"la Chronique paroissiale de Montaigu"
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La "Chronique paroissiale de Montaigu" fait partie d'un ensemble initié par Eugène Aillery (1806-1869) qui, devenu "prêtre habitué" (c’est-à-dire "prêtre retraité et résidant…") à Fontenay-le-Comte, se consacra à des recherches sur l’histoire religieuse du diocèse de Luçon. En 1860 il publia le Pouillé de l’évêché de Luçon (200 p.), et à sa mort il laissa un ensemble de manuscrits traitant de l’histoire des différentes paroisses du diocèse. Vingt ans plus tard, en 1889, l’évêché de Luçon décida de les actualiser de les faire paraître sous forme de cahiers mensuels d’une vingtaine de pages distribués à des abonnés, sous le titre de "Chroniques paroissiales". Jusqu’en 1895, les premiers cantons (ou "doyennés" dans la terminologie religieuse de l’époque) dont les "chroniques" ont été publiées, furent ceux de la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Essarts, Saint-Fulgent, les Herbiers et Mareuil, chacune de leurs paroisses y étant traitée en quelques pages. A partir de cette date, la prise en main de la publication par Pierre Pontdevie (1830-1893) puis par Hippolyte Boutin (1851-1901) leur donna plus d’ampleur, la part des textes dus à Eugène Aillery y devenant marginale, et leur contenu prenant un intérêt certain. Les "chroniques" des paroisses des cantons de Montaigu, de Mortagne et le début de celles du canton du Poiré (le Poiré, Aizenay, Beaufou), furent alors publiées. Puis, sous la direction de Julien Huet (1857-1925) et jusqu’en 1918, ce seront la fin de celles du canton du Poiré (Belleville, Saint-Denis, la Genétouze, les Lucs, Saligny), puis celles des cantons de Maillezais, de Rocheservière (celles de ce dernier rédigées essentiellement par Alain de Goué, 1879-1918) et de Fontenay-le-Comte. Après une interruption, la publication fut reprise, dans les années 1930, par Adolphe Poirier (1878-1957) pour le canton de Beauvoir, et elle se termina dans les années 1950 avec celles du canton de Pouzauges par Auguste Billaud. Soit 14 cantons sur les 30 que comptait la Vendée à cette époque, en plus des autres ébauches de "Chroniques" réalisées en son temps par Eugène Aillery pour la plupart des autres paroisses du diocèse de Luçon.
La "Chronique paroissiale de Montaigu" a bénéficié des apports d'Hippolyte Boutin. Elle est le résultat d’un important travail d’enquêtes, partant des faits, recourant systématiquement aux documents originaux, vérifiant et recoupant les sources… autant de garanties d'un sérieux que n'avaient pas eu jusqu'alors les "érudits locaux" de l'époque, tel le montacutain Dugast-Matifeux auquel elle fait cependant un certain nombre d'emprunts. Et c'est là un de ses points faibles à l'origines d'un certain nombre d'erreurs ou approximations.
Comme pour les autres "chroniques paroissiales", on y trouve un "État nominatif des curés (et vicaires) de la paroisse" dont la succession et les activités constituent a priori l’objet principal de chacune d’elles.
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La "Chronique paroissiale de Montaigu" suit le plan suivant :
présentation
curés de Montaigu
Louis-Marie Baudouin
l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu
etc.
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Saint-Maurice, église collégiale, 11 chanoines, 9 vicaires.
Saint-Jean. - Sainte-Marie. - Saint-Nicolas. Saint-Jacques. - Cures, l'abbé de Saint-Jouin-sur-Marne présente ; l'Evêque confère.
(Pouillé 1648.)
Maladrerie de fondation commune.
Saint-Jacques, prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, dépendant de Saint-Michel-en-l'Herm avec nomination du roi.
(Dictionnaire géographique de J.-P. Migne)
Montaigu (Mons acutus) doit évidemment son nom à sa position. Cette ville s'éleva au détriment de sa voisine, l'ancienne Durinum, maintenant Saint-Georges-de-Montaigu, et voici comment dit un écrivain. En 1130, Durinum, devenue possession des rois d'Angleterre, perdit peu à peu ce qu'elle possédait de son ancienne splendeur. Son vieux château ou citadelle s'élevait sur la pointe d'un rocher baigné par la petite Maine, à une demi-lieue environ du confluent des deux rivières. Des quais bordés de jardins et d'habitations longeaient la rivière et s'étendaient jusqu'au pied des murailles de la citadelle ; mais abandonné par le manque de population, tout ce quartier se trouvait presque désert, quand, sous le règne de Richard Cœur de Lion, des seigneurs anglais, dont les noms sont restés inconnus, trouvant la ville trop loin de cette forteresse qu'ils avaient fait réparer, engagèrent la presque totalité des habitants à venir s'établir auprès du château, sur l'esplanade du côté du Nord. Ils y vinrent en grand nombre, et bientôt il s'y forma une nouvel1e ville à laquelle on donna le nom de Montagut à cause de sa position sur la cime de la montagne : telle est donc l'origine du nom de Montaigu. Formée de la majeure partie de Durinum, cette ville s'augmenta à mesure que la première diminua, et quand, en 1461, Charles, duc de Berry, frère unique de Louis XI, allant de Poitiers à Nantes en suivant l'ancienne voie romaine, passa par Durinum, il la traversa sans s'y arrêter, car dès lors ce n'était plus que Saint-Georges-de-Montaigu.
Les premiers seigneurs de Montaigu que l'on connaisse prirent pour nom de famille le nom de la ville ; et on voit au XIIe siècle plusieurs seigneurs de Montaigu : la fille de Maurice de Montaigu, l'un d'eux, épousa Guillaume de Mauléon[1].
En 1216, Bréant de Montaigu, seigneur de Belleville et de la Garnache, fait plusieurs dons à diverses abbayes, du consentement de sa femme Agnès et de ses enfants Jocelin et Maurice. (Dom Fonteneau.)
Dans une charte datée du mois d'avril 1226, sous le règne de Louis IX, on trouve un sire Hugues Ier, vicomte de Thouars, cité comme un seigneur de Montaigu : il tenait cette terre du chef de sa femme Marguerite, dame de Montaigu et de la Garnache.
En 1256, Maurice de Belleville était seigneur de Montaigu et de la Garnache. Il avait épousé Jehanne de la Roche-sur-Yon et de Luçon ; ils sont souvent cités pour leurs dons. (Dom Fonteneau.)
En 1303, on parle encore d'un autre Maurice de Belleville comme seigneur de Montaigu. Il était l'aïeul de cette fière et guerrière Jehanne de Belleville, si digne d'être la mère du connétable de Clisson. Pour venger la mort de son mari qui fut décapité par l'ordre de Philippe de Valois, Jehanne de Belleville se mit à la tête de 400 hommes, enleva plusieurs châteaux forts et se mesura avec de vaillants guerriers. Elle porta la seigneurie de Montaigu à son fils Olivier de Clisson, qui la laissa à sa sœur Jehanne de Clisson qui avait épousé Jehan de Harpedane, général de l'armée anglaise, en Guyenne, et connétable d'Angleterre, lequel s'attacha ensuite au service du roi Charles VI, qui le fit son chambellan, puis capitaine général de Sa Majesté, en Périgord, et capitaine de ses gendarmes. En 1388, cette famille, qui a quitté son nom de Harpedane, a formé l'illustre maison de Belleville, très connue en Poitou.
Jehan de Harpedane mourut avant le 14 juin 1406.
Son fils Jean naquit à Fontenay. En souvenir de son baptême, il fonda, en l'église de Notre-Dame de cette ville, une messe le samedi de chaque semaine qui devait être célébrée entre soulail levant et heure de prime. Comme son père, il fut gouverneur de Fontenay et prenait le titre de seigneur de Belleville, Montaigu (du chef de sa mère) de l'hôtel de la Chopine et de la forêt Nizeau.
De Jeanne de Mucidan il eut un fils, Jean de Harpedane, troisième du nom, qui épousa Marguerite de France, dite de Valois, fille naturelle de Charles VI et d'Odette de Champdivers, dite la petite reine, Marguerite fut légitimée par Charles VII en janvier 1477. L'aîné de ses enfants. Louis Harpedane, chevalier, seigneur de Belleville, Montaigu, et chambellan du Roi, promit de garder bien et loyalement la place de Montaigu à son service contre le duc de Bretagne qui inspirait à cette époque de vives inquiétudes à la France ; et pour pouvoir se garantir des attaques probables de son vassal indocile, Louis XI échangea, en 1467, à Louis la ville et le château de Montaigu et lui donna en retour le comté de Dreux, les seigneuries de Montmorillon, la Chaize-le-Vicomte et le château, ville et seigneurie de Saintes : la grandeur et l'importance des objets concédés par ce prince indiquent assez de quelle conséquence il jugeait pour ses intérêts d'être possesseur de la ville de Montaigu.
Devenu domaine privé du roi Louis XI, Montaigu fut fortifié et devint un point important , aussi lorsqu'en 1473, les Anglais menaçaient de faire une descente sur les côtes du Poitou, ce fut à Montaigu, suivant l'ordonnance du roi, que furent convoqués tous les nobles et autres tenant fief et arrière-fief, tant du Poitou que de basse Marche, Plusieurs faveurs furent concédées à la ville qui obtint le titre de marquisat ; les habitants jouissaient de l'exemption des droits de traite-vive, pour les bestiaux conduits aux foires de Bretagne et qui retournaient sans être vendus.
Parmi ces droits concédés aux habitants, la féodalité ne fut pas en retard pour obtenir quelques nouveaux privilèges, car on voit dans un aveu du 22 avril 1504, rendu à la châtellenie de Montaigu par Bertrand de Saint-Hilaire, écuyer, seigneur de l'Ecornerie, un droit plaisant sur les meuniers ; nous reproduisons ici textuellement les termes de cet aveu comme un curieux exemple de la bizarrerie de quelques-uns des droits féodaux qui existaient dans nos contrées avant la révolution de 1789 :
"Item, ai droit d'avoir et recevoir sur tous et chacun ceux qui afferment nouvellement moulins du Pont-Boisseau, près Saint-Georges, icelui enclos, jusqu'au pont de Remouillé, un manger ou dîner, sur les dits nouveaux mosniers, et sur chacun d'eux, lequel manger ou dîner je fais à savoir aux dits mosniers en les requérant d'icelui payer, et, à ce, leur assigne journée. Et si les dits mosniers en sont refusant et contrevenant de le payer, je puis aller prendre le fer de la meule et les marteaux dudit moulin ou moulins, dont les dits mosnier ou mosniers se serviront, la monture, l'âne ou bête dudit mosnier ou mosniers et les tenir jusqu'à ce qu'ils aient fait le devoir dudit manger ou dîner; et dois faire crier ledit dîner par le sergent de la cour, pour mondit seigneur ès quatre carrefoir de la ville de Montaigu ; et doivent avec lui, dîner tous les mosniers de ladite rivière de la Moine ; au dedans dudit enclos ; et dois avoir de chacun mosnier qui paye ledit dîner cinq sols et une paire de gants il l'issue dudit dîner ; et doivent avoir mon cheval un quarteau d'avoine, et mon lévrier et chien, du pain par ledit mosnier, lequel devoir peut bien valoir, an par autre, six sols de rente ou environ".
1482. - Confirmation d'une chapellenie par Louis XI, fondée par Jeanne de Bretagne Penthièvre pour les siens, c'est-à-dire 12 messes perpétuelles par semaine à Saint-Maurice[2] étant au château de Montaigu pour le luminaire 110 livres tournoi de rente (20.000 fr.)
1483-1484. - Confirmation de la même par Charles VIII. (Archives Fillon.)
Le fils de Louis Harpedane, du nom de Gilles, seigneur de Belleville, rentra dans la terre de Montaigu en 1491. Charles VIII ayant épousé Anne de Bretagne, les craintes que ce puissant feudataire inspirait à nos rois étaient devenues, en effet, sans objet et il restitua au Roi les terres qui avaient été données en échange. Il eut pour fils Jean Harpedane, seigneur de Montaigu dès 1501, et qui vendit, le 19 novembre 1517, à Louis de La Trémouille, vicomte de Thouars, sa terre et seigneurie de Montaigu pour 8000 livres et prit pour 2000 livres les terres de Puybelliard et Chantonnay.
