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Montaigu en 1637 selon François-Nicolas Dubuisson Aubenay

rappel : avant toute utilisation d'extraits ou d'illustrations de ces pages, vous devez en demander l'autorisation à leur auteur.

 

Le texte transcrit ci-dessous et dont l'origine remonte à l'année 1637, est le plus ancien écrit connu évoquant de façon un peu détaillée l'histoire de Montaigu. 


----------------------

- 1637 (février) : François-Nicolas Dubuisson-Aubenay excursionne
à Montaigu et dans les Marches de Bretagne et du Poitou -

François-Nicolas Baudot, seigneur du Buisson et d’Ambenay, dit "Dubuisson-Aubenay" (1590-1652) fut ce qu’on appellerait aujourd’hui un haut fonctionnaire, qui servit tantôt dans les services d’intendance aux armées, tantôt dans l’administration interne du royaume, tantôt dans des missions diplomatiques, ce qui le fit beaucoup voyager en France et en Europe. A la mi-novembre 1636, il arrivait à Nantes ; il était l’un des secrétaires accompagnant Jean d'Estampes de Valençay, commissaire du Roi auprès des Etats de Bretagne qui allaient se tenir dans la ville du 17 décembre 1636 au 1er février 1637. Il profita de ce séjour pour effectuer plusieurs déplacements dans la province, dont quatre "excursions" au sud de Nantes.

En 1646-1647, il rédigea son "Itinéraire de Bretagne en 1636" à partir de ses notes, un récit des différents voyages qu’il avait fait à travers le duché, complété par des "Documents et Remarques". Ce manuscrit sera édité, pour la première fois et en deux temps, en 1898 et en 1902 dans deux numéros de la revue nantaise Archives de Bretagne, par l’archiviste Paul de Berthou, l’historien de Clisson. Une nouvelle édition, abondamment illustrée, en a été réalisée en 2006 : "la Bretagne d'après l'Itinéraire de Monsieur Dubuisson-Aubenay".

Lors de "l’excursion" qu’il fit, du 6 au 10 février 1637, "sur le Chemin de Nantes aux Marches de Bretagne, Poitou et Anjou", il arriva le vendredi 6 février au soir à Vieillevigne où il fit étape, le lendemain il était à Montaigu et, le soir du 8 à l’Échasserie (de la Bruffière), le 9 il arrivait à Clisson, et il était de retour à Nantes le mardi 10 février 1637 en fin de journée.

Montaigu-Poitou_1626_MenV-600

Itinéraire de Fr.-N. Dubuisson-Aubenay sur un extrait d’une carte du Poitou de 1626,
qui souligne l’importance des ponts sur la Sèvre et sur la Maine,
à pont Rousseau, Tiffauges et Clisson, ou autour de Montaigu.

Cette "excursion" apporte une description unique de Montaigu et de ses environs à cette époque. L’extrait qui suit provient du tome 2, pages 162 à 170, de l’édition de 1902. Il commence à la 2e journée (7 février 1637) du voyage de François-Nicolas Nicolas Dubuisson-Aubenay.
En raison de leur grand intérêt et malgré leur longueur, les notes et commentaires ajoutés au texte en 1902 par Paul de Berthou ont été conservés1.


[…]

De l'Herbergement Entier à Saint-Georges-de-Montaigu il y a une grande lieue. C'est un bourg d'une longue rue situé sur un coteau arrosé de chacun des deux côtés d’une rivière, toutes deux d’égale grandeur [...] et lesquelles confluent au pied et fin dudit coteau, au-dessous dudit bourg, et s’appelent toute deux Mayne.

L'une qui passe au côté droit du bourg, vient des Herbiers, quatre lieues loin, par Bazoges et pont Lejay2, passe à côté de Saint-Georges et au-dessous, où finit le coteau, passe sous le pont de Boisseau, pont à quatre arches rondes de pierre, sans garde-fous, et, à la portée de l'arbalète au-dessous, se mêle avec l'autre Mayne3.
Celle-ci vient des Essarts, trois lieues loin, passe à Chavagnes et puis à côté gauche de Saint-Georges, et influe dans l’autre Mayne, à un moulin4 qui est un trait d'arbalète au-dessous du pont de Boisseau. Parce qu'elle passe par un tènement dit le Bouvereau, beaucoup de gens l'appellent la rivière du Bouvereau5.
Ces deux Mayne, devenues une, vont passer au Pont-Neuf, de 4 ou 5 arcades de pierre sans garde-fous, au-dessous du faubourg Saint-Jacques de Montaigu, puis au fin pied et bas du château de Montaigu planté élevé sur la rive droite, et, entre lui et le faubourg Saint-Nicolas, au pont de Saint-Nicolas, de deux grandes arches rondes de pierre et de deux autres couvertes de planches.
Entre ces deux ponts, Neuf et de Saint-Nicolas, et à l'issue du premier fossé du château, elle reçoit la petite rivière ci-après décrite, dite d'Asson, à cause d'une gentilhommière6 à deux lieues de là, dont elle vient, ou d'Ortèze7, à cause d'un tènement d'héritage dont elle vient, qui a nom ainsi.
Suivant là dessous où le fossé de la muraille australe de la ville de Montaigu, cette rivière d’Asson ou d’Ortèze passe par dessous une arche carrée de pierre, dans le côté austral des fossés du château, d'où elle ressort par dessous une chaussée de fausse braie revêtue de pierre, et tombe en Mayne qui la charrie à Remouillé et de là à Château-Thébaud, puis à Saint-Fiacre ; et, demi lieue au-dessous, influe en Sèvre, au-dessous de la gentilhommière du Coin Saint-Fiacre8, ainsi dite, ce me semble, pour être située dans le coin, in ancorre et angulo [ dans la courbure et l'angle ], c'est-à-dire en l'angle et pointe de terre entre les dites deux rivières confluentes. Cela est fort peu d'espace au-dessus de Vertou.
Mais, pour revenir à Saint-Georges, c'est un bourg avec une fort grande paroisse de Notre-Dame9, et un prieuré tout joignant, de l'ordre de Saint Benoît, qui fut bâti par saint Martin de Vertou, vers l'an 580.
La vie de ce saint ajoute qu'il y bâtit aussi un monastère de femmes, dont personne sur les lieux n'a aucune tradition. Ce pourrait bien avoir été où de présent est la paroisse susdite de Notre-Dame10.
Sa vie11, contenue en un manuscrit en parchemin grand du prieuré de Saint-Jacques-de-Pirmil de Nantes, porte ceci :

