle, ainsi qu'il suit : (Cette filiation est la reproduction de celle que M. Bauchet-Filleau a donnée dernièrement dans son savant ouvrage sur les familles du Poitou, avec quelques additions et corrections tirées des archives de l'Echasserie.)

Charbonneau 1250-1742

1. Guillaume Charbonneau, qualifié varlet[39] en 1250, seigneur de l'Échasserie, épousa, vers 1280, Marguerite de Lucé, fille de Jean, seigneur des Duches (Bretagne) et d'Olive Salbœuf ;

II. Jean, écuyer, épousa Denise de Bizé : dont 1° Guillaume qui suit, 2° Péronelle, mariée à Olivier de la Roche-Saint-André ;

III. Guillaume, écuyer, seigneur de l'Échasserie, marié, vers 1350, à Catherine du Vergier, dame de la Grèze, eut pour fils :

IV. Guillaume, écuyer, seigneur de l'Échasserie, marié, en 1376, à Peronelle Maynard. Ils eurent pour enfants : 1° Jean, qui suit ; 2° Guillaume, auteur de la branche des seigneurs de la Fortescuyère, marié à Hesseline le Maignan.

V. Jean, écuyer, seigneur de l'Échasserie, marié à Jeanne de la Tousche, fille de Jean, seigneur de la Tousche-Limouzinière et de Gillette de Bohan, eut 1° Amaury, 2° Marie, qui épousa Jean de Peillac ;

VI. Amaury, écuyer, seigneur de l'Échasserie, servit au ban du Poitou, en 1467. Il avait épousé, en 1449, Jeanne de Peillac, fille de Gallois, écuyer, et de Catherine de Saint-Aignan, dont :

VII. Jean, écuyer, seigneur de l'Échasserie, marié, en 1478, à Renée de la Haye, fille de Nicolas de la Haye, écuyer, seigneur de la Forest, de la Godelinière, etc... et de Catherine de Volvire, de la Beslière, qui eut : 1° Amaury, qui suit, - 2° Françoise, mariée, le 21 octobre 1514. à Jean Boux, écuyer, seigneur du Teil, - 3° Guillaume, écuyer, marié à Louise de la Forest. dont Symphorien, né à la Bruffière, le 20 octobre 1513 ;

VIII. Amaury, écuyer, seigneur de l'Échasserie, fit aveu, le 27 avril 1524, au château de Montaigu ; il épousa, en 1507, Anne de la Cour, fille de Jean de la Cour, écuyer, et de Gillette de Rochefort, dont il eut :

IX. Pierre, écuyer, seigneur de l'Échasserie, marié, en 1542, à Renée Hatton, fille de Jean Hatton, écuyer, seigneur de la Mazure, et de Françoise de Rougé, dont :

X. Marin, écuyer, seigneur de l'Échasserie, du Haut-bois, de la Tourtellière, de la Bréhouère, etc. qui passa des actes, le 13 juin 1583, et en 1589. Il avait épousé, le 4 novembre 1574, Jeanne Tourtereau, fille de Louis, écuyer, seigneur de la Tourtellière, et d'Anne Hervé de la Pilletière dont il eut :

XI. Louis, chevalier, seigneur de l'Échasserie, qui acheta, en 1609, la Copechagnière et la Gravère (Vendée). Marié, le 16 août 1598, à Catherine de Plouer, fille de Galéas de Plouer, écuyer, seigneur de la Marine, et de Catherine Piniot, il eut : 1° Gabriel, qui suit. - 2° Marguerite, qui épousa Dimanche du Raynier, chevalier, seigneur de Chézelle, en première noces ; puis Daniel de la Roche-Beaucourt, chevalier, seigneur de Saint-Chamont. - 3° Louis, chevalier de Malte, en 1626, tué à la Chaize-le-Vicomte. - 4° Philippine, mariée à Gilbert de Villeneuve, écuyer, seigneur du Plessis-Rouay, - 5° Anne, mariée à Gabriel Baudry d'Asson, écuyer, seigneur de la Rondardière, fils de René Baudry, écuyer, seigneur d'Asson, et de Renée Jousseaume. - 6° Charles, auteur de la branche de la Moricière, marié à Isabeau le Milignan, fille de Jean le Maignan, chevalier, seigneur de l'Escorce, et de Renée Bougrenet. - 7° Constance, décédée à l'Échasserie et inhumée dans l'église de la Bruffière, le 14 septembre 1603 ;[40]

XII. Gabriel, chevalier, seigneur de l'Échasserie, est mentionné dans le rapport de Colbert[41] en 1664 : "Vieux gentilhomme qui a servi en son temps, est catholique, a 12,000 livres de rentes, a eu plusieurs enfants mâles ; l'aîné est mort laissant deux enfants. Cette maison est de bonne noblesse du Bas-Poitou." Il épousa à Nantes, le 22 février 1628, Françoise de Cadaran[42], fille de François de Cadaran, chevalier, seigneur de Villaine, et de Françoise de Vaucouleurs dont il eut : 1° N., père de deux enfants sans doute décédés jeunes ; - 2° Gabriel, qui suit ; - 3° Anne, religieuse à Fontevrault ; - 4° Marie, qui épousa N., écuyer, seigneur de la Maloine ; - 5° Marquise, mariée à René Bejaud, écuyer, seigneur de Cherves ; - 6° Françoise, qui épousa, en 1662, René de BechiIlon, écuyer, seigneur de la Girardière ; - 7° Alexis, auteur de la branche de Saint-Symphorien[43], marié à Gabrielle d'Escoubleau, veuve de Gilles de la Roche-Saint-André, à Montaigu, le 2 mars 1671.

XIII. Gabriel, chevalier, seigneur de l'Échasserie, de la Rochette, etc., chevalier de Malte en 1657, marié, en 1665, à Anne d'Avaugour[44], fille de N. d'Avaugour, écuyer, seigneur de la Rochette, et d'Anne Descartes, eut : 1° Gabriel-Charles, probablement décédé jeune ; - 2° Françoise, mariée, le 30 janvier 1693, au comte François de Marbœuf, chevalier, seigneur de la Saminière, dont Alexis, seigneur de l'Échasserie, ci-après ; - 3° Gabriel-Martial, qui suit ; - 4° Louis-François, né en 1672.

