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Montaigu-en-Vendée
patrimoine et histoire

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la "Chronique paroissiale de Chavagnes-en-Paillers" (1891)

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.


C’est entre 1889 et 1892 que dans "la Semaine catholique du diocèse de Luçon" parut "la Chronique paroissiale de Chavagnes-en-Paillers". Cette "Chronique", publiée par Pierre Pondevy (1830-1893), reprenait pour l'essentiel un travail de collectage de documents anciens et divers en relation avec le passé de Chavagnes, un collectage qui avait été effectué un peu plus de vingt ans plus tôt par Eugène Aillery (1806-1869).

Par rapport aux autres "Chroniques paroissiales" publiées après 1892, celle de Chavagnes présente un intérêt un peu limité, mais a le mérite d’être une des plus anciennes recherches sur l'histoire de la commune. C’est son contenu qui est transcrit ci-dessous :

- le nom de "Chavagnes-en-Paillers"
- les origines de "Chavagnes-en-Paillers"
- Benaston (ou Benâton)
- le "Petit Saint-Cyr"
- Chavagnes, la Révolution et l'Empire
- particularités géologiques
- église et lieux annexes
          état nominatif de ses curés
          état nominatif de ses vicaires
- le séminaire de Chavagnes
          état nominatif de ses supérieurs
- les Dames de Chavagnes
- les Pères de Chavagnes
- autres institutions
- les rives pittoresques de la Petite Maine

 

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Le nom de "Chavagnes-en-Paillers"

Lae nom de Chavagnes ou Chavaignes viendrait, d'après quelques antiquaires, de Campus agnorum, (champ des agneaux, en vieux langage aigneaux) Les nombreux coteaux qui se trouvent dans la commune, rendant le terrain très favorable aux bêtes à laine, il est à croire que l'établissement d'une bergerie, au lieu où est aujourd'hui le bourg, a été le premier centre autour duquel la population s'est agglomérée, et d'où le territoire environnant a pris son nom. Cette étymologie paraît confirmée par le nom d'un moulin à l'eau, situé près le bourg et qui a toujours été désigné en patois sous le nom de Chavognea, nom qui ne peut se rendre en français autrement que par Chavagneau, contraction de champ aux agneaux, comme Chavagnes n'est que la contraction du patois, champ aux gniea, en français champ aux agneaux.
Quelques personnes ont prétendu que le nom de Chavagnes venait de Champ vigne, et cela, parce que sur quelques cartes le nom est écrit Chavignes, et en outre, parce qu'autrefois il y aurait eu beaucoup plus de vignes que de nos jours ; mais les cartes où le nom est ainsi écrit, sont en très petit nombre et peu anciennes, tandis que nous en avons de très vieilles où le nom est écrit Chavaignes ou Chavagnes.
Sur tous les titres tant anciens que modernes sans exception, sur les registres qui remontent à 1596, le nom est toujours écrit Chavaignes ou Chavagnes. Les cartes où on lit Chavignes contiennent donc simplement une faute d'impression. C'était M Guilbert, professeur de mathématiques à l'ancien séminaire de Chavagnes, qui avait imaginé cette étymologie et l'avait fait adopter par les directeurs qui, sur les thèses latines et attestations de prix, traduisaient Chavagnes par Campivinetum, et séminaire de Chavagnes par Seminarium Campivinetense[1].

Ce qui est plus certain, c'est que le nom d'en Paillers, vient de Paillers, aujourd'hui petit village de la commune de Bazoges, mais autrefois petite ville et chef-lieu de doyenné transféré plus tard à Montaigu. Quant aux anciens actes où l'on trouve ces noms : Chavaignes de ou lès Montaigu, il est facile de comprendre que Chavagnes ayant dépendu jusqu'en 1791 du marquisat et de la juridiction de Montaigu, ce serait une preuve de cette dépendance.


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Les origines de Chavagnes

Nous manquons de documents certains sur la fondation de Chavagnes. Il est probable que le lieu où est situé le bourg a commencé à être habité lorsque la contrée vit s'établir les premières habitations romaines. On y trouve, en effet, quelques débris de vases et de tuiles romaines dont on explique facilement l'origine, par la proximité de la ville de Durinum, éloignée de 7 à 8 kilomètres seulement, L'endroit étant bien choisi, aura pris quelque accroissement et l'abbaye de Luçon y établit le prieuré qui en dépendait encore il y a 70 ans.
On trouve, en effet, dans la paroisse, plusieurs ruines qui témoignent de l'antiquité de Chavagnes. Au lieu nommé les Forges, on voit un monument fort ancien, c'est une portion de mur d'environ deux mètres et demi de longueur, construit en ciment romain et d'une dureté pareille à celle de la pierre ; des deux côtés on remarque une espèce de plate-forme toute en ciment d'environ 20 centimètres. d'épaisseur, s'étendant d'un côté vers le levant à quatre ou cinq mètres, et du côté opposé formant un demi-cercle renfermé dans une enceinte carrée, et d'un diamètre égal à la longueur du mur. Cette plate-forme est recouverte de terre végétale. Aux environs se trouvent des fragments de tuiles à rebord et de celles nommées imbrissées. On y voit des débris d'anciennes poteries de briques fort épaisses. Quelques astragales, plantes à feuilles de réglisse, croissent près de ces ruines.
A 7 ou 8 kilomètres, dans le champ au bas du Cormier, du côté de la Bleure, il existait d'anciennes constructions aujourd'hui disparues. On y trouvait des tuiles à rebord, des poteries anciennes ; un habitant du Cormier a trouvé un fragment d'amphore qu'il a placé sur le faîtage de sa maison, comme objet d'ornement.
Outre ces antiquités, on a trouvé aux Forges, et au champ du bas du Cormier, un grand nombre de médailles romaines, dont quelques-unes très bien conservées : on en possède de Gallien, Posthume, Victorin et Constantin. M. de la Villegille, dans une Notice qu'il a donnée sur Chavagnes, mentionne des sépultures gallo-romaines dans lesquelles il y avait une charmante tasse en verre jaune décorée d'un bas-relief circulaire représentant des gladiateurs, dont les noms se lisent au-dessus de chacun d'eux. Dans les landes qui se trouvent entre la grande Maine et le ruisseau de la Chardière, on voit des traces d'anciens fossés, que la tradition attribue aux Romains. Enfin on trouve plusieurs souterrains dont on ne connaît point l'origine, quelques-uns sont très longs et passent sous la rivière.

Il existe d'autres ruines mais d'une autre époque plus récente, telles sont celles du château de l’Étang-Durcot et celles du château de Benaston. Il ne reste du premier que des pans de murs qui formaient un carré avec des tours aux angles. Le seigneur de l'Étang était seigneur d'une partie de Chavagnes. La terre qui dépendait de ce château formait une très belle propriété qui a été vendue en détail vers 1807 ; elle appartenait depuis 150 ans à la famille de Montaigu de Bois-David. On croit que ce sont les seigneurs de l'Étang qui ont fait construire le pont de Chavagnes et qu'ils y avaient établi un péage d'un denier par passant[2].