"Itaque dum pro pro lucrandîs Christo fidelium animabus diversum sollicitus abiret, Durivum venit" (aliis Durinum, Durvin et Durivuum12, ut varie varii dum loquuntur. Vide hic infra, ad finem). Hoc in loco Martinus idem duo ædificarat cœnobia, quorum unum virorum insignibant agmina, aliud sane sanctimonialium gubernabatur caterva".
[ C'est pourquoi alors que, sollicité de divers côtés, il s'en allait pour gagner au Christ des âmes de fidèles, il arriva à Durivum (pour d'autres Durin, Durinum). Là dans ce lieu Martin fonda deux monastères, dont des foules d'hommes rendaient l'un remarquable, l'autre était conduit par une troupe de religieuses. ]

Celui d'hommes, qui est encore en être, est le lieu même où ce saint mourut, l'an 589. Son corps fut emporté par les moines de Vertou, d'où puis après il a été transporté à Saint-Jouin-de-Marnes, abbaye en Poitou, près Thouars, diocèse de Poitiers, dont dépendent et le prieuré de Saint-Jean-Baptiste de Vertou, et Saint-Georges-de-Montaigu qui est une prévôté.

En notre Saint-Georges il y a deux moines seulement13, et est le prieuré en la commande de Monsieur de Bourgmoyen Phélipeaux14, conseiller de la Grande Chambre de Paris, qui en tire 2500 livres de rente ou environ, tous frais faits. L'église du prieuré n'est pas fort antique15, mais il y a tout devant, une mazure de l'ancienne église dont il reste un pignon avec le trou de la porte, qui est d'ouvrage ressemblant le romain avec des chaines ou ceintures de large et plate brique. Ils l'appellent le portail de l'Image, et ont tradition que là était l'ancien monastère qui s'étendait jusqu’à l'église paroissiale de Notre-Dame16, entre l'église moderne du prieuré ou prévôté et l'habitation ou logis des moines.
Disent de plus que le bourg était une très grande ville17 dont, en travaillant aux vignes, on trouve encore tous les jours des mazures et fondements et des médailles de cuivre, et qu'elle s'appelait Durive, ou Durin ou Durvie, comme ils disent diversement.

On dit qu’à Mauléon en Poitou, en une abbaye dont l'archevêque de Bordeaux, de la maison de Sourdis18, est abbé, il y a force beaux titres manuscrits et enseignements de saint Martin de Vertou.

Montaigu_Cassini_MenV-600

En dehors de la profonde modernisation, dans les années 1750,
du "grand chemin" de Nantes à la Rochelle,
peu de choses avaient changées autour de Montaigu entre...
1637, date de l’excursion de Fr.-N. Dubuisson-Aubenay,
et 1783/1786, date de la réalisation de cette feuille n°131 de la carte de Cassini.

Montaigu est ville, châtellenie et baronnie, et fut vendue en 163319 par Monsieur de la Trémoille20 à Monsieur de Vieillevigne qui en est le chemier21 ou seigneur dominant. Le chemier fait l'hommage au suzerain et prend ou reçoit des parageurs ou part prenant ou conseigneurs qui sont séparés en 23 parts22, dont M. de Vieillevigne en a douze et demie. Il fait l’hommage au vicomte de Thouars, à présent duc et pair23, et présente aux offices qui sont : sénéchal, seul juge, de 10 mille livres d'achat ; avocat fiscal, Monsieur Gabart sieur de la Crémière, avocat du roy aussi en l'élection de Mauléon dont est Montaigu, comme par accord.
Montaigu est du présidial de Poitiers, en cas d'appel de Thouars, quoique Thouars ait de soi ailleurs droit au parlement de Paris, comme pairie.

