En 1796-1797, Belleville recensait ses 165 habitants
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En 1791, lors du premier recensement nominatif de la population française, la population de Belleville s'élevait à 280 habitants1. La commune se limitait alors et jusqu'en 1850 à son bourg et aux villages du Petit Beaulieu, de Beaupré, du Petit Logis, de la Mercerie, de la Basse Sauvagère et d'une partie du Recrédy. Ce nombre est à mettre en relation avec le nombre de naissances domiciliées sur la commune à cette époque, qui était en moyenne d'une dizaine par an2.
En 1796-1797 (an V), lors du second recensement de la population de Belleville qui ait eu lieu, celle-ci était passée à 165 habitants de tous âges3 dont la liste suit. Cela ferait une diminution de la population de la commune, de 41 % en cinq ans.

La liste nominative des 165 habitants de la commune de Belleville en 1796/1797.4
(déplacer l'image à l'aide du curseur à droite)
Sur cette liste, on peut identifier avec leur âge en l’an V, les différents habitants du Belleville d'alors. Avec pour la première ligne...
- Jacques-Gabriel Arnaud, "chirurgien", 44 ans, né le 12 novembre 1751 ;
- Louise Mercier, son épouse, 45 ans, née le 5 juillet 1750 ;
- Jacques-Pierre Arnaud, leur fils, 10 ans, né le 15 juillet 1786 ;
- Louise Arnaud, une de leurs filles, 12 ans, née le 4 mai 1784 ;
...pour la seconde ligne...
- Jacques Beignon, 25 ans, né le 24 août 1770 ;
- Julie Goüin, 26 ans, née le 23 décembre 1769 ;
- Jean Péraudeau, 40 ans, né le 24 juin 1755 ;
- Gabrielle Arnaud, autre fille de J.-G. Arnaud et L. Mercier, 17 ans, née le 10 avril 1779 ;
...etc.
Le "chirurgien juré" Jacques-Gabriel Arnaud (1751-1835) avait eu une de ses filles (Agathe, née le 28 juillet 1789) massacrée au Lucs le 28 février 1794 par les troupes républicaines, appliquant ce faisant les ordres d'extermination donnés par le gouvernement de l'époque. En 1804 il sera nommé (et non élu) maire de Belleville par le préfet de la Vendée5. Son fils Jacques-Pierre Arnaud (1786-1847), comme lui "officier de santé", sera nommé en 1821 maire du Poiré où il était venu s'installer, et il le sera jusqu'en 1835.
Entre 1808 et 1812, passant par Belleville, une route nouvelle fut construite pour joindre la Roche-sur-Yon (renommée alors "Napoléon") à Montaigu, ainsi qu'une autre partant de Belleville pour rejoindre plus directement Nantes. Ces routes ont été déterminantes pour le développement du bourg de Belleville dont la population communale passa à 263 habitants en 1816.

A titre complémentaire :
la liste nominative des 263 habitants de la commune de Belleville au recensement de 1816.
(déplacer l'image à l'aide du curseur à droite)
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Notes et références
1 Pour le recensement de 1791 en général, et pour Belleville en particulier, voir : les Archives départementales de la Vendée (1 Mi 39) et les Archives nationales (F16975).
2 Jusqu'à l'établissement d'un état civil communal, le nombre de naissances enregistrées sur la paroisse de Belleville était supérieur à celles y étant domiciliées, car s’y ajoutaient certaines venant de villages proches situés sur les paroisses voisines. Ainsi en 1781, sur 16 naissances enregistrées à Belleville, 8 y étaient domiciliées, 7 étaient du Poiré et 1 de Saligny. En 1791 sur 26 naissances enregistrées à Belleville, 11 y étaient domiciliées, 9 étaient du Poiré et 6 de Saligny. Vingt ans plus tard, en 1811, la commune de Belleville enregistrera 13 naissances, toutes domiciliées ; puis en 1812, 12 naissances ; en 1813, 7 naissances ; en 1814, 9 naissances ; en 1815, 7 naissances... Ces naissances de ces cinq dernières années ne se retrouvent pas toutes sur la liste nominative du recensement de 1816 qui ne comptabilise que 39 noms ayant 5 ans ou moins, ceci en partie dû à la mortalité infantile.
3 Contrairement à d'autres communes où ce recensement de 1796-1797 n'avait enregistré que les 12 ans et plus, celui de Belleville comptabilisa la totalité des habitants, dès le plus jeune âge.
4 Cette liste nominative est consultable en ligne aux Archives départementales de la Vendée (L 910), où elle est curieusement datée de 1793. Le total des noms qui y sont relevés est de 165, et non de 166 comme il y est annoncé. La liste nominative de 1816 y est, elle aussi, consultable (6 M 54).
5 Jacques-Gabriel Arnaud avait fait partie, en 1793-1795, de la petite administration locale des insurgés vendéens. On trouve sa signature dans le Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 019), tout comme celle de J.-J. Caradeuc, qui fut ensuite instituteur et adjoint du maire de Belleville où il mourut le 7 mars 1814 à l'âge de 56 ans.
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