XIV. Gabriel-Martial, chevalier, seigneur de l'Éschasserie et de la Rochette, capitaine de dragons, né à l'Échasserie, en 1667, décédé à Paris, le 7 novembre 1717, marié à Anne Servanteau, qui se remaria à Charles de Jay de Mianne. Il eut de son mariage une enfant posthurne : Marie-Anne Esprit, née à l'Échasserie, le 18 janvier 1718, et mariée dans la chapelle du château, le 12 mars 1737, à messire Charles-François de Granges de Surgères, marquis de Puyguyon, premier gentilhomme de la manche[45] de monseigneur le Dauphin, colonel du régiment de son nom, Infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de saint Louis, demeurant au palais de Versailles[46] ;

Alexis, comte de Marbeuf, fils du comte François de Marbeuf et de Françoise Charbonneau, hérita de la terre de l'Échasserie, à la mort de la marquise de Puyguyon, sa cousine-germaine, décédée en mars 1738, sans postérité. II se qualifie alors, dans quelques actes, "seigneur de l'Éschasserie" ; mais, dès le 15 mars 1742, il revend cette propriété à Anne Servanteau, qui suit.

Servanteau, 1742-1806.

I. Anne, fille d'André Servanteau, écuyer, conseiller du roi, Maison et Couronne de France et ses Finances, et de damoiselle Bedeau veuve de Gabriel-Martial Charbonneau, chevalier, seigneur de l'Echasserie, se remaria le 8 décembre 1720, dans la chapelle du château, à Charles-François de Jay de Mianne, chevalier de Saint-Louis, brigadier des armées du Roi, gouverneur de la citadelle d'Arras, lieutenant et commandant pour sa majesté au château, ville et comté de Nantes, décédé à l'Echasserie, le 7 août 1759[47]. ElIe augmenta notablement sa fortune, car, le 7 novembre 1719, elle achète la terre et seigneurie de la Guessière, paroisse de Beaulieu ; le 14 juillet 1723, la métairie de la Robinière ; le 1er février 1724, la métairie de la Copechanière, paroisse de la Bruffière, et du Chesne, paroisse des Landes ; le 12 septembre 1731, la terre et seigneurie de la Fortescuyère ; le 6 août 1741, une métairie à la Foucherie, paroisse des Landes, etc. Enfin, n'ayant point d'enfant de son second mariage, elle racheta, après la mort de sa fille unique, la marquise de Puyguyon, le château et seigneurie de l'Echasserie du comte Alexis de Marbeuf, le 15 mars 1742. Elle y réunit les nombreux enfants de son frère, André Servanteau, chevalier, seigneur de Laudardière et de la Brunière, devenus orphelins ; y maria successivement ses nièces Anne, Rose, Catherine et Louise, qui reçurent la bénédiction nuptiale en l'église paroissiale de la Bruffière ; les institua, tous, ses héritiers, laissant au fils aîné la seigneurie de l'Echasserie, les regardant, en un mot, comme ses propres enfants, et dont, par suite, nous allons donner les noms : 1° André, qui suit ; - 2° Henri, chevalier, seigneur de la Brunière, capitaine de dragons au régiment Dauphin, marié à Marie-Florence Massé des Longeais ; - 3° Anne, mariée en 1739, à la Bruffière, à Alexis Charbonneau de Saint-Symphorien ; - 4° N..., mariée à Henri Morisson, chevalier, seigneur de la Bassetière ; - 5° Rose-Françoise, mariée, en 1744, à la Bruffière, à Joseph Lodre, écuyer, contrôleur des guerres ; - 6° Marie-Catherine, mariée, en 1747, à la Bruffière, à Jean de Vieux, seigneur du Grand-Pin-Sauvage ; - 7° Marie, mariée à N... Leclair de Launay, écuyer, commissaire de marine ; - 8° Suzanne, mariée à la Bruffière, en 1759, à Charles Guillon de Beauregard, chevalier de Saint-Louis, seigneur du Plantis ; - 9° N..., religieuse à Saint-Sauveur-de-Montaigu.

II. André, chevalier, seigneur de Laudardière, fils aîné d'André Servanteau, chevalier, seigneur de Laudardière et de la Brunière, et de Marie Goullard, devint seigneur de l'Echasserie, à la mort de sa tante, Anne Servanteau (juin 1762), qui l'avait institué son héritier pour cette terre et seigneurie, qui comprenait les métairies de l'Echasserie, du Chenil, de Beauregard, de la Grande et de la Petite-Roulière, de la Verdonnière, de la Poutière, de la Paillotière, du Moulin-Charbonneau, du Bois-Potet (paroisse de la Bruffière), de la Vincendière, de la Robinière, de la Crespelière, de l'Ouvrardière (paroisse des Landes-Genusson), de l'Auvrenière (paroisse de Treize-Septiers). (Partage du 29 juillet 1762.)

Les Servanteau étaient originaires de l'Election des Sables ; ils portaient : "d'azur à cinq macles d'or posées en barre." On voit encore, dans la cuisine du château, une plaque de foyer à leurs armes qui, malheureusement, est écornée. André avait épousé Marie-Thérèse Surineau, et n'eut, de ce mariage, qu'un fils unique.

III. Charles-André, chevalier, seigneur de l'Echasserie, chevau-léger de la garde du roi, marié à Marie-Yolande Baudry d'Asson, fille de René-Esprit Baudry d'Asson, chevalier, et d'Anne-Françoise-Hyacinthe de Goulaine. Sa charité bien connue le porta, en 1788, à établir, en faveur des pauvres de la Bruffière, une rente de 150 francs, au capital de 3,000 francs[48]. Cela ne l'empêcha pas de se commettre avec les révolutionnaires et de partager entièrement leurs idées. La scène du 14 juillet 1790, racontée précédemment, nous l'a montré à l'œuvre. Il ne se contenta pas de cette première démonstration[49]. On a vu aussi que sa conduite privée ne fut rien moins qu'honorable.

Sa mort violente fut attribuée, avec raison, aux royalistes, furieux de voir l'ancien chevau-léger du roi pactiser avec les hommes de la Révolution. Charles Servanteau ne laissa pas d'enfant de son mariage avec Marie-Yolande Baudry d'Asson[50].

Servanteau avait notablement augmenté ses domaines de la Bruffière. Il avait acheté de M. Dardel une maison au bourg ; de ses cousines-germaines les Dlles Charbonneau de la Pilletière (Vieillevigne), la Copechagnière et Grand-Villiers ; et de la veuve Amoureuse de Vernusson (le 27 février 1792), la maison de la Grange avec ses dépendances ; des métairies à la Guignardière, Poinstière, Saint-Père, Grande-Etonnelière et la borderie de Chupeau. A sa mort, Yolande Baudry, pour redevenir légataire universelle, obtint d'abord, moyennant la promesse d'une rente viagère de 600 fr., une renonciation de Jeanne Garreau, (la fille de confiance du seigneur de l'Echasserie), au second testament de Servanteau, lequel donnait à celle-ci les métairies de la Grande-Roulière, de la Pinelière et de la Petite-Roulière, avec toutes les rentes de blé dues à l'Echasserie. Mais Jeanne Garreau fit, quelques années plus tard, un procès, sous prétexte de dol, et obtint de rentrer dans son legs. La veuve Servanteau, qui s'était remariée à Pierre de Simondès, conserva, à titre de douaire, l'usufruit des quatre métairies de l'Ouvrardière et la métairie de la Foucherie, situées dans la paroisse des Landes-Genusson.