Montaigu_pont-19e_MenV-800

Les ruines du Château de Montaigu après son démantèlement en 1586
(dessin de la 1re moitié du XIXe siècle).
A droite, les restes de la "tour de l’Anguille" et du "Château-Gaillard" ;
en arrière-plan, le "pont Saint-Nicolas" sur la Maine,
menant à gauche au faubourg du même nom.

Le seigneur de Vieille Vigne a encore la part de Monsieur de Rohan24, qui lui coûte cinq mille écus ; le reste, 50 mille. Et cela vaut mille écus de rente. Mais il y a forêt25 et 18 paroisses, dont il y a 5 ou 6 châtellenies qui relèvent de la dite baronnie de Montaigu, ainsi appellée à cause de la situation sur un haut terrain rocheux. C'est au diocèse de Luçon.

Il y a deux faubourgs : Saint-Jacques26, où il y a prieuré et paroisse en une seule église de Saint-Jacques, possédés par deux personnes différentes, curé ou recteur (qui est en Poitou le même) et le prieur27.
Il y a aussi une commanderie de Sainte-Croix28, dépendant de la commanderie de Launay, et l’Aumônerie29 annexée à la chantrerie30 de Montaigu.
L’autre faubourg est Saint-Nicolas31, où il y a paroisse et fort petite.

Entre ces deux faubourgs est la rivière de Mayne qui a, au-dessus de la ville, un pont de pierre à 5 ou 6 belles arches rondes, dit le Pont-Neuf, sans garde-fous ; et puis, par dessous le faubourg Saint-Jacques, vient baigner le pied du château, où elle reçoit le ruisseau de l'Ortèze, à cause d'un tènement, ou vraiment d'Asson, à cause qu'elle prend sa source en étangs de la gentilhommière d'Asson, paroisse de la Boissière, deux lieues au-dessus de Montaigu qui, passant à côté de Treize-Septiers, bourg laissé sur la main droite, et vient, le long des murs et fossés du côté austral de la ville, jusque dessous un ponceau de pierre d'arche carrée, et encore parfois inondant par sous un autre pont de bois, entrer dans les douves du château qu'elle arrose du côté austro-occidental. Et en sort par sous une fausse braie fortifiée de pierre, pour tomber en la Mayne qui la reçoit et la charie au pont de Saint-Nicolas, de pierre, sans garde-fous, à deux grandes et rondes arches de pierre et à deux carrées couvertes de deux ponts-levis.

La ville est close de muraille, fossé et fortifications fort démolies, mais de belle assiette.
Le château est démoli 1586, et tout à fait en 158832, par les Nantais, au commencement de la Ligue. Mr de Vieillevigne y fait rebâtir un corps de logis et pavillon et démolir le reste qui était bonne place [voir ci-après, le plan de ce logis alors en cours de destruction, conservé aux Archives municipales de Nantes], avec donjon sur motte à part.

Il y a dans le château, mazure d'une chapelle33 jadis fondée en l'honneur de Notre Seigneur, Notre-Dame, saint Maurice, saint Denis et autres martyrs, le 12e décembre 1433, par Jean de Belleville, seigneur de Montaigu34, et Jean son fils aîné, sieur de Mirebeau, en la présence de révérend père en Dieu Monsieur Jehan évêque de Luçon35, et de Messire Jehan Macaire, sénéchal de Montaigu, signé J. Moreau et Grasmouton36.
Cela est porté en une grande lettre en parchemin, qu'ils appellent le rectum [ gouvernement ] de Saint Maurice parce que c'est une pièce contenant les autres pièces de fondation insérées là-dedans. Laquelle grande lettre est un acte ou visa des dites pièces, daté du 18e décembre l'an 143837, signé Le Jay, pour copie collationnée à l'original, un paraphe et un sceau pendant à un laqs de parchemin qui est rompu.

Montaigu_logis-château-1600_MenV-800

Plan du logis du château de Montaigu,
en cours de démolition lors du passage Fr.-N. Dubuisson-Aubenay, début février 1637
(nord à droite, Archives municipales de Nantes).
Les dimensions, indiquées en pieds, donnent une longueur de 38,6 m et une largeur de 15,9 m ;
la "vieille tour", en haut à gauche sur le plan, est l’ancienne "tour Richard".
Ce logis avait été construit par les La Trémoille au-dessus de la Maine après 1588,
remplaçant l’ancien logis dit "Hôtel de Bourbon",
qui avait été détruit lors du démantèlement du château en 1586.
Lorsqu’à la fin du XIXe siècle des travaux mirent au jour des soubassements de ce logis,
ceux-ci furent confondus par Charles Dugast-Matifeux
avec de possibles restes de l’ancien donjon du Château.