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Benaston (ou Benâton)

Le second château, beaucoup plus important, existait au hameau de Benaston et en portait le nom. Avant que la route royale de Montaigu à Saint-Fulgent fût tracée, il y a près d'un siècle, Benaston était le lieu de passage des troupes qui de Montaigu allaient vers le midi du Bas-Poitou. On remarque de tous côtés qu'il existe des chemins pour arriver à Benaston et qu'en général ces chemins sont larges et paraissent avoir été très fréquentés.
Ce hameau était, dit la tradition, autrefois ville, et plusieurs ouvrages de géographie font mention de Benaston comme d'une petite ville du Bas-Poitou. Un ancien titre du XVIe siècle le qualifie de vieux bourg, et d'autres le nomment le Perthuis de Benaston. Il y existait une église ou chapelle dont les murailles ont subsisté jusqu'en 1792.

Benaston formait une place fortifiée, entourée de fossés profonds et remplis d'eau ; ils sont aujourd'hui en partie comblés. Le village actuel est hors de l'enceinte qui formait un pentagone ; de l'un des angles près de la chapelle partaient deux douves parallèles laissant, entre elles, un emplacement qui était, sans doute, un chemin conduisant au château proprement dit, situé à une distance de 24 mètres, dans un enclos de forme ovale de 60 mètres dans un sens, et de 45 dans l'autre. Cet enclos est encore entouré de douves profondes qui ne tarissent jamais. On a trouvé, dans l'emplacement du château, quelques fragments de tuiles à rebords, des briques et des poteries. Une maison située sur le bord des anciens fossés, mais hors de leur enceinte, portait le nom de Ligence : c'était là que se payaient les droits seigneuriaux.
Les habitants du village connaissent peu son histoire ; d'après leurs pères, c'était une ville ; ils citent encore un ancien dicton : sans Benaston, Montaigu ne serait pas baron. Ils ajoutent : que c'était une rente de 50 sous que payait leur village au seigneur de Montaigu, qui avait valu à celui-ci le titre de Baron, Ce dicton parait s'expliquer part l'art 2 de la Coutume du Poitou, qui indique que pour que quelqu'un puisse se dire comte, vicomte ou baron, il convient qu'il ait sous lui un ou plusieurs vassaux qui aient droit de châtellenie.
Or, la route dont on vient de parler, constituant sans doute une vassalité reconnue par le château de Benaston envers le seigneur de Montaigu, celui-ci aura pris le titre de baron, qu'il portait avant celui de marquis.[3]


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Le "Petit Saint-Cyr"

L'institution du Petit Saint- Cyr, fondée à Luçon par le théologal André de Beauregard, était en plein exercice et offrait, sous la direction de Mlle de Chevigné, religieuse de l'Union chrétienne, les plus belles espérances, lorsque, vers le mois de mars 1792, les lois révolutionnaires en ordonnèrent le renversement. M. de Chevigné, aîné, qui était seigneur du château de la Grassière, en Chavagnes, offrit alors à sa sœur de venir y habiter, avec autant de maîtresses et d'élèves que sa maison pouvait en contenir. Elle s'y rendit, en effet, avec vingt élèves et quelques dames de sa maison. Mme de Chevigné, fille du comte du Chafault de la Guignardiére d'Avrillé, reçut avec bonté cette intéressante colonie, et bien que la Révolution éclatât déjà avec fureur, le séjour de la Grassiére devint pour elle un asile de paix que partageaient les habitants et autorités du pays.

Avant d'abandonner le diocèse dont il avait été banni, et après avoir été détenu à Fontenay, le vicaire général, M. Jean de Beauregard, plus tard évêque d'Orléans, se rendit furtivement à la Grassière pour y revoir cette intéressante famille, et en donner des nouvelles à son frère, le théologal. Jamais rien ne put lui faire perdre le souvenir de cette maison où il trouva tant de vertus réunies, Mgr de Mercy écrivait un jour de son exil du Mindrisio "Ce qui est bien singulier et ce qui m'a fait grand plaisir c'est une lettre que Mlle de Villedieu du Poitou écrit à son père qui est à la Haye : Mme de Chevigné et le petit troupeau se portent bien et sont dans une retraite assurée"… Cette nouvelle, hélas ! était vieille de date. La guerre de la Vendée était venue troubler depuis longtemps la douce paix de la Grassière : l'infortuné pensionnat avait passé la Loire et suivi la grande armée. Plusieurs de ces jeunes filles périrent par les armes, lors de la déroute du Mans, d'autres succombèrent sur le chemin d'épuisement et de maladie, quelques-unes à peine purent revoir la Vendée. Madame Marie-Henriette du Chaffault, épouse de M. de Chevigné, mourut au Mans, en prison[4].
Le château de la Grassière fut incendié à l'époque de la Révolution ; il n'en reste plus de vestiges.


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Chavagnes, la Révolution et l'Empire

Pendant la guerre de la Vendée, Charette, peu avant qu'il fût pris se retirait souvent à la métairie de la Brenénière. A Chavagnes, comme dans toute la contrée, un grand nombre d'habitants, hommes, femmes, enfants, périrent victimes de la guerre civile. — Un registre de la mairie, quoique très incomplet, contient les noms de 103 personnes tuées par les républicains. Dans le nombre se trouve un enfant de six mois. On a conservé la mémoire du 23 février 1794, jour où des colonnes dites infernales firent un épouvantable carnage de femmes et d'enfants : il est connu sous le nom de jour du grand massacre. Le matin, la messe avait été dite dans la grange de la métairie de la Trotinière par M. Remaud, curé de Chavagnes, et beaucoup de ceux qui furent tués y avaient communié. D'après le registre mentionné, il y eut 52 personnes tuées, seulement de la commune.
L'église et la plupart des maisons furent incendiées dans cette guerre. Un titre, que l'on conserve encore, daté de 1602, apprend que le chœur de l'église avait déjà été brûlé par les protestants au nombre desquels se trouvait un seigneur de l'Étang-Durcot.

Au mois d'aout 1808, Napoléon, accompagné de l'impératrice Joséphine, traversa la commune de Chavagnes sur la grande route. Un arc de triomphe avait été élevé à la Chardière, au haut duquel était un grand aigle impérial avec l'inscription suivante :

La terre devant lui garde un profond silence,
Et les peuples soumis ont connu sa puissance.