Pendant la guerre de Vendée, le château de l'Echasserie devint un monceau de ruines dont on ne put rien conserver…… les murs du parc et du jardin abattus dans un grand nombre d'endroits... Toutes les métairies, à l'exception de la Belourdière (Boulordière), furent brûlées…[51]

La principale tour, que l'épaisseur de sa maçonnerie avait rendue invulnérable, servit alors aux chefs Vendéens à renfermer des prisonniers de guerre, en particulier des gardes-nationaux de la Gironde, envoyés pour combattre l'insurrection ; pendant que la cloche du château, transportée au village de la Grenotière, et placée au haut d'un maronnier, convoquait discrètement les fidèles à la messe de l'ancien curé de la paroisse, M. Garaud, prêtre réfractaire, resté, au péril de sa vie, au milieu de son troupeau.

IV. - 1° Marie Servanteau, épouse de Jacques Gentet de la Chesnelière ; 2° Geneviève Servanteau, épouse de Joseph Jannet de la Bauduère, toutes deux filles d'Henri Servanteau de la Brunière et de Marie Massé des Longeais ; 3° Marie Eulalie de Lodre, épouse de Jacques Mercier de Lépinay, fiIle de Rose Servanteau et de Joseph Lodre ; 4° Louise de Vieux, et 5° sa sœur Françoise, fiIles de Catherine Servanteau et de Jean de Vieux ; 6° Anne, et 7° TranquiIle Charbonneau, fiIles d'Anne Servanteau et d'Alexis Charbonneau, héritières natureIles de Charles Servanteau, leur cousin-germain, devinrent, en vertu d'un procès-verbal de partage du 25 floréal an VIII, propriétaires, chacune pour 1/15, du château et des fermes qui composent actuellement la terre de l'Échasserie, du Chenil, de Beauregard et de la PaiIlotière, commune de la Bruffière, et des métairies de l'Ouvrardière et de la Foucherie, commune des Landes-Genusson, et de l'Audardière, commune de Coëx.

En vertu du même procès-verbal, la Nation s'empara des fermes de la Verdonnière, en la commune de la Bruffière, et de la Crépellière, Vincendière, Robinière en la commune des Landes-Genusson, de l'Auvrenière, commune de Treize-Septiers, et de fermes situées communes de Coëx et d'Apremont, formant les 8/15 de la succession, comme représentant soi-disant des autres héritiers réputés émigrés, savoir : 1° Servanteau, frère des dames Gentet de la Chesnelière, et Janet de la Bauduère ; 2° et 3° les dlles de Lodre, épouses de N. de la Roche-Saint-André et de N. de Loynes Boisbaudron, sœurs de la dame Mercier de Lépinay ; 4° de Vieux, frère de Louise et de Françoise de Vieux ; 6° Morisson de la Bassetière ; et 7° Servanteau, enfant naturel de Charles Servanteau et son héritier pour 2/15.

La Vincendière, grâce à ses bâtiments en ruines et ses landes, ne put trouver d'acquéreur, et redevint la propriété des émigrés ci-dessus nommés, à leur retour en France. La Verdonnière et la Crépelière furent vendues comme biens nationaux, mais en apparence seulement, car l'acheteur, M. Robert, de Nantes, se mit en rapport avec M. Gentet de la Chesnelière, qui, fondé de pouvoirs des émigrés, lui vendit préalablement ces deux métairies et établit M. Robert en son lieu et place, à la vente de ces deux fermes, faite au tribunal de Cholet. La Robinière seule fut vendue nationalement à un sieur Toureau, qui revendit plus tard, en 1818.

Richard de la Vergne, 1806.

1. Louis-François Richard de la Vergne[52] fit, le 17 juin 1806, l'acquisition du château et des fermes de l'Échasserie, du Chenil, de Beauregard, de la Grande-Étonnelière, de la Belourdière (Boulordière) et de Saint-Père, commune de la Bruffière ; de l'Ouvrardière et de la Foucherie, commune des Landes-Genusson.

La vente en fut faite directement à l'acquéreur : 1° par Marie Servanteau, épouse de Jacques Gentet de la Chesselière ; 2° Geneviève Servanteau, épouse de Joseph Janet de la Bauduère ; 3° Eulalie de Lodre, épouse de Jacques Mercier de Lépinay ; 4° Anne de Vieux, épouse de N. Moreau des Moulières ; 5° et 6° Anne et Tranquille Charbonneau.

Marie-Yolande Baudry d'Asson, remariée à N. de Simondès, jouissait encore à cette époque de l'usufruit des quatre fermes de l'Ouvrardière et de la ferme de la Foucherie, mais elle mourut quelques mois après l'acquisition.

Le 7 octobre de la même année, M. Richard de la Vergne échangea avec Jeanne Garreau, la légataire de Charles-André Servanteau, devenue épouse de Pierre Duret, charpentier, les métairies situées à la Grande-Etonnelière, la Belourdière (Boulordière) et Saint-Père, contre la métairie de la Grande-Roulière, qui joignait les terres de l'Echasserie. - Le 2 octobre 1811, par un autre échange avec Me Rigaudeau, notaire, il devenait propriétaire de la Petite-Roulière et d'une seconde ferme, à la Foucherie. (Me Rigaudeau tenait la Petite-Roulière de Jeanne Garreau, qui lui avait vendu cette partie de son legs, le 17 floréal, an VI ; et la Foucherie, d'une vente faite par Rose Grellier de Concive, veuve de Guillaume Assailly).

Enfin, le 28 février 1818, il achetait la borderie de la Vincendière de Jean-Baptiste-Henry Morisson de la Bassetière, père, propriétaire ; de Charles de la Roche Saint-André, chevalier de Saint-Louis, et de Anne-Marie-Rose Lodre, son épouse ; de Marie-Eulalie Lodre, veuve Mercier de Lépinay, chevalier de Saint-Louis ; de Joseph Mercier de Lépinay, officier d'infanterie, et Victoire Gentet de la Chesnelière, son épouse, comme co-tuteur et tutrice de Charles et Augustin Servanteau de la Brunière ; de Jean-Pierre-Firmin, comte de Vieux, ancien officier de cavalerie ; d'Henri-François-Louis de Cacqueray de Valmenière, chevalier de l'ordre du Phénix, comme tuteur légal d'Augustine-Madeleine-Virginie de Cacqueray, sa fille, et d'Alexis-Aimé Moreau des Moullières, propriétaire, et d'Adélaïde-Rose-Victoire de Cacqueray, son épouse.