Or là-dedans est insérée la primitive fondation des 4 chapelains fondés en l'église de Saint-Jean, paroisse de Montaigu, par Louise de Châteaubriant, dame de Montaigu, femme de Guy de Laval38. Et ce par le consentement de "carissimi et dilectissimi domini Guydonis domini et mariti nostri, de benignitate et complacentia reverendi in Christo patris et domini domini Guydonis39 Dei gratta Lucionensis episcopi, et etiam venerabilis patris abbatis monasterii Sancti Jovini de Marnis, ordinis Sancti Benedicti, Pictavensis diœcesis" [ très cher et très aimé seigneur Guy, notre mari, avec la bénignité et la complaisance de révérend père en Christ et seigneur Guy par la grâce de Dieu évêque de Luçon, et aussi de vénérable père l'abbé du monastère de Saint-Jouin-de-Marnes, de l'ordre de saint Benoît, au diocèse de Poitiers ] (Saint-Jouin-des-Marnes, abbaye dont dépendent les églises collégiale et paroissiale de Montaigu, le prieuré paroisse de Saint-Jacques au faubourg, etc.), pour prier Dieu pour l'âme d'elle, de son mari et de ses parents, du consentement du curé ou recteur de la dite église paroissiale de Saint-Jean ; lesquelles quatre chapellenies elle fonda l'une après l'autre, sur biens particuliers.

"Datum et actum die XXIIa junii, anno Domini 1356"
[ Donné et fait le 22 juin, l'an du Seigneur 1356 ].

Et à ces lettres sont ajoutées ensuite les lettres de décret de l'évêque "Guydonis miseratione divina Lucionensis episcopi" [ Guy par la compassion divine évêque de Luçon ], du 3 août 1356, qui est approbatif et confirmatif de la dite fondation.
Après lesquelles pièces insérées là-dedans, la susdite lettre de Jean de Belleville finit et conclu de transférer, par l'autorité du dit Jean évêque de Luçon, ces chapellenies de Saint-Jean en la chapelle de Saint-Maurice, fondée au château.
Le château ayant été ruiné tout à fait l'an 1588, les chapelains ou chanoines se retirèrent derechef en leur primitive et originaire église de Saint-Jean, dans la ville, où ils furent 24 ans et jusqu’en l'an 161240 que la dame de la Trimouille et de Montaigu41 leur permit non de se rebâtir au château, mais d'y prendre des matériaux pour bâtir dans la ville.
Ils ont fait une église à flèche, dite Saint-Maurice, où ils sont doyen42, chantre, sous-chantre qui a une grande prébende, trois autres grands prébendés de cent écus de rente, et trois autres petits de cinquante écus, avec le curé de Saint-Jean tout voisin, qui tient rang de chanoine. Le doyen et chanoine ont des cures annexées à leur dignité.

Là auprès est l'église paroissiale de la ville, Saint-Jean, et derrière est Notre-Dame43, jadis paroisse unie de présent à Saint-Jean à cause de sa petitesse, et dont l'église a été donnée à des religieuses bénédictines44 gardant clôture, mais non l'étroite observance de celles du Calvaire.
Voilà les trois églises qu'il y a dans la ville, hors laquelle il y avait, outre celles des faubourgs Saint-Jacques et Saint-Nicolas, une petite chapelle de Saint-Michel45, où de présent les religionaires ou huguenots s'enterrent par octroi ou tolérance. Ils avaient bien un temple en la ville, entre deux des églises de celle-ci ; mais de peur du scandale et sédition, il leur fut prohibé l'an 1632, par arrêt du parlement leur ordonnant d'en démolir l'édifice. Toutefois il leur fut permis de vendre au doyen de Saint-Maurice qui le possède. Leur prêche ordinaire, à cette heure, est à Vieillevigne46 où le ministre va de Montaigu ; et n'y a guère plus d'une lieue.

Ces années passées il y avait à Montaigu un bureau établi des commis des fermiers des traites foraines47. Les traites foraines sont celles dont les devoirs se payent en Poitou et en Anjou, sur les confins de la Bretagne, avant d’en sortir.
Les commis des traites foraines furent chassés de Montaigu par une querelle et escarmouche qu'ils eurent avec ceux du prochain village de Saint-Hilaire qui en tuèrent et blessèrent beaucoup. Ils se sont donc contentés de se tenir à l'Hébergement, vulgo l'Abrègement-Entier, une lieue de Montaigu, vers mer, et à la Bruffière, de l'autre côté de Montaigu, vers terre ; item à Torfou, encore une lieue plus outre, tournant en Anjou où est Torfou ; et enfin à Tuillières aussi en Anjou. Ils font de grandes exactions et concussions horribles.

De Montaigu à la Bruffière, plus d'une grande lieue. Il y a bureau des traites foraines, comme en l'une des onze paroisses qui sont en marche de Bretagne vers Poitou48.

 

Le lendemain 9 février, François-Nicolas Dubuisson-Aubenay arrivait à Clisson, et il était de retour à Nantes le mardi 10 février 1637 en fin de journée.
Cette excursion dans les Marches de Bretagne et de Poitou marquait la fin de son séjour en Bretagne, et, dans le chapitre suivant qui est le dernier de son journal, on le voit repartir vers sa demeure normande, par le chemin de Nantes à Laval, puis par Alençon et par Sées…

Quand dix ans plus tard il rédigera à partir de ses notes et de ses souvenirs son Itinéraire de Bretagne en 1636, François-Nicolas Dubuisson-Aubenay le complètera par des "Documents et Remarques". L’un d’eux, qu’il intitula "Des Marches et limites de Bretagne, Poictou et Anjou"49, est un bilan, court mais se voulant exhaustif, des statuts juridiques particuliers de ces "Marches séparantes de la Bretagne et du Poitou" qu’il avait visitées au début de ce mois de février 1637, alors que la tenue biannuelle de 1636-1637 des Etats de Bretagne venait de s’achever.