Le Séminaire et les autorités de la commune s'y trouvaient : il passa vers 8 h 1/2 ou 9 h. du soir. Il s'arrêta quelques minutes pour recevoir les autorités civiles et. ecclésiastiques : il leur parla avec beaucoup d'affabilité et pendant que la voiture était arrêtée, le séminaire faisait retentir l'air de nombreux vivat imperator, tandis qu'un feu de joie éclairant d'un côté le bois de la Chardière, projetait d'un autre côté sa lumière sur l'ancien château encore en ruines, et produisait un effet tout à fait pittoresque.


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Particularités géologiques

Parmi les objets de curiosités que l'on trouve à Chavagnes il faut remarquer quelques filons de cailloux contenant du fer arsenical.— Au fond d'un puits creusé dans le jardin des religieuses, on trouva une pierre schisteuse noire, mêlée d'une grande quantité de fer sulfuré. Mais aux environs du village de Cormier, l'on pourrait espérer, avec une chance de succès, trouver une mine de fer abondante. Il existe, en effet, en si grande masse, que l'aiguille de la boussole en est déviée et que les géomètres du cadastre chargés, en 1837 et 1838, de lever le plan de la commune, n'ont pu en cet endroit se servir de la boussole. Il est même à croire qu'autrefois il y avait là une mine en exploitation. Elle se trouve près du lieu déjà indiqué et nommé les Forges près duquel on trouve fréquemment des scories ferrugineuses. Tout auprès, est une métairie du nom de la Martelière, nom qui peut faire croire qu'on y forgeait ou martelait.
Citons encore les cinq fontaines, remarquables par la pureté et l'abondance de leurs sources, qui sortent du rocher. A peu de distance du même lieu est une très bonne source d'eau minérale ferrugineuse ; elle contient du carbonate de fer rendu soluble par un acide carbonique, des personnes y viennent pour leur santé.


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Église et lieux annexes

Passons à la partie religieuse. L'église de Chavagnes est dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul. Elle a été construite à neuf il y a quelques années. Nous ne parlerons ici que de l'ancienne[5].
L'architecture du chœur dont les fenêtres étaient en plein cintre et entourées d'un cordon coupé en losanges , indique le XIIe siècle. La nef avait la forme d'un carré long. Le chœur plus étroit se terminait par un abside. Une flèche en ardoises et de 10 mètres surmontait l'église. Des deux côtés de l'entrée du chœur, un autel était élevé à la sainte Vierge et à saint Sébastien. Un quatrième placé sous le clocher avait pour patron saint Antoine[6].

Il y avait autrefois dans la paroisse plusieurs chapelles, la principale était au village de Benaston. On voit encore les ruines des chapelles de l'Étang-Durcot, du grand Preuilly, celles du bourg à l'entrée du cimetière de la Chardière, de la Grassière, de la Fauchardière, de la Limonnière, sont entièrement détruites.
Les seules chapelles particulières existant aujourd'hui sont celles du séminaire, bâties en 1808, et celle des Dames Ursulines, qui a été consacrée au mois de juin 1844 : elles sont l'une et l'autre dédiées à la Sainte-Vierge.
L'Église de Chavagnes possède des reliques de saint Restitut et de sainte Gaudence : elles furent envoyées de Rome en 1719, par les soins de Jacques Bousseau, sculpteur, auquel la paroisse s'honore d'avoir donné naissance[7].

Le cimetière placé hors du bourg ne suffisant plus, son enceinte a été agrandie en 1836, mais ce nouveau terrain avait à peine 30 ou 40 centimètres de profondeur et il eût été impossible d'y enterrer. On se décida à prendre la terre dans l'ancien cimetière au nord de l'église. Les habitants s'y portèrent avec un zèle admirable et le transport se fit en moins de trois semaines. M. Bugeon, alors curé, commença par célébrer un service solennel pour ceux qui étaient inhumés dans le cimetière dont on allait transporter la terre. Tous les soirs on chantait un de profundis et les ossements étaient transportés couverts d'un drap mortuaire dans le nouveau cimetière. On termina ensuite comme on avait commencé par un service solennel. — Dans la plupart des tombes on trouva un et quelquefois deux petits pots remplis de charbon.

M. Bugeon, encouragé par la facilité avec laquelle avait eu lieu la translation des terres du cimetière, crut pouvoir entreprendre un ouvrage bien autrement considérable, je veux dire, la reconstruction de l'église ; cette reconstruction était assurément très désirable car l'ancienne église était beaucoup trop petite ; mais la dépense paraissait hors de proportion avec les ressources dont on pouvait disposer. En effet l'administration de la commune n'ayant aucuns fonds disponibles, et comme l'on ne pouvait point grever les habitants d'impôts extraordinaires, tous les frais de construction devaient être à la charge de la fabrique. Celle-ci avait en caisse à peu près 1800 francs et une souscription ouverte en la commune s'était élevée à 20.000 francs environ ; mais le total était bien loin de suffire aux dépenses présumées, vu surtout les dimensions du plan proposé, que l'on trouvait généralement d'une grandeur hors de proportion avec les besoins de la paroisse. De là un commencement de division dans les esprits. A la fin cependant des personnes zélées ayant fait des offres qui paraissaient avantageuses, on s'accorda pour diviser la construction en deux parties, afin qu'en partageant la dépense elle fut plus en rapport avec les ressources paroissiales : on ne devait d'abord bâtir que le chœur et le transept. L'ancienne nef, provisoirement conservée, devait, après l'achèvement du nouveau chœur et du transept, être mise en communication avec eux,,. On démolit donc le chœur et le clocher ; on bâtit le nouveau chœur et le transept sur le milieu duquel on construisit une coupole élevée : mais à peine la construction était-elle couverte qu'on s'aperçut que le poids de la coupole l'écrasait et que, pour consolider l'édifice, il fallait exécuter le plan entier et par conséquent démolir la nef qu'on avait conservée. Cela causa une grande émotion parmi les habitants, qui ne savaient où l’on pourrait trouver assez d'argent pour satisfaire à cette dépense. Dans cette perplexité, sur des offres qui furent faites, on crut avoir des ressources suffisantes pour achever l'édifice ; on démolit ce qui restait de l'ancienne église et on commença à bâtir la nouvelle nef, comptant qu'elle serait couverte en quelques mois. Bientôt on reconnut qu'il y avait eu de graves malentendus dans les promesses sur lesquelles on comptait ; et il fallut, faute de fonds, suspendre les travaux sans savoir quand on pourrait les reprendre. On concevra aisément le mécontentement et le trouble que cela causa dans la commune dont l'état devint vraiment déplorable. Au lieu d'une messe paroissiale en l'église, où tout le monde se réunissait, on en célébrait en trois endroits différents : l'une à la chapelle de la sainte Vierge, appelée aujourd'hui la Salette, l'autre au Séminaire, et la troisième au Couvent. Les habitants n'avaient aucun lieu de réunion générale ; les publications qui se faisaient à la porte de l'église, à la sortie des grands messes, ne pouvaient plus se faire utilement. Ce triste état, dont on ne pouvait prévoir la fin, occasionna la plus vive irritation. Tout le monde cependant était animé des meilleures intentions, mais de faux rapports augmentèrent les divisions, les envenimèrent et trompèrent même l'Evéque. Monseigneur cassa le conseil de Fabrique et en nomma un nouveau, dont la légalité était fort contestable. De son côté l'administration de la commune, espérant hâter l'achèvement de l'église, déféra l'affaire au conseil de Préfecture dont l'arrêté, sujet à diverses interprétations, ne termina rien. Enfin M. l'abbé de Suyrot, nommé en septembre 1852 curé de Chavagnes, put parvenir à se procurer des ressources suffisantes pour terminer l'église. On démolit la coupole dont le poids compromettait la solidité de l'édifice et on reprit activement la construction de la nef tellement que le jour de l'Assomption 1855, après une interruption asses longue, tous les habitants de Chavagnes purent se trouver réunis à une grand'messe paroissiale célébrée dans la nouvelle église (M. C. Gourraud — Notes historiques sur Chavagnes).