Ces achats et ces échanges reconstituèrent la terre de l'Echasserie, telle qu'elle existe actuellement. Les ruines du château qui ne purent être restaurées furent déblayées par les soins de M. Richard de la Vergne, qui fit relever toutes les métairies incendiées par les colonnes républicaines.

Dès le 25 octobre 1822, il rétablit entre les mains du curé et du maire une ancienne rente de 150 francs au capital de 3.000, au profit des pauvres de la Bruffière. Une lettre de l'évêque de Luçon, du 24 juin 1826, le remercie de sa charité envers les pauvres et de ses libéralités pour l'œuvre du Séminaire. Il avait épousé, le 17 octobre 1791, Rosalie Poupard, fille de Charles Poupard, écuyer, avocat au parlement de Paris, reçu, en 1779, conseiller-maître en la Chambre des Comptes de Bretagne, et de Marie Gentet du Plessis. C'est de ce mariage que, vingt-huit ans après, naquit :

II. François-Marie-Benjamin

Né le 1er mars 1819, prêtre à la fin de 1844 ; chanoine de l'église-cathédrale de Nantes, à Pâques 1845 ; vicaire général du diocèse de Nantes en 1850 ; évêque de Belley en 1871 ; archevêque de Larisse et coadjuteur du cardinal-archevêque de Paris en 1875 ; archevêque de Paris en 1887 ; cardinal en 1889, devenu propriétaire de l'Echasserie, à la mort de son père, le 13 novembre 1839. En 1870, il fit faire quelques travaux de restauration pour y recevoir son neveu, M. Couëspel du Mesnil[53] avec ses enfants, et le chargea de l'administration de ses biens. Depuis lors, s'échappant, presque chaque année, aux nombreuses occupations de sa charge, il vient à l'Echasserie pendant quatre ou cinq jours, bien employés à aller visiter ses fermiers et s'entretenir avec eux de leurs affaires, à recevoir les pauvres de la localité et s'informer de leurs besoins, à présider les cérémonies religieuses et à adresser de pieuses exhortations aux fidèles dans les églises de la Bruffière et de Saint-Symphorien.

Par ses soins, une maison d'école est élevée, en 1870, au hameau de Saint-Symphorien ; la direction en est confiée aux Religieuses de la communauté de Mormaison, à laquelle il en fait don, le 21 décembre 1871. Un peu plus tard, il offre, dans le même endroit, un terrain pour servir de cimetière. En 1888, nous le voyons encore à Saint-Symphorien bénir le clocher de l'église et accepter, l'année suivante, d'être parrain de la grosse cloche, nommée "Françoise". Il se fait représenter à cette cérémonie (présidée le 27 octobre 1889 par M. l'abbé de Suyrot, missionnaire apostolique, chanoine de la cathédrale de Luçon, délégué à cet effet par Monseigneur de Luçon) par son neveu, M. Couëspel du MesniI. La marraine est Geneviève des Nouhes, épouse d'Alphonse Couëspel du Mesnil.

Le 2 septembre 1889, le cardinal, nouvellement promu, reçoit, à son arrivée à l'Échasserie, la visite de Mgr Catteau, évêque de Luçon, venu pour le complimenter, et le 9, il donne solennellement le baptême, dans l'église provisoire de la Bruffière, à son arrière - petit-neveu Georges, fils d'Alphonse Couëspel du Mesnil et de Geneviève des Nouhes, et à son arrière-petite-nièce Anne de Kerdudal, fille de Paul Le Mauff de Kerdudal et de Cécile Couëspel du Mesnil.

A la Bruffière, le 4 septembre 1890, en présence de l'évêque de Luçon, d'un nombreux clergé, de beaucoup de notabilités et de la population tout entière, il préside la bénédiction de la nouvelle église paroissiale, et y baptise, aussitôt après, son arrière-petite-nièce Anne Couëspel du MesniI, fille des précédents.

Le 13 avril 1892 naquit, à l'Échasserie, Madeleine, fille d'Henry Couëspel du MesniI, capitaine d'infanterie, et de Louise de la Motte de la Motterouge, ondoyée le même jour en l'église de Saint-Symphorien. Nouvelle bénédiction, au mois d'août 1892, par le cardinal, d'une croix qu'il avait fait élever au village de l'Ouvrardière, paroisse des Landes-Genusson, en présence du clergé de la paroisse, du chapelain de Saint-Symphorien et de la population environnante, etc.

 

Le document suivant est une charte en latin, portant la date de 1235, et, par conséquent, bien antérieur aux pièces qui ont été utilisées précédemment pour l'histoire de la seigneurie de l'Échasserie. Cette charte est intéressante par les noms de lieux qu'elle contient, Les lecteurs auxquels le pays de la Bruffière n'est pas étranger n'auront pas de peine à reconnaître les noms des villages de la Roulière, la Pinelière, la Chartancière (?), l'Echasserie, dont le donateur était propriétaire en tout ou en partie.

 

donation faite par guillaume sauvage

et catherine, sa femme

aux templiers de la madeleine de clisson

 

"Notum sit omnibus cartulam presentem inspecturis, quod ego Willelmus Sauvage (Guillaume Sauvage, seigneur du Grand-pin-Sauvage, dans la paroisse de Cugand), cum assensu Katherinæ, uxoris meæ et Rag. et Sebile, filiorum meorum, dedi et concessi Deo et fratribus miliciæ templi de Clicio (aux frères de la milice du Temple, de la Madeleine de Clisson), in puram et perpetuam elemosinam quiquid juris et dominii habebam et percipiebam in villa quæ vocatur la Roelere, et in villa quæ vocatur la Pinelere, et in villa quæ vocatur la Tartosere, et in villa quæ vocatur la Gaulere, et in villa quæ vocatur Lechacerie, libere et pacifice in perpetuo possidendum. Insuperdedi et concessi dictis fratribus, sub prædicta forma homagii, quod habebam super Willelmo Gautier, milite, et quingentos solidos de servitio quos a dicto milite, annis singulis, percipiebam, in festo omnium sanctorum annuatim dictis fratribus persolvendos. Katherina vero, uxor mea, tactis sacrosanctis evangeliis juravit quod nec per se, nec per aliquos contra hujus modi elemosinam ullo tempore veniret, nec aliquid ratione dotis, vel qualibet alia ratione in dicta elemosina peteret, expresse renuntians novellæ constitutioni et beneficio senatus consulti velleiani, et omni auxilio sibi competentinam de jure canonico quam civili. Ad majorem autem hujus rei noticiam, Mauricius, tum temporis decanus de Clicio, ad petitionem partium, præsenti cartulæ sigillum suum apposuit in veritatis testimonium et munimen. Datum anno Domini millesimo ducentesimo trigesimo quinto."