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Notes, sources et références...
(sauf mentions contraires, illustrations et texte sont dus à M. Mignet)

1 Les quelques traductions, insérées entre crochets, sont empruntés à la réédition de 2006.

2 Lire : Pont-Leger, village avec pont sur la Grande Maine au sud-ouest de du bourg de la Boissière-de-Montaigu. La Grande Maine y reçoit encore un ruisseau venant du bois du Drillay, près de la Gaubretière, et l’affluent de ce ruisseau, venant des Landes-Genusson.

3 Respectivement : la Grande Maine. et la Petite Maine.

4 Le moulin de Boisseau.

5 Le ruisseau de Bouvreau n’est qu’un affluent de la Petite Maine.

6 Le manoir d’Asson dont la famille Baudry porte le nom, est situé à peu près à mi-chemin de la Boissière-de-Montaigu à Treize-Septiers.

7 Dubuisson a sans doute mal compris ce nom. La forme qu’il nous donne ne se retrouve pas.

8 Le manoir du Coing est situé sur le bord de la Maine, un peu avant son embouchure dans la Sèvre Nantaise. En 1637, il appartenait aux Pantin. Vers 1561, Hardy Pantin avait épousé Isabeau du Coing.

9 Ce vocable de Notre-Dame n’est plus connu aujourd’hui ; mais il a bien existé. Nous le trouvons dans un procès-verbal de visite de l’archidiacre Marchant, en date du 6 juin 1534 : ecclesia parochialis Beatæ Mariæ de sancto-Georgio (document recueilli par M. Mignen, de Montaigu).

10 Le monastère de femmes était très probablement situé à Saint-Georges, sur l’emplacement de la maison dite le Grand-Logis. Quand le bourg fut dévasté par les huguenots, en 1562, on n’y voyait déjà plus de religieuses. Les Bénédictins qui leur avaient succédé, firent reconstruire le Grand-Logis en 1577.

11 Selon la légende, quand Saint-Félix, évêque de Nantes, ayant résolu de travailler à la conversion des païens qui habitaient le pays d'Herbauge, y envoya un nommé Martin, originaire de Nantes, dont la prédication avait été efficace chez les Saxons. Martin entreprit cette œuvre avec zèle, mais sans succès. Mais la riche ville d'Herbabilla, qui l’avait couvert d’insultes et de mépris fut punie par Dieu qui l’abîma sous les eaux formant ainsi le lac de Grandlieu. Devenu un temps ermite il vit venir à lui de nombreux disciples et reprit sa prédication, convertissant toute la partie orientale du pays d'Herbauge au christianisme. Quant à sa mort, si les uns la situent en 589 à Durivum, futur Saint-Georges-de-Montaigu, pour les autres elle eut lieu à Vertou en 601, le 24 octobre, jour où on célèbre sa fête.

12 La bonne forme parait bien être Durinum. Les autres formes sont dues à des fautes de copistes et à de mauvaises lectures.

13 Un procès-verbal de l’archidiacre Marchant, en date du 6 juin 1634, mentionne six religieux prêtres. Le nombre des prêtres était quatre (document recueilli par M. Mignen, de Montaigu). En 1562, il y avait dix prêtres au prieuré. Les dernières traces de religieux Bénédictins à Saint-Georges sont constatées en 1668. On ne sait exactement quand le prieuré devint cure ; mais en 1770, il n’y avait plus de religieux. A l’époque de Dubuisson, 1637, le monastère était à peu près abandonné.

14 Ce prieuré resta dans la même famille pendant assez longtemps. Car Louis-Balthazar Phélipeaux, évêque et seigneur de Riez, en Provence, est cité comme seigneur spirituel et temporel du prieuré, prévôté et châtellenie de Saint-Georges-de-Montaigu, de 1715 à 1751.

15 L’église du prieuré de Saint-Georges, brûlée par les huguenots en 1562, réparée ensuite, tombait en ruines au XVIIIe siècle. C’était probablement un édifice du XIVe siècle. Cette curieuse ruine a été malheureusement démolie peu après 1834.

16 Cette église paroissiale, ruinée en 1562, restaurée ensuite tant bien que mal, fut reconstruite de 1684 à 1697, brûlée en 1794, réparée et agrandie en 1854, enfin refaite à neuf de nos jours.

17 Cette tradition parait fondée. Il y avait à Durinum, sinon une ville, du moins une importante station, dont les débris se retrouvent nombreux entre Saint-Georges et Montaigu (cette dernière localité est de création postérieure et féodale). Deux voies romaines se croisaient à Saint-Georges : l’une de Rezé à Poitiers, par la forêt de Touffou, l’autre venant de l’est et se dirigeant vers Saint-Gilles, par Bressuire, les Herbiers, Bazoges-en-Paillers et Saint-Georges.