Louis II de La Trémouille, nommé par Guichardin le premier capitaine du monde, et par ses contemporains le chevalier sans reproche. Né en 1460, distingué dès son enfance par sa beauté, sa force, son adresse, ses dispositions généreuses, il est appelé à treize ans comme page à la cour de Louis XI qui voulut en faire un otage. A 23 ans il obtient du roi la restitution de la riche vicomté de Thouars, confisquée sur son père, et devient un des plus puissants seigneurs du royaume. Pendant la minorité de Charles VIII, la régente Anne de Beaujeu s'attache La Trémoille, le marie à sa nièce Gabrielle de Bourbon-Montpensier, et lui donne à 27 ans le commandement de l'armée qu'elle fait marcher contre le duc d'Orléans, le duc de Bretagne et autres seigneurs ligués contre elle. La Trémoille justifie sa confiance, bat les confédérés à Saint-Aubin-du-Cormier (28 juillet 1488), continue le cours de ses heureuses opérations en Bretagne et contribue plus que tout autre à la réunion à la France de cette belle province.
Lorsque Charles VIII revient de son expédition de Naples, c'est La Trémoille qui par d'incroyables efforts, parvint à faire franchir à l'artillerie française la rude traversée des Apennins ; c'est lui qui, à la bataille de Fornoue (6 juillet 1495) décide la victoire à la tête d'une réserve de 300 lances.
En succédant à Charles VIIl (1498), Louis XlI confirme dans tous ses emplois La Trémouille, son vainqueur de Saint-Aubin, ajoutant : "Si La Trémoille a bien servi son maître contre moi, il me servira de même contre ceux qui seraient tentés de troubler l'Etat." Plus tard, ce prince lui rendit ce noble témoignage qu'aucun roi de France n'avait eu de son plus loyal serviteur.
En effet, La Trémoille reconquiert rapidement le Milanais, fait prisonnier à Novare le duc Ludovic de Sforza ; chargé de reprendre le royaume de Naples, il tombe malade à Rome et se trouve forcé de rentrer en France ; malade à son tour, Louis XII le désigne comme membre du futur conseil de régence.
En 1507, il accompagne Louis XII dans son expédition contre Gènes ; en 1509, II commande le centre de l'armée française et se signale avec son fils à la sanglante bataille d'Agnadel où il décide l'élan victorieux des soldats par le mot si connu : "Enfants, le roi vous voit." Il est envoyé reconquérir le Milanais de nouveau perdu, mais on ne lui a donné que des forces insuffisantes, il n'en reprend pas moins nombre de places, mais sa faible troupe est écrasée à Novare où il perd la bataille mais non l'honneur. Il met la Normandie en état de défense et va arrêter la redoutable invasion des Suisses qui déjà assiégeaient Dijon.
A peine sur le trône, François 1er envahit le Milanais. La Trémoille se signale à la bataille de Marignan et supporte, avec la fermeté d'un héros, le dévouement d'un chevalier et la résignation d'un chrétien, la perte de son fils unique, Charles, atteint de 62 blessures. Quand la France est attaquée par toute l'Europe coalisée, La Trémoille défend la Picardie contre les Anglais par des prodiges d'activité et d'habileté, harcèle l'ennemi, l'épuise et le rejette avec de grandes pertes hors de France.
En 1525, François 1er entreprend de reprendre le Milanais, le chevalier sans reproche l'accompagne, A la bataille de Pavie, il donne inutilement les plus sages conseils. Gravement blessé, Il court au secours de ce roi qui n'avait pas voulu l'écouter et périt avant d'avoir pu le sauver. Ainsi mourut au lit d'honneur, comme il l'avait désiré, ce héros qui montra toutes les vertus qui distinguent l'homme privé ; qui fut de même négociateur habile et grand capitaine, toujours dévoué à sa patrie et à son roi. Son. corps repose dans l'élégante chapelle du château de Thouars, bâtie par des architectes que son goût pour les beaux-arts avait amenés d'Italie, Ses restes vénérables n'échappèrent pas aux dévastations insensées de 1793.
De son mariage avec Gabrielle de Bourbon était issu Charles, le héros et la victime de Marignan, qui laissa pour héritier son fils.
François de La Trémoille, lieutenant général pour François 1er et Henri, roi de Navarre, en Poitou, Saintonge et la Rochelle, n'avait que 20 ans quand il combattait à Pavie, où il perdit son aïeul et fut fait prisonnier. Retourna en Italie avec M. de Lautrec, reçut, par ordre du roi, Charles-Quint à Poitiers, et fut envoyé pour pacifier le Languedoc et la Guienne. Il mourut à Thouars le 5 janvier 1541.
L'un de ses enfants, François de La Trémoille, prenait le titre de baron de Montaigu, Mareuil ; il mourait sans postérité en 1555.
Son frère aîné, Louis de La Trémoille, duc de Thouars, érigea son vicomté en comté, et bien que catholique, laissa le protestantisme s'introduire dans sa ville ducale et y dominer pendant près de dix-huit mois.
Il avait épousé Jeanne de Montmorency.
L'un de ses fils, Claude de La Trémoille qui leur succéda, professa le calvinisme et embrassa le parti du roi de Navarre contre les ligueurs. Pour récompenser ses nombreux services, Henri IV érigea son duché de Thouars en duché-pairie en 1595.
Son fils, Henri de La Trémoille, né en 1599, assista au siége de la Rochelle, en 1628, y fit abjuration de la religion protestante entre les mains du cardinal de Richelieu et fut complimenté sur sa conversion par un bref d'Urbain VIII. Il servit en Piémont et fut blessé en allant reconnaître la place de Carignan.
C'est Henri de La Tremoille qui vendit, en 1633, le château de Montaigu pour 150.000 livres à Gabriel de La Lande, dit de Machecoul. (Beauchet-Filleau.)
Quinze ou seize ans après que l'acquisition de la baronnie de Montaigu, eut augmenté l'importance et constaté la richesse de l'antique maison des marquis de Vieillevigne et de Machecoul, elle s'éteignit en la personne d'un enfant, François de La Lande, dit de Machecoul, seul fils de Gabriel et de René d'Avaugour.
Marguerite, sœur aînée du petit François et principale héritière de la famille, fut mariée en 1656 à son cousin, Henri de La Chapelle, marquis de la Roche-Giffard ; et leur fille unique, épouse de Claude-Philibert de Damas, marquis de Thianges, mourut dès sa première couche, ainsi que son enfant, en 1686.
La baronnie de Montaigu et les autres seigneuries de la famille passèrent à sa sœur, Henriette-Louise de Machecoul, dame de Vieillevigne, veuve de Jacques-Antoine des Creux, ou de Crux, marquis de Corboyer, laquelle habitait en son château de Vieillevigne, en 1701.
Son fils, Gabriel-Antoine, marquis de Crux, épousa Françoise de Saint-Martin.
Montaigu fut érigé en marquisat, en 1696, en faveur de la maison de Crux, pour les grands services qu'elle avait rendus à l'Etat, Trente paroisses et cinq châtellenies relevaient du marquisat de Montaigu, La famille de Crux était protestante.
Henriette de Crux, fille du précédent, porta par mariage le marquisat de Montaigu dans la famille Leclerc de Juigné. Les marquis de Juigné sont les derniers seigneurs de Montaigu.
Le moment où Montaigu paraît davantage dans l'histoire, date des guerres des protestants.
"Les vendredy et samedy et dimanche premier de la Passion de l'année 1563, le sieur de la Bellotière de Saint-Mars et son fils, le capitaine Orgeuil, hostellier, demeurant à Bourdeaux, le seigneur de la Forte escuyère, paroisse de la Boissière et en baronnie de Montagu, le seigneur de la Mussetière, le seigneur de l'Esmaingeardière, le seigneur de la Bouguenière, paroisse de Saint-Hilaire, le seigneur de Boys-Corbeau, beau-frère de Forte escuyère, accompagnés de 3 ou 400 hommes dont ils se disaient capitaines, vinrent les jours ci-dessus assaillir la ville de Montagu, la prirent d'assault, pillèrent et saccagèrent tous les habitans qui y étaient, hormis les huguenots, contraignirent les habitans de leur bailler grande somme de deniers autrement qu'ils parachèveraient de piller et saccager tout.
Le d. dimanche, assaillirent le château, le firent rendre entre leurs mains par la lâcheté du seigneur de Bois-Basset, alors gouverneur, pillèrent les meubles du seigneur, saccagèrent son église canoniale, la pillèrent entièrement de tous les joyaux qui y étaient ses trésors : croix, calices, reliques, ornement de drap d'or, velours, satin, linge, etc. le tout du prix de 25 à 3.,000 livres.
Firent brûler les lettres, titres et enseignemens dudit seigneur, rompirent et brisèrent les vitraux du château, de l'église, arrachèrent et emportèrent le fer, plomb du clochier, dalles et agouts du d. château.
Y demeurèrent huit ou dix jours, vivant à discrétion et faisant mille maux, pilleries, larcins, tant en la ville que ès paroisses circonvoisines, emmenant bœufs, moutons, vaches, poulailles et autre bétail, obligeant les pauvres gens à le racheter, emportant leur graisse, beurre, foin, avoine et autres provisions, et dérobaient leurs meubles et ustensiles de leurs maisons. Après les avoir battus et outragés, leur mettant des œufs chauds sous les aisselles pour les obliger à découvrir leurs trésors." (Chartrier de Thouars-Montaigu.)
Malgré la présence de toute la noblesse du Poitou qui y était rassemblée, la ville fut prise par les calvinistes, le 3 mars 1568.
Mais le 23 mars de l'année 1569[3], un corps de 3000 hommes d'infanterie vint assiéger la place. On fit venir du canon de Nantes, la tranchée fut ouverte vers un moulin en face de la porte de la ville : on dressa encore une batterie du côté de l'étang. La garnison, qui n'était que de 50 hommes, abandonna la brèche et se sauva dans le château ; la ville fut prise et saccagée. Le château se rendit quelque temps après à condition que chacun aurait la liberté d'emporter ses effets. Cette capitulation, quoiqu'accordée, ne fut point exécutée : on dépouilla la plupart des protestants, et on en arrêta plusieurs qui furent obligés de payer une rançon.
Ce manque de foi était commun aux deux partis. Plusieurs fois la paix fut signée et violée par les chefs. Enfin, en 1575, les protestants ayant repris les armes, Charles Rouault du Landreau, un de leurs chefs, se saisit de la ville et du château, qu'ils furent obligés à rendre suivant les conditions d'une nouvelle paix qui devait peu durer. Quatre années à peine écoulées, le flambeau de la guerre civile fut de nouveau allumé, et les protestants, cherchant à se placer dans les positions les plus avantageuses du pays, tournèrent encore, en 1579, leurs efforts du côté du château et de la ville de Montaigu. "Cette petite ville, dit Thibaudeau, était alors très forte, ayant un bon château dont les fossés étaient creusés dans le rocher," il y avait pour garnison quelques mortes-payes, soldats vétérans destinés à faire la garde toute leur vie, dans certains châteaux, et qui y faisaient leur demeure avec leur famille. La principale occupation de ceux de Montaigu était de voler sur les grands chemins. Un capitaine gascon, nommé Pommier, entreprit de chasser ces brigands de leur retraite, et, pour cet effet, il se lia d'amitié avec eux, les suivit dans leurs courses, les aida dans leurs expéditions ; il les avertit que trois ou quatre riches marchands, venant de la foire de Fontenay, devaient arriver à Vieillevigne et qu'il était facile de les dévaliser, pourvu qu'ils fussent quatre ou cinq hommes.
Les mortes-payes allèrent se mettre dans un bois au nombre de quatre, avec un Urban qui commandait au château ; Pommiers, accompagné de Vrigneau, Goupilleau et de sept à huit autres hommes, alla investir les cinq autres dans l'endroit où ils s'étaient cachés et leur fit mettre bas les armes ; on se saisit de l'urban, et on le menaça de le tuer, s'il ne faisait pas ouvrir la porte du château de Montaigu. On le conduisit la nuit à la poterne et on l'obligea de crier d'ouvrir la porte. Les protestants entrèrent au nombre de dix-sept et se rendirent maîtres du château et de la ville et firent des courses et des prises jusqu'aux portes de Nantes. Tous les soldats protestants se rendirent alors à Montaigu pour avoir part aux brigandages de la garnison, de sorte qu'en peu de temps il s'y trouva 1500 hommes.
Montaigu appartenait alors à la famille de La Trémoille dont la duchesse douairière, Jeanne de Montmorency, gouvernait et administrait les vastes domaines, pendant la minorité de son fils, Claude. Un de ses principaux officiers ou agents, nommé Marbœuf, lui rendit compte en ces termes de la prise de la ville par les Huguenots, dans une lettre datée du 26 avril 1580 :
"Madame, vous avez sceu qu'il y a quinze jours que des gentilzhommes et gens de guerre se sont saysiz de ceste place soubz l'authorité et par le commandement du roy de Navarre, comme ils asseurent, et disent ne voulloir courir ne mollester personne sans que on leur baille occasion, et n'entreprendre sur vos droicts, mais plutost les conserver il leur pouvoyr. Ils m'ont humaynement traicté en faveur de vous pour l'honneur que j'ay d'estre à vostre service, et n'ont deslibéré en faire moings à l'endroict de vos autres officiers et subjects. Leur comportement est modeste, pour le temps où nous sommes."