 
LA GRANGE
     

La Grange est un ancien hôtel d'assez bonne apparence, mais qui ne peut guère être appelé château que par hyperbole. La construction en est simple, sans tours ni tourelles, sans douves ni aucun des ornements architectoniques de l'époque féodale. Une belle avenue plantée d'ormes y conduisait jadis du bourg ; de hauts maronniers, qui s'élevaient dans la cour d'entrée, en ombrageaient discrètement la façade. Sa situation aux portes du bourg, en avant d'un grand et beau jardin qui unissait l'utile à l'agréable, devait en faire une charmante résidence dans les goûts d'autrefois.

Les registres paroissiaux nous font connaître les noms des familles qui habitèrent cet hôtel.

Françoise Richard, dame de la Grange, se maria à noble homme Georges de Masalue, sieur de la Souchais et du Boishuaud, licencié ès-lois, avocat au parlement, conseiller du roi. - Le 19 mars 1693, elle est marraine d'une cloche en l'église de la Bruffière, à laquelle elle donne les noms de Radégonde-Françoise. Elle était fille de maître Nicolas Richard et de dame Sébastienne Maingueneau de la Grange. Elle eut pour enfants : 1° François, prêtre, curé de Saint-Hilaire-de-Loulay (1710-1714), recteur de la Bruffière en 1739 ; 2° Pierre, qui suit ; 3° N..., sieur de Boishuaud, dont le fils épousa sa cousine-germaine, fille du précédent ; 4° Renée, vivante en 1787 ; 5° Françoise, demoiselle de Saint-Père, décédée à la Bruffière en 1778.

- Pierre de Masalue, sieur de la Grange et de la Poinstière, avocat au parlement, sénéchal de Tiffauges, demeurant à la Grange, décédé vers 1750, laissa une fille :

- Marie-Anne-Françoise de Masalue, décédée dans les prisons de Nantes, en décembre 1793. Elle s'était mariée, en premières noces, à son cousin-germain Pierre de Malasalue, sieur du Boishuaud, avocat au parlement, sénéchal de Tiffauges ; et, en secondes noces (1755), avec Martial-Amoureuse de Vernusson, chevalier, commissaire et président des assemblées des Marches, décédé à la Grange, le 21 novembre 1786, à l'âge d'environ 50 ans[54]. N'ayant point eu d'enfant, elle vendit la Grange en 1792, en se réservant l'usufruit.

- Charles-André Servanteau de l'Échasserie acheta, le 27 février 1792, de la veuve Amoureuse de Vernusson, la maison de la Grange avec ses dépendances.

En février 1796, Charette, qui se trouvait à la Bruffière, soutint, à la Grange, un de ses derniers combats. Attaqué par un détachement de Bleus venant de Clisson, il s'y défendit en couvrant le bourg. Mais averti qu'une colonne plus nombreuse arrivait de Montaigu, il se retira avec sa faible troupe en se dirigeant vers Saint-Symphorien[55].

- En 1812, sépulture, à la Bruffière, de N... Moreau, écuyer, seigneur de la Grange et des Moullières, fils de Jean-François-Joseph Moreau, écuyer, seigneur de la Grange. Il avait été marié, à Cugand, à Anne, filIe de Jean de Vieux, seigneur du Grand-Pin-Sauvage, et de Catherine Servanteau, cousine germaine et héritière de Charles-André Servanteau de l'Échasserie, mentionné ci-dessus, dont :

- Alexis-Aimé Moreau des Moullières, maire de la Bruffière sous la Restauration, décédé à Bordeaux en 1825, marié, en premières noces, le 3 mars 1813, à Marie, filIe de N... Clémenceau de la Série et de Amélie Girard de Villars, dont un fils né à Nantes en 1814 ; et, en secondes noces, avril 1816, à Adélaïde, filIe de François-Louis, comte de Cacqueray de Valmenière, chevalier de l'ordre du Phénix, et de Charlotte-Emilie-Rose de Charbonneau, dont quatre enfants.

- En 1825, la famille des Moullières vend la Grange à M. de Baillet de la Brousse, officier, marié à Valérie Bouhier de l'Ecluse, fille de Julie de Rorthays et de Robert Bouhier de l'Ecluse (celui-ci d'une vieille famille Sablaise), et sœur de Constant Bouhier de l'Ecluse qui fut représentant de la Vendée aux Assemblées de 1848 et de 1849, et député des Sables-d'Olonne, après le coup d'État de 1851.

M. de Baillet, mort sans enfant en 1831, la Grange resta à sa veuve, qui épousa son cousin-germain, Constant de Rorthays, dont :

- Le comte Emmanuel de Rorthays, officier dans l'armée de François II, dernier roi de Naples ; décoré de l'ordre de François 1er ; rédacteur à l'Espérance du peuple de Nantes, en 1868 ; fondateur et rédacteur en chef de la Gazette de l'Ouest, en 1869 ; commandant des éclaireurs à cheval de la Loire-Inférieure, en 1870 ; préfet du Morbihan, sous le gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. Il épousa, le 28 juillet 1858, mademoiselIe Marie-Victoire-Inez de Girardin[56]. De ce mariage :

1° Marie-Thérèse, baptisée à la Bruffière en septembre 1864. Parrain et marraine M. le comte et Mme la comtesse de Chambord, représentés par le comte Arthur de Bouillé et son épouse, fille de Bonchamps, dont le fils et le petit-fils, les comtes Fernand et Jacques de Bouillé, succombèrent glorieusement, le 2 décembre 1870, à Loigny, sous le drapeau du Sacré-Cœur. Elle a épousé Édouard Adam, lieutenant de vaisseau, chevalier de la Légion d'honneur ; - 2° Édith ; - 3° Gilbert.

 

 

Erratum : A la date de 1882, nous avons omis de mentionner l'ordination sacerdotale de M. Clément Boutin, né à la Bruffière, en 1857. Successivement vicaire à Chaillé-les-Marais, à Sainte-Hermine, à Saint-Fulgent et au Poiré-sur-Vie ; nomme curé de Longèves en 1892.

 

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Notes et références 


[1] Qui fut choisi pour être le chef-lieu d'un canton. Les communes qui en dépendaient étaient la Bruffière, la Bernardière, Cugand et Treize-Septiers.