18 Henri de Sourdis, archevêque de Bordeaux, fut abbé de Mauléon (ordre de Saint-Augustin) de 1627 à 1645.

19 Gabriel de Machecoul, seigneur de Vieillevigne, acheta la baronnie de Montaigu le 24 octobre 1633.

20 Henri de La Trémoille (fils de Claude et de Charlotte-Brabantine de Nassau), duc de Thouars, pair de France en cette qualité, prince de Tarente et de Talmont, comte de Laval, né en 1598, marié en 1619 à Marie de La Tour d’Auvergne (fille du duc de Bouillon et sœur du maréchal de Turenne), décédé à Thouars le 21 janvier 1674, tenait Montaigu de son ancêtre, Louis II de La Trémoille qui avait acheté cette baronnie en 1517, de Jean IV Harpedane, seigneur de Belleville. Il hérita de Laval, par représentation de sa bisaïeule, Anne de Laval, mariée à François de La Trémoille.
Henri de La Trémoille, d’abord huguenot, abjura entre les mains du cardinal de Richelieu, pendant le siège de la Rochelle ; après quoi il reçut la charge de "mestre-de-camp de la cavalerie légère de France".

21 Le mot chemier, emprunté à la coutume du Poitou, signifie l’aîné des cohéritiers qui, par rapport à lui, se nomment parageurs. Dans un ordre religieux, le chemier représente la communauté, pour les intérêts temporels.

22 La baronnie de Montaigu comprenait 23 parts de parageurs. François 1er de La Trémoille (fils de Charles, tué à Marignan, et de Louise de Coëtivy) épousa, à Vitré, Anne de Laval (fille de Guy XVI et de Charlotte d’Aragon), le 24 février 1521, et mourut, âgé de 39 ans, le 7 janvier 1541, laissant pour enfants : 1° Louis III de La Trémoille, marié à Jeanne de Montmorency (père de Claude et de Catherine qui épousa Henri de Bourbon, prince de Condé) ; 2° François, comte de Benon ; 3° Georges, baron de Royan ; 4° Claude, baron de Noirmoutier ; 5° Louise, mariée à Philippe de Lévy ; 6° Jacqueline, mariée au comte de Sancerre ; 7° Charlotte, religieuse, etc.
Du 7 janvier 1541 au 6 novembre 1550, la succession de François Ier demeura indivise entre ses héritiers. On partagea alors ses biens, et son second fils, François II, comte de Benon, eut Montaigu dans sa part. Ce dernier mourut sans enfant en 1555, et, en vertu d’un partage rappelé dans un acte du sénéchal, en date de juin 1597, les 23 parts furent ainsi réparties entre ses héritiers : 2 parts ou 2/23 (sauf le château, hommages, collations de bénéfices, etc., réservés à Louis III, l’aîné de la famille ou chemier) à Georges, baron de Royan ; le tiers du total restant ou 7/23 ? à la comtesse de Sancerre, pour elles et ses deux filles, donataires de leur oncle François II ; les 2 autres tiers ou 14/23 à Louis III de La Trémoille et à ses cohéritiers, savoir : le tiers de ces 21/23 pour lui, et l’autre tiers pour ses cohéritiers. En 1633, ces 23 parts subsistaient toujours, mais passé en d’autres mains (en 1577, la maison de La Trémoille ne possédait que 10 des 23 parts de parageurs ou partprenans, composant la baronnie de Montaigu, et en tirait 1500 livres de revenu).

23 Thouars, Mauléon, Talmont, etc. étaient entrés dans la maison de La Trémoille, en 1466, par le mariage de Marguerite d’Amboise (fille de louis d’Amboise, vicomte de Thouars, et sœur de Françoise, duchesse de Bretagne) avec Louis Ier de La Trémoille. La vicomté de Thouars fut érigée en duché-pairie en 1563, pour Louis III de La Trémoille (1521-1577).

24 Lire : M. de Royan. Il s’agit de Philippe de La Trémoille, 2e marquis de Royan, né en 1596, décédé en 1670, marié en 1662 à Madeleine de Champront. Il était fils aîné de Gilbert de La Trémoille, créé marquis de Royan par Henri IV en 1592, décédé en 1603, et d’Anne Hurault. Or Gilbert était fils de Georges de La Trémoille, baron de Royan, marié en 1563 à Madeleine de Luxembourg, décédé en 1584, et fils lui-même de François Ier de La Trémoille et d’Anne de Laval.

25 La forêt de Montaigu était déjà défrichée en 1597, selon un procès-verbal du sénéchal Jacques Thibaudeau (notes de M. Mignen). Il y avait dans la baronnie une autre forêt, encore existante, dite forêt de Gralas.

26 La paroisse Saint-Jacques qui était celle du château, était probablement la plus ancienne paroisse de Montaigu. L’église fermée en 1792, fut brûlée l’année suivante, et ses derniers débris disparurent en 1837. Elle occupait un petit espace du cimetière Saint-Jacques, devenu en 1790 celui de la paroisse Saint-Jean, et l’unique cimetière de Montaigu.