Mais cette modestie, ou plutôt ces ménagements, furent de courte durée, et pour mettre un terme aux malheurs de ses sujets autant que pour présenter les droits de son fils. Mme de La Tremoille dut chercher à obtenir, par les voies judiciaires, l'expulsion des gens de guerre auxquels elle ne pouvait opposer la force des armes.
On trouve, dans une lettre du 15 mai suivant, de son charge d'affaires à Paris, quelques détails sur les efforts qu'elle fit pour enlever Montaigu à la garnison protestante qui s'en était emparée,
"Présentement le messager de Montaigu m'a apporté la lettre qu'il vous a pleu m'escrire. Je me suys enquis de luy comme les ceux qui ont surpris Montagu ce gouvernent. Il m'a faict entendre la foulle et l'oppression qu'ils font à voz subjectz, et que ce sont mesmes de vos vassaux, ce que je trouve bien dur à supporter d'avoir la hardiesse de s'adresser à vous. Et seroit bon, cependant, s'il vous plaist, qu'envoyassiez un gentilhomme d'honneur vers le roy de Navarre, sans que personne en sceust rien, afin que ceux de la dite garnison ne prévinssent, et par mesme moyen luy escripvissiez, luy faisant entendre leurs déportements, et qu'ilz se vantent d'estre advoués de luy, ce que vous ne pouvez croyre parce que vous n'y les vostres ne luy avez jamais donné occasion de vous pourchasser déplaisir ny dommage. Il ne manquera pas vous escripre quelque honneste et gratieuse lettre et vous faire excuse de tout cela, est de vous dire que ce n'est par son commandement encor qu'ainsy fust. Et cependant vous fera informer de leur vye, de la pryse de nostre ville en temps de paix, et sans que depuis, après la prise de la dite ville et chasteau, la guerre eut été déclarée ny par le roy ny par les Huguenots. Cela fait, vous nous envoierez le tout à cette fin que nous leur fassions procès, et ne pouvez pas moins en espérer qu'ils seront condamnés à avoir les testes tranchées et leurs biens à vous acquis et confisqués, comme ayant forfaict contre vous qui estes leur dame." (Société d'Emulation, 1857.)
La démarche conseillée n'eut pas lieu ou elle n'obtint aucun succès.
Le comte du Lude, gouverneur du Poitou, et la Hunaudaie, lieutenant-général en Bretagne, s'avancèrent vers Montaigu, avec des troupes, pour en faire le siège et en chasser des brigands qui désolaient tout le pays : à leur approche plusieurs soldats de la garnison eurent peur et parlèrent de se retirer. Les capitaines firent annoncer au son du tambour un ban en ces termes : "A tous poltrons à qui le siège fait mal au cœur, qu'ils aient à vuider les lieux et on leur donnera passe-port à tous les diables." Cela n'empêcha pas qu'il ne sortît plus de 1100 hommes de la place, de sorte qu'il en resta à peine 400 pour la défendre. Ils firent de fréquentes sorties sur le comte du Lude et lui tuèrent beaucoup de monde. Celui-ci, voyant qu'il n'y avait pas d'apparence d'emporter la place d'assaut, changea le siège en blocus[4] ; il fut charmé de recevoir des nouvelles de la paix conclue à Nérac pour avoir un sujet de se retirer. Montaigu resta encore longtemps entre les mains des protestants.
Cette paix de Nérac fut publiée à la fin de l'année 1580, et Montaigu, à la demande des seigneurs poitevins, du duc de Retz en particulier, qui fut bien aise de se débarrasser de ce voisinage incommode, fut démantelé.
Par une des clauses arrêtées à Fleix, en Périgord, entre les ambassadeurs du roi de Navarre et François de Valois, duc d'Anjou, frère d’Henri III, Montaigu fut livré à ce prince. Le 27 janvier 1581, il mandait à M. de Tilly, gouverneur de l'Anjou, d'aller prendre possession de la place, puis de la délivrer au comte du Lude, chargé de faire procéder au démantèlement immédiat de la ville et du château. Cette commission était remplie avant la fin de l'année, à la grande joie de tout le pauvre peuple des campagnes voisines.
Voici la lettre du duc d'Anjou conservée aux archives du château de Serrant :
"Monsieur du Tilly, ayant à recevoir en mes mains la ville et chasteau de Montaigu, suivant ce qui est contenu aux articles de la conférence de Flaiz, et envoyant le roi de Navarre, mon frère, vers le sieur de la Boullaye ; pour cest effect, j'ay pensé que je ne pouvois choisir nul des miens qui mieux s'acquittast de ceste charge que vous. Et partant je vous prye, incontinent la présente receue, vous y acheminer, vous envoyant à cest effect la commission qui vous est nécessaire, telle que vous verrez ; en vertu de laquelle vous recepvrez et acceptrez ladite place dudit sieur de la Boullaye, ou autre qui commandera en icelle pour le roi de Navarre, mon dit frère, et incontinent que vous serez introduit et logé en icelle, vous prirez M. le comte du Lude de faire procéder incontinent au demantellement de la dicte ville et chasteau, selon la commission du roy, mon seigneur et frère, qui lui a esté envoyée et que vous ferez faire et exécuter de sorte que sy après nul sy puisse loger en espérant de tenir fort, comme l'on a tant de fois cy devant faict à la ruine, perte et dommage du pauvre peuple des environs du dit Montaigu. Et ayant exécuté le contenu en vostre dicte commission, vous vous retirerez à Angers où je vous donneray incontinent de nos nouvelles, me donnant néantmoings advis de ce que vous aurez fait et exécuté auparavant que vous partiez du dit lieu, où je vous prie avoir le service du roy, mon dit seigneur et frère, pour bien recommander. Priant Dieu qu'il vous ait, Monsieur de Tilly, en sa saincte et digne garde.
A Cadillac, le 27e jour de janvier 1581.
Votre bien bon amy. François"
(Paul Marchegay. - Annuaire de la Société d'Emulation de la Vendée, 1858.)
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Des fouilles récentes, exécutées sous la direction de M. Dugast-Matifeux, ont mis à nu les substructions du donjon de Montaigu, côté nord-ouest de l'esplanade du château. Ces amorces de murailles décrivent un assez vaste quadrilatère flanqué de tours aux quatre angles. Là sans doute ne s'était pas borné le démantèlement de la place et ville de Montaigu, selon la commission du roy.
Une garnison protestante continua néanmoins à se loger au milieu de ces ruines avec espérance de tenir fort sur ce rocher escarpé.
La ville de Montaigu dut être de nouveau attaquée deux fois par les catholiques. La première fois inutilement par le duc de Mercœur, et la deuxième par le duc de Nevers qui s'en rendit maître comme nous le verrons bientôt.
Au commencement de cette année, le duc de Mercœur, gouverneur de la Bretagne pour les catholiques, voulant réprimer les courses que la garnison de Montaigu faisait jusque dans le comté nantais, vint à la tête de ses troupes assiéger la ville occupée par les protestants, II fit loger le régiment de Gersay à Saint-Georges et il fit attaquer, tandis qu'avec 200 chevaux il était en bataille sur la hauteur du côté de la Barillère. Les protestants firent une sortie et repoussèrent les catholiques, les chassant du faubourg Saint-Jacques où ils s'étaient logés. Le duc prit alors la résolution de faire venir du canon de Nantes, mais ayant appris que le roi de Navarre, Henri IV, arrivait en personne pour faire lever le siège et délivrer la ville, il décampa trois jours avant l'arrivée du roi. Henri, partant de Luçon où il coucha, vint à Bournezeau, coucha aux Essarts, traversa Montaigu, poursuivit !e duc de Mercœur jusqu'au pont de Pirmil et réussit à lui faire éprouver des pertes considérables. Le roi de Navarre repassant ensuite à Montaigu, rentra dans son camp placé à Saint-Georges.
Au mois de novembre de la même année et au bruit que l'armée royale venait investir Montaigu appartenant alors au prince de Condé, Henri IV accourut de nouveau pour mettre la place en état de défense ; en voyant cette forteresse en si mauvais état, avec de petits murs en pierres sèches, il eut envie de la faire abandonner, mais les deux frères Colombière demandèrent avec instance à la garder. Le Roi de Navarre y laissa le régiment de Préau et donna tous les ordres pour la défense. Colombière et de Luzerne, son frère, firent réparer les ruines et nettoyer le fossé. On commençait à rebâtir la ville qui avait été ruinée. Néanmoins la place qui avait été très forte, tant par ses fortifications que par sa situation, présentait des difficultés pour le siège. C'était un groupe élevé qui avait à gauche la rivière, à droite un grand étang qui venait se joindre à la rivière à la pointe où est le château. Il y avait encore, à la tète de la ville, un fossé de quinze toises d'ouverture et cinq de profondeur taillé dans le rocher. La garnison se trouvait, en outre, composée de 300 hommes de pied, 100 arquebusiers à cheval, et 60 gens d'armes.
L'année royale s'approche et le sieur de Miraumont, sergent de bataille, à la tête des arquebusiers à cheval, partit des Brouzils et s'avança jusqu'à la Barillère où il fit mettre pied à terre à sa troupe dans le dessein de connaître la ville. Les capitaines Gaud, Beauvais et Bœuf, guidons de compagnie de Colombière, sortirent pour les recevoir. L'escarmouche eut lieu vers Mateflon, et dura environ une heure.
Le soir, l'armée royale s'empara des faubourgs. Le duc de Nevers logea à Saint-Georges où précédemment avait été le quartier du roi de Navarre. De légères escarmouches eurent lieu les deux jours suivants. Le quatrième jour du siège, l'armée royale fit ses approches du côté de la porte de Nantes. Les tranchées étaient poussées jusqu'à moitié chemin de cette porte, lorsque Préau fit une sortie par le pont, s'en empara et les ruina en partie, en ayant été maître pendant un quart d'heure, il se retira après avoir perdu trois hommes : l'ennemi en eut dix-huit à vingt de tués.
Le lendemain commença le mauvais temps qui dura pendant huit jours : l'armée du duc de Nevers en souffrit beaucoup. Les difficultés des chemins ne permirent pas de faire avancer l'artillerie ; enfin le quatrième jour après son arrivée, M. de Nevers, logé à la Barillère, y fit dresser des batteries et après une volée de douze pièces de canons, il fit sommer la ville de se rendre.
La Colombière et Despréau qui commandaient dans le château, furent d'avis différents. Le premier représentait que la place n'était pas en état de soutenir un assaut contre l'armée royale; Despréau était d'un sentiment contraire : la garnison fut divisée comme ses chefs. Les deux compagnies d'arquebusiers à cheval étaient du parti de la Colombière ; Despréau avait de son côté les quatre autres compagnies ; enfin le gouverneur l'emporta, et il signa la capitulation. Il est à croire que l'avis de Colombière cachait une trahison, car à peine sorti du château, à une demi-lieue, il changea de parti et passa presque seul dans l'armée catholique.
Il fut convenu, dans la capitulation, que les soldats sortiraient avec les armes, la mèche morte, et qu'ils rendraient les drapeaux ; que les gentilshommes emporteraient leurs équipages ; qu'ils seraient tous conduits à Saint-Aubin, près Sainte-Gemme, ce qui fut exécuté. Mais ces troupes fatiguées, ayant voulu prendre un peu de repos à Saint-Aubin, une heure après l'expiration de la trêve convenue, Sagonne, colonel de la cavalerie légère, tomba sur Despréau et sa compagnie, au moment où ils s'y attendaient le moins ; ils n'eurent que le temps de se retirer dans le temple ; là, il fallut encore capituler, et ils furent obligés de donner tout ce qu'ils avaient avant que de pouvoir se retirer à la Rochelle.
Il y eut encore, dans l'année 1590 et le 24 septembre, un siège mémorable de la ville de Montaigu, par le comte de Lude ; ce siège dura plus de quatre mois et toute la noblesse du Poitou y assistait ; le jeune d'Aubigné ; frère d'Agrippa d'Aubigné, gouverneur de Maillezais, y fut tué d'un coup d'épée, le dernier lundi de septembre ; il fut enterre à côté du duc de Thouars. Il y eut devant Montaigu 40 à 50 escarmouches et beaucoup de combats en duel entre les deux partis.