[2] Germain Boffrand, né à Nantes, en 1667, mort en 1754, avait d'abord étudié la sculpture sous Girardon. Il fut ensuite élève de Hardouin-Mansard, qui lui confia la conduite de ses plus grands ouvrages ; il se montra digne de son maître. Ses talents le firent recevoir à l'Académie d'architecture, en 1709. Plusieurs souverains d'Allemagne le choisirent pour leur architecte, et firent élever beaucoup d'édifices considérables sur ses plans. Ingénieur et inspecteur général des ponts-et-chaussées, il fit construire un grand nombre de canaux, d'écluses, de ponts, et une infinité d'ouvrages mécaniques. On a de cet architecte un ouvrage curieux et utile, intitulé : Livre d'architecture, Paris, 1745, in-folio, avec figures.
L'auteur expose les principes de son art, et donne les plans, profils et élévations des principaux bâtiments civils, hydrauliques et mécaniques qu'il a fait exécuter en France et dans les pays étrangers. En 1720, il restaura le palais du Petit-Bourbon, à Paris, aujourd'hui le Petit-Luxembourg ; en 1737, il fut chargé de la décoration intérieure de l'hôtel de Soubise (palais des Archives, à Paris). On lui doit aussi les hôtels de Guerchy, de Voyer, de Duras, de Tingry ; la porte de l'hôtel de Villars ; l'hôpital des Enfants-Trouvés ; le puits de Bicêtre ; le pont de Sens ; les châteaux de Lunéville et de Harroné, en Lorraine ; celui de Bosette, prés de Melun ; le palais de Nancy ; la résidence de Wurtzbourg ; et le château de la Favorite, près de Mayence.
L'un des élèves de Boffrand, nommé Patte, publia une notice sur le maître.

[3] Ce Charles-François de Granges-Surgères, fils de Gilles de Granges-Surgères, seigneur de la Flocellière, fut colonel du régiment d'infanterie de son nom et lieutenant-général en Italie, en 1735, pendant la Guerre de succession de Pologne ; il fut aussi l'un des ministres plénipotentiaires de France au Congrès de Vienne où fut conclu le traité qui termina la guerre.

[4] Les Archives ont raconté son martyre dans une forêt de Kononama, à la Guyane française, où il fut déporté avec M, l'abbé Ténèbre, le 10 mars 1798. (Voir la notice concernant Basoges-en-Paillers, p. 306 du tome 1er, note 2e.)

[5] Notons, en passant, que sous l'ancien régime si décrié de nos jours, on avait grand soin des pauvres. Les mots soulignés dans la délibération précédente nous apprennent, en effet, que l'on nommait alors, chaque année, à la Bruffière des hommes dont la mission était de s'enquérir de la situation des malheureux, afin de leur venir en aide au nom et avec les ressources de la paroisse, et qui, pour cela, portaient le nom si chrétien de Pères des pauvres.          N. D. L. R.

[6] La tradition rapporte qu'il avait entraîné à sa suite, à défaut du curé et du vicaire, les chantres revêtus de leurs chapes. A l'occasion de cette même fête, il aurait eu aussi l'idée originale de faire peindre en tricolore les corniches de son château. Quelques traces de peinture rouge, encore visibles sur les corniches existantes, semblent confirmer le fait.

[7] Les désordres de sa vie privée que la naissance d'un enfant adultérin, Charles-André, ne contribua pas à dissimuler, non moins que son adhésion ouverte aux idées de la Révolution, éloigna peu à peu Yolande Baudry, son épouse, du foyer domestique. Révoquant ses premières dispositions testamentaires en sa faveur, il légua, a la date du 21 septembre 1792, à Jeanne Garreau, qualifiée de "fille de confiance" les métairies de la Grande-Roulière, de la Pinelière et de la Petite-Roulière, avec toutes les rentes de blé dues à l'Echasserie. De tels faits se passent de commentaires.

[8] D'après l'Etat du diocèse de Nantes, la paroisse de la Bruffière est citée dans une charte de 1287. Son nom s'écrivait anciennement Brefier.

[9] D'après les registres paroissiaux, c'est le 22 novembre. (Archives, p. 453.)

[10] L'Etat du diocèse de Nantes porte à tort Hyacinthe Blanchard, né à Machecoul.

[11] L'Etat du diocèse de Nantes en 1790 porte par erreur : les Grands-Clous.

[12] Le petit et le grand Coubrenier (paroisse de Cugand).

[13] D'après M. Grégoire, Etat du Diocèse de Nantes en 1790, et M. Lallié, Le Diocèse de Nantes, pendant la Révolution, M. Robert mourut en 1797.

[14] Le marronnier existe toujours. Pendant longtemps on a pu y voir, a l'une des basses branches, les deux bras de fer qui soutenaient la cloche. - Il a été chanté par M. l'abbé Paul Boutin, dans un charmant petit poème que la Semaine Catholique a publié dans son n° du 28 mai 1882.

[15] Ce récit de la mort et de la sépulture de M. Garaud, appuyé sur la tradition populaire, repose assurément sur une base sérieuse. Cependant, nous devons signaler ici une objection qui demande à être prise en considération. - Dans une lettre du commissaire central du 13 Germinal an VI (n° 297), M. Garaud est désigné comme se cachant dans la commune du Loroux. (Lallié, Le diocèse de Nantes pendant la Révolution). Or, à cette date qui nous reporte à 1797, le soulèvement de la Vendée était terminé ; et, bien que les prêtres fussent encore obligés de se cacher, ils n'avaient pas à redouter les mêmes dangers que par le passé ; et, à la Bruffière notamment, il régnait, dès l'année 1796, un calme relatif qui avait permis aux habitants de se réunir en assemblée, "à l'issue de la messe, et après convocation au prône" et de travailler à la reconstruction de la charpente de l'église. M. Lucas-Championnière, dans ses notes manuscrites sur la guerre de Vendée, dit qu'au mois de janvier 1796, là Bruffière avait rebâti ses maisons et vivait dans la paix. Comment concilier ces faits avec ce que la tradition raconte de la mort et de la sépulture de M. Garaud ? On pourrait répondre à cette objection, en disant que M. Garaud, caché au mois d'avril 1797, au Loroux, revint à la Bruffière, soit la même année, soit l'année suivante, et que sa mort est survenue au moment de l'une de ces tentatives de soulèvement qui ont tenu le pays en alerte de 1796 à 1800. Au reste, si, à cette époque, les prêtres n'avaient pas autant à redouter des attaques à main armée, il y avait toujours contre eux une persécution ouverte, savamment organisée par l'un des leurs, Dillon, ex-curé du Vieux-Pouzauges, devenu préfet du département.

[16] La famille Naud existe toujours au village de Bapaume et conserve religieusement le souvenir du saint prêtre qu'elle a hébergé.

[17] M. Arthur des Mouillières, chanoine honoraire de Luçon, son fIère, était né le 9 janvier 1814. Il est mort le 17 juillet 1882, aumônier des Ursulines de Luçon.