27 Les titres de fondation du prieuré de Saint-Jacques ont été détruits par l’incendie accidentel des archives de Niort, au commencement du XIXe siècle. Ce prieuré remontait sans doute aux Xe et XIe siècles et devait être au moins aussi ancien que la paroisse du même nom. D’abord prieuré-cure, il devint prieuré simple dès avant 1535, le prieur se déchargeant du soin des âmes sur un vicaire perpétuel à portion congrue. Tous deux demeurèrent longtemps dans le même manoir curial. Le temporel consistait dans la métairie dite du Prieuré, en la Guyonnière, en diverses rentes en nature et quelques droits féodaux, le tout d’un revenu de 700 livres, en 1745. En 1639, le prieur s’appelait Pierre Poitevin.

28 L’église et la maison de la commanderie de Sainte-Croix (réunie dès le XVIe siècle à celle de Launay, en la paroisse de Sainte-Cécile) tombait déjà en ruines en 1564. Leur revenu consistait en quelques rentes sur le village de l’Hospitau de la Vrignaye (il y a une métairie de la Vrignaye en Saint-Hilaire-de-Loulay).

29 L’Aumônerie fut fondée en 1182, par Maurice de Belleville, seigneur de Montaigu. Elle a été transformée en hôpital en 1696.

30 C’est-à-dire à la dignité de de chantre du chapitre collégial de Montaigu, primitivement établi dans la chapelle du château, et dont il sera question plus loin. Le chantre du chapitre était l’aumônier de l’hôpital.

31 L’église Saint-Nicolas a été incendiée et détruite en 1793, et il n’en reste plus rien aujourd’hui. La route de Montaigu à la Roche-sur-Yon passe sur son emplacement.

32 En vertu d’une des clauses du traité du Fleix, en Périgord (26 novembre 1580), le château de Montaigu fut livré par le roi de Navarre à François de Valois, duc d’Anjou, frère d’Henri III. La démolition, commencée l’année suivante, fut effectuée en grande partie aux frais de la ville de Nantes. Elle fut interrompue et reprise à différentes dates, ainsi qu’il appert par l’état des dépenses faites à cette occasion, en date du 10 décembre 1588 et 13 janvier 1589 (Archives municipales de Nantes, EE 207).

33 La collégiale de Saint-Maurice.

34 Jean III Harpedane, dit de Belleville, seigneur de Montaigu, fonda cette collégiale en 1438, selon l’opinion généralement admise. Il était le petit-fils de Jean Ier Harpedane, fondateur de la seconde maison de Belleville, et de Jeanne de Clisson, sœur du connétable Olivier de Clisson. Il avait épousé Marguerite de Valois, fille légitimée du roi Charles VI et d’Odette de Champdivers. En secondes noces, il épousa Jeanne de Bretagne.

35 Jean Fleury, évêque de Luçon, décédé en 1441.

36 Grasmouton est une seigneurie en Château-Thébaud, appartenant au XVe siècle à une famille de ce nom, puis aux Souvaing, seigneurs du Pallet, et aux Pantin depuis la fin du XVe siècle jusqu’à la fin du XVIIe siècle, enfin aux Cailleteau et aux Le Lou.

37 Cette pièce a disparu aujourd’hui. Il faut avouer que si Dubuisson n’a pas mal lu sa date, la fondation de la collégiale de Saint-Maurice doit être antérieure à 1438.

38 M. Mignen qui a étudié soigneusement toutes les chapellenies desservies en Saint-Jean, ne parle point de cette fondation : c’est qu’elle fut ensuite transportée ailleurs. Il s’agit de Louise de Châteaubriant, fille de Geoffroi VII et de Jeanne de Belleville (cette dernière épousa en secondes noces Olivier de Clisson et fut mère du connétable). Louise hérita de la baronnie de Châteaubriant en 1347, après la mort de son frère Geoffroi VIII, épousa en 1348 Guy XII de Laval, et mourut le 27 novembre 1383, laissant Châteaubriant à son petit-neveu, Charles de Dinan, petit-fils de Thomasse de Châteaubriant.