Depuis celte époque, le monument a été complété, embelli et richement meublé. Grâce à de nobles sacrifices, le temps des épreuves est passé, et l'église de Chavagnes aujourd'hui a pris rang parmi les plus remarquables du diocèse.
Quand l'avenir aura placé au front de la belle et vaste église un second diadème, quand une autre flèche aérienne couronnera le second campanile, la façade présentera un aspect imposant et grandiose, rehaussant encore l'ensemble de l'œuvre, à l'instar des églises de Machecoul, de Saint-André de Niort, de Sainte-Clotilde de Paris. Les débuts de l'entreprise ont été détrempés de trop de larmes pour que la méritante paroisse n'en salue pas dans un jour d'allégresse, le complet achèvement : Faxit Deus !

Le presbytère se compose de la maison curiale, de plusieurs bâtiments de servitude, de trois petites cours, d'un jardin, d'un morceau de pré, le tout d'un seul tenant.
Ce presbytère a été bâti en 1838, aux frais du diocèse, aidé de 3000 fr. donnés par la fabrique. Le curé et son vicaire habitaient autrefois dans l'ancien presbytère qui fait partie maintenant du petit séminaire ; il avait été cédé à M. Baudouin, alors desservant de Chavagnes, à la charge pour le diocèse de fournir à perpétuité un logement aux curés successifs. Le 28 octobre 1808, M. Baudouin en fit donation à Mgr Paillou, autorisé à accepter par un décret impérial daté d'Erfurt, avec la charge de loger le curé de Chavagnes. Ce fut pour décharger son séminaire de cette obligation, que Mgr Soyer, évêque de Luçon, fit bâtir le presbytère actuel.

Avant la Révolution, le curé de Chavagnes n'était pas curé en titre, mais seulement vicaire perpétuel pour le Chapitre de Luçon qui possédait les droits de prieur et curé primitif de Chavagnes. Il touchait tous les revenus du prieuré, consistant en la métairie de la Gerbaudière, le bois prieur avec ses pâtis y joignant et des dimes et redevances tant à Chavagnes que dans les environs. La place présentait peu d'avantages temporels, c'était au point que vers la fin du XVIIe siècle, le curé et le vicaire actionnèrent devant le présidial de Poitiers le Chapitre de Luçon pour en obtenir, le Curé 300 livres et le Vicaire 150 livres pour leurs portions congrues, offrant à ce moyen au chapitre de Luçon l'abandon du revenu de la cure ; le procès fut éteint par une transaction passée le 10 décembre 1694. Par cet acte, le Chapitre s'obligea à payer annuellement au vicaire perpétuel de Chavagnes 50 livres pour son vicaire, 50 livres, qui, jointes à 87 livres qu'il recevait déjà, portaient son revenu à 130 livres.
Avant 1792, la cure du lieu possédait deux petits bénéfices nommés l'un des Dronnets, l'autre des Rochelets ; le premier est occupé par le couvent et ses jardins, le second est le champ des Chaillères et autres possédés par la famille Valenton. 


État nominatif des Curés de Chavagnes

Noms isolés

1470. — Maurice Boyer.
1534. — Alain Mareschal.

Succession suivie

1579-1618. — Julien chaigneau. En 1606, il répare la nef de l'église ruinée par les protestants. Il est enterré le 22 février 1618.
1618- 1632. — François Raphin. Enterré le 27 septembre 1633.
1633. — Abel Denis. Il mentionne sur les registres paroissiaux qu'une contagion emporta grand nombre d'habitants de la Boissière et de Chavagnes de 1629 à 1639.
1653. — Guillaume Charbonnier.
Les registres de la paroisse manquent depuis la fin de 1653 jusqu'à 1676 inclusivement.
1677-1680. — J. Buyron, curé. Il résigne sa cure le 30 avril 1680.
1680-1683. — Lepelletier, curé. Il résigne le 5 avril 1683.
15 avril 1683 au 26 du même mois, J. Huqueville, curé. Jusqu'au 15 mai, D. Lasseron dessert la paroisse.
22 mai 1683. — P. Roux ; il résigna en octobre suivant.
1683-1688. — Sébastien Guyhaire.
1688-1689. — Frère Ignace, religieux de Clisson, remplit les fonctions curiales.
1689-1710. — Charles Mesnard, nommé, à la fin de 1710, à la cure de Joué, en Anjou.
1711-1722. — Joachim-Joseph Huchelou, curé, ancien aumônier et chapelain du château des Essarts, mort le 30 août 1722. Il reçut solennellement, en 1719, les reliques de saint Restitut et de saint Gaudence,
1722-1735. — Maurice Léo. Natif du comté de Lymerick, en Irlande. Enterré dans le cimetière le 16 septembre 1735.
1735-1737. — Antoine Aulneau ; est nommé curé de Vendrennes.
1737-1753. — Jean Baptiste Martin. Enterré dans l'église le 23 avril 1753.
1753-1763. — Joseph Guyard. Enterré dans l'église le 14 février 1763. Il n'était âgé que de 37 ans.
1763-1783. — Jean-Louis Chervy, ancien élève et novice des Jésuites. Inhumé dans le cimetière le 15 novembre 1783. Il fut l'une des premières victimes d'une maladie épidémique qui ne cessa qu'au milieu de l'année suivante.
1783-1802. — Pierre-Marie Remaud. Refusa le serment à la Constitution civile du clergé et resta constamment dans le pays.
1802-1805. — Le vénérable Louis-Marie Baudouin.
1805-1808. — Germain-Charles-Emmanuel Lebédesque.
1808-1813. — Jean-Benjamin Bomard.
1813-1817. — Marie-Pierre Renolleau. Ordonné prêtre le 27 août 1809, a pris possession le 30, a quitté causâ morbi le 1er août 1817.
1817-1836. — Jacques-Mathieu Lucet, élu, après la mort du Vénérable P. Baudouin, en 1835, supérieur de la Congrégation des Religieuses Ursulines de Jésus.
1836-1852. — Philippe Bugeon, natif des Sables-d'Olonne, ancien curé de Saint-Sornin et de la Meilleraye.
1852-1863. — Paul de Suyrot. Nommé curé-doyen des Herbiers ; aujourd'hui missionnaire apostolique ; fondateur de l'orphelinat de Melay.
1863-1872. — Édouard Bouin.
1872. Louis — Rorthais.