[18] Ces cloches servent encore aujourd'hui. On les a transportées de l'ancien clocher dans le clocher de la nouvelle église ; mais leurs voix cassées, qui s'égrènent en notes plaintives du haut de leur nouvelle demeure, semblent demander qu'on les relève de ce poste et qu'on leur donne des remplaçantes dont les voix sonores s'harmonisent mieux avec la somptuosité de l'édifice. Espérons que cela ne tardera guère.

[19] Sœur de M. l'abbé Georges Simon, vicaire général honoraire, qui lui-même passa une partie de son enfance à la Bruffière, et qu'à ce titre, cette paroisse revendique avec fierté comme l'un de ses enfants.

[20] Le calvaire de la Grange, renversé par une tempéte dans le cours de l'année 1890, a été lui-même remplacé par un autre, le 4 février 1894, à la suite d'une mission. La nouvelle croix est faite d'un superbe pied de pitchpin de 16 mètres d'élévation sur lequel est fixé un christ de deux mètres. Portée en triomphe successivement par dix brigades de soixante-dix hommes chacune, au chant des cantiques, cette immense croix a été plantée, en présence de Mgr l'Evêque de Luçon, sur un tertre assez élevé d'où elle est aperçue de la paroisse entiére.

[21] On dit aujourd'hui la Pointe-à-Pique. Sous ce nom est désignée non seulement la maison susdite, mais tout le groupe des habitations construites à la jonction des deux routes de Boussay et de Cugand.

[22] M. l'abbé Sébastien Girard a utilisé ses loisirs en travaillant à l'histoire de la Bruffière Avec une patience de Bénédictin, il a fouillé un à un tous les registres paroissiaux, compilant avec amour les notes variées et intéressantes qui ont servi à M. l'abbé Pontdevie et à nous-même pour la rédaction de la Chronique de la Bruffière. Nous tenons à lui en exprimer ici toute notre reconnaissance.          Hte B.

[23] Jean Vinet jouissait du bénéfice de la Bretonnière, dans l'église de la Bruffière. Sa famille habitait Cugand. Après avoir été chapelain de Saint-Symphorien, il fut nommé à la cure de Saint-Sulpice-le-Verdon. Pendant la Révolution, il fut traqué par les Bleus, comme réfractaire. Une nuit, dit une tradition religieusement conservée dans sa famille, il fut surpris par eux dans la chambre où il se livrait au sommeil. Ces monstres lui firent subir toutes sortes de tortures et le saignèrent dans son vase de nuit.

[24] L'image de sainte Catherine, brodée sur un côté de la bannière du Rosaire, donne à penser que cette banière servait aussi aux membres de la Confrérie de Sainte-Catherine, confrérie également très ancienne dans la paroisse.

[25] Nous tirons ce renseignement de nos papiers de famille. L'acte notarié qui le contient est daté de 1806.  Hte B.

[26] Les notes qui suivent ont été extraites des archives de l'Échasserie ; - du Dictionnaire des familles du Poitou, par Bauchet-Filleau ; - de l'Etat du Poitou sous Louis XIV, par Dugast-Matifeux ; - des listes des chevaliers de Malte et des pages ; - de l'Armorial universel, de Saint-Allais ; - de l'Armorial des maires de Niort, par Alfred Bonneau ; - de l'Armorial de Bretagne, de Potier de Courcy, etc.

[27] Relevant de l'abbaye de Geneston.

[28] Plusieurs villages dépendant de l'Échasserie se trouvent sur le territoire de la paroisse des Landes-Genusson.

[29] Nous relatons ici les personnages remarquables de toutes les branches de la famille Charbonneau.

[30] Épitaphe rapporté par le Gallia Christiana et le Spicilège d'Achery.

[31] Catalogue des maires de Niort, par Alfred Bonneau.

[32] Armorial de Bretagne, par Potier de Courcy.

[33] Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, par Dom Morice, religieux bénédictin de Saint-Maur.

[34] Son nom figure sur le mausolée de la Chartreuse-d'Auray.

[35] Pour être admis au nombre des pages de la Grande-Écurie, il fallait être d'une noblesse ancienne et militaire et en faire preuve par titres originaux, depuis 1550. On ne les recevait pas qu'ils n'eussent au moins 15 ans et qu'ils ne fussent bien faits et connus pour être de bonnes mœurs.

[36] De la branche des seigneurs de Saint-Symphorien. Les membres des différentes branches prenaient souvent la dénomination de Charbonneau de l'Eschasserie, pour rappeler sans doute leur origine.

[37] L'écu d'argent, sans aucun ornement, représente assez bien l'image du Néant ou de la Mort.

[38] Alexis Charbonneau de Saint-Symphorien, époux de Renée-Françoise Goupilleau, devint seigneur de Chambrette, vers 1700.
D'après un aveu et dénombrement, du 21 décembre 1647, voici quelles étaient, à cette époque, les terres et villages relevant du vicomté de Tiffauges, dans la paroisse de la Bruffière :

"…Un pré, appelé le Pré de la Cour, situé le long de la Sèvre, sous les moulins de Rouet, en la paroisse de la Bruffière, confrontant aux terres du Bois-Potet, et au pied du moulin de Charbonneau ;
Plus la moitié par indivis, qui est le Poitou, des Landes Chatelaines, situées en la paroisse de la Bruffière, confrontant ès métairies et terres du Grand et Petit-Tail, du Recrédy, du Plessis et autres ;
Plus la moitié, qui est le Poitou, des Landes d'Auzaye (pour des Ayes) situées en la dite paroisse de la Bruffière, entre les métairies de la Brosse, du Puy (sur Sèvre), de la Rivaudière (pour la Libaudière), des Plessis Mauffrais et autres ;"

Suit l'énumération des devoirs et des services tant en nature qu'en argent et produits, cens, tailles, bians ou corvées dûs annuellement au vicomté dans les paroisses de Tiffauges, la Bruffière, Cugand, etc. - Le même document ajoute :

"La Bruffière, marche commune de Poitou et de Bretagne, pour une moitié par indivis qui est le Poitou au Touarçois, outre plusieurs villages, métairies et tennements qui sont, pour la juridiction foncière, tenus pour le total prochement dudit Tiffauges, et, entre autres, la métairie de la Pierre-Saint-Aubin, la Grande et la Petite-Martinière (maison noble), le Bois-Potet, la Grand'Penneraye, la Grand'Morinière et tous les moulins sis sur la rivière de Sèvre, en la dite paroisse et autres lieux, selon les anciens titres et usages reçus, en ce regard, de temps immémorial..."

[39] Varlet ou valet, en hébreu valud, titre très fréquent en Poitou, équivalant au titre d'écuyer, et donné aux apprentis du métier des armes.