39 Guy, évêque de Luçon le 19 mars 1357, peut-être un peu auparavant.

40 On ne trouve nulle part ailleurs que les chanoines de Saint-Maurice aient desservi pendant 24 ans l’église paroissiale Saint-Jean, et il est à croire que la chapelle du château fut épargnée en 1588 ; mais, vers le début du XVIIe siècle, pour se soustraire aux vexations du seigneur protestant, Henri de La Trémoille, les chanoines transportèrent leur collégiale au centre de Montaigu, sur un emplacement dépendant de la paroisse de Notre-Dame (cette paroisse n’existait plus que de nom depuis 1569), tout près de l’église paroissiale de Saint-Jean. Cette nouvelle collégiale Saint-Maurice était terminée en 1613, ainsi qu’en témoigne cette inscription gravée sur une poutre de sa charpente : Anno Domini 1613 Renatus Chardonneau decanus dixit cum psalmus 25 : Domine dilexi decorem domus tuæ et locum habitationis tuæ [L’an du Seigneur 1613, Réné Chardonneau, doyen dit avec le psaume 25 : "J’aime la splendeur de ta maison, Seigneur, et le lieu où tu résides !"], citation qui était traditionnellement récitée lors de la consécration d’un édifice religieux. Transformée en grange, elle existe encore aujourd’hui, avec son ancienne charpente ; mais son sol a été déblayé et on n’y trouve plus les tombeaux qu’elle renfermait, notamment celui d’Armand-Gabriel de Crux, petit-fils de Jacques-Antoine, ce dernier ayant été gendre de Gabriel de Machecoul.
Quant à la chapelle du château, ancienne collégiale, il est à croire que les chanoines continuèrent à y célébrer les messes auxquelles les obligeaient d’anciennes fondations ; mais s’étant opposés à la construc-tion d’un temple protestant que Gabriel de Machecoul voulait faire élever près de la nouvelle collégiale, ce seigneur, en représailles, fit enlever la toiture et commencer la démolition de la première collégiale qui faisait partie de son château. De 1825 à 1829, l’esplanade du château ayant été vendue et déblayée, on découvrit la crypte de l’ancienne chapelle, dont les sculptures étaient dignes de remarque. Une pierre tombale portant le seul nom d’Odette, fit croire à M. Dugast-Matifeux qu’il s’agissait d’Odette de Champ-divers, mère de Marguerite de Valois, dame de Montaigu, épouse de Jean III Harpedane, dit de Belleville ; mais M. Prével a combattu cette opinion dans l’Écho du Bocage Vendéen, tome II, VIe et VIIe années.

41 Sans doute Charlotte-Barbantine de Nassau, veuve de Claude de La Trémoille depuis 1604, décédée en 1631, mère d’Henri qui vendit Montaigu en 1633.

42 En 1640 et sans doute depuis quelques années, le doyen de Saint-Maurice était François Chesneau, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, conseiller et aumônier du roi. Un registre de Saint-Léonard de Nantes le cite comme parrain le 24 juin 1664. Cette même année, il fut remplacé par Jean de Monbrisson-Dubos (notes de M. Mignen).

43 Cette église a été détruite tant par les huguenots en 1568, que par le siège de 1569 ; la paroisse Notre-Dame a été réunie à celle de Saint-Jean en 1627.

44 Les Bénédictines, conduites par Paule et Charlotte de Fiesque, du couvent de la Regrippière en Vallet, furent installées en 1626, par l’évêque de Luçon, Aimery de Bragelongue, dans le territoire alors désert de la paroisse Notre-Dame, et on restaura pour elles l’église de ce nom, ruinée depuis le siège de 1569. La maison, dite de "Notre-Dame de Saint-Sauveur", fut annexée à celle de Fontevrault en 1642. Ces religieuses furent dispersées en 1792. Aujourd’hui la maison et la propriété de Mlles Martineau occupent l’emplacement de leur chapelle et de leur enclos.

45 La chapelle Saint-Michel, dont il ne reste plus de traces, devait se trouver près du cimetière de ce nom, qui servit à l’inhumation des huguenots et qui fut donné à l’hôpital de Montaigu, après la révocation de l’édit de Nantes, puis vendue en décembre 1697 aux religieuses Fontevristes et réunie à leur enclos. Ce cimetière était au nord de la prairie où coule le ruisseau d’Asson qui jadis retenu par une digue, formait en cet endroit un étang de défense, dit l’étang Saint-Michel, un peu au sud du couvent des religieuses (notes de M. Mignen).

46 Le seigneur de Vieillevigne, Gabriel de Machecoul, était protestant.

47 La traite foraine se percevait sur toutes marchandises ; la traite domaniale était une augmentation d’impôt sur le blé, le vin, la toile et le pastel. Toutefois ces expressions ont pu recevoir une autre signification.

48 Voir le "Traité de la nature et usage des marches séparantes les provinces de Poictou, Bretagne et Anjou, Par M. Gabriel Hullin, licencié ès droicts, procureur fiscal à Tiffauges. A Nantes, par la veuve de Luc Gobert, imprimeur et libraire, MDCXVI" ; Dom Lobineau, "Histoire de la Bretagne", p. 471, 612, 630, 681 ; - "Des Marches de Bretagne", par divers (Association Bretonne, 1845) ; "les Marches de Bretagne, du Ve siècle au VIe siècles", par le vicomte de Bréhier (Association Bretonne, Pontivy, 1886) ; - "les Marches séparantes d’Anjou, Bretagne et Poitou", par M. Emile Chénon, professeur à la faculté de droit de Rennes (Nouvelle revue historique de droit français et étranger, Paris, Larose et Forcel, rue Soufflot, janvier-février et mars-avril 1892, avec carte).

49 Voir, cette analyse des statuts juridiques des Marches, seizième de ces "Documents et Remarques", dans les Archives de Bretagne, 1902, p. 238 à 241. Une transcription, annotée et illustrée d’une carte, en a été faite en 2016 dans le n° 14 de la revue Le Marcheton, p. 8 à 12.

 

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