État nominatif des Vicaires de Chavagnes

1620. — Méchineau.
1630. — Renaudin.
             Boudaud, prêtre habitué.
1641. — Mossion.
1677. — Bodet.
1674. — Guynaudeau.
1681. — Hénault.
1683. — Thomas Olivier.
1684. — D. Lasseron.
1686. — J. Millet.
1688. — Thébaud.
1689. — Lamothe-Guibert.
1692. — Rathouis.
1695. — Delavauguyon.
1699. — E- Michel Ledeumat.
1703. — Bousseau.
1710. — Rembaud.
1719. — Merland.
1720. — Paul Bouquié, mort en juin, même année.
1720. — Joseph Olive.
1728. — Charrier.
1729. — Breton.
1731. — Douteau.
1731. — René Garat.
1732. — Fortin.
1733. — P. Cantally.
1734. — Le Comte.
1736. — Paponnaud.
1738. — Doisnel.
1739. — Pierre Neau.
1744. — Noiraud, nommé curé.
1748. — Jolly.
1755. — Robin.
1755. — Gilbert.
1757. — Fouasson.
1757. — Voisin.
1759. — Jean-Henri Mady, nommé curé de Saint-Denis-la-Chevasse.
1764. — Auvinet.
1765. — Fumolleau.
1765. — Louis Couturier.
1767. — Caillé.
1769. — Poingt.
1777. — Lesage.
1781. — Guesdon de la Poupardière.
1785. — Hébert.
1786. — Pierre-François Remaud, mort curé de Maché.
1788. — Courvoisier.
1789. — Champaud, curé des Landes.
1804. — Jean Bruneteau, mort curé de Saint‑Jean-de-Monts.
1814. — François-Auguste Robin, curé de la Boissière en 1815.
octobre 1817. — Piveteau.
juin 1819. — Chalet, mort curé de Saint-André.
1821. — Fleurisson, nommé curé de Saint-Michel.
1823. — 1835. Garnier.
1835. — Rousseau.
1835-1836. — J. Barilleau.
1835-1836. — Gandouin.
1836. — Rautureau.
1836 -1840. — P. Potier.
1840. — Bellanger.
1840-1842. — Cl. Petit.
1842. — Charuau.
1843-1844. — Collineau, prêtre auxiliaire.
1844. — Pécot, prêtre auxiliaire.
1844-1845. — Barillaud, prêtre auxiliaire.
1844. — Baudry, prêtre auxiliaire.
1844-1847. — Morin, prêtre auxiliaire.
1847. — Collineau, prêtre auxiliaire.
1848-1853. — Robert,         vicaire.
1853-1856. — Peyre,              id.
1846. — Blaise,                      id.
1846-1862. — Morin,              id.
1862-1863. — Boutin,             id.
1863-1869. — Defois,             id.
1864-1869. — Baudry,            id.
1869-1872. — Guilloton,         id.
1869-1870. — Richard,           id.
1871-1872. — Rafin,               id.
1873-1879. — Couthouis,        id.
1873-1876. — Martineau,        id.
1877. — Rautureau,                id.
1877-1879. — Parion,             id.
1880-1886. — F. Charpentier,  id.
1886. — Guicheteau,              id.


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Le séminaire de Chavagnes

Sous le rapport des établissements religieux, Chavagnes est une paroisse privilégiée.

Depuis la révolution jusqu'en 1812, Chavagnes avait eu le grand et le petit séminaire du diocèse de la Rochelle, mais alors l'établissement fut dissout par décret impérial, qui ordonna la translation du grand Séminaire à la Rochelle et celle du petit à Saint-Jean-d'Angély.

Ce séminaire n'avait été dans l'origine qu'un petit collège fondé en 1802 par M. Baudouin, alors curé de Chavagnes et devenu ensuite supérieur du séminaire et enfin grand-vicaire : il fit venir pour premier professeur, en septembre 1802, M. Fleurisson encore laïc et plus tard aumônier des Dames religieuses. Cet établissement était devenu extrêmement florissant et comptait, lors de sa suppression, 300 élèves tant internes qu'externes. Les études y étaient très fortes, car au concours de 1813, entre tous les collèges de l'Académie de Poitiers, les élèves sortis de Chavagnes l'année précédente obtinrent cinq ou six nominations.

Jusqu'à la Restauration, les bâtiments du séminaire restèrent inoccupés, sauf la portion servant à loger le desservant.

Vers 1818, M. Lucet, alors desservant de la paroisse, commença à réunir quelques élèves : peu à peu leur nombre s'étant augmenté, l'établissement est devenu un petit Séminaire où se firent d'abord les humanités jusques et compris la troisième, puis enfin la seconde et la rhétorique.

En 1827, la moitié des constructions qui forment la partie droite de la façade fut élevée par les soins de M. Lucet. Dans une pierre des fondations on renferma dans une boite de fer blanc l'inscription suivante :

J. H. S.
anno millesimo octocentesimo vigesimo septimo
leone decimo secundo summo pontifice
renato francisco soyer lucionensi episcopo
carolo decimo mdcccxxvii galliarum rege
hoec pars oedium hujusce parvi-seminarii
deo jubante ædificata
et verbo divino dicata auspice
beata et immaculata dei genitrice maria
M

Les anciens bâtiments ont disparu ; ils sont avantageusement remplacés par des constructions nouvelles qui complètent aujourd'hui cet établissement aussi prospère que sympathique au diocèse. C'est dans les années 1850, 1852, 1853, que les constructions les plus importantes ont été exécutées. Depuis cette époque, on a élevé le bâtiment qui fait le pendant de la chapelle, dans la cour d'entrée, ainsi que la lingerie, placée dans le jardin, parallèlement à la cuisine.
La chapelle édifiée en 1865, sur le plan de M. Barillaud, est dans les données ogivales du XIIIe ; elle occupe l'aile droite, en retour d'équerre du corps principal ; l'ensemble est réussi, les lignes sont accentuées, l'autel d'un travail très satisfaisant.
Une autre jolie chapelle de la dernière période ogivale, dédiée à la Sainte- Vierge, avait été construite en 1858, au lieu qu'occupait la chambre du Père Baudouin, où il avait dit sa dernière messe et rendu son âme à Dieu.[8]
Sur une plaque de marbre est gravée celte inscription commémorative :