En 1599, Henri de Bourbon est cité comme prince de la Roche-sur-Yon et comte de Montaigu. Longtemps avant la révolution de 1789, sa terre et le château de Montaigu avaient passé dans la maison de Juigné.
Dans une notice attribuée au sénéchal Bellouard de Jemonville, et composée avant la Révolution, on lit que ce qui restait du château à cette époque était bâti à la moderne ; elle ne datait en effet que de la première moitié du XVIIe siècle, fin du règne de Louis XIII. La situation de ce château en rendait l'approche difficile, assis sur un monticule entouré d'un côté par la rivière du Maine et de l'autre côté par un étang.
Au-dessous du château était la porte de la Rochelle où se voyaient encore quelques vestiges d'un bastion.
Dans le faubourg Saint-Jacques, Il y avait autrefois une porte qu'on appelait la porte Saint-Georges, qui servait comme de première défense à la ville. Elle a absolument disparu lors de l'ouverture de la grande route.
On entrait dans un autre faubourg, appelé Saint-Nicolas, par une porte qui paraissait très antique. On y voyait encore tout autour de larges et profonds fossés.
La porte de Notre-Dame, ou de Tiffauges, a subsisté jusqu'à nos jours ; au mois de janvier 1847, elle s'écroulait avec un grand fracas, à la suite d'un dégel.
Le château de Montaigu et son enceinte furent vendu, par la famille de Juigné, à l'audience des criées du Tribunal de première instance du département de la Seine, à Paris.
Voici un extrait de l'affiche d'adjudication donné par les Échos du Bocage vendéen :
"Le château de Montaigu est enceint de murailles et renferme des ménageries et des cours. Entre la forteresse et la petite rivière du Maine, est un terrain vague en dépendant. L'enceinte du château figure un polygone de forme oblongue ; il est assis sur un mamelon au sud-ouest de la ville de Montaigu ; la grande route de Saint-Fulgent le borde dans la partie de l'est et du sud. Un ruisseau le sépare des hauteurs du faubourg Saint-Jacques ; à l'ouest, il est borné par la métairie de l'Anglais, qui en dépendait autrefois, et par la rivière de la Maine ; au nord, il est terminé par un large et profond fossé, ou douve, qui s'étend du susdit, ruisseau jusqu'à la rivière.
L'enceinte du château renferme plusieurs corps d'édifices : des ménageries, des cours, des promenades. Elle est composée de plusieurs parties, dont la première est un ouvrage avancé, en demi-lune, avec pont de communication, corps de garde, portails, portillons et barrières. La deuxième en ce massif de la porte du château, ponts-levis et bâtiments adjacents. A droite de cette porte, est un bâtiment consistant en cave, rez-de-chaussée de deux pièces à feu et un vestibule ; d'un premier étage de même distribution, avec escalier en pierre de taille. La troisième est un bâtiment carré, dit Pavillon des Nourrices, sis dans l'angle sud-est de la deuxième cour et au sud-ouest de la première, le dit pavillon est composé d'une cave, d'un rez-de-chaussée distribué en antichambre, salle, cuisine, et d'un premier étage où sont chambres à feu et sans feu. La quatrième partie est un bâtiment principal, dit le Château[5], composé de caves servant aussi de cuisines, d'un rez-de-chaussée, d'un premier étage et d'un galetas. La cinquième partie se compose de baraques en forme de casernes, où logeait la troupe pendant la Révolution. Construites en pans de bois, avec murs en pierres et en briques. En la sixième, sont : écuries et remises, ménageries, servitudes et chenils, etc. La septième partie comprend les parapets et remparts, élevés en pierres brutes et de taille. La huitième partie, les fossés, du château. La neuvième partie, les terrains du coteau situé entre le château et la rivière de la Maine,"
Tel se comportait le château à l'époque de la Révolution.
En 1793, les républicains et les royalistes s'emparèrent tour à tour de Montaigu. Après la sanglante bataille de Torfou, les Vendéens, vainqueurs sous la conduite de MM. de Charette et de Lescure, vinrent le lendemain, 22 septembre 1793, attaquer Beysser à Montaigu. Ce général avait 800 hommes biens aguerris et ne connaissait pas encore l'issue de la bataille de Torfou. Joly, commandant l'avant-garde de Lescure, lui en porte la première nouvelle. On annonce à Beysser l'approche de l'ennemi : "C'est impossible, s'écria-t-il, les brigands n'oseraient m'attaquer." Fort de cette sécurité, il attend sans vouloir prendre de précautions. Tout à coup le bruit du canon retentit, Joly est devant Montaigu ; Charette et Lescure le suivent avec 6,000 hommes. Le conventionnel Cavaignac et le général se hâtent de disposer quelques bataillons ; mais, enveloppés dans un feu roulant, ils disparaissent; Beysser veut déployer son artillerie, mais les Vendéens laissent passer par-dessus leurs têtes la première décharge, se relèvent et tombent à coups de sabres et de baïonnettes sur les canonniers.
En moins d'une heure la ville est prise. Joly se porte au château où sont renfermés 500 républicains, les grenadiers du régiment de la Mark et un bataillon de la ligne. Pour ne pas tomber prisonniers entre les mains du vainqueur, ces soldats tentent une sortie : Joly les anéantit en face même du château. Beysser, lui-même grièvement blessé, ne put rallier sa division qu'à Nantes. Les Vendéens, indignés à la vue des flammes allumées par les Républicains, se précipitent avec fureur sur les traînards. Les soldats épars dans les maisons qu'ils pillaient et brûlaient, furent passés au fil de l'épée ; les prisonniers furent massacrés, le carnage fut affreux ! Toute l'artillerie, les caissons et les munitions, tombèrent au pouvoir des Vendéens. Beysser reprit la ville peu de temps après.
Les royalistes ne furent pas toujours aussi heureux dans leurs attaques, car, en 1799, le 6 novembre, M. de Suzannet, avec 5000 hommes, ayant voulu s'emparer de la ville défendue par 400 républicains et le général Travot, fut battu et forcé à la retraite.
"Le château de Montaigu, dit M. de Montbail, est bien silencieux aujourd'hui. Ces vieilles tours qui furent démolies et rebâties si souvent, ces vieux escaliers qui virent monter Henri IV et tous ces compagnons d'armes ; ces pans de murs où se firent entendre les décharges de couleuvrines des catholiques et des reformés, ne sont plus troublés, aujourd'hui, que par le pas lent de quelques pauvres vaches qui, du côté de la rivière, paissent l'herbe des ruines et la fleur sauvage ; et ce silence durera tant que les siècles n'auront pas fait disparaître ces vieilles pierres, à moins que quelques bandes noires, jalouses des souvenirs de notre histoire, n'en fassent prochainement justice." Heureusement il n'en sera pas ainsi ; car la ville de Montaigu, par un motif de conservation qu'on ne saurait trop apprécier, vient en 1844, d'acheter ces ruines de M. Jacques-Marie-Anatole Leclerc, marquis de Juigné, qui les tenait de ses ancêtres.
En 1791, Montaigu fut le chef-lieu d'un des six districts et l'un des six tribunaux qui composèrent le département de la Vendée ; en l'an III, les districts furent supprimés et Montaigu devint alors une des cinquante-huit administrations municipales soumises à l'administration centrale placée à Fontenay ; il y fut cependant établi un tribunal correctionnel ayant trois juges et deux suppléants et un procureur impérial. Sous le régime consulaire et impérial, une sous-préfecture fut établie a Montaigu, mais elle ne fut pas de longue durée; un arrêt du 14 juin 1810 ordonna sa réunion à l'arrondissement de Bourbon-Vendée.
Montaigu n'est maintenant qu'un chef-lieu de canton avec son administration civile. Il n'y avait autrefois que deux lieutenances de maréchaussée dans le Bas-Poitou, l'une à Fontenay, l'autre à Montaigu. Le lieutenant de Montaigu avait une brigade à Palluau, Châtillon, les Sables-d'Olonne, la Roche-sur-Yon, Chantonnay, les Herbiers et Challans.
En 1808, au moins d'août, Napoléon et Joséphine, traversant la Vendée, dînèrent à Montaigu dans une maison avec avant-cour fermée par une claire-voix ; cette maison existe encore sur la route de Nantes à droite.
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RELATION
DU
PASSAGE DE L'EMPEREUR A MONTAIGU
par M. Antoine Tortat[6]
"Nous sommes au 8 août 1808, jour où l'Empereur, partant de Napoléon, devait passer par Montaigu pour se rendre à Nantes.
Depuis huit jours, tout était en émoi. Un M. Walch, contrôleur des contributions indirectes, et son frère s'occupèrent de ces préparatifs avec un rôle soutenu. un goût exquis. Sur le pont un arc de triomphe portait cette inscription : "A Napoléon réparateur !" Le long de la maison du curé, qui domine, une colonne bien peinte retraçait les principales victoires de l'empereur.
Le maire, le conseil municipal, dont je faisais partie, les autres autorités, la garde nationale étaient, depuis midi, à attendre, lorsque sur les 4 heures, arrive un énorme fourgon, contenant les ustensiles du voyage, les cuisiniers, marmitons, etc. et un peu plus tard les officiers de bouche et un colonel, maréchal-de-logis de la maison impériale. Celui-ci déclara que l'Empereur s'arrêtera et dînera à Montaigu.
Où peut-il loger ?
Le maire, M. Auvinet, offrit sa maison ; elle était inabordable pour les voitures et fut refusée. La cure, soigneusement visitée, était insuffisante. On était fort embarrassé, lorsque quelqu'un dit : "La maison de M. Tortat, située sur la route, pourrait convenir. - Je ne demande pas mieux de l'offrir, si on la trouve suffisante. – Voyons-la" reprit le colonel.
Rendu à la maison, il la trouva bien. Ses cuisiniers s'emparèrent de la cuisine, d'un petit salon à côté où nous mangions ; le salon de compagnie fut destiné à l'empereur, mais il fallait une autre pièce pour la suite. "A cela ne tienne !" dis-je.
Je fis sauter dans le jardin la table de mon étude ; des draps furent cloués sur les étagères de ma bibliothèque, et voilà une pièce de 18 pieds sur 15, prête à recevoir la table de 18 couverts qu'un aubergiste y dressa.
Ma femme, qui fut promptement avertie, dans la maison où la société attendait l'arrivée de l'Empereur, des arrangements pris, se rendit à la maison où elle fit, sur l'invitation du maître d'hôtel, nommé M. Leclerc, disposer nos lits, qui étaient convenables et qui se trouvèrent rapidement garnis de notre plus beau linge.
Sur les huit heures, des cris enthousiastes, poussés par les autorités qui attendaient sur une petite terrasse qui séparait la maison de la route et par la foule immense qui obstruait au loin tous les environs, annoncèrent l'arrivée de l'Empereur. Sa Majesté avait été précédée, à diverses reprises, par de grands dignitaires.
Une légère pluie tombait alors, le maréchal Duroc, pourvu d'un parapluie, alla recevoir l'impératrice, et la conduisit au salon : l'Empereur et le prince Berthier suivirent.
La suite se composait, outre le maréchal Duroc, de M. de Pradt, archevêque de Malines, du ministre de la marine, Decrès, trois dames d'honneur, Mesdames de la Rochefoucauld, Maret et Gazani, cette dernière lectrice de l'impératrice, des chambellans et autres officiers, formant dans mon étude une table de 18 personnes.
Le sous-préfet, le maire, ma femme et moi, nous étions dans le corridor qui séparait le salon de mon étude. Un chambellan et le mameluck s'y établirent aussi. Ils étaient là bien loin des splendides antichambres des Tuileries… Il fallait bien s'y résigner.
L'Empereur était au salon depuis quelques instants lorsqu'on y appela le sous-préfet. Il nous dit en sortant : "l'Impératrice, après avoir bu un verre d'eau, vient de vomir ! L'Empereur, paraissant inquiet, m'a dit : – Qu'est-ce que c'est, monsieur ? Voyez donc cette eau – Sire, avait répondu le sous-préfet, n'ayez pas la moindre inquiétude, vous êtes chez de très honnêtes gens. – Mais goûtez donc." Le sous-préfet s'était alors saisi d'un verre plein et l'avait avalé. A-t-il dit vrai ? C'était un aimable homme, M. Bernard, de Fontenay, notre ami intime, qui peut avoir exagéré.
Mais, M. Auvynet, maire, mandé à son tour, revient en rapportant que la maudite eau avait encore fait le sujet des questions de l'Empereur. Immédiatement, le mameluck, sortant de l'appartement, dit : "Le maître de la maison qui est avocat !" Je n'étais pas loin, et je répondis : "Me voici, Monsieur. – Sa Majesté vous demande."