[40] En 1622, Charbonneau de l'Echasserie s'opposa à l'invasion des Calvinistes en Bas-Poitou. A la demande de François de la Rochefoucauld, gouverneur du Poitou, il se joignit au lieutenant général du roi, Gabriel de Châteaubriant, seigneur des Roches-Baritaud. Tous deux quittèrent le château des Roches-Baritaud (en la commune de Saint-Germain-de-Prinçay). le lundi, 28 février, avec 80 chevaux et 30 mousquetaires, pour aller défendre Talmond que Soubise menaçait. Le chef huguenot, Henri Bastard de la Cressonnière, sortit alors de Mareuil avec un détachement de deux cents chevaux, et les atteignit en route. La lutte, quoique inégale, fut acharnée : Cressonnière y perdit la vie, en même temps que la bataille. Mais la victoire des catholiques coûta aussi la vie au brave Charbonneau de l'Échasserie, qui combattit et succomba en héros chrétien.

[41] Le grand Colbert écrivit à Mazarin, septembre 1659: "J'estime nécessaire que votre Eminence fasse envoyer des ordres du Roy à M. Pellot, intendant en Poitou, pour faire arrêter le chevalier de Saint-Philibert et Leschasserie, qui sont les députés du Poitou, qui ont assisté aux assemblées." (Lettres, instructions, mémoires de Colbert, publiées par Pierre Clément, de l'Institut. - T. l, page 377, Paris, imp. impériale 1861, gr. in-8°.)

[42] Françoise de Cadaran, veuve de Gabriel Charbonneau de l'Échasserie, inhumée dans l'église de la Bruffière en août 1686.

[43] Il eut pour fils : Alexis, écuyer. seigneur de Saint-Symphorien, de Chambrette, etc. marié le 11 février 1701 à Renée-Françoise Goupilleau, fille de Jacques Goupilleau, vicomte de la Guédonnière, et de Renée Rossier, dont :
Alexis-Gabriel, écuyer, seigneur de Saint-Symphorien, né à Montaigu le 10 juin 1703, - page du roi en 1768, marié à Anne-Henriette Servanteau, fille d'André Servanteau, chevalier, seigneur de la Brunière, et de Marie Goulard. Il eut pour enfant : 1° Henri, émigré et fusillé à Quiberon ; - 2° Anne ; - 3° Tranquille.

[44] Anne d'Avaugour fut inhumée dans l'église de la Bruffière, le 10 juillet 1688.

[45] Les gentilhommes de la manche étaient attachés au service personnel des enfants de France depuis l'âge de sept ans jusqu'à leur majorité. Ils les accompagnaient partout ; et comme l'étiquette leur défendait de les tenir par la main, ils ne les touchaient qu'à la manche. De là leur dénomination.

[46] Voir la note que nous lui avons consacrée plus haut.

[47] La pierre tombale de Charles de Jay de Mianne, devenue un seuil de porte au bourg de la Bruffière, après le déplacement de l'ancien cimetière, a été ramenée à l'Echasserie et placée sur un mur, près la chapelle.

[48] On a vu plus haut comment, pour assurer ce capital, don de sa générosité, il hypothéqua tous ses biens, même son château, et comment aussi l'assemblée de la paroisse, reconnaissante, le nomma à vie commissaire du bureau des pauvres.

[49] Le 11 juillet 1791, il se rendit à Tiffauges à la tête de trente à quarante hommes armés, précédés d'un tambour. La troupe pénétra dans les églises Saint Nicolas et Notre-Dame, et brisa les bancs seigneuriaux, dont les débris furent ensuite brûlés sur la place publique.
Pendant la session de l'Assemblée nationale, les révolutionnaires vendéens avaient formé une Société ambulante des amis de la Constitution, pour propager leurs idées subversives. Goupilleau y avait adhéré avec Bouron et Ballard, ses co-députés du Bas-Poitou. Le secrétaire était Charles Servanteau de l'Echasserie. (Notice sur Goupilleau de Fontenay, membre de la Convention nationale, par M. Dugast-Matifeux, p. 17.)

[50] Il ne laissa qu'un enfant adultérin, fruit de ses désordres. Par jugement du tribunal de Fontenay, du 3 fructidor, an VII, ce bâtard, du nom de Charles-André, avait une inscription hypothécaire de 15,000 livres sur la succession de son père. - Il décéda avant 1817.

[51] Note de M. Louis Richard de La Vergne, écrite au moment de son acquisition.

[52] La branche des Richard, sieurs de la Vergne, était originaire des Marches. Elle fournit à l'Eglise des hommes éminents : Pierre Richard de la Vergne, docteur en droit, avocat au parlement de Paris, recteur de la Trinité de Clisson, député de l'ordre du Clergé aux États-Généraux de 1789, pour la province des Marches. Déporté en Espagne pour refus de serment à la constitution civile du clergé ; grand-oncle du cardinal-archevêque de Paris ; - Louis, prêtre de la congrégation de Saint-Sulpice, décédé à Issy, près Paris, le 3 octobre 1820, frère du cardinal. - François-Marie-Benjamin, cardinal-archevêque de Paris. - Nous trouvons aussi un député de Nantes, sous la Restauration, en 1815 et 1816, membre et secrétaire du Conseil général de la Loire-Inférieure, conseiller de préfecture et chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur.

[53] Couëspel, écuyer, de la généralité de Caen, en Basse-Normandie, porte : "d'azur à 3 besants d'argent de fasce, celui du milieu accompagné en chef et en pointe de 2 têtes de lyon d'argent." La branche des sieurs du Mesnil vint se fixer à Nantes, après la Révolution.

[54] Le nom "d'Amoureuse" était gravé sur le palâtre en pierre de la porte de l'ancienne mairie, à la Bruffière, jadis sacristie de l'église. Les assemblées de paroisse se réunissaient à la sacristie de l'église paroissiale, aprés annonces au prône et au son des cloches. Cette inscription semblerait indiquer que l'ancienne mairie avait été construite pendant que Martial-Amoureuse de Vernusson était commissaire et président des assemblées des Marches.

[55] En 1858, lorsqu'on démolit les anciennes servitudes de la maison, situées dans l'endroit où se trouve actuellement la prairie qui borde la route, on trouva une quantité considérable de balles. (Communication de M. le comte de Rorthays, propriétaire actuel de la Grange.)

[56] Mademoiselle Marie-Victoire-Inez de Girardin est fille de Victor de Girardin, qui fut l'un des héros de la Pénissière avec ses trois frères, Eugène, Emmanuel et Egisthe, et petite-fille par sa mère du marquis de Hillerin du Boitissandeau,
C'est à la Grange que se concentra la petite troupe commandée par le colonel Eugène de Girardin. Elle y passa la nuit du 4 au 5 juin 1832, et en partit, le 5, emmenant avec elle un des domestiques de la maison, nommé François, qui fut aussi l'un des combattants de la Pénissière.

 

 

 

 

 


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