D. O. M.

Hic die xiia feb. anno autem J. C. mdcccxxxv, ob­dormivit in Dom. R. p. Lud. Mar. Baudouin, fel. mem. qui post exilium pro fide cathol. fortiter susceptum, hoc semin. fundavit, simulque soc. filiorum M. I. necnon et Congreg. Ursulinarum a Jesu instituit.
Sodalitati in hon. Visitationis B. V. M. canon. in hac domo erectæ, primus nomem dedit, et sodales, quos amore pæacipuo complectebatur, sœpè verbo, semper autem exemplo, ad dei virginisque dei cultum fervens spiritu, promovit.
Hanc œoediculam sacram piis donis sodales una cum soc. fil. M. I. Congreg. Ursul. a Jesu multisque sacerd. ac fid. erexere, et ill. ac rev. DD. F. Aug. Delamare, Lucion. episc. die xvii° maii ann. vero mdccclix , altari jam consecrato, benedixit ac dedicav.

Une autre tablette de marbre reproduit les dernières paroles du vénérable fondateur à ses enfants, qui entouraient comme les fils de Jacob leur père mourant :

"O Marie, je remets mes enfants entre vos mains ; je vous les donne ; ils sont a vous ; ne les abandonnez pas, protégez-les, bénissez-les. Oui, mes enfants, vous êtes a Marie ; ne l'oubliez pas, vous appartenez a Marie ; aimez-la ; elle est votre Mère pour le temps et pour l'éternité."

État nominatif des supérieurs de Petit Séminaire
depuis la mort du vénérable père Baudouin

1835-1854. — M. Lucet.
1854-1860. — Le Père Baizé.
1860-1871. — Le Père Remaud.
1871-1876. — Le Père Guérin.
1876. — Le Père Charier.
1876-1878. — Le Père Eude.
1878-1890. — Le Père Trotin.
1890. — Le Père Rondard.


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Les Dames de Chavagnes

Chavagnes possède aussi la maison mère, premier berceau de la compagnie des Dames religieuses Ursulines de Jésus, dites Dames de Chavagnes, aujourd'hui répandue en un grand nombre d'établissements et jusqu'à Édimbourg en Écosse[9].

La fondation de cette maison est encore due à M. Baudouin. Il fit venir en 1800 quelques anciennes religieuses qui, sous la direction de Me Charlotte Ramfray de la Rochette (Sœur Saint-Benoît), se fixèrent d'abord dans une petite maison attenant à l'ancien prieuré près l'église. Quelque temps après elles habitèrent l'ancienne cure où est aujourd'hui le séminaire. Elles en sortirent en 1805, cédant la place au séminaire, qu'elles remplacèrent dans une autre maison du bourg, habitée par le sieur Marie Chaigneau (n°69 polygone 8, section L du plan cadastral). Elles quittèrent enfin cette dernière pour aller habiter celle qu'elles avaient fait bâtir à l'endroit où est aujourd'hui le couvent et qui n'était auparavant qu'un champ hors du bourg. Ce fut en 1807 que se posa et fut bénite la première pierre. Ce n'était qu'une modeste maison composée d'un rez-de-chaussée et d'un étage. La chapelle n'était qu'une chambre de cette maison n'ayant que six à sept mètres de longueur sur 5 à 6 de largeur ; peu à peu elles purent ajouter à l'extrémité un bâtiment plus large et plus élevé, dont le rez-de-chaussée entier fut occupé par la chapelle. Enfin, d'autres constructions s'ajoutèrent, et en 1840, on commença, avec le produit des générosités d'une personne très riche et bienfaisante, la nouvelle chapelle. Le couvent, quoique très vaste, est devenu insuffisant au nombre toujours croissant des religieuses.

Sur le coteau opposé, une vaste et confortable annexe de la maison-mère est habitée par les religieuses âgées ou infirmes de la Congrégation.
Dans la vallée qui sépare les deux établissements, à la base d'une falaise abrupte, sur les bords de la Petite-Maine, l'art et la piété se sont ingéniés à reproduire, dans des proportions presque identiques, la grotte des Roches Massabielle. C'est bien la grotte de l'apparition avec sa statue de l'Immaculée, son églantier, sa fontaine miraculeuse, ses lacets, son esplanade, son gave et ses fraîches prairies ; mais la petite rivière de Chavagnes est moins alerte et bruyante que le Gave de Pau. Ses ondes recueillies et discrètes ne troublent pas la méditation et la prière. Cette charmante imitation de la grotte de Lourdes, inaugurée le 1er mai 1875, ne cesse d'attirer de dévots visiteurs et de nombreux pèlerinages.

Dans le cimetière des Dames religieuses est inhumé M. Louis-Marie Baudouin, leur fondateur, décédé à Chavagnes le 12 février 1835[10].


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Les Pères de Chavagnes

Le vénérable Père Baudouin a enrichi la paroisse de Chavagnes et le diocèse d'une troisième fondation religieuse, la Congrégation des Enfants de Marie ou prêtres-auxiliaires diocésains. L'homme de Dieu en avait conçu le projet pendant son exil en Espagne ; il lui donna un commencement d'exécution dès 1800. La Congrégation, obligée de se dissoudre, en 1817, fut rétablie, à Chavagnes, en 1828. Après avoir traversé des jours d'épreuves dans les premières années qui suivirent la Révolution de 1830, elle fut arrêtée de nouveau dans son essor par la mort du Père Baudouin, en 1835. Mais un autre saint prêtre, formé à son école, son fils de prédilection, l'excellent Père Baisé, se dévoua tout entier à la direction de la Société ; sa pieuse et active impulsion la fit entrer définitivement dans des voies prospères. en 1840, il fonde le bel établissement de Saint-Sauveur en Mouilleron-en-Pareds ; il présente plusieurs profès en 1846, à Mgr Soyer ; il prononce lui-même, en 1846, avec six autres Pères, des engagements perpétuels ; en 1850, il transfère le noviciat au Séminaire même de Chavagnes ; le 22 juillet 1857, il a la joie de faire reconnaître sa chère Congrégation par le Souverain-Pontife ; le 19 mars 1860, il pose la première pierre de la maison mère et du noviciat de Sainte-Marie. Le 15 mai suivant, le fidèle Elisée allait rejoindre au ciel celui dont il avait recueilli le pieux héritage et si bien continué les œuvres et les vertus. Les restes vénérés du Père Baisé reposent près de la maison de Sainte-Marie, dans la chapelle de la Salette. Son tombeau, en pierre de Poitiers, est une œuvre d'art justement appréciée.
Sur un soubassement, formé de deux socles superposés, s'élèvent quatre colonnes isolées aux riches chapiteaux, qui supportent une opertorium ou toit d'église XIIIe siècle. Ce dais, à la fois élégant et sévère, abrite une châsse, grandeur naturelle, drapée d'un linceul ; une étole pastorale s'y déploie, insigne du Supérieur général, et un beau crucifix, celui du missionnaire, enfant de Marie Immaculée, y repose avec un chapelet comme sur le cœur du vénéré défunt.
Une tablette de marbre, incrustée au socle supérieur, reproduit, à la louange du R. P. Baizé, cette inscription composée par Mgr Gallot :