Aussitôt introduit, je trouve l'Empereur à table, tournant le dos à un feu assez vif, qui avait été allumé par ses ordres. L'Impératrice Joséphine était à table, en face de l'Empereur, et le prince Berthier était au bout, du coté du jardin. Un seul maître d'hôtel, M. Leclerc, servait leurs Majestés avec les mets et les assiettes d'argent qu'on lui apportait.
Je me plaçai en face du prince Berthier, ayant conséquemment l'Empereur à ma droite et l'Impératrice à ma gauche. Je me hâtai, après avoir salué respectueusement, de dire : "J'ai appris avec une grande douleur que Sa Majesté avait été indisposée du verre d'eau qu'elle s'était fait servir en arrivant." La gracieuse princesse se hâta de répondre : "Ce n'est rien ! Cela tient peut-être à la fatigue, à la poussière du voyage. – Ou bien, dis-je, à la désobéissance de mon domestique. Dans cette saison, il faut aller au loin chercher l'excellente eau d'une fontaine et, dans la crainte de se trouver absent lors de l'arrivée du cortège, il aura puisé au plus près. Ah ! ajoutai-je en remarquant une carafe limpide, voici la belle eau. – Oui, répondit M. Leclerc, mais elle vient de Napoléon."
Cet incident n'eut pas d'autre suite, On vit, à n'en pas douter, ma parfaite tranquillité, et toute inquiétude fut bannie.
L'Empereur me questionna sur une foule de choses.
"Parle-t-on encore des Bourbons ? – Sire, il y a longtemps que votre gloire et vos bienfaits les ont fait oublier. Votre Majesté a dû remarquer que toute la jeune noblesse du pays fait partie de sa garde d'honneur, et qu'elle est commandée par M. Serin, ancien officier de dragons sous la royauté. – Charette commandait-il dans cette partie de la Vendée ? – Non, Sire, elle était sous les ordres du général Sapinaud, brave homme, que ses camarades surnomment encore le général Tranquille. – Et Charette, il était cruel ? (puis regardant le prince Berthier, il ajoute) comme Alexandre !… Le fut-il ? Le prince répondit : Non, il ne le fut pas." Je pris alors la parole : "Sire, le général Charette, presque abandonné par la population, attribuait ce résultat à l'influence des prêtres. Soupçonnant le curé de la Rabatelière d'une trahison, il le fit prendre et fusiller. Cela hâta sa perte[7]. Hors ce cas, personne n'a accusé ce chef de cruauté. C'était du reste, à mes yeux, le plus illustre des généraux vendéens ; il n'a manqué à sa renommée qu'un homme de talent pour en retracer les éléments."
L'Empereur fit trêve à ces questions pour renvoyer un morceau de poisson qu'il ne trouva pas frais, malgré l'assurance du maître d'hôtel. Je saisis cette occasion pour supplier Sa Majesté de me permettre de l'entretenir d'une question de propriété qui était pour le Poitou d'un immense intérêt, celle des vignes concédées à titre de complants, concessions alors attaquées comme entachée de féodalité. – Ce n'est pas la justice qui doit trancher cette question, répondit l'Empereur, mais la politique ; il n'y a pas à revenir à cet égard.
Puis l'Empereur se leva et me dit : "Avertissez le conseil municipal."
Peu d'instants après, je rentrai avec le corps municipal. L'Empereur fut gracieux, On se borna à lui demander une cloche. Il la promit. Puis nous fîmes place au tribunal et aux juges de paix, etc.
Pendant que j'étais au salon, les dames d'honneur avaient prié ma femme de les conduire dans un appartement supérieur. Sur la question qu'elle leur adressa pour savoir si on coucherait à Montaigu, Mme de la Rochefoucauld répondit : "Le savons-nous ? L'Empereur va peut-être, dans un instant, donner l'ordre du départ."
En passant à Saint-Georges, l'Empereur avait accordé 20,000 francs pour la reconstruction du clocher. Il semblait s'étonner de la discrétion des Vendéens, qui ne lui demandaient rien ou presque rien. Aussi l'Impératrice, alors que je parlais en bons termes de la population, paraissait-elle heureuse, et elle ajoutait : "Je vous le disais bien, Sire, que c'était un bon peuple."
Après la réception, l'Empereur donna l'ordre du départ. Il était près d'une heure lorsqu'il se mit en route, escorté par sa garde d'honneur du pays, et il arriva sur les trois heures du matin à Nantes, où on ne l'attendait plus. (Société d'Émulation de la Vendée, annuaire 1887.)
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A des intervalles différents, le duc de Bourbon, le duc d'Angoulême, la duchesse d'Angoulême, et, en 1828, la duchesse de Berry, se rendant visiter le berceau d'Henri IV, traversèrent la Vendée et passèrent à Montaigu.
Au point du vue religieux, Montaigu ne fut pas moins intéressant que sous le rapport civil. Nous avons vu que le doyenné de Paillé fut transféré à Montaigu : ce doyenné fit partie du diocèse de Poitiers jusqu'en 1317, époque à laquelle il en fut démembré pour faire partie de celui de Luçon. La décadence de la petite ville de Paillé, l'importance et l'accroissement de celle de Montaigu, demandaient cette translation. Le 16 décembre 1574, les bénéficiers du diocèse, convoqués par le grand-vicaire de l'évêché de Luçon, se rassemblèrent à Montaigu pour la répartition de la somme de 12,000 livres. à laquelle le diocèse avait été taxé pour sa cote-part d'un million de livres, jusqu'à laquelle somme le pape avait permis d'aliéner les domaines de l'Eglise. (V. D. Font. p, 421.)
Commanderie de Sainte-Croix. - Avant la Révolution, on voyait, dans le faubourg Saint-Jacques, une église assez spacieuse, mais toute délabrée, connue sous le nom de Sainte-Croix, appartenant à la commanderie de ce nom. Cette commanderie, depuis assez longtemps déjà, était réunie à celle de Launay, paroisse de Sainte-Cécile. D'après une visite de 1564, elle ne se composait plus dès lors que d'une maison et chapelle en ruines, dont ne dépendaient "terres ne domaines fors les cens et rentes qui s'ensuivent : en deniers, 15 livres, seigle 16 boiceaux, avoyne 100 boiceaux rais, chapons 13, complant une barrique, et les terrages qui se lèvent sur le village appelé l'Hospitau-de-la-Vrignaye, qui peuvent valoir chacun an 112 boiceaux de seigle et 20 boiceaux avoyne."
Les Archives de la Vienne possèdent quatre liasses de titres concernant Sainte-Croix de Montaigu ; le plus ancien est un acte de 1215, par lequel Hugues de Thouars et Marguerite, sa femme, seigneur et dame de Montaigu et de la Garnache, font certaines donations aux Hospitaliers et confirment les privilèges et franchises dont ils jouissaient ainsi que leurs hommes habitant le faubourg de l'Hôpital à Montaigu.
(Société des Archives historiques du Poitou, t, 1, p, 85.)
La ville possédait quatre églises paroissiales : Notre-Dame, Saint-Jean, Saint-Jacques et Saint-Nicolas ; ces églises furent brûlées et détruites en 1568 par les protestants. Aussi, en 1627, le 15 juin, par une ordonnance de Mgr Emery de Bragelonge, évêque de Luçon, et alors en visite épiscopale, du consentement de l'abbé de Saint-Jouin, présentateur des dites cures, la paroisse de Saint-Nicolas[8], la cure de Notre-Dame furent réunies à celle de Saint-Jean. On trouve la preuve de cette instruction dans une lettre que Tiercelin, évêque de Luçon, retiré à cause de la guerre, au couvent des Jacobins de Nantes, adressait au roi : "Il se plaignait que les protestants, ces ennemis de Dieu, avaient mutilé et détruit plus de quarante églises, entre autres celles de Montaigu au nombre de quatre."
Il y avait encore dans cette ville une collégiale dédiée à saint Maurice[9] et un couvent de religieux de l'ordre de Fontevrault. Il est dit dans l'histoire du P. Monfort que ce saint missionnaire, après avoir éprouvé, en 1711, un refus formel de la part du curé de Saint-Hilaire-de-Loulay, de commencer une mission dans sa paroisse, vint le lendemain célébrer la Sainte-Messe dans l'église des dames de Fontevrault, qui furent tout édifiées de la piété, et grandement consolées et encouragées par les conseils du pieux missionnaire. Ce couvent, fondé en 1612, par une des aïeules de l'amiral Aubert du Petit-Thouars, dont la famille était originaire de Saint-Sulpice-le-Verdon, du canton de Rocheservière, fut approuvé, le 22 septembre 1626, par Aimery de Bragelonne, évêque de Luçon.[10]
Tous ces monuments furent, comme nous l'avons dit, détruits par les protestants, qui y établirent même un temple pendant leur séjour.
Ce temple, construit en 1630, à la sollicitation du ministre Longchamp et du seigneur de la Begaudière, était situé dans la rue conduisant de l'église Saint- Jean au couvent des religieuses de Saint-Sauveur. "En 1637, 1638, le protestantisme essayait de se relever des échecs qu'il avait éprouvés, et les gentilshommes du Bas-Poitou, qui professaient cette croyance, mettaient tout en œuvre pour cela. C'est ainsi que Gabriel de Machecoul, seigneur de Vieillevigne, reprit la construction d'un temple dans sa seigneurie de Montaigu, qu'il avait acquise de la maison de La Tremouille, lieu où prêchait un ministre appelé Charles Sauvé. Cela porta Pierre de Nivelle, évêque de Luçon, Hilaire Goguet, grand archidiacre, René Hillaireau, archidiacre de Pareds, et René Mauvillain, chanoines et députés du clergé du diocèse de Luçon, à agir contre le Seigneur de Vieillevigne et son ministre, pour empêcher la construction du temple commencé à Montaigu et l'exercice du culte protestant en ce lieu. Sur cela, le parlement de Paris autorisa l'évêque et les délégués du diocèse de Luçon à faire citer devant lui et les habitants de Montaigu et le seigneur de Vieillevigne. Ceux-ci prétendirent qu'il y avait 25 ou 30 ans que leur ancien seigneur, le seigneur de La Trémouille, avait fait faire le prêche au parquet ; qu'il y avait 11 à 12 ans qu'un temple avait été commencé et que ledit seigneur de la Tremouille avait même fourni le bois ; que le temple en construction n'incommodait ni l'église collégiale, ni l'église de Saint-Jean; qu'il y avait eu service immémorial à Montaigu, suivi par plusieurs gentilshommes, dont le sénéchal de la localité était un ; et qu'enfin, le prêche ne se faisait à Vieillevigne que tous les quinze jours. A cela, on répondait, de la part de l'évêque et des syndics, qu'il y avait eu déjà arrêt entre les parties, rendu le 20 mars 1636, et qu'avant, en 1632, l'intendant avait ordonné la démolition du même temple qu'on avait alors commencé ; qu'on contrevenait à l'édit de Nantes, art. 7, puisque Montaigu n'était point un chef-lieu de bailliage ; que le seigneur de Vieillevigne, qui faisait faire le prêche en son château, n'habitait point Montaigu, et qu'il ne pouvait, dès lors, établir l'exercice de la nouvelle religion dans deux endroits différents. Sur cela, Gabriel de VieiIlevigne déclara qu'il prenait son domicile à Montaigu, petite ville dont il était seigneur, et en même temps il commença la démolition de l'église collégiale de Saint-Maurice, d'une construction assez remarquable sous le rapport de l'art. Cette église était située dans l'enceinte de son château de Montaigu, et elle avait été respectée par les anciens propriétaires, quoiqu'ayant adopté les croyances nouvelle[11].
Pierre de Nivelle et ceux qui plaidaient de concert avec lui, s'opposèrent encore à l'acte de vandalisme de Gabriel de Machecoul, dans la démolition de l'église de Saint-Maurice, et ils prétendirent que l'élection de domicile qu'il avait faite à Montaigu n'était que de forme et abusive ; qu'il avait continué à habiter le château de Vieillevigne, et que ce double exercice du culte devait, dès lors, être proscrit.
Ces dernières raisons et celles données précédemment. dans le même intérêt, l'emportèrent, et par arrêt du parlement, du 1er août 1639, l'exercice public du culte protestant, à Montaigu, fut prohibé, et il fut fait défense de continuer la construction du temple commencé, au même lieu, et d'achever la démolition de la chapelle ou église de Saint-Maurice, située dans l'enclave du château de Montaigu."
(De la Fontenelle - Evêques de Luçon.)
Il ne reste maintenant que l'église paroissiale de Saint-Jean.
La ruine entière de l'église de Saint-Nicolas ne date que de la révolution de 1792, époque à laquelle les deux tiers des maisons de la ville devinrent la proie des flammes.