Heic. In. Pace. Christi. Quiescit. Religiosus. Vir. Carolus. Isidorus. Baizé. Sacerdos. Canoni­corum. Lucionensium. Honoris, socius. Dilectus. Ven. Lud. Mar. Baudouin. Discipulus. Primus. Post. Illum.prœpositus. Congregationis. Filiorum. Mariæ. Immaculatæ. Sacri. Ephebei. Hujus. Loci. Tum. Secundario. Tum. Primario. Nomine. Mode­rator. In. Excolendis. Ad. Pietatis, et. Intelli­gentiæ. Spiritum. Alumnis. Diuturnam. Vereque. Paternam. Operam. Posuit. Animi. Demissione. Modestia. Comitate. Benigno, alloquio. Omnium. Corda. Sibi. Devinscit. Decess. Idib. Maiis. An. MDCCCLX. An. Nat. LXI. Mens. III. Dies. III. Magnam. Sanctimoniæ. Famam. Cœvis. Relin­quens.
Have. Have. Pater. Suavissime. Vive. In. Deo. Memor. Tuorum.

La traduction française de cette épitaphe se lit sur le socle inférieur.
Dans le mur, au dessus du tombeau, un demi-nimbe couronne la scène de l'Annonciation traitée en haut relief et la devise de la Congrégation Et verbum caro factum est.
Enfin une belle grille en fer forgé protège le tombeau contre de pieuses déprédations sans le dérober aux regards.
Tout y est sobre, simple, mais empreint de distinction ; on dirait comme un reliquaire anticipé, comme une espérance d'entendre un jour l'Église infaillible proclamer bien haut ce que le peuple répète tout bas : Ici repose le corps d'un saint.
Ce monument, exécuté par M. Chapeau, d'Angers, d'après les données et sous la direction de M. l'abbé Graïze, est dû à l'affectueuse générosité de M. et de Mme Sébastien Girard, née Baizé., neveux du regretté Supérieur, et, comme le dictait la piété filiale, une offrande empressée des Révérends Pères s'est unie au don des bienfaiteurs insignes.
Cette chapelle construite en 1840, par une pieuse paroissienne, en souvenir d'une grâce signalée, fut dédiée primitivement à Notre-Dame de Miséricorde. En 1853, M. l'abbé de Suyrot, reconnaissant à Notre-Dame Auxiliatrice de l'inauguration inespérée de l'église paroissiale, au jour de l'Assomption, mit l'ancien sanctuaire sous le vocable de Notre-Dame de la Salette. C'est à cette époque que la chapelle fut cédée à la Société des Enfants de Marie Immaculée.
La Congrégation est chargée de la direction du Petit Séminaire de Chavagnes ; et elle compte en outre quatre résidences : à Saint-Sauveur de Mouilleron-en-Pareds, à la Roche-sur-Yon, à Saumur, à Saint-Jean-d'Angély ; de plus une mission partagée en plusieurs résidences, dans l’île de la Dominique, diocèse de Rozeau, et une autre mission comprenant l'île de Sainte-Lucie, archidiocèse de Port-d'Espagne (Antilles anglaises).


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Autres institutions

Un bureau de charité a été fondé pour la distribution des revenus d'une rente sur l'État, au capital de 6000 livres, léguée par Madame Louise-Charlotte-Angélique de Caumont, veuve de M. le baron Pierre-Alexandre-Gabriel de Suzannet, suivant testament olographe en date du 17 janvier 1831.
Chavagnes possède aussi un hôpital, fondé par Madame Osmanne-Victoire de Guerry de Beauregard, veuve de M. Guerry de la Fortinière : elle acheta un terrain où elle fit bâtir la maison actuelle et la donna à la commune, par acte du 26 juillet 1836, y affectant une rente perpétuelle de 10 hectolitres de froment et 10 hectolitres de seigle. Le sieur Louis Brisseau, décédé au Cormier, en 1836, légua en mourant ses biens à l'hospice. Les dames Ursulines font le service de l'hôpital de Chavagnes.

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Les rives pittoresques de la Petite Maine
La paroisse de Chavagnes présente, sous certains aspects, des points de vue tout-à-fait pittoresques. Les bords de la rivière sont charmants ; elle coule sous les épais et mobiles berceaux d'une multitude d'aulnes et de saules ; au milieu des rocs escarpés et des coteaux couverts de profonds taillis de coudriers resserrent la route entre leur base et la rivière. Au printemps, lorsque le bruit des eaux qui tombent à travers les roches, sur les chaussées des moulins, anime ces sites romantiques, lorsque les premiers feux du jour, sortant de derrière les coteaux, viennent colorer tous ces arbres humides de rosée, l’œil jouit de différentes scènes dignes de la Suisse et de l'Italie. Le moulin de la Bleure mérite à lui seul une visite.

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Ouvrages à consulter :

- Notice sur la paroisse de Chavagnes, par M. de la Villegille, brochure in 8°.
- Vie de M. Baudouin, 2 vol. in-8°, Luçon, 1856.
- Histoire des Congrégations religieuses d'origine poitevine, par M. Ch. de Chergé, Poitiers, 1856.
- Pouillé du diocèse de Luçon, par M. Aillery, prêtre, Luçon, 1860.
- Notes historiques sur la paroisse de Chavagnes, par M. C. Gourraud, brochure in-8°, la Roche-sur-Yon, Gasté, 1877.

 

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Notes et références

[1] Le nom primitif d'après les chartes et les anciens pouillés est DE CAVENIS ; c'est le seul acceptable.

[2] Une tradition prétend que la famille Durcot serait d'origine anglaise, ce qu'il y a de certain c'est qu'on la trouve établie dans notre province, où pendant les guerres de religion elle a joué un rôle important. La branche de l'Étang-Durcot jouissait du privilège d'avoir garnison royale dans son château de l'Étang, dont l'aîné était gouverneur, et du pouvoir d'appeler les habitants des paroisses voisines pour les travaux de défense.
Durcot-Guillaume fut reconnu noble en 1516. Par son testament il fonda une stipendie dans l'église de Saint-Denis-la-Chevasse où il choisit sa sépulture près de celle de son père. — Pierre Durcot, fils du précédent... 1529, fut père de Gilles, seigneur de l'Étang : quoique catholique il suivit, après la mort de Henri III, le parti de Henri IV. Le tiers parti fomenté dans notre province par la famille La Trémouille l'attaqua dans son château de l'Étang-Durcot, le prit et le fit assassiner.

[3] Au moyen âge, en effet, Chavagnes se trouvait compris dans la baronnie de Montaigu, dont les seigneurs "de Belleville" étaient possesseurs. Mais lorsque Louis XI acheta cette baronnie, la paroisse de Chavagnes fut du nombre de celles dont le seigneur "de Belleville" se réserva la possession. Voici, en effet, ce qu'on lit dans l'acte de vente qui fut passé à Sablé le 4e jour d'août 1473. "Noble et puissante Dame Marguerite de Cullant , femme, espouse de noble et puissant seigneur monseigneur messire Loys de Belleville, agissant au nom de son mari" réservant dans la baronnie de Montaigu : "Les paroisses des Brouzils avecque la forest de Gralac, Chavaignes, la Coupe-Cheniére, la Boissière et les enclaves de Saint-Denis et de Saint-Fulgent, et tous ses droits, prouffis, rentes et devoir deutz esd paroisses à la dite seigneurie de Montaigu. Et en outre les hommages de Beaurepaire que doit le seigneur de Tiffauges, les hommages de la Barretière, de Bazoges, de Saint-Fulgent, que doit le seigneur de la Varrie ; l'hommage du fief des Essars que soulaient faire les conte et contesse de Penthièvre, les hommages de la Tavernerie et de la Marteliére, que doit le seigneur de Passavant ; l'omage de Rocheservière, ceux de Painfault et de Planteys, que doit le seigneur de la Guionnière ; l'omage de la Sécherie que doit François Louer, l'omage du Noirlieu, et le guet du dict lieu, avecques les droits, prérogatives et noblesses dépendant des dicts hommages, fors et réservé au Roi notre sire ceulx qui sont en la ville de Montaigu, et au dedans des fossés du dit lieu..."
(Archives nationales, section historique)
Ce même Roi Louis XI donna des lettres patentes pour autoriser la dame Marguerite de Cullant à faire construire une forteresse ou château à Chavaignes.
"Avons donné à nostre chière cousine Marguerite de Cullant veuve de Louis de Belleville, pour la sûreté et celles de ses enfans mineurs, povoir... et faculté de faire chastel et place forte, à Chavergnes où elle pourra faire bâtir tours, tourelles, murailles, barbecanes, pont-levis, fossés, et tel que bon lui semblera.... donné à Senlis au moys de Mai 1474…"
(Archives nationales. Section historique. Trésor des Chartes regis. 204.)
On ne voit pas que la dame "de Belleville" profita jamais de cette autorisation.

[4] Habitants de Chavagnes faits prisonniers et qui tombèrent sous les fusillades après la déroute de Savenay : Louis Gréault, Pierre Gaboriault, Jean Girard, Pierre Guimbault, Joseph Lucas, N. Piffeteau, Pierre Runeau.

[5] Cette église fut incendiée par les protestants, dans les guerres de religion. Dans une déclaration du 26 janvier 1602, faite pour obéir à un monitoire, un laboureur, nommé Mathurin Piveteau, âgé de 88 ans, déclare qu'il "a connu le défunt sieur de Lestang-Durcot, frère aîné de cesty-ci, qu'il aida à faire brûler le chœur de l'église de Chavagnes, et qu'il était huguenot quand il mourut et l'avait été toute sa vie." — (Note donnée par M. Gourraud, ancien notaire.)

[6] Une foire importante, nommée foire de Saint-Antoine, et qui se tenait le jour de la fête de ce saint, indiquerait que cet ermite était autrefois en grande vénération. Comme il est arrivé presque partout, le concours des fidèles, attirés par la dévotion, aura été l'origine de cette foire ; l'une est restée, tandis que le saint a cessé d'être invoqué.

[7] "Il naquit à la Crépelière, du mariage de Jacques Bousseau et de Marie Droneau, cultivateurs, et fut baptisé le lendemain. Dès son enfance, il montrait une adresse extrême à sculpter le bois, et, sans autre outil que son couteau, il faisait des Christs, des saintes Vierges et diverses sculptures annonçant un talent remarquable : aussi l'Évêque de Luçon, étant venu en visite pastorale à Chavagnes, le curé lui présenta le jeune artiste ; le prélat, charmé des dispositions qu'il annonçait, le prit sous sa protection et l'envoya étudier à Paris. Il y eut pour maître de sculpture le célèbre Nicolas Coustou, sous lequel il se forma rapidement ; ensuite il alla passer quelque temps à Rome où il n'oublia pas sa paroisse natale. A son retour à Paris, l'Académie le reçut au nombre de ses membres et, plus tard, il y obtint le grade de professeur ; son morceau de réception était Ulysse tendant son arc. Le roi d'Espagne, Philippe V, l'ayant choisi pour son premier sculpteur, Bousseau partit pour ce royaume, fit beaucoup de travaux à Madrid et mourut en I740, âgé de 59 ans. La cathédrale de Rouen, le palais de Versailles et diverses églises de Paris renfermaient des œuvres du sculpteur poitevin. Nous citerons le mausolée du cardinal Dubois, aujourd'hui en l'église de Saint-Roch, et que l'on a attribué à tort à Nicolas Coustou."
(Notes historiques sur Chavagnes-en-Paillers, par M. C. Gourraud.)

[8] C'est aussi M. l'abbé Barillaud qui donna le plan de cette chapelle ; on fit appel, pour couvrir les frais de construction, à la générosité des congréganistes de la Sainte-Vierge, tant laïcs qu'ecclésiastiques, anciens élèves du Petit-Séminaire. Lorsque l'on exhuma du cimetière le corps du Père Baizé, en 1882, sa tête fut placée dans l'un des murs du sanctuaire ; une inscription commémorative désigne l'endroit du pieux dépôt.

[9] La Congrégation a été autorisée par ordonnance royale du 28 mai 1826. Son but principal est l'éducation de la jeunesse. Elle compte aujourd'hui 1144 religieuses et 22 postulantes, 51 maisons d'éducation, pensionnats, externats et classes gratuites, orphelinats, asiles et hospices, dans les diocèses de Luçon, Nantes, Angers, Poitiers, la Rochelle, Angoulême, Bourges et Fréjus. Maison à Swansea, au pays de Galles (Angleterre), et à Vitoria (Espagne). Le diocèse possède 10 pensionnats, 13 écoles libres, 3 écoles communales qui comptent environ 2845 élèves. L'établissement de Vitoria a été fondé le 5 octobre 1882.
(Ordo diocésain de 1891)

[10] Les restes du vénérable Père Baudouin ont été transférés dans la chapelle des Ursulines de Jésus, le 1er juin 1858.
Sa cause a été introduite le 7 septembre 1871

 

 


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