L'église de Saint-Jean paraît remonter au commencement du XIe siècle ; on voit, en effet, sur la charpente le millésime de 1007[12]. Son clocher est tout en bois. Il n'est pas appuyé sur les murs, mais sur quatre piliers de bois qui en forment la base. Sur ces piliers s'élève une charpente légère qui se termine en flèche couverte en ardoises. La nef est lambrissée à plein cintre, Cette église petite est fort propre ; on y voit un autel à la romaine, des stalles convenables et un beau chemin de la croix : elle possède une relique de la vraie croix et une autre de sainte Philomène. Deux autels secondaires sont élevés en l'honneur de la Sainte Vierge et de saint Jean.
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L'ÉGLISE
DE
SAINT-JEAN-BAPTlSTE DE MONTAIGU[13]
"C'est en 1863 qu'on a procédé à la bénédiction de l'ancienne église paroissiale de Montaigu. La dernière grand'messe a été dite le dimanche 28 juin, qui suivit la fête patronale de saint Jean-Baptiste, qu'on avait encore voulu y célébrer. Les déménagements des autels et autres accessoires, des bancs et des chaises, etc., commença le lendemain. Tout fut transféré et réinstallé dans la grande salle des malades de l'hospice, qui servit provisoirement d'église. On ne pouvait pas mieux choisir... C'était d'ailleurs là qu'avait repris l'exercice du culte, après son rétablissement sur la fin du siècle dernier...
Nous avons suivi soigneusement le vide, au fur et à mesure qu'il se faisait dans l'église… De l'investigation des pierres tombales servant de dallage, il est résulté qu'elles ne remontent pas au-delà du XVIIe siècle ; d'où l'on peut conclure que l'ancien dallage fut employé dans la restauration de l'édifice, à la suite des guerres de religion... On n'a pas trouvé une seule médaille, pas une tuile à rebord ou crochet, pas un tesson de poterie romaine, mais seulement quelques menues monnaies françaises dont l'exemplaire d'argent du dernier abbatial de saint Martin de Tours, que s'appropria plus tard Philippe-Auguste, quand il établit la monnaie au type tournois, Turonus civitas ; une obole de Philippe-le-Bel, croix cantournée des lettres PH. REX, une variété de sous frappés à Montaigu même, sous Charles VII, lorsqu'il n'était encore que roi de Bourges, avec la lettre M, initiale du nom de Montaigu, un douzain de Charles X, roi de la Ligue, frappé en 1593, et une mauvaise pièce de Louis XIII, en cuivre, un peu plus large et un peu moins épaisse que notre demi-franc actuel ou 50 centimes.
Le chœur de l'église, mis à nu, a dénoté par sa disposition carrée qu'il remontait tout au plus au XVe siècle, où cette forme était assez commune pour les absides. Il n'offrait du reste rien de remarquable...
La charpente de la nef, habilement travaillée, ne lui était guère postérieure, si même elle ne lui était pas contemporaine. Un entrait portait cette inscription rimée en lettres gothiques, gravées en creux où l'on avait coulé un encaustique noir qui les faisait encore bien ressortir sur le gris-blanc de la poutre :
L'AN MIL CINQ CENT VINGT SEPT
Me DOILLARD CESTE CHARPENTE A FET
Tous les entraits et les poinçons, quoique différemment ornementés, étaient cependant du même style, à l'exception des derniers placés au-dessus de la grande porte. Sur l'entrait était gravée l'année 1667, avec les deux chiffres 6 en regard,
Il résulte de ces diverses dates, inscrites sur bois et restées très apparentes, que si l'église eut à souffrir des guerres de religion au XVIe siècle, et de celles de la Vendée au XVIIIe, elle ne fut du moins ni brûlée, ni renversée.
Le clocher, soit qu'il se fut beaucoup laissé désirer, soit plutôt qu'il eut été détruit au XVIe siècle, puis refait longtemps après, était encore bien plus moderne que l'église et sa charpente, Cette autre inscription en grosses lettres capitales, dont plusieurs doubles ou accolées :
M. IA. DAVID, Me CHARP. F. 1674
nous apprend qu'il datait seulement de cette époque-là. Il était en bois recouvert d'ardoises artistement agencées, et ne tenait aucunement au mur de façade au-dessus duquel il s'élevait. La charpente en était fort grossière, mais l'assemblage était bien combiné et solidement établi. Aussi quoiqu'il ne reposât que sur quatre poteaux ou piliers, n'avait-il point perdu son aplomb, malgré l'ébranlement continuel occasionné par la sonnerie des cloches et par les ouragans, lorsqu'on a démoli l'église, au mois d'août 1863. Rien n'avait bougé depuis bientôt deux siècles qu'il existait, et il eût duré des siècles encore. Le vent d'ouest ou de marée avait seulement infléchi la partie crucifière que surmontait le coq gaulois,
Tranquillement assis sur le clocher de nos églises.
"Il y avait dans celui-ci deux cloches toutes modernes, les autres, parmi lesquelles la grosse, appelée Joachine-Pélagie, ayant été fondues à la Révolution[14]. La plus ancienne de celles existantes ne remonte qu'à l'an XII, ou 1804 ; c'est la petite. Cette cloche provient de l'église du Petit-Bourg-des-Herbiers, pour laquelle elle avait été fondue au commencement du siècle ; elle fut mise en adjudication et vendue aux enchères, en 1811, afin de subvenir à l'acquisition d'un presbytère. La ville de Montaigu, dont l'église n'avait plus de cloche depuis la Révolution, l'acheta moyennant 2,610 fr. 26 c., montant du prix principal, des frais d'affiches, d'adjudication et d'enregistrement... Elle coûta, en dépenses accessoires, telles que ; transport des Herbiers à Montaigu, appropriation du clocher de Montaigu, 328 fr. 18 c., ce qui la porta, toute rendue et placée, à 2,938 fr. 44 c. Le tout fut soldé au moyen de mandats délivrés par la préfecture de la Vendée, suivant l'ordonnance du ministre des finances, qui allouait la somme de 3,256 fr. à la ville et commune de Montaigu pour l'acquisition d'une cloche, en exécution de la promesse de l'Empereur, à son passage à Montaigu.
L'autre cloche, plus grosse que celle-ci ne date que de 1851[15].
Sur l'emplacement de la vieille église s'élève aujourd'hui une vaste et belle basilique ogivale du XIIIe siècle aux trois nefs élevées et spacieuses, avec l'abside principale ample et profonde, splendidement éclairée, remplaçant avec avantage les trois ou quatre églises ou chapelles d'autrefois. Mais le clocher attend toujours pour couronnement sa flèche aérienne. Ce monument dont la ville de Montaigu est justement fière est dû aux démarches nombreuses, au zèle intelligent et dévoué de M. le chanoine Barbotin, ancien curé de la paroisse."
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L'ANCIENNE CURE
DE
SAINT JEAN-BAPTISTE DE MONTA/GU
"Avant de devenir, au Concordat de 180l, la cure de l'église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, cet antique bâtiment, percé de larges croisées à meneaux, avec grillage extérieur en fer, avait été successivement, d'abord, au commencement du XVIIe siècle, le siège ou prétoire de la sénéchaussée seigneuriale pour laquelle il fut construit ; ensuite, durant une nouvelle période centenaire, l'école des garçons de la ville et des environs, pour laquelle on l'appropria tant bien que mal, et où ils reçurent une instruction primaire, voire même secondaire, jusqu'en 1793, qu'elle fut licenciée par suite de l'insurrection vendéenne. Enfin, quelques années après, n'ayant été ni ruiné, ni vendu nationalement, parce qu'il appartenait à un service public ininterrompu, il fut affecté au logement du clergé…
Sa construction, plus militaire que civile, se ressentit d'un siècle où l'on préparait la guerre pour avoir la paix, et où l'on fortifiait sa demeure pour s'y défendre au besoin. Les murs reçurent une épaisseur d'un mètre, et la façade fut parementée en pierres de taille granitiques, au travers desquelles s'ouvrait une petite porte d'entrée en plein cintre. Enfin, l'unique étage superposé au rez-de-chaussée fut muni, à son angle sud-ouest, d'une échauguette ou guérite en forme de tourelle, pour aspecter en droite ligne le vieux chemin de la Rochelle, devenu depuis route nationale, traversant le faubourg Saint-Jacques. Elle servait alors, dans le cas d'alarmes, à observer les mouvements de l'ennemi et à surveiller l'approche du fossé creusé dessous. On y installa plus tard la clochette qui donnait l'heure des différents exercices scolaires,
Le curé Sidoli y avait placé sa bibliothèque assez nombreuse."
(Dugast-Matifeux. - Échos du Bocage vendéen, 6e année, n°4.)
Au sombre et massif prétoire de la sénéchaussée a succédé une jolie maison curiale, simple et confortable, aérée, saine et d'une distribution bien entendue, mais au même lieu, avec l'ancienne cour trop restreinte, et, comme naguère, isolée par la rue de ses dehors, et servitudes.
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CURÉS DE MONTAIGU
"En 1534, à la veille des guerres. de religion du XVIe siècle, la paroisse de Saint- Jean, la principale de cette ville, était desservie par Julien Giguet, recteur, Maurice Lebret, Gabriel Fillon et Pierre Giguet, sans doute neveu de Julien, vicaires.
Celle de Sainte-Marie ou Notre-Dame, par Charles Mazalon, recteur ; Maurice Favereau, l'aîné, et Maurice Favereau, le jeune, vicaires, peut-être frères.
Celle du prieuré-cure de Saint-Jacques, par frère Jean de Massoignes et Filleteau, recteur ; Maurice Lebret, Pierre Audrain et Pierre Garcie, vicaires.
Celle de Saint-Nicolas, par Claude Pairot, recteur, et Maurice Fumé, vicaire.
L'église collégiale ou chapitre de Saint-Maurice avait pour personnel les chanoines et vicaires suivants : Louis de Moussy, doyen ; Jean de Coitivy, chantre ; André Belinaud, sous-chantre ; Jean Burluet ; Lucas Filleteau ; Jean Chévredent ; Charles de Mazalon ; Christophe Marchand ; Barthélemy Orceau ; Jean Sauvaget, sacriste ; Etienne Oger ; Rolland Le Mygnen ; Mathurin Chaillou ; Louis Bonnault ; Guillaume Duret ; Jean Bouteiller ; René Ruchelot ; François Beauciment ; Nicolas Menanteau, aide-sacriste. Ce qui forme un total de trente-trois chanoine et vicaires, personnel nombreux pour une population urbaine qui ne dépassa jamais deux mille âmes.
1585. - Abjuration d'Etienne Vinet, sergent royal, dans l'église de Saint-Jean de Montaigu. Acte fait en présence de René Giguet, curé de ladite paroisse, et signé par lui et Robin, greffier de Montaigu ; Quérion ; Chaillou ; Gourraud ; CailIet ; Thibaudeau, procureur dudit Montaigu ; G. Giguet, pour estre vray ; G. Lefeubvre ; Herriau, pour estre vray.
Le 4 du mois de mai 1609, Armand-Jean Duplessis de Richelieu, évesque et baron de Luçon, vint à Montagu faire la visite de toutes les églises de la ville ; tesmoing mon seing ci-dessous apposé.
J. Vinet, vicaire de la paroisse de la Boissière-de-Montaigu."
"En 1640, était curé de Saint-Jean de Montaigu, L. Gillot.
Julien Minguet, successeur de Gillot, mourut le 26 juillet 1675, et fut enterré dans le chœur de l'église. Il avait eu pour oncle René Festiveau, prêtre du diocèse de Luçon, qui fut longtemps curé de Saint-Martial d'Angoulême, et doit être rangé parmi les poètes latins modernes.
Voici un distique et une réponse tirés de ses poésies, qui témoignent des bons sentiments existant entre l'oncle et le neveu :
AD DOMINUM MINGUET
PRÆSBYTERUM
Chare Nepos, mecum maneas, communia, nobis,
Omnia semper erunt, quæ mea sunt, tua sunt.
RESPONSIO
Quàm mihi dilectus, reverendus avunculus extat,
Non verbis ullis, posse referre puto.
Debeo ei tantum (teneris me pascit ab annis)
Quantum nutrici, patribus atque meis.
Festiveau Renati Poesis sacra seu epigrammata et disticha christiana et moralia, etc. - Engolismæ, apud Petrum Mercatorem, urbis typographum, et bibliopolam, 1643. - In-8 de 296 p. parch.
Après la mort sur place de l'oncle, ou son retour en Bas-Poitou, dont nous ne connaissons pas la date, le neveu avait obtenu, non sans peine, la cure de Saint-Jean-Baptiste de Montaigu.
1675 - 1679. - L. Renou, successeur de Minguet.
1679 - 1683. - G. Florent, successeur de Renou.
1683 - 1691. - Jean Pache, bachelier en théologie. Ce fut sous son rectorat qu'eut lieu la révocation de l'édit de Nantes.
Acte de naissance d'Armand-Gabriel de Crux, seigneur de Montaigu.
Aujourd'hui, 5 septembre 1685, a été baptisé, au château de Montaigu, messire Armand-Gabrie1 de Crux, fils de haut et puissant messire Gabriel-Antoine de Crux, chevalier, seigneur, marquis de Crux, baron de Montaigu et autres lieux, étant né le 2 du présent mois et an, par messire Moyse Bétoule, ministre de Saint-Fulgent, en présence de Jullien Grasset, sieur de la Roche, sénéchal de Montaigu, par ordre exprès de Mgr de Lamoignon de Basville, présenté au baptême par messire Daniel de la Primaudaye, chevalier, seigneur de la Goyère (faisant pour messire Armand de Saint-Martin, conseiller au parlement de Paris, et par haute et puissante dame de Machecoul, marquise de Corboyer) ; ledit seigneur de Saint-Martin, grand ‘père maternel, et ladite dame marquise, grand-mère du côté paternel.
Gabriel-Antoine de Crux, Louise de Machecoul, D. de la Primaudaye, Bétoule, ministre, commis par ordre exprès de Monseigneur l'intendant, ledit ordre en date du 24 août 1685, que j'ai par devers moi.
Grasset, sénéchal susdit et commissaire, en cette partie, de Monseigneur l'intendant.
(Registre de baptêmes des non-catholiques de Montaigu, commencé le 12 août 1685, en vertu de la déclaration de Sa Majesté et de l'ordonnance de Monseigneur l'intendant de cette généralité de Poitou. (Au greffe du tribunal de la Roche-sur-Yon.)
1691 - 1697. - R, Giraudeau, successeur de Pache.
1697 - 1708. - Jacques Clénet, depuis chanoine de Saint-Maurice de Montaigu.
Le 6 novembre 1708, je, soussigné, Pierre Douteau, prêtre, ai pris possession réelle et actuelle personnellement de la cure, église et paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Montaigu, en vertu de la résignation pure et simple à moi faite par messire Jacques Clénet, prêtre, ci-devant curé, admise en cour de Rome, approuvée de l'ordinaire, sans opposition.
Signé : P. Douteau,
curé de Montaigu.
Pierre Douteau mourut curé en exercice chanoine honoraire de l'église collégiale de Saint-Maurice, après quarante-sept an de rectorat, et fut inhumé, le 11 novembre 1755. C'est à notre connaissance le titulaire qui a occupé le plus longtemps la cure de Saint-Jean-Baptiste. Il avait en outre un frère puîné, du prénom de Mathurin, qui était, en même temps que lui, curé de Saint-Jacques de Montaigu.
1755 - 17... - César-Charles Chauvelin de Beauregard, successeur de Douteau.
1765. - Nicolas-Claude Duchasténjer, successeur jusqu'au 10 octobre 1768. Il avait un frère procureur au présidial de Poitiers, qui était le chargé d'affaires de presque tous les gens du pays en appel.
1768 - 1790. - Pierre-Jean Potel, originaire de Candé, en Anjou, ex-directeur des religieuses de Clisson, mort, le 17 septembre 1790, des suites d'un coup de soleil occasionné par le transfert du cimetière particulier de Saint-Jean-Baptiste autour de l'église de Saint- Jacques.
1791 - 1792[16] - L'église de Montaigu se glorifie d'avoir eu pour curé M. Jacques Raillon qui y fut nommé par Mgr de Mercy. Après avoir essayé de rester dans sa paroisse malgré la présence d'un intrus, il se retira à Paris. Il fut déporté en 1792, pour n'avoir pas voulu prêter serment. Plus tard M. Portalis, conseiller d'Etat, le prit pour précepteur de ses enfants.
"Successivement évêque nommé d'Orléans, en 1810, puis évêque de Dijon, en 1829, il fut élevé à la dignité d'archevêque d'Aix, en 1830, où il meurt en 1835[17].
LETTRE de Mgr Sibour, archevêque de Paris,
qui avait été précédemment secrétaire de quatre archevêques d'Aix,
dont l'un, M. Raillon
"J'ai beaucoup connu et beaucoup aimé Mgr Raillon, quoiqu'il soit resté bien peu de temps au milieu de nous. C'était un homme de beaucoup d'esprit et d'un esprit très cultivé. Je n'étais pas son secrétaire. J'étais le secrétaire de l'archevêché ; M. l'abbé Figuier, qui est aujourd'hui chanoine d'Aix, était plus particulièrement attaché à sa personne. Mgr Raillon a laissé quelques ouvrages imprimés, fruits de sa jeunesse. Il en parlait peu. C'étaient des églogues, des apologues dans le genre de Gessner. Il avait publié cela au retour de l'émigration. L'ouvrage capital de Mgr Raillon, celui auquel il avait consacré les plus belles années de sa vie, c'était l'histoire de saint Ambroise. L'ouvrage était fini et prêt à être livré à l'impression, quand il est mort. Les difficultés de sa succession n'ont pas permis aux héritiers de s'occuper de la publication de ce livre. C'est très regrettable, l'ouvrage est excellent. Le succès aurait été assuré si on l'avait publié lorsque la mémoire de Mgr Raillon était vivante. Encore aujourd'hui, je crois qu'il réussirait. J'avais voulu moi-même m'occuper de cette publication, après la mort de Mgr Raillon. Il y eut des obstacles insurmontables dans l'état de la succession.
Je ne sais plus où sont aujourd'hui les manuscrits. Ils étaient alors à Lyon chez un notaire."[18]
De 1792 à la Révolution. - Claude Bouche, ex-vicaire d'Ardelay, succéda comme curé constitutionnel à Jacques Raillon, et résida à Montaigu jusqu'au 13 mars 1793, ou au-delà, époque de l'insurrection vendéenne, où il fut tué par les insurgés.
Après une longue interruption, Pierre-Charles de Buor, ancien curé insermenté de Boufféré, fut nommé curé de Saint Jean-Baptiste, au Concordat de 1802 ; mort en 1818, âgé de 65 ans.
Allain, Marie-Joseph, né sur la paroisse de Notre-Dame de Bressuire, le 30 octobre 1750, curé de Saint-André-Goule-d'Oie, avant la Révolution, succéda à M. de Buor, et mourut le 7 janvier 1823.
Sidoli, Dominique, italien d'origine, mort fin de janvier 1857, à l'âge de 74 ans, d'une attaque d'apoplexie qui l'enleva rapidement.
1857 - 1883. - René Barbotin, curé de Saint-Jean de Montaigu, neveu de l'ancien abbé Barbotin, aumônier des armées catholiques et royales. Aujourd'hui chanoine titulaire de Luçon.
Michel Gelot, ex-supérieur de l'institution Sainte-Marie, à la Roche-sur-Yon, après avoir été professeur à l'Université catholique de Lille ; nommé curé-doyen, par décret du Président de la République, en date du 7 mars 1883, à la cure de Saint- Jean-Baptiste de Montaigu ; installé, le dimanche suivant, 25 mai, par M. l'abbé Simon, vicaire-général de Luçon, originaire de Montaigu ; depuis, devenu archiprêtre, curé de la Roche-sur-Yon, par décret du Président de la République, en date du 13 mai 1884. L'abbé Gelot fit ses adieux à la population de Montaigu, le 22 mai, jour de l'Ascension, et partit deux jours après pour sa nouvelle destination.
L'intérim fut ensuite rempli par le vicaire Martineau, devenu depuis curé de Nalliers.
Le curé actuel, M. Henri Suaudeau, précédemment curé de la Pommeraye, fut installé, le dimanche 14 décembre 1884, par l'abbé de Suyrot, chanoine honoraire de Luçon, qui prononça un discours sur les martyrs de Montaigu.
(Notes communiquées par M. Dugast-Matifeux.)
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Louis-Marie Baudouin
C'est à Montaigu que naquit, en 1765, Louis-Marie Baudouin, chanoine et vicaire général du diocèse, supérieur et premier fondateur des religieuses de Chavagnes, connues sous le nom d'Ursulines de Jésus, l'une des gloires du diocèse de Luçon. "C'était, dit un biographe distingué, un de ces hommes rares que Dieu suscite dans son Église quand il y a de grands malheurs à réparer et des ruines à relever."
N'oublions pas, puisque l'histoire mentionne tout, La RéveilIère-Lepaux, l'un des cinq directeurs de la République, qui prit naissance à Montaigu, le 23 août 1753.[19]
II existe hors de la ville, dans le faubourg Saint-Jacques et dans une position très saine, un hôpital civil et militaire ; les soldats y sont admis moyennant une rétribution payée par l'intendant militaire. Cet hôpital, autorisé le 14 mai 1696, fut fondé par Mgr de Barillon, évêque de Luçon, avec l'aide des seigneurs du lieu ; il est desservi par trois filles pieuses qui n'appartiennent à aucun corps religieux, mais qui se dévouent au service des malades.
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L'Aumônerie-Hôpital de Montaigu
Elle fut fondée en 1174 pour recevoir les, voyageurs et malades pauvres, par les trois fils de Maurice de Montaigu, et de l'avis de leur père, qui lui donna l'emplacement où elle existe encore avec l'enclôture qu'elle possède toujours ; Maurice y ajouta la pêche dans la Maine du Pont-Neuf et au moulin de l'Égault, le chauffage dans la forêt de Gralas, etc., Icostimie, mère de Maurice, donna 20 sous de rente, et son épouse, Héloïse, la moitié d'un certain domaine, voisin de Montaigu…
En faveur de la fondation hospitalière, toutes les confréries de la ville furent réduites en une seule, et leurs recettes versées à l'aumônerie.
Quelques années après, les mêmes seigneurs s'obligèrent entre les mains de Guillaume, évêque de Poitiers, à donner annuellement un boisseau de seigle au prieur de l'aumônerie, par chaque paire de bœufs labourant dans l'étendue du fief.
Le seigneur châtelain se désista aussi, en faveur de l'aumônerie, de son droit de rachat ou droit de Mainmorte sur les fiefs relevant du château, à chaque mutation de vassal ; ce droit ayant été converti en argent, la dépréciation successive de numéraire a été avec le temps réduit à rien comme toutes les anciennes rentes de l'hôpital.
Il fut également statué que les confrères de l'aumônerie éliraient pour prieur l'un des quatre desservants des paroisses de Montaigu, et que ce prieur, après son institution canonique par l'évêque, servirait les pauvres tant au spirituel qu'au temporel.
Un demi-siècle après l'établissement de l'aumônerie, Marguerite de la Garnache, vicomtesse de Thouars par son premier mariage avec Hugues de Thouars, puis duchesse de Bretagne par son second mariage avec Pierre de Dreux, bâtit sur le territoire de l'hôpital une chapelle dédiée à saint Léonard, dont le portail ogival subsiste encore, servant aujourd'hui d'entrée à la salle des malades ; cette chapelle fut donnée par elle à l'établissement à la condition qu'on y célébrerait chaque jour l'office divin pour elle, pour les pauvres et tous les fidèles. Elle ajouta à ce don les revenus et dépendances affectés à cette chapelle, plus 5 sols de rente annuelle (environ 25 fr.), puis 60 sous de monnaie courante (300 fr.) à prendre sur les ports dépendant de sa châtellenie de la Garnache.
L'élection du prieur qui, par l'acte primordial appartenait aux confrères de l'aumônerie, se trouvait, au XVIe siècle, exclusivement dévolu aux quatre curés du lieu. Mais des lettres patentes du mois de février 1696, enregistrées au Parlement de Paris, le 14 mai suivant, remanièrent toute l'administration :
"Afin que cet, établissement se puisse faire avec sûreté, Nous avons ordonné que l'hôpital sera conduit et gouverné par quatre administrateurs demeurant dans la ville, de la qualité portée par nos Ordonnances, dont le premier sera nommé par le sieur évêque de Luçon, ou, en son absence, par ses grands vicaires ; le second, par le sieur baron de Montaigu et ses successeurs, propriétaires de la baronnie ; le troisième, par les nobles vassaux de cette baronnie, et le quatrième par le chapitre de l'église collégiale du lieu : lesquels quatre administrateurs choisiront, à la pluralité des voix un receveur estimé le plus propre pour en faire les fonctions, et qui sera tenu, à la fin de chaque année, de rendre compte de ses recettes et dépenses, pour en être le montant clos et arrêté par les administrateurs. Le premier, nommé par l'évêque, aura seul la conduite spirituelle de l'hôpital, et, en son absence, celui qui sera nommé par le chapitre. Les assemblées se tiendront, un jour de la semaine, dans une des salles de l'hôpital, pour y traiter et délibérer sur toutes les affaires concernant le bien d'icelui ; à toutes lesquelles assemblées l'administrateur nommé par le sieur évêque assistera et présidera. Lesquels administrateurs et receveur demeureront en charge pendant trois ans, au bout desquels ils seront changés ou pourront être continusé, pendant trois autres années, par ceux qui les ont nommés, s'ils le jugent nécessaire pour le bien et avantage de l'hôpital. Outre les assemblées tenues en la forme ci-dessus, on tiendra, chaque année, une assemblée générale où le doyen et un député du chapitre, ensemble les officiers de la justice du lieu, auront entrée, séance et voix délibérative, le tout suivant le rang que chacun doit avoir, pour être fait, dans cette assemblée, une déduction sommaire de l'état des affaire de l'hôpital, afin que les compagnies soient portées à secourir les pauvres, par la connaissance qu'elle auront du besoin d'icelui, auxquelles assemblées l'administrateur nommé par le sieur évêque présidera toujours."
A partir de là jusqu'en 1792, l'administration se recruta et procéda toujours ainsi.
Au XVIIe siècle aussi, les vieux bâtiments de l'Aumônerie furent reconstruits à neuf ou restaurés, Ils reçurent une disposition toute nouvelle, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, grâce aux sacrifices du seigneur châtelain, Gabriel-Antoine de Crux, aux charités de Mgr de Barillon et de diverses personnes, enfin à des quêtes officieuses. La transformation fut donc, sous tous les rapports, une grande amélioration apportée dans l'économie de cet antique établissement. Cette restauration de la maison des pauvres fait honneur à la famille de Crux, qui fonda, à la même époque, un collège pour les garçons et une école pour les filles, sous le nom de Propagation.
Aux anciens Pères des Pauvres d'autrefois a succédé une commission hospitalière nommée par le Préfet de la Vendée.
Le rez-de-chaussée humide sert de salle aux malades ; sans être sombre, il ne leur laisse rien voir du dehors que le ciel, l'appui ou entre-pieds des croisées étant trop haut, ce qui, en fait de vraies fenêtres de prison. Il est à souhaiter que, dans un avenir prochain, les malades soient installés au premier étage pour jouir du soleil et de la vue distrayante de la route et du joli site de la rivière.[20]
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M. Aillery, père de l'auteur de ces Chroniques paroissiales, dirigeait un nombreux pensionnat de jeunes gens, à Montaigu, après la Révolution. C'est là que, sous le premier Empire, beaucoup d'enfants de la bourgeoisie vendéenne commencèrent leurs études classiques, entre autres le Dr Constant Merland, auteur de Biographies vendéennes, et ses frères[21].
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Une fondation de religieuses, dites de Chavagnes, s'est établie dans la ville et se livre à l'éducation des jeunes personnes.
Avant la Révolution, Montaigu était habité par plusieurs familles riches nobles qui y faisaient, de la dépense et, par là même fournissaient au peuple des moyens de subsistance, mais il y avait peu de commerce. La ville à cette époque était le chef-lieu d'un marquisat dont dépendaient plus de trente paroisses relevant directement du comté de Poitou ; l'état-civil consistait en outre dans une sénéchaussée seigneuriale assez étendue, une juridiction des traites, une lieutenance de maréchaussée, une subdélégation de l'intendance. (Mémoire de Richard aîné, docteur-médecin.)[22] Il y avait alors 300 maisons, et 1500 habitants.
Depuis cette époque la position commerciale et industrielle s'y est bien améliorée : de nouvelles constructions se sont élevées et les ruines ont peu à peu disparu. Placée au centre de six grandes routes qui viennent y aboutir, cette ville, par son voisinage avec Nantes, par son heureuse situation sur un chemin de fer, est appelée à devenir, dans un temps plus ou moins éloigné, une des plus importantes localités du département, surtout si la canalisation de sa rivière vient offrir à toutes les communes environnantes un débouché sur Nantes de tous les produits de cette partie du bocage.
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Notes et références
[1] Hugues Ier, vicomte de Thouars cité, donnait en 1205 à Guy des Herbiers pour services rendus, un droit de péage aux Herbiers, comme seigneur de Montaigu, à l'exception de l'hommage réservé au seigneur de Montaigu. Ce don fut confirmé par sa femme Marguerite à qui appartenait, avons-nous dit, la seigneurie de Montaigu. De ce mariage il n'y eut pas d'enfant. (D. Font t. 8 p. 77.)
La Collégiale de Saint-Maurice, nous le dirons plus bas, avait été fondée par un seigneur de Montaigu, sans doute du nom de Maurice. Elle était située primitivement dans l'enceinte du château. Les Décisions catholiques de J. Filleau établissent l'époque de celle fondation au 12 décembre 1356.
On a trouvé aux environs de Montaigu (1855), une centaine de pièces de la seconde moitié du XIVe siècle, parmi lesquelles on remarquait seulement un beau guyeurnais du prince Noir frappé à la Rochelle, et un cavalier de Jeanne de Brabant.
Aussitôt que Charles VII eut commencé à recouvrer son royaume sur les Anglais, une des principales ressources de ce prince dans sa détresse, fut, suivant M. Lecointre-Dupont, la refonte des monnaies que les Anglais avaient fait frapper pendant leur séjour en France ; plusieurs ateliers monétaires de circonstance furent établis à cette occasion : Montaigu, Fontenay-le-Comte, etc. se livrèrent à la refonte et même à l'altération des monnaies. Les pièces qui sortaient de ces ateliers étaient généralement marquées, à la fin des légendes, de l'initiale du nom du lieu où elles étaient battues. Ainsi sur un gros d'argent voit-on la lettre M, initiale du nom de Montaigu. Carolus Francorum rex M, et au revers, sit nomen Domini benedictum.
[2] Dès que Louis XI eut acheté à Louis de Belleville la terre et château de Montaigu, il en confia la garde à son loyal et habile ministre M. du Plessis-Bourré. (G. Marchegay – 8 - Lettres de Charles VIII.)
[3] La Brosse, capitaine huguenot qui se fit remarquer dans la troisième guerre civile par son courage et ses talents militaires, était lieutenant du gouverneur de Montaigu, nommé du Plessis-la-Gaîne, qui n'avait dû sa place qu'à ses liens de parenté et non à ses mérites. Plutôt que de mettre le château en bon état, il avait détourné l'argent à son profit, et au lieu de 200 hommes de garnison, il n'en avait qu'une vingtaine. Les catholiques étant venus assiéger la ville, le gouverneur mourut de honte et de chagrin ; la Brosse fut chargé de défendre la place qui avait à peine une cinquantaine de soldats ; après une vaillante résistance, il capitula, mais les conditions ne furent point observées. (Revue protestante, art. la Brosse.)
[4] Vers la mi-mars 1580, la ville et château de Montaigu fut pris par aucuns de la religion. Ils y assurèrent force vivres, en mettant pour commandant un gentilhomme nommé le sieur de la Boulaye, et ils ménagèrent tellement leurs munitions que le camp qu'on y envoya ne fit nulle chose. (Chronique du Langon, p. 206.)
[5] Il est remplacé par l'Hôtel-de-Ville dont la première pierre fut posée le 19 septembre 1865.
[6] Antoine Tortat, né à la Châtre, en 1775, nommé en 1801 avoué près le tribunal de Montaigu ; en 1811, à la suppression de ce tribunal, il devint l'un des quatre juges suppléants du tribunal de Napoléon-Vendée ; maire de la ville en 1815 ; démissionnaire en 1819. Mort dans la Saintonge en 1856.
[7] Voir sur le meurtre de M. Guesdon de la Poupardière, la Chronique paroissiale de la Rabatelière, t. Ier, p. 633. – Un interrogatoire de Charette, à Nantes, a été récemment publié par le journal le Figaro. Les preuves d'authenticité de cette pièce non signée ne sont malheureusement pas établies. Entre autres questions, on demanda au général : "Pourquoi avez-vous fait fusiller un tel, curé vertueux ! - Ç'a été fait sans mes ordres ; c'est la plus grande sottise qu'on ait pu faire." P.
[8] La paroisse de Saint-Nicolas reprit plus tard son autonomie jusqu'à la Révolution.
[9] Cette collégiale, placée primitivement dans l'enclave du château, avait été fondée par les seigneurs de Montaigu, et servait de chapelle au château. Elle existait encore au château en 1639. Ayant été détruite, les chanoines furent s'établir dans l'église dont on voit encore une partie convertie en grange dans la rue dite de l'ancienne poste. En 1713, ce chapitre se composait de Pichaud, doyen, Perraudeau, sous-chantre, Denis, Clénet, Poyron, Gourraud et Perraudeau, chanoines.
Le seigneur de Montaigu présentait toutes les dignités et canonicats, excepté la dignité de doyen qui était élective.
[10] Cet établissement de l'ordre de Saint-Benoît était connu à Montaigu sous le nom de Saint-Sauveur, il avait été demandé par Paule et Charlotte de Fiesque, religieuses du même ordre, au couvent de la Regreppière. En 1642, ces religieuses demandèrent à Pierre de Nivelle, évêque de Luçon, à se soumettre à l'ordre de Fontevrault, ce qui leur fut accordé, le 13 septembre de cette même année.
Il y avait dans ce couvent 20 ou 25 religieuses.
[11] Sous cette première chapelle, avait été pratiquée une admirable crypte du XVe siècle, où furent inhumés Jean Harpendenne, dit de Belleville, sa femme Marguerite de Valois, légitimée de France, et peut-être sa mère, Odette de Champdivers, ainsi que le jeune d'Aubigné, frère d'Agrippa, l'ami et le compagnon d'armes d'Henri IV, lequel fut tué dans une rencontre entre protestants et catholiques. D. M.
[12] L'opinion de l'auteur sur l'axncienneté de cette église est inacceptable. La lecture du millésime 1007 est singulièrement énoncée par M. Dugast-Matifeux.
[13] Échos du Bocage Vendéen, 7e année, n°1.
[14] Le 3 octobre 1773, la cloche Joachine-Pélagie a été bénie par nous prêtre soussigné, curé de Saint-Nicolas-de-Montaigu, directeur de la conférence. Elle pèse 898 livres et coûte 1260 livres. Elle a été payée savoir : 330 livres par la fabrique, 100 livres par la confrérie du Saint-Sacrement, le surplus a été donné libéralement par le général des habitants et spécialement par MM. de la noblesse et par M. de la Roche-Saint-André, abbé de Villedieu, vicaire général de Dax, bienfaiteur de cette église, dont le nom est sur la cloche et qui devait la bénir. Pairaudeau.
(Anciens registres d'État-civil de la paroisse de Saint Jean-Baptiste)
[15] Échos du Bocage Vendéen, 7e année, n°1. - Article de M. Dugast-Matifeux.
[16] Le 17 août 1770, fut inhumé dans l'église de l'Hermenault le corps de Messire René-Aimé Moreau, prêtre, bachelier en théologie, ancien doyen de Vihiers et curé de Saint-Hilaire-du-Bois en Anjou et au diocèse de Maillezais, et en dernier lieu doyen de la collégiale de Montaigu, décédé au château des Moulières, âgé de 62 ans, il était parent d'un sieur Moreau, conseiller du Roi à la Châtaigneraie et frère de Joseph-Emery Moreau, prêtre, seigneur de Marillet. (Etat-civil de la paroisse de l'Hermenault)
C'était un digne prêtre dont le testament que j'ai est fort édifiant.
[17] Jacques Raillon était professeur de seconde et de rhétorique avant la révolution au collège de Luçon. Il a laissé un petit recueil d'Idylles, Paris, Nyon, an XII, 1803, vol. in-24, dédié au consul Cambacérès, avec cette épigraphe : Ruvis amor... reverentia justi. - Le Temple de l'amitié - et une Histoire inédite de saint Ambroise, qui pourrait former quatre volumes in-8°, et n'a point encore paru. On craint même que le manuscrit n'ait été dévoré par les rats, étant depuis lors toujours resté sous les scellés.
[18] Lettre adressée en 1851 à M. Dugast-Matifeux.
[19] Près du Bois-Corbeau on trouve la métairie de Lépaux, dont la Réveillère prenait le nom (baron de Wismes).
[20] Voir Echos du Bocage vendéen. – 3e année, n°3, - Article de M. Dugast.Matifeux.
[21] Cette maison appartient aujourd'hui à l'érudit vendéen, Dugast-Matifeux, qui y fait sa demeure.
[22] Le Dr Richard aîné est le frère de l'archevêque actuel de Paris.
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